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  • La F1 entre dans l’ùre hybride

    La F1 entre dans l’ùre hybride

    La saison 2025 de Formule 1, qui vient de s’achever, restera dans les annales : le pilote McLaren, Lando Norris, a dĂ©crochĂ© son tout premier titre mondial aprĂšs un championnat haletant. Pour l’écurie anglaise, c’est un triomphe historique, mais derriĂšre les cĂ©lĂ©brations, un autre tournant majeur se dessine : la fin des moteurs “classiques” et le dĂ©but d’une Ăšre hybride renforcĂ©e, dĂšs la saison 2026.

    source : FIA
    source : FIA

    Une révolution sous le capot

    Les monoplaces conserveront un moteur V6 turbo de 1,6 litre, comme aujourd’hui, mais avec une rĂ©partition Ă©nergie/puissance profondĂ©ment modifiĂ©e. L’élĂ©ment central de ce changement ? La puissance Ă©lectrique va tripler, passant d’environ 120 kW Ă  environ 350 kW, soit 475 ch, via le systĂšme MGU-K. ConcrĂštement, la partie Ă©lectrique pourra fournir prĂšs de 50 % de la puissance totale.

    L’ancienne unitĂ© MGU-H est un petit moteur qui transforme la chaleur des gaz d’échappement en Ă©nergie Ă©lectrique pour aider la voiture Ă  avancer plus vite. Avec les rĂšgles 2026, on supprime cette piĂšce. Mais mĂȘme sans elle, la voiture devient plus simple et plus efficace : grĂące aux autres systĂšmes hybrides, chaque fois que la voiture freine ou accĂ©lĂšre, elle peut rĂ©cupĂ©rer beaucoup plus d’énergie qu’avant, jusqu’à 8,5 MJ par tour, soit quasiment le double des systĂšmes actuels.

    Une puissance totale préservée

    Évidemment, ces innovations sont produites dans un objectif clair de maintien des performances et renforcent donc le spectacle que sont les courses automobiles. Avec ces changements, la puissance globale des moteurs 2026 reste extrĂȘmement Ă©levĂ©e, avec un total estimĂ© Ă  un peu moins de 1 000 ch (thermique + Ă©lectrique).

    Ce qui change, c’est la diminution de la puissance du moteur thermique. Il voit sa puissance lĂ©gĂšrement rĂ©duite Ă  environ 400 kW, contre 550 kW actuellement.

    D’autres innovations modifiant la voiture en elle-mĂȘme apparaĂźtront dĂšs la saison prochaine. En effet, l’aĂ©rodynamique des monoplaces est largement modifiĂ©e, avec un objectif clair : rĂ©duire la traĂźnĂ©e, limiter l’appui excessif et amĂ©liorer l’efficience Ă©nergĂ©tique.

    Pour illustrer ces propos, les F1 de 2026 seront plus compactes et plus lĂ©gĂšres, avec une rĂ©duction de la largeur (1,90 m contre 2 m aujourd’hui) et de l’empattement, selon les derniĂšres orientations de la FIA. Mais la vĂ©ritable rĂ©volution vient de l’introduction d’une aĂ©rodynamique active, une premiĂšre Ă  cette Ă©chelle dans l’histoire rĂ©cente de la discipline. Les monoplaces disposeront de deux modes aĂ©rodynamiques distincts :

    • un mode faible traĂźnĂ©e pour les lignes droites,
    • un mode fort appui pour les phases de virage et de freinage.

    Ces changements interviennent dans l’objectif d’obtenir des Grands Prix plus disputĂ©s et plus exaltants pour les pilotes comme pour le public.

    source : FIA

    À la suite des premiers tests, Mercedes a rĂ©vĂ©lĂ© que les monoplaces de 2026 pourraient atteindre jusqu’à 400 km/h en vitesse de pointe. C’est bluffant lorsque l’on sait que le record de vitesse est dĂ©tenu jusqu’ici par Valtteri Bottas, lors du Grand Prix du Mexique 2016, au cours duquel sa voiture avait atteint 372,6 km/h.

    Un objectif économique pour les constructeurs

    La rĂ©glementation 2026 ne vise pas seulement la performance, mais aussi la rationalisation. En simplifiant plusieurs composants du vĂ©hicule, la FIA entend rĂ©duire drastiquement les coĂ»ts de dĂ©veloppement. Ce virage rend la Formule 1 plus attractive pour de nouveaux motoristes, en abaissant la barriĂšre d’entrĂ©e technologique. RĂ©sultat : Audi rejoint officiellement la grille, Ford signe son grand retour en s’alliant avec Red Bull Powertrains, tandis que Cadillac devrait devenir Ă©galement motoriste en 2029. L’élite du sport automobile s’ouvre ainsi Ă  une concurrence renouvelĂ©e, plus diversifiĂ©e et durable dans le temps.

    Carburants durables et transition écologique

    Mais la rĂ©volution ne s’arrĂȘte pas Ă  la puissance. En effet, ces moteurs hybrides seront alimentĂ©s par des carburants 100 % durables, et la quantitĂ© d’essence est rĂ©duite, passant d’environ 100 Ă  110 kg nĂ©cessaires aujourd’hui Ă  70 Ă  80 kg.

    Produits Ă  partir de sources non fossiles, ces carburants seront basĂ©s sur des biocarburants avancĂ©s ou des carburants synthĂ©tiques dits « drop-in fuels », c’est-Ă -dire qu’ils peuvent ĂȘtre utilisĂ©s directement dans les moteurs sans modifications majeures. Ils permettent de rĂ©duire drastiquement l’empreinte carbone tout en restant compatibles avec l’architecture moteur actuelle.

    source : FIA

    Un tournant stratégique pour la F1

    Mohammed Ben Sulayem, prĂ©sident de la FIA, justifie ce choix fort d’augmentation de la part d’électrique dans les moteurs de F1 :
    « La FIA continue de pousser l’innovation et la durabilitĂ© dans tout notre portefeuille de sport automobile. Les rĂ©glementations de la motorisation pour 2026 en sont l’exemple le plus visible. »

    Ce virage technologique montre que la Formule 1 ne se contente plus d’ĂȘtre la vitrine des performances des meilleurs ingĂ©nieurs motoristes au monde : elle prĂ©figure l’avenir de la mobilitĂ© mondiale, oĂč l’électrification et la durabilitĂ© deviennent la norme. Mercedes, Red Bull Powertrains, Honda et Audi utilisent le championnat comme un terrain d’expĂ©rimentation extrĂȘme.

    Cette refonte s’inscrit dans une ambition environnementale plus large : atteindre la neutralitĂ© carbone d’ici 2030. Cet objectif « Net Zero Carbon », fixĂ© par la FIA et la F1, repose sur trois piliers : l’emploi de carburants 100 % durables, la rĂ©duction des Ă©missions sur l’ensemble du cycle de vie des courses et la compensation des impacts rĂ©siduels.

    source : FIA

    La F1 réinvente son ADN

    Avec la suppression de l’ancienne MGU-H, la puissance Ă©lectrique multipliĂ©e, la rĂ©cupĂ©ration d’énergie optimisĂ©e et l’usage de carburants durables, la Formule 1 se rĂ©invente.

    La saison 2025 se conclut donc sur deux victoires : celle de Lando Norris, et celle d’une Formule 1 qui entre dans une nouvelle Ăšre, prĂȘte Ă  dĂ©montrer que l’avenir du sport automobile est hybride
 et durable.

  • CĂąble C1 : le pari d’un tĂ©lĂ©phĂ©rique en Île-de-France

    CĂąble C1 : le pari d’un tĂ©lĂ©phĂ©rique en Île-de-France

    Samedi 13 décembre 2025, Valérie Pécresse et différents élus ont inauguré le Cùble C1, plus grand téléphérique urbain francilien. Long de 4,5 km, ce projet 100 % électrique divise les temps de trajet par deux entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges. Une révolution suspendue qui redéfinit la mobilité durable en milieu urbain sur-emprunté.

    crédit : Département du Val-de-Marne

    Une inauguration en fanfare à Limeil-Brévannes

    Ce samedi matin, la cĂ©rĂ©monie d’inauguration s’est tenue Ă  Limeil-BrĂ©vannes. Familles, Ă©lus et curieux se sont pressĂ©s dans les cinq stations du CĂąble C1 pour ĂȘtre parmi les premiers Ă  embarquer dans ces cabines suspendues Ă  parfois plus de 40 mĂštres au-dessus de plusieurs communes du Val-de-Marne. Au total, ce sont pas moins de dix personnes qui peuvent voyager dans une seule cabine, le tout en Ă©tant assises, en profitant d’une vue panoramique sur le territoire.

    À cette matinĂ©e Ă©taient rĂ©unis une bonne partie des Ă©lus et des dĂ©cideurs de ce projet qui a vu le jour en 2013, il y a 12 ans maintenant. En effet, ValĂ©rie PĂ©cresse, prĂ©sidente de la RĂ©gion Île-de-France et d’Île-de-France MobilitĂ©s, Ă©tait prĂ©sente aux cĂŽtĂ©s de Marie Gautier-Melleray, prĂ©fĂšte et secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale aux politiques publiques, Étienne Stoskopf, prĂ©fet du Val‑de‑Marne, Olivier Capitanio, prĂ©sident du DĂ©partement du Val-de-Marne, Louis Boyard, dĂ©putĂ© du Val‑de‑Marne, ainsi que les maires des communes traversĂ©es : Françoise Lecoufle (Limeil-BrĂ©vannes), Kristell Niasme (Villeneuve-Saint-Georges), MĂ©tin Yavuz (Valenton) et Édouard HĂ©nault, reprĂ©sentant de CrĂ©teil. Jessica Larsson, cheffe de la ReprĂ©sentation de la Commission europĂ©enne en France, Ă©tait Ă©galement prĂ©sente pour symboliser le cofinancement europĂ©en du projet.

    « C’est les Alpes sur Marne ! », a dĂ©clarĂ© ValĂ©rie PĂ©cresse. « On arrive au bout d’un parcours du combattant de plus de 10 ans. Il a fallu trouver les financements, convaincre les riverains… Pour les habitants du Val-de-Marne, c’est un signe de considĂ©ration. »

    18 minutes contre 40

    Mais alors pourquoi décider de créer un téléphérique urbain ? Eh bien, les premiÚres données sont démonstratives : avant le C1, relier Villeneuve-Saint-Georges à la station Pointe du Lac, terminus du métro 8, prenait plus de 40 minutes en bus ou en voiture, coincé dans les bouchons de la RD 101 et de la RN 6. Pour sa part, le téléphérique effectue le trajet en 18 minutes, par-dessus les obstacles : ligne TGV, gare de triage de Valenton, RN 406, lignes haute tension.

    Et en plus, le service fonctionne de 5h30 Ă  23h30 en semaine, et jusqu’Ă  0h30 le week-end. Une cabine passe toutes les 30 secondes en heure de pointe, une capacitĂ© de transport qui fait que 11 000 voyageurs sont attendus chaque jour. Pour profiter de cette nouvelle amĂ©lioration urbaine, il faut ĂȘtre muni d’un Passe Navigo, ou bien, pour les voyageurs occasionnels, acheter un ticket Bus-Tram-CĂąble d’une valeur de 2 € (1,64 € avec LibertĂ©+). L’accĂšs est gratuit pour les enfants de moins de 4 ans.

    crédit : Ile de france mobilité

    Si le CĂąble C1 constitue une alternative rapide et Ă©cologique Ă  la voiture, sa capacitĂ© limitĂ©e Ă  lĂ©gĂšrement plus de 10 000 voyageurs par jour montre que cette solution reste complĂ©mentaire aux autres modes de transport. L’intermodalitĂ© avec le mĂ©tro et le bus demeure essentielle pour rĂ©pondre Ă  l’ensemble des besoins de mobilitĂ© sur l’axe.

    Un projet écologique

    Le CĂąble C1 fonctionne Ă  100 % Ă  l’Ă©nergie Ă©lectrique et a obtenu la certification HQE Infrastructures Durables. Ses 30 pylĂŽnes ont une emprise au sol rĂ©duite qui prĂ©serve les espaces verts traversĂ©s, notamment la coulĂ©e verte de la TĂ©gĂ©val.

    Cette technologie monocĂąble porteur-tracteur se rĂ©vĂšle moins invasive qu’un mĂ©tro ou un tramway, puisqu’elle Ă©vite la construction d’ouvrages d’art lourds et rĂ©duit la durĂ©e et l’intensitĂ© des travaux, donc les nuisances et Ă©missions associĂ©es aux chantiers classiques.

    crédit : Ile de France Mobilité

    En offrant une alternative rapide et rĂ©guliĂšre Ă  la voiture sur un axe aujourd’hui saturĂ©, le C1 doit contribuer Ă  rĂ©duire les embouteillages et, par ricochet, les Ă©missions de CO₂, de NOx et de particules liĂ©es au trafic routier quotidien dans le secteur.

    Le C1 affiche un coĂ»t total de 138 millions d’euros (132 millions pour l’infrastructure, 6 millions pour les 105 cabines). « Un mĂ©tro souterrain n’aurait jamais vu le jour car le budget de plus d’un milliard d’euros n’aurait jamais pu ĂȘtre financé », explique GrĂ©goire de Lasteyrie, vice-prĂ©sident du conseil rĂ©gional chargĂ© des transports. Trois ans de chantier seulement, du premier coup de pioche en 2022 Ă  l’inauguration ce samedi, ont Ă©galement permis de limiter dans le temps les impacts d’un projet de transport structurant sur le cadre de vie des riverains.

    Le financement : un montage tripartite

    L’un des nerfs de la guerre pour financer ce genre de projet est souvent de trouver les fonds nĂ©cessaires Ă  sa bonne rĂ©alisation. Et les 132 millions d’euros nĂ©cessaires pour construire son infrastructure sont financĂ©s par la RĂ©gion Île-de-France Ă  49 %, le DĂ©partement du Val-de-Marne Ă  30 %, mais aussi par l’État et l’Union europĂ©enne Ă  hauteur de 21 %. Les cabines (6 millions d’euros) et l’exploitation sont quant Ă  elles financĂ©es Ă  100 % par Île-de-France MobilitĂ©s.

    Le financement Ă  hauteur de 21 % par l’UE souligne l’engagement de Bruxelles pour des mobilitĂ©s Ă©lectriques innovantes dans les mĂ©tropoles denses. Et le CĂąble C1 incarne parfaitement cette prioritĂ© europĂ©enne : un mode 100 % Ă©lectrique, certifiĂ© HQE, conçu pour substituer les trajets automobiles sur axes saturĂ©s et rĂ©duire les Ă©missions. La prĂ©sence de reprĂ©sentants de la Commission europĂ©enne Ă  l’inauguration, dont Jessica Larsson en tant que cheffe de la ReprĂ©sentation en France, illustre cette volontĂ© de visibilitĂ© : l’Europe finance concrĂštement des alternatives dĂ©carbonĂ©es, adaptĂ©es aux territoires contraints comme le Val-de-Marne.

    Ce soutien de l’UE intervient ici pour plusieurs raisons :

    • Objectif dĂ©carbonation : le C1 mutualise l’Ă©nergie sur cĂąble pour des cabines lĂ©gĂšres, optimisant la consommation par passager-km face aux voitures thermiques dominantes sur RD 101/RN 6.
    • Échelle europĂ©enne : ce financement s’inscrit dans le cadre du Green Deal et des fonds pour la mobilitĂ© durable (CEF Transport, Connecting Europe Facility), priorisant les projets aĂ©riens low-carbon en zone urbaine.
    • ModĂšle reproductible : avec 138 M€ au total (vs 250 M€/km pour mĂ©tro), le C1 devient un cas d’Ă©cole pour d’autres mĂ©tropoles europĂ©ennes.

    Sécurité et acceptabilité au rendez-vous

    Les tĂ©lĂ©phĂ©riques sont considĂ©rĂ©s comme l’un des moyens de dĂ©placement les plus sĂ»rs au monde, selon le service technique du ministĂšre des Transports. En France, le dernier accident meurtrier remonte Ă  1999 dans les Hautes-Alpes.

    Pour ce nouvel investissement en faveur du transport Ă©cologique, chaque cabine est Ă©quipĂ©e de vidĂ©osurveillance, d’un interphone reliĂ© au centre de contrĂŽle de Limeil-BrĂ©vannes, et d’agents prĂ©sents en station. Le systĂšme fonctionne sous la neige et jusqu’Ă  70 km/h de vent. Des capteurs surveillent en continu les conditions mĂ©tĂ©orologiques.

    Et si les transports parisiens, comme le mĂ©tro par exemple, sont peu Ă©quipĂ©s d’accĂšs PSH (Personne en Situation de Handicap) et laissent de cĂŽtĂ© les personnes qui ne peuvent pas se dĂ©placer librement, avec le CĂąble C1, c’est un problĂšme rĂ©solu. En effet, le tĂ©lĂ©phĂ©rique est 100 % accessible PSH :

    • stations de plain-pied
    • cabines adaptĂ©es aux fauteuils roulants
    • assistance humaine en station
    • information sonore et visuelle
    • interphones d’appel
    • bandes de guidage depuis l’espace public jusqu’au quai d’embarquement
    crédit : Département du Val-de-Marne

    Un laboratoire pour l’avenir des mobilitĂ©s

    Le C1 prouve qu’il est possible de dĂ©senclaver efficacement sans engloutir un milliard d’euros dans un mĂ©tro souterrain. Mais la capacitĂ© reste limitĂ©e (11 000 voyageurs/jour contre 500 000 pour une ligne de mĂ©tro classique), et la technologie ne convient pas partout. Elle excelle sur les territoires contraints, avec des besoins d’intermodalitĂ© forts et des dĂ©nivelĂ©s ou obstacles majeurs.

    Au-delĂ  du gadget technologique, ce tĂ©lĂ©phĂ©rique urbain incarne une vision pragmatique de la dĂ©carbonation des transports : fournir une alternative rapide, fiable et Ă©lectrique Ă  la voiture thermique sur une zone saturĂ©e. Avec le C1, dĂ©sormais, la mobilitĂ© Ă©lectrique vient d’en haut.

  • DĂ©mocratisation des batteries sodium-ion : une solution abordable et sĂ©curisĂ©e

    Démocratisation des batteries sodium-ion : une solution abordable et sécurisée

    Les batteries sodium-ion s’apprĂȘtent Ă  bouleverser le marchĂ© des vĂ©hicules Ă©lectriques. Entre avancĂ©e scientifique canadienne et industrialisation chinoise, cette technologie plus sĂ»re, abordable et Ă©cologique pourrait dĂ©mocratiser l’Ă©lectromobilitĂ© dĂšs 2026.

    Des chercheurs de l’UniversitĂ© Western Ontario au Canada ont annoncĂ© une avancĂ©e dĂ©cisive dans le dĂ©veloppement de batteries sodium-ion (Na-ion) Ă  Ă©lectrolyte solide, publiĂ©e dans la revue Advanced Materials. Cette innovation rĂ©sout un dĂ©fi majeur des batteries lithium-ion (Li-ion) : l’emballement thermique, qui peut causer incendies ou explosions en cas de dommage ou court-circuit. La dĂ©couverte : un Ă©lectrolyte solide, composĂ© de soufre et chlore qui conduit les ions sodium comme un liquide tout en restant ininflammable. Autre point positif, il affiche une efficacitĂ© remarquable de 99,26% aprĂšs 600 cycles de charge-dĂ©charge (Ă  l’Ă©chelle laboratoire), semblable aux standards Li-ion Ă  plus de 99%.

    Contexte industriel : CATL et BYD en tĂȘte de course

    Cette dĂ©couverte s’inscrit dans un Ă©lan industriel global. Le gĂ©ant chinois CATL a lancĂ© fin 2025 la production en sĂ©rie de ses cellules Naxtra sodium-ion, qui possĂšdent des capacitĂ©s Ă©nergĂ©tiques trĂšs prometteuses. En effet, ces batteries ont une densitĂ© Ă©nergĂ©tique de 175 Wh/kg, une autonomie de 500 km et encaissent une charge rapide 5C. Elles sont Ă©galement rĂ©sistantes au froid extrĂȘme (-40 °C avec 90% de capacitĂ© retenue), idĂ©al pour les pays situĂ©s dans des zones du monde aux conditions climatiques extrĂȘmes. CATL fournit Tesla, Ford et Stellantis, qui Ă©tudient ces cellules pour des VE low-cost dĂšs 2026. En parallĂšle des voitures, BYD produit dĂ©jĂ  pour le stockage d’Ă©nergie (MC Cube-SIB) et dĂ©veloppe pour les VE, ce qui souligne qu’elles pourraient ĂȘtre utiles pour des flottes d’entreprise et des usages urbains.

    Avantages économiques et environnementaux décisifs

    Évidemment, cette solution apparaĂźt dans le but de contrer les principales problĂ©matiques que comportent le dĂ©veloppement de batteries pour VE et autres : le coĂ»t et la pollution.

    • Le sodium est environ 400 fois plus abondant et moins cher que le lithium, permettant des coĂ»ts de production potentiels autour de 60-90 €/kWh contre 100+ pour le Li-ion.
    • Sans mĂ©taux rares (cobalt, nickel), ces batteries facilitent le recyclage et rĂ©duisent l’empreinte carbone, rĂ©pondant aux contraintes europĂ©ennes sur les matiĂšres critiques. Mais aussi cette avancĂ©e va Ă©galement dans le sens de l’objectif de ralentir l’extraction de ces mĂ©taux, qui, on le rappelle, est dangereux et ethiquement peu responsable.
    Kobalt

    Limites actuelles et perspectives pour 2026

    MalgrĂ© ces atouts, la densitĂ© Ă©nergĂ©tique reste 30% infĂ©rieure aux Li-ion avancĂ©es (175 Wh/kg vs 250+), limitant initialement les applications Ă  des vĂ©hicules compacts, hybrides ou utilitaires. Des dĂ©fis persistent sur la production Ă  grande Ă©chelle sans dĂ©gradation accĂ©lĂ©rĂ©e. Cependant, 2026 marquera les premiers dĂ©ploiements low-cost avec pour coeur de cible la Chine, le dĂ©ploiement pour l’Europe, lui, est Ă  surveiller.

    Implications pour l’Ă©lectromobilitĂ© française

    En France, oĂč les immatriculations d’Ă©lectrifiĂ©s ont atteint prĂšs de 30% en novembre 2025, ces batteries sodium-ion pourraient contrer la concurrence chinoise low-cost et soutenir le plan France 2030. Avec la fin du crĂ©dit d’impĂŽt bornes au 31 dĂ©cembre et les quotas renforcĂ©s pour les flottes pros, elles offrent une alternative viable aux constructeurs. Une rĂ©volution technique qui rend l’Ă©lectrique plus dĂ©mocratique, sĂ©curisĂ© et souverain.

  • Verkor : le pari souverain de la France face Ă  l’incertitude europĂ©enne

    Verkor : le pari souverain de la France face Ă  l’incertitude europĂ©enne

    Alors que Bruxelles discute d’un assouplissement de la fin du thermique en 2035 et que l’Asie domine 80 % du marchĂ© des batteries, Verkor inaugure Ă  Dunkerque sa gigafactory de 16 GWh : un acte de foi dans la souverainetĂ© industrielle europĂ©enne, ou un risque dĂ©mesurĂ© ?

    Le 11 dĂ©cembre 2025, sous le haut patronage d’Emmanuel Macron, la startup française franchit une Ă©tape dĂ©cisive avec sa premiĂšre usine de batteries, au cƓur de la “vallĂ©e de la batterie” des Hauts-de-France. 100 000 mÂČ, 1 200 emplois directs et 3 milliards d’euros levĂ©s : Verkor mise gros pour Ă©quiper l’Alpine A390 dĂšs 2026 et viser 50 GWh d’ici 2030.

    Une inauguration sous haute tension


    « C’est un grand jour pour Dunkerque, la France et l’Europe », lance Patrice Vergriete, prĂ©sident de la CommunautĂ© urbaine de Dunkerque (CUD), lors de la cĂ©rĂ©monie du 11 dĂ©cembre. L’évĂ©nement se tient sous le haut patronage du prĂ©sident français, aux cĂŽtĂ©s de ministres et Ă©lus locaux. L’usine de Bourbourg abrite dĂ©jĂ  les premiĂšres lignes de production en phase test, avec des cellules LFP-NMC destinĂ©es aux vĂ©hicules Ă©lectriques premium.

    Les chiffres impressionnent : capacitĂ© initiale de 16 GWh/an, soit l’équivalent de 200 000 Ă  300 000 batteries de VE par an. Le financement de ce projet est sĂ©curisĂ© Ă  hauteur de 3 milliards d’euros par plusieurs acteurs : État français, BEI, RĂ©gion Hauts-de-France, Renault, Mercedes, pour un investissement total visĂ© Ă  11 milliards d’ici l’extension Ă  50 GWh. Verkor s’inscrit dans l’écosystĂšme des Hauts-de-France, aux cĂŽtĂ©s d’autres acteurs batteries.

    Le rÎle dans la filiÚre française

    Verkor s’inscrit au cƓur de la “vallĂ©e de la batterie” des Hauts-de-France, troisiĂšme gigafactory europĂ©enne aprĂšs celles de Billund et Kamenz. Son partenariat avec Renault est clĂ© : les premiĂšres livraisons de cellules alimenteront l’Alpine A390.

    L’innovation vient de Grenoble (R&D Verkor), la production de Dunkerque (proximitĂ© des ports pour l’apport en lithium). EDF participera Ă©galement Ă  fournir une Ă©lectricitĂ© verte Ă  l’usine. En effet, un contrat de 33 MW a Ă©tĂ© signĂ© et un partenariat avec Veolia est Ă©galement convenu dans le but de recycler les batteries en fin de vie.

    Les défis : compétitivité et timing

    La montĂ©e en cadence reste le vrai test. Les phases pilotes ont commencĂ© en avril 2025, mais la production industrielle n’est prĂ©vue qu’en 2026. Les coĂ»ts Ă©nergĂ©tiques pĂšsent lourd : malgrĂ© le PPA EDF (contrat d’achat d’Ă©lectricitĂ© Ă  long terme), l’électricitĂ© française reste chĂšre face Ă  la Chine.
    SĂ©curiser les matiĂšres premiĂšres (lithium, nickel, cobalt) est un autre Ă©cueil, dans un marchĂ© tendu. L’extension Ă  50 GWh dĂ©pendra de nouveaux financements et de la demande europĂ©enne. Verkor parie sur sa techno LFP-NMC haute densitĂ©.

    Contexte stratégique : Europe en questionnement


    L’inauguration tombe Ă  pic, alors que Bruxelles discute d’un assouplissement de la fin du thermique en 2035 (hybrides rechargeables tolĂ©rĂ©s sous conditions). En France, la SNBC (stratĂ©gie nationale bas carbone) mise sur deux tiers des ventes neuves en VE d’ici 2030, avec une prime Ă  l’achat renforcĂ©e au 1er janvier 2026. Verkor incarne cette souverainetĂ© : produire local pour Ă©viter la dĂ©pendance chinoise.

    Perspectives : succĂšs ou mirage industriel ?


    Les atouts sont lĂ  : la proximitĂ© avec les usines Renault/Alpine, la crĂ©ation de nombreux emplois (1 200 directs, 3 000 indirects), mais aussi un process bas-carbone utile. Si Verkor tient ses cadences, Dunkerque pourrait devenir le fer de lance d’une filiĂšre française compĂ©titive.
    Les risques persistent, notamment une demande en VE incertaine si Bruxelles cÚde sur 2035, des surcapacités mondiales, une guerre des prix asiatique. Malgré tout, Dunkerque symbolise le pari européen de souveraineté face aux concurrents étrangers.

  • L’Ă©lectromobilitĂ© en Arabie saoudite : ambitions XXL, rĂ©alitĂ© naissante

    L’Ă©lectromobilitĂ© en Arabie saoudite : ambitions XXL, rĂ©alitĂ© naissante

    Premier exportateur mondial de pĂ©trole, l’Arabie saoudite opĂšre un virage stratĂ©gique majeur avec Vision 2030. Le royaume mise sur l’Ă©lectromobilitĂ© pour diversifier son Ă©conomie et rĂ©duire sa dĂ©pendance aux hydrocarbures. Entre investissements massifs, construction d’un Ă©cosystĂšme industriel national et objectifs ambitieux, le pays construit un marchĂ© encore naissant mais portĂ© par une volontĂ© politique sans faille.

    Crédit: Lucid Motors

    Vision 2030 : un cap clair vers l’Ă©lectrification

    Pour opĂ©rer ce changement, l’Arabie saoudite ne fait pas les choses Ă  moitiĂ©. Le programme Vision 2030, pilotĂ© par le prince hĂ©ritier Mohammed ben Salmane, fixe un objectif symbolique : 30 % des vĂ©hicules circulant Ă  Riyad devront ĂȘtre Ă©lectriques d’ici 2030. Un chiffre qui peut sembler modeste comparĂ© aux standards europĂ©ens, mais qui reprĂ©sente une rĂ©volution pour un pays oĂč le litre d’essence coĂ»te 0,57 €.

    Le royaume vise Ă©galement la neutralitĂ© carbone d’ici 2060, un engagement qui a suscitĂ© le scepticisme des observateurs internationaux mais qui structure aujourd’hui l’ensemble de sa politique de mobilitĂ©. Pour y parvenir, le gouvernement s’appuie sur son fonds souverain, le PIF (Public Investment Fund), qui dĂ©ploie 150 milliards de rials saoudiens (environ 34,35 milliards d’euros) sur la dĂ©cennie pour bĂątir l’Ă©cosystĂšme Ă©lectrique national.

    Pour encourager ce changement, le gouvernement a mis en place des incitations claires comme l’exonĂ©ration des droits de douane et d’immatriculation pour les vĂ©hicules Ă©lectriques. Le pays alloue aussi des subventions pour les flottes d’entreprises. Une stratĂ©gie typique des monarchies du Golfe, oĂč l’État pilote et finance massivement avant que le marchĂ© ne prenne le relais.

    Au-delà des objectifs à 2030, la création de grands projets urbains comme NEOM, Qiddiya et The Line mettra en avant cette maniÚre différente de se déplacer. En effet, dans ces territoires, des flottes entiÚres de véhicules électriques seront déployées pour susciter chez la population une curiosité accrue.

    Crédit: The Line. The Line est un projet innovant qui représente la ville du futur

    Un réseau de recharge qui se construit

    L’infrastructure reste le talon d’Achille de l’Ă©lectromobilitĂ© saoudienne. À ce jour, le royaume compte environ 1 200 points de recharge publics rĂ©partis sur 400 sites, un chiffre encore modeste pour un territoire grand comme quatre fois la France. Mais l’ambition affichĂ©e est tout autre : 5 000 points de recharge d’ici fin 2025 et 50 000 Ă  2030.

    EVIQ (Electric Vehicle Infrastructure Company), créée par le PIF et la Saudi Electricity Company, prĂ©voit l’installation d’environ 60 stations multi-bornes d’ici fin 2025-2026, concentrĂ©es sur les grands axes urbains : Riyad, Djeddah et Dammam.

    Crédit: EVIQ

    Depuis janvier 2024, les investissements dĂ©diĂ©s atteignent 5,3 milliards de rials saoudiens (environ 1,21 milliard d’euros), avec l’objectif de couvrir non seulement les zones urbaines mais aussi les axes autoroutiers reliant Riyad Ă  Djeddah (950 km) ou Dammam.

    Mais le dĂ©fi est de taille : dans un pays oĂč les distances sont immenses et oĂč les tempĂ©ratures extrĂȘmes mettent les infrastructures Ă  l’Ă©preuve, le rĂ©seau doit ĂȘtre Ă  la fois dense et fiable. Selon une Ă©tude de Roland Berger, les utilisateurs saoudiens affichent dĂ©jĂ  une satisfaction de 94 % vis-Ă -vis des bornes publiques existantes, un taux supĂ©rieur Ă  celui de l’Allemagne ou des États-Unis.

    Un marchĂ© automobile massif, mais encore timide sur l’Ă©lectrique

    L’Arabie saoudite est le premier marchĂ© automobile de la rĂ©gion MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), avec environ 837 000 vĂ©hicules neufs vendus en 2024. Mais sur ce volume colossal, la part des vĂ©hicules Ă©lectriques reste marginale. Les immatriculations ont bondi de 375 VE en 2021 Ă  plus de 12 000 fin 2023, pour une part estimĂ©e Ă  15 % des ventes neuves dans les grandes villes fin 2025.

    Les modĂšles Ă©lectrifiĂ©s les plus visibles sur les routes saoudiennes sont principalement des imports : Tesla domine le segment premium, tandis que BYD ambitionnait de vendre 5 000 unitĂ©s en 2025. Sur le segment des hybrides, Toyota et Hyundai/Kia conservent une domination Ă©crasante, profitant d’une clientĂšle habituĂ©e aux motorisations traditionnelles et rassurĂ©e par l’absence de dĂ©pendance totale aux bornes de recharge. Mais des acteurs locaux voient le jour et espĂšrent bousculer cette hierarchie.

    Crédit: Ceed

    Ceer, Lucid, EVIQ : les piliers de l’Ă©cosystĂšme national

    L’Arabie saoudite ne veut pas se contenter d’importer des vĂ©hicules Ă©lectriques. Le royaume construit mĂ©thodiquement une industrie automobile nationale, avec trois piliers stratĂ©giques :

    • Ceer Motors, premiĂšre marque saoudienne 100 % Ă©lectrique, produit des berlines et SUV en partenariat avec Foxconn et BMW, avec une capacitĂ© cible de 150 000–170 000 vĂ©hicules/an.
    • Lucid Motors, dont le PIF dĂ©tient 61 %, assemble la Lucid Air Ă  KAEC et prĂ©voit jusqu’à 150 000 unitĂ©s/an, avec un accord d’achat de 100 000 vĂ©hicules sur la dĂ©cennie. La police saoudienne utilise d’ailleurs des vĂ©hicules de la marque Lucid depuis le dĂ©but de l’annĂ©e 2024.
    • EVIQ dĂ©ploie les infrastructures, dĂ©veloppe smart-charging et solutions Ă©nergĂ©tiques intĂ©grĂ©es aux projets urbains.

    Plusieurs start-ups locales complĂštent l’écosystĂšme avec des solutions de gestion de flotte et d’optimisation Ă©nergĂ©tique. Hyundai et Human Horizons investissent Ă©galement, confirmant l’attractivitĂ© internationale du pays pour les constructeurs de VE.

    Hyundai, Human Horizons et les ambitions industrielles

    L’Ă©cosystĂšme saoudien ne se limite pas aux acteurs nationaux. En septembre 2023, Hyundai a annoncĂ© un projet d’usine locale de production de vĂ©hicules Ă©lectriques et Ă  moteur gaz, confirmant l’attractivitĂ© du royaume pour les grands groupes internationaux. En juin 2023, un accord de 4,8 milliards d’euros a Ă©tĂ© signĂ© avec Human Horizons. Ce constructeur chinois de VE dĂ©veloppe, fabrique et espĂšre vendre ses VE sur le marchĂ© saoudien.

    Les freins : prix, infrastructures et habitudes culturelles

    MalgrĂ© ces ambitions, l’adoption des vĂ©hicules Ă©lectriques reste limitĂ©e par plusieurs obstacles structurels. Les VE restent chers (Lucid Air > 80 000 €, Tesla > 50 000 €) comparĂ©s aux vĂ©hicules thermiques. Pour un territoire si grand, les infrastructures sont trop insuffisantes (1 200 points publics). Les trajets interurbains restent problĂ©matiques, l’autonomie des meilleures batteries ne dĂ©passant pas 400 Ă  500 km. Les habitudes culturelles freinent Ă©galement l’adoption : le litre d’essence coĂ»te 0,57 €, les SUV thermiques symbolisent le statut social, et prĂšs d’un tiers des conducteurs n’ont pas accĂšs Ă  la recharge Ă  domicile.

    Perspectives : un décollage attendu à partir de 2025-2026

    Les premiĂšres livraisons de Ceer sont attendues Ă  partir de la seconde moitiĂ© de la dĂ©cennie, Tesla a ouvert trois concessions (Riyad, Djeddah, Dammam) avec des superchargeurs opĂ©rationnels, et le rĂ©seau EVIQ commence Ă  se densifier. Les analystes s’attendent Ă  une accĂ©lĂ©ration des ventes Ă  partir de 2026, portĂ©e par l’arrivĂ©e de modĂšles plus accessibles et l’amĂ©lioration progressive des infrastructures. Le gouvernement maintient une pression constante : les objectifs de Vision 2030 ne sont pas nĂ©gociables et les investissements continuent dans l’Ă©cosystĂšme.

    Crédit : FAYEZ NURELDINE

    Un pari sur l’avenir

    L’Ă©lectromobilitĂ© saoudienne incarne un paradoxe fascinant : un pays bĂąti sur le pĂ©trole qui investit massivement dans son alternative. Cette transition ne relĂšve pas d’une conviction Ă©cologique soudaine, mais d’un calcul stratĂ©gique de diversification Ă©conomique. Vision 2030 ne se limite pas aux VE : elle englobe le tourisme, les Ă©nergies renouvelables, les mĂ©gaprojets urbains et la transformation industrielle. Contrairement Ă  d’autres marchĂ©s Ă©mergents, l’Arabie saoudite dispose d’un atout majeur : des ressources financiĂšres quasi illimitĂ©es et une volontĂ© politique centralisĂ©e. Les prochaines annĂ©es diront si ce projet se transforme en success story industrielle. Dans un pays oĂč l’essence ne coĂ»te rien et oĂč les SUV thermiques rĂšgnent en maĂźtres, faire dĂ©coller l’Ă©lectromobilitĂ© relĂšve autant de la prouesse technique que de la rĂ©volution culturelle.

  • Un pneu connectĂ© pensĂ© pour l’Ă©lectrique : Goodyear Eagle Xplore

    Un pneu connectĂ© pensĂ© pour l’Ă©lectrique : Goodyear Eagle Xplore

    Goodyear a dĂ©voilĂ© le 9 dĂ©cembre 2025 l’Eagle Xplore : un pneu concept qui Ă©quipe le nouveau concept-car CitroĂ«n ELO. VĂ©ritable vitrine technologique, il transforme le pneu en capteur intelligent et interface visuelle. Entre design personnalisĂ©, technologie SightLine et affichage LED sur jante, l’Eagle Xplore illustre la mutation du pneu Ă  l’Ăšre de l’Ă©lectromobilitĂ© connectĂ©e.

    crédit : Goodyear

    Un pneu sur mesure entre performance et aventure

    L’Eagle Xplore n’appartient Ă  aucune gamme standard de Goodyear. Il est le rĂ©sultat du mĂ©lange de l’ADN sportif de la lignĂ©e Eagle et de la robustesse de la gamme Wrangler, rĂ©putĂ©e pour son utilisation tout-terrain. Le rĂ©sultat ? Un pneu pensĂ© pour des vĂ©hicules Ă©lectriques polyvalents capables d’affronter aussi bien le bitume que les pistes.

    La bande de roulement adopte une structure qui permet de mixer efficience Ă©nergĂ©tique et adhĂ©rence. Une partie est optimisĂ©e pour maximiser l’autonomie, l’autre privilĂ©gie le grip pour les sorties hors bitume. Cette double approche colle parfaitement au positionnement du CitroĂ«n ELO : un concept-car Ă©lectrique taillĂ© pour l’aventure et destinĂ© Ă  explorer diffĂ©rents environnements.

    CĂŽtĂ© design, l’Eagle Xplore affiche un flanc orange vif en clin d’Ɠil Ă  la teinte du concept ELO. Ce choix esthĂ©tique fort fait du pneu un Ă©lĂ©ment de personnalisation Ă  part entiĂšre, bien au-delĂ  de son rĂŽle fonctionnel, et devient une vĂ©ritable signature visuelle.

    crédit : Goodyear

    SightLine : quand le pneu devient capteur intelligent

    Ce qui est fort sur le papier, c’est l’intĂ©gration de la technologie Goodyear SightLine. Cette innovation intelligente transforme le pneu en capteur connectĂ© capable de surveiller en continu la pression, le poids total du vĂ©hicule et l’Ă©tat d’usure. Les donnĂ©es sont transmises en temps rĂ©el au tableau de bord et Ă  l’application dĂ©diĂ©e du vĂ©hicule.

    crédit : Goodyear

    L’innovation la plus spectaculaire ? Une barre LED latĂ©rale intĂ©grĂ©e directement sur la jante. Ce systĂšme d’affichage visuel indique instantanĂ©ment l’Ă©tat de pression : vert pour une pression optimale, rouge lorsqu’un ajustement est nĂ©cessaire. Plus besoin de manomĂštre ou d’alerte sonore : l’information est visible d’un simple coup d’Ɠil.

    Au-delĂ  de l’aspect pratique, SightLine intĂšgre des fonctions prĂ©dictives. Le systĂšme vise Ă  maintenir la stabilitĂ© du vĂ©hicule, optimiser l’usure des pneus et prolonger leur durĂ©e de vie en conservant la pression idĂ©ale. Pour un vĂ©hicule Ă©lectrique, oĂč chaque Ă©lĂ©ment impacte l’autonomie, cette gestion intelligente de la pression devient cruciale.

    Un dĂ©monstrateur pour l’Ă©cosystĂšme Ă©lectrique de demain

    Soyons clairs : l’Eagle Xplore n’est pas destinĂ© Ă  une commercialisation imminente. Goodyear le prĂ©sente comme un pur concept technologique, un dĂ©monstrateur de ce que pourrait devenir le pneu dans l’Ă©cosystĂšme des vĂ©hicules Ă©lectriques connectĂ©s. Pour autant, aucune date de sortie ni tarif n’ont Ă©tĂ© annoncĂ©s.

    Ce positionnement est rĂ©vĂ©lateur d’une tendance plus large dans l’industrie automobile. Le pneu n’est plus un simple composant interchangeable, mais un Ă©lĂ©ment actif de l’expĂ©rience de conduite. Avec SightLine, il devient source de donnĂ©es pour les systĂšmes d’aide Ă  la conduite (ADAS), contribue Ă  l’optimisation de la consommation Ă©nergĂ©tique et s’intĂšgre au logiciel de bord comme n’importe quel autre module Ă©lectronique.

    Le partenariat entre CitroĂ«n et Goodyear sur le projet ELO illustre Ă©galement l’Ă©volution des collaborations entre constructeurs et Ă©quipementiers. Le manufacturier ne se contente plus de fournir des pneus adaptĂ©s : il participe activement Ă  la narration technologique du vĂ©hicule, co-conçoit l’expĂ©rience utilisateur et contribue Ă  l’ADN du concept.

    crédit : Goodyear

    Vers des pneus 4.0 dans la mobilité durable

    L’Eagle Xplore pose une question essentielle : jusqu’oĂč ira l’intĂ©gration technologique des pneumatiques ? Si ce concept devient rĂ©alitĂ©, les pneus de demain pourraient informer directement les conducteurs, communiquer avec les systĂšmes de sĂ©curitĂ© actifs et mĂȘme ajuster automatiquement leurs caractĂ©ristiques en fonction des conditions de route. Un systĂšme comme SightLine pourrait permettre de gagner plusieurs dizaines de kilomĂštres d’autonomie simplement en maintenant une pression optimale en permanence.

    Reste Ă  savoir si Goodyear donnera une suite commerciale Ă  ce concept. Le manufacturier reste silencieux sur toute production. Une chose est certaine : avec l’Eagle Xplore, Goodyear envoie un signal fort sur sa vision du pneu intelligent dans l’univers de la mobilitĂ© Ă©lectrique et connectĂ©e.

  • Transition Ă©nergĂ©tique : la Commission europĂ©enne sous pression

    Transition énergétique : la Commission européenne sous pression

    À six jours de l’annonce du paquet automobile de la Commission europĂ©enne, deux lettres ouvertes aux tonalitĂ©s opposĂ©es viennent d’atterrir sur le bureau d’Ursula von der Leyen. Si elles touchent toutes deux Ă  l’avenir de la transition Ă©lectrique, elles ne portent pas exactement sur les mĂȘmes batailles. Ensemble, elles rĂ©vĂšlent l’ampleur des tensions qui agitent le secteur automobile europĂ©en.

    Lundi 8 décembre : 67 acteurs rejettent les quotas pour les flottes

    Le 8 dĂ©cembre, une coalition de 67 acteurs majeurs du monde de l’automobile a adressĂ© une lettre Ă  la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne, Ursula von der Leyen. Parmi ces acteurs, des constructeurs comme BMW et Toyota, des gĂ©ants de la location (Avis, Hertz), mais Ă©galement des entreprises de leasing (Arval, Ayvens). Leur message : les quotas obligatoires pour l’Ă©lectrification des flottes d’entreprise seraient « extrĂȘmement prĂ©judiciables ».

    L’enjeu est important, car les flottes professionnelles (voitures de fonction incluses) reprĂ©sentent entre 50 et 60 % des ventes de voitures neuves dans l’UE selon l’Association des constructeurs europĂ©ens d’automobiles (ACEA). Le paquet du 16 dĂ©cembre devrait justement inclure des propositions sur ce segment clĂ©.

    Selon ces acteurs, les vrais obstacles Ă  l’adoption des VE restent les coĂ»ts d’achat et d’exploitation, ainsi qu’une infrastructure de recharge insuffisante. Imposer des objectifs contraignants placerait les entreprises face Ă  un dilemme : conserver leurs vĂ©hicules plus longtemps ou rĂ©duire leurs achats de vĂ©hicules neufs. Une action contre-productive dans les deux cas, selon les plaignants.

    Face Ă  ces problĂšmes, diffĂ©rents pays europĂ©ens ont trouvĂ© la parade : dans ces pays europĂ©ens oĂč l’adoption progresse le plus vite, c’est la combinaison d’incitations financiĂšres et d’investissements massifs dans l’infrastructure qui fait la diffĂ©rence. La lettre insiste aussi sur la nĂ©cessitĂ© d’incitations pour le marchĂ© de l’occasion, sachant que de nombreux vĂ©hicules en leasing sont revendus aprĂšs deux ou trois ans.

    Des revendications qui semblent ĂȘtre comprĂ©hensibles. Cependant, l’association Climate Group plaide pour maintenir des objectifs stricts. Elle rappelle que plus de 120 entreprises, dont EDF, Ikea, Siemens et Unilever, se sont dĂ©jĂ  engagĂ©es de leur propre initiative Ă  convertir leurs flottes au 100 % Ă©lectrique.

    Mercredi 10 dĂ©cembre : 200 signataires dĂ©fendent l’objectif 2035

    Deux jours plus tard, une autre lettre, cette fois sur les objectifs globaux, a Ă©tĂ© envoyĂ©e Ă  von der Leyen. E-Mobility Europe et ChargeUp Europe, soutenus par prĂšs de 200 signataires dont Polestar et Volvo Cars, appellent la Commission Ă  maintenir fermement l’objectif de zĂ©ro Ă©mission pour les voitures neuves d’ici 2035.

    « Nous sommes profondĂ©ment prĂ©occupĂ©s par les rĂ©cents efforts visant Ă  diluer vos objectifs », Ă©crivent-ils. La cible de cette lettre : dĂ©jouer les pressions exercĂ©es par certains constructeurs allemands et par l’ACEA pour obtenir plus de flexibilitĂ© sur les objectifs CO₂ et assouplir l’interdiction des ventes de voitures thermiques en 2035.

    L’inquiĂ©tude porte notamment sur la rĂ©ouverture de la porte aux hybrides rechargeables et aux carburants neutres en CO₂. Selon eux, cette approche crĂ©erait de l’incertitude et ralentirait la transition vers l’Ă©lectrique, alors mĂȘme que les constructeurs chinois progressent Ă  grande vitesse et rĂ©duisent leurs coĂ»ts.

    Le message est sans appel : « Chaque retard en Europe ne fait qu’Ă©largir l’Ă©cart avec la Chine. » Pour ces acteurs, tout recul compromettrait les investissements dĂ©jĂ  engagĂ©s et creuserait dĂ©finitivement le fossĂ© avec le gĂ©ant asiatique.

    Le 16 décembre, jour de vérité

    Le paquet automobile, dont la publication a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© retardĂ©e d’une semaine, cristallise toutes les attentions. Il pourrait accorder plus de flexibilitĂ© sur les objectifs CO₂, assouplir l’interdiction des thermiques en 2035, et inclure des mesures spĂ©cifiques sur les flottes d’entreprise.

    Le dossier a fait l’objet d’un lobbying frĂ©nĂ©tique ces derniĂšres semaines, avec un flot de lettres qui ont inondĂ© Bruxelles avant l’annonce.

    Ces deux prises de position, bien qu’elles ne portent pas exactement sur les mĂȘmes combats, rĂ©vĂšlent les lignes de fracture du secteur. D’un cĂŽtĂ©, des acteurs qui rĂ©clament pragmatisme et flexibilitĂ©. De l’autre, des dĂ©fenseurs de la transition qui craignent que tout assouplissement ne compromette l’ambition climatique europĂ©enne et sa compĂ©titivitĂ© face Ă  la Chine.

    Le 16 dĂ©cembre apportera des rĂ©ponses sur plusieurs fronts : le niveau d’ambition maintenu pour 2035, la flexibilitĂ© accordĂ©e sur les objectifs CO₂, le sort des hybrides, et les Ă©ventuelles obligations pour les flottes. Le compromis s’annonce dĂ©licat.

  • L’icĂŽne MINI devient une marque Ă©lectrique

    L’icĂŽne MINI devient une marque Ă©lectrique

    La fin de l’annĂ©e approche et alors que la transition vers Ă©lectrique s’accĂ©lĂšre en Europe, la marque britannique du groupe BMW fait de ses modĂšles 100 % Ă©lectriques une part cruciale de son volume. Les ventes mondiales renouent cette annĂ©e avec la croissance, portĂ©es par la nouvelle gĂ©nĂ©ration de Cooper et de Countryman, tandis que la France voit la Mini Electric s’installer dans le top 10 des ventes de BEV et espĂšre y rester avec l’arrivĂ©e de l’Aceman l’an prochain.

    Crédit: Mini

    Une annĂ©e 2025 portĂ©e par l’Ă©lectrique

    Selon les premiers bilans publiĂ©s Ă  l’automne, MINI a livrĂ© 133 778 vĂ©hicules dans le monde au premier semestre 2025, soit une hausse de 17,3 % par rapport Ă  la mĂȘme pĂ©riode de 2024. Sur les neuf premiers mois, un autre relevĂ© Ă©voque plus de 200 000 unitĂ©s vendues. Ce chiffres rapproche la marque de la barre des 300 000 vĂ©hicules vendus Ă  l’annĂ©e (standard moyen depuis plusieurs annĂ©es). Ces chiffres satisfaisants pour MINI, coĂŻncident directement avec la montĂ©e en puissance des nouvelles Cooper et Countryman, dont les versions Ă©lectriques dopent les prises de commandes dans les concessions europĂ©ennes.

    Le signal le plus parlant vient de la France : sur les onze premiers mois de 2025, la Mini Ă©lectrique (nouvelle Cooper Electric) cumule 10 171 immatriculations, ce qui la place dans le top 10 des voitures Ă©lectriques les plus vendues du pays, derriĂšre des poids lourds comme la Renault 5 E-Tech, la CitroĂ«n Ă«-C3 ou la Peugeot e-208. En novembre 2025, elle signe mĂȘme un mois Ă  1 439 immatriculations, la positionnant cinquiĂšme BEV du marchĂ© derriĂšre la R5, l’e-208, le ScĂ©nic E-Tech et la Ă«-C3. 

    crédit: bmw group

    Autrement dit, les donnĂ©es actuelles du marchĂ© suggĂšrent qu’une part significative des MINI vendues en France en 2025 est dĂ©sormais 100% Ă©lectrique, mĂȘme si le constructeur ne publie pas encore de pourcentage dĂ©taillĂ© par motorisation.

    Cooper et Countryman Electric : les chiffres qui changent tout

    La nouvelle Cooper Electric, dĂ©sormais proposĂ©e en versions E et SE, repose sur des batteries nettement plus gĂ©nĂ©reuses que l’ancienne Cooper SE et sur des moteurs plus puissants. Les donnĂ©es disponibles indiquent environ 135 Ă  160 kW (soit jusqu’Ă  215 ch) et des capacitĂ©s de batterie de l’ordre de 40 Ă  un peu plus de 50 kWh utiles, offrant des autonomies comprises grosso modo entre 250 et 320 km selon la version.

    La Countryman Electric, de son cĂŽtĂ©, s’appuie sur un pack d’environ 64 kWh et sur une transmission intĂ©grale dĂ©veloppant plus de 300 ch, pour une autonomie annoncĂ©e au-delĂ  de 330 km dans les conditions les plus exigeantes.

    crédit: bmw group

    Sur le terrain, ces chiffres replacent MINI dans le match : lĂ  oĂč l’ancienne Cooper SE Ă©tait pĂ©nalisĂ©e par une batterie trop petite, la nouvelle gĂ©nĂ©ration permet enfin d’envisager 250 Ă  300 km rĂ©els en usage mixte. Des chiffres peu impressionnants certes, nĂ©anmoins ils correspondent Ă  la majoritĂ© des trajets urbains et pĂ©riurbains europĂ©ens. Les prises de commandes Ă©lectriques ont doublĂ© au premier trimestre 2025 par rapport au T1 2024, selon des indications publiĂ©es cĂŽtĂ© BMW Group, ce qui confirme que la clientĂšle MINI suit la transition dĂšs lors que le produit rĂ©pond au besoin.

    Un contexte européen qui joue en faveur de MINI

    Le contexte français et europĂ©en joue en faveur de cette bascule. En France, les voitures 100 % Ă©lectriques ont atteint une part de marchĂ© record de 24 % en octobre 2025, puis 26 % en novembre, avec plus de 34 000 vĂ©hicules particuliers en un seul mois. La dynamique est nourrie par le leasing social et l’arrivĂ©e de modĂšles compacts plus abordables, mais elle profite aussi aux acteurs premium-urbains qui se positionnent correctement en prix et en usage, dont MINI fait partie.

    crédit: bmw group

    Comme exprimĂ© prĂ©cĂ©demment, sur les onze premiers mois de 2025, la Mini Ă©lectrique figure parmi les dix BEV les plus vendues, avec un peu plus de 10 000 immatriculations. Une situation bien diffĂ©rente pour plusieurs concurrentes historiques, comme la Tesla Model 3 ou certaines berlines premium, en effet, les ventes de ses VE reculent fortement. MINI capte donc une partie des clients qui se dĂ©tournent des gros SUV Ă©lectriques pour revenir vers des citadines et des compactes Ă  l’empreinte au sol et au budget plus abordable.

    2026 : l’Aceman pour verrouiller le cƓur de gamme Ă©lectrique

    L’enjeu 2026 pour MINI, c’est l’industrialisation et la mise Ă  disposition d’une vraie gamme Ă©lectrique complĂšte. À cĂŽtĂ© de la Cooper et du Countryman, c’est la bien connue Aceman qui arrive comme troisiĂšme pilier. Son rĂŽle: ĂȘtre le crossover compact 100 % Ă©lectrique de la marque britannique destinĂ© Ă  combler l’Ă©cart entre la citadine 3/5 portes et le SUV familial.

    Les informations dĂ©jĂ  publiĂ©es Ă©voquent deux variantes principales, Aceman E et Aceman SE, avec des puissances d’environ 180 Ă  215 ch et des batteries comparables Ă  celles de la Cooper Electric, autour de 42 Ă  54 kWh. L’objectif est clair : se placer frontalement face aux Volvo EX30, Jeep Avenger EV, DS 3 E-Tense ou CitroĂ«n Ă«-C3 haut de gamme, sur le segment des crossovers Ă©lectriques de 30 000 Ă  40 000 euros.

    Crédit: Mini

    Une électrification pragmatique

    Pendant un temps, MINI avait laissĂ© entendre que son dernier nouveau moteur thermique serait lancĂ© en 2025 et que la marque deviendrait intĂ©gralement Ă©lectrique au dĂ©but des annĂ©es 2030, une trajectoire alignĂ©e sur les ambitions les plus agressives du secteur. La rĂ©alitĂ© en cette fin d’annĂ©e 2025 est plus nuancĂ©e : le groupe confirme une croissance Ă  deux chiffres visĂ©e pour ses ventes de voitures Ă©lectriques. Cela dit, la marque n’a pas annoncĂ© l’arrĂȘt imminent des motorisations essence pour MINI, prĂ©fĂ©rant parler de « mix optimisé », le vice-prĂ©sident de MINI en AmĂ©rique, Michael Peyton, l’affirme « Les moteurs thermiques restent trĂšs populaires et le seront longtemps ». L’objectif du 100 % Ă©lectrique en 2030 est donc repoussĂ©.

    Pour l’Ă©lectromobilitĂ© europĂ©enne, MINI devient ainsi un cas d’Ă©cole intĂ©ressant : une marque qui rĂ©ussit Ă  faire progresser significativement ses volumes de BEV, qui place un modĂšle comme la Mini Electric dans le top 10 français, mais qui assume en parallĂšle de garder des motorisations thermiques et hybrides lĂ  oĂč les infrastructures ou le pouvoir d’achat ne suivent pas encore.

    L’annĂ©e 2026, avec l’arrivĂ©e de l’Aceman Ă©lectrique et la montĂ©e en cadence des Cooper et Countryman zĂ©ro Ă©mission, dira si cette stratĂ©gie peut tenir face Ă  la pression rĂ©glementaire europĂ©enne et Ă  l’offensive des nouveaux entrants chinois.

  • Fiat s’électrifie : la 500 Hybrid et la Panda Pop arrivent !

    Fiat s’électrifie : la 500 Hybrid et la Panda Pop arrivent !

    En cette fin d’annĂ©e 2025, Fiat confirme son engagement pour une mobilitĂ© Ă©lectrifiĂ©e accessible en lançant la nouvelle 500 Hybrid, produite dans l’usine emblĂ©matique de Mirafiori Ă  Turin, tandis que la Grande Panda poursuit son dĂ©ploiement en versions Ă©lectrique et hybride. Ces deux modĂšles complĂ©mentaires ciblent citadins et petits budgets, tout en rĂ©pondant Ă  l’urgence Ă©cologique.

    Crédit: Fiat

    La 500 Hybrid signe un retour aux sources pragmatique

    PrĂ©sentĂ©e Ă  Turin lors d’un Ă©vĂ©nement presse spĂ©cial du 21 au 28 novembre, la nouvelle Fiat 500 Hybrid est depuis disponible Ă  la commande pour tous les amoureux de cet iconique vĂ©hicule italien. Elle est disponible en version classique 3 portes, en version 3+1 mais aussi en version cabriolet, avec une gamme de finitions allant de POP Ă  LA PRIMA, plus une sĂ©rie spĂ©ciale de lancement baptisĂ©e “Torino”. 

    CĂŽtĂ© motorisation, Fiat a optĂ© pour un moteur essence couplĂ© Ă  un systĂšme micro-hybride 12 V, offrant une puissance combinĂ©e d’environ 70 ch, nĂ©cĂ©ssaire pour l’usage souvent trĂšs urbain de ce vĂ©hicule. Cette hybridation lĂ©gĂšre favorise la sobriĂ©tĂ© et une consommation moyenne de 5,2 l/100 km WLTP, selon les donnĂ©es officielles.

    Son dimensionnement n’évolue pas et reste sur les standard qui ont fait son succĂšs. En effet, elle reste compacte (environ 3,63 m de longueur), fidĂšle Ă  l’esprit citadin du modĂšle original. Son design extĂ©rieur Ă©lĂ©gamment rĂ©tro intĂšgre des dĂ©tails modernisĂ©s : calandre revisitĂ©e, phares Ă  LED et lignes douces, tandis que l’intĂ©rieur offre un tableau de bord Ă©purĂ© avec un Ă©cran tactile central de 10,25 pouces, des matĂ©riaux de qualitĂ© et une ambiance lumineuse soignĂ©e, axĂ©e sur le confort et la praticitĂ©.

    Dans le communiquĂ© retraçant l’évĂšnement de lancement qui a eu lieu le 21 novembre dernier, on a mit un poing d’honneur Ă  souligner le caractĂšre historique de cette sortie : “Ce moment particulier marque Ă©galement le lien du modĂšle avec l’usine Mirafiori de Turin, berceau originel de la 500 en 1957. La production de la nouvelle 500 Hybrid a officiellement dĂ©butĂ© en novembre Ă  l’usine Carrozzerie Mirafiori de Turin, avec un objectif de 5 000 unitĂ©s d’ici la fin de l’annĂ©e”. Fiat met en avant ce lien fort avec son histoire industrielle, alliant hĂ©ritage et innovation dans un modĂšle prĂȘt Ă  rĂ©pondre au quotidien urbain. 

    Crédit: Fiat

    Le tarif d’entrĂ©e dĂ©marre Ă  19 400 € TTC et a ce prix, aprĂšs une premiĂšre vague Ă©lectrique aux ventes mitigĂ©es, s’impose ici comme un compromis rĂ©aliste entre performance, autonomie et praticitĂ©.

    Grande Panda EV : polyvalence urbaine à prix serré

    La Grande Panda possĂšde une offre motorisations complĂšte puisqu’elle est disponible en version essence mais aussi et surtout en version hybride et 100 % Ă©lectrique. La grande nouveautĂ© de cette fin d’annĂ©e, c’est que la marque italienne a dĂ©clarĂ© que chaque motorisation serait disponible dans la version d’entrĂ©e de gamme abordable “POP”. Un verritable coup de pouce pour les automobilistes qui souhaitent passer Ă  une mobilitĂ© plus douce sans se ruiner.

    Crédit: Fiat

    En version 100% Ă©lectrique, chiffrĂ©e Ă  23 900 € prix catalogue, elle affiche jusqu’à 320 km d’autonomie WLTP grĂące Ă  sa batterie de 44 kWh. Son moteur dĂ©veloppe 113 ch (≈ 83 kW) pour 122 Nm de couple. Sa vitesse maximum est plafonnĂ©e Ă  132 km/h pou un 0 Ă  100 km/h en moins de 11 secondes. Des performances classiques, mais pour ce genre de vĂ©hcoule, abordable et Ă©conomique, la vitesse et la nervositĂ© n’est pas un critĂšre sur lequel le constructeur Ă  mis l’accent. 

    La dĂ©clinaison hybride lĂ©gĂšre, Ă  partir de 18 900 €, vise une alternative Ă©conomique aux citadines thermiques classiques. Fiat joue sa carte sur une combinaison prix attractif, style urbain et polyvalence d’usage, pour toucher des profils variĂ©s. Parlons performances avec pour cet hybride un moteur essence combinĂ© Ă  un moteur Ă©lectrique de 48 kW qui dĂ©veloppe 100 chevaux. La vitesse maximum est de 160 km/h pour un 0 Ă  100 km/h en 10 secondes. Cette version POP pour l’hybride de Fiat consomme en cycle mixte 5 l/100 km, une moyenne correcte pour ce type de vĂ©hicule.

    La version POP pour ces deux types de motorisations propose un bon “minimum viable” : 7 couleurs diffĂ©rentes, roues 16 pouces, connectivitĂ© basique mais efficace, etc. C’est une option intĂ©ressante pour les acheteurs cherchant un VE (ou une citadine hybride/essence) simple, efficace, sans options superflues.

    Un pari clair sur la dĂ©mocratisation de l’électromobilitĂ©

    Avec la 500 Hybrid et la Grande Panda “POP”, Fiat affiche une stratĂ©gie pragmatique : renouer avec un best-seller accessible en adaptant l’électrique Ă  la rĂ©alitĂ© du marchĂ© europĂ©en encore hĂ©sitant, avec l’hybride comme passerelle. 

    La diversification des motorisations, la production locale et les prix abordables traduisent l’ambition d’une mobilitĂ© Ă©lectrifiĂ©e Ă  large Ă©chelle.

  • Conduite autonome : Tesla fait essayer les Français.

    Conduite autonome : Tesla fait essayer les Français.

    Depuis le 1er dĂ©cembre, Tesla transforme 10 de ses centres français en vitrines de la conduite autonome, gĂ©rĂ©es par le FSD (Full Self-Driving) en mode “supervisĂ©â€. Jusqu’au 31 dĂ©cembre 2025, les curieux pourront dĂ©couvrir cette technologie encore interdite en Europe.

    Source : Tesla

    Tesla FSD : la technologie qui défie les routes européennes

    Cette balade autonome dans nos villes françaises est possible grĂące Ă  une technologie que la firme amĂ©ricaine dĂ©veloppe depuis dĂ©jĂ  plus de 9 ans. En 2025, la version la plus rĂ©cente et performante est la v14, qui repose sur l’approche « vision only » : huit camĂ©ras haute rĂ©solution et un ordinateur embarquĂ© puissant analysent en temps rĂ©el l’environnement via un rĂ©seau neuronal. La grande nouveautĂ©, c’est donc que cette intelligence motrice n’utilise pas de radar.

    ConcrĂštement, pour se rendre d’un trajet A Ă  un trajet B, le conducteur entre une destination via l’Ă©cran, ce qui gĂ©nĂšre un itinĂ©raire avec changements de voie suggĂ©rĂ©s, sorties d’autoroute et virages. Le FSD suit cet itinĂ©raire en sĂ©lectionnant les bonnes fourches et en ajustant en temps rĂ©el (dĂ©tours, fermetures de route). Ce systĂšme gĂšre donc direction, accĂ©lĂ©ration, freinage, changements de voie, intersections et piĂ©tons, en imitant les dĂ©cisions humaines sur la base de milliards de kilomĂštres accumulĂ©s aux États-Unis.

    Cependant, il reste classĂ© niveau 2 selon la classification SAE (Society of Automotive Engineers) des niveaux d’automatisation, qui va de 0 Ă  5. Il exige une supervision humaine constante, le conducteur restant lĂ©galement responsable.

    OĂč tester le FSD en passager ?

    C’est l’annonce de cette fin d’annĂ©e : Tesla ouvre ses centres du 1er au 31 dĂ©cembre 2025 pour des essais encadrĂ©s en France. Au total, c’est dans plus de 10 centres Tesla situĂ©s aux quatre coins de la France que les plus curieux pourront ĂȘtre promenĂ©s. Nantes, Bordeaux, Paris-Est, Lille, Cannes, Toulouse, Marseille, Strasbourg, Paris-Nord et Lyon-Est : voici les lieux sĂ©lectionnĂ©s par la marque d’Elon Musk.

    Source : Tesla val d’europe

    Les inscriptions se font via le site Tesla France, sur crĂ©neaux limitĂ©s, avec un employĂ© au volant pour toute la durĂ©e. Cette opĂ©ration s’Ă©tend en Europe (Italie, Allemagne) jusqu’au 31 mars 2026.

    Le parcours type des essais

    Dans l’objectif de prouver que cette technologie, qui rend les conducteurs rĂ©ticents, est efficace et fiable, chaque session reproduit un trajet domicile-travail. En effet, la voiture roulera en zone urbaine dense, empruntera des ronds-points, utilisera la rocade, mais dĂ©ambulera Ă©galement sur des axes pĂ©riurbains et des zones Ă  fort trafic pour tester les scĂ©narios stressants du quotidien. Le FSD pilote seul ces Ă©tapes (insertions, prioritĂ©s, passages piĂ©tons), sous surveillance immĂ©diate. La durĂ©e prĂ©vue est d’environ 20-30 minutes autour du centre Tesla.

    Source : Tesla

    Quand est-ce que ce sera autorisé ?

    En France et en Europe, l’homologation pleine pour un usage client repose sur le rĂšglement DCAS/UNECE R171 phase 3. RĂ©cemment entrĂ© en vigueur le 22 septembre 2024, il autorise les changements de voie ainsi que les manƓuvres initiĂ©es par le systĂšme sous supervision humaine.

    Actuellement, aucun territoire europĂ©en n’a autorisĂ© cette technologie. NĂ©anmoins, Tesla tente de convaincre le RDW, qui est l’autoritĂ© nĂ©erlandaise indĂ©pendante pour l’ensemble des vĂ©hicules motorisĂ©s. En effet, la marque amĂ©ricaine vise fĂ©vrier 2026 aux Pays-Bas et espĂšre Ă©tendre cette technologie Ă  d’autres pays fin 2026 / dĂ©but 2027. Elon Musk pousse via du lobbying, critiquant des rĂšgles « obsolĂštes », malgrĂ© des recadrages (ex. : la France interdisant la pub « entiĂšrement autonome »).

    Pour tous, ces trajets offrent une occasion unique d’observer la technologie sur nos routes, face Ă  nos marquages, notre signalisation et notre façon trĂšs europĂ©enne de conduire. De quoi nourrir le dĂ©bat sur la place rĂ©elle que la conduite autonome prendra demain dans la mobilitĂ© Ă©lectrifiĂ©e.