Blog

  • Porsche : une année 2025 difficile, mais une stratégie claire pour rebondir

    Porsche : une année 2025 difficile, mais une stratégie claire pour rebondir

    Mercredi 11 mars 2026, Porsche a tenu sa conférence de presse annuelle afin de présenter ses résultats financiers pour l’année 2025 et détailler sa stratégie pour les années à venir. Le constructeur allemand a reconnu avoir traversé l’une des années les plus difficiles de son histoire récente. Entre baisse des ventes, chute brutale des profits et réorientation stratégique de la marque, 2025 marque clairement un tournant pour Porsche, qui tente désormais de relancer sa dynamique tout en poursuivant sa transition vers l’électrique. Presque en parallèle, la veille de cette conférence, Porsche a présenté son nouveau modèle zéro émission : le Porsche Cayenne S Electric.

    source : Porsche

    Des résultats 2025 en forte baisse

    Les chiffres dévoilés ce matin montrent un réel ralentissement. En 2025, Porsche a généré 36,27 milliards d’euros de chiffre d’affaires, contre 40,1 milliards d’euros en 2024, soit une baisse d’environ 9,5 %. Mais c’est surtout la rentabilité qui s’est effondrée. Le bénéfice d’exploitation (EBIT) a chuté à 410 millions d’euros, contre 5,64 milliards d’euros l’année précédente, ce qui représente une baisse spectaculaire de 92,7 %. La marge opérationnelle, habituellement très élevée chez Porsche, est tombée à 1,1 %, contre 14,1 % en 2024, tandis que le bénéfice net s’établit à 310 millions d’euros, en recul de 91,4 %.

    Du côté des volumes, Porsche a livré 279 449 véhicules en 2025, soit une baisse de 10,1 % par rapport à l’année précédente. Pour autant, la part des modèles 100 % électriques a atteint 22,2 % des livraisons, un chiffre correspondant à l’objectif initial fixé par la marque entre 20 et 22 %.

    Plusieurs facteurs à l’origine

    Selon la direction du constructeur, une grande partie de la chute de rentabilité provient de charges estimées à 3,9 milliards d’euros. Celles-ci incluent notamment 2,4 milliards d’euros liés à une réorientation stratégique de la gamme, 700 millions d’euros de dépréciations sur les batteries et 700 millions d’euros d’impact lié aux droits de douane aux États-Unis depuis le retour du « America First » du président Trump.

    Le ralentissement du marché chinois a également pesé lourd. Sur ce marché clé pour les constructeurs premium, les ventes de Porsche ont reculé de 26 %. Cela n’est pas une baisse isolée pour la marque ; en effet, BMW (-12,5 %) et Mercedes (-19 %) sont également touchés. À cela s’ajoutent les surcoûts liés à la transition électrique, notamment sur la Porsche Taycan et le Porsche Macan Electric, ainsi que les investissements importants dans le développement logiciel mené avec le groupe Volkswagen Group via la filiale Cariad.

    « Les défis globaux et la nouvelle orientation de l’entreprise ont impacté le résultat 2025 », a résumé le directeur financier Jochen Breckner lors de la conférence.

    source : Porsche 

    Une stratégie pour redresser la barre

    Face à cette situation, le nouveau CEO de Porsche, Michael Leiters, a présenté un plan stratégique reposant sur trois piliers : « Leaner, Faster, More Desirable ». Le premier axe, Leaner, vise à rendre l’entreprise plus légère en réduisant les coûts fixes ; traduction : Porsche prévoit la suppression d’environ 1 900 postes d’ici 2029.

    Le second pilier, Faster, doit accélérer les cycles de développement et concentrer les ressources sur les modèles les plus importants pour la marque. Cinq véhicules constituent désormais le cœur de la stratégie produit : la Porsche 911, le Porsche Cayenne, le Porsche Macan, la Porsche Taycan et la Porsche 718.

    Enfin, l’axe More Desirable doit renforcer l’image émotionnelle de la marque. Porsche souhaite continuer à miser sur la personnalisation et l’exclusivité afin de maintenir un positionnement très haut de gamme, même avec des volumes potentiellement plus faibles. « Nous repositionnons Porsche de manière intégrale, plus efficace, plus rapide, et avec des produits encore plus attractifs », a déclaré Michael Leiters.

    source : Porsche

    L’électrique reste au cœur de la stratégie

    Malgré les difficultés rencontrées en 2025, Porsche ne renonce pas à l’électrification. Pour 2026, le constructeur prévoit un chiffre d’affaires compris entre 35 et 36 milliards d’euros, avec une marge opérationnelle qui pourrait remonter entre 5,5 % et 7,5 %. La part des véhicules 100 % électriques devrait rester comprise entre 20 et 25 % des ventes, preuve que la transition énergétique se poursuit.

    source : Porsche

    Un nouveau Cayenne électrique dévoilé la veille

    L’électrique ne s’arrête pas pour Porsche. La veille de cette conférence annuelle, le constructeur allemand a présenté une nouvelle déclinaison de son SUV zéro émission : le Porsche Cayenne S Electric. Cette version vient compléter la gamme électrique du Cayenne en se positionnant au milieu de l’offre, entre le Cayenne Electric d’entrée de gamme et le Cayenne Turbo Electric.

    source : Porsche

     

    Comme les autres versions du SUV, ce modèle repose sur la plateforme Premium Platform Electric (PPE), une architecture 800 volts développée conjointement avec Audi. Le Cayenne S Electric dispose d’une puissance de 400 kW (544 ch), portée jusqu’à 490 kW (666 ch) avec le Launch Control, grâce à sa double motorisation et transmission intégrale. Côté accélération, c’est fidèle à l’ADN sportif de la marque avec un 0 à 100 km/h atteint en 3,8 secondes et une vitesse maximale de 250 km/h. 

    Au niveau des performances d’autonomie et de recharge, c’est convaincant sur le papier puisque la marque annonce une batterie haute tension de 113 kWh, qui permet une autonomie pouvant atteindre 653 km WLTP. Grâce à l’architecture 800 V, la puissance de recharge peut atteindre 400 kW sur borne rapide, permettant de passer de 10 à 80 % de batterie en environ 16 minutes. 

    source : Porsche

    Avec ce nouveau modèle, Porsche cherche à élargir sa gamme électrique sur le segment des SUV premium, un marché stratégique pour la marque. Et elle n’est pas là au hasard puisque les versions précédemment annoncées ont vraisemblablement plu : « La réaction au lancement du Cayenne Electric fin 2025 montre que Porsche répond aux attentes de ses clients », a expliqué Matthias Becker, responsable des ventes et du marketing.

    Après 2025, le rebond ? 

    Malgré des résultats financiers compliqués, la direction de Porsche se veut confiante pour l’avenir. L’année 2025 est présentée comme un point bas dans le cycle de transformation de la marque, avec un rebond attendu dès les prochaines années.

    Porsche espère dès cette année retrouver progressivement le niveau de rentabilité qui a fait sa réputation dans l’industrie automobile et conserver son statut de référence dans le segment premium.

  • Renault R-Space Lab : le concept qui pourrait inspirer la Mégane électrique de demain

    Renault R-Space Lab : le concept qui pourrait inspirer la Mégane électrique de demain

    Le 10 mars 2026, lors de la présentation de son nouveau plan stratégique FutuREady, Renault ne s’est pas contenté d’annoncer ses ambitions industrielles pour la fin de la décennie. Le constructeur français a également dévoilé un concept-car inattendu : le Renault R-Space Lab. Plus laboratoire roulant (d’où son nom) que véhicule de série, il est conçu pour explorer ce que Renault appelle les « voitures à vivre ». Derrière ce discours expérimental se cachent déjà plusieurs technologies et idées de design qui pourraient inspirer les prochaines générations de modèles électriques de la marque, notamment une certaine Mégane.

    source : Renault

    Un concept dévoilé au cœur du plan stratégique FutuREady

    On s’attendait à ne découvrir que deux prototypes : le Renault Bridger Concept, un 4×4 électrique destiné à explorer le segment des SUV familiaux, et le Dacia Striker, un break concept imaginé pour la marque roumaine. La surprise fut totale car, ce matin, le R-Space Lab a également été présenté. L’objectif de Renault est clair : illustrer concrètement la vision du groupe pour la prochaine décennie.

    Avec 12 nouveaux modèles prévus en Europe d’ici 2030 et 14 autres pour les marchés internationaux, le constructeur veut accélérer sa transformation tout en mettant davantage l’accent sur l’expérience à bord. Le R-Space Lab est chargé de tester de nouvelles idées d’architecture intérieure, de sécurité et d’interfaces numériques.

    Un retour aux racines du monospace

    Visuellement, le concept surprend par ses proportions. Long de 4,50 mètres, le R-Space Lab se situe à mi-chemin entre la compacte Renault Mégane E-Tech Electric (4,21 m) et le SUV urbain Renault Captur. Mais contrairement à ces modèles, son design adopte une silhouette monovolume très marquée, avec un pare-brise fortement avancé et une surface vitrée continue qui s’étire du capot jusqu’à la lunette arrière.

    source : Renault

    Ce choix stylistique s’inscrit dans une tradition historique de Renault : celle des véhicules familiaux centrés sur l’espace et la modularité. Le nom du concept fait d’ailleurs directement référence au Renault R-Space Concept, présenté en 2011 et qui avait préfiguré plusieurs éléments de design du Renault Scénic IV lancé cinq ans plus tard. Cette fois encore, Renault pourrait utiliser ce prototype pour tester les proportions d’une future génération de modèles électriques plus spacieux, potentiellement entre la compacte et le monospace.

    L’habitacle comme véritable espace de vie

    Mais le cœur du projet ne se situe pas dans le design extérieur. Le R-Space Lab a été conçu autour d’une idée simple : transformer l’intérieur du véhicule en espace de vie modulable, capable de s’adapter aux usages quotidiens des familles.

    Le siège passager avant devient ainsi un véritable élément multifonction. Il intègre directement les airbags frontaux et rideaux dans sa structure, ce qui libère de l’espace dans le tableau de bord. La boîte à gants peut se transformer en support pour tablette, en espace de rangement pour un sac ou même en repose-pied. Le siège peut également coulisser vers l’arrière, permettant au passager avant d’échanger face à face avec les occupants assis à l’arrière.

    L’arrière, on en parle, on y est. Renault a imaginé trois sièges indépendants coulissants, style Renault Espace, combinés à un toit panoramique vitré.

    source : Renault

    Un écran géant qui traverse tout le pare-brise

    Place maintenant à la partie technologique, où le concept introduit également plusieurs innovations numériques qui pourraient rapidement passer à la production.

    La plus spectaculaire est le système OpenR Panorama, un écran incurvé géant qui s’étend sur toute la largeur du pare-brise. Inspirée de l’interface du concept Renault Scénic Vision, cette solution vise à fusionner l’instrumentation et l’infodivertissement dans une surface d’affichage unique.

    Le prototype adopte également un volant de type yoke associé à une direction steer-by-wire, c’est-à-dire sans liaison mécanique directe entre le volant et les roues. Ce système, déjà utilisé sur certains modèles, permet davantage de liberté dans la conception du cockpit.

    source : Renault

    Une sécurité repensée grâce à l’intelligence artificielle

    Le R-Space Lab sert aussi de terrain d’expérimentation pour de nouveaux systèmes de sécurité. Le concept embarque par exemple un dispositif baptisé Safety Coach, qui utilise des capteurs et des algorithmes pour analyser le comportement du conducteur.

    En effet, le système peut notamment détecter des signes d’alcoolisation grâce à des capteurs tactiles intégrés, tout en fournissant des recommandations personnalisées via une intelligence artificielle embarquée. L’objectif est de créer une interaction permanente entre la voiture et son conducteur afin d’améliorer la sécurité routière.

    Un aperçu possible de la Mégane électrique de 2028

    Même si Renault insiste sur le caractère expérimental du projet, plusieurs indices suggèrent que certaines idées du R-Space Lab pourraient inspirer des modèles de série. Les proportions du concept, par exemple, pourraient annoncer une future génération de compacte électrique plus longue, autour de 4,40 à 4,50 mètres.

    Plusieurs observateurs évoquent déjà une possible seconde génération de la Renault Mégane E-Tech Electric vers 2028, qui adopterait des proportions plus proches d’un monospace compact afin d’améliorer l’habitabilité.

    source : Renault

    Si le R-Space Lab ne sera jamais commercialisé tel quel, il pourrait bien annoncer une nouvelle génération de véhicules électriques Renault où l’habitacle deviendra le cœur de l’innovation.

  • Volkswagen : 4 millions de BEV livrées… mais 50 000 emplois supprimés

    Volkswagen : 4 millions de BEV livrées… mais 50 000 emplois supprimés

    Le Volkswagen Group a profité de son Annual Media Conference 2026, organisée le 10 mars à Wolfsburg, pour dévoiler ses résultats financiers 2025 et détailler l’état d’avancement de sa transformation industrielle. Le directeur général Oliver Blume et le directeur financier Arno Antlitzont dressé un constat contrasté : le géant allemand reste l’un des leaders mondiaux de l’électromobilité, mais la transition énergétique pèse lourdement sur sa rentabilité. Avec 4 millions de véhicules 100 % électriques livrés dans le monde le groupe a également annoncé une mesure choc : 50 000 suppressions de postes en Allemagne d’ici 2030.

    source : Volkswagen Group

    Des volumes solides mais une rentabilité sous pression

    Sur le plan financier, l’année 2025 illustre parfaitement la phase de transition que traverse Volkswagen. Le constructeur a enregistré un chiffre d’affaires de 321,9 milliards d’euros, une légère baisse par rapport aux 324,7 milliards de 2024. Les ventes mondiales se maintiennent également à un niveau élevé, avec 9 millions de véhicules livrés sur l’année.

    Mais la rentabilité s’est nettement dégradée. En effet, le résultat d’exploitation chute à 8,9 milliards d’euros, contre 19,1 milliards un an plus tôt, soit une baisse de plus de 50 %. La marge opérationnelle tombe à 2,8 %, son niveau le plus faible depuis le “Dieselgate” en 2016. Oliver Blume a insisté pour faire comprendre que 2025 est “une année de résilience financière mais marges sous pression.”

    source : Wikipédia

     

    Cette baisse s’explique notamment par 9 milliards d’euros de charges exceptionnelles, liées à plusieurs facteurs :

    • 5 milliards d’euros pour l’adaptation de la stratégie électrique de Porsche
    • 3 milliards liés aux tarifs douaniers américains
    • 1 milliard consacré à des restructurations internes

    Malgré cette pression sur les profits, le net cash flow de la division automobile atteint 6,4 milliards d’euros et est donc en hausse de 24 % sur un an. 

    Volkswagen confirme sa place dans l’électromobilité mondiale

    Malgré ses chiffres inquiétants, Volkswagen a envoyé un message clair : la stratégie BEV reste intacte. Quelques jours avant la conférence, le groupe a annoncé avoir livré 4 millions de véhicules 100 % électriques cumulés dans le monde (Top 5 mondial et Top 1 Europe).

    Cette conférence nous a également appris, ou du moins confirmé qu’au cours des deux dernières années, le groupe a lancé près de 60 nouveaux modèles, dont environ un tiers entièrement électriques. L’offre BEV du groupe dépasse désormais 30 modèles pour les voitures particulières, auxquels s’ajoutent les camions et bus électriques produits par la filiale industrielle TRATON, qui regroupe notamment Scania et MAN.

    source : Volkswagen Group

    Ralentir n’est pas l’option du groupe, l’offensive produit va se poursuivre. Volkswagen prévoit plus de 20 nouveaux modèles supplémentaires pour 2026, dont environ la moitié en 100 % électrique. Parmi eux figure un projet stratégique pour l’Europe : la Electric Urban Car Family, une nouvelle génération de quatre citadines électriques abordables destinées à démocratiser la mobilité électrique sur le segment d’entrée de gamme.

    En parallèle, le groupe prépare également plusieurs nouveaux modèles électriques spécifiquement développés pour le marché chinois, devenu le centre de gravité de la transition énergétique mondiale.

    50 000 suppressions d’emplois : le choc social

    Mais l’annonce la plus commentée de la conférence concerne la restructuration sociale du groupe. Dans sa lettre aux actionnaires publiée avec le rapport annuel, Oliver Blume confirme que près de 50 000 emplois devraient être supprimés en Allemagne d’ici 2030 au sein du groupe Volkswagen.

    source : Richard Bartz

    Une décision qui dépasse largement le plan social déjà négocié en 2024 avec le puissant syndicat allemand IG Metall. Pour rappel, à l’époque, un accord avait déjà prévu 35 000 suppressions de postes au sein de la marque Volkswagen. 

    Et si à l’origine seul Volkswagen devait être touchée, cette fois c’est plusieurs marques qui devraient être concernées : Audi, Porsche et Cariad.

    C’est une certitude que les syndicats vont faire parler d’eux mais la direction a insisté sur une approche « socialement responsable », reposant principalement sur des départs volontaires, des préretraites et des reclassements internes.

    Les “Future Packages” : le plan pour restaurer la rentabilité

    Pour sortir de cette phase de transition, Volkswagen mise sur un vaste programme d’efficacité interne baptisé Future Packages. L’objectif est clair : plus de 6 milliards d’euros d’économies annuelles d’ici 2030, grâce à plusieurs leviers industriels.

    Le groupe prévoit notamment de simplifier sa gamme de véhicules, d’améliorer la productivité de ses usines et de renforcer les synergies entre ses différentes marques. Pour rappel, le catalogue Volkswagen Group comporte plusieurs marques, chacune ayant son positionnement propre : Volkswagen, Audi, Škoda, Cupra, Porsche et bien d’autres.

    source : Autoactu

    Pour la direction, 2025 représente donc un point bas temporaire, avant un redressement attendu à partir de 2026 grâce au renouvellement des gammes et aux gains d’efficacité.

    Une transition électrique plus difficile que prévu

    Si Volkswagen maintient son ambition de devenir un “Global Automotive Tech Driver” à horizon 2035, la conférence montre aussi que la transition énergétique s’annonce plus complexe que prévu.

    En effet, le groupe doit composer avec plusieurs défis simultanés :

    • la montée en puissance des constructeurs chinois comme BYD ou Geely,
    • le ralentissement de la demande de véhicules électriques en Europe,
    • les tensions commerciales avec les États-Unis.

    La transition électrique a un prix

    Avec 4 millions de voitures électriques livrées, Volkswagen prouve qu’il possède désormais l’une des plus grandes offres BEV du marché mondial. Mais l’annonce des 50 000 suppressions de postes rappelle que la transformation énergétique de l’industrie automobile implique une profonde mutation industrielle.

    Pour Volkswagen, les prochaines années seront donc décisives. Reste a voir si les prochaines sorties permetteront à restaurer les marges du groupe pour rester le leader qu’il est actuellement.

  • Groupe Renault : futuREady, la force du 100% électrique en 2030

    Groupe Renault : futuREady, la force du 100% électrique en 2030

    Dans son nouveau plan stratégique futuREady, le groupe Renault lancera 36 modèles à travers le monde dici 4 ans. Tout en voulant rester une référence des constructeurs européens, la firme française veut conquérir les marchéétrangers les plus prometteurs : Inde, Corée du Sud et Amérique latine. Le groupe vise 2M de véhicules vendus par an en 2030, abandonne la production de voitures 100% thermiques et se concentre sur les hybrides, électriques et électriques avec prolongateur dautonomie.

    Souce: Groupe Renault

    La fin d’une ère. Renault va stopper la production de voitures à moteur à combustion et ne produira dorénavant que des véhicules électrifiés. Dans la foulée de la Twingo électrique commercialisée dans quelques semaines, pas moins de 36 modèles seront ainsi lancés d’ici 4 ans, à travers les marques Renault, Dacia et Alpine. L’objectif est ainsi de vendre 2M de véhicules par an dans le monde, à l’horizon 2030.

    Renault Bridger Concept, le nouveau baroudeur de poche

    Parmi toutes ces nouveautés, 22 modèles seront produits pour l’Europe dont 16 électriques. Les autres véhicules seront hybrides ou électriques avec extension d’autonomie. Quatorze véhicules multi-énergie seront réservés à l’international, à commencer par le Renault Bridger dont le concept évoque un petit baroudeur agile et très carré, de moins de 4m avec un grand coffre et beaucoup d’espace à bord. « Face à la concurrence chinoise notamment, nous devons suivre le rythme en matière de technologie innovante et dexpérience client, explique François Provost, le PDG de Renault Group. Notre objectif est de conserver 80 % de nos clients pendant les 10 ans du cycle de vie de nos voitures. »

    source: Groupe Renault

    Cockpit toujours plus numérique et intelligent

    Cette ambition passe par ce nouveau cockpit baptisé R-Space qui va progressivement équiper les modèles Renault. Pensé pour le conducteur et ses passagers, il se compose d’un écran incurvé panoramique sur toute la largeur du tableau de bord. Digitale, connectée et assistée par intelligence artificielle, cette interface se veut intuitive et aussi ergonomique que l’utilisation de votre smartphone. D’ailleurs Renault accentue sa collaboration avec Google pour son système d’exploitation, déjà reconnu comme étant le meilleur du marché. En matière de sécurité pour les jeunes conducteurs par exemple, il sera possible d’activer un éthylotest anti-démarrage intégré.

    source: Groupe Renault

    Nouvelle plateforme pour voitures électriques à grande autonomie

    Au niveau industriel, la bonne conduite du plan passe par l’inauguration d’une nouvelle plateforme électrique RGVE Medium 2.0. Capable de produire des véhicules du segment B+ à D, à l’architecture 800 V, ce qui permet des temps de recharge ultra-rapides. Elle offrira une autonomie électrique jusqu’à 750 km WLTP et jusqu’à 1 400 km en version Range Extender EV(avec prolongateur d’autonomie). La polyvalence de cette base technique permettra d’assembler diverses silhouettes comme des berlines, SUV ou coupés, des modèles traction, propulsion ou à moteurs électriques avec prolongateur d’autonomie. Autant d’atouts et de possibilités qui doivent convaincre les consommateurs qui hésitent à franchir le pas vers la technologie électrique.

    source: Groupe Renault

    400 € d’économies par voiture et par an

    Renault promet aussi de réduire le coût de production de 400 € par voiture et par an, ce qui pourrait par conséquent se répercuter sur la facture finale pour les clients. Ces économies sont notamment réalisées : 

    – en optimisant les process industriels (automatisation accélérée sur les chaînes, maximisation de la réutilisation de pièces à disposition), 

    – en réduisant le nombre de pièces par voiture (- 30% en moyenne), 

    – en faisant appel à l’IA et aux jumeaux numériques pour réduire le temps de développement et le nombre d’opérations industrielles lourdes 

    – dans les usines, 300 robots humanoïdes (origine Wanderkraft) vont venir en aide aux ouvriers pour effectuer les tâches les plus physiques sur la ligne de production. Cela constitue une première dans l’industrie automobile

    En outre, le temps de développement 

    Développement à linternational

    Pour atteindre des marges opérationnelles de 5 à 7% du chiffre d’affaires par an et une trésorerie annuelle de 1,5 Mds €, le PDG du groupe Renault compte sur l’Europe mais vise aussi les nouveaux marchés en pleine expansion (50M d’unités par an) : l’Inde, la Corée du Sud et l’Amérique latine. En revanche, le groupe français ne cherchera pas à s’implanter en Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada), marché insuffisamment électrifié.

    Dacia Striker, le crossover coupé à moins de 25 000 

    Forte de plus de 10M de ventes depuis 2004, Dacia continue d’électrifier sa gamme avec la présentation de son nouveau modèle Striker. Il s’agit d’un crossover imposant (4,62 m de long) avec une garde au sol assez haute et un profil de coupé. Il embarque des motorisations hybride, hybride 4×4 et GPL. Produit en Turquie, le Striker sera lancé en 2027 à partir de 25 000€, ce qui en fera un parfait complément aux SUV à succès Bigster et Duster. La marque au meilleur rapport qualité/prix du marché proposera en outre 4 voitures 100% électriques d’ici 2030.

    source: Groupe Renault

    Alpine prépare l’ « A110 » électrique

    Au-delà des modèles A290 et A390 déjà sur nos routes, Alpine poursuit le développement de la remplaçante de l’A110, qui sera 100% électrique. Priorité à la légèreté, l’agilité et au plaisir de conduite promet la marque qui dévoile l’architecture de sa future sportive autour de la plateforme APP (Alpine Performance Platform) EV. Le châssis en aluminium accueillera deux espaces pour les packs batteries, de manière à répartir l’équilibre des masses (40 % à l’avant et 60 % sur l’arrière). Les performances dynamiques seront optimisées par un module de gestion électronique (qui agit sur l’aéro, la puissance, le couple) tout en conservant le logiciel Alpine Torque Vectoring qui améliore la tenue de route en virage.

    source: Groupe Renault

    Moteur électrique plus perfectionné

    Fort de son expertise, le groupe Renault va aussi équiper ses modèles à venir de la 3e génération de moteur électrique (EESM). Moteur à rotor bobiné et sans terre rare, il développe 275 ch, soit 25% de puissance supplémentaire et offre un rendement accru sur autoroute notamment. Tandis que la technologie hybride (HEV) E-Tech va également connaître de nouvelles évolutions au-delà de 2030, avec des moteurs moins puissants et moins chers.

    source: Groupe Renault

    Au service des clients

    Près de neuf mois après sa prise de fonctions, le PDG François Provost entend donc faire du groupe Renault une référence en Europe avec de larges gammes de voitures électrifiées désirables et compétitives, sans négliger le potentiel de croissance vers les nouveaux marchés. Face à la concurrence agressive des constructeurs chinois, il mise avant tout sur le service que ses véhicules apporteront aux clients vers une mobilité propre, accessible et adaptée à leurs besoins.  

  • Lotus Eletre X : l’hybride s’impose

    Lotus Eletre X : l’hybride s’impose

    Pendant plusieurs années, Lotus Cars semblait déterminé à tourner définitivement la page du moteur thermique. En 2023, le constructeur britannique affirmait encore que la sportive Lotus Emira serait sa « dernière voiture thermique », dans le cadre d’une stratégie visant à devenir une marque 100 % électrique d’ici la fin de la décennie. Trois ans plus tard, la marque a revu ses ambitions. Avec l’arrivée du Lotus Eletre X, le constructeur britannique introduit pour la première fois de son histoire une motorisation hybride rechargeable.

    source : Lotus

    Une révélation venue de Chine

    On le savait depuis le 5 décembre 2025, lorsque le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies a publié un dossier d’homologation pour un véhicule baptisé « Eletre For Me ». Derrière cette appellation se cache en réalité la future version hybride rechargeable du SUV 100 % électrique lancé par Lotus en 2023.

    source : Automobile sportive

    Confirmée par Lotus Cars début 2026, la calendrier est désormais clair : les premières livraisons sont attendues en Chine à la fin du mois de mars 2026, avant un lancement européen programmé pour juin. Le marché français devrait être servi quelques mois plus tard, d’ici la fin de l’année.

    Cette évolution intervient dans un contexte particulier pour le constructeur. Si les modèles électriques de la marque, notamment le Lotus Eletre et la berline Lotus Emeya, ont permis à Lotus Cars d’atteindre un record de 12 134 livraisons mondiales en 2024, leurs volumes restent inférieurs aux ambitions initiales du constructeur, qui visait initialement plus de 25 000 ventes annuelles à moyen terme.

    source : TopGear

    Un hyper-SUV encore plus puissant

    Sur le plan technique, le Lotus Eletre X, en plus d’ajouter un moteur thermique au SUV électrique existant, devient la version la plus puissante de la gamme. En effet, le système hybride développe une puissance totale de 952 chevaux, alors que la version 100 % électrique n’en atteignait « que » 918 ch. Les performances suivent également : le 0 à 100 km/h est annoncé en 3,3 secondes et la vitesse maximale atteint 230 km/h.

    Là où le changement est le plus percutant, c’est au niveau de l’autonomie. Lotus adopte une batterie plus compacte fournie par CATL. Sa capacité passe de 112 kWh sur la version électrique à 70 kWh sur cette variante hybride rechargeable. Malgré cette réduction, l’autonomie en mode électrique reste particulièrement élevée pour un PHEV : 420 km selon le cycle CLTC, ce qui correspond à environ 350 km sur le cycle européen (WLTP). Avec le moteur thermique, l’autonomie totale dépasse alors les 1 200 kilomètres.

    Une recharge ultra-rapide pour un hybride rechargeable

    L’autre grande innovation concerne la recharge. Le Lotus Eletre X repose sur une architecture électrique de 900 volts capable d’encaisser jusqu’à 430 kW de puissance.

    Grâce à cette technologie, la batterie peut passer de 20 à 80 % de charge en seulement neuf minutes. Un chiffre inédit pour un véhicule hybride rechargeable. C’est bien plus performant que certains de ses concurrents, comme le Porsche Cayenne Turbo E-Hybrid ou le Range Rover Sport P550e.

    Le signe d’un changement de stratégie

    L’arrivée de cette version hybride illustre surtout un changement de stratégie pour Lotus. Lorsque le groupe chinois Geely a relancé la marque britannique en 2017, l’objectif affiché était de transformer Lotus en constructeur premium entièrement électrique.

    Mais la dynamique du marché automobile a évolué plus lentement que prévu. En Chine, les hybrides rechargeables représentent aujourd’hui près de 40 % des ventes de voitures neuves, contre environ 15 % pour les modèles 100 % électriques.

    Le Lotus Eletre X pourrait ainsi devenir le premier représentant d’une nouvelle génération de modèles Lotus hybrides. Selon plusieurs indications industrielles, la berline Lotus Emeya pourrait adopter une technologie similaire vers 2027, tandis que la sportive Lotus Emira pourrait suivre à l’horizon 2028.

    source : TopGear

    Un scénario qui marquerait la fin de la stratégie « tout électrique » annoncée quelques années plus tôt.

  • La technologie française derrière la révolution des taxis volants

    La technologie française derrière la révolution des taxis volants

    Alors que la course mondiale aux taxis volants s’intensifie, une question revient chez tous les acteurs du secteur : comment concevoir, certifier et industrialiser rapidement des aéronefs aussi complexes que les eVTOL ? Pour répondre à ce défi, le groupe français Dassault Systèmes met en avant une approche technologique qui pourrait bien devenir un standard du secteur. Dans un document technique intitulé Getting Cleared for Takeoff, l’expert Roberto Licata explique comment les plateformes numériques de l’entreprise permettent d’accélérer le développement de ces nouveaux aéronefs électriques.

    source : Dassault Systemes

    Un marché qui pourrait dépasser les 1 000 milliards de dollars

    Selon plusieurs projections citées dans le document, l’industrie des eVTOL – ces aéronefs électriques à décollage et atterrissage vertical – pourrait atteindre 300 milliards de dollars dès 2030, puis plus de 1 000 milliards de dollars d’ici 2040.

    Ces appareils sont au cœur du concept d’Advanced Air Mobility (AAM), qui vise à transformer la mobilité urbaine et régionale grâce à des taxis volants électriques capables de décoller verticalement. Selon certaines analyses, les futures flottes de transport aérien urbain pourraient même dépasser celles des plus grandes compagnies aériennes en nombre d’appareils et en fréquence de vols d’ici la prochaine décennie.

    Alors évidemment dans ce contexte, les premiers acteurs capables de certifier et industrialiser leurs appareils prendront une avance certaine.

    source : NASA

    Roberto Licata, expert de la mobilité aérienne avancée

    C’est précisément l’analyse portée par Roberto Licata, Solution Experience Director pour l’industrie Aerospace & Defense chez Dassault Systèmes. Il est spécialisé dans l’ingénierie système basée sur les modèles (MBSE), la conception et la simulation.

    Aujourd’hui, il pilote un portefeuille de solutions destinées à trois domaines clés :

    • le New Space,
    • l’Advanced Air Mobility,
    • l’innovation technologique.

    Son message est clair : pour développer un eVTOL compétitif, il ne suffit plus d’utiliser des outils d’ingénierie séparés. Il faut adopter une approche holistique, capable de connecter conception, simulation, certification et production dans un environnement numérique unique.

    Source : Dassault

    La complexité inédite des aéronefs eVTOL

    L’un des défis majeurs du secteur réside dans la complexité technique de ces nouveaux aéronefs. Un eVTOL combine en effet plusieurs technologies critiques :

    • aérodynamique avancée (rotors multiples, architectures hybrides),
    • propulsion électrique et batteries haute densité,
    • avionique numérique et fly-by-wire,
    • certification aéronautique encore en construction auprès des autorités.

    La combinaison de toutes ces technologies doit être simulée pour comprendre parfaitement les tenants et les aboutissants du projet. Si dans le passé, la simulation intervenait souvent en fin de cycle de développement, désormais elle est un élément central du processus de conception, permettant de tester virtuellement de nombreuses configurations avant même la construction d’un prototype physique.

    Une plateforme numérique pour concevoir et simuler en même temps

    Pour répondre à ces enjeux, Dassault Systèmes met en avant sa plateforme cloud 3DEXPERIENCE, qui combine conception, simulation et gestion des données dans un environnement unique. Cette approche, baptisée MODSIM (Modeling + Simulation), repose sur un principe simple :

    • un modèle de données unique pour la conception (CAD) et l’ingénierie (CAE),
    • des équipes qui travaillent simultanément sur le même environnement numérique,
    • des itérations de design beaucoup plus rapides.
    source : Dassault Systemes

    Concrètement, cela permet d’éviter les pertes d’information et les incompatibilités entre logiciels, souvent responsables de retards dans les programmes aéronautiques. Les gains potentiels mis en avant sont significatifs :

    • 20 à 40% de réduction du temps de conception préliminaire,
    • 40 à 60% de convergence plus rapide vers un design optimal,
    • 20 à 40% de résolution de non-conformités plus rapide,
    • 10 à 25% de réduction du temps de certification.

    Accélérer la certification, l’un des plus grands défis

    Dans l’aéronautique, la certification représente souvent l’étape la plus longue et la plus coûteuse. Pour les eVTOL, la situation est encore plus complexe : les autorités comme la FAA aux États-Unis et l’EASA en Europe travaillent encore à définir les standards de sécurité pour ces nouveaux appareils.

    L’approche proposée consiste à intégrer les exigences de certification dès la phase de conception, grâce à des simulations permettant de tester virtuellement des scénarios critiques :

    • résistance aux crashs,
    • impacts d’oiseaux,
    • interférences électromagnétiques.

    Cette stratégie « model-based » permet d’anticiper les problèmes plutôt que de les découvrir tardivement lors des essais physiques.

    Préparer la production avant même le premier vol

    Au-delà du développement technique, l’un des grands enjeux pour les startups eVTOL reste l’industrialisation. Passer d’un prototype fonctionnel à une production en série représente une transformation majeure.

    La plateforme 3DEXPERIENCE permet également de :

    • simuler virtuellement les lignes d’assemblage,
    • optimiser l’outillage industriel,
    • synchroniser les fournisseurs et la supply chain.
    source : h24info

    Des startups européennes déjà engagées

    Plusieurs entreprises du secteur utilisent déjà ces outils. C’est notamment le cas de :

    • Ascendance Flight Technologies, startup toulousaine qui développe un aéronef hybride à décollage vertical,
    • Vertical Aerospace, constructeur britannique d’avions électriques,
    • Zuri, startup européenne travaillant sur un VTOL accessible.

    Toutes utilisent la plateforme cloud de Dassault Systèmes pour gérer la conception, la simulation et la collaboration entre les équipes.

    source : Ascendance Flight Technologies

    Une bataille technologique mondiale

    La mobilité aérienne avancée est aujourd’hui l’un des secteurs les plus compétitifs de l’aéronautique. Dans cette bataille, la technologie ne se limite plus aux moteurs ou aux batteries : les outils numériques deviennent eux aussi un avantage stratégique.

    Et si les taxis volants décollent un jour dans nos villes, une partie de leur succès pourrait bien avoir été conçue… dans un environnement virtuel français.

  • Comment la réglementation fragilise l’industrie automobile européenne et renforce la chinoise

    Comment la réglementation fragilise l’industrie automobile européenne et renforce la chinoise

    Alors que l’Europe se débat avec une réglementation de plus en plus contraignante, la Chine poursuit son ascension grâce à une approche plus pragmatique de la transition énergétique. Cette opposition illustre parfaitement la manière dont les deux grandes puissances automobiles abordent la transformation du secteur : d’un côté, une régulation très normative ; de l’autre, une stratégie industrielle assumée.

    L’industrie automobile mondiale traverse aujourd’hui l’une des mutations les plus profondes de son histoire. La transition vers des énergies plus propres dans les transports, l’essor de nouvelles technologies et les tensions commerciales internationales constituent désormais les trois grands défis du secteur. Après plus d’un siècle dominé par le moteur thermique, la manière de concevoir, produire et utiliser les voitures est en train de changer radicalement.

    Quand la réglementation devient moteur… ou frein

    L’Union européenne comme la Chine poursuivent un objectif commun : réduire fortement leurs émissions de gaz à effet de serre dans les prochaines décennies. Mais la méthode diffère profondément.

    Du côté européen, l’Union s’est engagée juridiquement à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. Dans cette perspective, elle prévoit de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Pour y parvenir, Bruxelles mise notamment sur une accélération massive de l’adoption des véhicules électriques.

    Cette transition repose toutefois sur un cadre réglementaire particulièrement strict. Les constructeurs qui ne respectent pas les objectifs d’émissions fixés par l’Union doivent s’acquitter de lourdes pénalités financières. Dans les faits, cette pression réglementaire oblige les groupes automobiles à investir des milliards d’euros dans les technologies zéro émission, sans garantie que la demande des consommateurs suivra au même rythme.

    Dans le même temps, ces entreprises sont progressivement incitées à réduire la production de véhicules thermiques, qui constituent encore aujourd’hui leur principale source de revenus.

    La stratégie industrielle chinoise

    La Chine poursuit également des objectifs climatiques ambitieux. Pékin vise la neutralité carbone à l’horizon 2060 et prévoit une réduction progressive des émissions de l’ensemble de son économie à partir de leur pic attendu dans les prochaines années.

    Pour atteindre ces objectifs, le pays mise fortement sur le développement des NEV (New Energy Vehicles), une catégorie qui regroupe les véhicules électriques, hybrides rechargeables et à hydrogène. À long terme, cette stratégie pourrait permettre de réduire de plus de 90 % les émissions liées aux voitures particulières.

    La différence fondamentale réside dans la place accordée à l’industrie automobile dans la stratégie économique nationale. En Chine, les véhicules à nouvelles énergies sont considérés comme un vecteur majeur de croissance et de souveraineté industrielle.

    Les autorités chinoises savent qu’elles ne disposent pas du même avantage compétitif que les constructeurs occidentaux dans le domaine des motorisations thermiques. En revanche, la transition vers des technologies bas carbone constitue une opportunité stratégique pour rebattre les cartes.

    source : Anadolu Agency via AFP

    C’est pourquoi le gouvernement central et les collectivités locales déploient un arsenal massif de subventions, d’incitations fiscales et de programmes de soutien pour accompagner le développement de leurs constructeurs.

    Une transition plus contrainte en Europe

    En Europe, les aides publiques existent également, mais la réglementation repose avant tout sur un système de contraintes et de pénalités. Les constructeurs accélèrent leurs plans d’électrification principalement pour éviter les amendes liées aux dépassements d’émissions.

    Dans ce contexte, la réglementation européenne apparaît moins comme un levier d’accompagnement que comme un facteur de pression supplémentaire pour l’industrie. Entre investissements colossaux, incertitudes sur la demande et concurrence internationale croissante, les constructeurs européens doivent aujourd’hui mener leur transition énergétique dans un environnement particulièrement complexe.

  • Singapour : la cité-État où la voiture électrique dépasse déjà 45 % des ventes

    Singapour : la cité-État où la voiture électrique dépasse déjà 45 % des ventes

    Sur seulement 725 km², Singapour est en train de devenir l’un des laboratoires les plus avancés de l’électromobilité mondiale. Grâce à une politique publique très volontariste, la cité-État affiche désormais des résultats impressionnants, avec une adoption des véhicules électriques bien plus rapide que dans la plupart des grandes métropoles.

    Une explosion des ventes de véhicules électriques

    Le moins que l’on puisse dire c’est que la progression du véhicule électrique à Singapour est spectaculaire. Fin 2022, seulement 6 531 véhicules électriques circulaient sur l’île, soit à peine 1 % du parc automobile.

    Trois ans plus tard, fin 2025, la situation a radicalement changé. En effet 23 684 voitures 100 % électriques ont été immatriculées sur un total de 52 678 ventes de voitures neuves, soit 45 % du marché. Pour la première fois, les véhicules électriques ont dépassé à la fois les hybrides (38,8 %) et les motorisations thermiques.

    La dynamique se poursuit en 2026 : près de 9 000 voitures électriques ont déjà été vendues entre janvier et février. Le parc total approche désormais 46 000 véhicules électriques sur l’île.

    Cette croissance rapide s’appuie notamment sur l’arrivée massive de constructeurs chinois comme BYD, qui a pris la tête du marché local devant Tesla.

    Un réseau de recharge parmi les plus denses au monde

    Pour soutenir cette transition, Singapour déploie l’une des infrastructures de recharge les plus ambitieuses d’Asie. En 2022, la cité-État comptait déjà environ 2 500 points de recharge. Fin 2025, ce chiffre a dépassé les 6 000 bornes.

    Le déploiement est piloté par la Land Transport Authority et l’opérateur local EVe Charging, avec un objectif clair : 60 000 points de recharge d’ici 2030.

    source : LIM YAOHUI

    Cette volonté d’augmenter toujours plus le nombre de bornes se ressent également dans les parkings publics. En effet, depuis 2024 ils ont l’obligation de réserver au moins 1 % de leurs places à des bornes de recharge. En parallèle, un partenariat avec Huawei a permis l’installation de chargeurs ultra-rapides capables d’atteindre 360 kW.

    Une stratégie gouvernementale structurée

    Et si ces chiffres sont importants, ce n’est pas dû au hasard: la transition est encadrée par le plan national Singapore Green Plan 2030, adopté en 2021. Il fixe plusieurs objectifs structurants :

    • 2040 : 100 % de véhicules à énergie propre (électrique ou hydrogène)
    • 2030 : 50 % des taxis et bus électriques
    • 60 000 bornes de recharge installées
    source : SG Green Plan

    La coordination de cette stratégie est assurée par le National Electric Vehicle Centre, qui pilote à la fois la recherche, la standardisation et le développement de l’écosystème.

    Des aides financières parmi les plus agressives d’Asie

    Pour accélérer l’adoption, le gouvernement singapourien a mis en place un système d’incitations particulièrement généreux. En effet, les particuliers peuvent bénéficier d’une réduction fiscale pouvant atteindre 45 % du prix d’un véhicule électrique grâce au programme Early EV Incentive. L’installation de bornes domestiques est également subventionnée jusqu’à 50 % du coût, dans la limite de 4 000 dollars singapouriens.

    Les entreprises ne sont pas oubliées : depuis le début de l’année 2026, les camions électriques peuvent bénéficier d’aides, tandis que les taxis électriques profitent d’une durée d’exploitation prolongée.

    Des contraintes uniques au monde

    Malgré ces résultats impressionnants, Singapour doit composer avec plusieurs contraintes structurelles.

    • Le premier frein reste le coût extrêmement élevé de l’automobile, lié au système de certificat d’achat appelé COE (Certificate of Entitlement). Même un véhicule électrique comme le Tesla Model Y peut dépasser 150 000 € une fois toutes les taxes incluses.
    • L’urbanisation extrême constitue un autre défi : avec près de 5,9 millions d’habitants sur 725 km², les parkings privés sont rares, ce qui complique la recharge à domicile.
    • Enfin, le climat tropical local, à savoir des températures autour de 30 °C et une humidité élevée, peut réduire l’autonomie réelle des batteries de 10 à 15 % par rapport aux normes WLTP.

    Les modèles et acteurs qui dominent le marché

    Le marché singapourien est aujourd’hui dominé par quelques acteurs majeurs.

    Le constructeur chinois BYD s’est imposé comme le leader depuis 2023, notamment grâce aux modèles BYD Atto 3 et BYD Seal.

    Face à lui, Tesla reste très présent avec ses Model 3 et Model Y, tandis que Hyundai gagne du terrain avec les Hyundai Ioniq 5 et Hyundai Ioniq 6.

    Les flottes publiques jouent également un rôle moteur : une soixantaine de bus électriques circulent déjà, et la moitié de la flotte de taxis devrait être électrifiée d’ici 2030.

    Un laboratoire mondial de la mobilité électrique

    Avec 45 % des ventes de voitures neuves électriques en 2025, Singapour démontre qu’une transition rapide est possible même dans un territoire ultra-dense et contraint.

    Entre infrastructures de recharge massives, incitations financières fortes et planification politique claire, la cité-État s’impose aujourd’hui comme l’un des laboratoires les plus avancés de l’électromobilité mondiale. Un modèle qui pourrait inspirer d’autres grandes métropoles confrontées aux mêmes défis urbains.

  • Deux nouveautés de BYD vont faire disparaître l’un des derniers freins à la voiture électrique

    Deux nouveautés de BYD vont faire disparaître l’un des derniers freins à la voiture électrique

    Depuis de nombreuses années, le temps de recharge apparaît comme l’un des freins majeurs à l’adoption d’une mobilité plus douce. Désormais, la promesse d’une recharge aussi rapide qu’un plein d’essence devient palpable. La raison ? Une avancée technologique dévoilée par BYD et qui pourrait marquer un tournant pour l’électromobilité : la batterie Blade 2.0 et la technologie de Flash Charging. Concrètement, au cœur de cette annonce : une architecture capable d’atteindre 1 500 kW de puissance de charge, soit un niveau inédit dans l’industrie automobile. Dans les meilleures conditions, BYD affirme qu’il serait possible de récupérer 400 à 500 kilomètres d’autonomie en seulement cinq minutes.

    source : BYD

    Une nouvelle génération de batterie pour franchir un cap

    Après l’arrivée sur le marché en 2020 de la Blade Battery, batterie made in BYD, c’est au tour de sa deuxième version de voir le jour. Le communiqué nous confirme qu’elle conserve la chimie LFP (lithium-fer-phosphate), qui a fait la réputation de la première génération pour sa sécurité et sa durabilité. Mais elle évolue sensiblement sur plusieurs points techniques :

    • densité énergétique améliorée,
    • capacité de charge beaucoup plus élevée,
    • meilleure gestion thermique,
    • architecture structurelle intégrée au véhicule grâce à une technologie dite Cell-to-Body.

    Le résultat est, pour ne pas dire spectaculaire : certains modèles 100 % électriques équipés de cette nouvelle génération de batterie peuvent désormais dépasser 1 000 kilomètres d’autonomie selon le cycle chinois CLTC. C’est notamment le cas de la berline haut de gamme Yangwang U7, capable d’atteindre 1 006 km d’autonomie, ou encore de la sportive Denza Z9 GT, qui dépasserait 1 030 km avec cette technologie.

    source : BYD – Représentants R&D de

    Malheureusement, la densité énergétique n’a pas été communiquée par BYD, hormis cette donnée : « + 5 % ».

    Alors oui, ces chiffres d’autonomie ahurissants reposent sur le cycle chinois, qui est généralement plus optimiste que le WLTP européen. Néanmoins, ils témoignent du bond technologique réalisé par le numéro mondial sur les batteries.

    Une recharge presque aussi rapide qu’un plein d’essence

    Si les batteries ne vous ont pas convaincus, attendez de voir ce que représentent les bornes de recharge Flash Charging. Le constructeur promet une recharge permettant de passer de 10 à 70 % de batterie en environ 5 minutes. Autre valeur : se brancher à une Flash Charging avec un véhicule doté de la batterie Blade 2.0 fera grimper le niveau de 10 à 97 % en moins de 9 minutes.

    source : BYD

    Pour les conducteurs habitants dans les zones de grand froid, pas d’inquiétude : BYD a tout prévu, et c’est bluffant. La Blade 2.0 fait passer la batterie de 20 à 97 % en approximativement 11 minutes à -20 °C et quelques secondes de plus à -30 °C.

    Pour atteindre ces performances, BYD s’appuie sur une infrastructure dédiée capable de délivrer jusqu’à 1 500 kW de puissance, soit plusieurs fois la puissance des bornes rapides actuelles en Europe.

    Et en plus d’être efficaces, elles sont également pensées pour rendre l’expérience de recharge plus agréable. Vous vous êtes peut-être demandé pourquoi la station avait une forme de T ? Eh bien, c’est pour permettre au câble d’être suspendu avec un système « zéro gravité », de ne plus traîner par terre et de permettre au client de ne pas supporter son poids.

    Source : Autohome

    Mais est-ce que ces infrastructures sont accessibles dès maintenant ? La réponse est oui, mais uniquement sur les routes chinoises. Actuellement, BYD a déjà installé 4 239 stations de Flash Charging à travers la Chine et prévoit d’en exploiter 20 000 d’ici la fin de l’année. La marque le promet : le monde entier pourra profiter de ces infrastructures, même si aucune date ni stratégie n’est pour le moment communiquée.

    Un message clair : l’électrique devient plus simple

    Derrière cette démonstration technologique, l’objectif est évident : faire disparaître ce que les constructeurs appellent l’« anxiété de recharge ». Pendant des années, l’autonomie et le temps de charge ont été les deux arguments principaux des sceptiques face à l’électrique.

    Dorénavant, avec plus de 1 000 kilomètres d’autonomie et une recharge réalisée en quelques minutes, BYD veut démontrer que ces obstacles s’apprêtent à appartenir au passé. Reste à voir si ces performances se confirment dans des modèles de grande diffusion en Chine et à l’international.

  • Volkswagen Group signe un record historique aux “Best Cars 2026”

    Volkswagen Group signe un record historique aux “Best Cars 2026”

    C’est le grand gagnant du concours Best Cars 2026 qui a eu lieu en Allemagne. Volkswagen Group vient de réaliser une performance inédite à l’édition 2026 des “Best Cars”, en remportant dix des vingt-cinq catégories et en s’emparant de 28 des 75 places sur le podium. Un record dans l’histoire du concours. Pour le groupe basé à Wolfsburg, ces trophées sont le symbole d’une validation publique de sa stratégie.

    source : Volkswagen

    “Best Cars” : un véritable baromètre européen

    Les “Best Cars” sont organisés par le magazine automobile allemand auto motor und sport, référence du secteur en Europe. Créé en 1976, ce vote des lecteurs est aujourd’hui considéré comme la plus grande consultation automobile du continent. En effet, pour cette 50e édition, près de 95 000 lecteurs ont voté parmi 480 modèles répartis en 13 catégories.

    Le principe est simple :

    • un classement général toutes marques confondues ;
    • un classement “import”, où les marques allemandes ne sont pas éligibles.

    Autrement dit, il ne s’agit pas d’un jury restreint ni d’un prix attribué par des experts uniquement, mais d’un vote massif de clients et de passionnés. En bref, un véritable indicateur de désirabilité et d’image.

    Dix victoires, toutes marques confondues

    Dans le détail, le groupe allemand s’impose avec :

    • Trois victoires pour Volkswagen (dont une pour Volkswagen Véhicules Utilitaires)
    • Deux pour Porsche
    • Une pour Audi
    • Trois pour Škoda dans le classement import
    • Une pour Bentley

    Cette diversité illustre un point central : le succès ne repose pas uniquement sur le haut de gamme ou le thermique traditionnel. Il traverse l’ensemble des segments, des citadines aux SUV, en passant par les modèles électriques.

    source : Volkswagen Group

    Une offensive produit massive en toile de fond

    Ce record intervient après deux années de renouvellement intense du portefeuille du groupe. Environ 60 nouveaux modèles ont été lancés, et plus de 20 supplémentaires sont attendus cette année, dont plusieurs véhicules 100 % électriques. La stratégie est claire : couvrir tous les segments, toutes les motorisations, tous les marchés. Et cela fonctionne.

    En plus de l’arrivée de nombreux véhicules, chaque marque du groupe Volkswagen poursuit des objectifs de transition énergétique ambitieux :

    • Volkswagen : accélération vers une gamme majoritairement électrique en Europe d’ici 2030, avec une forte montée en puissance de la famille ID.
    • Audi : fin annoncée du développement de nouveaux moteurs thermiques et positionnement premium 100 % électrique à moyen terme.
    • Porsche : objectif d’une majorité de ventes électrifiées (hybrides rechargeables et électriques) dans la décennie.
    • Škoda : démocratisation de l’électrique avec des modèles plus accessibles et expansion rapide de sa gamme BEV.
    • Bentley : bascule progressive vers le tout électrique sur le segment du luxe.

    Autrement dit, même des marques engagées dans une transformation profonde, avec des investissements massifs dans l’électromobilité, continuent de séduire et de remporter des titres prestigieux. Un signal fort pour ce secteur souvent décrié par le public.

    L’électromobilité attire, c’est une réalité

    Le fait que des modèles électrifiés comme l’ID. Buzz figurent parmi les vainqueurs confirme une tendance de fond : l’électromobilité n’est plus un pari, mais une attente du marché. Les consommateurs votent. Et ils votent aussi pour des véhicules électriques ou hybrides.

    source : Volkswagen

    Pour le Volkswagen Group, ce record aux “Best Cars 2026” n’est donc pas seulement symbolique. Il valide une trajectoire stratégique : celle d’un groupe qui veut rester un leader mondial tout en accélérant vers une mobilité plus durable.