L’information vient de tomber. Les autorités de transport de Dubaï ont révélé l’emplacement des quatre premières stations du Dubai Loop, un projet de transport souterrain développé avec The Boring Company. Une annonce qui ancre définitivement ce réseau de tunnels ultra-rapides dans le réel et permet de mesurer l’ampleur d’une infrastructure pensée comme un levier économique autant qu’urbain.

Quatre premières stations au cœur de la ville
C’est la Roads and Transport Authority (RTA) qui a officialisé les premiers points d’accès du Dubai Loop. Les quatre stations inaugurales seront situées à Burj Khalifa, DIFC 2, au parking du Zabeel Dubai Mall et à ICD Brookfield Place.
Un choix loin d’être anodin. Ces sites concentrent à la fois tourisme, bureaux, commerces et flux pendulaires. En clair, là où la congestion coûte le plus cher en temps et en productivité. Le Dubai Loop vise précisément ces zones à forte densité, en priorité.

Un tunnel, pas un métro
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le Dubai Loop ne doit pas être confondu avec un métro souterrain classique. Ici, pas de rames, pas de quais, ni d’arrêts imposés. Tout cela, car le système repose sur des tunnels spécifiquement construits pour accueillir des véhicules électriques autonomes, comme des Tesla Model Y, par exemple. Ces infrastructures routières ne seront pas accessibles au réseau routier général.
Mais alors, quelle forme ce tunnel nouvelle génération va-t-il prendre ? Ce que l’on sait, c’est qu’ils afficheront un diamètre d’environ 3,6 à 3,9 mètres selon les sections. La première phase couvrira 6,4 kilomètres, avant une extension progressive pouvant atteindre jusqu’à 22,5 kilomètres à terme. Le réseau final prévoit 19 stations, reliant notamment le Dubai World Trade Centre, le quartier financier du DIFC et Business Bay.

Mais alors, comment ça fonctionne pour l’utilisateur ? Depuis l’une des stations, les usagers sélectionneront leur destination via une application connectée au réseau de la Roads and Transport Authority. Un véhicule électrique autonome leur sera alors attribué. Ces véhicules, sans conducteur, circuleront dans des tunnels dédiés, totalement indépendants du trafic routier de surface. Une fois engagés, ils relieront directement la station d’arrivée, sans arrêt intermédiaire, et à une vitesse pouvant atteindre 160 km/h. Résultat : des temps de parcours estimés entre deux et cinq minutes, contre trente à quarante minutes en surface aux heures de pointe.
Un projet ancien, désormais concret
Annoncé pour la première fois en 2024, puis confirmé lors du World Governments Summit en 2025, le Dubai Loop est développé en partenariat avec la firme américaine The Boring Company.

Le coût de la première phase est estimé à environ 565 millions de dirhams, tandis que l’ensemble du projet pourrait représenter un investissement global proche de deux milliards de dirhams une fois le réseau complet déployé. Un montant conséquent, mais présenté comme inférieur à celui d’infrastructures lourdes équivalentes, notamment grâce à l’absence d’expropriations et à un impact minimal sur la surface.
Un outil contre la congestion, mais aussi contre la perte de productivité
Au-delà de l’innovation technologique, le Dubai Loop répond à une logique économique assumée. Selon plusieurs analyses inspirées de travaux de l’OCDE, la congestion urbaine peut représenter jusqu’à 1 à 2 % de perte de PIB dans les grandes métropoles.
En déplaçant une partie des flux sous terre, Dubaï espère récupérer jusqu’à 0,3 à 0,5 % de productivité, soit des milliards de dirhams par an. La promesse n’est pas seulement de rouler plus vite, mais de rendre les déplacements prévisibles, fiables et indépendants des aléas de surface. Évidemment, les aléas sous terre ne sont pas impossibles, mais avec les technologies de conduite autonome, ils sont réduits.
Une brique clé de la stratégie smart city de Dubaï
Le Dubai Loop s’inscrit pleinement dans la stratégie smart city de l’émirat, qui vise à faire de Dubaï une référence mondiale en mobilité durable, intelligence artificielle et infrastructures intelligentes à l’horizon 2040.
Le système reposera sur des véhicules électriques autonomes, pilotés par IA, avec un routage à la demande et une réservation intégrée aux applications de la RTA. L’objectif affiché est clair : atteindre 50 % de trajets autonomes et renforcer la complémentarité avec les autres modes de transport, y compris la mobilité douce.
Sur le plan urbain, l’enjeu est tout aussi fort. En évitant de consommer du foncier en surface, Dubaï préserve la valeur de ses terrains centraux, limite la fragmentation urbaine et complète des projets comme The Loop, la piste piétonne et cyclable climatisée de 93 km.

Plus qu’un transport, un choix de modèle urbain
Avec le Dubai Loop, la ville fait le pari d’une mobilité invisible, rapide et évolutive, capable de s’améliorer avec la technologie.
La révélation des premières stations marque une étape décisive : le projet sort du discours prospectif pour entrer dans une logique d’exécution et confirme la volonté de l’émirat de traiter la mobilité non comme un problème à gérer, mais comme un avantage compétitif à construire.



























































