Le 2 mars 2026, AURA AERO a officialisé la signature de la première commande pour son avion régional hybride-électrique ERA. L’heureux acheteur, Pan Européenne Air Service (PEAS), devient le premier client à s’engager contractuellement sur cet appareil de 19 places destiné à décarboner l’aviation régionale. Après près de 700 intentions de commandes enregistrées, valorisées à 12 milliards de dollars, ERA franchit ainsi une étape significative.

ERA : un avion pensé pour relancer l’aviation régionale
Dans le même communiqué, ERA est présenté comme un levier de transformation du transport aérien régional. Cet engin volant repose sur une architecture hybride.
L’appareil sera équipé de 8 moteurs électriques ENGINeUS développés par Safran et de 2 turbogénérateurs compatibles SAF (Sustainable Aviation Fuel). Cette configuration permet d’alterner automatiquement entre phases électriques et hybrides selon le profil de vol. L’autonomie annoncée atteint 900 miles nautiques (environ 1 500 kilomètres), couvrant une large partie des liaisons intra-européennes.

Selon le constructeur, ERA pourrait réduire les émissions de CO₂ jusqu’à 80 % par rapport aux avions thermiques de même catégorie. Au-delà de la seule réduction carbone, l’appareil vise aussi à redynamiser un segment fragilisé : celui des liaisons régionales.
Une polyvalence au cœur du modèle économique
ERA n’est pas uniquement positionné comme avion régional classique. En effet, il pourra être configuré pour le transport de passagers, l’aviation d’affaires, le fret léger, mais aussi les opérations critiques et les interventions d’urgence.
Cette modularité élargit le champ d’application et permet au constructeur de s’adresser à un éventail d’opérateurs plus large que les seules compagnies régionales traditionnelles.

Pan Européenne, premier opérateur engagé
Le communiqué met à l’honneur le premier acquéreur par AURA AERO. Basée à Chambéry et à Lyon, Pan Européenne Air Service exploite aujourd’hui cinq avions Embraer (de 5 à 49 places) et dessert jusqu’à 500 destinations en Europe, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

La compagnie accompagne le programme ERA depuis ses débuts. Elle avait récemment participé à des essais de vol électrique avec INTEGRAL E, autre programme d’AURA AERO.
Dans le communiqué, Antoine Foessel et Clément Jacquot, co-dirigeants et propriétaires de Pan Européenne, expliquent :
« L’ambition et les valeurs d’AURA AERO sont parfaitement alignées avec notre vision de l’aviation de demain. Les choix technologiques et industriels retenus dans la conception et la réalisation d’ERA depuis la création de l’entreprise se sont toujours révélés extrêmement pertinents, et c’est naturellement que nous avons porté notre choix sur cet avion afin de pouvoir proposer la première offre de transport aérien décarboné de l’histoire. »
Au-delà de profiter d’un avion à la pointe de la technologie et éthiquement responsable, l’objectif affiché est clair : devenir l’une des premières compagnies au monde à exploiter un avion hybride-électrique avec des passagers payants.
Un tournant stratégique pour AURA AERO
Pour AURA AERO, cette commande dépasse le simple cadre commercial. Ensemble, ils semblent travailler main dans la main pour faire évoluer le secteur aéronautique français et mondial.
Jérémy Caussade, président et co-fondateur du constructeur, souligne dans le communiqué :
« Pan Européenne est bien plus qu’un client de lancement, c’est un partenaire de confiance qui nous accompagne depuis le début du programme ERA. Nous sommes très fiers de compter sur l’engagement d’une entreprise qui choisit de soutenir un constructeur français, car nous partageons les mêmes valeurs et la même vision. »

Un contexte réglementaire favorable à l’hybridation
Et cette vente s’inscrit dans un contexte tendu où, en 2026, la pression réglementaire sur le transport aérien européen s’intensifie.
En effet, le secteur représente environ 2 à 3 % des émissions mondiales de CO₂, et les mécanismes européens comme l’extension du système EU ETS ou l’objectif Fit for 55 poussent les opérateurs à accélérer leur transition.
Dans ce contexte, l’aviation régionale apparaît comme un terrain d’expérimentation réaliste :
- distances plus courtes,
- besoins énergétiques plus maîtrisés,
- infrastructures adaptables plus rapidement que pour le long-courrier.
Une équation industrielle encore à démontrer
Si cette première commande ferme marque une étape symbolique forte, plusieurs inconnues demeurent. Le programme ERA doit encore franchir l’étape cruciale de la certification, un processus long et exigeant pour un appareil intégrant une architecture hybride-électrique encore inédite à cette échelle.
Le calendrier industriel sera également déterminant. AURA AERO vise une entrée en service à l’horizon 2028-2029, mais le respect de cette trajectoire dépendra autant des validations réglementaires que de la montée en cadence industrielle.
Autre enjeu majeur : la maîtrise des coûts et de la chaîne d’approvisionnement. L’intégration de huit moteurs électriques, de systèmes hybrides complexes et de carburants durables implique une coordination industrielle efficace et intelligente.

Du prototype au marché
La signature avec Pan Européenne ne garantit pas à elle seule le succès industriel d’ERA, mais elle marque un changement de statut : le programme passe d’une dynamique d’innovation à une logique de concrétisation commerciale.
Si l’appareil tient ses promesses en matière de performance, de réduction d’émissions et de coûts d’exploitation, il pourrait ouvrir une nouvelle voie pour l’aviation régionale européenne.























































