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  • L’électromobilité au Venezuela : un mirage pour ce géant pétrolier

    L’électromobilité au Venezuela : un mirage pour ce géant pétrolier

    Le Venezuela détient la plus grande réserve prouvée de pétrole au monde, mais son marché automobile est au bord de l’effondrement : 20 000 à 30 000 véhicules neufs ont été immatriculés en 2025, contre près de 500 000 avant 2014. L’électromobilité reste marginale, avec environ 0,1 % du parc automobile total, soit environ 6 000 VE fin 2024.
    Début 2026, la capture de Nicolás Maduro par les États-Unis rabat les cartes et ouvre des scénarios inédits : levée possible de certaines sanctions, importations de VE. Dans ce contexte mouvant, la question reste : l’électromobilité est-elle viable ou simple vitrine verte ?

    source : Wikipédia

    Un marché au ralenti

    Le marché automobile vénézuélien s’est effondré depuis 2014, à la suite d’une crise économique et sociale majeure. Avant cette date, près de 500 000 véhicules étaient immatriculés chaque année. La combinaison de la chute de la production locale, des importations bloquées par les contrôles stricts des changes (CADIVI) et des sanctions économiques a entraîné des ventes de voitures neuves tombant à quelques milliers d’unités par an.

    L’inflation toujours plus importante (+ 200 % en 2025) et l’effondrement du pouvoir d’achat ont rendu l’acquisition de véhicules neufs quasi impossible pour le citoyen moyen, tandis que l’instabilité politique et les manifestations massives contre le gouvernement Maduro ont aggravé le contexte.

    Entre 2023 et 2026, de petites initiatives VE ont émergé : tests pilotes de micro-VE par Corpoelec et PDVSA, et importations grises depuis la Chine et la Colombie. Fin 2024, le parc de véhicules électriques est estimé à environ 6 000 unités.

    Pourtant, sur les 25 000 véhicules vendus en 2025, les VE neufs ne représentent que 0,4 % de part de marché. Ces ventes sont concentrées dans les flottes étatiques ou les élites de Caracas, capitale de ce pays de 916 445 km². Pour le citoyen moyen, le coût d’un VE reste astronomique par rapport au salaire mensuel moyen d’environ 195 à 200 USD, et l’essence quasi gratuite (0,01 USD/litre) continue de freiner toute adoption massive.

    Le marché des VE : symbolique plus que stratégique

    Le parc électrique reste marginal. Les VE neufs vendus en 2025 sont inférieurs à 100 unités, avec un cumul de parc estimé entre 6 000 et 10 000 véhicules si l’on considère toutes les immatriculations grises (achetés à l’étranger – Chine, Colombie, Mexique, États-Unis – puis importés par un particulier, un revendeur indépendant ou un intermédiaire).
    La répartition BEV/PHEV est d’environ 90/10 %, les hybrides restant très rares.

    Comparé à ses voisins sud-américains, le Venezuela est la lanterne rouge : au Brésil, la part des VE atteint 5 %, au Chili 3 %, tandis que le Venezuela stagne à moins de 0,1 %.

    Malgré le peu de ventes, les données officielles permettent de connaître les modèles de VE qui plaisent le plus en 2025 au Venezuela :

    • BYD (Seagull/Dolphin) : environ 50 unités, principalement pour les flottes Corpoelec/PDVSA, prix 15 000 à 20 000 USD.
    • Tesla Model 3/Y : environ 20 unités réservées aux élites de Caracas, prix > 50 000 USD.
    • ZEV Motors : peu d’unités, servant notamment à la réalisation de tests urbains à Maracay, prix ~ 10 000 USD.
    source : BYD

    Acteurs et offre industrielle

    Sur le plan industriel, le Venezuela ne dispose d’aucune production de batteries. ZEV Motors assemble des kits chinois (City One), avec une capacité théorique de 500 unités par an, mais moins de 50 véhicules sortent réellement chaque année.

    Les constructeurs étrangers présents sont limités : BYD et MG via Corpoelec, Tesla importée par des canaux gris depuis les États-Unis ou la Colombie. Les géants coréens Hyundai et Kia sont absents, malgré leur présence en Amérique latine.

    Politiques publiques et fiscalité : discours vert, réalité pétrolière

    D’un point de vue politique, aucune subvention ni bonus n’est accordé aux VE. Qui plus est, l’essence presque gratuite reste le frein culturel et économique n° 1. Le président Maduro a multiplié en 2024 et 2025 les déclarations publiques lors de forums internationaux (COP29, Assemblée générale des Nations unies et autres sommets), pour valoriser une « transition vers des énergies alternatives » et une « diversification post-pétrole ».

    Dans les faits, l’économie vénézuélienne reste dominée par le pétrole : l’entreprise d’État PDVSA a exporté en 2024 en moyenne plus de 800 000 barils par jour, consolidant sa place sur les marchés asiatiques et au-delà. Cette exportation, qui constitue une part essentielle des revenus du pays, s’est maintenue à des niveaux très élevés en 2025.

    source : PDVSA

    Pour ce qui est des actions visant à démocratiser les VE au Venezuela, Corpoelec a testé 50 VE en 2023 et PDVSA 10 hybrides Prius, mais il n’existe aucun objectif chiffré pour 2035 ou 2040. Des exemptions douanières favorisent les élites (Tesla), tandis que les taxes sur l’importation classique des VE atteignent 100 %. La politique reste concentrée sur Caracas et Maracay, les régions pétrolières comme Maracaibo étant largement ignorées.

    Infrastructures de recharge : le goulet d’étranglement

    Le principal point noir est que le Venezuela compte moins de 20 bornes publiques, principalement dans les hôtels de luxe à Caracas. Le ratio est d’une borne pour 300 VE, un chiffre absurde pour un marché, même embryonnaire.

    La recharge domestique se fait majoritairement en 110 V/220 V. L’adaptation est de mise, car la plupart de ces installations sont équipées de générateurs de secours, en raison de blackouts électriques pouvant durer jusqu’à 12 heures par jour.

    Les stations innovantes restent expérimentales : Swing Energy teste des micro-stations solaires. Il n’existe aucune recharge rapide DC ni smart charging, et le mix énergétique (hydro 60 % instable + gaz/pétrole 40 %) rend le bilan CO₂ d’un VE peu favorable dans le contexte local.

    Freins, paradoxes et défis

    Comme dans de nombreux pays, des défis persistent et repoussent encore davantage l’adoption d’un véhicule zéro émission. Le premier est le coût, qui dépasse 1 500 fois le salaire moyen, creusant les inégalités : les élites roulent en Tesla, tandis que la majorité se déplace en motos ou véhicules thermiques.
    À cela s’ajoutent des routes dégradées, la rareté des pneus neufs, les blackouts énergétiques et l’essence gratuite, qui réduisent toute motivation au changement.

    Le Venezuela reste par ailleurs le premier détenteur de réserves pétrolières mondiales, tout en disposant d’un réseau électrique régulièrement défaillant. Les ambitions écologiques demeurent largement symboliques, dépendantes de la Chine pour les VE et contraintes par les sanctions américaines. La mise à l’échelle de Tesla ou BYD reste donc illusoire à court terme.

    Un tournant politique aux conséquences possibles pour l’électromobilité

    Début 2026 a marqué un séisme politique au Venezuela, susceptible de modifier profondément le contexte économique et industriel du pays, y compris dans l’électromobilité. Le 3 janvier 2026, le président vénézuélien Nicolás Maduro a été capturé par les forces armées des États-Unis puis transféré à New York pour y faire face à des accusations fédérales, dont narcoterrorisme et trafic de drogue. Un événement ouvrant une période d’incertitudes majeures pour Caracas.

    source : CNN

    Si cette situation devait entraîner un assouplissement des sanctions américaines, les importations de VE chinois (BYD) et de Tesla pourraient se débloquer, permettant un micro-décollage immédiat (500 à 1 000 unités en 2026, contre moins de 200 auparavant).

    Sous supervision extérieure, des partenariats stratégiques entre entreprises locales et étrangères, voire des projets industriels autour du lithium et des batteries, deviennent envisageables. Enfin, des pressions pour réhabiliter le réseau électrique pourraient réduire les blackouts, multiplier les bornes publiques et améliorer la recharge des VE.

    Il ne s’agit pas d’une prédiction, mais d’un scénario potentiel dans lequel la politique pourrait transformer profondément le paysage automobile du pays.

    Perspectives et scénarios 2030

    À court terme, et si les déséquilibres structurels persistent, le parc de véhicules électriques pourrait rester très limité, inférieur à quelques centaines d’unités, concentré sur Caracas et certaines flottes institutionnelles.

    À l’inverse, une évolution du cadre politique et économique, notamment une normalisation progressive des échanges et des investissements, pourrait ouvrir la voie à un scénario plus dynamique : levée partielle des sanctions, retour d’acteurs industriels asiatiques, voire implantation locale d’unités d’assemblage.

    À défaut d’un tel bouleversement à plusieurs échelles, le Venezuela pourrait suivre une trajectoire alternative, plus informelle, inspirée d’autres pays : rétrofit électrique et solaire de motos et de micro-véhicules.

  • Uber investit plus de 100 millions de dollars dans l’infrastructure de recharge pour véhicules autonomes et électriques

    Uber investit plus de 100 millions de dollars dans l’infrastructure de recharge pour véhicules autonomes et électriques

    Le 17 février 2026, Uber Technologies a annoncé un investissement majeur de plus de 100 millions de dollars pour développer des infrastructures de recharge dédiées à sa future flotte de véhicules, y compris des robotaxis autonomes. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale visant à soutenir à la fois l’électrification de sa flotte et la transition vers des services de transport autonomes à grande échelle.

    source : Le Parisien Matin

    Objectif : infrastructure de recharge dédiée aux robotaxis et aux flottes électriques

    « Les villes ne peuvent exploiter pleinement la promesse de l’autonomie et de l’électrification que si les bonnes infrastructures de recharge sont construites à grande échelle », a déclaré Pradeep Parameswaran, responsable mondial de la mobilité chez Uber. C’est là que l’investissement d’Uber prend sens. Concrètement, il vise à financer la construction de stations de recharge rapide au sein de ses dépôts de véhicules autonomes, des hubs logistiques où ses futurs robotaxis seront entretenus, rechargés et préparés pour la circulation. Uber gère actuellement de telles opérations à Atlanta et Austin dans le cadre de son partenariat avec Waymo, ainsi qu’à Abou Dhabi et Dubaï pour les véhicules WeRide. Ces stations devraient également être réparties dans des points stratégiques urbains, notamment dans de grandes zones métropolitaines.

    source : Uber

    Une annonce qui semble avoir convaincu, puisque l’action de la société a progressé de 2,9 % à la suite de la publication d’un communiqué expliquant qu’elle se concentrera sur la construction de ces nouveaux centres de recharge à haute capacité, en commençant par la région de la baie de San Francisco, Los Angeles et Dallas, avant d’étendre le programme à l’international dans les mois et années à venir.

    Des partenariats avec des opérateurs de recharge mondiaux

    Pour accélérer l’expansion de ces infrastructures, Uber a conclu des accords de collaboration avec plusieurs opérateurs de recharge à travers le monde. Parmi les acteurs impliqués figurent des réseaux déjà bien implantés dans la recharge rapide :

    • EVgo aux États-Unis (New York, Los Angeles, San Francisco, Boston),
    • Electra en Europe (avec des installations à Paris et Madrid),
    • Hubber et Ionity au Royaume-Uni (Londres).

    Ces collaborations permettent d’envisager le déploiement de centaines de nouveaux chargeurs, renforçant l’infrastructure là où la demande est la plus forte.

    source : EVgo

    Une stratégie double : support des chauffeurs et transition autonome

    L’investissement ne se limite pas aux seuls robotaxis autonomes. Uber souhaite également optimiser l’infrastructure pour les chauffeurs actuels, nombreux à utiliser des véhicules électriques classiques (non autonomes) pour répondre à la demande de trajets en ridesharing.

    Pour cela, l’entreprise s’engage, par exemple, à offrir des incitations à des partenaires tels qu’EVgo afin d’installer des bornes dans des zones où les chauffeurs travaillent ou vivent. Ces quartiers sont des zones densément peuplées, des zones de prise en charge fréquentes, des aéroports ou des lieux stratégiques pour l’activité VTC. La force du géant américain réside dans sa base de données. En effet, il utilise celle-ci pour orienter ces déploiements vers les zones à forte demande.

    source : Lucid

    Uber et la course à la mobilité autonome

    Et si l’on parle de robotaxis, ce n’est pas un hasard. L’implication d’Uber dans l’infrastructure de recharge s’inscrit plus largement dans une stratégie de transformation vers des services autonomes à grande échelle. L’entreprise collabore déjà avec plus de 20 partenaires internationaux pour développer, tester et déployer ces technologies, et fait partie de l’avant-garde de ce marché concurrentiel où se côtoient Waymo, Tesla, WeRide et d’autres acteurs majeurs du secteur.

    Concrètement, le futur robotaxi d’Uber reposera sur le Lucid Motors Gravity, un SUV électrique haut de gamme présenté officiellement lors du CES 2026 à Las Vegas. Ce programme stratégique repose sur un partenariat tripartite entre Uber, Lucid et Nuro, avec l’intégration d’un logiciel de conduite autonome basé sur la plateforme Nvidia.

    source : Lucid

    L’objectif est ambitieux : 20 000 unités déployées sur six ans, avec un premier lancement opérationnel prévu à San Francisco au quatrième trimestre 2026. C’est donc dans ce projet de développement que cet investissement de 100 millions de dollars dans l’infrastructure de recharge a été levé, spécifiquement pour ces futurs Lucid Gravity autonomes.

  • IONITY déploie la borne ultra-rapide Alpitronic HYC1000 (600 kW) en France et dépasse 6 000 bornes HPC en Europe

    IONITY déploie la borne ultra-rapide Alpitronic HYC1000 (600 kW) en France et dépasse 6 000 bornes HPC en Europe

    Le réseau européen de recharge ultra-rapide IONITY vient d’annoncer une étape majeure dans le déploiement de son infrastructure : l’activation de ses premiers systèmes de recharge Alpitronic HYC1000 « mégawatt » sur le territoire français, tout en atteignant 6 000 points de recharge haute puissance (HPC) à travers l’Europe. Une réponse adaptée à la croissance du parc de véhicules électriques en circulation. 

    source : IONITY

    Alpitronic HYC1000 « mégawatt » : une technologie de charge puissante et flexible

    Si ce nom complexe ne vous évoquait jusqu’alors peut-être rien, c’est désormais chose faite puisqu’il vient de débarquer en France. Le système HYC1000, développé par Alpitronic, constructeur italien spécialisé dans les solutions de recharge haute puissance, est une architecture de recharge dite « mégawatt ». Son principe repose sur une armoire électrique centrale d’une puissance totale de 1 000 kW, capable de distribuer intelligemment l’énergie entre plusieurs points de charge connectés.

    Concrètement, voici ce que ce système représente :

    • Lorsqu’un seul véhicule est connecté, le système peut fournir jusqu’à 600 kW de puissance électrique de recharge.
    • Grâce à cette puissance, un véhicule électrique compatible peut récupérer jusqu’à environ 300 km d’autonomie en moins de huit minutes via un connecteur CCS2 standard, selon Ionity.
    • Par ailleurs, si plusieurs VE chargent simultanément, la puissance est répartie intelligemment entre les points de charge pour optimiser les flux.
    source : IONITY

    Cette technologie représente une évolution significative par rapport aux bornes HPC classiques (souvent jusqu’à 350–400 kW), offrant une vraie perspective de recharge ultra-rapide sur autoroute, proche du temps d’un arrêt-pause pour les conducteurs.

    Et son implantation en France n’est pas une phase test. En effet, Jeroen van Tilburg (CEO de IONITY) a précisé par le biais du communiqué que l’Alpitronic HYC1000 : « a fait l’objet de tests approfondis au centre d’essais dédié de IONITY, près de Munich, afin de garantir ses performances, sa compatibilité et sa fiabilité à long terme en conditions réelles d’utilisation. »

    IONITY en France et en Europe : un réseau en pleine expansion

    Depuis son lancement en 2017, IONITY s’est imposé comme l’un des principaux réseaux européens de recharge ultra-rapide pour véhicules électriques. La marque est d’ailleurs financée par plusieurs grands constructeurs automobiles comme BMW, Mercedes-Benz, Audi, Porsche, Ford et Hyundai-Kia.

    L’autre information majeure dévoilée par le communiqué est qu’en simultané, sur le continent européen, le réseau atteint aujourd’hui un total de 6 000 points de recharge ultra-rapide répartis dans 24 pays.

    Pour ce qui est de la France, l’opérateur a développé un maillage dense autour des axes autoroutiers, en partenariat notamment avec VINCI Autoroutes et Avia Thévenin & Ducrot :

    • IONITY exploite actuellement 60 sites déployés avec VINCI Autoroutes et 15 avec Avia Thévenin & Ducrot Autoroutes sur les réseaux autoroutiers français.

    Les bornes Alpitronic HYC1000 installées récemment se situent notamment :

    • À la station IONITY Sorgues, sur l’autoroute A7 (axe stratégique reliant le nord de l’Europe à la Méditerranée).
    • Mais aussi sur le site IONITY Maison-Dieu.
    source : IONITY

    Cette localisation n’est pas anodine : l’A7 fait partie des itinéraires les plus fréquentés de France, en particulier lors des périodes de grands départs en vacances.

    Face à une demande en croissance et des temps d’attente qui augmentent

    L’arrivée de ces nouvelles bornes répond à une exigence croissante de puissance de recharge, alors que le parc de véhicules électriques en France en 2026 continue de se développer rapidement :

    Le parc total de véhicules 100 % électriques s’élève à 1 663 365 unités à fin 2025, selon l’Observatoire européen des carburants alternatifs (European Alternative Fuels Observatory). Côté véhicules hybrides rechargeables, le parc continue de grandir avec environ 850 000 unités, soit un total de 2,5 millions de véhicules électrifiés en circulation. En combinant ces deux données, on arrive à une part de marché des VE neufs (BEV + PHEV) en 2025 de 26,7 %, dont 20 % uniquement pour les véhicules 100 % électriques.

    source : Renault

    Cette croissance rapide entraîne des temps d’attente aux bornes HPC qui peuvent se prolonger, notamment sur les axes les plus fréquentés. Les bornes Alpitronic HYC1000 répondent précisément à ce besoin : elles réduisent la durée de charge et augmentent la capacité d’accueil des stations.

    En perspective : une étape clé pour l’électromobilité européenne

    Avec ce communiqué annonçant l’avancée de la marque, IONITY anticipe les besoins futurs de recharge, tout en consolidant sa position de réseau de référence pour la mobilité électrique longue distance en Europe. Ces bornes permettent de répondre à la demande croissante des millions de conducteurs français et européens, tout en préparant l’infrastructure pour la prochaine génération de véhicules électriques à ultra-haute puissance de recharge.

  • Renault : L’heure du factuel

    Renault : L’heure du factuel

    Le 19 février 2026, Renault Group a présenté ses résultats financiers de l’année 2025 lors d’une téléconférence en ligne réunissant journalistes et analystes. Autour de François Provost, directeur général, et de Duncan Minto, directeur financier, le message est clair : 2025 reste un exercice solide dans un marché sous tension, mais 2026 s’annonce plus prudent, dû à la guerre des prix et à une réorganisation industrielle.

    source : Renault

    Une performance 2025 solide dans un environnement dégradé

    François Provost a d’emblée insisté sur le contexte : 2025 s’inscrit dans un marché mondial plus difficile, marqué par une pression concurrentielle accrue, notamment sur le segment électrique, où les constructeurs asiatiques prennent de plus en plus de place. « Les résultats 2025, dans un contexte de marché difficile, démontrent l’engagement des équipes pour délivrer une performance régulière de premier plan parmi les acteurs de l’industrie automobile », a-t-il déclaré.

    Sur le plan financier, Renault Group affiche en 2025 tout de même une marge opérationnelle de 6,3 %, en retrait par rapport au niveau record de 7,6 % atteint en 2024. Pour ce qui est du bénéfice opérationnel, le CEO annonce un recul d’environ 14,8 % sur un an. Enfin, sur le plan commercial, le groupe a écoulé 2 336 807 véhicules dans le monde en 2025, soit une hausse de 3,2 % par rapport aux 2 264 815 unités vendues en 2024. Le groupe reste néanmoins parmi les constructeurs généralistes les plus rentables en Europe.

    source : Renault

    Le CEO de Renault Group a décrit un environnement particulièrement tendu :

    • Intensification des guerres de prix sur l’électrique, avec des acteurs asiatiques très offensifs.
    • Ralentissement du marché retail en Europe.
    • Sous-performance du segment des véhicules utilitaires légers (LCV).

    Dans ce contexte, Renault met en avant la résilience de son modèle post-restructuration : réduction des coûts fixes, recentrage de la gamme et montée en puissance des plateformes dédiées à l’électrique.

    2026 : prudence assumée et marge attendue en baisse

    Et si l’année 2025 a été plus discrète, cela risque d’être également le cas pour 2026. En effet, les dirigeants de Renault Group ont été bien plus prudent pour l’année en cours.

    Renault anticipe une marge opérationnelle autour de 5,5 %, en baisse donc par rapport à 2025. Cela est justifié par le groupe qui évoque un environnement toujours « complexe », marqué par l’incertitude économique internationale et la pression sur les prix toujours plus constante. Mais si cette estimation nous donne une idée de comment la marque aborde cette année, il va falloir attendre le nouveau plan stratégique attendu le 10 mars 2026.

    source : Renault

    Palencia : un signal fort sur l’allocation industrielle électrique

    Avant la stratégie de mars, c’est toutefois lors de la session de questions/réponses de cette visioconférence que l’annonce la plus stratégique a été formulée.

    Interrogé sur l’allocation industrielle des futurs modèles électriques, François Provost a déclaré : « Il faut trouver la compétitivité, trouver les équations économiques, donc aucune décision finale n’est prise, mais en termes d’allocation industrielle, il est naturel de prendre en référence Palencia pour le renouvellement des segments C et D, y compris électriques. »

    Cette déclaration place clairement l’usine de Palencia au cœur de la future stratégie industrielle du groupe pour les segments compacts C et D, y compris en électrique. Aujourd’hui dédiée notamment au Captur, l’usine espagnole pourrait ainsi devenir un pilier de la production électrique de milieu de gamme, avec une capacité actuelle d’environ 250 000 unités par an et un potentiel de montée en cadence.

    source : Renault

    Compétitivité européenne et rééquilibrage des sites

    Le choix de Palencia s’inscrit dans une logique de compétitivité industrielle. L’Espagne présente des coûts de main-d’œuvre inférieurs à ceux de la France et bénéficie d’accords sociaux récents favorables à la flexibilité. Quand on évoque ces accords, il s’agit des conventions conclues ces dernières années entre Renault et les syndicats espagnols, notamment sur les sites de Valladolid et Palencia, qui permettent une adaptation plus souple des horaires et des équipes, une polyvalence renforcée des salariés et une meilleure maîtrise des coûts de production. 

    Ce mouvement s’inscrit aussi dans la continuité de la spécialisation géographique engagée depuis le plan Renaulution. Jusqu’au lancement récent de la nouvelle Twingo en Slovénie, les usines françaises de Douai et Maubeuge étaient les seuls sites européens du groupe dédiés aux modèles 100 % électriques, tandis que l’Espagne était devenue le hub des modèles hybrides, avec notamment l’Austral, l’Espace et le Rafale.

    Selon nos confrères de “Les Echos”, Palencia devrait accueillir à partir de 2028 les prochains modèles électriques familiaux de moyenne et grande taille du groupe.

    source : Renault

    Un groupe rentable, mais en transition stratégique

    L’enseignement principal de cette téléconférence est double. Renault reste rentable dans un environnement difficile, mais entre dans une phase plus prudente. La baisse attendue de marge en 2026 traduit une anticipation réaliste des tensions à venir. Dans le même temps, l’allocation potentielle des segments électriques C et D à Palencia marque une étape structurante : le virage industriel vers l’électrique est désormais pleinement intégré à la stratégie du groupe.

    Le plan du 10 mars devra préciser cette feuille de route, qui ambitionne d’assurer une croissance rentable dans la seconde moitié de la décennie.

  • La future Alpine A110 électrique partagera sa plateforme avec la Renault 5 Turbo 3E

    La future Alpine A110 électrique partagera sa plateforme avec la Renault 5 Turbo 3E

    L’information circule depuis le 16 février 2026 et a rapidement suscité l’attention du secteur automobile : la future Alpine A110 électrique reposera sur la même Alpine Performance Platform (APP) que la Renault 5 Turbo 3E, modèle électrique radical récemment dévoilé par Renault. Une confirmation venue indirectement d’une interview de Philippe Krief, CEO d’Alpine, accordée au média britannique Autocar UK.

    source : Alpine

    Cette nouvelle version de l’Alpine A110 promet d’être incroyable. Relancée en 2017 par la marque française, l’Alpine A110 marque la renaissance de la mythique berlinette des années 1960-70, dévoilée officiellement lors du Salon de Genève. Produite à Dieppe, la sportive française s’est écoulée à près de 30 000 exemplaires dans le monde depuis son retour, avant l’annonce de la fin programmée de sa version thermique en 2026. Cette fin rime avec la mise au monde de la future génération 100 % électrique, attendue à partir de 2027.

    Une plateforme APP commune, mais des applications distinctes

    Et ce que l’on sait depuis le passage de Philippe Krief chez nos confrères britanniques : « La future A110 de troisième génération, tout comme la Renault 5 Turbo 3E, utilisera une nouvelle structure en aluminium appelée Alpine Performance Platform (APP) ». Rappelons que cette plateforme est conçue spécifiquement pour les futurs modèles sportifs électriques d’Alpine. Elle repose sur une structure en aluminium extrudé ultra-rigide, annoncée comme deux fois plus rigide que celle de l’actuelle A110 thermique, tout en conservant un objectif central : la légèreté. En effet, la Turbo 3E de Renault ne pèse pas plus de 1,5 tonne ; sa cousine devrait probablement l’imiter.

    La Renault 5 Turbo 3E et la future A110 électrique partageront donc une architecture commune, mais avec des réglages et des implantations mécaniques différentes. La citadine sportive électrique de Renault utilise notamment deux moteurs-roues arrière à flux axial développant jusqu’à 555 ch, tandis que l’A110 EV devrait, dans un premier temps, adopter une configuration plus classique à moteurs arrière intégrés, toujours en propulsion.

    Source : Renault

    Une esthétique fidèle à l’A110 thermique

    Avant même d’aborder les aspects techniques, Philippe Krief a tenu à rassurer sur un point clé : la future Alpine A110 électrique conservera l’essence stylistique de la berlinette. La silhouette emblématique sera bien au rendez-vous, avec toutefois une longueur légèrement revue à la hausse par rapport au modèle actuel (4,18 m). À l’image de l’A390, Alpine entend faire évoluer ses codes historiques en conservant les quadruples optiques, mais dans une interprétation plus futuriste que rétro.

    Cette nouvelle génération 100 % électrique marquera également une montée en gamme en matière de carrosseries. Outre le coupé, Alpine prévoit un cabriolet ainsi qu’une version GT 2+2, une approche qui n’est pas sans rappeler la stratégie de la Porsche 911. À bord, la future A110 inaugurera un cockpit entièrement inédit. Selon Autocar UK, il s’agira du premier intérieur véritablement conçu sur mesure par Alpine, avec une priorité donnée aux commandes physiques et à une expérience de conduite volontairement épurée, loin de la surenchère d’écrans.

    source : Alpine

    Batterie arrière et répartition des masses optimisée

    Selon les informations relayées par plusieurs médias spécialisés français et européens, la future A110 électrique embarquera une batterie d’environ 70 à 77 kWh, fournie par Verkor. Celle-ci serait positionnée principalement à l’arrière, derrière les sièges, afin d’assurer une répartition des masses proche de 50/50 et un centre de gravité très bas.

    L’objectif affiché reste fidèle à l’ADN Alpine : proposer une sportive électrique agile et précise, capable de rivaliser en sensations avec les modèles thermiques actuels. Le poids cible est annoncé sous la barre des 1 500 kg, un chiffre ambitieux pour un coupé électrique de ce segment.

    Performances en hausse, sans renier l’esprit A110

    Côté performances, la future A110 électrique devrait dépasser les 345 ch de l’actuelle A110 R Ultime. Certaines sources évoquent une puissance comprise entre 400 et 480 ch selon les versions, avec un 0 à 100 km/h inférieur à 3,5 secondes et une autonomie annoncée supérieure à 480 km en cycle WLTP.

    Alpine travaillerait également sur une architecture électrique avancée, avec une gestion logicielle poussée (Software Defined Vehicle) et un système de vectorisation de couple baptisé Alpine Dynamic Module (ADM), destiné à optimiser le comportement dynamique sur route comme sur circuit. À noter qu’avant l’annonce des caractéristiques techniques officielles de cette sportive, des tests grandeur nature devraient avoir lieu sur le mythique site du Nürburgring, en Allemagne.

    source : Formule 1

    Une stratégie de gamme assumée

    Cette future A110 électrique s’inscrit dans une stratégie claire pour Alpine : maintenir un positionnement exclusif et sportif, loin des volumes. En effet, la production resterait limitée, avec un assemblage made in France prévu à Dieppe, et un tarif estimé entre 140 000 et 160 000 euros selon les configurations.

    source : Wikipédia

    La Renault 5 Turbo 3E, produite à 1 980 exemplaires, jouerait quant à elle un rôle de vitrine technologique, permettant de financer en partie le développement de la plateforme APP et de tester certaines solutions techniques avant cette déclinaison sur l’A110.

    Rendez-vous à Paris en 2026

    Il va falloir patienter pour voir les premières images de l’Alpine A110. Son dévoilement officiel est attendu lors du Mondial de l’Automobile de Paris en octobre 2026, pour une commercialisation envisagée courant 2027. D’ici là, Alpine devrait continuer à distiller les informations.

  • JAECOO 7 PEHV : que promet le SUV bientôt présent en France ?

    JAECOO 7 PEHV : que promet le SUV bientôt présent en France ?

    “JAECOO 7 PHEV : Le Nouveau Classique”, voilà l’intitulé du communiqué de presse publié le 17 février 2026 par le constructeur chinois. Il présente les caractéristiques complètes du JAECOO 7 Hybride Rechargeable (SHS-P), le SUV premium qui débarquera en France dès mars 2026. Avec une motorisation hybride rechargeable de 279 chevaux, 90 km d’autonomie électrique, une consommation mixte de 2,4 l/100 km et un prix de départ à 35 990 €, le JAECOO 7 se positionne comme une alternative sérieuse face aux concurrents européens.

    source : JAECOO

    Design extérieur et dimensions généreuses

    Le JAECOO 7 est défini par le constructeur comme un SUV doté de formes épurées et contemporaines. Ses dimensions sont fidèles à ce qui existe déjà sur ce segment : 4,50 m de long, 1,87 m de large et 1,67 m de haut. Ce design exprime style et robustesse, suivant la philosophie « From classic beyond classic ».

    Toujours selon les dires de Jaecco, la face avant se distingue par une calandre très large, encadrée de projecteurs full LED. Le profil latéral présente des passages de roue marqués, des lignes droites et des poignées de portes affleurantes rétractables. L’arrière, quant à lui, arbore un bandeau lumineux full LED et un spoiler sportif.

    source : JAECOO

    Habitacle premium et technologique

    Pour ce qui est de l’habitacle, il est minimaliste et intègre une instrumentation derrière le volant de 10,25 pouces et un écran central vertical de 14,8 pouces. Le sélecteur de vitesses est placé près du volant et non sur la console centrale, comme c’est souvent le cas. Cela permet, selon Jaecco, un démarrage simplifié sans clé ni bouton : une simple pression sur le frein met le véhicule en route, une fois la ceinture attachée.

    Les sièges avant sont à réglages électriques et chauffants de série, et le volant est également chauffant, toujours un petit plus qui fait la différence. Pour ce qui est de la capacité du coffre, critère important quand on parle d’un SUV, elle est de 500 litres et extensible à 1 265 litres une fois les sièges rabattus.

    source : JAECOO

    Motorisation hybride rechargeable SHS-P : trois technologies clés

    Parlons de technique pure, ce qui intéresse également les automobilistes. Le JAECOO 7 sera équipé du système SHS-P (Super Hybrid System – Plug-in), qui associe trois technologies développées par le groupe Chery :

    • Moteur thermique 1.5T GDI DHE : Moteur 4 cylindres turbo de cinquième génération, 143 ch et 215 Nm.
    • Transmission 1DHT : Transmission à un seul rapport associée à un moteur électrique synchrone de 204 ch et 310 Nm. Elle intègre un générateur de 100 kW et alterne intelligemment entre mode 100 % électrique, hybride série, hybride parallèle, thermique pur ou régénération.
    • Batterie LFP 18,4 kWh : Batterie haute densité avec technologie Cell-To-Pack, certifiée IP68, testée de -35 à +60 °C. Recharge AC 6,6 kW (2 h 40 de 25 à 100 %) et DC 40 kW de série (30 à 80 % en 20 minutes). Fonction V2L 3,3 kW pour alimenter des appareils externes.
    source : OMODA & JAECOO

    Performances et consommations

    Le système SHS-P permet donc au SUV d’obtenir des performances notables. En effet, selon le constructeur :

    • Puissance combinée : 279 ch, 310 Nm
    • Consommation mixte WLTP : 2,4 l/100 km
    • Consommation en maintien de charge : 6 l/100 km
    • Autonomie 100 % électrique : 90 km WLTP
    • Autonomie totale : jusqu’à 1 200 km (réservoir 60 L)
    • 0-100 km/h : 8,5 secondes
    • Vitesse maximale : 180 km/h
    source : OMODA & JAECOO

    À noter que le passage entre les trois modes (Normal, Eco, Sport) est imperceptible grâce au rapport unique, et que, pour les travailleurs, il a une capacité de remorquage de 1 500 kg.

    La sécurité puissance 5 étoiles

    Quand on parle de nouveau véhicule sur le marché, on s’imagine une machine résistante qui saura nous faire sentir en sécurité. À ce sujet, le JAECOO 7 répond présent et semble avoir tout pour plaire.

    En effet, le PHEV a obtenu 5 étoiles Euro NCAP en 2025. Il repose sur la plateforme modulaire T1X du groupe Chery, avec une carrosserie composée à 80 % d’acier à haute résistance, et 7 airbags de série (8 en finition Exclusive avec airbag genou).

    Côté équipements, le véhicule intègre de série 20 systèmes ADAS : ACC (régulateur adaptatif), BSD (angles morts), IES (ajustement intelligent dans la voie lors du dépassement de poids lourds), TJA (assistant embouteillages), DMS (surveillance conducteur), caméra 540°, et bien d’autres.

    source : JAECOO

    Deux finitions attractives

    Le JAECOO 7 PHEV est disponible à la commande en deux finitions : Select et Exclusive :

    Finition Select : 35 990 €

    • Équipement complet : 20 ADAS, 7 airbags, jantes 19″, feux full LED, sièges avant électriques et chauffants, volant chauffant, démarrage sans clé, climatisation bi-zone N95, vitrage acoustique, écran 14,8″, navigation, assistant vocal, Apple CarPlay/Android Auto, 6 haut-parleurs.

    Finition Exclusive : 37 990 €

    • Reprend la dotation Select et ajoute : éclairage d’ambiance, sellerie cuir synthétique, toit panoramique 1,1 m², hayon électrique mains-libres, sièges chauffants et ventilés (10 réglages conducteur avec mémoire), pare-brise chauffant, HUD, audio SONY 8 haut-parleurs, caméra 540° avec transparence, charge induction ventilée 50 W, airbag genou.

    Un positionnement tarifaire qui la place loin en dessous des concurrents européens d’ores et déjà sur le marché.

    OMODA & JAECOO : une implantation stratégique en France

    Le lancement du JAECOO 7 s’inscrit dans l’offensive d’OMODA & JAECOO sur le marché français. Dès le printemps 2026, la marque s’appuiera sur 74 distributeurs et réparateurs agréés répartis sur l’ensemble du territoire, avec un objectif de 130 points de vente à moyen terme. OMODA & JAECOO propose deux lignes de produits : les crossovers OMODA au design avant-gardiste, et les SUV JAECOO conçus pour être aussi à l’aise en milieu urbain qu’en dehors des sentiers battus, suivant la philosophie « From classic beyond classic » : Le Nouveau Classique.

    La marque a fait le choix stratégique d’une garantie longue durée : 7 ans ou 150 000 km pour l’ensemble du véhicule, et 8 ans ou 160 000 km pour les composants électriques (moteur et batterie avec maintien d’au moins 75 % de la capacité d’origine).

    De belles promesses donc, il ne nous reste qu’à attendre le printemps 2026 pour pouvoir confirmer toutes ces caractéristiques.

  • Vols de véhicules en France : baisse de 9 % en 2025, les électriques restent largement épargnés

    Vols de véhicules en France : baisse de 9 % en 2025, les électriques restent largement épargnés

    Le ministère de l’Intérieur a publié le 29 janvier 2026 son communiqué « Insécurité et délinquance en 2025 : première photographie », affirmant une baisse de 9 % des vols de véhicules par rapport à 2024. Avec 125 200 véhicules dérobés contre 137 600 l’année précédente, la France retrouve des niveaux pré-Covid. Mais la statistique la plus frappante concerne les véhicules 100 % électriques : ils représentent moins de 1 % des vols, une quasi-immunité qui s’explique par des innovations technologiques faisant de ces modèles des cibles peu attractives pour les réseaux criminels.

    125 200 vols en 2025 : un véhicule dérobé toutes les 4 minutes

    Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a publié le 29 janvier 2026 une analyse préliminaire couvrant 87 % des crimes et 74 % des délits non routiers. Le document confirme 125 200 vols de véhicules en 2025, soit un véhicule dérobé toutes les 4 minutes en France.

    source : Le Lynx

    Cette baisse de 9 % par rapport aux 137 600 vols enregistrés en 2024 intervient après une hausse de 7 % en 2023, ramenant la délinquance automobile à des niveaux comparables à ceux de 2019, avant la pandémie. Malgré cela, l’Hexagone reste le pays le plus touché en Europe.

    Pour ce qui est du taux de déclaration, il reste stable à 57 % ; cela signifie que près de 6 vols sur 10 font l’objet d’un dépôt de plainte auprès des forces de police ou de gendarmerie.

    source : CRSI

    Géographie des vols

    Les disparités géographiques restent marquées. L’Île-de-France concentre à elle seule 34 % des vols nationaux, confirmant sa position de région la plus touchée. Les Hauts-de-France arrivent en deuxième position avec 17 % des vols, enregistrant une hausse préoccupante de 29 % du risque de vol par rapport à 2024. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur complète le podium avec 15 % des vols, suivie par l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Pays de la Loire.

    Ces régions partagent des caractéristiques communes : proximité des axes autoroutiers internationaux, présence de ports facilitant l’export illégal vers le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, et concentration de zones urbaines denses.

    Quels véhicules sont les plus ciblés ?

    Les citadines et SUV compacts thermiques ou hybrides dominent largement, représentant entre 80 et 90 % des vols. Les véhicules hybrides constituent désormais 53 % des vols en 2025, contre 40 % en 2023.

    Le top 5 des modèles volés selon Roole

    Roole, spécialiste de la protection automobile avec près d’un million de balises actives en France, a publié son classement des modèles les plus volés sur la base des vols détectés au sein de son parc équipé. Ces données, issues d’un échantillon représentatif, offrent un éclairage précis sur les tendances observées à l’échelle nationale en 2025.

    En tête du classement figure la Renault Clio, générations IV et V confondues, avec 347 vols recensés. Elle devance largement le Toyota RAV4 hybride, ciblé à 162 reprises, puis la Peugeot 208 avec 131 vols. Les SUV compacts ne sont pas épargnés, puisque le Peugeot 3008 apparaît également parmi les véhicules les plus exposés avec 109 cas, juste devant la Renault Mégane IV, qui totalise 103 vols.

    sourcee : Steffen Jahn

    Au-delà de ces modèles très diffusés sur le marché français, Roole observe également une forte attractivité pour certains SUV hybrides premium. Des véhicules comme le DS 7 Crossback ou le BMW X5 sont particulièrement recherchés par les réseaux de voleurs, notamment en raison de leur valeur résiduelle élevée et de leur facilité de revente sur les marchés à l’export.

    Les véhicules électriques, cibles marginales : pourquoi ?

    La statistique la plus frappante de 2025 concerne les véhicules 100 % électriques : ils représentent moins de 1 % des 125 200 vols enregistrés, soit moins de 1 250 cas. Aucun modèle électrique majeur ne figure dans les tops 10, ni même dans les tops 50 des véhicules volés.

    La raison est due à des innovations technologiques dissuasives. En effet, la plupart des véhicules électriques actuellement en circulation sur le territoire français intègrent des systèmes de sécurité de nouvelle génération qui leur permettent d’être très rarement ciblés par les ravisseurs :

    • Authentification UWB et cryptage AES-256 : les clés utilisent la technologie ultra-large bande, capable de détecter les tentatives de relais au-delà de 10 mètres. Le cryptage change de code toutes les 10 minutes. Par exemple, Tesla combine sa Phone Key avec un code PIN obligatoire au démarrage.

    • Mises à jour OTA (Over-The-Air) : les véhicules électriques reçoivent des patchs de sécurité en moins de 24 heures, corrigeant les failles avant exploitation massive. Renault 5 E-Tech, Peugeot e-208 et Tesla mettent à jour leurs systèmes automatiquement, entre autres.

    • Architecture sécurisée : la central gateway agit comme un véritable pare-feu entre le système électronique du véhicule et la prise OBD. Elle empêche ainsi les accès frauduleux directs, une méthode utilisée dans l’immense majorité des vols électroniques de voitures thermiques, qui représentent aujourd’hui près de 94 % des cas.

    • Géolocalisation intégrée : les batteries des voitures électriques peuvent intégrer des systèmes de géolocalisation très précis, capables de localiser un véhicule à moins de cinq mètres près. Résultat : lorsqu’une voiture est volée, elle est retrouvée dans environ 9 cas sur 10, contre seulement 3 à 4 cas sur 10 pour les voitures thermiques. Chez Tesla, le système Sentry Mode surveille en permanence les alentours du véhicule grâce à huit caméras, ce qui permet de détecter et d’enregistrer toute tentative suspecte.
    source : EVKX

    Une économie du vol non viable

    Au-delà des protections techniques, les véhicules électriques présentent des contraintes économiques rédhibitoires :

    • Batteries invendables légalement : les batteries sont traçables et leur revente est encadrée par des réglementations strictes.

    • Marché de l’export limité : les véhicules thermiques volés sont massivement exportés vers le Maghreb et l’Afrique, où les infrastructures de recharge électrique sont quasi inexistantes.

    • Autonomie non limitante : contrairement à une idée reçue, l’autonomie des véhicules électriques (400 à 600 km) n’est pas un frein, les fuites après vol étant généralement courtes (moins de 100 km).

    Gaël Musquet : « Les VE intègrent une défense multicouche »

    Gaël Musquet, hacker éthique et spécialiste de la cybersécurité basé au Campus Cyber de La Défense, apporte un éclairage nuancé. Dans une interview accordée à notre média en juin 2025, il insistait sur le principe de « résilience » plutôt que d’invulnérabilité absolue.

    « Aucun système n’est invulnérable. La vraie question, c’est : combien de temps l’attaquant mettra-t-il à le faire tomber ? Les véhicules électriques intègrent une défense multicouche : authentification UWB, cryptage roulant, mises à jour OTA, géolocalisation intégrée. Le relais UWB est dur à casser sans matériel professionnel, et les mises à jour OTA rendent les exploits éphémères. À l’inverse, les véhicules thermiques ont des calculateurs (ECU) vulnérables en 30 secondes via l’OBD-II. »

    source : Mathis Miroux

    Musquet alerte toutefois sur les vulnérabilités potentielles des bornes de recharge (faux QR codes, malwares distants) qui pourraient menacer le réseau électrique via le vehicle-to-grid (V2G). Ses recommandations : appliquer les mises à jour OTA comme sur un smartphone, éloigner les clés sans contact, utiliser des antivols mécaniques et privilégier les stationnements surveillés.

    Conclusion

    La baisse de 9 % des vols de véhicules en 2025 témoigne d’une amélioration globale, mais 125 200 véhicules dérobés restent préoccupants. La réalité frappante : les véhicules 100 % électriques représentent moins de 1 % des vols, grâce à une combinaison d’innovations technologiques et de contraintes économiques qui les rendent peu attractifs pour les réseaux criminels. La sécurité renforcée s’impose ainsi comme un argument supplémentaire en faveur de la transition vers l’électromobilité.

  • Mobilité électrique : Volkswagen et EDF renforcent les aides CEE

    Mobilité électrique : Volkswagen et EDF renforcent les aides CEE

    L’accès à la mobilité électrique se facilite en France avec un renforcement inédit des primes des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Depuis le 13 février 2026, en partenariat avec EDF, le groupe offre jusqu’à 6 890 € d’aides pour l’achat ou la location longue durée de véhicules 100 % électriques de ses marques (Volkswagen, Audi, CUPRA, Škoda et VW Utilitaires). Cette offensive intervient dans un contexte marqué par la suppression du bonus écologique en juillet 2025 et son remplacement par un système fondé sur les CEE.

    source : Volkswagen

    Un dispositif renforcé pour les particuliers

    Volkswagen Group France a annoncé le 13 février 2025 que les aides liées au dispositif CEE sont désormais augmentées. En effet, le montant des primes pour les particuliers est porté à un maximum de 6 890 € pour les ménages aux revenus les plus faibles, soit 1 290 € de plus qu’en 2025, rien que ça.
    Les nouveaux paliers s’établissent désormais comme suit :

    • 3 450 € pour les revenus supérieurs à 26 300 € de revenu fiscal de référence (RFR) par part
    • 4 600 € pour les revenus modestes (RFR entre 16 301 et 26 300 € par part)
    • 6 890 € pour les ménages précaires (RFR inférieur ou égal à 16 300 € par part)

    Ces aides sont automatiquement appliquées au moment de l’achat ou de la location, sans démarche administrative supplémentaire pour le client chez les concessionnaires du réseau VW Group France. Cette simplification permet donc aux Français de se procurer un VE plus facilement, puisque les lourdeurs bureaucratiques sont régulièrement reprochées lors de l’accès à ces aides publiques.

    source : CEE

    Des critères d’éligibilité stricts mais cohérents

    Pour bénéficier de ces primes CEE renforcées, les véhicules doivent répondre à plusieurs critères :

    • Éco-score supérieur ou égal à 60/100 : cet indicateur environnemental mesure l’impact CO₂ de la production et de l’utilisation du véhicule
    • Prix catalogue inférieur à 47 000 € TTC (hors options)
    • Poids inférieur ou égal à 2,4 tonnes
    • Conformité au Coup de Pouce standard ou à la sur-bonification européenne : cette dernière valorise les véhicules dont la production et les cellules de batterie sont fabriquées dans l’Espace Économique Européen

    La sur-bonification européenne constitue un élément central du dispositif. Elle permet de valoriser les véhicules assemblés en Europe avec des batteries européennes, comme les Volkswagen ID.3 et ID.4, l’Audi Q4 e-tron ou le Škoda Enyaq, produits à Zwickau ou Emden et équipés de cellules fabriquées à Sagunto ou Brunswick.

    source : Audi

    Un impact immédiat sur les prix réels

    L’effet de ce renforcement des aides est immédiat et perceptible sur le prix effectif des véhicules électriques. Quelques exemples concrets :

    Un ménage précaire peut ainsi réduire de plus de 15 % le prix d’un véhicule électrique populaire, un gain particulièrement significatif dans un contexte où les aides publiques directes ont été revues à la baisse.

    Outre les aides pour les particuliers, le nouveau dispositif CEE renforcé propose également des montants attractifs pour les entreprises et collectivités :

    • Véhicules particuliers (entreprises) : jusqu’à 575 €
    • Véhicules utilitaires légers (flottes de plus de 100 véhicules) : jusqu’à 4 890 €

    Une réponse stratégique à la fin du bonus écologique

    Le renforcement des primes CEE intervient dans un paysage d’aides en pleine transformation. En juillet 2025, le bonus écologique historique a été supprimé en France, remplacé par un système de primes lié aux certificats d’économies d’énergie gérés par les fournisseurs d’énergie comme EDF.

    source : EDF

    Depuis lors, les aides à l’achat d’un véhicule électrique dépendent fortement du prix des certificats CEE, ainsi que de l’éco-score et de l’origine européenne des composants. Cette transformation a été présentée par le gouvernement français comme une solution durable pour maintenir un soutien aux véhicules électriques tout en maîtrisant les dépenses publiques.

    Conclusion

    En renforçant massivement les primes CEE avec EDF, Volkswagen Group France joue un rôle stratégique dans la transformation de l’écosystème des aides à la mobilité électrique en France. Ce dispositif apparaît comme une réponse à la suppression du bonus écologique, tout en valorisant la production industrielle européenne et en facilitant l’accessibilité financière des véhicules électriques pour les ménages, les entreprises et les collectivités. Une stratégie qui pourrait servir de modèle à d’autres constructeurs dans les mois à venir.

  • Mercedes-Benz tease six modèles électriques annoncés pour 2026 dans un programme de 16 nouveautés

    Mercedes-Benz tease six modèles électriques annoncés pour 2026 dans un programme de 16 nouveautés

    Mercedes-Benz accélère sa stratégie d’électrification avec un calendrier ambitieux pour 2026 : 16 nouveautés au total, dont six modèles 100 % électriques lancés. Ces éléments proviennent d’un graphique dévoilé lors du rapport annuel 2025 de la marque allemande. Mercedes étoffe son offre électrique sans pour autant abandonner l’hybride et le thermique premium.

    source : Mercedes-Benz

    Un programme massif de lancements pour 2026

    Selon l’illustration révélée le 12 février 2026 par Mercedes-Benz, 16 nouveaux modèles vont être lancés en 2026, répartis entre 12 véhicules électrifiés (électriques purs et hybrides rechargeables) et 4 restylages. Les six premiers modèles 100 % électriques s’inscrivent dans une stratégie visant à atteindre 50 à 60 % de ventes électrifiées en Europe d’ici 2030.

    Cette offensive intervient dans un contexte contrasté pour Mercedes : le constructeur a vendu 168 800 véhicules 100 % électriques (BEV) dans le monde en 2025, marquant une baisse de 9 % par rapport à 2024, soit seulement 9 à 10 % de ses ventes totales sur 1,8 million d’unités globales. Une progression modérée, freinée notamment par la concurrence chinoise. Mercedes-Benz a écoulé environ 250 000 à 300 000 hybrides rechargeables (PHEV) dans le monde en 2025, représentant 15 à 18 % des ventes totales de voitures particulières.

    source : CAR AND DRIVER

    Six modèles électriques au cœur de la stratégie

    Les six premiers modèles électriques annoncés reposent sur les nouvelles plateformes MMA (Modular Mercedes Architecture) et EVA2, et se caractérisent par des autonomies dépassant systématiquement les 650 km WLTP et une compatibilité avec la recharge ultra-rapide 800 V.

    Le constructeur catégorise ses véhicules en trois classes : Top-End (Classe S, EQS, Classe G), Core (Classe E, EQE, Classe C, GLC) et Entry (GLA, CLA, etc.).

    Pour la catégorie Top-End, Mercedes dévoile que deux nouveaux modèles verront le jour en 2026. Pour le premier, il devrait vraisemblablement s’agir de l’AMG GT 4 portes. L’autre nouveauté haut de gamme pourrait être le van VLS, une variante du VLE. Comme nous avons pu le constater, l’année 2027 lèvera également le voile sur deux BEV supplémentaires, dont l’un devrait être la version SUV de l’AMG GT 4 portes.

    source : Mercedes-Benz

    Dans le segment Core, ce qui est sûr, c’est qu’en 2026, on verra naître la Classe C électrique dès le premier trimestre. D’autres Mercedes de milieu de gamme pourraient s’y ajouter, comme un break de Classe C (T-Modell) ou un GLC Coupé. Un BEV verra le jour en 2027, probablement une Classe E électrique, annoncée plus tôt par le directeur de Mercedes, Ola Källenius.

    Enfin, sur le segment d’entrée de gamme, la principale nouveauté attendue serait le GLA EQ. Il constituerait le quatrième et dernier modèle reposant sur la Mercedes Modular Architecture (MMA), déjà retenue pour les CLA, CLA Shooting Brake et GLB de nouvelle génération. Une Classe A pourrait également faire son retour dans la gamme, comme l’évoquent plusieurs médias spécialisés. Son arrivée ne s’inscrirait toutefois pas dans le calendrier immédiat : elle ne serait pas attendue avant 2028, voire au-delà.

    source : Mercedes-Benz

    Une stratégie révisée face aux réalités du marché

    L’offensive 2026 traduit un recalibrage stratégique pour Mercedes-Benz. Initialement, le groupe visait 100 % de ventes électriques d’ici 2030. Cette ambition a été revue en 2024 face à une adoption plus lente que prévu. La nouvelle feuille de route, « Ambition 2039 », privilégie désormais un mix : 50 à 60 % d’électrique en 2030, avec maintien des hybrides et du thermique premium au-delà.

    Cette approche permet à Mercedes de répondre aux attentes d’une clientèle premium attachée aux moteurs thermiques, tout en accélérant sur l’électrique là où la demande se confirme et où la marque devra se plier aux exigences européennes, notamment.

    En effet, à la même période de l’année dernière, la marque au logo à l’étoile argentée à trois branches avait dévoilé le même calendrier pour l’année à suivre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les objectifs de sortie BEV ont bien changé. Sur le segment Top-End, cinq BEV ont été teasés pour 2026, contre deux seulement au bout du compte. Pour le segment Core, là aussi, c’est différent, mais dans la trajectoire inverse : deux véhicules 100 % électriques annoncés contre quatre à l’heure actuelle. Il n’y a que pour le segment Entry que la marque ne semble pas avoir changé de direction. C’est un signe que ces annonces, notamment pour les trois BEV prévus pour 2027, sont susceptibles d’être modifiées.

    source : Mercedes-Benz

    Historique et contexte de l’électrification Mercedes

    Mercedes-Benz s’est lancé dans l’électrique dès 2010 avec la Smart ED, mais la véritable offensive débute en 2018 avec l’EQC, premier modèle de la gamme EQ. La gamme s’élargit en 2021 avec l’EQA, l’EQB et l’EQS, atteignant dix modèles EQ en 2023. Près de 370 000 véhicules EQ ont été écoulés cumulativement fin 2025.

    En 2025, les EQA et EQB combinés représentent la majorité des ventes particulières électriques (~25 000 à 30 000 unités estimées), tandis que l’EQS maintient ses volumes premium (~12 000 à 15 000 unités), avec des autonomies WLTP désormais comprises entre 400 et 750 km selon les modèles. Ces performances, bien que significatives avec 168 800 BEV vendus mondialement, restent en deçà des ambitions « 100 % électrique 2030 » initiales, justifiant le recalibrage stratégique de 2024 et l’offensive massive de 2026.

    Avec 16 nouveautés prévues en 2026, dont six modèles 100 % électriques au premier semestre, Mercedes-Benz confirme son engagement dans la transition électrique tout en assumant une approche pragmatique. Loin d’un basculement radical vers le tout-électrique, le constructeur allemand privilégie un équilibre entre innovation technologique, réalités du marché et attentes d’une clientèle premium. Il est très probable que le GLA EQ, la Classe C électrique, l’AMG GT 4 portes et le VLE seront présentés dans les prochains mois. Pour le reste, c’est plus incertain, et nous ne sommes pas à l’abri d’un nouveau changement de stratégie de la part de Mercedes.

  • Municipales 2026 : Quand la mobilité électrique s’impose comme un enjeu électoral.

    Municipales 2026 : Quand la mobilité électrique s’impose comme un enjeu électoral.

    À l’approche des élections municipales de mars 2026, la mobilité électrique n’est plus un concept abstrait relégué aux débats nationaux. Elle s’invite dans les rues, sur les parkings publics et dans les discussions de quartier, devenant un levier concret pour les élus locaux. Entre attentes citoyennes et obligations réglementaires, les candidats disposent d’un argument électoral stratégique : répondre à une préoccupation palpable tout en modernisant la trajectoire énergétique de leur territoire.

    Une attente citoyenne forte et mesurable

    Selon une étude publiée le 13 février 2026 par Environnement Magazine, 68 % des électeurs considèrent la mobilité comme un levier clé pour améliorer leur cadre de vie. Bruit, pollution et qualité de l’air restent des préoccupations prioritaires, particulièrement dans les zones urbaines et périurbaines. Cette attente se double d’une exigence d’action : l’Avere-France souligne dans son guide « 5 actions pour agir localement » que près de 6 Français sur 10 attendent davantage d’action publique pour le climat, et 8 sur 10 souhaitent que les maires disposent de plus de pouvoir pour piloter cette transition.

    Comme le rappelle Pascal Hureau, président de la Fédération française des associations d’utilisateurs de véhicules électriques (FFAUVE) et élu local : « Rouler électrique, c’est réconcilier la liberté avec l’environnement, et 98 % des conducteurs de VE se disent satisfaits de leur véhicule. Les élus doivent accompagner ce mouvement au cours du prochain mandat, et les citoyens doivent choisir ceux qui prendront les bonnes décisions de terrain. »

    Ce qui change clairement pour les citoyens, c’est que quand la transition énergétique se matérialise dans leur commune, elle cesse d’être un débat abstrait. À ce sujet, Antoine Herteman, président de l’Avere-France signale :  “Dans un contexte national souvent perçu comme éloigné des préoccupations quotidiennes, la commune reste le premier échelon de confiance et d’action.”

    source : Avere France

    La mobilité électrique représente un terrain où la promesse politique peut être rapidement concrétisée. L’installation d’une dizaine de bornes bien situées, le renouvellement d’une flotte municipale avec des véhicules zéro émission, ou la mise en place d’aides locales à l’achat traduisent immédiatement une volonté d’action. C’est dans ce contexte que les associations comme la FFAUVE insistent sur l’importance de choisir des élus sensibilisés aux enjeux réels de l’électromobilité

    Cinq leviers concrets identifiés par l’Avere-France

    L’Avere-France, association nationale pour le développement de la mobilité électrique, a détaillé le 13 février dernier dans son guide officiel les actions prioritaires à la disposition des équipes municipales pour incarner cette transition. L’association illustre les recommandations avec des opérations concrètes déjà lancée en France :

    • Action n°1 : Installation de bornes de recharge ouvertes au public
      • Avec près de 185 000 points de recharge déjà en service et un objectif de 400 000 d’ici 2030, les collectivités peuvent agir directement sur l’accessibilité du véhicule électrique. Le modèle du V en Guadeloupe, qui a installé 113 bornes financées à 80 % par France Relance, illustre comment le partenariat public permet un déploiement rapide et harmonisé. Le programme Advenir accompagne les collectivités dans le financement de l’installation de bornes de recharge sur voirie,
    source : Dominique CHOMEREAU-LAMOTTE
    • Action n°2 : Les solutions d’autopartage électrique
      • Des initiatives comme « Lulu » en Meurthe-et-Moselle montrent qu’il est possible de réduire le nombre de véhicules privés, tout en offrant une solution économique et écologique. Entre 2020 et 2022, les véhicules Lulu ont été réservés plus de 8 000 fois par près de 2 000 utilisateurs.
    • Action n°3 : Mettre en place la gratuité du stationnement ou des avantages pour les véhicules électriques
      • La ville de Reims offre deux heures de stationnement gratuit pour les véhicules électriques, une mesure simple à mettre en place et qui a un impact direct sur le coût de la mobilité. Lyon combine gratuité et tarifs modulés sur les véhicules thermiques, illustrant comment incitation et régulation coexistent.
    • Action n°4 : Navette électrique de transport de personnes
      • La communauté de communes Val d’Ille-Aubigné exploite une navette électrique gratuite reliant quatre communes rurales à la gare TER locale. Le service a enregistré en moyenne 170 montées par mois dès son lancement, avec un impact concret sur la réduction de l’usage de la voiture individuelle.
    • Action n°5 : Favoriser la logistique urbaine durable
      • Logistique urbaine durable : des programmes comme InTerLUD+ accompagnent les collectivités pour organiser la distribution de marchandises en ville avec des véhicules électriques ou à faibles émissions, réduisant les émissions et améliorant l’efficacité des flux logistiques.
    source : InTerLUD+ 

    Des obligations légales qui renforcent la nécessité d’agir

    Ces recommandations ne sont pas de simples suggestions. Elles répondent à des obligations légales imposées aux collectivités, qui devront progressivement intégrer des quotas de véhicules électriques dans leur parc et garantir un accès minimal à la recharge publique. Comme le souligne Antoine Herteman, président de l’Avere-France : « L’électrification des mobilités n’est pas une injonction abstraite, mais une opportunité pour les communes, en ville comme en milieu rural. »

    Pour les candidats, la clé réside dans la capacité à traduire la transition énergétique en actions visibles et mesurables. Pour les spécialistes de la transition énergétique des transports, les équipes municipales qui sauront articuler ces actions avec les intercommunalités et les syndicats d’énergie disposeront d’un avantage tangible auprès de l’électorat.

    Conclusion

    Alors que 2026 marque le renouvellement des maires et mairesses dans l’Hexagone et en Outre-Mer, la mobilité électrique se dévoile comme étant un facteur impactant. Les candidats qui sauront réaliser ces ambitions disposeront d’un levier électoral puissant : répondre à une attente citoyenne forte tout en améliorant concrètement la qualité de vie quotidienne.