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  • Ford améliore sa gamme électrique pour l’Europe : autonomie, technologies et efficacité au programme

    Ford améliore sa gamme électrique pour l’Europe : autonomie, technologies et efficacité au programme

    En l’espace de quelques jours au début du mois de mars 2026, Ford a annoncé une série d’améliorations pour trois de ses modèles électriques : le Puma Gen-E, l’Explorer et le Capri. Au programme : plus d’autonomie, de nouvelles technologies et des optimisations techniques destinées à rendre ces véhicules plus compétitifs, sans hausse notable des prix. Une série d’annonces qui illustre la volonté du constructeur américain de renforcer la crédibilité de sa gamme électrique en Europe.

    Source : Ford

    Puma Gen-E : l’électrique de volume gagne en autonomie

    Commençons avec le modèle de la marque américaine qui a été le plus vendu en Europe en 2025 : le Puma Gen-E, la version 100 % électrique du crossover urbain de Ford. C’est le véhicule stratégique que le constructeur ne veut évidemment pas laisser sur le côté : « L’intérêt que nous avons constaté pour notre Puma et notre Puma Gen-E à travers l’Europe est la preuve que nous avons trouvé la bonne formule. » a affirmé Christian Weingaertner, Directeur Général des véhicules particuliers, Ford Europe. 

    Source : Ford

    Avec cette mise à jour, Ford annonce une autonomie désormais supérieure à 417 kilomètres contre 376 km pour l’ancienne version du Puma Gen-E. grâce à une optimisation de la batterie et de la gestion énergétique. Une amélioration importante pour ce modèle qui vise principalement le segment des petits SUV urbains, où l’autonomie reste un critère déterminant pour les acheteurs.

    Le constructeur introduit également BlueCruise, son système de conduite assistée permettant de rouler mains libres sur certaines portions d’autoroute, à condition que le conducteur garde les yeux sur la route. Jusqu’ici réservé à des modèles plus haut de gamme, ce système arrive donc pour la première fois sur un véhicule du segment des petits crossovers. Et petit + pour les fans de musique, le constructeur a annoncé que le système Audio Premium B&O avait été amélioré et est plus performant qu’à l’origine.

    Source : Ford

    Explorer électrique : davantage d’efficacité et de technologie

    Le Ford Explorer électrique, lancé récemment sur le marché européen, bénéficie lui aussi d’améliorations techniques. Parmi les évolutions annoncées pour ce SUV familial 100 % électrique, on retrouve notamment l’introduction d’une nouvelle batterie LFP de 58 kWh pour les versions Standard Range, en remplacement de l’ancienne batterie de 52 kWh. Cette évolution permet d’augmenter l’autonomie, qui atteint désormais jusqu’à 444 kilomètres selon le cycle WLTP. La version Explorer RWD Extended Range 79 kWh permet quant à elle de parcourir jusqu’à 602 km.

    Source : Ford

    Cette nouvelle batterie utilise une chimie lithium-fer-phosphate (LFP), réputée pour sa durabilité et sa résistance aux cycles de recharge, même si elle implique une puissance de recharge rapide légèrement inférieure. Sur l’Explorer Standard Range, la puissance maximale en courant continu passe ainsi d’environ 145 kW à 110 kW, ce qui porte le temps de recharge de 10 à 80 % à environ 28 minutes, contre environ 25 minutes auparavant.

    En parallèle, Ford introduit également plusieurs améliorations logicielles et technologiques. Le système SYNC Move, piloté par l’écran central, bénéficie d’une navigation optimisée capable de planifier les trajets en intégrant les arrêts recharge et l’autonomie restante. Les aides à la conduite évoluent aussi avec un régulateur adaptatif plus précis, une meilleure gestion du maintien dans la voie et de nouvelles fonctions d’assistance sur autoroute.

    Source : Ford

    Capri électrique : plus d’autonomie pour le SUV coupé

    Le Ford Capri électrique, dévoilé récemment comme une interprétation moderne du célèbre coupé des années 1970, profite également de ces évolutions techniques. Rappelons que le Capri est basé sur la même plateforme que l’Explorer et comme lui, les versions d’entrée de gamme adoptent désormais la batterie LFP de 58 kWh, ce qui permet d’atteindre jusqu’à 464 kilomètres d’autonomie WLTP. Une valeur légèrement supérieure à celle de l’Explorer, notamment grâce à un profil aérodynamique plus favorable.Les versions Extended Range restent quant à elles équipées de la batterie plus grande d’environ 77 kWh, offrant une autonomie pouvant atteindre jusqu’à 627 kilomètres WLTP selon les configurations.

    Source : Ford

    Le moteur est également amélioré. La Capri Standard Range bénéficie d’un moteur électrique amélioré, dont la puissance passe à 140 kW (190 ch) 7 et le couple à 350 Nm. 

    Ford profite également de cette mise à jour pour enrichir l’équipement du modèle. Le Capri reçoit notamment, comme pour l’Explorer, des évolutions de son environnement numérique, le système multimédia SYNC Move piloté par l’écran tactile coulissant de 14,6 pouces, ainsi que plusieurs ajustements sur les aides à la conduite et la connectivité embarquée. Les évolutions de la Capri concernent surtout l’optimisation des technologies déjà présentes à bord. Le constructeur propose également le Capri Collection Pack, une finition inspirée de l’héritage du modèle qui ajoute plusieurs éléments de design spécifiques et renforce le positionnement plus émotionnel de ce SUV coupé électrique.

    Source : Ford

    Une stratégie pour renforcer la crédibilité électrique de Ford

    Ces annonces s’inscrivent dans une stratégie plus large du constructeur américain en Europe. Plutôt que de multiplier les nouveaux modèles, Ford semble privilégier une amélioration progressive de ses véhicules électriques existants afin de renforcer leur compétitivité.

    Dans cette logique, les trois modèles concernés occupent des positions clés dans la gamme du constructeur :

    • Puma Gen-E, destiné à générer du volume sur le segment des petits SUV.
    • Explorer, positionné comme un SUV familial technologique.
    • Capri, qui joue davantage un rôle d’image avec son design de SUV coupé.

    Cette stratégie permet à Ford de couvrir plusieurs segments majeurs du marché électrique européen, face à une concurrence de plus en plus dense.

  • BMW Group : des résultats solides en 2025 et une stratégie tournée vers l’électrique

    BMW Group : des résultats solides en 2025 et une stratégie tournée vers l’électrique

    Jeudi 12 mars 2026, le BMW Group a présenté ses résultats financiers pour l’année 2025 lors de sa conférence annuelle. Dans un contexte automobile mondial complexe, le constructeur bavarois a réussi à maintenir une rentabilité solide. Entre progression des ventes électriques et préparation de la future génération de modèles « Neue Klasse », BMW confirme sa stratégie de transformation pour les années à venir.

    Source : BMW

    Des ventes globalement stables en 2025

    En 2025, le BMW Group a livré plus de 2,45 millions de véhicules dans le monde, toutes marques confondues, incluant BMW, MINI et Rolls-Royce. Ce volume reste globalement stable par rapport à l’année précédente, confirmant la capacité du constructeur à maintenir ses ventes malgré les incertitudes du marché.

    Source : BMW Group

    Sur le plan financier, le groupe a enregistré 133,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’exercice. Le résultat avant impôts (EBT) atteint 10,2 milliards d’euros, avec une marge EBT de 7,7 %, un niveau encore une fois identique à celui observé en 2024. Tandis ce que le bénéfice net s’établit à plus de 7 milliards d’euros.

    Selon Walter Mertl, directeur financier du groupe, ces résultats démontrent l’efficacité de la stratégie mise en place ces dernières années, combinant discipline financière et diversification de l’offre produit.

    Source : BMW

    L’électrique continue de progresser dans les ventes

    La transition énergétique se poursuit également chez BMW. En 2025, le constructeur a vendu 442 056 véhicules 100 % électriques, soit une progression significative par rapport aux années précédentes.

    Ces modèles représentent désormais 17,9 % des ventes mondiales du groupe. Et si l’on inclut les hybrides rechargeables, les véhicules électrifiés atteignent plus de 642 000 unités vendues sur l’année. Et les véhicules électrifiés connaissent une dynamique particulièrement forte en Europe, où près de 40 % des ventes du groupe concernent des véhicules électrifiés. 

    Pour Oliver Zipse, président du directoire du BMW Group, cette progression confirme la pertinence de la stratégie dite « d’ouverture technologique » du constructeur, qui consiste à proposer plusieurs types de motorisations afin de s’adapter aux différentes réalités des marchés mondiaux.

    Source : ERT

    Un environnement automobile toujours plus complexe

    Malgré ces résultats solides, l’année 2025 n’a pas été exempte de défis pour le groupe bavarois. Les tensions commerciales internationales, les évolutions réglementaires et la concurrence accrue sur certains marchés, notamment en Chine, ont pesé sur l’environnement économique du secteur automobile.

    Le marché chinois, en particulier, reste un enjeu stratégique majeur pour les constructeurs premium. Mais la montée en puissance des marques locales sur le segment électrique renforce la pression concurrentielle.

    Dans ce contexte, BMW anticipe pour 2026 un niveau de rentabilité légèrement inférieur, avec une marge opérationnelle automobile attendue entre 4 % et 6 %.

    La Neue Klasse, prochaine étape de la transformation

    Au-delà des résultats financiers, la conférence annuelle a également permis au groupe de réaffirmer sa vision à long terme. Le prochain tournant technologique de BMW reposera sur la Neue Klasse, une nouvelle génération de véhicules électriques qui doit progressivement transformer la gamme du constructeur.

    Cette plateforme dédiée promet des avancées importantes en matière d’efficacité énergétique, d’autonomie et de performances logicielles. Elle doit également permettre de réduire les coûts de production et d’augmenter la compétitivité des futurs modèles électriques du groupe et même ceux déjà sorti comme l’IX3 pour n’en citer qu’un.

    Source : BMW

    Une stratégie de continuité dans un secteur en mutation

    Le groupe continue d’investir dans l’électrification, les logiciels et les nouvelles plateformes tout en maintenant une offre variée de motorisations afin de répondre aux attentes des différents marchés mondiaux.

    Pour le constructeur bavarois, l’année 2025 apparaît ainsi comme une année de consolidation, avant l’arrivée d’une nouvelle génération de véhicules qui pourrait marquer une étape importante dans la transition vers l’électrique.

  • Augmentation du prix de l’essence : les véhicules électriques favorisés ?

    Augmentation du prix de l’essence : les véhicules électriques favorisés ?

    La hausse récente des prix du pétrole, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, commence à se faire sentir dans plusieurs régions du monde. À Los Angeles, le prix de l’essence a franchi la barre symbolique des 5,29 dollars le gallon (3,8 litres), soit une augmentation de 45 cents en seulement 15 jours. Le baril de Brent évolue autour de 105 dollars. En France également les prix augmentent et pourraient bien faire grandir le nombre de VE sur les routes.

    source : Tesla

    La flambée du carburant accélère la transition vers l’électrique

    Aux États-Unis, et plus particulièrement en Californie, les premiers effets pourraient déja être visible lors du mois en court. Une enquête AAA a dévoilé que 77 % des répondants ont déclaré qu’économiser de l’argent sur l’essence était leur principale motivation pour acheter un véhicule électrique. Un chiffre qui illustre bien ce rôle inattendu du carburant comme moteur de la transition. 

    À ce sujet, Sam Abuelsamid, analyste automobile à l’agence de télémétrie a déclaré : « La dernière fois que nous avons vu les prix du pétrole supérieurs à 100 $ le baril, c’était au début de 2022 et c’est à ce moment-là que nous avons vu les ventes de véhicules électriques vraiment commencer à augmenter aux États-Unis. », avant de rajouter « Nous verrons probablement une augmentation de l’adoption des véhicules électriques et en particulier de l’adoption des hybrides »

    Une tendance qui est confirmée par Brian Maas, président de la California New Car Dealers Assn. Interviewé par le Los Angeles Times, il a prédit que l’enthousiasme pour les véhicules électriques repartira à la hausse dans toute la Californie si les prix du pétrole ne baissent pas. « Si les pics de prix de l’essence antérieurs sont une indication, vous avez tendance à voir de l’intérêt pour des véhicules plus économes en carburant », a-t-il déclaré.

    source : California New Car Dealers Assn

    Et pour la France ? 

    En France, la tendance est comparable, entre le 1er et le 11 mars 2026, les prix ont connu une hausse significative : le gazole est passé de 1,721 € le litre à environ 1,95 €, le SP95‑E10 de 1,723 € à 1,85 €, et le SP98 de 1,829 € à 1,93 €. Cette augmentation s’explique par la combinaison de la hausse du baril de Brent (105‑110 $), des tensions géopolitiques en Iran et de la taxe CEE de 16 à 17 centimes par litre depuis janvier 2026. 

    Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette augmentation ne plaît pas aux français. Sur les réseaux sociaux,ils n’hésitent pas à hausser la voix avec le mot-clé #BalanceTonPlein. Devenu viral sur X notamment, les automobilistes partagent leurs factures ou leur exaspération compte tenu de l’augmentation du prix du carburant.

    Mais alors est ce que cela va changer quelque chose pour le marché automobile ? On ne peut pas l’affirmer avec certitude mais ce que l’on sait c’est que le prix de l’essence est un argument qui peut faire basculer la balance. En effet, selon une étude Driveco réalisée avec Harris Interactive fin 2025, environ 20 % des Français envisagent un véhicule électrique pour leur prochain achat. La raison pour 42 % d’entre eux est la différence de coût d’usage entre un véhicule thermique et électrique.

    En conclusion, il ne serait pas étonnant de voir les ventes de véhicules électriques évoluer à la hausse durant les prochains mois, dû aux conflits géopolitiques mondiaux qui impactent le porte-monnaie des français.

    Des comportements d’achat qui pourraient évoluer

    Cette flambée des prix du carburant ne provoque pas seulement de la frustration. Elle pourrait également influencer les décisions d’achat. Lorsque le coût d’utilisation d’un véhicule thermique augmente fortement, l’électrique et l’hybride deviennent naturellement plus attractifs. Si les prix du pétrole restent élevés dans les mois à venir, cette dynamique pourrait se renforcer, tant aux États-Unis qu’en France.

  • Porsche : une année 2025 difficile, mais une stratégie claire pour rebondir

    Porsche : une année 2025 difficile, mais une stratégie claire pour rebondir

    Mercredi 11 mars 2026, Porsche a tenu sa conférence de presse annuelle afin de présenter ses résultats financiers pour l’année 2025 et détailler sa stratégie pour les années à venir. Le constructeur allemand a reconnu avoir traversé l’une des années les plus difficiles de son histoire récente. Entre baisse des ventes, chute brutale des profits et réorientation stratégique de la marque, 2025 marque clairement un tournant pour Porsche, qui tente désormais de relancer sa dynamique tout en poursuivant sa transition vers l’électrique. Presque en parallèle, la veille de cette conférence, Porsche a présenté son nouveau modèle zéro émission : le Porsche Cayenne S Electric.

    source : Porsche

    Des résultats 2025 en forte baisse

    Les chiffres dévoilés ce matin montrent un réel ralentissement. En 2025, Porsche a généré 36,27 milliards d’euros de chiffre d’affaires, contre 40,1 milliards d’euros en 2024, soit une baisse d’environ 9,5 %. Mais c’est surtout la rentabilité qui s’est effondrée. Le bénéfice d’exploitation (EBIT) a chuté à 410 millions d’euros, contre 5,64 milliards d’euros l’année précédente, ce qui représente une baisse spectaculaire de 92,7 %. La marge opérationnelle, habituellement très élevée chez Porsche, est tombée à 1,1 %, contre 14,1 % en 2024, tandis que le bénéfice net s’établit à 310 millions d’euros, en recul de 91,4 %.

    Du côté des volumes, Porsche a livré 279 449 véhicules en 2025, soit une baisse de 10,1 % par rapport à l’année précédente. Pour autant, la part des modèles 100 % électriques a atteint 22,2 % des livraisons, un chiffre correspondant à l’objectif initial fixé par la marque entre 20 et 22 %.

    Plusieurs facteurs à l’origine

    Selon la direction du constructeur, une grande partie de la chute de rentabilité provient de charges estimées à 3,9 milliards d’euros. Celles-ci incluent notamment 2,4 milliards d’euros liés à une réorientation stratégique de la gamme, 700 millions d’euros de dépréciations sur les batteries et 700 millions d’euros d’impact lié aux droits de douane aux États-Unis depuis le retour du « America First » du président Trump.

    Le ralentissement du marché chinois a également pesé lourd. Sur ce marché clé pour les constructeurs premium, les ventes de Porsche ont reculé de 26 %. Cela n’est pas une baisse isolée pour la marque ; en effet, BMW (-12,5 %) et Mercedes (-19 %) sont également touchés. À cela s’ajoutent les surcoûts liés à la transition électrique, notamment sur la Porsche Taycan et le Porsche Macan Electric, ainsi que les investissements importants dans le développement logiciel mené avec le groupe Volkswagen Group via la filiale Cariad.

    « Les défis globaux et la nouvelle orientation de l’entreprise ont impacté le résultat 2025 », a résumé le directeur financier Jochen Breckner lors de la conférence.

    source : Porsche 

    Une stratégie pour redresser la barre

    Face à cette situation, le nouveau CEO de Porsche, Michael Leiters, a présenté un plan stratégique reposant sur trois piliers : « Leaner, Faster, More Desirable ». Le premier axe, Leaner, vise à rendre l’entreprise plus légère en réduisant les coûts fixes ; traduction : Porsche prévoit la suppression d’environ 1 900 postes d’ici 2029.

    Le second pilier, Faster, doit accélérer les cycles de développement et concentrer les ressources sur les modèles les plus importants pour la marque. Cinq véhicules constituent désormais le cœur de la stratégie produit : la Porsche 911, le Porsche Cayenne, le Porsche Macan, la Porsche Taycan et la Porsche 718.

    Enfin, l’axe More Desirable doit renforcer l’image émotionnelle de la marque. Porsche souhaite continuer à miser sur la personnalisation et l’exclusivité afin de maintenir un positionnement très haut de gamme, même avec des volumes potentiellement plus faibles. « Nous repositionnons Porsche de manière intégrale, plus efficace, plus rapide, et avec des produits encore plus attractifs », a déclaré Michael Leiters.

    source : Porsche

    L’électrique reste au cœur de la stratégie

    Malgré les difficultés rencontrées en 2025, Porsche ne renonce pas à l’électrification. Pour 2026, le constructeur prévoit un chiffre d’affaires compris entre 35 et 36 milliards d’euros, avec une marge opérationnelle qui pourrait remonter entre 5,5 % et 7,5 %. La part des véhicules 100 % électriques devrait rester comprise entre 20 et 25 % des ventes, preuve que la transition énergétique se poursuit.

    source : Porsche

    Un nouveau Cayenne électrique dévoilé la veille

    L’électrique ne s’arrête pas pour Porsche. La veille de cette conférence annuelle, le constructeur allemand a présenté une nouvelle déclinaison de son SUV zéro émission : le Porsche Cayenne S Electric. Cette version vient compléter la gamme électrique du Cayenne en se positionnant au milieu de l’offre, entre le Cayenne Electric d’entrée de gamme et le Cayenne Turbo Electric.

    source : Porsche

     

    Comme les autres versions du SUV, ce modèle repose sur la plateforme Premium Platform Electric (PPE), une architecture 800 volts développée conjointement avec Audi. Le Cayenne S Electric dispose d’une puissance de 400 kW (544 ch), portée jusqu’à 490 kW (666 ch) avec le Launch Control, grâce à sa double motorisation et transmission intégrale. Côté accélération, c’est fidèle à l’ADN sportif de la marque avec un 0 à 100 km/h atteint en 3,8 secondes et une vitesse maximale de 250 km/h. 

    Au niveau des performances d’autonomie et de recharge, c’est convaincant sur le papier puisque la marque annonce une batterie haute tension de 113 kWh, qui permet une autonomie pouvant atteindre 653 km WLTP. Grâce à l’architecture 800 V, la puissance de recharge peut atteindre 400 kW sur borne rapide, permettant de passer de 10 à 80 % de batterie en environ 16 minutes. 

    source : Porsche

    Avec ce nouveau modèle, Porsche cherche à élargir sa gamme électrique sur le segment des SUV premium, un marché stratégique pour la marque. Et elle n’est pas là au hasard puisque les versions précédemment annoncées ont vraisemblablement plu : « La réaction au lancement du Cayenne Electric fin 2025 montre que Porsche répond aux attentes de ses clients », a expliqué Matthias Becker, responsable des ventes et du marketing.

    Après 2025, le rebond ? 

    Malgré des résultats financiers compliqués, la direction de Porsche se veut confiante pour l’avenir. L’année 2025 est présentée comme un point bas dans le cycle de transformation de la marque, avec un rebond attendu dès les prochaines années.

    Porsche espère dès cette année retrouver progressivement le niveau de rentabilité qui a fait sa réputation dans l’industrie automobile et conserver son statut de référence dans le segment premium.

  • Renault R-Space Lab : le concept qui pourrait inspirer la Mégane électrique de demain

    Renault R-Space Lab : le concept qui pourrait inspirer la Mégane électrique de demain

    Le 10 mars 2026, lors de la présentation de son nouveau plan stratégique FutuREady, Renault ne s’est pas contenté d’annoncer ses ambitions industrielles pour la fin de la décennie. Le constructeur français a également dévoilé un concept-car inattendu : le Renault R-Space Lab. Plus laboratoire roulant (d’où son nom) que véhicule de série, il est conçu pour explorer ce que Renault appelle les « voitures à vivre ». Derrière ce discours expérimental se cachent déjà plusieurs technologies et idées de design qui pourraient inspirer les prochaines générations de modèles électriques de la marque, notamment une certaine Mégane.

    source : Renault

    Un concept dévoilé au cœur du plan stratégique FutuREady

    On s’attendait à ne découvrir que deux prototypes : le Renault Bridger Concept, un 4×4 électrique destiné à explorer le segment des SUV familiaux, et le Dacia Striker, un break concept imaginé pour la marque roumaine. La surprise fut totale car, ce matin, le R-Space Lab a également été présenté. L’objectif de Renault est clair : illustrer concrètement la vision du groupe pour la prochaine décennie.

    Avec 12 nouveaux modèles prévus en Europe d’ici 2030 et 14 autres pour les marchés internationaux, le constructeur veut accélérer sa transformation tout en mettant davantage l’accent sur l’expérience à bord. Le R-Space Lab est chargé de tester de nouvelles idées d’architecture intérieure, de sécurité et d’interfaces numériques.

    Un retour aux racines du monospace

    Visuellement, le concept surprend par ses proportions. Long de 4,50 mètres, le R-Space Lab se situe à mi-chemin entre la compacte Renault Mégane E-Tech Electric (4,21 m) et le SUV urbain Renault Captur. Mais contrairement à ces modèles, son design adopte une silhouette monovolume très marquée, avec un pare-brise fortement avancé et une surface vitrée continue qui s’étire du capot jusqu’à la lunette arrière.

    source : Renault

    Ce choix stylistique s’inscrit dans une tradition historique de Renault : celle des véhicules familiaux centrés sur l’espace et la modularité. Le nom du concept fait d’ailleurs directement référence au Renault R-Space Concept, présenté en 2011 et qui avait préfiguré plusieurs éléments de design du Renault Scénic IV lancé cinq ans plus tard. Cette fois encore, Renault pourrait utiliser ce prototype pour tester les proportions d’une future génération de modèles électriques plus spacieux, potentiellement entre la compacte et le monospace.

    L’habitacle comme véritable espace de vie

    Mais le cœur du projet ne se situe pas dans le design extérieur. Le R-Space Lab a été conçu autour d’une idée simple : transformer l’intérieur du véhicule en espace de vie modulable, capable de s’adapter aux usages quotidiens des familles.

    Le siège passager avant devient ainsi un véritable élément multifonction. Il intègre directement les airbags frontaux et rideaux dans sa structure, ce qui libère de l’espace dans le tableau de bord. La boîte à gants peut se transformer en support pour tablette, en espace de rangement pour un sac ou même en repose-pied. Le siège peut également coulisser vers l’arrière, permettant au passager avant d’échanger face à face avec les occupants assis à l’arrière.

    L’arrière, on en parle, on y est. Renault a imaginé trois sièges indépendants coulissants, style Renault Espace, combinés à un toit panoramique vitré.

    source : Renault

    Un écran géant qui traverse tout le pare-brise

    Place maintenant à la partie technologique, où le concept introduit également plusieurs innovations numériques qui pourraient rapidement passer à la production.

    La plus spectaculaire est le système OpenR Panorama, un écran incurvé géant qui s’étend sur toute la largeur du pare-brise. Inspirée de l’interface du concept Renault Scénic Vision, cette solution vise à fusionner l’instrumentation et l’infodivertissement dans une surface d’affichage unique.

    Le prototype adopte également un volant de type yoke associé à une direction steer-by-wire, c’est-à-dire sans liaison mécanique directe entre le volant et les roues. Ce système, déjà utilisé sur certains modèles, permet davantage de liberté dans la conception du cockpit.

    source : Renault

    Une sécurité repensée grâce à l’intelligence artificielle

    Le R-Space Lab sert aussi de terrain d’expérimentation pour de nouveaux systèmes de sécurité. Le concept embarque par exemple un dispositif baptisé Safety Coach, qui utilise des capteurs et des algorithmes pour analyser le comportement du conducteur.

    En effet, le système peut notamment détecter des signes d’alcoolisation grâce à des capteurs tactiles intégrés, tout en fournissant des recommandations personnalisées via une intelligence artificielle embarquée. L’objectif est de créer une interaction permanente entre la voiture et son conducteur afin d’améliorer la sécurité routière.

    Un aperçu possible de la Mégane électrique de 2028

    Même si Renault insiste sur le caractère expérimental du projet, plusieurs indices suggèrent que certaines idées du R-Space Lab pourraient inspirer des modèles de série. Les proportions du concept, par exemple, pourraient annoncer une future génération de compacte électrique plus longue, autour de 4,40 à 4,50 mètres.

    Plusieurs observateurs évoquent déjà une possible seconde génération de la Renault Mégane E-Tech Electric vers 2028, qui adopterait des proportions plus proches d’un monospace compact afin d’améliorer l’habitabilité.

    source : Renault

    Si le R-Space Lab ne sera jamais commercialisé tel quel, il pourrait bien annoncer une nouvelle génération de véhicules électriques Renault où l’habitacle deviendra le cœur de l’innovation.

  • Volkswagen : 4 millions de BEV livrées… mais 50 000 emplois supprimés

    Volkswagen : 4 millions de BEV livrées… mais 50 000 emplois supprimés

    Le Volkswagen Group a profité de son Annual Media Conference 2026, organisée le 10 mars à Wolfsburg, pour dévoiler ses résultats financiers 2025 et détailler l’état d’avancement de sa transformation industrielle. Le directeur général Oliver Blume et le directeur financier Arno Antlitzont dressé un constat contrasté : le géant allemand reste l’un des leaders mondiaux de l’électromobilité, mais la transition énergétique pèse lourdement sur sa rentabilité. Avec 4 millions de véhicules 100 % électriques livrés dans le monde le groupe a également annoncé une mesure choc : 50 000 suppressions de postes en Allemagne d’ici 2030.

    source : Volkswagen Group

    Des volumes solides mais une rentabilité sous pression

    Sur le plan financier, l’année 2025 illustre parfaitement la phase de transition que traverse Volkswagen. Le constructeur a enregistré un chiffre d’affaires de 321,9 milliards d’euros, une légère baisse par rapport aux 324,7 milliards de 2024. Les ventes mondiales se maintiennent également à un niveau élevé, avec 9 millions de véhicules livrés sur l’année.

    Mais la rentabilité s’est nettement dégradée. En effet, le résultat d’exploitation chute à 8,9 milliards d’euros, contre 19,1 milliards un an plus tôt, soit une baisse de plus de 50 %. La marge opérationnelle tombe à 2,8 %, son niveau le plus faible depuis le “Dieselgate” en 2016. Oliver Blume a insisté pour faire comprendre que 2025 est “une année de résilience financière mais marges sous pression.”

    source : Wikipédia

     

    Cette baisse s’explique notamment par 9 milliards d’euros de charges exceptionnelles, liées à plusieurs facteurs :

    • 5 milliards d’euros pour l’adaptation de la stratégie électrique de Porsche
    • 3 milliards liés aux tarifs douaniers américains
    • 1 milliard consacré à des restructurations internes

    Malgré cette pression sur les profits, le net cash flow de la division automobile atteint 6,4 milliards d’euros et est donc en hausse de 24 % sur un an. 

    Volkswagen confirme sa place dans l’électromobilité mondiale

    Malgré ses chiffres inquiétants, Volkswagen a envoyé un message clair : la stratégie BEV reste intacte. Quelques jours avant la conférence, le groupe a annoncé avoir livré 4 millions de véhicules 100 % électriques cumulés dans le monde (Top 5 mondial et Top 1 Europe).

    Cette conférence nous a également appris, ou du moins confirmé qu’au cours des deux dernières années, le groupe a lancé près de 60 nouveaux modèles, dont environ un tiers entièrement électriques. L’offre BEV du groupe dépasse désormais 30 modèles pour les voitures particulières, auxquels s’ajoutent les camions et bus électriques produits par la filiale industrielle TRATON, qui regroupe notamment Scania et MAN.

    source : Volkswagen Group

    Ralentir n’est pas l’option du groupe, l’offensive produit va se poursuivre. Volkswagen prévoit plus de 20 nouveaux modèles supplémentaires pour 2026, dont environ la moitié en 100 % électrique. Parmi eux figure un projet stratégique pour l’Europe : la Electric Urban Car Family, une nouvelle génération de quatre citadines électriques abordables destinées à démocratiser la mobilité électrique sur le segment d’entrée de gamme.

    En parallèle, le groupe prépare également plusieurs nouveaux modèles électriques spécifiquement développés pour le marché chinois, devenu le centre de gravité de la transition énergétique mondiale.

    50 000 suppressions d’emplois : le choc social

    Mais l’annonce la plus commentée de la conférence concerne la restructuration sociale du groupe. Dans sa lettre aux actionnaires publiée avec le rapport annuel, Oliver Blume confirme que près de 50 000 emplois devraient être supprimés en Allemagne d’ici 2030 au sein du groupe Volkswagen.

    source : Richard Bartz

    Une décision qui dépasse largement le plan social déjà négocié en 2024 avec le puissant syndicat allemand IG Metall. Pour rappel, à l’époque, un accord avait déjà prévu 35 000 suppressions de postes au sein de la marque Volkswagen. 

    Et si à l’origine seul Volkswagen devait être touchée, cette fois c’est plusieurs marques qui devraient être concernées : Audi, Porsche et Cariad.

    C’est une certitude que les syndicats vont faire parler d’eux mais la direction a insisté sur une approche « socialement responsable », reposant principalement sur des départs volontaires, des préretraites et des reclassements internes.

    Les “Future Packages” : le plan pour restaurer la rentabilité

    Pour sortir de cette phase de transition, Volkswagen mise sur un vaste programme d’efficacité interne baptisé Future Packages. L’objectif est clair : plus de 6 milliards d’euros d’économies annuelles d’ici 2030, grâce à plusieurs leviers industriels.

    Le groupe prévoit notamment de simplifier sa gamme de véhicules, d’améliorer la productivité de ses usines et de renforcer les synergies entre ses différentes marques. Pour rappel, le catalogue Volkswagen Group comporte plusieurs marques, chacune ayant son positionnement propre : Volkswagen, Audi, Škoda, Cupra, Porsche et bien d’autres.

    source : Autoactu

    Pour la direction, 2025 représente donc un point bas temporaire, avant un redressement attendu à partir de 2026 grâce au renouvellement des gammes et aux gains d’efficacité.

    Une transition électrique plus difficile que prévu

    Si Volkswagen maintient son ambition de devenir un “Global Automotive Tech Driver” à horizon 2035, la conférence montre aussi que la transition énergétique s’annonce plus complexe que prévu.

    En effet, le groupe doit composer avec plusieurs défis simultanés :

    • la montée en puissance des constructeurs chinois comme BYD ou Geely,
    • le ralentissement de la demande de véhicules électriques en Europe,
    • les tensions commerciales avec les États-Unis.

    La transition électrique a un prix

    Avec 4 millions de voitures électriques livrées, Volkswagen prouve qu’il possède désormais l’une des plus grandes offres BEV du marché mondial. Mais l’annonce des 50 000 suppressions de postes rappelle que la transformation énergétique de l’industrie automobile implique une profonde mutation industrielle.

    Pour Volkswagen, les prochaines années seront donc décisives. Reste a voir si les prochaines sorties permetteront à restaurer les marges du groupe pour rester le leader qu’il est actuellement.

  • Groupe Renault : futuREady, la force de l’électrique

    Groupe Renault : futuREady, la force de l’électrique

    Dans son nouveau plan stratégique futuREady, le groupe Renault lancera 36 modèles à travers le monde d’ici 4 ans. Tout en voulant rester une référence des constructeurs européens, la firme française veut conquérir les marchés étrangers les plus prometteurs : Inde, Corée du Sud et Amérique latine. Le groupe vise 2M de véhicules vendus par an en 2030, abandonne la production de voitures 100% thermiques en Europe et se concentre sur les hybrides, électriques et électriques avec prolongateur d’autonomie .

    Souce: Groupe Renault

    La fin d’une ère. Renault va stopper la production de voitures à moteur à combustion et ne produira dorénavant que des véhicules électrifiés. Dans la foulée de la Twingo électrique commercialisée dans quelques semaines, pas moins de 36 modèles seront ainsi lancés d’ici 4 ans, à travers les marques Renault, Dacia et Alpine. L’objectif est ainsi de vendre 2M de véhicules par an dans le monde, à l’horizon 2030.

    Renault Bridger Concept, le nouveau baroudeur de poche

    Parmi toutes ces nouveautés, 22 modèles seront produits pour l’Europe dont 16 électriques. Les autres véhicules seront hybrides ou électriques avec extension d’autonomie. Quatorze véhicules multi-énergie seront réservés à l’international, à commencer par le Renault Bridger dont le concept évoque un petit baroudeur agile et très carré, de moins de 4m avec un grand coffre et beaucoup d’espace à bord. « Face à la concurrence chinoise notamment, nous devons suivre le rythme en matière de technologie innovante et dexpérience client, explique François Provost, le PDG de Renault Group. Notre objectif est de conserver 80 % de nos clients pendant les 10 ans du cycle de vie de nos voitures. »

    source: Groupe Renault

    Cockpit toujours plus numérique et intelligent

    Cette ambition passe par ce nouveau cockpit baptisé R-Space qui va progressivement équiper les modèles Renault. Pensé pour le conducteur et ses passagers, il se compose d’un écran incurvé panoramique sur toute la largeur du tableau de bord. Digitale, connectée et assistée par intelligence artificielle, cette interface se veut intuitive et aussi ergonomique que l’utilisation de votre smartphone. D’ailleurs Renault accentue sa collaboration avec Google pour son système d’exploitation, déjà reconnu comme étant le meilleur du marché. En matière de sécurité pour les jeunes conducteurs par exemple, il sera possible d’activer un éthylotest anti-démarrage intégré.

    source: Groupe Renault

    Nouvelle plateforme pour voitures électriques à grande autonomie

    Au niveau industriel, la bonne conduite du plan passe par l’inauguration d’une nouvelle plateforme électrique RGVE Medium 2.0. Capable de produire des véhicules du segment B+ à D, à l’architecture 800 V, ce qui permet des temps de recharge ultra-rapides. Elle offrira une autonomie électrique jusqu’à 750 km WLTP et jusqu’à 1 400 km en version Range Extender EV(avec prolongateur d’autonomie). La polyvalence de cette base technique permettra d’assembler diverses silhouettes comme des berlines, SUV ou coupés, des modèles traction, propulsion ou à moteurs électriques avec prolongateur d’autonomie. Autant d’atouts et de possibilités qui doivent convaincre les consommateurs qui hésitent à franchir le pas vers la technologie électrique.

    source: Groupe Renault

    400 € d’économies par voiture et par an

    Renault promet aussi de réduire le coût de production de 400 € par voiture et par an, ce qui pourrait par conséquent se répercuter sur la facture finale pour les clients. Ces économies sont notamment réalisées : 

    – en optimisant les process industriels (automatisation accélérée sur les chaînes, maximisation de la réutilisation de pièces à disposition), 

    – en réduisant le nombre de pièces par voiture (- 30% en moyenne), 

    – en faisant appel à l’IA et aux jumeaux numériques pour réduire le temps de développement et le nombre d’opérations industrielles lourdes 

    – dans les usines, 300 robots humanoïdes (origine Wanderkraft) vont venir en aide aux ouvriers pour effectuer les tâches les plus physiques sur la ligne de production. Cela constitue une première dans l’industrie automobile

    En outre, le temps de développement 

    Développement à linternational

    Pour atteindre des marges opérationnelles de 5 à 7% du chiffre d’affaires par an et une trésorerie annuelle de 1,5 Mds €, le PDG du groupe Renault compte sur l’Europe mais vise aussi les nouveaux marchés en pleine expansion (50M d’unités par an) : l’Inde, la Corée du Sud et l’Amérique latine. En revanche, le groupe français ne cherchera pas à s’implanter en Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada), marché insuffisamment électrifié.

    Dacia Striker, le crossover coupé à moins de 25 000 

    Forte de plus de 10M de ventes depuis 2004, Dacia continue d’électrifier sa gamme avec la présentation de son nouveau modèle Striker. Il s’agit d’un crossover imposant (4,62 m de long) avec une garde au sol assez haute et un profil de coupé. Il embarque des motorisations hybride, hybride 4×4 et GPL. Produit en Turquie, le Striker sera lancé en 2027 à partir de 25 000€, ce qui en fera un parfait complément aux SUV à succès Bigster et Duster. La marque au meilleur rapport qualité/prix du marché proposera en outre 4 voitures 100% électriques d’ici 2030.

    source: Groupe Renault

    Alpine prépare l’ « A110 » électrique

    Au-delà des modèles A290 et A390 déjà sur nos routes, Alpine poursuit le développement de la remplaçante de l’A110, qui sera 100% électrique. Priorité à la légèreté, l’agilité et au plaisir de conduite promet la marque qui dévoile l’architecture de sa future sportive autour de la plateforme APP (Alpine Performance Platform) EV. Le châssis en aluminium accueillera deux espaces pour les packs batteries, de manière à répartir l’équilibre des masses (40 % à l’avant et 60 % sur l’arrière). Les performances dynamiques seront optimisées par un module de gestion électronique (qui agit sur l’aéro, la puissance, le couple) tout en conservant le logiciel Alpine Torque Vectoring qui améliore la tenue de route en virage.

    source: Groupe Renault

    Moteur électrique plus perfectionné

    Fort de son expertise, le groupe Renault va aussi équiper ses modèles à venir de la 3e génération de moteur électrique (EESM). Moteur à rotor bobiné et sans terre rare, il développe 275 ch, soit 25% de puissance supplémentaire et offre un rendement accru sur autoroute notamment. Tandis que la technologie hybride (HEV) E-Tech va également connaître de nouvelles évolutions au-delà de 2030, avec des moteurs moins puissants et moins chers.

    source: Groupe Renault

    Au service des clients

    Près de neuf mois après sa prise de fonctions, le PDG François Provost entend donc faire du groupe Renault une référence en Europe avec de larges gammes de voitures électrifiées désirables et compétitives, sans négliger le potentiel de croissance vers les nouveaux marchés. Face à la concurrence agressive des constructeurs chinois, il mise avant tout sur le service que ses véhicules apporteront aux clients vers une mobilité propre, accessible et adaptée à leurs besoins.  

  • Lotus Eletre X : l’hybride s’impose

    Lotus Eletre X : l’hybride s’impose

    Pendant plusieurs années, Lotus Cars semblait déterminé à tourner définitivement la page du moteur thermique. En 2023, le constructeur britannique affirmait encore que la sportive Lotus Emira serait sa « dernière voiture thermique », dans le cadre d’une stratégie visant à devenir une marque 100 % électrique d’ici la fin de la décennie. Trois ans plus tard, la marque a revu ses ambitions. Avec l’arrivée du Lotus Eletre X, le constructeur britannique introduit pour la première fois de son histoire une motorisation hybride rechargeable.

    source : Lotus

    Une révélation venue de Chine

    On le savait depuis le 5 décembre 2025, lorsque le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies a publié un dossier d’homologation pour un véhicule baptisé « Eletre For Me ». Derrière cette appellation se cache en réalité la future version hybride rechargeable du SUV 100 % électrique lancé par Lotus en 2023.

    source : Automobile sportive

    Confirmée par Lotus Cars début 2026, la calendrier est désormais clair : les premières livraisons sont attendues en Chine à la fin du mois de mars 2026, avant un lancement européen programmé pour juin. Le marché français devrait être servi quelques mois plus tard, d’ici la fin de l’année.

    Cette évolution intervient dans un contexte particulier pour le constructeur. Si les modèles électriques de la marque, notamment le Lotus Eletre et la berline Lotus Emeya, ont permis à Lotus Cars d’atteindre un record de 12 134 livraisons mondiales en 2024, leurs volumes restent inférieurs aux ambitions initiales du constructeur, qui visait initialement plus de 25 000 ventes annuelles à moyen terme.

    source : TopGear

    Un hyper-SUV encore plus puissant

    Sur le plan technique, le Lotus Eletre X, en plus d’ajouter un moteur thermique au SUV électrique existant, devient la version la plus puissante de la gamme. En effet, le système hybride développe une puissance totale de 952 chevaux, alors que la version 100 % électrique n’en atteignait « que » 918 ch. Les performances suivent également : le 0 à 100 km/h est annoncé en 3,3 secondes et la vitesse maximale atteint 230 km/h.

    Là où le changement est le plus percutant, c’est au niveau de l’autonomie. Lotus adopte une batterie plus compacte fournie par CATL. Sa capacité passe de 112 kWh sur la version électrique à 70 kWh sur cette variante hybride rechargeable. Malgré cette réduction, l’autonomie en mode électrique reste particulièrement élevée pour un PHEV : 420 km selon le cycle CLTC, ce qui correspond à environ 350 km sur le cycle européen (WLTP). Avec le moteur thermique, l’autonomie totale dépasse alors les 1 200 kilomètres.

    Une recharge ultra-rapide pour un hybride rechargeable

    L’autre grande innovation concerne la recharge. Le Lotus Eletre X repose sur une architecture électrique de 900 volts capable d’encaisser jusqu’à 430 kW de puissance.

    Grâce à cette technologie, la batterie peut passer de 20 à 80 % de charge en seulement neuf minutes. Un chiffre inédit pour un véhicule hybride rechargeable. C’est bien plus performant que certains de ses concurrents, comme le Porsche Cayenne Turbo E-Hybrid ou le Range Rover Sport P550e.

    Le signe d’un changement de stratégie

    L’arrivée de cette version hybride illustre surtout un changement de stratégie pour Lotus. Lorsque le groupe chinois Geely a relancé la marque britannique en 2017, l’objectif affiché était de transformer Lotus en constructeur premium entièrement électrique.

    Mais la dynamique du marché automobile a évolué plus lentement que prévu. En Chine, les hybrides rechargeables représentent aujourd’hui près de 40 % des ventes de voitures neuves, contre environ 15 % pour les modèles 100 % électriques.

    Le Lotus Eletre X pourrait ainsi devenir le premier représentant d’une nouvelle génération de modèles Lotus hybrides. Selon plusieurs indications industrielles, la berline Lotus Emeya pourrait adopter une technologie similaire vers 2027, tandis que la sportive Lotus Emira pourrait suivre à l’horizon 2028.

    source : TopGear

    Un scénario qui marquerait la fin de la stratégie « tout électrique » annoncée quelques années plus tôt.

  • La technologie française derrière la révolution des taxis volants

    La technologie française derrière la révolution des taxis volants

    Alors que la course mondiale aux taxis volants s’intensifie, une question revient chez tous les acteurs du secteur : comment concevoir, certifier et industrialiser rapidement des aéronefs aussi complexes que les eVTOL ? Pour répondre à ce défi, le groupe français Dassault Systèmes met en avant une approche technologique qui pourrait bien devenir un standard du secteur. Dans un document technique intitulé Getting Cleared for Takeoff, l’expert Roberto Licata explique comment les plateformes numériques de l’entreprise permettent d’accélérer le développement de ces nouveaux aéronefs électriques.

    source : Dassault Systemes

    Un marché qui pourrait dépasser les 1 000 milliards de dollars

    Selon plusieurs projections citées dans le document, l’industrie des eVTOL – ces aéronefs électriques à décollage et atterrissage vertical – pourrait atteindre 300 milliards de dollars dès 2030, puis plus de 1 000 milliards de dollars d’ici 2040.

    Ces appareils sont au cœur du concept d’Advanced Air Mobility (AAM), qui vise à transformer la mobilité urbaine et régionale grâce à des taxis volants électriques capables de décoller verticalement. Selon certaines analyses, les futures flottes de transport aérien urbain pourraient même dépasser celles des plus grandes compagnies aériennes en nombre d’appareils et en fréquence de vols d’ici la prochaine décennie.

    Alors évidemment dans ce contexte, les premiers acteurs capables de certifier et industrialiser leurs appareils prendront une avance certaine.

    source : NASA

    Roberto Licata, expert de la mobilité aérienne avancée

    C’est précisément l’analyse portée par Roberto Licata, Solution Experience Director pour l’industrie Aerospace & Defense chez Dassault Systèmes. Il est spécialisé dans l’ingénierie système basée sur les modèles (MBSE), la conception et la simulation.

    Aujourd’hui, il pilote un portefeuille de solutions destinées à trois domaines clés :

    • le New Space,
    • l’Advanced Air Mobility,
    • l’innovation technologique.

    Son message est clair : pour développer un eVTOL compétitif, il ne suffit plus d’utiliser des outils d’ingénierie séparés. Il faut adopter une approche holistique, capable de connecter conception, simulation, certification et production dans un environnement numérique unique.

    Source : Dassault

    La complexité inédite des aéronefs eVTOL

    L’un des défis majeurs du secteur réside dans la complexité technique de ces nouveaux aéronefs. Un eVTOL combine en effet plusieurs technologies critiques :

    • aérodynamique avancée (rotors multiples, architectures hybrides),
    • propulsion électrique et batteries haute densité,
    • avionique numérique et fly-by-wire,
    • certification aéronautique encore en construction auprès des autorités.

    La combinaison de toutes ces technologies doit être simulée pour comprendre parfaitement les tenants et les aboutissants du projet. Si dans le passé, la simulation intervenait souvent en fin de cycle de développement, désormais elle est un élément central du processus de conception, permettant de tester virtuellement de nombreuses configurations avant même la construction d’un prototype physique.

    Une plateforme numérique pour concevoir et simuler en même temps

    Pour répondre à ces enjeux, Dassault Systèmes met en avant sa plateforme cloud 3DEXPERIENCE, qui combine conception, simulation et gestion des données dans un environnement unique. Cette approche, baptisée MODSIM (Modeling + Simulation), repose sur un principe simple :

    • un modèle de données unique pour la conception (CAD) et l’ingénierie (CAE),
    • des équipes qui travaillent simultanément sur le même environnement numérique,
    • des itérations de design beaucoup plus rapides.
    source : Dassault Systemes

    Concrètement, cela permet d’éviter les pertes d’information et les incompatibilités entre logiciels, souvent responsables de retards dans les programmes aéronautiques. Les gains potentiels mis en avant sont significatifs :

    • 20 à 40% de réduction du temps de conception préliminaire,
    • 40 à 60% de convergence plus rapide vers un design optimal,
    • 20 à 40% de résolution de non-conformités plus rapide,
    • 10 à 25% de réduction du temps de certification.

    Accélérer la certification, l’un des plus grands défis

    Dans l’aéronautique, la certification représente souvent l’étape la plus longue et la plus coûteuse. Pour les eVTOL, la situation est encore plus complexe : les autorités comme la FAA aux États-Unis et l’EASA en Europe travaillent encore à définir les standards de sécurité pour ces nouveaux appareils.

    L’approche proposée consiste à intégrer les exigences de certification dès la phase de conception, grâce à des simulations permettant de tester virtuellement des scénarios critiques :

    • résistance aux crashs,
    • impacts d’oiseaux,
    • interférences électromagnétiques.

    Cette stratégie « model-based » permet d’anticiper les problèmes plutôt que de les découvrir tardivement lors des essais physiques.

    Préparer la production avant même le premier vol

    Au-delà du développement technique, l’un des grands enjeux pour les startups eVTOL reste l’industrialisation. Passer d’un prototype fonctionnel à une production en série représente une transformation majeure.

    La plateforme 3DEXPERIENCE permet également de :

    • simuler virtuellement les lignes d’assemblage,
    • optimiser l’outillage industriel,
    • synchroniser les fournisseurs et la supply chain.
    source : h24info

    Des startups européennes déjà engagées

    Plusieurs entreprises du secteur utilisent déjà ces outils. C’est notamment le cas de :

    • Ascendance Flight Technologies, startup toulousaine qui développe un aéronef hybride à décollage vertical,
    • Vertical Aerospace, constructeur britannique d’avions électriques,
    • Zuri, startup européenne travaillant sur un VTOL accessible.

    Toutes utilisent la plateforme cloud de Dassault Systèmes pour gérer la conception, la simulation et la collaboration entre les équipes.

    source : Ascendance Flight Technologies

    Une bataille technologique mondiale

    La mobilité aérienne avancée est aujourd’hui l’un des secteurs les plus compétitifs de l’aéronautique. Dans cette bataille, la technologie ne se limite plus aux moteurs ou aux batteries : les outils numériques deviennent eux aussi un avantage stratégique.

    Et si les taxis volants décollent un jour dans nos villes, une partie de leur succès pourrait bien avoir été conçue… dans un environnement virtuel français.

  • Comment la réglementation fragilise l’industrie automobile européenne et renforce la chinoise

    Comment la réglementation fragilise l’industrie automobile européenne et renforce la chinoise

    Alors que l’Europe se débat avec une réglementation de plus en plus contraignante, la Chine poursuit son ascension grâce à une approche plus pragmatique de la transition énergétique. Cette opposition illustre parfaitement la manière dont les deux grandes puissances automobiles abordent la transformation du secteur : d’un côté, une régulation très normative ; de l’autre, une stratégie industrielle assumée.

    L’industrie automobile mondiale traverse aujourd’hui l’une des mutations les plus profondes de son histoire. La transition vers des énergies plus propres dans les transports, l’essor de nouvelles technologies et les tensions commerciales internationales constituent désormais les trois grands défis du secteur. Après plus d’un siècle dominé par le moteur thermique, la manière de concevoir, produire et utiliser les voitures est en train de changer radicalement.

    Quand la réglementation devient moteur… ou frein

    L’Union européenne comme la Chine poursuivent un objectif commun : réduire fortement leurs émissions de gaz à effet de serre dans les prochaines décennies. Mais la méthode diffère profondément.

    Du côté européen, l’Union s’est engagée juridiquement à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. Dans cette perspective, elle prévoit de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Pour y parvenir, Bruxelles mise notamment sur une accélération massive de l’adoption des véhicules électriques.

    Cette transition repose toutefois sur un cadre réglementaire particulièrement strict. Les constructeurs qui ne respectent pas les objectifs d’émissions fixés par l’Union doivent s’acquitter de lourdes pénalités financières. Dans les faits, cette pression réglementaire oblige les groupes automobiles à investir des milliards d’euros dans les technologies zéro émission, sans garantie que la demande des consommateurs suivra au même rythme.

    Dans le même temps, ces entreprises sont progressivement incitées à réduire la production de véhicules thermiques, qui constituent encore aujourd’hui leur principale source de revenus.

    La stratégie industrielle chinoise

    La Chine poursuit également des objectifs climatiques ambitieux. Pékin vise la neutralité carbone à l’horizon 2060 et prévoit une réduction progressive des émissions de l’ensemble de son économie à partir de leur pic attendu dans les prochaines années.

    Pour atteindre ces objectifs, le pays mise fortement sur le développement des NEV (New Energy Vehicles), une catégorie qui regroupe les véhicules électriques, hybrides rechargeables et à hydrogène. À long terme, cette stratégie pourrait permettre de réduire de plus de 90 % les émissions liées aux voitures particulières.

    La différence fondamentale réside dans la place accordée à l’industrie automobile dans la stratégie économique nationale. En Chine, les véhicules à nouvelles énergies sont considérés comme un vecteur majeur de croissance et de souveraineté industrielle.

    Les autorités chinoises savent qu’elles ne disposent pas du même avantage compétitif que les constructeurs occidentaux dans le domaine des motorisations thermiques. En revanche, la transition vers des technologies bas carbone constitue une opportunité stratégique pour rebattre les cartes.

    source : Anadolu Agency via AFP

    C’est pourquoi le gouvernement central et les collectivités locales déploient un arsenal massif de subventions, d’incitations fiscales et de programmes de soutien pour accompagner le développement de leurs constructeurs.

    Une transition plus contrainte en Europe

    En Europe, les aides publiques existent également, mais la réglementation repose avant tout sur un système de contraintes et de pénalités. Les constructeurs accélèrent leurs plans d’électrification principalement pour éviter les amendes liées aux dépassements d’émissions.

    Dans ce contexte, la réglementation européenne apparaît moins comme un levier d’accompagnement que comme un facteur de pression supplémentaire pour l’industrie. Entre investissements colossaux, incertitudes sur la demande et concurrence internationale croissante, les constructeurs européens doivent aujourd’hui mener leur transition énergétique dans un environnement particulièrement complexe.