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  • « Zeekr vient concurrencer les modèles premium allemands, avec de la qualité et des prix plus abordables »

    « Zeekr vient concurrencer les modèles premium allemands, avec de la qualité et des prix plus abordables »

    Nouvelle venue sur le marché français, la marque chinoise Zeekr (groupe Geely) s’installe progressivement et vise une trentaine de points de vente d’ici la fin de l’année. Avec quatre modèles au catalogue, ses ambitions sont claires : offrir une alternative aux clients qui souhaitent franchir le cap de l’électrique tout en conservant un haut niveau de confort et de technologie. Le positionnement tarifaire de Zeekr, 15 à 20 % moins élevé que les leaders germaniques, constitue son atout numéro un, selon Remy Aybaly, chief commercial officer de Zeekr France. Interview.

    Présentez-nous la marque Zeekr, qui vient d’arriver en France au printemps dernier

    Zeekr a été créée en 2021, c’est la dernière-née des marques du groupe chinois Geely (Volvo, Polestar, Lotus, Link&Co…). Notre raison d’être est de répondre au besoin des propriétaires de voitures premium germaniques (Audi, BMW, Mercedes) qui souhaitent passer à l’électrique, sans descendre en gamme, ni faire de compromis. Il y a en effet 15 à 20 % d’écart de prix pour passer à l’électrique dans ces marques. Par exemple, un client Mercedes qui veut un GLC électrique doit passer à l’EQA ou EQB pour rester dans le même budget. Zeekr veut donc offrir à ces clients une qualité de service équivalente, avec des modèles plus performants, embarquant plus de technologies et une meilleure qualité de finition, tout en étant moins cher.

    En quoi Zeekr connaît-il le marché et les attentes des clients européens ?

    Zeekr est l’un des seuls constructeurs chinois à posséder un centre de design en Europe, à Göteborg (Suède). L’ingénierie embarquée est également pensée et conçue pour des Européens, par des Européens. Nous souhaitons garder une approche par territoire, donc on essaie d’être au plus proche de nos marchés, ce qui nous différencie des autres constructeurs chinois qui ne bénéficient pas de la même présence.

    Vous placez la technologie au coeur de vos productions, comment cela se concrétise-t-il ? 

    Nous améliorons les processus de production qui fonctionnent et on pousse l’exigence encore plus loin. L’intelligence artificielle est très présente dans nos usines. Elle nous aide par exemple à calculer les écarts de fabrication entre les panneaux de portes et la carrosserie, chaque véhicule quittant la ligne de production doit être irréprochable. Le taux de retour est extrêmement faible grâce à ce procédé, et nous sommes en mesure de proposer des voitures avec des matériaux encore plus nobles et mieux assemblés. Nous n’avons donc pas à rougir par rapport à la qualité premium allemande.

    Précisément, quelles sont les spécificités des voitures Zeekr par rapport aux modèles premium allemands ?

    Si on se compare aux marques historiques, notre promesse est celle d’un plaisir de conduite assuré. BMW apporte le plaisir au volant et les motorisations, Mercedes c’est le confort irréprochable et les belles finitions, tandis qu’Audi (des années 2010) est synonyme de technologie. Aujourd’hui Zeekr apporte l’ensemble de ces éléments sur un même produit, en y ajoutant la composante sécuritaire grâce à notre cousin Volvo.

    Dans le groupe Geely, Lotus et Volvo sont déjà positionnées comme des marques de luxe. Où placer Zeekr parmi ces constructeurs ? 

    Les voitures Zeekr seront toujours les premières à recevoir les nouvelles technologies, avant qu’elles soient développées parmi les autres marques de la galaxie Geely. A l’image de ce que proposait Audi, à l’avant-garde dans le groupe Volkswagen dans les années 2010-20. Mais nos modèles doivent aussi offrir plus de performance et de plaisir de conduire. Le leitmotiv de Zeekr est d’être le premier à « passer le virage », à mener le groupe. On essaie aussi d’apporter un peu de fraîcheur avec des qualités améliorées et une touche de fantaisie par rapport aux concurrents allemands.

    Et par rapport à Tesla, quels sont les arguments que Zeekr peut faire valoir ?

    A la différence de Tesla, on ne se bat pas sur des prix bas pour gagner le marché de masse. Dans le groupe, c’est Geely Auto qui vise de gros volumes. D’autre part, notre qualité de finition n’est pas comparable avec celle de Tesla. La facilité d’utilisation est également plus aisée avec une Zeekr, qu’avec l’écosystème Tesla. Nous intégrons par exemple Apple Car Play et Android Auto d’office sur nos voitures. C’est un confort d’utilisation qui doit faire la différence. Certes, Tesla reste la référence des électriques, mais c’est pour nous un concurrent relatif. On a une approche plus discrète où le savoir-faire prévaut sur le faire-savoir.

    Comment comptez-vous convaincre les automobilistes, exigeants, déjà clients du premium allemand ?

    La qualité des voitures reste le plus important mais on se focalise aussi beaucoup sur le réseau et le maillage des points de vente. Nous aurons une trentaine de concessionnaires Zeekr à travers le territoire, d’ici la fin de l’année et le double en points de service après-vente. Avoir des garages à proximité de nos clients est important pour garantir la qualité de service et l’entretien.

    Nous comptons nous faire connaître à travers la communication et les réseaux sociaux pour rassurer. Zeekr est là pour s’installer sur la durée. On est arrivé en 2023 en Europe avec un succès presque inattendu en Europe du Nord. Nous devons savoir nous adapter à chaque marché.

    Sur quelle gamme vous appuyez-vous ? Présentez-nous votre catalogue

    Pour débuter, Zeekr propose quatre modèles qui peuvent répondre à 80% de la demande actuelle en électromobilité. Il y a le Zeekr X, un SUV urbain ; le shooting brake 001 qui présente une forte identité visuelle, le 7X qui est un SUV de 4,80 m pour les technophiles, et le dernier venu le 7GT, un break grand tourer qui compte jusqu’à 655 km d’autonomie.

    Les modèles 7GT et 7X reposent sur une plateforme 800 V, qui permettent de recharger rapidement. Le SUV 7X a connu un grand succès dès son lancement au Danemark : 1000 ventes en 3 mois. Sa capacité de recharge, entre 420 et 450 kW de pic de puissance, permet de recharger de 10 à 80% en seulement 13 minutes, sur des bornes classiques assez répandues partout en Europe. Savez-vous qu’un arrêt moyen pour faire le plein d’essence, c’est 22 minutes. Nous répondons donc aux attentes des automobilistes.

    Quels volumes de vente escomptez-vous ?

    Zeekr a vendu plus de 800 000 voitures dans le monde depuis 2021. On espère vendre 1000 voitures en France en 2026. On a des stocks disponibles près du port de Zeebruge (Belgique) ce qui permet de réduire la durée d’attente à quelques jours pour une livraison. Pour une commande spécifique, il faut compter 4 mois entre la prise de commande et l’importation de Chine.

    Nous nous appuyons sur des concessions multimarques pour se faire connaître et bénéficier du trafic naturel. Quand Zeekr sera plus connu, nous aurons nos vitrines propres. Mais soyons humble pour débuter, on est là pour durer.

    Quel est le prix de vos modèles ?  

    Il faut nous comparer par rapport à nos 4 principaux concurrents : BMW, Audi, Mercedes et Xpeng (Chine). Zeekr n’a pas vocation à challenger des marques chinoises comme BYD ou MG (qui sont des rivaux de Geely Auto). Les écarts de prix sont en moyenne de 15 à 20 % moins cher chez Zeekr. Si l’on regarde le prix initial, une Zeekr se trouve dans la moyenne du marché, en revanche, la facture augmente nettement dès qu’on ajoute des équipements qui sont optionnels chez nos concurrents mais de série chez nous. La différence atteint 10 à 15 000 € à l’avantage de Zeekr, qui présente donc un rapport prix-équipement-plaisir de conduite très intéressant.

    Si on prend un exemple, le Zeekr X Privilège développe 496 ch pour moins de 50 000 € : c’est le prix d’une Golf GTi avec 150 ch de plus, c’est imbattable. La Zeekr 7GT Privilège développe quant à elle 646 ch pour 60 000 €, soit 3 000 € moins cher qu’une Tesla Model 3 Performance. Quand on sait qu’il y a encore plus de 70% des automobilistes à convaincre de passer à l’électrique, Zeekr a donc des arguments à faire valoir.

    Justement, quel est le ticket moyen d’un client Zeekr ?

    Notre gamme débute à 37 990 € (Zeekr X) puis la 7GT est à moins de 46 000 €. Le SUV 7X est affiché à partir à 52 990 € et notre porte-étendard 001 démarre à moins de 60 000 €. Si le panier moyen d’un conducteur en Europe du Nord est plus élevé (autour de 60 000 €), il faut compter entre 52 000 et 55 000 €, en France. Sachant que les packs d’options sont assez simples. Et les modèles sont richement dotés dès l’origine.

    Quelle marque de confiance pouvez-vous apporter au marché français quand on est une jeune marque chinoise qui se veut premium ?

    Premièrement, notre capital appartient à Geely, qui est un groupe de 40 ans et qui a racheté Volvo en 2010, donc c’est une base solide. Ensuite, on offre une garantie jusqu’à 10 ans et 200 000 km, donc on a confiance dans nos produits. Chaque véhicule livré a une garantie initiale de 5 ans (100 000 km), à condition que l’entretien soit suivi selon nos préconisations. Nous réalisons une analyse de l’état de la batterie au bout de 5 ans, et si l’état de santé (State of Health) de la batterie est supérieur à 70%, on repart avec une garantie de 5 ans et 100 000 km. Et cette garantie reste valable si la voiture est revendue à un autre acquéreur. Ce sont des conditions importantes pour rassurer les consommateurs. Dernier argument, Zeekr est l’un des fournisseurs du service de taxis autonomes Waymo, aux Etats-Unis. Un nouveau service qui fait ses preuves. Donc si Google nous fait confiance, c’est que notre potentiel est sécurisant.

  • Nouveau BMW X5, le SUV aux 5 motorisations

    Nouveau BMW X5, le SUV aux 5 motorisations

    BMW présente la 5e génération de son SUV phare le X5, qui domine le segment des SUV premium. Non seulement, il adopte le codes esthétiques du programme Neue Klasse avec un niveau d’équipement et de technologie très élevé, mais surtout, cinq types de motorisations différentes sont possibles sur sa plate-forme, dont une pile à combustible alimentée en hydrogène. Dans son inédite version électrique, il s’appelle iX5 et accueille une batterie de très grande capacité offrant jusqu’à 845 km d’autonomie.

    Plate-forme multi-énergies

    Au moment où les constructeurs sont tiraillés entre les obligations réglementaires, la complexité de répondre aux différents marchés internationaux et l’éventail de nouvelles technologies à leur disposition, BMW a choisi… de ne pas choisir. Ou plutôt si, BMW en offre beaucoup car son SUV star, référence premium depuis 1999, est une voiture mondiale. Ainsi la marque bavaroise présente-t-elle donc son nouvel X5 de 5e génération, sous cinq motorisations : essence, diesel, hybride rechargeable, électrique et hydrogène (pile à combustible). Peut-être est-ce la meilleure solution pour conserver sa place de leader sur le segment des grands SUV premium ? BMW en a les moyens industriels grâce à sa plate-forme multi-énergies CLAR. Sous cette imposante silhouette de 4,99 m de long et 2 m de large, avec un empattement qui atteint 3,03 m, voici les différents types de propulsion possibles : 

    • essence : six cylindres en ligne (hybridation légère) de 400 ch et 580 Nm de couple, en version xDrive (transmission intégrale)
    • diesel : six cylindres de 313 ch et 670 Nm de couple, version xDrive (transmission intégrale)
    • hybride rechargeable : six-cylindres en ligne associé à une batterie de 26,5 kWh (près de 100 km en total électrique). Deux variantes de puissance : 489 ch ou 612 ch.
    • électrique (iX5) : deux moteurs, soit 578 ch et 805 Nm de couple. Capacité utile de batterie de 141 kWh, soit jusqu’à 845 km d’autonomie
    • hydrogène (iX5 Hydrogen) : pile à combustible de 3e génération, développée en partenariat avec Toyota mais version qui sera lancée ultérieurement. Autonomie jusqu’à 750 km.

    iX5, grande capacité de batterie

    Concernant la déclinaison 100% électrique (une première pour le X5), le BMW iX5 repose sur une architecture 800 V et emporte une batterie de très grande capacité (141 kWh utiles), dotée de cellules indépendantes cylindriques de nouvelle génération (plus hautes et plus denses que celles qui équipent la batterie du SUV iX3). Non seulement le rayon d’action promet d’atteindre plus de 840 km d’autonomie WLTP, mais cette configuration permet d’accepter d’importantes puissances de charge : des pics allant jusqu’à 460 kW, donc une recharge de 10 à 80% en 23 minutes. Ces données placent l’iX5 dans la moyenne de ses rivaux Porsche Cayenne ou Xpeng G7. En revanche, cette énorme pile impacte le poids de l’iX5 : 2 890 kg à vide.

    Pour conserver des performances en phase avec l’ADN de BMW, ce sont donc 2 moteurs électriques qui animent l’iX5 60 xDrive pour une puissance totale de 578 ch (249 ch à l’avant et 329 ch sur l’arrière) et un couple maximal de 805 Nm. Le 0 à 100 km/h demande 4,6 s et la vitesse maximale bridée électroniquement à 210 km/h.

    Style massif et technologique

    Esthétiquement, le nouvel iX 5 reprend les codes de son « petit » frère iX3, adopte une calandre rétroéclairée avec effet 3D et une signature lumineuse expressive. On note l’apparition de dessins en forme de croix (« double-X ») dans les blocs optiques, clin d’oeil aux voitures de rallye du passé. Pour améliorer quelque peu le coefficient de pénétration dans l’air (qui n’est pas optimal), les poignées de portes laissent place à de petits ergots (connus sur la Mustang Mach-e) et qui déclenchent l’ouverture l’électrique des 4 portes.

    L’accueil à bord respecte les attentes des modèles premium. On plonge dans l’univers Neue Klasse (du nom du programme stylistique global de BMW) avec une immense interface digitale Panoramic Drive de 18 pouces, surplombé d’une bande Panoramic Vision logée sous le pare-brise, qui reprend toutes les informations de conduite nécessaires à hauteur d’yeux. Nouveauté : un 3e écran tactile (14 pouces et full HD) dédié à la navigation internet et au divertissement est placé devant le passager avant.

    Plaisir de conduite

    En terme de dynamisme de conduite, BMW promet que l’iX5 atteindra un niveau inédit de précision, d’agilité et de maîtrise dynamique, et ce malgré son poids élevé et son gabarit imposant. Une certaine fluidité et du confort sont en outre apportés par son châssis adaptatif à direction intégrale, associée à une suspension pneumatique adaptative et 4 roues directrices.

    Le prix de départ de cet iX5 60 xDrive est de 105 950 € (à partir de 112 550 € en version M Sport Pro). La commercialisation débute cet automne. Très avancé en terme de technologies et d’aides à la conduite, l’iX 5 marque donc l’entrée de BMW sur le segment des grands SUV 100 % électriques. Parmi ses concurrents, il faut compter sur les Mercedes EQE SUV, Audi A6 e-tron, Volvo EX90 ou Porsche Cayenne Electric, et dans une moindre mesure l’Américain Lucid Gravity ou les Chinois Xpeng G7 et Zeekr 9X (qui pourrait être commercialisé prochainement).

  • Le marché français bascule vers l’électrique, les constructeurs chinois toujours plus présents

    Le marché français bascule vers l’électrique, les constructeurs chinois toujours plus présents

    Les chiffres d’immatriculation pour le mois de juin viennent d’être publiés par la Plateforme de la filière automobile et mobilités (PFA) et permettent de faire un point d’étape de milieu d’année. Trois voitures sur 10 sont désormais 100% électrique, c’est plus du double par rapport à l’année dernière. Cette statistique marque le véritable point de bascule vers la transition énergétique, alors que les carburants fossiles représentent moins de 18 % des ventes de véhicules neufs depuis le début de l’année. Malgré une bonne dynamique de ventes pour leurs modèles électriques, les groupes historiques perdent du terrain au profit des constructeurs chinois, qui multiplient les stratégies de conquête en Europe (EV, PHEV et partenariats industriels).

    30% des voitures neuves sont électriques

    Avec 188 787 immatriculations de voitures particulières neuves enregistrées en juin (comptant 2 jours ouvrés supplémentaires), le marché affiche une belle progression de 11 % par rapport à juin 2025. Sur l’ensemble du premier semestre, les ventes sont en légère hausse : 857 166 véhicules immatriculés (+ 1,8 %). Dans le détail des types d’énergie, la montée en puissance de l’électrique est spectaculaire : avec 241 563 VE immatriculés, soit + 63% par rapport au premier semestre 2025. Désormais, 30% des modèles neufs sont électriques contre 17 % il y a un an. 

    Ces six premiers mois de l’année marquent donc un tournant, sur fond de crise géopolitique et d’envolée des prix des carburant. Mais cette accélération est aussi soutenue par des dispositifs publics comme le bonus écologique (jusqu’à 5 700 € pour les ménages les plus modestes), la prime batterie européenne (entre 1 200 et 2000 €) et le retour annoncé du leasing social à partir du 16 juillet. Les contraintes réglementaires européennes, notamment les objectifs d’émissions imposés aux constructeurs, contribuent également à favoriser les ventes de modèles électriques.

    Sur le podium des voitures électriques les plus demandées entre janvier et juin 2026 : la Tesla Model Y domine (22 635 ex., soit une hausse de 155 %), puis la Renault 5 (20 664 ex. / + 31%) et le Renault Scenic (13 127 ex. / + 64%). A noter que le Model Y et la R5 figurent dans le top 10 des voitures les plus vendues, toutes motorisations confondues.

    Les hybrides résistent

    Nonobstant cette percée de l’électrique, le premier choix de la majorité des consommateurs reste l’hybride qui représente une voiture neuve sur deux, qu’elles soient hybrides classiques (HEV), hybrides rechargeables (PHEV) ou micro-hybrides (MHEV). A l’inverse, le public se détourne des modèles essence (- 24% sur un an, 15% du marché) et diesel (à peine 3% des immatriculations). Pour ces motorisations, la fiscalité automobile s’est considérablement durcie. Depuis le 1er janvier, le malus CO₂ s’applique dès 108 g/km d’émissions, tandis que le seuil du malus au poids a été abaissé à 1 500 kg.

    Les marques chinoises changent d’échelle

    Autre enseignement du premier semestre : l’offensive commerciale des constructeurs chinois s’accélère. Après MG, BYD, Xpeng ou Leapmotor, de nouvelles marques comme Omoda, Jaecoo et AION ont fait leur entrée sur le marché français. Quatorze marques chinoises sont désormais présentes en France. En juin, elles représentent environ 7 % des immatriculations (près de 13 700 véhicules vendus).

    Leur stratégie évolue, notamment pour contourner les règles imposées par l’UE. Si leur développement reposait principalement sur les véhicules électriques aux performances remarquées, elles investissent désormais massivement le segment des hybrides rechargeables, encore épargné par les surtaxes douanières européennes appliquées aux véhicules électriques importés de Chine. BYD illustre cette montée en puissance en plaçant ses trois modèles aux premières places du classement des hybrides rechargeables les plus immatriculés en juin.

    Selon l’analyste de données AAA DATA, les constructeurs chinois ne se contentent plus d’une stratégie opportuniste. Leur puissance industrielle, leurs capacités d’innovation et une politique tarifaire très offensive et dynamique leur permettent d’envisager une implantation durable en Europe. Plusieurs groupes développent des partenariats industriels sur le continent afin de renforcer leur présence locale, à l’image de Dongfeng et Stellantis pour l’usine de Rennes ou Geely pour produire dans une usine Ford en Espagne.

    Dans ce contexte de concurrence exacerbée, les constructeurs historiques voient leurs parts de marché se réduire progressivement. Sur le premier semestre 2026, le groupe Renault a vu ses ventes diminuer de 3,8 % (soit 26,1% de pénétration), Stellantis stagne à +0,6% (26,9% de pénétration), tandis que Toyota recule de 8 % (soit 6,6% de parts de marché).

    La concurrence redessine le marché

    Pour les constructeurs européens, cette double mutation (électrification accélérée et montée des groupes chinois) constitue un défi stratégique majeur. Face à une concurrence de plus en plus intense, plusieurs industriels revoient déjà leur politique tarifaire, accélèrent le développement de modèles électriques plus accessibles et multiplient les partenariats avec des groupes chinois.

    Le marché français apparaît ainsi engagé dans une transformation profonde, où la transition énergétique ne constitue plus seulement un objectif réglementaire mais devient désormais la nouvelle norme commerciale.

  • Essai : Linktour Alumi, la microcitadine chinoise qui se prend pour une vraie petite voiture électrique

    Essai : Linktour Alumi, la microcitadine chinoise qui se prend pour une vraie petite voiture électrique

    Une nouvelle marque venue de Chine débarque en France cet été : Linktour. Son modèle de quadricycle à moteur électrique se veut plus confortable, plus spacieux et plus technologique. En clair, l’Alumi veut s’approcher de l’expérience de conduite d’une voiture classique. Le défi est ambitieux mais le public pourrait être séduit par cette micro-voiture sans permis face aux stars de Stellantis Citroën AMI et Fiat Topolino.

    Les microcitadines, catégorie en plein boom

    Le segment des microcitadines connaît un engouement spectaculaire depuis quelques années, porté par le duo de Stellantis : Citroën AMI et Fiat Topolino. Pour ces quadricycles légers (catégorie L6e, les « voitures sans permis »), le marché européen est passé de 27 000 immatriculations en 2019 à près de 64 000 en 2024 (+ 137% en 5 ans). Même tendance en France, où le marché a plus que doublé sur la même période (29 000 exemplaires vendus en 2024).

    C’est notamment l’électrification qui a permis cet envol : 3/4 des modèles vendus sont électriques. Ces petites voitures sans permis font le bonheur des jeunes qui peuvent en prendre le volant dès l’âge de 14 ans. Mais les potentiels de croissance sont larges : autopartage, 2e voiture pour les ménages urbains, véhicule pour séniors ou dans les zones mal desservies par les transports en commun.

    Montée en gamme

    D’un segment de niche, les microcitadines sont donc en passe de devenir une réponse de mobilité en phase avec les attentes et les usages, à condition de conserver des prix accessibles. Face à la domination des modèles Citroën, Fiat ou Microlino, une nouvelle marque venue de Chine tente de s’implanter en France cet été : l’Alumi de Linktour. Cette microcitadine de la catégorie L6e (sans permis) ou L7e (permis B1) entend offrir une montée en gamme en terme de design, de confort et de technologie. Eco Motors News a pris en main la version L6e Alumi Pro, de niveau d’équipement intermédiaire.

    Design innovant

    Le design très géométrique de cette microcitadine présente un style original avec une pointe d’avant-gardisme dans la signature lumineuse (feux LED de jour et feux arrières) et des jantes de 13 ou 14 pouces. Son format cubique attire l’oeil et intrigue les passants. Les teintes de carrosserie vont de  blanc lune à vert boréal ou noir étoilé et gris roche. Des couleurs plus discrètes que ne l’est son look futuriste.

    Accueil flatteur

    La première impression vient de l’ouverture de la portière, étonnamment lourde et consistante. On entre dans une vraie voiture, à la différence des microcitadines dont la coque plastique se montre un peu trop légère. La carrosserie de l’Alumi est entièrement en aluminium et le toit panoramique (de série) offre une sensation de luminosité appréciable. La position de conduite est satisfaisante et l’aménagement de la planche de bord se veut simple mais ergonomique. La navigation sur l’écran tactile (un peu lent) permet de piloter la climatisation, la radio et les applications Apple Car Play ou Android Auto (connectables sans fil). 

    Derrière le volant, un combiné d’instrumentation donne les informations de conduite indispensables (vitesse, réserve d’énergie…). Si la qualité des matériaux à bord reste très rustique avec une majorité de plastiques durs, l’ensemble est cohérent, bien dessiné et bien doté (prise USB-C, vide-poches sous pare-brise, habillage tissu des sièges), ce qui se distingue des modèles concurrents très dépouillés. A noter la capacité du coffre (320 L) qui permet de loger deux valises cabine et le câble de recharge (2kW sur prise domestique ou borne publique).

    Châssis rassurant

    Quelques tours de roues dans Paris permettent de confirmer l’impression visuelle de départ. L’Alumi se comporte comme une vraie petite voiture avec un châssis rigide et rassurant qui limite les mouvements de caisse. Ce châssis intègre directement la batterie LFP de 7,2 kWh (soit 120 km d’autonomie). D’office très légère (95kg), cette architecture en aluminium cell-to-body renforce la résistance de la structure aux chocs et permet de gagner 12 % en capacité d’accélération. La répartition des masses est correctement équilibrée 50-50 entre l’avant et l’arrière.

    A l’aise pour les manœuvres 

    Bridée à 45 km/h, l’Alumi accélère en silence, peu nerveuse (65 Nm de couple, 6 kW de puissance nominale), elle freine correctement. Les suspensions filtrent peu les vibrations liées aux pavés parisiens et les irrégularités du bitume remontent dans le siège, ce qui est assez désagréable à l’usage. Mais la microcitadine se rattrape sur la maniabilité et son aisance à se faufiler dans la circulation, même avec l’absence de direction assistée. En revanche, la visibilité trois-quart arrière est son point faible : une petite custode à la place du panneau de carrosserie serait la bienvenue. Pour les demi-tours et le stationnement en créneau, l’Alumi (2,68m de long) est à son aise, bien aidée par une caméra de recul.

    Expérience de conduite sereine

    A la différence des Citroën AMI ou Fiat Topolino, la Linktour Alumi offre une expérience de conduite plus sereine, un sentiment de sécurité plus présent à bord et un niveau d’équipements supérieur. Son prix est également plus élevé que les jumelles de Stellantis. Comptez à partir de 10 690 € pour l’Alumi de base (avec une garantie 3 ans (véhicule) et 5 ans (moteur-batterie), tandis qu’une Citroën AMI débute à 8 400 €. La société Modelabs, qui distribue les Linktour pour le marché français, ambitionne près de 3 000 ventes annuelles dès 2027, et élabore actuellement son réseau de concessionnaires partout en France.

    A noter qu’une version Elite de l’Alumi est disponible en catégorie L7e, donc ouverte aux titulaires du permis B1, à partir de 16 ans. Vitesse maxi à 90 km/h, autonomie supérieure (180 km) et puissance nominale de 10 kW. Son prix s’étend de 14 990 à 17 389 € selon les options choisies. Mais à ces tarifs, n’est-il pas plus judicieux de se tourner vers de vraies citadines électriques tout aussi accessibles comme la Dacia Spring, Citroën ë-C3 ou la Fiat Panda ?

    Fiche Technique : 

    Linktour Alumi
    Catégorie : L6e (quadricycle à moteur, sans permis, dès 14 ans)
    Autonomie : 120 km (norme WMTC)
    Batterie : LFP de 7,2 kWh
    Puissance moteur : 6 kW 
    Puissance maxi : 12 kW
    Couple : 65 Nm
    Vitesse max : 45 km/h
    Mode recharge : AC (courant alternatif) 
    Puissance de charge : 2 kW (sur prise domestique ou borne)
    Temps de recharge : 4 h
    Longueur : 2,68 m
    Largeur : 1,50 m
    Hauteur : 1,55 m
    Empattement : 1,80 m

  • Comment prolonger le leasing social pour atteindre un million de voitures électriques

    Comment prolonger le leasing social pour atteindre un million de voitures électriques

    Alors que les constructeurs dévoilent progressivement leurs offres de leasing social, dont la 3e saison débute le 16 juillet, Eco Motors News fait un coup de projecteur sur les modèles éligibles. En parallèle, plusieurs propositions évoquent l’idée de poursuivre ce dispositif à plus long terme. Ou comment mettre en circulation plus d’un million de voitures électriques d’ici 2046 grâce à une réorganisation du système, sans pour autant plomber les finances publiques. L’ONG Transport & Environnement apporte quelques pistes de réflexion.

    Premiers arrivés, premiers servis

    Les commandes sont ouvertes. Les constructeurs comptent sur cette 3e édition du leasing social pour booster leurs ventes et augmenter la production de voitures électriques. Pour rappel, 50 000 personnes ou ménages vont pouvoir bénéficier de ce dispositif de location longue durée à prix réduit, financé par les certificats d’économie d’énergie (CEE), donc les fournisseurs d’énergie (et non le budget de l’Etat). Les premiers arrivés seront les premiers servis, à condition de répondre à quelques critères : avoir un revenu fiscal de référence (base 2025) de moins de 16 300 €, être un gros rouleur (habiter à plus de 15 km du lieu de travail ou faire plus de 8 000 km annuels en professionnel), et souscrire une location de 3 ans minimum et 12 000 km/an.

    La liste se précise

    Sans attendre le coup d’envoi du dispositif, le 16 juillet prochain, les constructeurs ont déjà présenté une grande partie de leurs offres spécifiques. En voici une première liste, les caractéristiques à la clé sont identiques : LLD, sans apport de 37 mois et 45 000 km.

    • Opel Frontera (SUV familial) : 99 €/mois (sur 3 ans et 45 000 km)
    • Renault R4 (SUV urbain) : à partir de 170 €/mois (finition Evolution) ou 190€/mois (finition Techno)
    • Hyundai Inster (citadine) : à partir de 139 €/mois
    • Citroën ë-C3 (citadine) : à partir de 94€/mois (autonomie : 320 km)
    • Renault Twingo : 130 €/mois (version entrée de gamme, autonomie de 260 km) ou 139 €/mois (autonomie de 410 km)
    • Fiat Panda (citadine) : 95€/mois (320 km d’autonomie)
    • Hyundai Kona EV (SUV urbain) : à partir de 189 €/mois
    • Opel Corsa (citadine) : 139€/mois
    • Opel Mokka (SUV urbain) : 189€/mois
    • Lancia Ypsilon (citadine) : à partir de 195€/mois
    • Alfa Romeo Junior (SUV) : 199€/mois (400 km d’autonomie)
    • Peugeot e-208 :  149€/mois (version entrée de gamme : 360 km d’autonomie)
    • Peugeot e-2008 : 179€/mois
    • Peugeot e-308 : 199€/mois

    En raison de leur homologation trop tardive, certains modèles ne peuvent prétendre entrer dans cette liste, à l’image des VW ID Polo ou Cupra Raval. Autre nouveauté, le poids maximal autorisé pour entrer dans les critères du leasing est de 1 800 kg (contre 2 400 kg auparavant), ce qui exclut de nombreux véhicules familiaux. Mais il faut s’attendre à voir des remises commerciales et incitations diverses de la part des concessionnaires, qui souhaitent profiter de l’élan occasionné.

    Et si le leasing se prolongeait pendant 20 ans ? 

    En marge de ce lancement, l’organisation Transport & Environnement apporte un regard nouveau : et si ce leasing se poursuivait au-delà des 50 000 exemplaires promis ? L’ONG souligne que cet outil d’incitation permet la démocratisation du véhicule électrique et s’appuie sur une étude prospective pour un changement d’échelle. Objectif : mettre à la route un million de voitures électriques en leasing social (d’ici 2046), en revoyant toutefois les conditions économiques et de gouvernance.

    Plusieurs scénarios envisageables 

    Car le leasing tel qu’il existe coûte trop cher et ne profite pas assez aux consommateurs, bien qu’il soutienne l’activité industrielle des constructeurs et accélère la diffusion de ces voitures. A partir d’une étude, réalisée avec Bernard Jullien, enseignant-chercheur et spécialiste de l’industrie automobile, l’organisation Transport & Environnement élabore différents scénarios : 

    • prolonger le dispositif actuel au rythme de 50 000 véhicules par an, financés notamment grâce aux certificats d’économie d’énergie (CEE). Cette continuité coûterait cher : 10 Mds € sur 20 ans.
    • monter en puissance et financer 85 000 véhicules chaque année (soit 1,7 M sur 20 ans), en impliquant davantage les sociétés de leasing et sur une durée d’utilisation des véhicules portée à 11 ans (plusieurs locataires successifs). Soit l’Etat pilote ce dispositif (délégation de service public), soit un partenariat public-privé est mis en place. Coûts totaux sur 20 ans : entre 9 et 13,6 Mds €.
    • création d’une agence nationale dédiée au leasing social, capable de mettre sur la route 1 M de VE en 3 ans. Cette agence publique de location automobile représenterait 12,3 Mds € sur 20 ans.
    • organiser des régies coopératives locales selon les territoires, en associant les distributeurs, les garagistes et les acteurs de la mobilité solidaire : les voitures appartiennent à la coopérative qui laisse gérer les locations par les agents territoriaux. Coût estimé sur 20 ans : 6,4 Mds €.

    Financements à déterminer

    Pour financer cette montée en puissance, les auteurs de l’étude suggèrent des prêts à taux zéro, des garanties publiques, une anticipation des recettes issues du marché européen du carbone ou encore la mobilisation de l’épargne citoyenne. Il s’agit également de refondre le mode de gouvernance en impliquant davantage les acteurs de la transition. Reste à savoir si, au niveau industriel, les constructeurs pourront sécuriser les volumes nécessaires.

    Tandis que le marché européen du véhicule électrique prend timidement son envol, anticiper l’avenir du leasing social dans une perspective plus large permettra d’intensifier plus rapidement l’électrification du parc automobile français.

  • Shell dévoile son concept-car « Triple 10 Challenge », démonstrateur pour la prochaine génération de véhicules électriques

    Shell dévoile son concept-car « Triple 10 Challenge », démonstrateur pour la prochaine génération de véhicules électriques

    Le concept-car « Triple 10 Challenge », imaginé par le pétrolier Shell, représente une intéressante proposition d’avenir pour les voitures électriques. Ce démonstrateur technologique repousse les limites des batteries en conciliant la recharge ultra-rapide, une efficacité énergétique élevée et la réduction de l’empreinte carbone sur la cycle de vie total. Le secret : une nouvelle approche de la gestion thermique des batteries.

    Développer de nouveaux fluides pour refroidir les batteries

    Sans réelle surprise, le pétrolier anglo-néerlandais Shell investit de plus en plus dans la recherche autour des lubrifiants et technologies à destination des véhicules électriques. Déjà à la tête d’un important réseau de bornes de recharge (via l’acquisition d’opérateurs spécialisés) avec Shell Recharge, l’entreprise noue également des partenariats avec des fabricants de batteries et équipementiers. Objectif : développer de nouveaux liquides et fluides de refroidissement des batteries, enjeu majeur pour cette industrie et la simplification des usages.

    Dans ce contexte, le projet « Triple 10 Challenge » récemment présenté par Shell repose sur trois défis : atteindre un temps de recharge inférieur à 10 minutes, une efficacité énergétique de 10 km par kWh consommé et limiter à 10 T les émissions de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie du véhicule. Ce concept-car prend la forme d’une voiture de type SUV B, très populaire sur nos marchés, dont les atouts peuvent se montrer nombreux : légèreté, agilité et coût d’achat moindre.

    Une nouvelle approche de la gestion thermique

    Au cœur du projet, Shell a développé un fluide thermique diélectrique qui contient la chaleur émises par les cellules de batterie (facteur qui limite la puissance de charge). Contrairement aux systèmes traditionnels utilisant un mélange d’eau et d’éthylène-glycol, cette technologie permet un refroidissement par immersion directe de la batterie, mais aussi du moteur électrique et de l’électronique de puissance. Cette voiture « Triple 10 Challenge » est ainsi le premier véhicule homologué pour la route à démontrer le potentiel d’une architecture de refroidissement à circuit unique, capable de gérer efficacement la température de l’ensemble du groupe motopropulseur, y compris lors des phases de recharge rapide dans des conditions extrêmes.

    Avantages : ce type de système de refroidissement contribue à réduire le poids du véhicule, améliore son rendement énergétique et simplifie son industrialisation car les technologies sont déjà disponibles.

    Recharge de 10 à 80 % en moins de dix minutes

    Concrètement, le véhicule est capable de recharger de 10 à 80 % en 9 minutes et 54 secondes sur une borne publique de 175 kW, soit une puissance assez répandue parmi les recharges rapides actuellement disponibles. Cette performance permettrait de récupérer jusqu’à 245 kilomètres d’autonomie en une seule recharge, grâce notamment à une batterie plus compacte et à l’utilisation de ces fluides thermiques. Par rapport à un VE conventionnel, cette technologie permet d’obtenir 5 fois plus d’autonomie par minute de charge. Ces chiffres s’approchent des performances de recharges ultra-rapides récemment présentées par les constructeurs chinois BYD ou Zeekr.
    Dans ce cas, Shell veut montrer qu’il ne serait plus si contraignant d’avoir une batterie de « petite capacité » à recharger rapidement et souvent.

    Empreinte carbone réduite de moitié

    Au-delà de la vitesse de recharge, Shell met en avant les bénéfices environnementaux de son concept-car. Grâce à une batterie de plus faible capacité, à un circuit de refroidissement simplifié et à l’utilisation de composants légers issus du recyclage, le véhicule affiche une empreinte carbone de 10 tonnes de CO₂ sur l’ensemble de son cycle de vie, soit environ 50 % de moins que celle de véhicules électriques comparables actuellement.

    Efficacité énergétique renforcée

    Enfin, ce concept-car peut offrir une efficacité énergétique de 10 km/kWh, autrement dit il améliore de 30% son rendement par rapport aux voitures électriques de la génération actuelle. Pour Shell, cette approche démontre qu’il est possible d’améliorer les performances globales sans recourir à des batteries toujours plus volumineuses.

    Une technologie pensée pour l’industrie

    Ce démonstrateur va donc à l’encontre de la tendance actuelle consistant à augmenter continuellement la taille des batteries pour améliorer l’autonomie et les performances des véhicules électriques. Non seulement, l’intégration de ces fluides de refroidissement allègera le poids total de la voiture électrique mais cela améliorera de fait son agilité, ses consommations et diminuera la quantité de matières premières et ressources nécessaires à la production en grande série. Shell annonce que cette architecture est compatible avec les futurs modèles destinés au grand public. 

    L’intérêt de ce démonstrateur prouve ainsi que les innovations en matière d’électrification du parc automobile ne consistent pas toujours à aller vers la surenchère de matériaux (plus de cellules, plus de capacité ou une chimie complexe pour stocker l’énergie) mais que la piste des composantes tels les fluides peut jouer un rôle majeur dans l’évolution des voitures électriques d’un futur proche.

  • ESSAI LOTUS ELETRE 900SC

    ESSAI LOTUS ELETRE 900SC

    Lotus, la mythique marque britannique fondée par l’ingénieur Colin Chapman, vit quelques soubresauts depuis plusieurs années. Au bord de la faillite, le constructeur est entré dans le giron du géant chinois Geely. De ce rachat est née une nouvelle stratégie tournée vers l’électrique sportif, dont l’imposant SUV Eletre est le principal représentant depuis 2023. Eco Motors News a pris le volant de sa déclinaison la plus radicale : l’Eletre 900 SC (pour Sport Carbon), 918 ch et un 0-100 en moins de 3 s !

    Un pionnier parmi les super-SUV électriques

    Pour les passionnés de sportivité automobile, associer les termes « électrique » et « SUV » s’apparente à un concept farfelu et incompatible. Si en plus, cela se passe chez Lotus, la marque de l’ingénieur Colin Chapman (et sa célèbre formule : « Light is right », comprenez, « Moins il y a de poids, mieux c’est pour la performance »), alors l’Eletre 900 SC ressemble à une incongruité. Un SUV électrique peut-il être super sportif ? C’est le pari qu’a voulu relever Lotus passé sous pavillon chinois. A sa sortie en 2023, l’Eletre avait pour rivaux le Tesla Model X ou le BMW iX M60 sur ce marché de niche des super-SUV EV. Il vient d’être rejoint par le Porsche Cayenne électrique, plus luxueux.

    La Lotus de série la plus puissante, hors hypercar

    Sur la fiche technique de l’Eletre 900 SC, les données sont sans ambiguïté : poids de 2 700 kg en ordre de marche, puissance de 918 ch envoyés sur les 4 roues motrices permanentes, un empattement de plus de 3 m et une garde au sol de plus de 18 cm avec le pack de batteries logé dans le plancher, ce qui impose un centre de gravité assez haut pour une supersportive.

    En résumé, l’Eletre 900 SC est la Lotus la plus grosse et la plus puissante de l’histoire du constructeur, si l’on excepte l’hypercar Evija. Néanmoins, l’Eletre procure-t-il des sensations dignes de ses prestigieuses aînées et de la réputation de Lotus ?

    Sculpté par les flux d’air

    Esthétiquement, il ne passe pas inaperçu. Long de 5,10 m, large de 2,23 m (en comptant les rétroviseurs caméras) mais assez trapu avec 1,63 m seulement, sous pavillon. Le style est massif mais les lignes sont sculptées par un travail aérodynamique minutieux (Cx de 0,26) qui laisse notamment entrevoir des écopes allant du capot au pare-brise fuyant et au niveau des passages de roues. Ces espaces creux, qui guident jusqu’à 7 flux d’air, offrent à la fois un look inspiré des supercars et permettent un meilleur refroidissement des batteries comme des freins. Ces détails aérodynamiques se retrouvent sur la partie arrière, dotée d’un becquet supérieur scindé en deux parties et un aileron dynamique qui se déploie à partir de 110 km/h, en position haute stabilité, et se dresse à la verticale pour servir d’aérofrein. 

    L’Eletre présente un regard affiné avec des projecteurs à LED tandis que sur la partie arrière, un bandeau lumineux traversant renforce le dynamisme. S’il ne manque pas de personnalité, il est difficile de l’identifier comme une Lotus, dès le premier coup d’oeil.

    Parmi les détails de design réussis, on relève les multiples inserts de carbone qui renforcent la sportivité de l’Eletre, tout comme la grille de calandre active qui s’ouvre pour refroidir les composants et réduire la trainée : elle est dessinée… comme une fleur de lotus.

    L’accueil à bord répond aux codes du luxe

    Paradoxalement, l’Eletre est imposant mais se manœuvre aisément dans les rues parisiennes, bien aidé par les multiples caméras qui permettent une vue panoramique à 360°. Les radars, capteurs et lidar qui équipent la voiture reproduisent sur l’écran central l’état de la circulation qui nous entoure. On distingue bien les autres usagers environnants en temps réel, qu’ils soient voitures ou deux-roues. C’est utile et rassurant. 

    Lotus a fait le choix de remplacer les rétroviseurs extérieurs à miroir par des caméras discrètes et mieux profilées, sauf que les écrans de retour sont placés trop bas pour le regard du conducteur et peuvent gêner la visibilité. 

    Pensé comme un cockpit très enveloppant, tourné vers le conducteur, le poste de conduite est idéal, la prise en mains facile. L’interface est ergonomique, lisible et assez intuitive. Le système d’info-divertissement amélioré par l’IA ne demande pas de temps d’adaptation. Sur l’immense écran central OLED de 15,1 pouces, les applications glissent sous le doigt, c’est rapide, simple comme l’utilisation de votre smartphone.

    L’accueil à bord répond aux codes des voitures de luxe : cuir, alcantara, panneaux de carbone et une qualité perçue de haute tenue. Peu de commandes physiques, Lotus joue la carte du raffinement. Le volant et ses grandes palettes (pour forcer la régénération au freinage ou choisir le mode de conduite) respire la compétition et la technologie. Sans contestation, l’Eletre figure parmi le top des SUV sportifs haut de gamme, en compagnie des Bentley Bentayga ou Lamborghini Urus.

    Le SUV de Lotus peut accueillir 5 personnes dans un confort total. Le coffre est également très généreux (688 L de capacité), auquel il faut ajouter un petit « frunk » de 46 L, en complément sous le capot avant.

    Suspensions pilotées et souplesse de conduite

    A son volant, on apprécie la justesse et la précision de son châssis. Les suspensions pilotées et le contrôle anti-roulis actif travaillent de concert avec la vectorisation du couple au freinage. L’ensemble est homogène, au service du bien-être à bord et de l’efficacité sur route. Pour le conducteur, les roues arrières directrices sont un régal pour offrir une meilleure maniabilité de cette imposante voiture. Ces technologies bonifient l’expérience de conduite qui se veut nerveuse, mais peut tout à fait se montrer apaisée en mode « Tour », c’est-à-dire le réglage routier le plus confortable.

    L’ADN sportif de Lotus est conservé

    Lotus Cars appartient depuis 2017 au groupe chinois Geely, qui possède également Volvo, Polestar. D’ailleurs l’Eletre est le cousin technique du SUV Polestar 3, mais il conserve davantage de spécificités sportives, en lien avec l’héritage de Lotus. L’Eletre 900 SC (Sport Carbon) dispose ainsi de 2 moteurs électriques haute performance (un par essieu) qui développent 675 kW de puissance, soit 918 ch cumulés. La transmission intégrale dispose de 2 rapports, dont le changement est imperceptible à l’usage. Le couple à l’accélération est de 985 Nm. De quoi vous enfoncer au fond du siège à chaque pression sur la pédale de droite. En mode « Track », le plus extrême, c’est presque un coup du lapin qui guette le passager peu préparé à une telle fougue. Oui, tout gros SUV qu’il est, l’Eletre est un véhicule électrique nerveux et hyper-réactif. Une vitalité qui gomme son embonpoint et donne le sourire à son conducteur.

    Il abat le 0 à 100 km/h en 2,95 s, ce qui ressemble à une prouesse pour un tel pachyderme. Mieux, il relance fort sur autoroute, de 80 à 120 km/h en moins de 2 s. On peinerait presque à ressentir le poids total (qui peut dépasser les 3 T avec passagers et bagages). Sa vitesse maximale bridée électroniquement atteint 296 km/h.

    Autonomie de 450 km

    Hélas, ces performances ne peuvent être que temporaires à observer la jauge d’énergie qui diminue rapidement sous le coup de ces ruades électriques. Annoncé pour 450 km d’autonomie, il sera difficile d’en faire plus de 300 avec une conduite dynamique. Les batteries sont de chimie lithium-ion, d’une capacité de 112 kWh et grâce à son architecture à 800 V, l’Eletre peut bénéficier de puissances de charge allant jusqu’à 350 kW en courant continu. Soit un passage de 10 à 80 % de récupération d’énergie en 20 minutes. Sur ce point, Lotus ne fait pas mieux que la concurrence des Tesla Model X ou Porsche Cayenne électrique.

    A partir de 101 590 €

    Dans sa version 900 SC la plus puissante et exclusive, l’Eletre procure donc un réel plaisir en terme de confort, d’agrément et vous emporte à hautes vitesses sans aucune difficulté. Même quand la route devient plus sinueuse, la direction électronique et le châssis dynamique pardonnent les excès d’engagement.

    Si la maîtrise de la puissance électrique correspond aux attentes que peuvent avoir les habitués de Lotus, en revanche les clients ne sont pas encore précipité en concessions. Est-ce à cause de son prix exagérément démesuré ? Proposé à partir de 163 090 € pour la version 900 SC, notre modèle d’essai dépasse les 171 910 € TTC. Ce qui est très cher en comparaison des super-SUV thermiques à moteur V8 sur le marché. Globalement, l’adoption de l’électrique par les acheteurs potentiels dans le segment ultra-luxe n’est pas à la hauteur des investissements des marques.

    Eletre Hybrid X, l’hybride rechargeable de 952 ch

    Faute de commandes, Lotus ajuste son plan. Et vient donc d’ajouter une nouvelle offre : une version hybride rechargeable de l’Eletre (350 km d’autonomie en électrique et 1200 km en combiné). Baptisé Hybrid X, doté d’un moteur thermique 2.0 L 4 cylindres, et d’une batterie de 70kWh, il est le plus puissant des Eletre avec 952 ch cumulés et un 0 à 100 km/h en 3,3 s. Si ce retour partiel au thermique peut attirer certains passionnés de Lotus, pas sûr que ce soit suffisant pour inscrire l’Eletre parmi les super-SUV les plus marquants de l’époque.

    Notes :

    Autonomie :   3,5/5
    Agrément de conduite : 4/5 
    Polyvalence : 3/5
    Confort : 4/5
    Technologie : 4/5

    Fiche technique

    Lotus Eletre 900 SC (112 kWh) 
    Puissance : 918 ch
    Couple : 985 Nm
    Autonomie : 450 km 
    Temps de recharge 10-80 % : 20 min (350 kW DC)
    0 – 100 km/h : 2,9 s
    Vmax : 296 km/h
    Volume de coffre : 688 L + 49 L (avant)
    Prix modèle essayé : 171 910 €
    Prix gamme SUV Eletre : à partir de 101 590€

  • Marché européen : 20% d’électriques vendues depuis le début de l’année et percée notable des marques chinoises

    Marché européen : 20% d’électriques vendues depuis le début de l’année et percée notable des marques chinoises

    L’ACEA, association des constructeurs européens, a publié les chiffres d’immatriculations en Europe pour le mois de mai et sur les 5 premiers mois de l’année. La tendance à l’électrification se confirme avec une voiture vendue sur 5 qui est électrique. Si les marques historiques résistent bien, la montée en puissance des constructeurs chinois s’accélère plus vite que prévu.

    Electriques : hausse de 30% par rapport à 2025

    Depuis le début de l’année, le marché européen de l’automobile ne cesse de s’électrifier. Sur les cinq premiers mois, la part de marché des voitures électriques est passé à 20%, soit une augmentation de plus de 30 % par rapport à l’année dernière. Au mois de mai, les immatriculations d’électriques ont progressé de 43 % en Europe. Et si l’on élargit aux voitures électrifiées (PHEV et HEV), elles représentent désormais 7 mises à la route sur 10. Dans la foulée de la crise géopolitique en Iran, les modèles essence et diesel sont toujours moins nombreux. En France par exemple, les véhicules essence ont chuté de près de 37% depuis janvier.

    Volkswagen – Photo by Gruppe C Photography

    Des parts de marché qui s’effritent pour les constructeurs historiques

    Mois après mois, la transition énergétique semble donc s’orienter vers l’électrique, sur un marché continental qui reprend des couleurs (+ 4% de ventes depuis janvier, soit plus de 4,7 M d’exemplaires vendus). Parmi les constructeurs qui profitent de cette évolution des achats depuis le début de l’année : 

    • Volkswagen Group : 1,27M d’exemplaires vendus, soit 26 % de part de marché. Skoda et Audi sont en forme, à l’inverse de Porsche qui chute (- 16%).
    • Stellantis : près de 800 000 immatriculations, soit une part de marché de près de 17%, porté par Fiat (+30 % ) et Opel (+ 19%), deux marques dont l’offre électrique est la plus riche.
    • Renault Group : 490 000 immatriculations, soit une part de marché en recul de 11 à 10,2 % depuis janvier. A souligner la belle performance d’Alpine (+15%)
    • Toyota Group : 336 000 ventes, en recul de 2%

    Les constructeurs chinois s’octroient déjà 10% de parts de marché

    Globalement, les constructeurs européens stagnent ou se replient sur leur marché domestique, tandis que les marques chinoises poursuivent leur insolente croissance. Au cumul, elles viennent déjà de dépasser les 10% de parts de marché en Europe, un chiffre précoce par rapport aux prévisions des spécialistes.

    A commencer par SAIC Motor (MG) qui a franchi la barre des 100 000 unités vendues (+ 12%), tandis que le groupe Geely (Volvo, Polestar, Lotus, Geely…) est le premier groupe chinois en volume en Europe : plus de 124 000 modèles écoulés depuis le début de l’année.

    Le géant BYD, très offensif actuellement sur le plan commercial, a immatriculé près de 100 000 voitures depuis janvier dernier, c’est une montée vertigineuse de 160 % et qui place le groupe à 2% de parts de marché, et ce malgré les taxes de douane européennes et l’absence de bonus pour les véhicules produits hors de l’UE.

    Chery grimpe en flèche

    Le niveau de croissance de Chery monte également en flèche, suite au lancement commercial des marques Jaecoo-Omoda : plus de 65 000 immatriculations (+ 265% d’augmentation, ce qui est peu étonnant en partant de chiffres très marginaux). Leapmotor, partenaire de Stellantis, profite de l’étendue du réseau italo-franco-américain en Europe pour progresser également, malgré moins de 38 000 voitures vendues.

    En revanche, parmi les grands perdants de cette poussée de l’électrique : Ford (-21,3%) , Nissan (-7%) ou Hyundai (-2,7%).

    Une percée inquiétante ? 

    Faut-il interpréter ces résultats comme le début d’un « raz-de-marée » de voitures chinoises, moins chères, plus technologiques et mieux équipées, au risque de pénaliser les marques historiques européennes ? Certains représentants de la commission européenne relèvent en outre que la puissance de l’offre électrique chinoise se complète de modèles hybrides et hybrides rechargeables très performants et non taxés, à l’image du système DM-i de BYD. Avec ces PHEV, les constructeurs contournent ainsi les droits de douane imposés sur l’électrique. 

    Quelle riposte de l’Europe ?

    Faut-il alors taxer ces technologies dites « super hybrides » avant leur entrée dans l’Union ? Tandis qu’une réflexion très politique s’amorce (qui n’aboutira pas forcément à de nouvelles pénalités), un autre levier entre en ligne de compte dans le bras de fer commercial Europe-Chine : le sort des usines européennes actuellement en sous-capacité de production. Plusieurs constructeurs asiatiques ont récemment montré leur intérêt pour faire fabriquer leurs modèles sur les sites les moins chargés, voire les racheter clé en mains et maintenir les emplois sur place. Autant de considérations à mesurer à l’aune de cette transition énergétique qui prend de l’ampleur mois après mois et rebat les cartes de toute une industrie.

  • La Mégane e-Tech gagne une nouvelle batterie et s’offre un restylage plus dynamique

    La Mégane e-Tech gagne une nouvelle batterie et s’offre un restylage plus dynamique

    Depuis son lancement en 2022, la Mégane e-Tech a connu un démarrage prometteur puis un essoufflement des ventes lié à une concurrence très agressive. Renault offre donc un restylage de mi-carrière à sa berline : design plus sportif, meilleure connectivité et une autonomie légèrement plus grande (500 km WLTP) grâce à une nouvelle batterie de chimie LFP. La berline compacte peut-elle de nouveau séduire les électromobilistes ?

    Cure de jouvence indispensable 

    A ses débuts, en 2022, la Mégane e-Tech a servi de vitrine technologique pour Renault qui entrait véritablement dans l’ère électrique moderne. Un repositionnement nécessaire face au vieillissement de la « pionnière » Zoé. La berline compacte électrique reposait donc sur une inédite plate-forme dédiée (CMF-EV) avec un design original et un système multimédia Google OpenR Link très apprécié pour sa facilité de navigation et d’utilisation. Résultat, les ventes ont rapidement décollé (Renault attirant 50% de clients d’autres marques dont certains venant même du premium) : plus de 47 000 exemplaires vendus en Europe en 2023. Mais la belle histoire connaît un net ralentissement dès 2024 avec l’arrivée des concurrentes VW ID3, Kia EV3 et de modèles chinois comme la MG4 dont le rapport prix-prestations est le meilleur de la catégorie. En parallèle Tesla a diminué les tarifs de son Model 3. Il fallait donc une cure de jouvence à la Mégane e-Tech pour rester dans le match.

    Nouveau look

    Néanmoins pas de grosse révolution à attendre de ce restylage mi-carrière qui se concentre d’abord sur le look. La face avant est totalement modifiée (hormis les optiques) avec un dessin plus dynamique, une signature lumineuse constituée de petits losanges en motif damier, placés en remplacement des ouïes latérales. La calandre noire brillante fermée est ornée également de losanges comme sur le SUV Rafale, nouvelle identité de la marque. Sur la partie arrière, le bandeau transversal adopte des éléments 3D, tandis que le large diffuseur évoque une certaine sportivité. A noter qu’une nouvelle batterie logée dans le plancher ne modifie pas l’empattement (2,69 m) de la Mégane mais rehausse légèrement son seuil de 20 mm.

    Gain de 30 km d’autonomie

    En revanche, techniquement, les évolutions sont notables. Certes, la motorisation reste identique à la précédente génération : la moteur synchrone à rotor bobiné sans terres rares de 220 ch et 300 Nm de couple. Il est alimenté par une nouvelle batterie de plus grande capacité : 67 kWh qui octroie jusque 500 km d’autonomie WLTP, soit 30 km de plus d’auparavant. Renault abandonne donc la chimie NMC pour cette batterie LFP (lithium-fer-phosphate) qui s’appuie sur une architecture cell-to-pack (C2P) avec 232 cellules rapprochées (pouch cell), en première mondiale. Cette technologie permet d’atteindre un taux de remplissage de 53 % avec une meilleure densité énergétique et davantage de capacité utile. A la recharge, la puissance maxi autorisée est de 165 kW (+35 kW) avec un baisse de 25% du temps de charge entre 15 et 80 % (environ 24 min). La précédente batterie de 60 kWh, insuffisants et de moindre densité énergétique, ne répondait plus aux standards actuels.

    Assistant de conduite dopé à l’IA

    A bord, la Mégane e-Tech ne modifie pas la planche de bord, dominée par le système OpenR Link avec Google intégré. L’assistant Google sera prochainement suppléé par Google Gemini, l’agent conversationnel boosté par IA. Plus d’une centaine d’applications sont désormais disponibles via Google Play. En matière d’aides à la conduite, Renault intègre une caméra de reconnaissance du regard du conducteur (depuis le montant latéral) : cette technologie permet aussi de reconnaître le conducteur par empreinte faciale et adapter les préférences de chacun (position de conduite, température, mode de conduite privilégié) dès son entrée dans le véhicule. Pour la recharge de smartphone, le chargeur à induction passe au standard « Qi2 » (ou « Magsafe » sur iPhone). Grâce à un anneau aimanté, la puissance de charge est amplifiée (50% de batterie récupérée en 1h sans surchauffe). L’habitabilité reste inchangée, quelques nouveaux habillages de tissu pour les sièges sont attendus dans les versions haut de gamme Esprit Alpine.

    Gamme simplifiée

    Pour offrir une meilleure lisibilité au public, Renault décline la Mégane e-Tech en 2 niveaux de finition : Techno, véritable coeur de la gamme disposant du double écran OpenR de 12 pouces avec Google intégré, pompe à chaleur et préconditionnement de la batterie. Et une version plus haut de gamme Esprit Alpine avec des jantes de 20 pouces de série (contre 19 pouces en Techno), des éléments de design plus statutaires, sièges électriques chauffants et massants et système audio Harmann Kardon. Quelle que soit la finition, le duo moteur-batterie sont identiques : 220 ch et 67 kWh de capacité.

    Tarifs compétitifs ?

    Ces ajustements de mi-vie devraient relancer l’intérêt du public pour cette Mégane e-Tech dont les aptitudes dynamiques et le plaisir de conduite n’ont jamais été contestés. Mais le modèle de Renault a rapidement rencontré une forte concurrence (Tesla, VW, Kia-Hyundai, MG, BYD…) dont les prix d’attaque étaient plus avantageux. La marque au losange n’a pas encore dévoilé les tarifs de cette nouvelle Mégane, mais ils devront rester compétitifs. D’autant que les offres rivales vont continuer de se multiplier dans les mois à venir. La Mégane e-Tech actuelle débute à 39 500 €. Bien qu’elle ne soit pas un carton commercial, en comparaison avec la plus emblématique et attachante R5 e-Tech, cette Mégane électrique restera dans l’histoire de Renault comme la voiture qui a fait entrer la marque dans l’ère électrique moderne.

  • « Électrifions la France » : quand le Gouvernement fait de la pédagogie pour accélérer la transition énergétique

    « Électrifions la France » : quand le Gouvernement fait de la pédagogie pour accélérer la transition énergétique

    Miser sur l’électrique pour transformer les usages du quotidien, c’est l’axe de communication retenu par le gouvernement pour convaincre de futurs potentiels électromobilistes, à travers une campagne nationale qui débute fin juin (déployée jusque septembre). Le slogan est clair « L’électrique, c’est fantastique ! ». Le principal outil mis à disposition du grand public est un portail d’informations pratiques pour estimer le leasing social, trouver une borne de recharge ou même comparer et choisir son futur VE.  

    Le site « electrifions-la-france.gouv.fr« 

    Le gouvernement passe à la vitesse supérieure pour vanter les mérites de la mobilité électrique, qui constitue la principale réponse aux enjeux économiques et environnementaux actuels. En attendant la mise en route du leasing social 3e du nom à partir du 16 juillet, puis l’ouverture de l’aide à l’achat de VE pour « gros rouleurs » début septembre, c’est une vaste campagne de communication nationale qui débute. Principal outil : le site « electrifions-la-france.gouv.fr » est conçu pour répondre aux questions concrètes que se posent les automobilistes qui seraient tentés de passer à la voiture électrique.

    Si le message d’accroche se veut enthousiaste et simpliste : « L’électrique, c’est fantastique ! », les réponses apportées sur ce portail sont rédigées pour vous informer, aident à comprendre à défaut de rassurer. Rapide navigation.

    Chiffres-clés

    « Plus simple qu’on ne l’imagine, une voiture électrique est silencieuse et économique à l’usage », affirme d’abord ce site soulignant que 95% de l’électricité produite en France est décarbonée. Le gouvernement insiste sur les chiffres-chocs : « recharger votre voiture à domicile ne coûte que 12 euros environ, soit moins de 3 euros environ les 100 km. »Comprendre qu’une recharge électrique est beaucoup plus économique qu’un plein d’essence à l’heure actuelle. Les bénéfices semblent immédiats pour les ménages comme pour les entreprises.

    Même les plus sceptiques devraient y trouver réponse à leurs inquiétudes. Ainsi trouve-t-on pêle-mêle : 16 km la distance médiane domicile-travail ; 8 ans/160 000 km la garantie réglementaire appliquée sur les batteries ou encore 1 500 € le coût moyen de l’installation d’une borne de recharge à domicile (pose comprise)…

    Simulateurs en pagaille

    Au-delà de ces questions-réponses très concrètes, le site d’informations gouvernemental propose des simulateurs pour évaluer votre éligibilité au leasing social (à partir du revenu fiscal de référence) ou mesurer le temps nécessaire à charger votre VE au quotidien. L’un des simulateurs les plus innovants est l’outil qui vous aide à comparer et choisir votre future voiture électrique. 

    A partir de vos usages quotidiens, votre lieu d’habitation (ville ou campagne), le nombre de kilomètres parcourus en ville, sur route et autoroute, le calculateur vous indiquera si des aides à l’achat sont disponibles (selon vos revenus) puis vous indiquera le ou les modèles électriques susceptibles de vous correspondre. 

    Ce profil-type de la voiture idéale apparaît dans une fiche détaillée qui comprend toutes les indications liées aux économies possibles. Par exemple, pour un ménage de 2 personnes, un Peugeot e-3008 affiché 44 990 € (hors remises) coûterait pour une durée de 4 ans : 1 395 €/an d’assurance, 423 € d’entretien annuel, soit un coût total de plus de 8 500 €/an (incluant le coût de l’énergie, le financement et la dépréciation).

    Les chinoises absentes des « voitures idéales »

    A noter que cette liste de « voitures idéales » ne recense aucun modèle chinois (dont l’Europe taxe la fabrication des batteries), ce qui fausse quelque peu toutes les comparaisons possibles sur le marché actuel, d’autant que les modèles importés de l’Empire du Milieu sont souvent les moins chers, donc plus attractifs. 

    Reste également à voir dans quelle mesure ce site sera régulièrement réactualisé car les prix et variations tarifaires sont constantes, suivant la législation en vigueur ou les politiques des constructeurs.

    Carte routière des bornes de recharge

    L’autre sujet de préoccupation d’un utilisateur de voiture électrique est la facilité à recharger partout et rapidement. Le gouvernement assure ainsi que 100% des aires de services sur autoroute sont équipées en bornes rapides et promet 22 000 points de recharge pour les véhicules légers sur les aires d’autoroutes d’ici 2035. Une carte routière dynamique permet de géolocaliser les bornes de recharge partout en France, de manière à anticiper un long voyage par exemple. Actuellement, 200 000 bornes publiques maillent le territoire (et devraient doubler d’ici 4 ans).

    Accompagner vers l’électrique

    Pour faire connaître ce site d’informations pratiques, des publications médiatiques et sur les plateformes numériques seront relayées durant tout l’été. Et des encarts figureront même sur le site de vente Le Bon Coin, pour aider le visiteur à prendre sa décision au moment de l’acte d’achat. L’objectif de ce portail très pédagogique est d’accompagner et d’aider à faire de l’électrification une norme essentielle de consommation, réduire les émissions de gaz à effet de serre et renforcer l’indépendance énergétique via une électricité produite en France. Y naviguer quelques instants peut en tout cas apporter des arguments à la réflexion.

    L’électrique devient la norme pour le parc automobile de l’Etat

    En plus de convaincre les ménages et les entreprises à basculer vers la mobilité électrique, le gouvernement vient d’acter la fin des moteurs thermiques au sein des flottes automobiles des services de l’Etat. Hormis pour les véhicules d’intervention, d’urgences ou de besoins spécifiques, tous les véhicules de l’Etat seront électriques à partir du 1er janvier 2027. L’électrique deviendra ainsi la norme pour tous les véhicules légers, utilitaires, achetés neufs, d’occasion ou en LDD, pour les agents de terrain comme pour les préfets ou ministres.