Le leasing social 2026, prévu pour l’automne, est avancé au mois de juin pour permettre à 50 000 ménages modestes de s’acheter une voiture électrique et ainsi ne plus dépendre des variations pétrolières. A ceux-là s’ajoutent 50 000 dossiers « gros rouleurs » à destination des professionnels, tributaires de leur véhicule. Ce sont donc au total 100 000 voitures électriques qui seront mises à la route et subventionnées. Quels constructeurs vont en profiter ? Ce dispositif suffira-t-il à relancer la production automobile en France ?

100 000 VE à prix bas
Pour les particuliers à revenus modestes, ce seront donc 50 000 voitures électriques en location longue durée sans apport ; et 50 000 autres véhicules électriques réservés aux « gros rouleurs », c’est-à-dire les métiers dont la voiture est l’outil de travail principal (aide-soignantes, infirmières, aide à domicile, artisans). Soit une enveloppe de 100 000 VE subventionnés, tel est l’ambitieux (et coûteux) objectif du gouvernement dans son projet d’électrifier nos modes de déplacement tout en s’émancipant des cours du pétrole liés aux crises géopolitiques. Est-ce toujours la bonne idée pour protéger l’automobile en France et en Europe ? Qui va en tirer profit ? Les usines françaises seront-elles favorisées ? Quelles sont les limites de ce leasing social ?
Des conditions d’obtention facilitées

Les modalités concrètes d’application et de financement sont encore à définir, mais le dépôt des premiers dossiers débute en juin prochain. Principale cible, les ménages à revenus modestes, en-dessous de 2000 € net/mois. L’obligation de rouler 8000 km par an ou d’effectuer au moins 15 km par jour pour se rendre au travail devraient être assouplie pour faciliter les conditions d’obtention.
Ce coup de pouce vise non seulement les automobilistes fortement exposés à la flambée des prix du pétrole, mais il est également bienvenu pour les constructeurs dont les modèles sont éligibles à l’octroi de cette formule de location longue durée. C’est même une rampe de lancement idéale pour ces petites voitures électriques qui se multiplient sur le marché.
Renault et Stellantis bien placés
A commencer par les groupes français Renault et Stellantis qui ont représenté les 3/4 des ventes du précédent leasing 2025. Les constructeurs tricolores et leurs partenaires disposent d’une offre de plus en plus riche. Chez Renault, la nouvelle Twingo électrique rejoint la R5, R4 et Mégane E-tech. Peugeot propose la e-208, e-308 et e-2008, tandis que Citroën aligne sa e-C3, e-C3 Aircross et e-C4 et DS mise sur la DS3 E-Tense. Parmi les concurrents étrangers : Opel Corsa et Mokka Electric, VW ID 3, ID4, Fiat Grande Panda, 500e et 600e, ou encore Hyundai Inster et Skoda Elroq. A cette liste pourraient s’ajouter les dernières nouveautés sorties en ce début 2026 : la Nissan Micra (fabriquée dans l’usine Renault de Douai), la Cupra Raval et la VW ID Polo ou encore le SUV urbain Kia EV2. Une quarantaine de modèles pourraient ainsi être éligibles.

Les modèles chinois non éligibles
Afin de rester accessible au plus grand nombre, la plupart des modèles sont donc des citadines, petits SUV ou compactes, dont le prix de départ catalogue oscille entre 20 000 et 30 000 €. Le dispositif impose que le véhicule doit être produit en Europe et bénéficier d’un éco-score Ademe suffisant (note qui calcule l’empreinte carbone de la production et l’acheminement jusqu’au distributeur). En outre, son prix ne doit pas dépasser 47 000 € et son poids inférieur à 2,4 T.
Ces règles d’encadrement excluent donc d’office l’ensemble des voitures chinoises, et leurs tarifs souvent plus avantageux que les VE européens. Jusqu’à présent, les productions chinoises sont toutes importées depuis l’Asie (BYD ouvre bientôt une usine en Hongrie pour fabriquer sur le sol européen et contourner les droits de douane notamment).

Les limites du leasing
Si l’aide financière à l’achat est un point de départ non négligeable pour inciter à la transition, l’Etat ne répond pas encore aux problématiques qui peuvent se poser autour de la recharge à domicile. L’installation d’une prise type Wallbox (7 kW standard) coûte entre 1500 et 2500 €. Les habitants d’immeubles ne disposent pas tous d’un parking avec prise à disposition ou la possibilité d’en faire poser une à souhait. Le prix des recharges sur la voie publique et dans les stations rapides (sur autoroute) est parfois 3 à 4 fois plus élevé qu’à domicile. Sans oublier que les modèles électriques éligibles au leasing n’acceptent pas tous la recharge très rapide et sont dotés de petites batteries dont le rayon d’action excède rarement 300 km. Autant de paramètres concrets qui peuvent ralentir les clients dans leur motivation d’achat. D’ailleurs, la dernière édition du leasing 2025 n’avait pas spécialement précipité les foules en concession et les 50 000 voitures promises avaient mis du temps à trouver preneur… mais le litre d’essence était alors inférieur à 1,60 €.

Seulement un tiers des voitures du leasing sont produites en France
Industriellement, intégrer 100 000 voitures électriques « supplémentaires » dans le plan de production représente également une mission délicate à gérer pour les constructeurs. Il faudra répondre présent pour suivre la cadence, d’autant que certains viennent à peine de livrer les dernières voitures du leasing 2025 et doivent ajuster leurs offres commerciales et promotionnelles qui accompagneront vraisemblablement cette aide fléchée par l’Etat.

L’année dernière, seule une voiture sur 3 du leasing social sortait d’une usine française. A titre d’exemple, parmi les stars attendues de cette édition 2026, la nouvelle Twingo est produite en Slovénie, la Cupra Raval à Barcelone et l’EV2 sort de l’usine Kia de Slovaquie. Pas vraiment de quoi relancer franchement la production tricolore.

























































