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  • BMW M3 électrique : La parfaite berline sportive électrique ?

    BMW M3 électrique : La parfaite berline sportive électrique ?

    Avec la Neue Klasse, BMW ne se contente pas de réinventer sa gamme électrique, le constructeur bavarois prépare aussi l’un des tournants les plus symboliques de son histoire. Une berline sportive 100% électrique badgée M, pensée comme l’héritière directe de la M3, est officiellement en développement. Quatre moteurs, une batterie de plus de 100 kWh, une architecture 800V et un cerveau électronique inédit : derrière l’absence de chiffres définitifs se dessine déjà une nouvelle définition de la sportivité selon BMW.

    Crédit photo : La BMW M3 (toujours aucun nom officiel) camouflée – BMW

    BMW l’a confirmé sans détour, une berline sportive électrique dérivée de la plateforme Neue Klasse verra le jour à l’horizon 2027. En interne, elle est encore désignée comme “BMW M Neue Klasse”, mais dans l’esprit, il s’agit bien de la future interprétation électrique de la M3. Le nom commercial n’est pas arrêté mais la filiation est clairement revendiquée par BMW M. Le calendrier est lui aussi désormais connu. Cette version M arrivera après la Neue Klasse “Série 3” thermique et hybride attendue en 2026. BMW veut ainsi laisser le temps à sa nouvelle plateforme de s’installer avant d’en proposer la déclinaison la plus radicale. L’ambition affichée est d’offrir une voiture capable d’un usage quotidien crédible, tout en supportant des roulages intensifs sur circuit, dans la lignée des M3 thermiques qui ont fait la réputation de la marque.

    Crédit photo : La BMW M3 historique thermique – BMW

    Quatre moteurs et un contrôle du couple roue par roue

    Sur le plan technique, BMW M change d’échelle. La future berline reposera sur un système à quatre moteurs électriques, avec deux unités par essieu. Chaque moteur entraîne directement une roue via sa propre réduction, sans différentiel mécanique classique entre les roues. Cette architecture permet un contrôle extrêmement fin du couple transmis, roue par roue, en temps réel. C’est ici qu’intervient l’un des éléments clés du projet : le torque vectoring intégral. En modulant instantanément le couple sur chaque roue, le système optimise l’agilité en entrée de virage, la motricité en sortie et la stabilité à haute vitesse. 

    Là où une M3 thermique joue avec les lois de la mécanique, cette M3 électrique promet de jouer avec celles du logiciel. Le tout est piloté par une électronique baptisée “Heart of Joy”. Ce supercalculateur, issu de l’architecture logicielle de la Neue Klasse, regroupe les fonctions essentielles de la dynamique M : motricité, régénération, répartition du couple, gestion de l’amortissement et stabilité. BMW parle d’un contrôle plus rapide et plus cohérent que tout ce qui existe aujourd’hui dans sa gamme.

    Crédit photo : Logo officiel BMW M – BMW

    ADN préservé mais restent quelques questions

    Consciente des réticences d’une partie des puristes, la marque travaille aussi sur le registre des sensations. La future berline proposera plusieurs modes de conduite, dont un mode propulsion pure grâce à la possibilité de déconnecter mécaniquement le train avant. Une manière de retrouver certaines sensations chères aux amateurs de M3. La marque prévoit également des lois de conduite spécifiques, avec des rapports “simulés” et un paysage sonore dédié. L’objectif n’est pas de singer le thermique à tout prix, mais de recréer une lecture mécanique et émotionnelle de la performance, compréhensible par le conducteur. BMW met en avant un calibrage axé sur la répétabilité et la constance des performances, un critère fondamental de l’ADN M depuis des décennies.

    Sans surprise, le poids sera élevé. Cette M électrique devrait dépasser largement les deux tonnes? Ce qui explique le recours massif au torque vectoring et à l’électronique avancée pour préserver agilité et précision. Pour compenser, BMW annonce l’utilisation accrue de matériaux biosourcés et de fibres naturelles, destinés à remplacer partiellement l’acier et la fibre de carbone, avec un double objectif de réduction de masse et d’empreinte carbone. De nombreuses zones d’ombre subsistent néanmoins. BMW ne communique aucun chiffre officiel de puissance, même si certaines rumeurs évoquent des valeurs proches de 1 000 chevaux. Cependant, une chose est certaine : BMW ne cherche pas simplement à électrifier la M3. Le constructeur redéfinit ce que peut être une berline sportive à l’ère électrique, en misant autant sur le logiciel que sur la mécanique. Elle illustre parfaitement la mutation en cours : moins de cylindres, plus de lignes de code, mais toujours la même obsession du plaisir de conduite.

    Source : BMWGROUP

  • BYD Seal U DM-i : fluidité, confort et autonomie au quotidien

    BYD Seal U DM-i : fluidité, confort et autonomie au quotidien

    ÉCO MOTORS NEWS a testé la BYD Seal U Boost DM-i, le SUV hybride rechargeable du constructeur chinois qui ambitionne de proposer un équilibre entre confort, technologie et autonomie. Pendant trois jours, nous avons parcouru Paris, ses périphériques, autoroutes et routes de campagne pour juger son comportement, son habitabilité et son usage réel au quotidien.

    Un SUV inspiré par la mer, mais bien ancré sur la route

    De l’extérieur, le Seal U s’impose avec des proportions généreuses : 4 785 mm de long, 1 890 mm de large et 1 668 mm de haut, avec un empattement de 2 765 mm, qui explique instantanément l’impression d’espace à bord. L’allure est massive mais pas brute ; les lignes, fluides, sont inspirées des éléments marins, une esthétique que BYD revendique pour toute la famille Seal.

    Cette volonté de s’inspirer de la mer participe au fait que ce SUV n’est pas un SUV carré et anguleux, mais plutôt un véhicule qui élance son gabarit, donnant au profil une identité visuelle bien distincte. L’arrière est particulièrement réussi, avec des courbes franches et dynamiques, sans tomber dans l’excès. Côté habillage, et donc couleur, j’ai eu l’opportunité de voyager dans le Seal U orné de sa teinte Tianqing. Elle colle parfaitement à cette philosophie visuelle : elle est discrète sans être banale, elle interpelle sans devenir flashy.

    Mais évidemment, un véhicule de cette taille ne peut pas être parfait sur tous les points. Sur la route, c’est un vrai SUV que l’on ressent : le gabarit est présent, la largeur se fait sentir (surtout en ville), mais la silhouette ne donne pas cette impression lourde que l’on pourrait attendre d’un véhicule de 2 tonnes.

    À bord : lumière, qualité et sobriété intelligente

    L’habitacle bénéficie directement des dimensions généreuses du véhicule. L’espace est confortable à l’avant comme à l’arrière, et le Seal U ne trahit pas ses ambitions familiales. Les matériaux sont de bonne facture pour la catégorie et le positionnement prix, avec des détails bienvenus, comme les coutures bleues qui égayent les panneaux de porte et le tableau de bord.

    À l’arrière, l’empattement généreux se traduit par une bonne place aux jambes, même si le siège du milieu reste logiquement un cran en dessous en termes de confort. La luminosité est un vrai point fort grâce à un toit ouvrant au format généreux, qui inonde l’habitacle de lumière, renforçant l’impression d’espace.

    Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est l’ergonomie sans surcharge : le volant et la console centrale ne sont pas couverts de boutons inutiles, et seuls les raccourcis les plus utiles sont présents.

    Un coffre peu convaincant

    Côté coffre, la BYD Seal U DM-i déçoit un peu au regard de son gabarit. Avec 425 litres en configuration cinq places, le volume n’est pas très généreux pour un SUV de près de 4,80 m, surtout lorsqu’on le compare à certains concurrents directs nettement plus généreux. 

    Pour un usage quotidien, cela reste suffisant, mais on est loin d’un coffre de référence sur le segment. En revanche, une fois les sièges arrière rabattus, la capacité progresse fortement pour atteindre environ 1 440 litres, ce qui permet de retrouver une vraie polyvalence pour les trajets chargés ou les départs en week-end.

    Écran, technologie et aides à la conduite

    L’un des points qui m’a le plus marqué est l’interface technologique. La Seal U est équipée d’un écran tactile de 15,6 pouces, qui peut être orienté horizontalement ou verticalement via une simple commande présente sur le volant. C’est un détail qui change l’expérience d’usage, car selon mon expérience et mes goûts, la position verticale est parfaite pour la navigation et les cartes, tandis que l’horizontale s’adapte mieux aux applications et aux médias.

    La connectivité est complète : Apple CarPlay, Android Auto, assistant vocal et instrumentation digitale lisible. L’ensemble donne une impression de cohérence, là où certains SUV de ce segment, parfois, se contentent d’empiler des options sans réel souci d’ergonomie.

    Du côté des aides à la conduite, la Seal U est bien dotée : régulateur de vitesse adaptatif, détection d’angle mort, reconnaissance des panneaux, surveillance de présence piétonne, alertes de franchissement de ligne et autres assistances classiques.

    Si, dans l’ensemble, ces aides sont efficaces, certains systèmes le sont moins. En effet, la détection piétonne, pratique sur le papier, peut se montrer un peu trop précautionneuse, générant des freinages brusques parfois surprenants.

    Conduite et usage réel : la logique DM-i prend tout son sens

    Sur la route, la BYD Seal U DM-i trouve un équilibre intéressant. Elle n’a rien d’une sportive, mais elle évite aussi l’écueil du SUV lourd et pataud. La technologie DM-i (Dual Mode – Intelligence) associe un moteur thermique 1,5 L à un moteur électrique pour une puissance cumulée de 218 ch et environ 300 Nm de couple, transmise aux roues avant — une configuration parfaitement cohérente avec le gabarit et la vocation du véhicule.

    En ville, la conduite est douce, fluide et silencieuse, le mode électrique prenant naturellement le dessus lors des relances et des phases à faible allure. Sur route rapide et autoroute, la réserve de puissance se montre suffisante et surtout bien exploitée. La transition entre électrique et thermique est quasi imperceptible, l’un des véritables points forts du système DM-i : l’électricité reste privilégiée au quotidien, tandis que le moteur essence intervient avec discrétion lorsque le rythme s’accélère, sans jamais rompre la cohérence de conduite.

    La gestion des modes est simple et intuitive. Un bouton situé sur l’îlot central permet de basculer rapidement entre le mode EV et le mode HEV, sans complexité inutile. Le Seal U n’est clairement pas conçu pour attaquer, mais il se montre stable, confortable et rassurant, avec un comportement sain quelles que soient les conditions.

    Seul bémol en milieu urbain : sa largeur de 1,89 m hors rétroviseurs se fait sentir dans les rues étroites ou au milieu du trafic dense. Un peu de vigilance est nécessaire, notamment à Paris, mais l’ensemble reste maîtrisable avec un minimum d’habitude.

    Côté autonomie, la promesse DM-i se confirme pleinement à l’usage. En mode 100 % électrique, la Seal U permet de parcourir environ 70 à 80 km, une distance suffisante pour couvrir la majorité des trajets quotidiens sans consommer une goutte d’essence. En configuration hybride, l’autonomie totale peut atteindre jusqu’à 1 080 km selon le cycle WLTP, ce qui change radicalement l’approche des longs trajets.

    Le système se recharge aussi via la récupération d’énergie au freinage, ce qui améliore encore l’efficacité en usage urbain. La logique de ce SUV est claire : tu peux rouler électrique au quotidien sans compromis et partir en vacances sans planifier des arrêts de charge obligatoires.

    Verdict : polyvalent, pragmatique et convaincant

    Le BYD Seal U Boost DM-i n’est pas là pour révolutionner le segment des SUV. Il n’a pas l’agilité d’un SUV sportif ni la pureté technologique d’un modèle 100 % électrique. Ce qu’il réussit toutefois très bien, c’est un vrai équilibre entre confort, technologie intuitive, autonomie au quotidien et praticité sans contrainte.

    En bref, la Seal U DM-i n’est peut-être pas celle qui impressionne par des chiffres spectaculaires, mais c’est celle qui convainc dans la vraie vie, et souvent sans hésitation.

  • Ribcraft PRO 480 Electric : l’électrique à l’offensive sur le nautisme professionnel

    Ribcraft PRO 480 Electric : l’électrique à l’offensive sur le nautisme professionnel

    Avec le PRO 480 Electric, Ribcraft applique au semi-rigide professionnel une recette déjà éprouvée sur terre : électrifier sans renoncer aux performances. Développé en France sur une base Ribcraft reconnue, ce 4m80 motorisé par un hors-bord électrique Torqeedo Deep Blue 50 R vise les acteurs de la sécurité, de la formation et des travaux côtiers. Le signal que la propulsion électrique n’est plus cantonnée aux annexes lentes ou aux usages de niche est envoyé !

    Crédit photo : Ribcraft PRO 480 electric – Ribcraft

    Une base professionnelle, électrifiée sans compromis

    Le Ribcraft PRO 480 Electric repose sur une plateforme bien connue des professionnels. La carène est historiquement utilisée par des services de secours, des clubs de plongée ou des opérateurs institutionnels pour sa robustesse, sa stabilité et sa capacité à encaisser des usages intensifs. Zero Emission Nautic n’a pas cherché à réinventer la coque, mais à transformer la chaîne de propulsion. Le cœur du système est le hors-bord électrique Torqeedo Deep Blue 50 R. Avec une puissance de crête d’environ 50 kW, soit l’équivalent d’un 80 chevaux thermique, il s’inscrit clairement dans la catégorie des motorisations sérieuses. 

    L’énergie est fournie par une batterie haute tension de 40 kWh, fonctionnant autour de 350 volts, intégrée dans un ensemble clé en main qui inclut l’électronique de puissance et la gestion énergétique. Ce choix technologique place le PRO 480 Electric dans une autre dimension que celle des petits bateaux électriques de promenade. On est ici sur un outil de travail, pensé pour décoller, planer et maintenir des vitesses opérationnelles compatibles avec des missions professionnelles.

    Crédit photo : Logo

    Des performances proches du thermique

    Sur l’eau, le PRO 480 Electric revendique une plage d’utilisation allant de 4 à 30 nœuds avec deux personnes à bord. Cette amplitude est révélatrice de la philosophie du projet. À faible puissance, entre 2 et 6 kW, le système Deep Blue permet de naviguer longtemps, avec une autonomie qui peut dépasser la dizaine d’heures à environ 5 nœuds. Un atout évident pour des missions de surveillance portuaire, de formation ou d’observation côtière. À pleine puissance, le moteur délivre entre 20 et 25 nœuds pendant environ trois quarts d’heure. Cela représente une autonomie de l’ordre de 16 à 20 milles nautiques, suffisante pour des interventions rapides ou des trajets courts mais dynamiques. 

    Comme souvent en électrique, le meilleur compromis se situe entre les deux : les vitesses intermédiaires, autour de 12 à 16 nœuds, offrent le meilleur équilibre entre vitesse, silence et endurance. Cette logique d’usage diffère du thermique, où la réserve de carburant permet de prolonger artificiellement l’autonomie. Ici, l’opérateur est incité à penser ses missions en fonction du profil énergétique, mais gagne en contrepartie un confort inédit : accélérations instantanées, absence de vibrations, et surtout un silence qui change profondément l’expérience à bord.

    Silence, maintenance et image

    L’intérêt du PRO 480 Electric ne se limite pas à ses chiffres de performance. Pour les utilisateurs professionnels, les bénéfices annexes sont souvent décisifs. L’absence de moteur thermique réduit drastiquement le bruit, ce qui améliore les conditions de travail, facilite la communication à bord et limite la gêne pour les riverains et les usagers du littoral. La maintenance est également simplifiée. Moins de pièces en mouvement, pas de vidange, pas de circuit carburant complexe. Sur le long terme, le coût d’exploitation va devenir un argument majeur..

    Enfin, l’image joue un rôle croissant. Pour des collectivités, des organismes de formation ou des opérateurs publics, utiliser un semi-rigide électrique est un signal fort en matière de transition écologique. Le PRO 480 Electric s’inscrit clairement dans cette logique de vitrine technologique crédible, loin des solutions symboliques mais peu opérationnelles.

    Crédit photo : RAD Propulsion

    Un cadre réglementaire prêt pour l’électrique

    Contrairement à certaines idées reçues, la réglementation française et européenne ne freine pas ce type de bateau. Avec une puissance de 50 kW, le PRO 480 Electric est assimilé à un bateau à moteur classique. Pour un particulier, un permis plaisance est obligatoire, mais dans le cadre professionnel, ce sont les règles habituelles applicables aux navires à moteur rapides qui s’appliquent : équipements de sécurité, immatriculation et conformité aux normes en vigueur. La longueur de 4,80 mètres place l’unité bien en dessous des seuils déclenchant des obligations spécifiques liées aux grands navires. 

    Il n’existe pas, à ce jour, de régime dérogatoire ou expérimental particulier pour ce type de propulsion : l’électrique est traité comme une alternative technologique, non comme une exception réglementaire. Du côté des ports, la dynamique est clairement favorable. Depuis 2022, la loi d’orientation des mobilités impose aux ports de plaisance de plus de 100 places de réserver une part minimale de leurs postes à quai aux bateaux électriques. En parallèle, l’objectif affiché d’une flotte de l’État neutre en carbone à l’horizon 2050 crée un contexte propice au déploiement de solutions électriques professionnelles pour les missions côtières.

    Un signal faible qui pourrait devenir fort

    Le Ribcraft PRO 480 Electric n’est pas un produit de masse, et ne cherche pas à l’être. Le positionnement est de répondre à des besoins professionnels précis, sur des cycles de mission maîtrisés, avec une exigence élevée en matière de fiabilité et de performances. Mais à travers ce type de projet, c’est toute une filière qui se structure. En combinant une coque professionnelle reconnue et une motorisation électrique haute tension éprouvée, Zero Emission Nautic démontre que l’électrique n’est plus cantonné à la plaisance lente ou aux prototypes. 

    Dans un contexte où les contraintes environnementales se durcissent et où les usages côtiers sont de plus en plus scrutés, ce type de semi-rigide pourrait bien devenir un standard pour certaines missions. À l’image de ce qui s’est produit dans l’automobile utilitaire, l’électrification du nautisme professionnel avance par touches successives. Le PRO 480 Electric en est une illustration concrète : discrète, pragmatique, mais résolument tournée vers l’avenir.

    Sources : actunautique.com – ribcraft.com – torqeedo.com 

  • Les Émirats Arabes Unis inaugurent l’un des plus grands hubs de recharge ultra‑rapide au monde 

    Les Émirats Arabes Unis inaugurent l’un des plus grands hubs de recharge ultra‑rapide au monde 

    Voyager en véhicule électrique sur autoroute reste, dans beaucoup de régions du monde, un exercice encore perfectible. Manque de bornes, files d’attente, puissances inégales…  Aux Émirats arabes unis, une nouvelle infrastructure entend justement s’attaquer à ce problème de front. Le 12 janvier 2026, le pays a inauguré l’un des plus grands hubs de recharge ultra-rapide pour véhicules électriques au monde, installé sur l’axe stratégique reliant Abu Dhabi à Dubaï.

    source : ADNOC Distribution

    Un hub hors norme, pensé pour l’autoroute

    Concrètement, ce nouveau site, opéré par ADNOC Distribution, regroupe 60 points de recharge ultra-rapides capables, sur le papier, de recharger la majorité des véhicules électriques de 0 à 80 % en environ 20 minutes.

    Dans la réalité, cette performance dépend étroitement du véhicule branché. Les bornes délivrent une puissance pouvant atteindre 350 kW, un niveau aujourd’hui pleinement exploitable uniquement par les modèles dotés d’une architecture électrique 800 volts. Pour ces véhicules, les temps de recharge annoncés peuvent effectivement être atteints dans des conditions optimales.À l’inverse, les modèles reposant sur une architecture 400 volts, peuvent évidemment se recharger sur ces bornes, mais sans exploiter leur pleine puissance. 

    À l’échelle mondiale, ce hub se classe comme le sixième plus grand au monde en nombre de bornes ultra-rapides, et devient le plus important du Moyen-Orient, d’Afrique et de Turquie.

    source : WAM

    Dorénavant, avec cette inauguration, nous pouvons affirmer que les Émirats arabes unis ont non seulement implanté sur leur territoire une nouvelle station de recharge, mais surtout créé une infrastructure pensée pour absorber un trafic électrique longue distance, sans créer de saturation.

    Un emplacement stratégique, au cœur des flux

    Des performances impressionnantes certes, et pour tirer profit au maximum de cette installation, le choix du lieu n’a rien d’anodin. Le hub est implanté à Saih Shuaib, le long de l’autoroute E11, l’un des axes les plus fréquentés du pays. En effet cette route relie les deux principales métropoles des Émirats et concentre une grande partie des déplacements interurbains, qu’ils soient professionnels ou touristiques.

    Jusqu’ici, voyager en électrique sur ce type de trajet restait possible, mais moins fluide. Avec cette installation, le voyage longue distance devient un usage assumé, et non plus un compromis pénalisant.

    Une inauguration symbolique, à un moment clé

    Comme pour la localisation choisie, la date de l’ouverture officielle n’est pas le fruit du hasard. En effet, cette inauguration a eu lieu le 12 janvier 2026, au moment où l’Abu Dhabi Sustainability Week, événement international dédié aux transitions énergétiques, vient d’ouvrir ses portes.

    Un timing hautement symbolique, qui permet aux Émirats arabes unis d’illustrer, par un projet concret, les discours portés durant cet événement mondial. Plus qu’une simple mise en service d’infrastructures, cette inauguration s’inscrit dans une stratégie de vitrine technologique, visant à positionner ce hub comme une référence de la mobilité électrique interurbaine

    Quand un géant du pétrole devient acteur de l’électrique

    C’est sans doute l’un des points les plus intéressants de ce projet.
    Ce hub est porté par ADNOC Distribution, filiale du groupe pétrolier national émirien. Un symbole fort : les acteurs historiques des énergies fossiles investissent désormais massivement dans l’électromobilité.

    Ce site s’inscrit dans le réseau E2GO d’ADNOC, qui compte déjà plus de 400 points de charge dans le pays, avec un objectif annoncé de 750 bornes d’ici 2028. À plus long terme, le pays vise 20 hubs de ce type sur son réseau autoroutier d’ici 2027, dont une majorité opérationnelle avant la fin 2026.

    source : khaleej times

    Une recharge qui devient une expérience, pas une contrainte

    Au-delà des chiffres, ce hub adopte un concept plus large baptisé “The Hub by ADNOC”. Sur place, les conducteurs ne trouvent pas uniquement des bornes, mais aussi :

    • des espaces de restauration,
    • des services commerciaux,
    • et même des zones de travail, pensées pour optimiser le temps de recharge.

    Selon l’entreprise, l’idée est simple : transformer l’arrêt recharge en pause utile, plutôt qu’en temps perdu.

    source : ADNOC Distribution

    Ce que cela dit de l’électromobilité mondiale

    Cette inauguration dépasse largement le cadre des Émirats arabes unis. Elle illustre plusieurs tendances lourdes de l’électromobilité mondiale :

    • L’électrique sort enfin du cadre urbain. Les infrastructures commencent à être pensées pour le long cours, condition indispensable à une adoption massive.
    • Les grands réseaux se structurent à très grande échelle. 60 bornes ultra-rapides sur un même site, c’est une réponse directe aux problématiques de saturation que connaissent encore l’Europe ou l’Amérique du Nord.
    • Les acteurs historiques changent de rôle. Voir un groupe pétrolier piloter l’un des plus grands hubs EV du monde montre à quel point la transition est désormais stratégique, y compris pour les géants de l’énergie.

    Une vision assumée

    Avec ce méga hub, les Émirats arabes unis ne se contentent pas d’ajouter des bornes au réseau. Ils proposent une lecture très concrète de la mobilité électrique longue distance, structurée autour de la rapidité de recharge, de la continuité sur les grands axes et de l’anticipation des usages à venir.

    Une approche qui tranche avec les infrastructures encore fragmentées observées dans de nombreuses régions du monde, où la question de la recharge sur autoroute reste l’un des principaux freins à l’adoption massive du véhicule électrique.

  • Mercedes-Benz EQV 300 : le van électrique XXL pour un confort sans compromis

    Mercedes-Benz EQV 300 : le van électrique XXL pour un confort sans compromis

    Pendant trois jours, le Mercedes EQV 300 a partagé notre quotidien : ville, périphérique, autoroute et routes secondaires. Un essai en conditions réelles, made in ECOMOTORSNEWS, pour mesurer ce que vaut aujourd’hui un van électrique premium pensé pour les familles et les usages concrets. 

    Un van qui a de la prestance

    Dès le premier coup d’œil, difficile de ne pas être surpris par sa couleur bien tranchée ainsi qu’à l’équilibre de son esthétique. D’un côté, le Or Kalahari métallisé qui lui procure une allure premium, bien distinctive et attirante, sans tomber dans l’extravagance. De l’autre, l’avant du véhicule n’a rien à envier à une berline Mercedes grâce à cette large calandre et ce gros logo qui imposent le respect.

    Avec ses 5,14 mètres de long, près de 1,93 mètre de large et environ 1,90 mètre de haut, le Mercedes EQV affiche un gabarit imposant, assumé, qui annonce clairement la couleur : ici, on parle d’un vrai van, pensé pour l’espace et l’usage.

    Cependant, j’ai été moins conquis par l’arrière, trop droit à mon goût, qui manque de dynamisme pour contrebalancer le gabarit. Mais ça reste une affaire de goût : pour beaucoup, ce format restera le symbole de ce que doit être un van : présence, espace et efficacité.

    À l’intérieur : une promesse de confort qui se tient vraiment

    Ouvrir les portes du EQV, c’est comme découvrir une pièce bien pensée. En effet, l’espace intérieur est lumineux, généreux et parfaitement modulable. Notre version en 8 places avec sièges individuels donne tout de suite une impression de polyvalence. Chacun bénéficie d’un vrai siège et d’un espace aux jambes convaincant, même sur de longues étapes. Contrairement aux véhicules de 6, 7 ou 8 places traditionnels, pour le van de la marque allemande, la volonté est claire : pas de places « d’appoint ». Les sièges offrent confort d’assise et soutien, dignes d’un fauteuil de salon bien dessiné, ce qui est rare dans ce segment.

    Et l’accès aussi est agréable. Avec ses grandes portes coulissantes pour accéder aux sièges arrière du véhicule, l’installation est pratique. Dans ce type de véhicule avec de nombreuses places, pour pouvoir s’asseoir sur les sièges du fond, c’est souvent le parcours du combattant. Ici, avec l’EQV, tout est facile : les sièges se déplient et se replient avec aisance.

    La finition Avantgarde testée poursuit cette logique. Le cuir beige des sièges, le bandeau digital efficace et qui apporte ce côté « high tech » toujours agréable, ainsi que l’ergonomie simple et sans excès (pas mal de boutons, mais bien placés et sans réelle surcharge) donnent une sensation d’habitacle premium, presque cocooning sans être clinquant.

    Côté coffre, avec 610 litres en configuration 8 places, ce n’est évidemment pas démentiel au premier abord. Mais dès que les sièges sont enlevés (avec facilité, qui plus est), la capacité explose. En effet, le constructeur annonce jusqu’à 5 000 litres de capacité totale, des niveaux qui permettent de transporter des volumes dignes d’utilitaires classiques. Et petit détail qui m’a vraiment plu et qu’on ne voit pas souvent, c’est la double ouverture du coffre : ouvert en grand comme un hayon traditionnel, ou juste la partie vitrée, qui peut également s’ouvrir pour attraper un sac ou sortir les câbles de recharge rapidement et sans effort.

    En ville, sur route, sur autoroute : une conduite fluide et adaptée

    On s’en doutait, et c’est confirmé : l’EQV n’est pas fait pour jouer des muscles. Sous le capot, le moteur électrique développe 204 ch et 362 Nm de couple, une puissance qui permet à ce beau bébé d’adopter une conduite fluide. Et les accélérations, contrairement à ce qu’on retrouve souvent avec la plupart des VE, sont plus linéaires que explosives. Pour l’usage prévu pour ce type de véhicule électrique, cela correspond parfaitement.

    En ville, l’ensemble est agréable et fluide, même s’il faut composer avec des dimensions qui demandent un peu de délicatesse dans les rues étroites ou sur les quais parisiens. En revanche, sur route et autoroute, la puissance est adaptée et, en changeant de mode (4 modes différents en tout), les dépassements sont quand même largement accessibles. De plus, son poids peut devenir un atout : pas de secousses, juste une souplesse tranquille et un silence de fonctionnement vraiment appréciable, notamment comparé aux versions thermiques.

    Le poids, parlons-en ! À vide, il frise les 2,8 tonnes. L’EQV 300 impose un gabarit sérieux sur la route, mais reste dans les limites d’un permis B classique, tout en offrant la capacité nécessaire à de longs trajets bien chargés. Et ce poids, on le sent quand on change brutalement de direction, mais la tenue de route est plus rassurante qu’on ne pourrait l’imaginer, surtout grâce au centre de gravité abaissé par la batterie. Le rayon de braquage n’est pas vraiment idéal, mais au vu des dimensions, c’est compréhensible et pas dérangeant selon l’usage. Encore une fois, on parle d’un vrai van et non d’une petite citadine.

    Technologie embarquée : suffisante et bien pensée

    À l’intérieur cette fois, Mercedes fait le choix de la cohérence plutôt que de la surenchère. Face au conducteur, on retrouve un large bandeau numérique composé de deux écrans de 10,25 pouces, réunis sous une même dalle. L’un est dédié à l’instrumentation, l’autre au système multimédia. Un ensemble lisible, bien intégré dans la planche de bord, qui apporte une vraie touche high-tech sans alourdir visuellement l’habitacle.

    Le système MBUX est bien entendu de la partie. L’écran central est tactile, mais surtout pilotable via un pad situé sur la console centrale, une solution que je trouve particulièrement pertinente dans un véhicule de ce gabarit. Ce pad permet de naviguer dans les menus sans quitter la route des yeux trop longtemps, là où certains écrans géants imposent parfois plus de distraction que d’ergonomie.

    On est donc loin des dalles XXL que l’on retrouve sur certains SUV électriques récents, mais l’interface est fluide, logique et intuitive. Les informations essentielles sont accessibles rapidement, la navigation est claire et les commandes tombent naturellement sous la main. L’ensemble est pensé pour accompagner la conduite, et non la dominer, un vrai point fort lorsque l’on évolue en milieu urbain dense ou sur de longs trajets autoroutiers.

    Autonomie et recharge : des chiffres en phase avec l’usage réel

    Pour l’EQV, Mercedes annonce une autonomie WLTP autour de 350 à 360 km sur ce modèle 300, selon conditions et charge, ce qui constitue une base solide pour un véhicule de ce gabarit.

    Dans la réalité des routes mixtes de Paris à la campagne, en passant par le périphérique et les nationales, j’ai constaté que l’autonomie variait logiquement selon la vitesse et l’activation ou non des équipements technologiques.

    De plus, sur le plan aérodynamique, le van affiche un coefficient de traînée autour de 0,32, un chiffre cohérent pour ce type de véhicule, mais logiquement pénalisant à haute vitesse. Cela se traduit par une consommation plus élevée sur autoroute, un paramètre à prendre en compte lorsqu’on envisage de longs trajets.

    Côté recharge, l’EQV supporte 11 kW en AC pour une charge complète en moins de 10 heures, et jusqu’à 110 kW en DC, permettant de passer de 10 à 80 % en environ 40 minutes. Ces chiffres ne sont pas spectaculaires comparés à certains gros SUV électriques, mais ils restent efficaces et suffisants pour un van électrique dont la vocation n’est pas la performance à outrance, mais l’usage pragmatique.

    Verdict : l’EQV n’est pas une révolution, mais une vraie réponse

    L’EQV 300 Avantgarde ne cherche pas à bouleverser les codes de l’électromobilité. Au contraire, il incarne avec cohérence ce que l’on attend d’un grand van électrique premium : confort, modularité, espace, qualité et une autonomie adaptée aux besoins réels.

    Il est parfait pour les familles nombreuses, les voyageurs réguliers en quête de confort sans compromis, ou les professionnels qui veulent allier espace et image sans renoncer à la douceur de l’électrique. Ce n’est pas un véhicule de plaisir, mais un outil de confort, fiable et bien pensé.

    Pour partir en road-trip en famille ou pour un week-end chargé de bagages et de passagers, l’EQV a ce qu’il faut pour le rendre agréable. Et sur la route, ce silence, ce confort et cette souplesse rappellent que l’électrique est un vrai choix d’usage.

  • Lancia : Le rallye et la Ypsilon comme actes fondateurs

    Lancia : Le rallye et la Ypsilon comme actes fondateurs

    Lancia s’apprête à jouer l’une des cartes les plus ambitieuses de son histoire récente. Au Brussels Motor Show 2026, la marque italienne orchestrera une relance articulée autour d’un triptyque clair : design, sport automobile et électrification. Avec la famille Ypsilon comme pierre angulaire et un retour officiel en rallye. Stellantis veut repositionner Lancia dans le premium compact, entre héritage assumé et projection technologique.

    Crédit photo : Stand Lancia au salon de Bruxelles – Stellantis

    Dans un contexte de recul des grands salons internationaux, l’événement belge s’est imposé comme une place forte européenne pour les véhicules électrifiés et les stratégies de reconquête. Pour Lancia, ce salon marque la première grande étape publique d’une “année clé”, pensée comme le point de bascule pour une renaissance industrielle. Sur son stand, la marque déploie un récit. Celui d’un constructeur italien historiquement premium, jadis dominateur en rallye, décidé à reprendre la main sur le terrain de la performance et de la technologie. Cette stratégie s’inscrit pleinement dans la logique de groupe de Stellantis. Aux côtés de DS Automobiles et d’Alfa Romeo, Lancia doit incarner un pilier du pôle premium, plus émotionnel et lié à l’histoire du sport automobile.

    Une renaissance annoncée et assumée

    Au cœur de cette relance, la nouvelle génération de Lancia Ypsilon se décline en une véritable famille, pensée pour couvrir plusieurs usages, plusieurs niveaux de gamme et plusieurs sensibilités clients. La Ypsilon HF électrique constitue la vitrine technologique et sportive de cette stratégie. Avec une puissance annoncée de 280 chevaux, un 0 à 100 km/h abattu en 5,6 secondes et une batterie d’environ 54 kWh pour une autonomie WLTP proche de 370 kilomètres, Lancia affiche des chiffres crédibles face aux compactes sportives électrifiées du marché. Au-delà des performances brutes, la marque insiste sur le travail châssis, les freins majorés, le différentiel autobloquant et un réglage dynamique directement inspiré de l’expérience en compétition. Le badge HF n’est pas ici un simple artifice marketing.

    À l’autre bout du spectre, la Ypsilon Ibrida HF Line transpose cet ADN sportif dans une proposition plus accessible. Avec environ 110 chevaux et une hybridation légère ou full hybrid selon les marchés. Elle vise un public désireux de style et de distinction, sans basculer dans le tout électrique ni dans une sportivité radicale. C’est un modèle clé pour le volume, et donc pour la viabilité commerciale de la relance. Enfin, la Ypsilon Elettrica LX se positionne comme la déclinaison haut de gamme. Elle met l’accent sur le confort, les finitions, les technologies embarquées et les services connectés. Lancia cherche ici à capter une clientèle premium urbaine, sensible au design autant qu’à l’expérience utilisateur.

    Crédit photo : Lancia Ypsilon HF électrique au salon de Bruxelles – Stellantis

    Le retour en rallye, entre héritage et crédibilité

    La relance de Lancia ne serait pas complète sans le sport automobile. À Bruxelles, la star symbolique reste la Ypsilon Rally2 HF Integrale. Homologuée en catégorie Rally2, elle marque le retour officiel de Lancia en WRC2 et en Championnat d’Europe des rallyes dès 2026, avec un premier engagement annoncé au Rallye Monte-Carlo fin janvier. Ce choix du Rally2 permet une présence officielle à haut niveau, tout en restant compatible avec une logique de coûts maîtrisés et de diffusion auprès d’équipes clientes. Lancia assume clairement une fonction de vitrine : démontrer son savoir-faire technique, recréer un lien émotionnel avec son glorieux passé et redonner de la légitimité sportive à la marque.

    L’ombre de la Delta Integrale plane évidemment sur cette Ypsilon Rally2 HF. Sans tomber dans la nostalgie excessive, Lancia exploite un capital historique unique. Le nom HF (High Fidelity), l’implication de figures emblématiques et la communication autour de la transmission du savoir-faire rallye participent à réactiver une mémoire collective encore très vive chez les passionnés. Le programme 2026 prévoit au moins huit épreuves en WRC2 et ERC. L’objectif n’est pas uniquement la victoire immédiate, mais la construction d’une crédibilité progressive, la détection de jeunes talents et l’inscription durable de Lancia dans l’écosystème du rallye moderne.

    Crédit photo : Lancia Ypsilon HF Rally 2 au salon de Bruxelles – Stellantis

    Un positionnement premium sous pilotage Stellantis

    Derrière cette offensive, se joue une stratégie industrielle et commerciale plus large. Stellantis entend recentrer Lancia sur quelques marchés européens clés : l’Italie, évidemment, mais aussi la France, la Belgique, l’Espagne et plus largement l’Europe occidentale. La marque abandonne l’idée d’une diffusion mondiale pour privilégier une reconquête ciblée et maîtrisée. L’électrification est un pilier central de cette vision. Lancia doit devenir une marque fortement électrifiée, avec un calendrier de sortie progressive des motorisations thermiques selon les marchés. Cette transition est présentée non comme une contrainte réglementaire, mais comme une opportunité de repositionnement haut de gamme, où la technologie sert le design et l’émotion. Face à une concurrence féroce, Lancia joue la carte de la différenciation culturelle. Le style italien, l’héritage rallye et une communication très identitaire deviennent des leviers aussi importants que les fiches techniques.

    Une année 2026 décisive pour Lancia

    Le Brussels Motor Show 2026 apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple salon. Il constitue l’acte fondateur d’une relance qui engage l’image, la crédibilité sportive et l’avenir commercial de Lancia. La famille Ypsilon, dans toutes ses déclinaisons, sert de laboratoire et de manifeste. Les volumes, la réception client et la capacité de Lancia à tenir dans la durée ce positionnement premium électrifié seront déterminants. Mais une chose est certaine : pour la première fois depuis longtemps, Lancia ne se contente plus de survivre. Elle propose un projet cohérent, lisible et ambitieux. À Bruxelles, la flamme HF s’est rallumée.

    Sources : Stellantis, Chrysler

  • Mercedes-Benz CLA électrique : l’Allemande élue COTY 2026 à Bruxelles

    Mercedes-Benz CLA électrique : l’Allemande élue COTY 2026 à Bruxelles

    La Mercedes-Benz CLA, dans sa nouvelle génération fortement électrifiée, a marqué les esprits ce 9 janvier 2026 au Salon de l’automobile de Bruxelles en décrochant le prestigieux titre de Voiture européenne de l’année 2026 (Car of the Year 2026). Un choix net et sans équivoque du jury, qui marque le retour en force de Mercedes-Benz dans un contexte automobile en pleine transformation.

    Source : Mercedes-Benz

    Un triomphe sans appel

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que la victoire de la nouvelle génération de la CLA 100 % électrique a été sans appel. Le jury Car of the Year a attribué, le vendredi 9 janvier, un total de 320 points à la berline allemande. Un score inférieur à celui de sa prédécesseure, puisque l’an dernier, pour le même titre, la Renault 5 avait totalisé 353 points.

    Bien que ce total soit moins élevé, la CLA devance largement de 100 points la Skoda Elroq (220 points) et la Kia EV4 (208 points), tandis que la Citroën C5 Aircross, la Fiat Grande Panda, le Dacia Bigster ou encore la Renault 4 E-Tech complètent le classement.

    source : largus

    Cette victoire n’est pas anodine. En effet, il s’agit du premier sacre de Mercedes dans cette compétition depuis 1974, date à laquelle la légendaire Classe S / 450 S avait remporté le titre. Après deux années de domination de Renault avec les Scenic E-Tech et Renault 5 E-Tech, la CLA relance aujourd’hui la marque allemande dans la course européenne à l’électromobilité premium. Plus globalement, elle illustre une évolution du marché européen, où les berlines électriques premium ne sont plus de simples alternatives, mais des références à part entière.

    Un profil technique taillé pour l’avenir

    Ce qui distingue la Mercedes-Benz CLA 2026 de ses concurrentes, c’est sa combinaison de technologies de pointe et de performances efficientes. Elle repose sur une plateforme électrique 800 V et embarque une batterie d’environ 85 kWh, lui permettant une recharge ultra-rapide pouvant atteindre 320 kW. Cette architecture moderne rend la CLA capable de récupérer plus de 300 km d’autonomie en seulement dix minutes sur bornes haute puissance.

    Autre point notable : son autonomie exceptionnelle, annoncée jusqu’à 792 km selon le cycle WLTP, un chiffre qui place la CLA parmi les berlines électriques les plus endurantes de son segment. L’accumulation de ces caractéristiques de haut niveau confère à cette berline compacte premium une proposition particulièrement attractive, aussi bien pour un usage quotidien que pour les longs trajets. Elle illustre également la maturité technologique atteinte par Mercedes-Benz avec sa plateforme MMA (Mercedes Modular Architecture), pensée dès l’origine pour un usage électrique.

    MB.OS & MBUX : l’intelligence au volant

    Au-delà de ses performances pures, la Mercedes-Benz CLA met également en avant une évolution notable de l’expérience utilisateur, portée par l’introduction du nouveau système d’exploitation MB.OS et d’une interface MBUX de dernière génération. L’objectif affiché par le constructeur est clair : centraliser les fonctions du véhicule au sein d’un environnement numérique plus cohérent et plus lisible.

    MB.OS sert également de socle aux assistances à la conduite de dernière génération, telles que le régulateur adaptatif, le maintien dans la voie ou encore l’assistance en circulation dense. Sans bouleverser les standards existants du marché, la CLA s’inscrit dans une approche visant à fluidifier l’interaction entre le conducteur et les aides électroniques.

    source : Mercedes-Benz

    Enfin, Mercedes conserve une approche équilibrée entre digitalisation et confort. L’habitacle privilégie une ergonomie sobre, des matériaux de qualité et une isolation acoustique soignée.

    Un modèle pour 2026… et au-delà

    Disponible depuis la mi-2025 en Europe, la nouvelle Mercedes-Benz CLA a déjà suscité un fort intérêt sur le marché, avec des commandes bien au-delà des prévisions initiales, selon la marque. Sa déclinaison électrique (CLA 250+ EQ, CLA 350 4MATIC EQ) est proposée dès le lancement de la berline, tandis que la CLA Shooting Brake électrique suivra en mars 2026, rejointe par des versions hybrides 48 V sur les deux carrosseries. Une stratégie produit diversifiée qui permet au constructeur allemand de couvrir une large partie du segment premium électrifié.

    source : Mercedes-Benz

    Dans plusieurs essais indépendants, la CLA a également été saluée pour sa tenue de route, son confort et sa capacité à rivaliser avec des références comme la Tesla Model 3, grâce à un coefficient aérodynamique record (environ 0,21) et à une plateforme MMA4 modulaire pensée pour maximiser l’efficacité globale.

    Une étoile montante de l’électromobilité

    En décrochant le titre de Voiture européenne de l’année 2026, la Mercedes-Benz CLA confirme qu’elle incarne une vision moderne de l’automobile électrique, où autonomie, efficience, technologie et plaisir de conduite s’allient avec réussite.

    Cette distinction, obtenue au cœur du Salon de l’automobile de Bruxelles, souligne l’importance croissante des modèles électriques premium sur le marché européen et consacre la CLA comme l’un des modèles clés de l’année à venir, ainsi qu’une référence dans la transition vers une mobilité plus durable.

  • Professionnels face à l’électrique : Zoom sur le grand dilemme

    Professionnels face à l’électrique : Zoom sur le grand dilemme

    Sous l’effet combiné des ZFE, des objectifs climatiques européens et d’un faisceau d’aides publiques, l’électrification des flottes professionnelles progresse en France et en Europe. Mais derrière la dynamique globale se cachent des disparités selon les métiers. Taxis et VTC sont poussés à marche forcée, les transporteurs avancent par expérimentations ciblées, tandis que les artisans et utilisateurs de véhicules utilitaires légers restent à la traîne, freinés par l’économie d’usage et l’instabilité des dispositifs de soutien. Un paysage contrasté qui interroge la trajectoire réelle de décarbonation du transport professionnel.

    Crédit photo : Envato

    La transition énergétique des flottes professionnelles ne suit pas une courbe uniforme. Contrairement aux particuliers, dont l’adoption du véhicule électrique reste largement conditionnée au prix d’achat et à l’autonomie, les professionnels sont d’abord confrontés à des obligations réglementaires. ZFE, restrictions d’accès, fiscalité différenciée et exigences contractuelles jouent un rôle central dans les décisions d’investissement. Dans ce contexte, l’électrique progresse moins comme un choix spontané que comme une réponse à des contraintes croissantes. Ceci est parfaitement visible dans les métiers de la mobilité quotidienne en zone dense, là où l’accès au marché dépend directement de la conformité environnementale des véhicules utilisés.

    Taxis et VTC : l’électrique comme condition de travail

    Pour les taxis et VTC, l’échéance est désormais clairement posée. Dans les 48 zones à faibles émissions (ZFE) françaises, les motorisations thermiques deviennent progressivement incompatibles avec l’activité professionnelle. À partir de 2025, les VTC devront obligatoirement utiliser des véhicules dits “ZFE compatibles”, c’est-à-dire électriques ou très faiblement émetteurs, pour continuer à opérer dans ces territoires. Certains textes et projections évoquent un parc de VTC composé à 80 % de véhicules électriques dès 2026 dans les grandes métropoles. Une perspective qui accélère mécaniquement le renouvellement des flottes, souvent au détriment des motorisations hybrides classiques, désormais perçues comme une solution transitoire.

    Pour accompagner ce basculement, les pouvoirs publics ont déployé un ensemble d’aides particulièrement incitatif. Bonus écologique, prime à la conversion, exonérations fiscales spécifiques aux véhicules électriques professionnels et dispositifs locaux liés aux ZFE permettent, dans certains cas, de cumuler jusqu’à environ 18 000 euros d’aides pour l’acquisition d’un VTC électrique. Un niveau de soutien sans équivalent dans les autres segments professionnels, qui explique en grande partie l’avance prise par ce secteur. Si le coût d’achat initial reste élevé, le raisonnement se fait désormais en coût total de possession, intégrant carburant, entretien, fiscalité et accès au marché. Pour un chauffeur urbain à fort kilométrage, l’électrique devient presque obligatoire.

    Crédit photo : MAN eTGX – Man

    Transporteurs : l’électrique par segments et par flux

    Côté transport routier de marchandises, la situation est assez différente. En 2024, les camions lourds zéro émission ne représentaient encore qu’entre 1,3 et 2,3% du marché européen selon les segments. Un chiffre en progression rapide, porté par les grands groupes logistiques et les transporteurs les plus structurés. Certains constructeurs ont pris une avance notable. Volvo Trucks, par exemple, revendiquait fin 2024 près de 47 % du marché européen des poids lourds électriques avec environ 1 970 camions électriques immatriculés. Un volume encore limité, mais révélateur d’une phase de déploiement industriel qui dépasse désormais le simple stade du pilote. Cette adoption reste très ciblée. Les usages privilégiés concernent la distribution urbaine, le transport régional, la logistique e-commerce ou les flux réguliers à distance maîtrisée… des segments où l’autonomie, la recharge et la planification peuvent être optimisées sans bouleverser l’organisation opérationnelle.

    Malgré ces avancées, les obstacles restent nombreux. Le coût total de possession demeure élevé pour une grande partie des transporteurs, notamment les PME, et l’investissement dans les infrastructures de recharge dédiées au fret constitue un frein majeur. Plusieurs dizaines de milliers de points de recharge haute puissance seraient nécessaires à l’échelle européenne d’ici 2030 pour soutenir un véritable passage à l’échelle. À cela s’ajoutent des incertitudes réglementaires et économiques. La visibilité sur les aides futures, les normes d’émissions, ou encore la valorisation du transport zéro émission dans les appels d’offres reste insuffisante pour sécuriser des investissements lourds sur dix ou quinze ans. Résultat : l’électrique avance, mais prudemment, par poches d’usage bien identifiées.

    Artisans et véhicules utilitaires légers : le grand retard

    C’est sans doute sur les artisans et les véhicules utilitaires légers que le contraste est le plus marqué. En 2024, le diesel représentait encore environ 85,5 % du marché européen des VUL (Véhicules Utilitaires Légers) jusqu’à 3,5 tonnes. Pire, les immatriculations de camionnettes électriques à batterie avaient reculé d’environ 9 % par rapport à 2023, malgré une hausse globale du marché. Cette tendance illustre la très forte sensibilité de ce segment aux politiques d’incitation. Dans les pays où les avantages fiscaux sont élevés et les restrictions urbaines strictes, l’électrique progresse. À l’inverse, les réductions ou les suppressions des aides a entraîné un net coup d’arrêt dans d’autres pays, comme la France. Ici, la question n’est pas idéologique mais fonctionnelle. Charge utile, autonomie réelle sous charge, capacité de remorquage, accès à une solution de recharge au dépôt ou au domicile, autant de critères déterminants qui ne sont pas encore pleinement couverts par l’offre actuelle.

    En France, la bascule vers l’électrique pour les VUL dépend largement des contraintes locales. L’accès aux centres-villes et aux chantiers en ZFE devient progressivement un facteur décisif, tout comme le maintien de primes spécifiques pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros pour une camionnette électrique. Sans ces leviers, l’électrique peine à s’imposer face à des modèles diesel encore très compétitifs en coût d’usage et parfaitement adaptés aux contraintes professionnelles. Là encore, la transition apparaît moins comme une dynamique de marché que comme un équilibre fragile entre contraintes réglementaires et soutiens financiers.

    Crédit photo : Renault Trucks

    Une trajectoire éloignée des objectifs climatiques

    Au-delà des spécificités sectorielles, une tendance transversale se dessine clairement. La régulation agit aujourd’hui comme le principal moteur de l’électrification des flottes professionnelles, en particulier pour les métiers exposés aux ZFE et aux centres urbains. À l’inverse, là où la contrainte est moindre, la transition avance plus lentement, voire marque le pas. Pour les transporteurs longue distance, l’électrique reste cantonné à des usages précis en attendant une baisse plus significative du coût des batteries et un déploiement massif de la recharge haute puissance. Pour les artisans, l’adoption dépend toujours d’un triptyque étroit : aides, restrictions locales et adéquation technique des véhicules. À ce stade, l’ensemble de ces segments reste en décalage avec les trajectoires de neutralité carbone fixées à l’horizon 2030-2035 pour les flottes professionnelles. Sans visibilité renforcée sur les politiques publiques et sans accélération de l’offre industrielle, la transition risque de rester fragmentée, inégale, et fortement dépendante de la contrainte plutôt que de l’adhésion.

    Sources : Renault Trucks, Volvo Trucks, CLF Formation, Connaissances des énergies

  • Jeep Wagoneer S : l’offensive américaine à l’assaut du premium européen

    Jeep Wagoneer S : l’offensive américaine à l’assaut du premium européen

    Avec la Wagoneer S, Jeep signe un tournant stratégique majeur. Pour la première fois de son histoire, la marque américaine lance un SUV pensé dès l’origine comme un modèle 100 % électrique, puissant, technologique et clairement positionné sur le segment premium. D’abord réservé à l’Amérique du Nord, ce grand SUV de 600 chevaux est attendu en Europe à partir de 2026. Un véhicule ambitieux, mais encore entouré de zones d’ombre.

    Crédit photo : Jeep Canada

    Une Jeep électrique qui rebat les cartes

    La Jeep Wagoneer S ne se contente pas d’ajouter une motorisation électrique à une gamme existante. Il inaugure une nouvelle ère pour la marque, tant sur le plan technique que symbolique. Basé sur la plateforme STLA Large du groupe Stellantis, il s’inscrit d’emblée dans le segment des grands SUV premium, avec une longueur proche de 5 mètres et une largeur dépassant les deux mètres. Ce positionnement tranche avec l’image traditionnelle de Jeep, longtemps associée à des véhicules plus rustiques ou orientés tout-terrain. Le Wagoneer S vise désormais les BMW iX, Mercedes EQE SUV ou Audi Q8 e-tron, avec une approche très américaine du luxe électrique, mêlant puissance brute, confort et suréquipement.

    Sur le plan mécanique, le Wagoneer S impressionne. Deux moteurs électriques synchrones à aimants permanents, un sur chaque essieu, assurent une transmission intégrale et développent une puissance cumulée de 600 chevaux, soit environ 447 kW. Ces chiffres se traduisent par des performances rarement associées à un SUV de ce gabarit. Le 0 à 100 km/h est expédié en environ 3,4 secondes, faisant du Wagoneer S l’un des Jeep les plus rapides jamais produits. Une démonstration claire de la volonté de la marque de s’imposer aussi sur le terrain de la performance électrique.

    Recharge rapide en 400 V mais une autonomie indéfinie

    L’énergie est fournie par une batterie lithium-ion d’environ 100 à 100,5 kWh de capacité brute, intégrée à une architecture électrique en 400 volts. Ce choix technique reste cohérent avec de nombreux modèles du segment, mais tranche avec certains concurrents premium déjà passés au 800 volts, capables d’atteindre des puissances de recharge plus élevées. Jeep annonce néanmoins un passage de 20 à 80 % de charge en environ 23 minutes sur borne rapide DC, une valeur compétitive pour un véhicule de ce gabarit. Reste à voir comment cette performance se traduira dans les conditions européennes et sur les réseaux de recharge publics.

    En revanche, l’autonomie officielle n’est connue que selon le cycle américain EPA. Jeep communique sur une valeur supérieure à 300 miles, soit environ 480 kilomètres. Certaines estimations journalistiques évoquent une autonomie WLTP autour de 520 kilomètres, mais ce chiffre n’a pas encore été validé par une homologation européenne officielle. Avec une batterie d’environ 100 kWh, le Wagoneer S se situerait dans la moyenne haute des grands SUV électriques, sans toutefois rivaliser avec les références les plus sobres du marché. Le poids élevé et les performances annoncées laissent présager une consommation significative.

    Plateforme premium et intérieur ultra-technologique

    Le Wagoneer S est l’un des premiers modèles à exploiter pleinement la plateforme STLA Large de Stellantis. Cette architecture permet l’intégration de batteries de grande capacité, la gestion de transmissions intégrales électriques et l’adaptation à différents marchés mondiaux. Jeep y greffe son savoir-faire maison, notamment à travers le système Selec-Terrain, décliné en modes Auto, Sport, Eco, Neige ou Sable. Même si le Wagoneer S vise avant tout la route, la marque entend conserver un ADN de polyvalence et de motricité, y compris sur surfaces dégradées.

    À bord, le Wagoneer S revendique un univers résolument premium. Jeep met en avant plus de 45 pouces d’écrans cumulés, incluant un combiné numérique, un grand écran central et un écran dédié au passager avant, le tout animé par le système Uconnect 5. La montée en gamme est également visible du côté de l’audio, avec une installation pouvant atteindre 19 haut-parleurs, plus de 1 100 watts de puissance et, selon les marchés, une signature McIntosh. Les aides à la conduite sont aussi ambitieuses, avec plus de 170 fonctions d’assistance et de sécurité annoncées sur certaines versions.

    Crédit photo : Jeep Canada

    Flou persistant sur le prix mais grandes ambitions

    Présenté officiellement en 2024 et commercialisé en Amérique du Nord à partir du millésime 2025, le Jeep Wagoneer S est attendu en Europe courant 2026. Sa présentation sur plusieurs salons européens confirme cette ambition, mais de nombreuses questions restent ouvertes. Le prix constitue la principale inconnue. Aux États-Unis, les premières versions s’affichent autour de 67 000 dollars hors aides, mais aucune grille tarifaire européenne n’a encore été communiquée. Fiscalité, équipements spécifiques à l’UE et homologation WLTP pourraient sensiblement modifier son positionnement face aux références allemandes du segment.

    Plus qu’un simple nouveau modèle, le Wagoneer S joue le rôle de vitrine technologique pour Jeep et, plus largement, pour Stellantis. Il incarne la volonté du groupe de s’imposer sur le haut du marché électrique, avec une proposition audacieuse, puissante et très marquée culturellement. Reste désormais à transformer l’essai en Europe. Autonomie réelle, prix final et perception de la marque sur le segment premium seront déterminants pour juger si ce grand SUV électrique américain peut réellement bousculer l’ordre établi.

    Sources : Jeep Canada, Stellantis, Groupe Chopard

    Crédit photo : Jeep Canada

  • Salon de l’automobile de Bruxelles 2026 : À quoi s’attendre ?

    Salon de l’automobile de Bruxelles 2026 : À quoi s’attendre ?

    Le Salon de l’automobile de Bruxelles se prépare à vivre une nouvelle édition qui promet d’être plus intense, populaire et stratégique que jamais. Du 9 au 18 janvier 2026, le Brussels Expo ouvre les portes de sa 102ᵉ édition du Brussels Motor Show, un rendez-vous incontournable qui, après avoir renoué avec son public l’an dernier, confirme sa place comme le premier salon automobile de l’année en Europe pour constructeurs, passionnés et professionnels de la mobilité.

    source : newmobility.news

    Un salon historique qui traverse les époques

    Créé il y a plus d’un siècle, le Salon de l’automobile de Bruxelles est l’un des plus anciens salons automobiles encore en activité en Europe. Longtemps rendez-vous annuel attendu de toute la filière, il avait connu des complications ces dernières années, avec notamment l’annulation de l’édition 2024 pour des raisons d’adéquation avec les attentes du marché.

    source : Gocar

    Mais, fort d’un retour célébré en 2025, l’événement s’est imposé comme un marqueur incontournable du calendrier automobile, attirant en moyenne plus de 300 000 visiteurs, devenant un observatoire privilégié des transformations du secteur.

    102e édition : ambitions et premières mondiales

    La version 2026 du salon ne fait pas dans la demi-mesure. Pas moins de 64 marques automobiles seront présentes, soit une de plus que l’année précédente couvrant près de 95% de l’offre du marché belge.

    L’édition 2026 occupe une surface globale d’environ 60 000 m² répartis sur les palais 5, 6, 7, 9, 11, le Patio et le nouveau Hall Astrid, récemment intégré pour répondre à la demande croissante des exposants.

    Plus remarquable encore : ce salon affiche déjà un programme dense de révélations, avec 39 premières annoncées (mondiales, européennes et belges). Parmi les modèles les plus attendus, le Kia EV2 fera sa première mondiale, un SUV, tandis que Hyundai dévoilera son plus grand EV, intégrant une technologie de recharge en 800 V. Opel mettra à l’honneur les nouvelles Astra et Astra Sports Tourer, ainsi que le Grandland Electric AWD. Du côté des Français, Peugeot présentera le nouveau 408 et la version E-208 GTi électrique, confirmant l’appétit du marché pour des modèles compacts et sportifs électrifiés.

    source : largus

    Cette diversité souligne l’ampleur de la mutation du secteur : électrification, SUV compacts et technologies innovantes seront au cœur de l’attention, et le salon se profile comme le lieu privilégié pour observer la mobilité de demain.

    Moto et mobilité : une édition plus large et plus ouverte

    Un autre signe fort de l’évolution du salon : le retour des motos, pour la première fois depuis 2020. Ce sont 28 marques de deux-roues motorisés qui exposeront dans un espace dédié du palais 9, réunissant motards, passionnés et curieux autour des dernières évolutions techniques, électriques et thermiques du segment.

    Cette évolution élargit la portée de l’événement bien au-delà de l’automobile classique et traduit une vision plus complète de la mobilité, où voitures, motos et mobilités alternatives cohabitent pour présenter aux visiteurs l’état de l’art de la mobilité motorisée

    Voiture de l’année et animations : une expérience complète

    Le 9 janvier, a eu lieu la cérémonie de la Car of the Year, l’élection de la Voiture européenne de l’année, un moment fort qui attire chaque année l’attention des médias et des passionnés. Cette année, c’est la Mercedes-Benz CLA qui a décroché le titre tant convoité de la Voiture de l’année 2026. Le modèle de la marque allemande succède à la Renault 5 E-Tech (2025) et au Renault Scenic E-Tech (2024)

    source : Mercedes-Benz

    Mais le salon ne se limite pas à exposer des voitures : une série d’animations conviviales, ludiques et pédagogiques est prévue pour tous les publics. Simulateurs de conduite, espaces pour enfants, zones interactives, rencontres avec influenceurs automobiles et présentations techniques complètent l’offre d’exposition.

    Un rendez-vous stratégique pour l’électromobilité

    Pour les acteurs de l’électromobilité, constructeurs, équipementiers, fournisseurs d’infrastructures de recharge ou décideurs politiques, le salon de Bruxelles est devenu un observatoire majeur. Il offre un lieu unique pour présenter les nouvelles solutions électriques, discuter des défis d’infrastructure, des standards de recharge et des stratégies de transition énergétique.

    La présence de nombreux modèles EV, hybrides et concept cars électriques permet aussi de mesurer l’appétit du public belge et européen pour ces technologies, ainsi que l’engagement des constructeurs sur le terrain de l’électricité.

    Du salon belge au rendez-vous européen de la mobilité

    Du haut de ses 102 éditions, le Salon de l’automobile de Bruxelles s’impose aujourd’hui comme plus qu’une simple exposition de voitures. Il est devenu un espace stratégique où se croisent tendances de marché, innovations technologiques et attentes des consommateurs.

    Avec un programme riche en premières mondiales, des animations variées, le retour des motos, et une couverture presque exhaustive du secteur auto et deux-roues, l’édition 2026 s’annonce comme une référence pour l’année automobile qui débute.