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  • L’électrique conquiert l’avenir américain

    L’électrique conquiert l’avenir américain

    Pourquoi les véhicule éléctriques surperforment les hybrides dans la révolution automobile américaine?

    L’année 2025 marque un moment décisif dans le parcours automobile américain. Pendant des décennies, le moteur à combustion interne a dominé les routes américaines, façonnant les villes, les économies et les modes de vie. Puis sont arrivés les hybrides, une technologie de transition importante conçue pour réduire la consommation de carburant sans abandonner complètement l’essence. Aujourd’hui, les véhicules électriques (VE) se positionnent fermement au centre de l’avenir.

    Alors que les consommateurs américains pèsent leurs choix entre véhicules électriques (VE) et hybrides en 2025, la réponse devient de plus en plus claire : les véhicules 100% électriques sont le choix supérieur en termes de performance, d’efficacité des coûts, de responsabilité environnementale et de valeur à long terme. Les hybrides représentaient autrefois le progrès. Aujourd’hui, ils incarnent le compromis.

    Cette comparaison exhaustive explore pourquoi les VE ne sont plus une simple alternative, mais la solution automobile dominante pour l’Amérique.​

    Le changement n’est plus à venir – il est là

    Il y a cinq ans, les VE étaient souvent qualifiés de « futur ». En 2025, ils sont le présent. Les véhicules électriques sont désormais largement disponibles dans presque tous les segments : berlines, SUV, pick-ups, crossovers et même voitures de performance. Les routes américaines se peuplent de plus en plus de véhicules plus silencieux, plus rapides, plus propres et moins chers à exploiter que leurs prédécesseurs à essence.
    Les hybrides existent toujours, mais leur rôle a changé. Ce qui était autrefois une étape intermédiaire est devenu une solution technique à mi-chemin, ni pleinement efficace ni prête pour l’avenir.​

    Prix d’achat: l’écart se rétrécit rapidement

    L’un des arguments les plus durables en faveur des hybrides a été leur coût initial plus bas. En 2025, cet argument perd rapidement de sa force. force.

    1 – Accessibilité des VE

    Les véhicules électriques couvrent désormais une large gamme de prix, des modèles d’entrée de gamme abordables aux offres premium de luxe. L’augmentation de la production domestique, les améliorations technologiques des batteries et les économies d’échelle font baisser les prix des VE année après année. De plus :.

    • De nombreux acheteurs de VE bénéficient d’incitations financières au point de vente.
    • Les options de location de VE sont souvent plus avantageuses que celles des hybrides.
    • Les économies sur les coûts d’exploitation compensent rapidement les prix initiaux plus élevés.​

    2 – Réalité des prix des hybrides

    Les hybrides peuvent sembler moins chers au départ, mais ils nécessitent toujours :

    • Essence.
    • Vidanges d’huile.
    • Systèmes d’échappement.
    • Entretien lié aux émissions.

    Quand on considère le coût total de possession, les hybrides perdent une grande partie de leur avantage tarifaire.

    Verdict : Les VE ne sont plus des expériences coûteuses ; ce sont des achats compétitifs et financièrement rationnels.​

    Coût total de possession: les ve dominent

    Quand les Américains achètent une voiture, la vraie question n’est pas le prix d’affichage, mais combien ce véhicule coûte sur la durée.

    1 – Avantages de possession des VE
    Les véhicules électriques brillent en possession à long terme :

    • L’électricité est nettement moins chère au mile que l’essence.
    • Moins de pièces mobiles signifie moins de pannes.
    • Pas de vidanges d’huile, de bougies, de courroies de distribution ou d’entretien de transmission.
    • Le freinage régénératif prolonge considérablement la durée de vie des freins.
    • Sur une période de possession de 5 à 8 ans, les propriétaires de VE dépensent routinièrement des milliers de dollars de moins que les propriétaires d’hybrides.​

    2 – Fardeau des coûts des hybrides

    Les hybrides reposent encore sur des moteurs à combustion interne. Cela implique :

    • Coûts de carburant continus.
    • Usure du moteur.
    • Complexité des doubles groupes propulseurs.
    • Risque d’entretien plus élevé à long terme.
    • Les hybrides combinent deux systèmes : électrique et essence, tandis que les VE simplifient la possession en éliminant l’un d’eux entièrement.

    Verdict : Les VE l’emportent de manière décisive sur le coût à vie.​

    Performance : l’électrique est simplement meilleure

    C’est dans l’expérience de conduite que les VE surpassent complètement les hybrides.

    1 – Couple instantané

    Les moteurs électriques délivrent la puissance instantanément. Pas de délai, pas de changement de vitesse, pas d’hésitation. L’accélération est fluide, silencieuse et immédiate. De nombreux VE surpassent les voitures de sport traditionnelles en accélération, même dans les tranches de prix courantes.​

    2 – Confort de conduite

    Les VE offrent :

    • Cabines silencieuses.
    • Livraison de puissance fluide.
    • Moins de vibrations.
    • Répartition équilibrée du poids grâce aux batteries montées au plancher.

    Les hybrides, en revanche, dépendent encore de moteurs essence qui s’allument et s’éteignent, perturbant souvent l’expérience de conduite.

    Verdict : Les VE ne sont pas seulement plus propres ; ils sont plus agréables à conduire.​

    Anxiété de l’autonomie : un mythe du passé

    L’un des mythes les plus persistants sur les VE est l’anxiété de l’autonomie. En 2025, cette préoccupation est largement dépassée.

    1 – Autonomie des VE modernes
    La plupart des véhicules électriques offrent aujourd’hui :

    • 400–650+ km sur une seule charge.
    • Une autonomie réelle adaptée aux trajets quotidiens et aux voyages longue distance.
    • Navigation prédictive intégrant automatiquement les arrêts de recharge.​

    2 – Praticité de recharge

    • La recharge à domicile offre une commodité inégalée : branchez la nuit, réveillez-vous à pleine charge.
    • Les réseaux publics de recharge rapide se développent rapidement.
    • Les temps de charge diminuent grâce aux avancées des batteries et des chargeurs.
    • Les hybrides évitent la recharge, mais au prix d’une dépendance persistante à l’essence.

    Verdict : L’autonomie des VE n’est plus une limite ; c’est un atout compétitif.​

    INFRASTRUCTURE : L’AMÉRIQUE ÉLECTRIQUE PREND FORMES

    L’infrastructure de recharge américaine en 2025 est plus solide que jamais.

    1 – Expansion de la recharge

    Les bornes de recharge sont désormais courantes :

    • Sur les autoroutes.
    • Dans les centres commerciaux.
    • Dans les complexes d’appartements.
    • Dans les bureaux.
    • À l’hôtel et dans les aéroports.

    L’écosystème national de recharge continue de progresser en fiabilité, vitesse et accessibilité.​

    2 – Avantage de la recharge domestique

    Les propriétaires de VE profitent de la commodité ultime :

    • Pas d’arrêts en station-service.
    • Pas de volatilité des prix du carburant.
    • Pas d’attente en file.

    Les propriétaires d’hybrides dépendent encore des stations essence – une contrainte dépassée dans le monde moderne.

    Verdict : La croissance de l’infrastructure favorise massivement les VE, pas les hybrides.​

    Impact environnemental : les ve mènent, les hybrides suivent

    Les hybrides réduisent la consommation de carburant, mais n’éliminent pas les émissions. Les véhicules électriques :

    • Produisent zéro émission à l’échappement.
    • Améliorent la qualité de l’air urbain.
    • Réduisent la dépendance aux combustibles fossiles.
    • S’alignent sur une production d’énergie plus propre au fil du temps.

    Les hybrides brûlent encore de l’essence tous les jours. Ils émettent encore des polluants. Ils dépendent encore du pétrole. À mesure que l’Amérique passe à une énergie plus propre, les VE deviennent automatiquement plus verts sans changer de véhicule.​

    Verdict : Les VE sont la seule véritable solution pour un transport durable.​

    Entretien et fiabilité : la simplicité l’emporte

     Crédit : Envato par Pedrulito

    1- Simplicité des VE

    Les véhicules électriques sont mécaniquement plus simples :

    • Pas de moteur.
    • Pas de transmission.
    • Pas d’échappement.
    • Pas de système de carburant.

    2- Cette simplicité se traduit par :

    • Moins de visites d’entretien.
    • Factures de réparation plus basses.
    • Fiabilité accrue.​

    3 – Complexité des hybrides

    Les hybrides contiennent :

    • Un moteur essence complet.
    • Un moteur électrique.
    • Un système de batterie.
    • Une coordination logicielle complexe.

    Plus de systèmes signifient plus de points de défaillance potentiels.

    Verdict : Les VE sont plus faciles à posséder et à entretenir.​

    Valeur de revente : la confiance en les ve augmente

    Les premières inquiétudes sur la revente des VE se sont estompées. Les VE modernes :

    • Conservent bien leur valeur grâce à une forte demande.
    • Bénéficient d’une longévité accrue des batteries.
    • Sont de plus en plus désirables sur le marché de l’occasion.
    • Les hybrides font face à une concurrence croissante des VE d’occasion, qui offrent de meilleures performances et des coûts d’exploitation plus bas.​

    Verdict : La confiance en la revente des VE continue de se renforcer.

    Qui doit encore acheter un hybride ?

    es hybrides ont encore un sens pour un groupe restreint d’acheteurs :

    • Conducteurs sans accès à la recharge.
    • Utilisateurs ruraux extrêmement isolés.
    • Acheteurs réticents à changer leurs habitudes de ravitaillement.

    Cependant, ces scénarios deviennent moins courants chaque année. Pour la grande majorité des conducteurs américains, les VE sont désormais le choix le plus intelligent.​

    Verdict final : l’électrique est le vainqueur évident

    En 2025, la comparaison entre VE et hybrides n’est plus serrée.

    CatégorieGagnant
    PerformanceEV
    Impact sur l’environnement EV
    MaintenanceEV
    Expérience de conduiteEV
    Préparation à l’avenirEV

    Les hybrides ont joué leur rôle, mais cette ère s’achève. Les véhicules électriques ne sont pas une tendance. Ils ne sont pas expérimentaux. Ils ne sont pas de niche. Ils sont le nouveau standard américain.​

    À l’horizon : la prochaine décennie appartient aux ve

    À mesure que les coûts des batteries baissent, que l’infrastructure de recharge s’étend et que la confiance des consommateurs grandit, l’élan des VE est irréversible. Les hybrides s’estomperont. L’essence déclinera. Les véhicules électriques définiront la mobilité, l’innovation et la liberté sur les routes américaines.

  • L’UE recule sur 2035 : adieu le 100 % électrique

    L’UE recule sur 2035 : adieu le 100 % électrique

    C’est un tournant majeur dans la politique climatique européenne. Hier à Bruxelles, la Commission européenne a mis un terme à l’un des symboles du Green Deal : l’interdiction totale de la vente de véhicules à moteur thermique à partir de 2035. Le principe du « zéro gramme de CO₂ à l’échappement » disparaît au profit d’un objectif jugé plus réaliste : une réduction de 90 % des émissions moyennes des voitures neuves par rapport à 2021.

    Autrement dit, Bruxelles conserve la trajectoire vers la neutralité carbone en 2050, mais introduit une marge de flexibilité limitée après 2035. Des véhicules thermiques ou hybrides pourront encore être vendus, à condition de compenser leurs émissions via des carburants synthétiques, des biocarburants durables ou des procédés industriels bas carbone. Ce n’est pas un renoncement, mais un ajustement entre ambition climatique et réalité économique.

    Pourquoi Bruxelles infléchit sa stratégie

    Fort heureusement pour les objectifs climatiques, ce recul apparent n’est pas idéologique. En effet, il s’inscrit dans une logique de réalisme industriel. En 2025, même si les ventes de véhicules 100 % électriques augmentent en France, elles stagnent sur plusieurs marchés, notamment en Allemagne, en Italie et dans certains pays d’Europe centrale. Le prix élevé des modèles, la dépendance encore trop importante à la Chine pour les batteries et le retard des infrastructures fragilisent le plan initial.

    Le commissaire européen Stéphane Séjourné évoque à ce sujet une « approche pragmatique » : le tout-électrique forcé, imaginé en 2023, se heurte aux réalités économiques de 2025.

    Le cadre initial du Green Deal

    Reprenons le texte qui régissait cette vision de l’industrie automobile future : le « Green Deal européen ». Il prévoyait qu’à partir de 2035, toute voiture neuve serait à zéro émission directe. En bref, les voitures essence, diesel et hybrides rechargeables n’auraient pas pu être vendues neuves. Logiquement, il restait le 100 % électrique ou l’hydrogène.

    Un objectif ambitieux, mais difficile à tenir sans casse industrielle. Et effectivement, face au coût des batteries et à la pression asiatique, Bruxelles admet que le rythme doit changer. Le nouvel objectif de –90 % conserve la direction, mais donne un peu d’air à une industrie sous tension.

    –90 % d’émissions : ce que ça change

    Avec ce nouvel objectif, la grande majorité des ventes restera électrique ou à zéro émission directe. Mais une petite marge de flexibilité pourrait être accordée : les constructeurs auraient la possibilité d’inclure une part limitée de modèles thermiques ou hybrides, à condition que la moyenne des émissions de CO₂ de leur flotte respecte la baisse de 90 % par rapport à 2021.

    Ces quelques modèles, tolérés à la marge, devraient s’appuyer sur des carburants de synthèse, des biocarburants ou des procédés de production bas carbone pour compenser leur impact. Pour les constructeurs, ce scénario offrirait un levier de transition, le temps de rentabiliser leurs plateformes hybrides et d’accompagner la montée en puissance du tout-électrique.

    Berlin et Rome en première ligne

    Derrière ce compromis, l’Allemagne et l’Italie ont pesé de tout leur poids. Les décideurs allemands plaidaient depuis des mois pour la reconnaissance des e-fuels. Rome, de son côté, voulait préserver ses sites de production thermique, essentiels à son tissu industriel.

    Côté français, la réticence dominait au premier abord, puis la France a fini par accepter, à condition de protéger les investissements européens réalisés dans l’électrique. Emmanuel Macron a souligné la nécessité de renforcer la filière européenne plutôt que de la fragiliser.

    L’électrique reste au cœur

    Pour autant, malgré une décision qui pourrait tempérer l’élan des constructeurs de voitures électriques, Bruxelles ne tourne pas le dos à la mobilité zéro émission. Au contraire, la Commission entend préserver l’électrique comme pilier central de la décarbonation du transport routier, tout en ajustant sa stratégie industrielle.

    Le nouveau cadre s’accompagne d’un soutien accru aux petites voitures électriques fabriquées en Europe, afin de contrer les modèles chinois à bas coût.

    La Commission promet également de simplifier les procédures industrielles, comme les procédures d’homologation, d’assouplir les aides d’État pour encourager l’investissement dans les usines de batteries et d’accélérer les projets de gigafactories. De plus, l’idée serait de favoriser l’innovation dans les batteries solides, la recharge bidirectionnelle et le recyclage.

    source : netcarshow

    ONG en colère, industrie soulagée

    Mais cette réorientation plus réaliste, largement tournée vers la compétitivité européenne, ne fait pas l’unanimité. En effet, les ONG dénoncent un recul climatique et un signal brouillé envoyé à l’industrie. À ce sujet, Greenpeace parle d’un « pas en arrière historique ».

    À l’inverse, les constructeurs accueillent le compromis comme une bouffée d’air : il leur offre un délai supplémentaire pour financer la montée en puissance du tout-électrique sans mettre en péril leur équilibre financier.

    Et maintenant ?

    La proposition devra être validée par le Parlement européen et les États membres courant 2026. Si elle passe, la transition restera largement électrique, mais plus soutenable pour l’industrie.

    Pour les constructeurs, l’enjeu est clair : proposer des voitures électriques compétitives, désirables et abordables, tout en continuant à innover.

    Cette décision européenne marque la fin d’une transition pensée sans amortisseurs, pour le début d’une ère plus pragmatique.

  • La F1 entre dans l’ère hybride

    La F1 entre dans l’ère hybride

    La saison 2025 de Formule 1, qui vient de s’achever, restera dans les annales : le pilote McLaren, Lando Norris, a décroché son tout premier titre mondial après un championnat haletant. Pour l’écurie anglaise, c’est un triomphe historique, mais derrière les célébrations, un autre tournant majeur se dessine : la fin des moteurs “classiques” et le début d’une ère hybride renforcée, dès la saison 2026.

    source : FIA
    source : FIA

    Une révolution sous le capot

    Les monoplaces conserveront un moteur V6 turbo de 1,6 litre, comme aujourd’hui, mais avec une répartition énergie/puissance profondément modifiée. L’élément central de ce changement ? La puissance électrique va tripler, passant d’environ 120 kW à environ 350 kW, soit 475 ch, via le système MGU-K. Concrètement, la partie électrique pourra fournir près de 50 % de la puissance totale.

    L’ancienne unité MGU-H est un petit moteur qui transforme la chaleur des gaz d’échappement en énergie électrique pour aider la voiture à avancer plus vite. Avec les règles 2026, on supprime cette pièce. Mais même sans elle, la voiture devient plus simple et plus efficace : grâce aux autres systèmes hybrides, chaque fois que la voiture freine ou accélère, elle peut récupérer beaucoup plus d’énergie qu’avant, jusqu’à 8,5 MJ par tour, soit quasiment le double des systèmes actuels.

    Une puissance totale préservée

    Évidemment, ces innovations sont produites dans un objectif clair de maintien des performances et renforcent donc le spectacle que sont les courses automobiles. Avec ces changements, la puissance globale des moteurs 2026 reste extrêmement élevée, avec un total estimé à un peu moins de 1 000 ch (thermique + électrique).

    Ce qui change, c’est la diminution de la puissance du moteur thermique. Il voit sa puissance légèrement réduite à environ 400 kW, contre 550 kW actuellement.

    D’autres innovations modifiant la voiture en elle-même apparaîtront dès la saison prochaine. En effet, l’aérodynamique des monoplaces est largement modifiée, avec un objectif clair : réduire la traînée, limiter l’appui excessif et améliorer l’efficience énergétique.

    Pour illustrer ces propos, les F1 de 2026 seront plus compactes et plus légères, avec une réduction de la largeur (1,90 m contre 2 m aujourd’hui) et de l’empattement, selon les dernières orientations de la FIA. Mais la véritable révolution vient de l’introduction d’une aérodynamique active, une première à cette échelle dans l’histoire récente de la discipline. Les monoplaces disposeront de deux modes aérodynamiques distincts :

    • un mode faible traînée pour les lignes droites,
    • un mode fort appui pour les phases de virage et de freinage.

    Ces changements interviennent dans l’objectif d’obtenir des Grands Prix plus disputés et plus exaltants pour les pilotes comme pour le public.

    source : FIA

    À la suite des premiers tests, Mercedes a révélé que les monoplaces de 2026 pourraient atteindre jusqu’à 400 km/h en vitesse de pointe. C’est bluffant lorsque l’on sait que le record de vitesse est détenu jusqu’ici par Valtteri Bottas, lors du Grand Prix du Mexique 2016, au cours duquel sa voiture avait atteint 372,6 km/h.

    Un objectif économique pour les constructeurs

    La réglementation 2026 ne vise pas seulement la performance, mais aussi la rationalisation. En simplifiant plusieurs composants du véhicule, la FIA entend réduire drastiquement les coûts de développement. Ce virage rend la Formule 1 plus attractive pour de nouveaux motoristes, en abaissant la barrière d’entrée technologique. Résultat : Audi rejoint officiellement la grille, Ford signe son grand retour en s’alliant avec Red Bull Powertrains, tandis que Cadillac devrait devenir également motoriste en 2029. L’élite du sport automobile s’ouvre ainsi à une concurrence renouvelée, plus diversifiée et durable dans le temps.

    Carburants durables et transition écologique

    Mais la révolution ne s’arrête pas à la puissance. En effet, ces moteurs hybrides seront alimentés par des carburants 100 % durables, et la quantité d’essence est réduite, passant d’environ 100 à 110 kg nécessaires aujourd’hui à 70 à 80 kg.

    Produits à partir de sources non fossiles, ces carburants seront basés sur des biocarburants avancés ou des carburants synthétiques dits « drop-in fuels », c’est-à-dire qu’ils peuvent être utilisés directement dans les moteurs sans modifications majeures. Ils permettent de réduire drastiquement l’empreinte carbone tout en restant compatibles avec l’architecture moteur actuelle.

    source : FIA

    Un tournant stratégique pour la F1

    Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, justifie ce choix fort d’augmentation de la part d’électrique dans les moteurs de F1 :
    « La FIA continue de pousser l’innovation et la durabilité dans tout notre portefeuille de sport automobile. Les réglementations de la motorisation pour 2026 en sont l’exemple le plus visible. »

    Ce virage technologique montre que la Formule 1 ne se contente plus d’être la vitrine des performances des meilleurs ingénieurs motoristes au monde : elle préfigure l’avenir de la mobilité mondiale, où l’électrification et la durabilité deviennent la norme. Mercedes, Red Bull Powertrains, Honda et Audi utilisent le championnat comme un terrain d’expérimentation extrême.

    Cette refonte s’inscrit dans une ambition environnementale plus large : atteindre la neutralité carbone d’ici 2030. Cet objectif « Net Zero Carbon », fixé par la FIA et la F1, repose sur trois piliers : l’emploi de carburants 100 % durables, la réduction des émissions sur l’ensemble du cycle de vie des courses et la compensation des impacts résiduels.

    source : FIA

    La F1 réinvente son ADN

    Avec la suppression de l’ancienne MGU-H, la puissance électrique multipliée, la récupération d’énergie optimisée et l’usage de carburants durables, la Formule 1 se réinvente.

    La saison 2025 se conclut donc sur deux victoires : celle de Lando Norris, et celle d’une Formule 1 qui entre dans une nouvelle ère, prête à démontrer que l’avenir du sport automobile est hybride… et durable.

  • Câble C1 : le pari d’un téléphérique en Île-de-France

    Câble C1 : le pari d’un téléphérique en Île-de-France

    Samedi 13 décembre 2025, Valérie Pécresse et différents élus ont inauguré le Câble C1, plus grand téléphérique urbain francilien. Long de 4,5 km, ce projet 100 % électrique divise les temps de trajet par deux entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges. Une révolution suspendue qui redéfinit la mobilité durable en milieu urbain sur-emprunté.

    crédit : Département du Val-de-Marne

    Une inauguration en fanfare à Limeil-Brévannes

    Ce samedi matin, la cérémonie d’inauguration s’est tenue à Limeil-Brévannes. Familles, élus et curieux se sont pressés dans les cinq stations du Câble C1 pour être parmi les premiers à embarquer dans ces cabines suspendues à parfois plus de 40 mètres au-dessus de plusieurs communes du Val-de-Marne. Au total, ce sont pas moins de dix personnes qui peuvent voyager dans une seule cabine, le tout en étant assises, en profitant d’une vue panoramique sur le territoire.

    À cette matinée étaient réunis une bonne partie des élus et des décideurs de ce projet qui a vu le jour en 2013, il y a 12 ans maintenant. En effet, Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France et d’Île-de-France Mobilités, était présente aux côtés de Marie Gautier-Melleray, préfète et secrétaire générale aux politiques publiques, Étienne Stoskopf, préfet du Val‑de‑Marne, Olivier Capitanio, président du Département du Val-de-Marne, Louis Boyard, député du Val‑de‑Marne, ainsi que les maires des communes traversées : Françoise Lecoufle (Limeil-Brévannes), Kristell Niasme (Villeneuve-Saint-Georges), Métin Yavuz (Valenton) et Édouard Hénault, représentant de Créteil. Jessica Larsson, cheffe de la Représentation de la Commission européenne en France, était également présente pour symboliser le cofinancement européen du projet.

    « C’est les Alpes sur Marne ! », a déclaré Valérie Pécresse. « On arrive au bout d’un parcours du combattant de plus de 10 ans. Il a fallu trouver les financements, convaincre les riverains… Pour les habitants du Val-de-Marne, c’est un signe de considération. »

    18 minutes contre 40

    Mais alors pourquoi décider de créer un téléphérique urbain ? Eh bien, les premières données sont démonstratives : avant le C1, relier Villeneuve-Saint-Georges à la station Pointe du Lac, terminus du métro 8, prenait plus de 40 minutes en bus ou en voiture, coincé dans les bouchons de la RD 101 et de la RN 6. Pour sa part, le téléphérique effectue le trajet en 18 minutes, par-dessus les obstacles : ligne TGV, gare de triage de Valenton, RN 406, lignes haute tension.

    Et en plus, le service fonctionne de 5h30 à 23h30 en semaine, et jusqu’à 0h30 le week-end. Une cabine passe toutes les 30 secondes en heure de pointe, une capacité de transport qui fait que 11 000 voyageurs sont attendus chaque jour. Pour profiter de cette nouvelle amélioration urbaine, il faut être muni d’un Passe Navigo, ou bien, pour les voyageurs occasionnels, acheter un ticket Bus-Tram-Câble d’une valeur de 2 € (1,64 € avec Liberté+). L’accès est gratuit pour les enfants de moins de 4 ans.

    crédit : Ile de france mobilité

    Si le Câble C1 constitue une alternative rapide et écologique à la voiture, sa capacité limitée à légèrement plus de 10 000 voyageurs par jour montre que cette solution reste complémentaire aux autres modes de transport. L’intermodalité avec le métro et le bus demeure essentielle pour répondre à l’ensemble des besoins de mobilité sur l’axe.

    Un projet écologique

    Le Câble C1 fonctionne à 100 % à l’énergie électrique et a obtenu la certification HQE Infrastructures Durables. Ses 30 pylônes ont une emprise au sol réduite qui préserve les espaces verts traversés, notamment la coulée verte de la Tégéval.

    Cette technologie monocâble porteur-tracteur se révèle moins invasive qu’un métro ou un tramway, puisqu’elle évite la construction d’ouvrages d’art lourds et réduit la durée et l’intensité des travaux, donc les nuisances et émissions associées aux chantiers classiques.

    crédit : Ile de France Mobilité

    En offrant une alternative rapide et régulière à la voiture sur un axe aujourd’hui saturé, le C1 doit contribuer à réduire les embouteillages et, par ricochet, les émissions de CO₂, de NOx et de particules liées au trafic routier quotidien dans le secteur.

    Le C1 affiche un coût total de 138 millions d’euros (132 millions pour l’infrastructure, 6 millions pour les 105 cabines). « Un métro souterrain n’aurait jamais vu le jour car le budget de plus d’un milliard d’euros n’aurait jamais pu être financé », explique Grégoire de Lasteyrie, vice-président du conseil régional chargé des transports. Trois ans de chantier seulement, du premier coup de pioche en 2022 à l’inauguration ce samedi, ont également permis de limiter dans le temps les impacts d’un projet de transport structurant sur le cadre de vie des riverains.

    Le financement : un montage tripartite

    L’un des nerfs de la guerre pour financer ce genre de projet est souvent de trouver les fonds nécessaires à sa bonne réalisation. Et les 132 millions d’euros nécessaires pour construire son infrastructure sont financés par la Région Île-de-France à 49 %, le Département du Val-de-Marne à 30 %, mais aussi par l’État et l’Union européenne à hauteur de 21 %. Les cabines (6 millions d’euros) et l’exploitation sont quant à elles financées à 100 % par Île-de-France Mobilités.

    Le financement à hauteur de 21 % par l’UE souligne l’engagement de Bruxelles pour des mobilités électriques innovantes dans les métropoles denses. Et le Câble C1 incarne parfaitement cette priorité européenne : un mode 100 % électrique, certifié HQE, conçu pour substituer les trajets automobiles sur axes saturés et réduire les émissions. La présence de représentants de la Commission européenne à l’inauguration, dont Jessica Larsson en tant que cheffe de la Représentation en France, illustre cette volonté de visibilité : l’Europe finance concrètement des alternatives décarbonées, adaptées aux territoires contraints comme le Val-de-Marne.

    Ce soutien de l’UE intervient ici pour plusieurs raisons :

    • Objectif décarbonation : le C1 mutualise l’énergie sur câble pour des cabines légères, optimisant la consommation par passager-km face aux voitures thermiques dominantes sur RD 101/RN 6.
    • Échelle européenne : ce financement s’inscrit dans le cadre du Green Deal et des fonds pour la mobilité durable (CEF Transport, Connecting Europe Facility), priorisant les projets aériens low-carbon en zone urbaine.
    • Modèle reproductible : avec 138 M€ au total (vs 250 M€/km pour métro), le C1 devient un cas d’école pour d’autres métropoles européennes.

    Sécurité et acceptabilité au rendez-vous

    Les téléphériques sont considérés comme l’un des moyens de déplacement les plus sûrs au monde, selon le service technique du ministère des Transports. En France, le dernier accident meurtrier remonte à 1999 dans les Hautes-Alpes.

    Pour ce nouvel investissement en faveur du transport écologique, chaque cabine est équipée de vidéosurveillance, d’un interphone relié au centre de contrôle de Limeil-Brévannes, et d’agents présents en station. Le système fonctionne sous la neige et jusqu’à 70 km/h de vent. Des capteurs surveillent en continu les conditions météorologiques.

    Et si les transports parisiens, comme le métro par exemple, sont peu équipés d’accès PSH (Personne en Situation de Handicap) et laissent de côté les personnes qui ne peuvent pas se déplacer librement, avec le Câble C1, c’est un problème résolu. En effet, le téléphérique est 100 % accessible PSH :

    • stations de plain-pied
    • cabines adaptées aux fauteuils roulants
    • assistance humaine en station
    • information sonore et visuelle
    • interphones d’appel
    • bandes de guidage depuis l’espace public jusqu’au quai d’embarquement
    crédit : Département du Val-de-Marne

    Un laboratoire pour l’avenir des mobilités

    Le C1 prouve qu’il est possible de désenclaver efficacement sans engloutir un milliard d’euros dans un métro souterrain. Mais la capacité reste limitée (11 000 voyageurs/jour contre 500 000 pour une ligne de métro classique), et la technologie ne convient pas partout. Elle excelle sur les territoires contraints, avec des besoins d’intermodalité forts et des dénivelés ou obstacles majeurs.

    Au-delà du gadget technologique, ce téléphérique urbain incarne une vision pragmatique de la décarbonation des transports : fournir une alternative rapide, fiable et électrique à la voiture thermique sur une zone saturée. Avec le C1, désormais, la mobilité électrique vient d’en haut.

  • Démocratisation des batteries sodium-ion : une solution abordable et sécurisée

    Démocratisation des batteries sodium-ion : une solution abordable et sécurisée

    Les batteries sodium-ion s’apprêtent à bouleverser le marché des véhicules électriques. Entre avancée scientifique canadienne et industrialisation chinoise, cette technologie plus sûre, abordable et écologique pourrait démocratiser l’électromobilité dès 2026.

    Des chercheurs de l’Université Western Ontario au Canada ont annoncé une avancée décisive dans le développement de batteries sodium-ion (Na-ion) à électrolyte solide, publiée dans la revue Advanced Materials. Cette innovation résout un défi majeur des batteries lithium-ion (Li-ion) : l’emballement thermique, qui peut causer incendies ou explosions en cas de dommage ou court-circuit. La découverte : un électrolyte solide, composé de soufre et chlore qui conduit les ions sodium comme un liquide tout en restant ininflammable. Autre point positif, il affiche une efficacité remarquable de 99,26% après 600 cycles de charge-décharge (à l’échelle laboratoire), semblable aux standards Li-ion à plus de 99%.

    Contexte industriel : CATL et BYD en tête de course

    Cette découverte s’inscrit dans un élan industriel global. Le géant chinois CATL a lancé fin 2025 la production en série de ses cellules Naxtra sodium-ion, qui possèdent des capacités énergétiques très prometteuses. En effet, ces batteries ont une densité énergétique de 175 Wh/kg, une autonomie de 500 km et encaissent une charge rapide 5C. Elles sont également résistantes au froid extrême (-40 °C avec 90% de capacité retenue), idéal pour les pays situés dans des zones du monde aux conditions climatiques extrêmes. CATL fournit Tesla, Ford et Stellantis, qui étudient ces cellules pour des VE low-cost dès 2026. En parallèle des voitures, BYD produit déjà pour le stockage d’énergie (MC Cube-SIB) et développe pour les VE, ce qui souligne qu’elles pourraient être utiles pour des flottes d’entreprise et des usages urbains.

    Avantages économiques et environnementaux décisifs

    Évidemment, cette solution apparaît dans le but de contrer les principales problématiques que comportent le développement de batteries pour VE et autres : le coût et la pollution.

    • Le sodium est environ 400 fois plus abondant et moins cher que le lithium, permettant des coûts de production potentiels autour de 60-90 €/kWh contre 100+ pour le Li-ion.
    • Sans métaux rares (cobalt, nickel), ces batteries facilitent le recyclage et réduisent l’empreinte carbone, répondant aux contraintes européennes sur les matières critiques. Mais aussi cette avancée va également dans le sens de l’objectif de ralentir l’extraction de ces métaux, qui, on le rappelle, est dangereux et ethiquement peu responsable.
    Kobalt

    Limites actuelles et perspectives pour 2026

    Malgré ces atouts, la densité énergétique reste 30% inférieure aux Li-ion avancées (175 Wh/kg vs 250+), limitant initialement les applications à des véhicules compacts, hybrides ou utilitaires. Des défis persistent sur la production à grande échelle sans dégradation accélérée. Cependant, 2026 marquera les premiers déploiements low-cost avec pour coeur de cible la Chine, le déploiement pour l’Europe, lui, est à surveiller.

    Implications pour l’électromobilité française

    En France, où les immatriculations d’électrifiés ont atteint près de 30% en novembre 2025, ces batteries sodium-ion pourraient contrer la concurrence chinoise low-cost et soutenir le plan France 2030. Avec la fin du crédit d’impôt bornes au 31 décembre et les quotas renforcés pour les flottes pros, elles offrent une alternative viable aux constructeurs. Une révolution technique qui rend l’électrique plus démocratique, sécurisé et souverain.

  • Verkor : le pari souverain de la France face à l’incertitude européenne

    Verkor : le pari souverain de la France face à l’incertitude européenne

    Alors que Bruxelles discute d’un assouplissement de la fin du thermique en 2035 et que l’Asie domine 80 % du marché des batteries, Verkor inaugure à Dunkerque sa gigafactory de 16 GWh : un acte de foi dans la souveraineté industrielle européenne, ou un risque démesuré ?

    Le 11 décembre 2025, sous le haut patronage d’Emmanuel Macron, la startup française franchit une étape décisive avec sa première usine de batteries, au cœur de la “vallée de la batterie” des Hauts-de-France. 100 000 m², 1 200 emplois directs et 3 milliards d’euros levés : Verkor mise gros pour équiper l’Alpine A390 dès 2026 et viser 50 GWh d’ici 2030.

    Une inauguration sous haute tension


    « C’est un grand jour pour Dunkerque, la France et l’Europe », lance Patrice Vergriete, président de la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD), lors de la cérémonie du 11 décembre. L’événement se tient sous le haut patronage du président français, aux côtés de ministres et élus locaux. L’usine de Bourbourg abrite déjà les premières lignes de production en phase test, avec des cellules LFP-NMC destinées aux véhicules électriques premium.

    Les chiffres impressionnent : capacité initiale de 16 GWh/an, soit l’équivalent de 200 000 à 300 000 batteries de VE par an. Le financement de ce projet est sécurisé à hauteur de 3 milliards d’euros par plusieurs acteurs : État français, BEI, Région Hauts-de-France, Renault, Mercedes, pour un investissement total visé à 11 milliards d’ici l’extension à 50 GWh. Verkor s’inscrit dans l’écosystème des Hauts-de-France, aux côtés d’autres acteurs batteries.

    Le rôle dans la filière française

    Verkor s’inscrit au cœur de la “vallée de la batterie” des Hauts-de-France, troisième gigafactory européenne après celles de Billund et Kamenz. Son partenariat avec Renault est clé : les premières livraisons de cellules alimenteront l’Alpine A390.

    L’innovation vient de Grenoble (R&D Verkor), la production de Dunkerque (proximité des ports pour l’apport en lithium). EDF participera également à fournir une électricité verte à l’usine. En effet, un contrat de 33 MW a été signé et un partenariat avec Veolia est également convenu dans le but de recycler les batteries en fin de vie.

    Les défis : compétitivité et timing

    La montée en cadence reste le vrai test. Les phases pilotes ont commencé en avril 2025, mais la production industrielle n’est prévue qu’en 2026. Les coûts énergétiques pèsent lourd : malgré le PPA EDF (contrat d’achat d’électricité à long terme), l’électricité française reste chère face à la Chine.
    Sécuriser les matières premières (lithium, nickel, cobalt) est un autre écueil, dans un marché tendu. L’extension à 50 GWh dépendra de nouveaux financements et de la demande européenne. Verkor parie sur sa techno LFP-NMC haute densité.

    Contexte stratégique : Europe en questionnement


    L’inauguration tombe à pic, alors que Bruxelles discute d’un assouplissement de la fin du thermique en 2035 (hybrides rechargeables tolérés sous conditions). En France, la SNBC (stratégie nationale bas carbone) mise sur deux tiers des ventes neuves en VE d’ici 2030, avec une prime à l’achat renforcée au 1er janvier 2026. Verkor incarne cette souveraineté : produire local pour éviter la dépendance chinoise.

    Perspectives : succès ou mirage industriel ?


    Les atouts sont là : la proximité avec les usines Renault/Alpine, la création de nombreux emplois (1 200 directs, 3 000 indirects), mais aussi un process bas-carbone utile. Si Verkor tient ses cadences, Dunkerque pourrait devenir le fer de lance d’une filière française compétitive.
    Les risques persistent, notamment une demande en VE incertaine si Bruxelles cède sur 2035, des surcapacités mondiales, une guerre des prix asiatique. Malgré tout, Dunkerque symbolise le pari européen de souveraineté face aux concurrents étrangers.

  • L’électromobilité en Arabie saoudite : ambitions XXL, réalité naissante

    L’électromobilité en Arabie saoudite : ambitions XXL, réalité naissante

    Premier exportateur mondial de pétrole, l’Arabie saoudite opère un virage stratégique majeur avec Vision 2030. Le royaume mise sur l’électromobilité pour diversifier son économie et réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Entre investissements massifs, construction d’un écosystème industriel national et objectifs ambitieux, le pays construit un marché encore naissant mais porté par une volonté politique sans faille.

    Crédit: Lucid Motors

    Vision 2030 : un cap clair vers l’électrification

    Pour opérer ce changement, l’Arabie saoudite ne fait pas les choses à moitié. Le programme Vision 2030, piloté par le prince héritier Mohammed ben Salmane, fixe un objectif symbolique : 30 % des véhicules circulant à Riyad devront être électriques d’ici 2030. Un chiffre qui peut sembler modeste comparé aux standards européens, mais qui représente une révolution pour un pays où le litre d’essence coûte 0,57 €.

    Le royaume vise également la neutralité carbone d’ici 2060, un engagement qui a suscité le scepticisme des observateurs internationaux mais qui structure aujourd’hui l’ensemble de sa politique de mobilité. Pour y parvenir, le gouvernement s’appuie sur son fonds souverain, le PIF (Public Investment Fund), qui déploie 150 milliards de rials saoudiens (environ 34,35 milliards d’euros) sur la décennie pour bâtir l’écosystème électrique national.

    Pour encourager ce changement, le gouvernement a mis en place des incitations claires comme l’exonération des droits de douane et d’immatriculation pour les véhicules électriques. Le pays alloue aussi des subventions pour les flottes d’entreprises. Une stratégie typique des monarchies du Golfe, où l’État pilote et finance massivement avant que le marché ne prenne le relais.

    Au-delà des objectifs à 2030, la création de grands projets urbains comme NEOM, Qiddiya et The Line mettra en avant cette manière différente de se déplacer. En effet, dans ces territoires, des flottes entières de véhicules électriques seront déployées pour susciter chez la population une curiosité accrue.

    Crédit: The Line. The Line est un projet innovant qui représente la ville du futur

    Un réseau de recharge qui se construit

    L’infrastructure reste le talon d’Achille de l’électromobilité saoudienne. À ce jour, le royaume compte environ 1 200 points de recharge publics répartis sur 400 sites, un chiffre encore modeste pour un territoire grand comme quatre fois la France. Mais l’ambition affichée est tout autre : 5 000 points de recharge d’ici fin 2025 et 50 000 à 2030.

    EVIQ (Electric Vehicle Infrastructure Company), créée par le PIF et la Saudi Electricity Company, prévoit l’installation d’environ 60 stations multi-bornes d’ici fin 2025-2026, concentrées sur les grands axes urbains : Riyad, Djeddah et Dammam.

    Crédit: EVIQ

    Depuis janvier 2024, les investissements dédiés atteignent 5,3 milliards de rials saoudiens (environ 1,21 milliard d’euros), avec l’objectif de couvrir non seulement les zones urbaines mais aussi les axes autoroutiers reliant Riyad à Djeddah (950 km) ou Dammam.

    Mais le défi est de taille : dans un pays où les distances sont immenses et où les températures extrêmes mettent les infrastructures à l’épreuve, le réseau doit être à la fois dense et fiable. Selon une étude de Roland Berger, les utilisateurs saoudiens affichent déjà une satisfaction de 94 % vis-à-vis des bornes publiques existantes, un taux supérieur à celui de l’Allemagne ou des États-Unis.

    Un marché automobile massif, mais encore timide sur l’électrique

    L’Arabie saoudite est le premier marché automobile de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), avec environ 837 000 véhicules neufs vendus en 2024. Mais sur ce volume colossal, la part des véhicules électriques reste marginale. Les immatriculations ont bondi de 375 VE en 2021 à plus de 12 000 fin 2023, pour une part estimée à 15 % des ventes neuves dans les grandes villes fin 2025.

    Les modèles électrifiés les plus visibles sur les routes saoudiennes sont principalement des imports : Tesla domine le segment premium, tandis que BYD ambitionnait de vendre 5 000 unités en 2025. Sur le segment des hybrides, Toyota et Hyundai/Kia conservent une domination écrasante, profitant d’une clientèle habituée aux motorisations traditionnelles et rassurée par l’absence de dépendance totale aux bornes de recharge. Mais des acteurs locaux voient le jour et espèrent bousculer cette hierarchie.

    Crédit: Ceed

    Ceer, Lucid, EVIQ : les piliers de l’écosystème national

    L’Arabie saoudite ne veut pas se contenter d’importer des véhicules électriques. Le royaume construit méthodiquement une industrie automobile nationale, avec trois piliers stratégiques :

    • Ceer Motors, première marque saoudienne 100 % électrique, produit des berlines et SUV en partenariat avec Foxconn et BMW, avec une capacité cible de 150 000–170 000 véhicules/an.
    • Lucid Motors, dont le PIF détient 61 %, assemble la Lucid Air à KAEC et prévoit jusqu’à 150 000 unités/an, avec un accord d’achat de 100 000 véhicules sur la décennie. La police saoudienne utilise d’ailleurs des véhicules de la marque Lucid depuis le début de l’année 2024.
    • EVIQ déploie les infrastructures, développe smart-charging et solutions énergétiques intégrées aux projets urbains.

    Plusieurs start-ups locales complètent l’écosystème avec des solutions de gestion de flotte et d’optimisation énergétique. Hyundai et Human Horizons investissent également, confirmant l’attractivité internationale du pays pour les constructeurs de VE.

    Hyundai, Human Horizons et les ambitions industrielles

    L’écosystème saoudien ne se limite pas aux acteurs nationaux. En septembre 2023, Hyundai a annoncé un projet d’usine locale de production de véhicules électriques et à moteur gaz, confirmant l’attractivité du royaume pour les grands groupes internationaux. En juin 2023, un accord de 4,8 milliards d’euros a été signé avec Human Horizons. Ce constructeur chinois de VE développe, fabrique et espère vendre ses VE sur le marché saoudien.

    Les freins : prix, infrastructures et habitudes culturelles

    Malgré ces ambitions, l’adoption des véhicules électriques reste limitée par plusieurs obstacles structurels. Les VE restent chers (Lucid Air > 80 000 €, Tesla > 50 000 €) comparés aux véhicules thermiques. Pour un territoire si grand, les infrastructures sont trop insuffisantes (1 200 points publics). Les trajets interurbains restent problématiques, l’autonomie des meilleures batteries ne dépassant pas 400 à 500 km. Les habitudes culturelles freinent également l’adoption : le litre d’essence coûte 0,57 €, les SUV thermiques symbolisent le statut social, et près d’un tiers des conducteurs n’ont pas accès à la recharge à domicile.

    Perspectives : un décollage attendu à partir de 2025-2026

    Les premières livraisons de Ceer sont attendues à partir de la seconde moitié de la décennie, Tesla a ouvert trois concessions (Riyad, Djeddah, Dammam) avec des superchargeurs opérationnels, et le réseau EVIQ commence à se densifier. Les analystes s’attendent à une accélération des ventes à partir de 2026, portée par l’arrivée de modèles plus accessibles et l’amélioration progressive des infrastructures. Le gouvernement maintient une pression constante : les objectifs de Vision 2030 ne sont pas négociables et les investissements continuent dans l’écosystème.

    Crédit : FAYEZ NURELDINE

    Un pari sur l’avenir

    L’électromobilité saoudienne incarne un paradoxe fascinant : un pays bâti sur le pétrole qui investit massivement dans son alternative. Cette transition ne relève pas d’une conviction écologique soudaine, mais d’un calcul stratégique de diversification économique. Vision 2030 ne se limite pas aux VE : elle englobe le tourisme, les énergies renouvelables, les mégaprojets urbains et la transformation industrielle. Contrairement à d’autres marchés émergents, l’Arabie saoudite dispose d’un atout majeur : des ressources financières quasi illimitées et une volonté politique centralisée. Les prochaines années diront si ce projet se transforme en success story industrielle. Dans un pays où l’essence ne coûte rien et où les SUV thermiques règnent en maîtres, faire décoller l’électromobilité relève autant de la prouesse technique que de la révolution culturelle.

  • Un pneu connecté pensé pour l’électrique : Goodyear Eagle Xplore

    Un pneu connecté pensé pour l’électrique : Goodyear Eagle Xplore

    Goodyear a dévoilé le 9 décembre 2025 l’Eagle Xplore : un pneu concept qui équipe le nouveau concept-car Citroën ELO. Véritable vitrine technologique, il transforme le pneu en capteur intelligent et interface visuelle. Entre design personnalisé, technologie SightLine et affichage LED sur jante, l’Eagle Xplore illustre la mutation du pneu à l’ère de l’électromobilité connectée.

    crédit : Goodyear

    Un pneu sur mesure entre performance et aventure

    L’Eagle Xplore n’appartient à aucune gamme standard de Goodyear. Il est le résultat du mélange de l’ADN sportif de la lignée Eagle et de la robustesse de la gamme Wrangler, réputée pour son utilisation tout-terrain. Le résultat ? Un pneu pensé pour des véhicules électriques polyvalents capables d’affronter aussi bien le bitume que les pistes.

    La bande de roulement adopte une structure qui permet de mixer efficience énergétique et adhérence. Une partie est optimisée pour maximiser l’autonomie, l’autre privilégie le grip pour les sorties hors bitume. Cette double approche colle parfaitement au positionnement du Citroën ELO : un concept-car électrique taillé pour l’aventure et destiné à explorer différents environnements.

    Côté design, l’Eagle Xplore affiche un flanc orange vif en clin d’œil à la teinte du concept ELO. Ce choix esthétique fort fait du pneu un élément de personnalisation à part entière, bien au-delà de son rôle fonctionnel, et devient une véritable signature visuelle.

    crédit : Goodyear

    SightLine : quand le pneu devient capteur intelligent

    Ce qui est fort sur le papier, c’est l’intégration de la technologie Goodyear SightLine. Cette innovation intelligente transforme le pneu en capteur connecté capable de surveiller en continu la pression, le poids total du véhicule et l’état d’usure. Les données sont transmises en temps réel au tableau de bord et à l’application dédiée du véhicule.

    crédit : Goodyear

    L’innovation la plus spectaculaire ? Une barre LED latérale intégrée directement sur la jante. Ce système d’affichage visuel indique instantanément l’état de pression : vert pour une pression optimale, rouge lorsqu’un ajustement est nécessaire. Plus besoin de manomètre ou d’alerte sonore : l’information est visible d’un simple coup d’œil.

    Au-delà de l’aspect pratique, SightLine intègre des fonctions prédictives. Le système vise à maintenir la stabilité du véhicule, optimiser l’usure des pneus et prolonger leur durée de vie en conservant la pression idéale. Pour un véhicule électrique, où chaque élément impacte l’autonomie, cette gestion intelligente de la pression devient cruciale.

    Un démonstrateur pour l’écosystème électrique de demain

    Soyons clairs : l’Eagle Xplore n’est pas destiné à une commercialisation imminente. Goodyear le présente comme un pur concept technologique, un démonstrateur de ce que pourrait devenir le pneu dans l’écosystème des véhicules électriques connectés. Pour autant, aucune date de sortie ni tarif n’ont été annoncés.

    Ce positionnement est révélateur d’une tendance plus large dans l’industrie automobile. Le pneu n’est plus un simple composant interchangeable, mais un élément actif de l’expérience de conduite. Avec SightLine, il devient source de données pour les systèmes d’aide à la conduite (ADAS), contribue à l’optimisation de la consommation énergétique et s’intègre au logiciel de bord comme n’importe quel autre module électronique.

    Le partenariat entre Citroën et Goodyear sur le projet ELO illustre également l’évolution des collaborations entre constructeurs et équipementiers. Le manufacturier ne se contente plus de fournir des pneus adaptés : il participe activement à la narration technologique du véhicule, co-conçoit l’expérience utilisateur et contribue à l’ADN du concept.

    crédit : Goodyear

    Vers des pneus 4.0 dans la mobilité durable

    L’Eagle Xplore pose une question essentielle : jusqu’où ira l’intégration technologique des pneumatiques ? Si ce concept devient réalité, les pneus de demain pourraient informer directement les conducteurs, communiquer avec les systèmes de sécurité actifs et même ajuster automatiquement leurs caractéristiques en fonction des conditions de route. Un système comme SightLine pourrait permettre de gagner plusieurs dizaines de kilomètres d’autonomie simplement en maintenant une pression optimale en permanence.

    Reste à savoir si Goodyear donnera une suite commerciale à ce concept. Le manufacturier reste silencieux sur toute production. Une chose est certaine : avec l’Eagle Xplore, Goodyear envoie un signal fort sur sa vision du pneu intelligent dans l’univers de la mobilité électrique et connectée.

  • Transition énergétique : la Commission européenne sous pression

    Transition énergétique : la Commission européenne sous pression

    À six jours de l’annonce du paquet automobile de la Commission européenne, deux lettres ouvertes aux tonalités opposées viennent d’atterrir sur le bureau d’Ursula von der Leyen. Si elles touchent toutes deux à l’avenir de la transition électrique, elles ne portent pas exactement sur les mêmes batailles. Ensemble, elles révèlent l’ampleur des tensions qui agitent le secteur automobile européen.

    Lundi 8 décembre : 67 acteurs rejettent les quotas pour les flottes

    Le 8 décembre, une coalition de 67 acteurs majeurs du monde de l’automobile a adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Parmi ces acteurs, des constructeurs comme BMW et Toyota, des géants de la location (Avis, Hertz), mais également des entreprises de leasing (Arval, Ayvens). Leur message : les quotas obligatoires pour l’électrification des flottes d’entreprise seraient « extrêmement préjudiciables ».

    L’enjeu est important, car les flottes professionnelles (voitures de fonction incluses) représentent entre 50 et 60 % des ventes de voitures neuves dans l’UE selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA). Le paquet du 16 décembre devrait justement inclure des propositions sur ce segment clé.

    Selon ces acteurs, les vrais obstacles à l’adoption des VE restent les coûts d’achat et d’exploitation, ainsi qu’une infrastructure de recharge insuffisante. Imposer des objectifs contraignants placerait les entreprises face à un dilemme : conserver leurs véhicules plus longtemps ou réduire leurs achats de véhicules neufs. Une action contre-productive dans les deux cas, selon les plaignants.

    Face à ces problèmes, différents pays européens ont trouvé la parade : dans ces pays européens où l’adoption progresse le plus vite, c’est la combinaison d’incitations financières et d’investissements massifs dans l’infrastructure qui fait la différence. La lettre insiste aussi sur la nécessité d’incitations pour le marché de l’occasion, sachant que de nombreux véhicules en leasing sont revendus après deux ou trois ans.

    Des revendications qui semblent être compréhensibles. Cependant, l’association Climate Group plaide pour maintenir des objectifs stricts. Elle rappelle que plus de 120 entreprises, dont EDF, Ikea, Siemens et Unilever, se sont déjà engagées de leur propre initiative à convertir leurs flottes au 100 % électrique.

    Mercredi 10 décembre : 200 signataires défendent l’objectif 2035

    Deux jours plus tard, une autre lettre, cette fois sur les objectifs globaux, a été envoyée à von der Leyen. E-Mobility Europe et ChargeUp Europe, soutenus par près de 200 signataires dont Polestar et Volvo Cars, appellent la Commission à maintenir fermement l’objectif de zéro émission pour les voitures neuves d’ici 2035.

    « Nous sommes profondément préoccupés par les récents efforts visant à diluer vos objectifs », écrivent-ils. La cible de cette lettre : déjouer les pressions exercées par certains constructeurs allemands et par l’ACEA pour obtenir plus de flexibilité sur les objectifs CO₂ et assouplir l’interdiction des ventes de voitures thermiques en 2035.

    L’inquiétude porte notamment sur la réouverture de la porte aux hybrides rechargeables et aux carburants neutres en CO₂. Selon eux, cette approche créerait de l’incertitude et ralentirait la transition vers l’électrique, alors même que les constructeurs chinois progressent à grande vitesse et réduisent leurs coûts.

    Le message est sans appel : « Chaque retard en Europe ne fait qu’élargir l’écart avec la Chine. » Pour ces acteurs, tout recul compromettrait les investissements déjà engagés et creuserait définitivement le fossé avec le géant asiatique.

    Le 16 décembre, jour de vérité

    Le paquet automobile, dont la publication a déjà été retardée d’une semaine, cristallise toutes les attentions. Il pourrait accorder plus de flexibilité sur les objectifs CO₂, assouplir l’interdiction des thermiques en 2035, et inclure des mesures spécifiques sur les flottes d’entreprise.

    Le dossier a fait l’objet d’un lobbying frénétique ces dernières semaines, avec un flot de lettres qui ont inondé Bruxelles avant l’annonce.

    Ces deux prises de position, bien qu’elles ne portent pas exactement sur les mêmes combats, révèlent les lignes de fracture du secteur. D’un côté, des acteurs qui réclament pragmatisme et flexibilité. De l’autre, des défenseurs de la transition qui craignent que tout assouplissement ne compromette l’ambition climatique européenne et sa compétitivité face à la Chine.

    Le 16 décembre apportera des réponses sur plusieurs fronts : le niveau d’ambition maintenu pour 2035, la flexibilité accordée sur les objectifs CO₂, le sort des hybrides, et les éventuelles obligations pour les flottes. Le compromis s’annonce délicat.

  • L’icône MINI devient une marque électrique

    L’icône MINI devient une marque électrique

    La fin de l’année approche et alors que la transition vers électrique s’accélère en Europe, la marque britannique du groupe BMW fait de ses modèles 100 % électriques une part cruciale de son volume. Les ventes mondiales renouent cette année avec la croissance, portées par la nouvelle génération de Cooper et de Countryman, tandis que la France voit la Mini Electric s’installer dans le top 10 des ventes de BEV et espère y rester avec l’arrivée de l’Aceman l’an prochain.

    Crédit: Mini

    Une année 2025 portée par l’électrique

    Selon les premiers bilans publiés à l’automne, MINI a livré 133 778 véhicules dans le monde au premier semestre 2025, soit une hausse de 17,3 % par rapport à la même période de 2024. Sur les neuf premiers mois, un autre relevé évoque plus de 200 000 unités vendues. Ce chiffres rapproche la marque de la barre des 300 000 véhicules vendus à l’année (standard moyen depuis plusieurs années). Ces chiffres satisfaisants pour MINI, coïncident directement avec la montée en puissance des nouvelles Cooper et Countryman, dont les versions électriques dopent les prises de commandes dans les concessions européennes.

    Le signal le plus parlant vient de la France : sur les onze premiers mois de 2025, la Mini électrique (nouvelle Cooper Electric) cumule 10 171 immatriculations, ce qui la place dans le top 10 des voitures électriques les plus vendues du pays, derrière des poids lourds comme la Renault 5 E-Tech, la Citroën ë-C3 ou la Peugeot e-208. En novembre 2025, elle signe même un mois à 1 439 immatriculations, la positionnant cinquième BEV du marché derrière la R5, l’e-208, le Scénic E-Tech et la ë-C3. 

    crédit: bmw group

    Autrement dit, les données actuelles du marché suggèrent qu’une part significative des MINI vendues en France en 2025 est désormais 100% électrique, même si le constructeur ne publie pas encore de pourcentage détaillé par motorisation.

    Cooper et Countryman Electric : les chiffres qui changent tout

    La nouvelle Cooper Electric, désormais proposée en versions E et SE, repose sur des batteries nettement plus généreuses que l’ancienne Cooper SE et sur des moteurs plus puissants. Les données disponibles indiquent environ 135 à 160 kW (soit jusqu’à 215 ch) et des capacités de batterie de l’ordre de 40 à un peu plus de 50 kWh utiles, offrant des autonomies comprises grosso modo entre 250 et 320 km selon la version.

    La Countryman Electric, de son côté, s’appuie sur un pack d’environ 64 kWh et sur une transmission intégrale développant plus de 300 ch, pour une autonomie annoncée au-delà de 330 km dans les conditions les plus exigeantes.

    crédit: bmw group

    Sur le terrain, ces chiffres replacent MINI dans le match : là où l’ancienne Cooper SE était pénalisée par une batterie trop petite, la nouvelle génération permet enfin d’envisager 250 à 300 km réels en usage mixte. Des chiffres peu impressionnants certes, néanmoins ils correspondent à la majorité des trajets urbains et périurbains européens. Les prises de commandes électriques ont doublé au premier trimestre 2025 par rapport au T1 2024, selon des indications publiées côté BMW Group, ce qui confirme que la clientèle MINI suit la transition dès lors que le produit répond au besoin.

    Un contexte européen qui joue en faveur de MINI

    Le contexte français et européen joue en faveur de cette bascule. En France, les voitures 100 % électriques ont atteint une part de marché record de 24 % en octobre 2025, puis 26 % en novembre, avec plus de 34 000 véhicules particuliers en un seul mois. La dynamique est nourrie par le leasing social et l’arrivée de modèles compacts plus abordables, mais elle profite aussi aux acteurs premium-urbains qui se positionnent correctement en prix et en usage, dont MINI fait partie.

    crédit: bmw group

    Comme exprimé précédemment, sur les onze premiers mois de 2025, la Mini électrique figure parmi les dix BEV les plus vendues, avec un peu plus de 10 000 immatriculations. Une situation bien différente pour plusieurs concurrentes historiques, comme la Tesla Model 3 ou certaines berlines premium, en effet, les ventes de ses VE reculent fortement. MINI capte donc une partie des clients qui se détournent des gros SUV électriques pour revenir vers des citadines et des compactes à l’empreinte au sol et au budget plus abordable.

    2026 : l’Aceman pour verrouiller le cœur de gamme électrique

    L’enjeu 2026 pour MINI, c’est l’industrialisation et la mise à disposition d’une vraie gamme électrique complète. À côté de la Cooper et du Countryman, c’est la bien connue Aceman qui arrive comme troisième pilier. Son rôle: être le crossover compact 100 % électrique de la marque britannique destiné à combler l’écart entre la citadine 3/5 portes et le SUV familial.

    Les informations déjà publiées évoquent deux variantes principales, Aceman E et Aceman SE, avec des puissances d’environ 180 à 215 ch et des batteries comparables à celles de la Cooper Electric, autour de 42 à 54 kWh. L’objectif est clair : se placer frontalement face aux Volvo EX30, Jeep Avenger EV, DS 3 E-Tense ou Citroën ë-C3 haut de gamme, sur le segment des crossovers électriques de 30 000 à 40 000 euros.

    Crédit: Mini

    Une électrification pragmatique

    Pendant un temps, MINI avait laissé entendre que son dernier nouveau moteur thermique serait lancé en 2025 et que la marque deviendrait intégralement électrique au début des années 2030, une trajectoire alignée sur les ambitions les plus agressives du secteur. La réalité en cette fin d’année 2025 est plus nuancée : le groupe confirme une croissance à deux chiffres visée pour ses ventes de voitures électriques. Cela dit, la marque n’a pas annoncé l’arrêt imminent des motorisations essence pour MINI, préférant parler de « mix optimisé », le vice-président de MINI en Amérique, Michael Peyton, l’affirme « Les moteurs thermiques restent très populaires et le seront longtemps ». L’objectif du 100 % électrique en 2030 est donc repoussé.

    Pour l’électromobilité européenne, MINI devient ainsi un cas d’école intéressant : une marque qui réussit à faire progresser significativement ses volumes de BEV, qui place un modèle comme la Mini Electric dans le top 10 français, mais qui assume en parallèle de garder des motorisations thermiques et hybrides là où les infrastructures ou le pouvoir d’achat ne suivent pas encore.

    L’année 2026, avec l’arrivée de l’Aceman électrique et la montée en cadence des Cooper et Countryman zéro émission, dira si cette stratégie peut tenir face à la pression réglementaire européenne et à l’offensive des nouveaux entrants chinois.