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  • Bateaux électriques : quand la plaisance se fait plus douce

    Bateaux électriques : quand la plaisance se fait plus douce

    Silencieux et propres, les bateaux électriques représentent sans conteste l’avenir de la plaisance. Mais s’ils incarnent une nouvelle manière de naviguer, leur développement à grande échelle se heurte encore à de nombreux obstacles.

    Crédit : beneteau

    Selon des études menées par Data Bridge Market Research et Mordor Intelligence, le marché mondial des bateaux électriques devrait croître de 11,2 % à 12,65 % par an d’ici à la fin de la décennie. Une dynamique mondiale qui se reflète également en France, notamment à Paris, où les célèbres Vedettes ont récemment entamé leur transition énergétique. Mais malgré ces promesses, la plaisance — si l’on compare sa transition à celle de l’automobile semble encore rester à quai. L’Association Française pour le Bateau Électrique (AFBE) et AKWA Experience, qui propose la location de bateaux électriques dans la capitale, dressent pour ECO MOTORS NEWS un état des lieux du bateau électrique dans l’Hexagone, entre réalisme et optimisme.

    Des bateaux encore trop coûteux et des infrastructures faméliques

    « C’est une industrie de petite série, ce qui rend la transition énergétique bien plus complexe et coûteuse », explique Yannick Wileveau, président de l’AFBE. À l’instar des voitures, les bateaux électriques souffrent encore d’un surcoût important lié à la motorisation et aux batteries, auquel s’ajoute un aspect « sur mesure » qui alourdit encore un peu plus la facture.

    En effet, l’un des freins majeurs à la transition énergétique de la navigation de plaisance reste le prix des bateaux électriques. Pour y répondre, l’AFBE promeut des modèles de copropriété ou d’abonnement à des clubs nautiques. « Partager un bateau permet de rentabiliser l’investissement initial, tout en réduisant le besoin en emplacements portuaires », souligne Brusset.

    De quoi bousculer les habitudes des propriétaires de bateaux. Et ce n’est pas la seule chose qu’il faudra changer ! En effet, selon Christophe Brusset, secrétaire général de l’AFBE, l’enjeu n’est pas uniquement technique : « Passer à l’électrique, c’est aussi changer sa manière de naviguer. Moins de vitesse, plus de calme, et une attention particulière portée à l’environnement. » Un aspect environnemental qui concerne le « zéro émission », mais également la préservation de la faune et de la flore aquatiques.

    Autre levier pour convaincre les propriétaires de bateaux de passer à l’électrique : le développement des infrastructures de recharge, encore largement insuffisantes. Et c’est un cercle vicieux, car peu de bateaux, cela signifie peu d’infrastructures, et peu d’infrastructures, cela signifie moins de bateaux. Ainsi, à l’image de ce qui a été fait pour l’automobile, qui était dans la même situation il y a quelques années, il est nécessaire, selon l’AFBE, que les collectivités locales, l’État et l’Europe, à travers des subventions et des avantages fiscaux, encouragent d’un côté l’achat de bateaux électriques, et de l’autre l’installation de bornes de recharge.

    Crédit : RIva

    À Paris, une expérience qui séduit

    On l’a compris : le développement du bateau électrique passera par un changement de philosophie des utilisateurs. Et c’est à cette évolution des mentalités qu’AKWA Experience travaille depuis le canal de l’Ourcq, dans le 19e arrondissement de Paris. Sa flotte, composée de bateaux 100 % électriques et sans permis, connaît un grand succès. « Nos clients parlent souvent d’un moment magique, hors du temps. Ils redécouvrent Paris sous un autre angle, au cœur de la ville, mais loin de son tumulte », raconte Rodrigue Faleme, directeur général de l’entreprise.

    Proposant des tarifs adaptés aux jeunes, retraités, habitants du quartier ou personnes en situation de précarité, AKWA Experience annonce la couleur : « Notre objectif est clair : démocratiser la navigation électrique et sensibiliser à la protection du patrimoine fluvial. » Ainsi, l’entreprise organise régulièrement des événements sur sa base, notamment le nettoyage du canal.

    Crédit : Akwa

    L’optimisme comme cap

    Si l’on constate encore de nombreux obstacles à l’accélération de l’électrification de la plaisance, la dynamique est tout de même bien enclenchée. Pour preuve, l’arrivée de modèles 100 % électriques et hybrides au catalogue des grandes marques du nautisme, à l’image du Four Winns H2e de Bénéteau et du Riva El-Iseo. « Ce sont ces modèles, pensés dès la conception pour l’électrique, qui feront décoller le marché dans les années à venir », prévoit Yannick Wileveau.

    En attendant, des pionniers comme AKWA Experience, mais aussi leurs concurrents à Paris ou ailleurs, tracent la voie et participent activement à changer les mentalités. D’ici à 2035, l’AFBE pense même que la plaisance électrique pourrait bien ne plus être l’exception, mais la norme. En attendant, c’est déjà un bel aperçu de ce que pourrait être une navigation silencieuse et moins polluante… et ça fait du bien !

    Et la mer dans tout ça ?

    Si la navigation électrique fluviale gagne du terrain, elle commence aussi à se frayer un chemin en mer. Plusieurs chantiers navals développent désormais des catamarans ou des vedettes côtières à propulsion électrique, parfois hybrides, adaptés à des sorties en mer courte distance. L’autonomie reste encore limitée par la capacité des batteries, mais des innovations comme la recharge solaire ou l’hydroélectricité offrent de nouvelles perspectives. Dans les zones littorales sensibles, comme les réserves marines, les bateaux électriques permettent de préserver les écosystèmes. En Scandinavie, des ferrys électriques se développent depuis 10 ans, notamment l’MV Ampere en Norvège, premier ferry 100 % électrique au monde, lancé en 2015.



  • Voiture électrique : combien coûte vraiment la recharge ?

    Voiture électrique : combien coûte vraiment la recharge ?

    Si l’on vante souvent les vertus écologiques de la voiture électrique, ses avantages économiques intéressent tout autant. Mais à l’heure où le prix de l’énergie fluctue et où les bornes de recharge se multiplient dans l’espace public, une question revient
    avec insistance : au quotidien, recharger sa voiture est-il vraiment plus économique qu’un plein d’essence ?

    Crédit : Pexels

    À la maison : la recharge la plus douce pour le porte-monnaie

    Tout dépend d’où, quand et comment vous branchez votre véhicule. La majorité des automobilistes optant pour une recharge à domicile via une borne individuelle choisissent la solution la plus économique. Une voiture électrique consomme entre 15 et 20 kWh pour 100 kilomètres, soit environ 3,75 à 5 € (sur la base d’un tarif moyen de 0,25 €/kWh).

    Attention cependant : cette installation nécessite l’intervention d’un électricien agréé IRVE et représente un investissement initial allant de 1 400 à 4 000 €, selon le type de borne choisi.

    Crédit : Pexels

    Sur la route : des bornes plus rapides… mais plus chères

    Dès que l’on quitte le domicile, les coûts de recharge augmentent. Les bornes publiques classiques, souvent situées en zone urbaine, facturent entre 0,25 et 0,50€/kWh, ce qui représente entre 5 et 10 € pour 100 kilomètres — un tarif toujours inférieur à celui d’un plein pour une citadine thermique.

    En revanche, les chargeurs ultra-rapides comme les Superchargers Tesla ou ceux de TotalEnergies (150 à 350 kW) sont nettement plus onéreux. Le tarif peut atteindre 0,80 €/kWh, soit environ 15 € pour 100 km, un coût proche de celui d’un véhicule essence ou diesel.

    Un plein complet (80 % de batterie) pour une voiture électrique moyenne sur ces bornes coûte environ 50 €, mais offre un temps de charge imbattable : entre 8 et 10 minutes pour passer de 20 à 80 %, selon le véhicule et la borne.

    Crédit : Mathis Miroux

    Recharger malin : des économies à la clé, à condition d’anticiper

    À l’usage, un véhicule électrique reste globalement plus économique qu’un modèle thermique. Mais cela suppose une certaine organisation : recharger à domicile, choisir les bons créneaux horaires (notamment en heures creuses) et éviter les bornes publiques sans abonnement sont des réflexes essentiels.

    Car si rouler électrique permet à la fois de faire des économies et de réduire son empreinte carbone, cela demande aussi un peu d’anticipation… et une prise à portée de main.

  • Voiture électrique : 5 applications indispensables pour les propriétaires

    Voiture électrique : 5 applications indispensables pour les propriétaires

    Voici notre sélection de cinq applications incontournables afin d’améliorer ses trajets et gérer sa recharge autant que ses dépenses lorsque l’on possède une voiture électrique.

    A Better Routeplanner (ABRP) – Options payantes

    ABRP, pour A Better Route Planner, est l’une des applis les mieux notées parmi toutes celles qui concernent la mobilité électrique. Elle permet, en entrant le nom du modèle de sa voiture électrique et sa destination, de planifier son trajet. C’est tout ? Non, car elle prend en compte différents facteurs souvent écartés par les autres applis de cartes, notamment l’autonomie réelle de la voiture, la météo, les bornes de recharge disponibles et… le type de route ! Car, pour ceux qui vivent en montagne par exemple, c’est un détail qui n’en est pas un ! La version premium payante permet en plus de connecter son véhicule directement à l’appli afin d’obtenir des informations en temps réel et obtenir une estimation d’autonomie restante la plus précise possible, ajustée en temps réel en fonction du style de conduite, jusqu’à la vitesse du vent.

    Crédit : abetterrouteplanner.com

    Chargemap – Options payantes

    Chargemap, une application française, permet de localiser aisément les bornes de recharge partout en Europe, mais elle se démarque surtout par l’aspect interactif de sa carte. Il est en effet possible de savoir en direct si une borne est disponible ou non, voire en panne (mais cela n’arrive jamais…), mais aussi connaître sa puissance ou sa compatibilité avec sa voiture. Le pilote peut ainsi planifier un trajet directement dans l’appli à partir de ces informations. Une option payante, Chargemap Pass, permet d’utiliser son compte pour payer sa recharge.

    Crédit : fr.chargemap.com

    ChargePrice – Gratuite

    Si l’on fait généralement des économies à l’usage en passant à l’électrique, on constate aussi que le prix d’une borne à l’autre varie souvent beaucoup plus que d’une pompe à essence à l’autre. C’est notamment dû à la multiplication des abonnements, des fournisseurs d’énergie, de la source d’énergie elle-même, de la localisation de la borne, bref, autant de facteurs qui peuvent perdre le consommateur. C’est là qu’intervient l’application ChargePrice qui agit comme un comparateur de prix. Elle repère les bornes les moins chères autour du conducteur et va même jusqu’à fournir une estimation du coût total de la recharge en prenant en compte le type de voiture et l’abonnement de l’utilisateur.

    Crédit : fr.chargeprice.app

    Dreev – Gratuite

    Dreev est née de la collaboration entre EDF et l’entreprise californienne Nuvve spécialisée dans la recharge Vehicle-to-Grid (V2G) pour “Véhicule au réseau”. Autrement dit, des voitures qui peuvent renvoyer de l’électricité au réseau. C’est donc tout naturellement que Dreev s’est spécialisée dans la “gestion intelligente” de la recharge des véhicules électriques. On peut ainsi piloter sa borne et la programmer afin de l’optimiser au maximum, que ce soit en termes d’énergie utilisée qu’en termes de dépenses, mais aussi de décider ou non de renvoyer de l’énergie dans le réseau pour le décharger (et de faire, encore, des économies).

    Crédit : dreev.com

    PlugShare – Option “sans pub” payante

    PlugShare est l’une des applications les mieux notées parmi celles qui permettent de localiser rapidement des bornes de recharge partout dans le monde. Le tout alimenté par les utilisateurs eux-mêmes, qui partagent avis et photos à propos de près de 500 000 bornes de recharge. Elle permet, en outre, de planifier son trajet en fonction de son abonnement et du type de prise recherché.

    Crédit : www.plugshare.com
  • Le marché des supercars européennes dans le viseur de BYD

    Le marché des supercars européennes dans le viseur de BYD

    Présentée au salon de Shanghai du 23 avril au 2 mai 2025, la nouvelle Denza marque un tournant pour la filiale haut de gamme du géant chinois BYD.

    Crédit : Denza®

    Avec un design racé et une silhouette basse digne d’une GT-sportive, cette nouveauté impressionne. Mais là où elle surprend, c’est par son prix, estimé aux alentours des 60 000 euros TTC en France… Un prix bien en deçà de celui des concurrentes auxquelles elle entend se mesurer, à commencer par la Porsche 911 et ses nombreuses déclinaisons. Avec sa ligne affûtée, sa lame avant agressive et son aileron arrière démesuré, BYD dévoile un style sportif clairement assumé.

    Côté performance

    La firme chinoise reste discrète sur la fiche technique, mais tout laisse penser qu’elle entend frapper fort. La maison mère, BYD, en passe de détrôner Tesla comme premier vendeur mondial de voitures électriques, développe, depuis quelques années, des batteries de très haut niveau. Ce tout dernier modèle pourrait ainsi s’inspirer de la Denza Z9GT, un break de chasse de plus de 950 chevaux entièrement développé par BYD.

    Crédit : Denza®

    Côté technique

    Pour l’heure, ce que l’on sait, c’est que ce bijou de technologie présenté à Shanghai embarque une nouvelle suspension magnétique adaptative capable de réagir en moins de 10 millisecondes. Cette nouvelle sportive accueille également une direction “steer-by-wire”, un système innovant sans liaison mécanique directe entre le volant et les roues. Tout est géré avec l’aide d’une intelligence artificielle. Résultat : une précision accrue dans les courbes, rendant la voiture plus accessible sur circuit, et une souplesse renforcée, que ce soit en conduite urbaine ou sur autoroute. Elle permet également d’ajuster la résistance du volant selon la situation et de réduire les vibrations, pour un confort de conduite inédit. Encore au stade de concept, la dernière Denza pourrait entrer en production dès 2026.

    Crédit : Denza®
  • BMW : Le virage vers l’électrique sera-t-il trop serré ?

    BMW : Le virage vers l’électrique sera-t-il trop serré ?

    Depuis ses débuts, BMW cultive une image particulière, bâtie sur une expérience de conduite marquée et une identité visuelle reconnaissable. Alors que le moteur thermique arrive en fin de cycle, un changement important se profile. Plus qu’un simple virage technologique, BMW prévoit une transformation en profondeur à partir de 2025.

    Crédit : BMW

    La « Vision Neue Klasse » : une nouvelle identité affirmée

    À l’instar de ses concurrents allemands, BMW prévoit de ne plus commercialiser de véhicules thermiques d’ici à 2035. Cette transition vers l’électrique s’est déjà amorcée avec une gamme solide (iX, i4, i7…), et s’accélère avec l’arrivée de la Neue Klasse dès 2025. Des premiers croquis ont été dévoilés dès 2023, suivis en 2024 par une première version de la Vision Neue Klasse. Le style adopté est marqué par une ambition forte, symbolisant une nouvelle ère axée sur l’innovation. BMW ne se contente pas d’évoluer au niveau du moteur, mais repense entièrement la plateforme et l’interface des véhicules.

    Au programme :

    ● Une nouvelle technologie électrique, 6e génération chez BMW, avec des batteries cylindriques permettant jusqu’à 30 % d’autonomie en plus et une réduction de 30 % du temps de recharge.

    ● Un système électronique centralisé qui ajuste en temps réel la conduite (freinage, accélération, récupération d’énergie) pour une meilleure fluidité et réactivité.

    ● Une interface plus intuitive et personnalisée, avec un affichage tête haute repensé (« Panoramic Vision ») couvrant toute la largeur du pare-brise.

    ● Des fonctions de conduite semi-autonome avancées, capables de prendre en charge certains trajets.

    ● Une gestion énergétique optimisée, adaptée au trajet, aux habitudes du conducteur et aux conditions de la route.

    Avec un design intérieur épuré et une orientation vers la connectivité et l’intelligence, cette nouvelle génération vise à séduire à la fois les puristes et les nouveaux utilisateurs.

    Crédit : BMW

    Un changement de visage drastique

    Cette évolution suscite des interrogations, car BMW s’est longtemps construite autour d’une communauté fidèle, souvent attachée aux sensations des moteurs thermiques et à l’esthétique traditionnelle de la marque. Cette transition représente un défi, notamment en ce qui concerne le design extérieur et l’identité visuelle.

    Le concept Vision Neue Klasse présente un avant futuriste, salué pour la finesse et l’intégration des phares LED. Cependant, l’arrière et la silhouette générale ont suscité des réactions mitigées. Certains jugent la ligne moins dynamique et les rétroviseurs plus massifs que par le passé. Sur les réseaux sociaux, quelques consommateurs expriment leur déception, estimant que le style s’éloigne de ce qu’ils attendaient d’une BMW.

    Crédit : BMW

    Une évolution nécessaire et réfléchie

    Avec la Neue Klasse, BMW montre son intention de se projeter vers l’avenir. Ce choix n’est pas un abandon du passé, mais une évolution. En misant sur une autonomie accrue et des performances maintenues, la marque souhaite démontrer qu’il est possible de conserver le plaisir de conduire autrement. La réussite de cette transition dépendra en partie de la capacité de BMW à réunir ses clients historiques et les nouveaux adeptes de la mobilité électrique.

    Un pont entre tradition et modernité

    Le dialogue entre les puristes de BMW et les nouveaux fans pourrait s’appuyer sur des propositions comme celle du designer coréen indépendant Ihn Lee. Il a imaginé une fusion entre l’iconique M3 E30 de 1980, référence en design automobile, et les premiers visuels de la Neue Klasse. Le résultat est une compacte deux portes mêlant élégance et caractère : quatre feux ronds à l’avant, cette fois en LED, une calandre large inspirée de l’époque, mais modernisée, un bouclier avant plus marqué, ainsi que des panneaux latéraux et arches carrés rappelant le style classique de BMW. L’arrière s’inspire clairement de la Neue Klasse tout en conservant l’héritage des années 80. Cette proposition illustre une possible conciliation entre tradition et innovation.

    Crédit : BMW
  • ZFE supprimées : une semaine noire pour l’écologie française…

    ZFE supprimées : une semaine noire pour l’écologie française…

    C’est une décision qui a provoqué une onde de choc chez les écologistes : les zones à faibles émissions (ZFE) ont été supprimées à l’Assemblée nationale ce mercredi 28 mai 2025. Cette mesure, pensée pour limiter la pollution dans les grandes agglomérations, a été enterrée dans le cadre du projet de loi sur la simplification de la vie économique.

    Crédit : Guillaume Laurens / Actu Toulouse

    Une résonance politique improbable

    À l’origine, c’est le Rassemblement national (RN) qui a lancé l’offensive contre les ZFE, au nom de la « liberté de circuler » pour tous les véhicules, peu importe leur vignette Crit’Air… Mais cette croisade automobile a trouvé un écho inattendu jusque dans les rangs opposés à l’extrême droite. À gauche de l’échiquier politique, La France insoumise (LFI) a, elle aussi, voté pour la suppression de ces zones, dénonçant une mesure socialement injuste. Selon les Insoumis, les ZFE pénalisent avant tout les travailleurs modestes qui dépendent de leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail ou, tout simplement, pour exercer leur métier (dans certains secteurs d’activité).

    Dépit chez les Verts…

    Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts (EELV), s’est exprimée suite à cette décision qu’elle qualifie de « tournant dramatique ». Sur son compte X (ex-Twitter), elle s’indigne : « C’est la pire semaine pour l’écologie depuis longtemps. » Elle pointe du doigt une majorité hétéroclite, allant du RN jusqu’à LFI, en passant par quelques députés macronistes, qui ont voté pour la suppression des ZFE, adoptée à 98 voix contre 51.

    Un pas en arrière pour l’écologie ?

    La suppression des ZFE s’inscrit dans une tendance plus large de remise en cause des politiques environnementales, souvent critiquées pour leur technocratie ou leur déconnexion des enjeux sociaux. Le signal politique, lui, est sans équivoque : en pleine crise climatique, la France choisit d’alléger une contrainte écologique au nom de l’accessibilité économique, quitte à compromettre la dynamique de long terme initiée depuis plusieurs années.

    Ironie de l’histoire, ces zones étaient pourtant soutenues par le président Emmanuel Macron et mises en œuvre sous le gouvernement d’Édouard Philippe. En 2022, notre chef de l’État annonçait, suite à sa réélection : « La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas. » Trois ans plus tard, le cap écologique du parti présidentiel interroge.

  • Emmanuel Macron présent à Douai pour le lancement de la « Gigafactory-AESC »

    Emmanuel Macron présent à Douai pour le lancement de la « Gigafactory-AESC »

    Emmanuel Macron s’est rendu ce mardi 3 juin à Douai pour inaugurer la « Gigafactory AESC », une immense usine spécialisée dans la production de batteries pour voitures électriques. Cette dernière, développée en partenariat avec le groupe chinois Envision AESC, fait partie du pôle industriel Renault ElectriCity, dédié aux véhicules 100 % électriques.

    Destinée à produire des batteries pour les nouvelles Renault de la gamme électrique, cette « giga-usine » produira, à terme, une capacité énergétique annuelle comprise entre 24 et 30 GWh… À titre de comparaison, c’est assez pour alimenter une ville moyenne de 5 000 habitants pendant un an. En réalité, cette nouvelle « Gigafactory » fournira, seule, d’ici à 2030, des batteries pour environ 200 000 voitures électriques par an. Elle produira des batteries pour les modèles emblématiques réinventés de Renault, tels que la R5 et la future R4 électrique.

    Crédit : Teresa Suarez

    Une ambition industrielle & écologique nationale

    L’inauguration de la Gigafactory AESC à Douai s’inscrit dans une stratégie plus large de réindustrialisation et de transition énergétique appelée « Renault ElectriCity », avec un investissement total de près de 2 milliards d’euros, dont 1,3 milliard pour la seule usine de Douai.

    Lancé en 2021, ce projet regroupe trois sites stratégiques dans les Hauts-de-France : Douai, Maubeuge et Ruitz, avec l’ambition de faire de la région le centre de gravité de la voiture électrique en Europe. Objectif du projet : produire jusqu’à 400 000 véhicules électriques par an sur les trois usines de production, et relocaliser une partie de la fabrication en France. « Renault ElectriCity » veut ainsi créer un écosystème complet, allant de la fabrication de batteries à l’assemblage final des véhicules, en s’appuyant sur des partenaires clés comme Envision AESC.

    Cette inauguration marque donc une étape supplémentaire pour Renault, qui affirme sa volonté de faire des Hauts-de-France le centre névralgique de son écosystème 100 % électrique, dans le cadre de sa stratégie de transformation « Renaulution ». Ces initiatives illustrent la dynamique de renforcement de la souveraineté industrielle française, dans le but de réduire la dépendance à l’importation de batteries asiatiques.

    Côté finances, la Commission européenne a autorisé une aide de 48 millions d’euros pour soutenir la construction de cette usine de batteries lithium-ion, soulignant ainsi son importance dans le développement économique et la compétitivité de la France dans ce domaine. Le site de Douai, à lui seul, devrait notamment créer plus de 1 000 emplois d’ici à 2030.

    Crédit : Maxpp

    Un impact socio-économique majeur

    À Douai, Emmanuel Macron a également souligné l’importance de ce genre d’initiatives pour la revitalisation économique de la région, historiquement marquée par un déclin industriel. Le chef de l’État déclare même : « Il n’y a pas de fatalité, pas de morosité à avoir. Les temps sont durs ; mais ce que vous incarnez ici aujourd’hui montre que l’écologie et l’économie, ça peut aller ensemble si on investit, si on a une stratégie de long terme et de la constance. »

    Crédit : Ludovic Marin
  • Quand France rime avec innovation

    Quand France rime avec innovation

    Le tissu entrepreneurial français est riche de nombreuses pépites dédiées à la mobilité électrique. Zoom sur 15 d’entre elles, couvrant un large spectre de domaines allant de la fabrication de voitures à la proposition de solutions de recharge.

    Fabrication et rétrofit

    Circle

    Fondée en 2019
    Basée à Paris

    Circle travaille sur le développement de voitures électriques miniatures équipées de batteries amovibles et fabriquées dans des usines modulables, mais aussi de scooters et de trottinettes. L’idée, à terme, est de créer une gamme de véhicules dédiés à l’autopartage.

    Gazelle Tech

    Fondée en 2014
    Basée en Gironde

    Gazelle Tech est un tout jeune constructeur automobile qui fabrique des voitures électriques légères en y intégrant un matériau composite breveté contenant, entre autres, de la fibre de verre. Le premier modèle de série, proposant 180 km d’autonomie, pourrait débarquer dès 2025.

    Kate

    Fondée en 2022
    Basée dans les Deux-Sèvres

    Kate a repris, lors d’un rachat en 2023, l’activité de Nosmoke, un constructeur qui fabriquait des versions électriques et revisitées de l’iconique voiture de plage Mini Moke. Une production qui continue toujours aujourd’hui.

    Qinomic

    Fondée en 2021
    Basée dans les Bouches-du-Rhône

    Qinomic a réussi, en très peu de temps, à se faire un nom dans le monde du rétrofit en se focalisant principalement sur l’électrification de flottes d’utilitaires thermiques. De quoi attirer, en 2023, l’attention du géant Stellantis avec qui elle est associée.

    Crédit : Gazelle

    Batteries et moteurs

    Mecaware

    Fondée en 2020
    Basée dans le Rhône

    En 2023, Mecaware a levé 40 M € afin de lui permettre d’ouvrir sa première usine et ainsi industrialiser sa technologie de recyclage qui consiste en l’extraction des métaux dits “critiques” des batteries usagées dans le but de les recycler puis les réinjecter dans le cycle de production des batteries.

    Nawah

    Fondée en 2013
    Basée dans les Bouches-du-Rhône

    Nawah planche sur la fabrication de batteries à supercondensateurs en nanotubes de carbone capables d’être rechargées à 80 % aussi vite que l’on fait le plein d’essence (ou presque). Reste désormais à trouver les fonds pour passer à l’industrialisation.

    Verkor

    Fondée en 2020
    Basée en Isère

    Verkor vise à produire des batteries lithium-ion sur le territoire français, le tout avec le soutien de Renault, entre autres, et des investissements massifs : 2 milliards d’euros en plusieurs levées de fonds. Sa gigafactory, implantée à Dunkerque, fonctionnera à plein régime d’ici 2026.

    VoltR

    Fondée en 2022
    Basée dans le Maine-et-Loire

    VoltR est une entreprise spécialisée dans le reconditionnement de batteries. Elle a récemment signé un partenariat avec le géant de la trottinette électrique Lime pour recycler ses batteries et travaille à diversifier son activité afin de traiter d’autres types de batteries.

    Whylot

    Fondée en 2011
    Basée dans le Lot

    Whylot est un motoriste qui fabrique des moteurs électriques plus petits et performants visant le marché de l’automobile. Renault a signé un partenariat avec l’entreprise lotoise afin de l’accompagner dans le développement de son industrialisation.

    Crédit : Verkor

    Recharge et distribution

    Beev

    Fondée en 2020
    Basée en Seine-Saint-Denis

    Beev propose, aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises, une solution “clé en main” pour leur passage à l’électrique. Le choix d’un véhicule, l’installation d’une borne, la paperasse, c’est géré !

    Bump

    Fondée en 2021
    Basée à Paris

    Bump installe des bornes de recharge rapide au pied des bureaux, sur les parkings de supermarché, les dépôts de bus en plus de proposer sa propre carte d’abonnement. L’entreprise a notamment levé 180 millions d’euros en 2022.

    Driveco

    Fondée en 2010
    Basée à Paris

    Driveco, de son côté, s’est spécialisée dans les bornes de recharge alimentées par énergie solaire. En 2023, elle a dépassé les 10 000 points de charge et a, depuis, ouvert des bureaux en Espagne, en Belgique et en Italie.

    Electra

    Fondée en 2020
    Basée à Paris

    L’Europe est également au menu d’Electra qui développe des stations de recharge rapide dans le cœur des villes. En 2023, elle a reçu 304 millions d’euros lors d’une levée de fonds pour l’expansion de son réseau : l’entreprise vise les 15 000 stations sur le Vieux Continent d’ici 2030 contre 1500 en 2024.

    Mob-Energy

    Fondée en 2018
    Basée dans le Rhône

    Mob-Energy a donné naissance à Charles : un robot chargeur autonome. Il stocke l’énergie via des batteries recyclées depuis sa base puis passe de véhicule en véhicule via des modules sur lesquels on se branche après s’être garé.

    Zeplug

    Fondée en 2014
    Basée à Paris

    Zeplug propose aux copropriétaires de les accompagner dans l’installation et dans la gestion de leurs bornes de recharge. Une demande croissante et un marché à conquérir sur lequel l’entreprise parisienne a une longueur d’avance depuis une levée de fonds de 240 millions d’euros en 2022 pour accélérer son expansion en Europe.

    Crédit : Mob Energy
  • En quoi le caractère électrique d’une voiture influe-t-il sur son design ?

    En quoi le caractère électrique d’une voiture influe-t-il sur son design ?

    L’électrification nous amène à revoir notre façon de voir la voiture, que ce soit en termes de consommation, de conduite ou de technologie, mais également de design. Car si une voiture ressemble toujours à une voiture (pour le moment), on note tout de même des différences de plus en plus notables entre les thermiques et les électriques sur ce point.

    Au début de l’essor de l’électrique, les constructeurs se contentaient généralement d’apposer un badge bleu ou vert quelque part sur la carrosserie pour faire passer le message que l’auto était électrique, le plus souvent lorsqu’il existait une copie parfaite du modèle en version thermique. Cela permettait de faire quelques économies. Mais depuis quelques années et la création de modèles 100 % électriques, les VE sont de plus en plus reconnaissables et pas seulement grâce au silence de son moteur.

    Pas de moteur thermique, plus de liberté

    Ce n’est pas un secret, mais un moteur électrique prend beaucoup moins de place qu’un moteur thermique. Il libère ainsi de l’espace sous le capot, certes, mais également sous l’auto : pas de système d’échappement, pas d’embrayage, cela fait de la place. Une fois
    cette grosse épine retirée de leurs pieds, les designers peuvent donc réduire la longueur du capot, abaisser l’avant et agrandir l’habitacle. Outre la disparition du bloc moteur, on note également la généralisation de la plateforme « skateboard », châssis plat intégrant les batteries et essieux, qui permet, là encore, grâce à un plancher plat, de gagner de l’espace à l’intérieur tout en allongeant l’empattement sans nuire à l’harmonie des lignes. Le profil des voitures électriques devient ainsi plus fluide, presque monobloc. On se souvient tous de la première fois que l’on a vu une Tesla Model 3, ce sentiment étrange de savoir que c’est une voiture, mais sans trop s’expliquer pourquoi elle ne nous fait pas la même impression que celle d’à côté…

    Crédit : Tesla

    Une face avant revisitée

    Parmi les attributs spécifiques aux voitures thermiques, la calandre est l’un des plus iconiques. Souvent utilisées pour reconnaître une marque ou un modèle, elles ont surtout pour mission de faire entrer de l’air dans le bloc moteur pour le refroidir. Or, une voiture électrique n’a besoin que de peu ou pas du tout d’air. Cette disparition permet aux designers de proposer des faces plus épurées et de s’amuser avec les signatures lumineuses. On l’a vu récemment avec la Hyundai Ioniq 5 et la Renault 5 E-Tech, entre autres, qui assument un style futuriste teinté de numérique.

    Crédit : Renault

    L’épineuse question de l’aérodynamisme

    L’aérodynamique est l’une des raisons pour lesquelles une voiture électrique ressemble encore beaucoup à une voiture thermique : car, si cela fonctionne, il n’y a pas de raison de trop bousculer les codes. Mais reste que l’enjeu de la réduction de la traînée est encore plus crucial pour les VE, car d’elle dépend l’autonomie, peut-être le frein le plus célèbre à l’électrification massive du parc automobile. Ainsi, on trouve, sur les voitures électriques, des lignes plus simples, plus tendues, bref, plus aiguisées. Les poignées sont affleurantes, les jantes pleines et même, sur certains modèles comme la Honda E, les rétroviseurs sont remplacés par des caméras.

    Un intérieur à réinventer

    L’habitacle bénéficie également du passage à l’électrique. Avec la disparition du “tunnel central”, la disposition des sièges est plus libre, il y a plus d’espace pour les passagers, mais aussi pour l’électronique. Ainsi, plus besoin de tout condenser et, petit à petit, le numérique remplace les commandes physiques et les écrans se font de plus en plus grands. C’est bien évidemment Tesla, pionnier de la voiture électrique, qui a lancé ce mouvement du minimalisme mêlé de tech et de grands volumes. Depuis, c’est devenu la norme pour tous les constructeurs, mais nous ne sommes pas à l’abri de voir débarquer des modèles qui prennent le contrepied de cette tendance et profitent de l’espace offert par l’électrique pour intégrer un maximum de composants dans l’habitacle pour en faire un vrai salon roulant.

    Entre nouveaux départs, conservatisme et table rase

    Le design automobile, c’est le message le plus lisible envoyé par les marques aux consommateurs. C’est donc, en partie grâce à lui, que l’on en sait plus sur les intentions d’un constructeur concernant ses ambitions électriques. Certains, comme Hyundai, Kia, Renault ou Volvo, entre autres, profitent du passage à l’électrique pour repenser intégralement leur lexique design sans pour autant mettre à la benne plusieurs décennies d’histoire et d’identité visuelle. On reconnaît la griffe, certes, mais on perçoit le changement d’ère. D’autres marques, à l’image de Porsche avec son Taycan, Maserati avec sa Grecale Folgore ou Peugeot avec son e-208, restent très proches de leur héritage design, ce qui leur permet de ne pas trop déstabiliser leur clientèle. Les changements se font donc petit à petit, d’abord dans l’habitacle puis, au fur et à mesure des restylages, sur la carrosserie. Un dilemme qui ne concerne que les constructeurs historiques ! En effet, les nouveaux géants chinois sont partis d’une feuille blanche et, sans le poids d’une identité visuelle trop forte sur leurs épaules, ils ont pu se lâcher côté design et créer de nouveaux codes. Xpeng et sa signature lumineuse ultra-fine, BYD et sa face avant de squale, Nio et ses lignes pures, on assiste à une petite révolution. Un grand écart que ne peuvent pas forcément se permettre les constructeurs les plus installés… Preuve en est l’exemple récent de Jaguar et le tollé soulevé par la présentation de sa très radicale Type 00.

    Crédit : Jaguar

    En bref, le design automobile a toujours été une question d’équilibre, que ce soit celui des lignes ou celui des volumes, mais s’ajoute également un équilibre marketing à respecter pour les marques qui devront profiter de la liberté offerte par l’électrique, mais sans choquer une clientèle très habituée au design classique et ancré dans l’imaginaire collectif depuis un siècle…

  • Quels pays dominent la course à l’électromobilité ?

    Quels pays dominent la course à l’électromobilité ?

    Voitures électriques, bornes de recharge, batteries dernier cri :
    l’électromobilité est partout. Mais tous les pays ne vont pas au même rythme : quels sont ceux les plus engagés dans cette révolution ? Entre stratégies industrielles, politiques publiques et innovations technologiques, la bataille de l’électromobilité se joue à l’échelle mondiale.

    Crédit : frimufilms

    La Chine, locomotive de l’électromobilité

    Difficile de rivaliser avec la Chine. L’Empire du Milieu n’a pas simplement théorisé l’électromobilité, il l’a industrialisée à une vitesse fulgurante. Depuis le début des années 2000, l’État chinois a tout misé sur cette technologie : subventions massives, quotas imposés aux constructeurs, soutien aux entreprises locales comme BYD, NIO ou CATL.

    Résultat : avec près de 28 % de part de marché, la Chine est le leader mondial du véhicule électrique. De plus, le pays compte déjà plus de 13 millions de bornes de recharge et exporte massivement vers l’Europe (voitures, batteries, bornes de recharge). On ne parle plus d’un marché local, mais d’une puissance industrielle globale.

    L’Europe : ambitieuse… mais hétérogène

    En Europe, l’électromobilité avance à grands pas, portée par des objectifs clairs : fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, normes CO2 de plus en plus strictes, aides à l’achat et déploiement de bornes sur tout le continent. L’Europe se démarque aussi par son écosystème d’innovation, notamment dans les infrastructures de recharge (Spark Alliance) et les batteries (Verkor, ACC).

    Mais derrière ces ambitions se cachent des réalités très différentes :

    ● La Norvège est championne toutes catégories : plus de 90 % des voitures neuves sont électriques.

    ● La France, l’Allemagne et les Pays-Bas affichent des progrès constants, avec un réseau de bornes qui s’étoffe et des véhicules de plus en plus accessibles.

    ● D’autres pays européens, comme l’Italie ou l’Espagne, restent en
    retrait, freinés par le coût des véhicules ou l’absence d’infrastructures.

    Pour l’Union européenne, tout n’est pas gagné. Le Vieux Continent reste dépendant de l’Asie pour une partie de ses composants, et les écarts sont encore grands entre pays. Pour rattraper son retard, l’Europe mise sur ses startups et sur l’innovation industrielle.

    Crédit : Freepik

    États-Unis : Tesla en tête, mais une dynamique contrastée

    Quand on parle d’électromobilité, les États-Unis sont souvent associés à Tesla, véritable locomotive du marché mondial. Mais au-delà de la firme d’Elon Musk, le pays reste à la traîne sur certains plans. Bien que l’adoption du véhicule électrique progresse (environ 15 % des ventes), elle reste freinée par un maillage de bornes de recharge encore insuffisant, en particulier hors des grandes villes.

    Avec l’élection de Joe Biden en 2020, la donne a changé. Le gouvernement a alors mis en place des mesures phares : subventions à l’achat, soutien à la fabrication locale de batteries, et un objectif de 50 % de véhicules électriques en 2030.

    Mais le territoire américain est vaste, et les États sont inégaux dans leurs engagements : si la Californie pousse fort, d’autres États comme le Wyoming restent frileux. De plus, la concurrence entre constructeurs est encore dominée par Tesla, faute d’une vraie alternative made in USA… pour l’instant.

    L’électromobilité n’est plus une option : c’est un virage mondial engagé. Et au fond, tous avancent dans la même direction. Ce qui change, c’est la méthode : la Chine s’impose, l’Europe encadre et innove, les États-Unis s’appuient sur leur leader. Mais une chose est sûre : la course est lancée, et de plus en plus de pays s’engagent dans cette bataille qui ne se gagnera pas uniquement à coups de voitures vendues, mais aussi grâce aux batteries, aux bornes, à l’innovation et à la capacité à entraîner toute une population dans ce changement.