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  • Škoda Epiq : le SUV électrique populaire arrive fin 2025 / début 2026

    Škoda Epiq : le SUV électrique populaire arrive fin 2025 / début 2026

    Škoda affine ses ambitions sur le marché de l’électrique grand public avec un nouveau modèle attendu pour la fin 2025, l’Epiq. Présenté en tant que concept en 2024, ce « mini SUV » a déjà été aperçu lors d’essais routiers en Espagne, près de l’usine de production, début juillet 2025. Avec une longueur de 4,10 m, il se positionne dans le segment des SUV compacts abordables, que convoitent également Renault avec sa R4 E-Tech, Citroën avec l’ë-C3, ou encore Volkswagen avec l’ID.2. Repérée récemment en Espagne sous un revêtement camouflage, la Škoda Epiq entre désormais dans sa phase active de tests sur route.

    Škoda Epiq en essai routier en Espagne en juillet 2025, SUV électrique compact camouflé avant sa sortie prévue fin 2025.
    L’Epiq en phase de tests routiers, camouflée avant sa sortie prévue fin 2025. (Crédit : Auto review)

    Prix plancher, ambitions élevées

    Škoda l’a promis : l’Epiq visera un prix d’appel autour de 25 000 € hors bonus écologique. Ce seuil psychologique est celui que tous les constructeurs ciblent pour démocratiser l’électrique sans ruiner les automobilistes. Pour y parvenir, certaines concessions seront sans doute nécessaires sur les équipements des versions d’entrée de gamme. Cependant, le constructeur insiste : il s’agit d’un véhicule familial, pratique et connecté, et non d’un produit low-cost.

    Un design solide pour une nouvelle ère Škoda

    Le design du Škoda Epiq ne passe pas inaperçu, même sous camouflage. Il inaugure le nouveau langage esthétique « Modern Solid », déjà visible sur les derniers concepts de la marque. On retrouve une silhouette compacte, presque musclée, avec un capot plat, des lignes tendues, des projecteurs en forme de T, et un nom ŠKODA bien visible à l’arrière, à la place du logo traditionnel. Même sous bâche, l’Epiq affiche clairement son positionnement : un SUV urbain robuste, pratique, mais moderne.

    Jusqu’à 400 km d’autonomie et recharge bidirectionnelle

    Bien que Škoda n’ait pas encore communiqué la fiche technique complète, le concept Epiq dévoilé au printemps 2024 annonçait une autonomie supérieure à 400 km WLTP. Un chiffre crédible, même si les premières versions commercialisées pourraient proposer une autonomie un peu plus modeste selon la batterie choisie.

    Nouveau design Škoda Epiq avec lignes tendues et projecteurs en T
    La Škoda Epiq adopte le style Modern Solid, musclé et compact. (Crédit : Škoda)

    La recharge bidirectionnelle (V2L ou V2G) sera aussi au programme. Fonction encore rare dans cette gamme de prix, elle permet d’alimenter des appareils ou même de réinjecter de l’électricité dans le réseau domestique, séduisant ainsi les utilisateurs soucieux de leur empreinte énergétique.

    Un SUV taillé pour l’Europe et fabriqué en Espagne

    L’Epiq ne sera pas qu’un concept : il repose sur la nouvelle plateforme dédiée MEB Entry, conçue pour les véhicules électriques d’entrée de gamme du groupe Volkswagen. Contrairement à d’autres Škoda produites en République tchèque, ce modèle sera assemblé à Pampelune, en Espagne, aux côtés des Volkswagen ID.2 et Cupra Raval. Ce choix stratégique vise à contenir les coûts tout en assurant une production 100 % européenne. Reste à voir comment la qualité sera impactée par ce changement d’usine et la réduction des coûts.

    Intérieur épuré, à la limite du simplisme

    À bord, le concept Epiq de Škoda mise principalement sur un grand écran central. Ce parti pris s’inscrit dans la lignée du groupe VAG avec Audi ou Volkswagen : un minimum de boutons physiques pour les fonctions essentielles, et des matériaux recyclés, comme du plastique, utilisés pour le tableau de bord ou la console centrale. Un style futuriste qui peut dérouter certains conducteurs.

    Intérieur de la Škoda Epiq avec écran central et design minimaliste
    Une planche de bord épurée, 100 % numérique, typique des dernières électriques VAG. (Crédit : Škoda)

    Concernant la capacité de chargement, Škoda annonce un volume de coffre de 490 litres, étonnamment généreux pour un véhicule citadin, ce qui le rendra particulièrement attractif pour les jeunes familles.

    Un modèle-clé pour Škoda et le groupe VAG

    L’enjeu est majeur pour la marque tchèque. L’Epiq doit devenir l’un des piliers de l’offre électrique de Škoda, avec l’objectif affiché de 70 % de ventes électriques en Europe d’ici 2030. Plus largement, ce SUV compact doit permettre au groupe Volkswagen de rattraper son retard sur le segment des électriques abordables, face à la montée des offres chinoises, mais aussi de Renault, Fiat ou Citroën.

    Avec ce Škoda Epiq, la marque tchèque ne se contente pas de proposer un SUV compact supplémentaire. Il s’agit d’un modèle stratégique, un tournant décisif dans l’électrification de leur gamme. Škoda avance sur un terrain initié par Renault (Dacia) en Europe : un prix raisonnable, une autonomie crédible, une fabrication européenne et un design moderne. En attendant sa présentation officielle fin 2025, ce petit SUV électrique s’annonce comme un sérieux concurrent face à la Dacia Spring ou aux dernières Renault 4 E-Tech.

  • Lucid Air Grand Touring : record mondial d’autonomie validé par le Guinness World Records

    Lucid Air Grand Touring : record mondial d’autonomie validé par le Guinness World Records

    Lucid Motors a battu un record mondial d’autonomie avec sa berline électrique Air Grand Touring, en parcourant 1 205 kilomètres sans recharge. Le trajet, effectué entre St. Moritz (Suisse) et Monaco de Bavière (Allemagne), a été certifié par le Guinness World Records début juillet 2025. Objectif : démontrer la performance énergétique de son système de propulsion électrique.

    Lucid Air Grand Touring en route pendant son record d’autonomie électrique certifié Guinness
    La Lucid Air Grand Touring a parcouru 1 205 km sans recharge, entre St. Moritz et Munich. (Crédit : Lucid)

    Un trajet transfrontalier, une performance mondiale

    La performance a été réalisée début juillet 2025 par le pilote turc Umit Sabanci, à bord d’un exemplaire de série de la Lucid Air Grand Touring. Le trajet a couvert 1 205 km en conditions réelles, sans recharge ni modification du véhicule. Le point de départ se situait à St. Moritz, en Suisse, et l’arrivée à Munich (Monaco de Bavière), en Allemagne.

    L’exploit a été officiellement validé par le Guinness World Records, qui a confirmé l’authenticité du véhicule, le respect des distances et l’absence de recharge pendant le trajet.

    Une fiche technique à la hauteur

    La Lucid Air Grand Touring dispose d’une batterie de 112 kWh utiles, selon les spécifications constructeur. Son système de propulsion repose sur une architecture 900 volts, lui permettant des rendements énergétiques élevés. Le véhicule affiche également un coefficient de traînée (Cx) de 0,197, l’un des plus bas du marché.

    Le modèle est homologué en Europe et figure parmi les berlines électriques offrant l’une des plus grandes autonomies disponibles actuellement.

    Une démonstration grandeur nature

    Le record s’inscrit dans une stratégie de démonstration de la technologie Lucid, en conditions réelles. Le conducteur a respecté les limitations de vitesse et les règles de circulation sur des routes ouvertes. Aucun dispositif externe de recharge ou d’assistance n’a été utilisé, conformément aux exigences du Guinness World Records.

    « Ce record d’autonomie représente une étape importante. C’est une nouvelle démonstration claire de l’avance technologique qui définit Lucid », a déclaré Eric Bach, vice-président principal des produits et ingénieur en chef chez Lucid Motors.

    Umit Sabanci et l’équipe Lucid Motors devant la Lucid Air Grand Touring après le record d’autonomie électrique certifié Guinness World Records
    Umit Sabanci pose avec la Lucid Air Grand Touring et le certificat Guinness, après avoir parcouru 1 205 km sans recharge. (Crédit : Lucid)

    Une référence sur le marché des véhicules électriques

    Lucid dépasse ici le précédent record établi par Mercedes avec la Vision EQXX, qui avait parcouru 1 045 km sur une seule charge. Contrairement au prototype de Mercedes, la Lucid Air Grand Touring est un modèle commercialisé, disponible en Europe depuis 2023.

    Ce record valide non seulement les ambitions technologiques de Lucid, mais montre aussi que les véhicules électriques de série sont désormais capables de franchir des distances dignes des meilleures berlines thermiques. Une étape symbolique, mais bien réelle, pour l’électromobilité.

  • Avion électrifié : la France entre dans la danse

    Avion électrifié : la France entre dans la danse

    L’avion est régulièrement au centre des polémiques liées au dérèglement climatique et aux émissions de gaz à effet de serre. Il est donc normal que le secteur aéronautique réfléchisse, comme l’automobile avant lui, à son électrification (au petit détail près que l’on ne fait pas voler un monstre d’acier de 40 tonnes comme on fait rouler une citadine).

    Au cœur de ce marché relativement jeune promis à une croissance exponentielle et qui bouillonne à l’international, on retrouve de nombreux acteurs français, grands groupes comme jeunes start-ups, bien décidés à faire de la France une pionnière de l’aviation électrique, comme elle a été l’une des pionnières de l’aviation thermique. 

    Les belles promesses de l’avion électrique français

    En France, si Airbus est actif sur le secteur de l’aéronautique électrifiée depuis le début des années 2000, c’est plutôt du côté des jeunes pousses que l’on trouve les projets les plus aboutis. En tête des plus belles réussites du pays, on trouve ainsi Aura Aero.

    Basée à Toulouse, l’épicentre de l’aviation en Europe, cette start-up a fait voler pour la première fois, en décembre 2024, son aéronef biplace Integral E qui, comme son nom le sous-entend, est propulsé par un moteur 100 % électrique. Une pièce fournie par un géant de l’industrie aéronautique mondiale, le groupe français Safran. Baptisé Engineus, il s’agit du premier moteur électrique d’avion dans le monde à recevoir la certification d’une grande agence, l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA), lui permettant donc d’être produit en série.

    Certes, l’Integral E ne propose qu’entre 1 h et 1 h 30 d’autonomie, mais il est possible de le recharger en 30 minutes et ainsi de proposer des allers-retours régionaux, ou tout simplement servir à la formation de futurs pilotes. Et ce n’est qu’un début pour Aura Aero qui, en parallèle de l’Integral E, a également développé l’ERA capable, lui, de transporter 19 passagers, toujours pour des trajets régionaux. Équipé d’un moteur hybride, il devrait effectuer ses premiers vols en 2026. 

    avion-electrique-aura-aero-integral-e.jpg
    Crédit : Aura Areo

    Autant de projets rendus réalisables notamment via l’injection de fonds européens à hauteur de 95 millions d’euros, preuve que l’avion “zéro émission” n’est pas qu’un fantasme, mais bien un projet sérieux porté par les institutions elles-mêmes. Aura Aero n’est pas la seule entreprise française à illustrer les ambitions du pays concernant l’électrification de l’aviation puisque VoltAero développe, depuis son QG en Charente-Maritime, un avion baptisé Cassio 330, équipé de moteurs hybrides et dont le lancement est prévu en 2026.

    De quoi déjà intéresser les investisseurs, dont l’Américain AltiSky qui a injecté plus de deux millions de dollars dans l’entreprise française dans le cadre d’un partenariat qui verra la construction d’une usine VoltAero aux États-Unis afin de conquérir le marché nord-américain, friand de ces solutions interrégionales. 

    Crédit : VoltAero

    Un engouement mondial pour l’aviation électrique

    Bien entendu, la France n’est pas la seule sur ce marché en plein boom. En effet, s’il pèse aujourd’hui une dizaine de milliards de dollars à l’international, les prospectives les plus optimistes laissent penser que l’aéronautique électrifiée pourrait atteindre 70 milliards de revenus annuels en 2034, suivant une croissance à deux chiffres tous les ans.

    Ainsi, les projets ambitieux fleurissent aux quatre coins du monde. Du Canada, où Harbour Air rétrofit de vieux coucous en leur implantant des moteurs hybrides (la barre des 100 vols a été récemment dépassée) au Royaume-Uni où ZeroAvia avance vitesse grand V sur l’hydrogène enchaînant les vols d’essai et les levées de fonds en passant par la Suède où l’on attend le premier vol d’essai d’un hybride de 30 places signé Heart Aerospace.

    Et la Chine alors ? Sans surprise, c’est leader mondial du marché des batteries pour véhicules électriques, CATL, qui se pose en fer de lance de l’aéronautique aux watts. En 2024, le groupe annonçait que son partenariat avec le constructeur chinois Comac avait donné naissance à un avion de 4 tonnes et 19 places capable de parcourir 500 kilomètres en tout électrique. Pas de doute, le pays phare de la voiture électrique compte bien tenir son rang sur le marché de l’aviation. 

    Crédit : ZeroAvia
  • Renault Rafale : le nouveau visage de la mobilité présidentielle pour le 14 juillet

    Renault Rafale : le nouveau visage de la mobilité présidentielle pour le 14 juillet

    Paris, 14 juillet — C’est officiel : le Président de la République ouvre aujourd’hui le défilé du 14 juillet à bord du Renault Rafale, symbole d’un retour emblématique de la marque au losange au garage de l’Élysée. Ce choix marque une nouvelle étape dans l’histoire de l’automobile française.

    Renault Rafale voiture présidentielle officielle lors du défilé du 14 juillet 2024
    Le Renault Rafale, véhicule officiel du Président de la République pour le défilé du 14 juillet 2024 à Paris.

    Un retour aux sources avec prestige

    Pour la première fois depuis 2012, c’est un véhicule Renault qui est employé comme voiture officielle du chef de l’État, prenant la succession de la DS 7 Crossback Élysée. Ce retour renforce l’ancrage historique de Renault auprès des présidents depuis la Renault 40 CV en 1920. Cette version présidentielle arbore une carrosserie bleu sombre spécifique, une calandre tricolore et un blindage conforme aux normes de sécurité de l’Élysée.

    Motorisation hybride performante et efficiente

    Basé sur la plateforme CMF‑CD, le Rafale propose deux motorisations E‑Tech. La version de 200 ch en traction associe un moteur essence 1,2 L turbo à deux moteurs électriques pour une puissance combinée de 200 ch, un couple de 410 Nm, un 0‑100 km/h en 8,9 s, une consommation de 4,7 à 5,0 L/100 km et des émissions d’environ 105 g/km de CO₂.

    La version hybride rechargeable E‑Tech 4×4 de 300 ch combine un deuxième moteur électrique sur l’essieu arrière et une batterie de 22 kWh, permettant jusqu’à 105 km d’autonomie 100 % électrique, 1 000 km d’autonomie totale, un 0‑100 km/h en 6,4 s, une consommation mixte extrêmement basse (~0,5‑0,9 L/100 km) et des émissions de 15‑19 g/km CO₂.

    Un intérieur technologique et responsable

    L’habitacle est moderne et connecté, doté d’un double écran OpenR Link de 12  » (instrumentation + infodivertissement), Android Automotive avec Google Maps et assistant vocal. Le système inclut des aides à la conduite comme la conduite semi‑autonome de niveau 2, le régulateur adaptatif et le système 4Control advanced avec suspension pilotée pour un confort maximal.

    Des options comme le toit panoramique opacifiant Solarbay®, les sièges Esprit Alpine, les jantes 21″ et la finition de luxe Alpine complètent l’expérience premium.

    Une image politique forte

    Le choix du Renault Rafale comme voiture présidentielle affirme clairement la volonté de promouvoir l’industrie automobile française, en alliant prestige, innovation et engagement écologique. Ce véhicule présidentiel devient le reflet d’une République moderne, soucieuse de son image, tournée vers l’avenir et respectueuse de ses engagements environnementaux.

  • Robotaxis Tesla : extension du service à Austin malgré les défis

    Robotaxis Tesla : extension du service à Austin malgré les défis

    Tesla a annoncé l’extension de sa zone d’exploitation pour les robotaxis à Austin (Texas), poursuivant ainsi son offensive dans le domaine des véhicules autonomes. Cette décision s’inscrit dans un contexte de baisse des ventes mondiales et de renforcement de la concurrence sur le marché de l’électromobilité.

    Robotaxi Tesla Model Y circulant à Austin, Texas
    Crédit : Eric Gay / AP

    Une extension des robotaxis confirmée à Austin

    Selon le Austin American-Statesman, Elon Musk a déclaré que Tesla allait élargir la zone géographique desservie par ses robotaxis dans la ville d’Austin. Le service, initialement limité à un périmètre restreint depuis le 22 juin 2025, va couvrir une zone plus vaste dans les jours à venir. Pour l’heure, les véhicules continuent de circuler avec un conducteur de sécurité à bord, conformément à la réglementation locale.

    Une réponse à une conjoncture difficile

    Cette annonce intervient alors que Tesla fait face à une baisse de ses livraisons mondiales. L’entreprise a vendu 384 122 véhicules au deuxième trimestre 2025, soit un recul de 13,5 % par rapport à la même période de l’an dernier.

    Malgré ce contexte, le marché a réagi positivement à l’annonce de l’expansion des robotaxis. Le titre Tesla a enregistré une hausse de 4,7 % à la Bourse après la déclaration d’Elon Musk.

    Une intégration du chatbot Grok sous surveillance

    En parallèle, Musk a confirmé que Tesla prévoit d’intégrer prochainement le chatbot Grok, développé par la société xAI, dans ses véhicules. Cette fonctionnalité sera disponible avec la prochaine mise à jour des systèmes embarqués.

    Robotaxi Tesla Model Y circulant à Austin, Texas
    Crédit : Eli Hartman/Getty Images

    Cependant, l’intégration de Grok soulève des interrogations. Des utilisateurs ont relevé des réponses inappropriées produites par le chatbot dans certaines situations. L’entreprise n’a pas détaillé les mesures prévues pour encadrer cette intégration.

    Un encadrement réglementaire toujours strict pour les robotaxis

    Le développement des robotaxis aux États-Unis reste encadré par une réglementation stricte. Depuis les incidents ayant impliqué la société Cruise (filiale de General Motors) en 2023, plusieurs États, dont la Californie, ont durci les conditions d’expérimentation des véhicules autonomes. Tesla, qui n’a pas encore obtenu de permis d’exploitation sans conducteur de sécurité, reste surveillée de près par les régulateurs locaux.

  • L’électromobilité : enjeux et perspectives d’avenir

    L’électromobilité : enjeux et perspectives d’avenir

    Si elle occupe aujourd’hui le devant de la scène, l’électromobilité n’est pas une mode passagère, mais bien l’un des piliers d’une transition globale en cours. Réduction des émissions, indépendance énergétique, relance industrielle : les enjeux sont multiples, et les réponses qu’apporte l’électrique vont bien au-delà du simple changement de motorisation. Alors, pourquoi l’électromobilité ? Tentons d’y voir plus clair.

    Enjeux écologiques : moins de CO₂, mais pas sans impact !

    Le transport routier représente 15 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales. En remplaçant les véhicules thermiques par des véhicules électriques, alimentés par une énergie de plus en plus décarbonée, on agit directement sur cette source majeure de pollution. 

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    Crédit : Nerijus jakimavičius

    Pour mesurer l’impact positif de ces véhicules sur l’écosystème, le cycle de vie complet d’un véhicule électrique doit être pris en compte. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), un véhicule électrique émet en moyenne trois fois moins de CO₂ qu’un véhicule thermique sur l’ensemble de son cycle de vie, à condition que l’électricité utilisée soit issue de sources renouvelables.

    Autre atout de taille : l’absence d’émissions locales. Zéro rejet à l’échappement, cela signifie moins de particules fines, d’oxydes d’azote (NOₓ) et de nuisances sonores. D’après l’OMS, la pollution de l’air provoque plus de 300 000 décès prématurés chaque année en Europe, avec une part importante liée aux transports. En ville, cela se traduirait directement par une meilleure qualité de l’air, avec un bénéfice clair pour la santé publique.

    Mais le bilan écologique n’est pas tout blanc. Les batteries, cœurs des véhicules électriques, posent de vrais défis environnementaux. Leur fabrication est énergivore et repose sur l’extraction de matériaux comme le lithium, le cobalt ou le nickel, dont les procédés d’extraction posent question. Heureusement, les filières de recyclage, bien qu’encore jeunes, sont prometteuses. Aujourd’hui, des startups françaises parviennent à recycler une batterie à hauteur de 90 à 95 %.

    Enjeux énergétiques : sortir du pétrole, entrer dans la flexibilité

    L’électromobilité, c’est aussi une stratégie d’indépendance. En 2025, l’Union européenne importe plus de 90 % de son pétrole.

    Alimenter une voiture avec de l’électricité permet de s’affranchir en partie de cette dépendance et de regagner une forme de souveraineté énergétique, surtout si l’on mise sur des sources d’électricité locales et bas-carbone : solaire, éolien, nucléaire.

    voiture-electrique-recharge.jpg
    Crédit : M W

    Mais ce virage demande de l’anticipation. L’augmentation du nombre de véhicules électriques va faire grimper la demande en électricité. Si cette demande est couverte par des énergies carbonées, le gain peut être annulé. De ce fait, les leaders européens de la recharge (comme Spark Alliance) proposent aux conducteurs de véhicules électriques de consommer une énergie 100 % renouvelable.

    Enjeux économiques : une nouvelle industrie… mais des risques à gérer

    Au-delà de l’environnement, l’électromobilité représente une opportunité économique majeure pour les industriels. De nouvelles filières se créent : batteries, bornes de recharge, logiciels embarqués, services connectés… En Europe, des « gigafactories » voient le jour, et les investissements se comptent en milliards — de quoi permettre à de nouveaux acteurs de s’implanter dans un secteur automobile historiquement difficile d’accès.

    Du côté des usagers, le coût à l’usage est souvent plus avantageux que pour le thermique sur le long terme : l’entretien est considérablement réduit, la recharge coûte moins cher que le plein, et des bonus écologiques sont proposés par l’État. Les freins à l’accès commencent à tomber, notamment grâce au développement du marché de l’occasion pour les véhicules électriques.

    Crédit : Mabel Amber

    Mais cette mutation n’est pas sans secousses. L’industrie automobile traditionnelle concerne des centaines de milliers d’emplois, notamment dans les chaînes de montage, les garages ou chez les sous-traitants. La reconversion des compétences est un défi social majeur, afin de permettre à toutes ces femmes et tous ces hommes de poursuivre une activité professionnelle convenable. À ce sujet, la Commission européenne a acté en février 2025 le projet Clean Industrial Deal. Ce pacte vise à soutenir la transition des filières industrielles vers des technologies bas-carbone, avec un accent fort sur la mobilité électrique. Il promet la création de 500 000 nouveaux emplois dans l’électromobilité d’ici à 2030.

    L’électromobilité représente une avancée majeure vers un avenir plus durable et plus indépendant. Bien que les défis environnementaux et économiques soient nombreux, les bénéfices pour la santé publique, l’indépendance énergétique et la relance industrielle sont indéniables. Il est crucial de continuer à innover et à investir dans des solutions durables pour maximiser ces avantages.

  • États ou entreprises, qui booste l’installation des bornes de recharge ? 

    États ou entreprises, qui booste l’installation des bornes de recharge ? 

    C’est un sujet au cœur de tous les débats concernant la transition énergétique : l’installation massive de bornes de recharge pour véhicules électriques. Si les chiffres sont plutôt bons et en croissance constante, une autre question se pose, qui porte réellement ce développement ? Les entreprises, les États ou les deux ? 

    À mesure que la transition énergétique s’accélère, la course à l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques devient un enjeu stratégique majeur. Mais derrière la croissance relativement rapide du réseau, il y a un mix entre politiques, initiatives business et, parfois, partenariats entre le public et le privé. 

    Installation de bornes de recharge : les pouvoirs publics mettent le contact…

    Dans de nombreux pays, la volonté politique a servi de déclencheur. L’Union européenne, notamment, s’est fixée d’ambitieux objectifs concernant la transition énergétique avec, en tête, l’interdiction de la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035. Les États membres ont ensuite suivi la voie et multiplié les plans de soutien à la mobilité électrique. La France, par exemple, a mis en place des aides financières pour l’installation de bornes, notamment la prime « Advenir » pour les habitants d’immeubles.

    Les États utilisent également l’outil législatif afin d’encourager l’installation de points de recharge.  En effet, certains pays imposent aux immeubles neufs, parkings publics et centres commerciaux de proposer un pourcentage de places équipées de bornes de recharge. En Europe, l’obligation d’installer des bornes de recharge dans les bâtiments neufs ou rénovés découle de la directive EPBD de 2021. Cette dernière exige un pré-équipement — le fait d’anticiper l’installation future de bornes de recharge dès la construction — pour les bâtiments résidentiels et l’installation de bornes dans les bâtiments non résidentiels dès 10 places de parking. 

    installation bornes recharge autoroute europe
    Crédit : Pexels Bruggi

    Mais certains pays comme la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Royaume-Uni ne se contentent pas de suivre ces règles et ont décidé de frapper plus fort. Par exemple, la France et l’Allemagne imposent jusqu’à 100 % de pré-équipement dans les parkings résidentiels neufs, tandis que les Pays-Bas et le Royaume-Uni ordonnent systématiquement des bornes dans les nouvelles constructions commerciales et résidentielles. Mais il ne s’agit pas seulement d’obliger. En parallèle, l’investissement public reste massif : en Allemagne notamment, un plan de 6,3 milliards d’euros a été engagé jusqu’en 2026 pour soutenir le développement d’infrastructures de recharge.

    … Et le privé appuie sur l’accélérateur

    Si les États donnent l’impulsion, ce sont souvent les entreprises qui assurent le déploiement concret des bornes. De Tesla à Fastned en passant par Ionity, Allego ou TotalEnergies, les grands acteurs du privé de l’énergie investissent, depuis plusieurs années déjà, et portés par les ambitions gouvernementales citées plus haut, dans le déploiement de réseaux de bornes de recharge. Pour le moment situées principalement sur les grands axes, les métropoles et les grandes zones commerciales, ces bornes promettent un retour sur investissement qui suivra la hausse du parc de voitures électriques et sont donc très intéressantes pour ces multinationales.

    installation bornes recharge parkings
    Crédit : Pexels Jakubzerdzicki

    Concernant les zones rurales, les villes moins densément peuplées ou les routes secondaires, vues comme moins rentables à court, voire moyen terme, les partenariats public-privé se multiplient. Dans plusieurs pays européens, ils jouent un rôle clé pour développer des bornes de recharge dans ces zones encore oubliées. En France, l’État finance certains projets privés jusqu’à 50 % via l’ADEME quand, en Allemagne, le programme Deutschlandnetz subventionne massivement des stations de recharge rapide, exploitées par des acteurs du privé. Le Royaume-Uni, avec son programme LEVI, soutient aussi les collectivités locales qui s’associent à des opérateurs privés. Les Pays-Bas, de leur côté, ont mis en place des appels d’offres régionaux qui permettent à des entreprises de financer en partie l’installation et l’exploitation de stations de recharge. Des projets qui permettent aux entreprises de sécuriser des parts de marché sur le long terme et aux pouvoirs publics d’atteindre leurs objectifs.  

    Enfin, dans le secteur résidentiel et tertiaire, des start-ups et PME prennent aussi une part croissante du marché. Certaines entreprises voient dans l’installation de bornes une diversification naturelle de leur activité, à l’image des énergéticiens ou des entreprises de travaux publics. C’est le cas notamment de Sungrow — dont on parle ici — spécialiste du photovoltaïque qui a lancé une filiale dédiée aux bornes de recharge il y a une dizaine d’années. 

    Les États et les entreprises en covoiturage sur l’installation de bornes de recharge

    La dynamique actuelle repose donc sur une interaction entre incitations publiques et stratégies privées. Quand les États poussent à l’adoption des véhicules électriques, ils sont obligés, par ricochet, d’encourager l’installation de bornes de recharge. Et les entreprises y voient un levier financier intéressant et investissent pour ne pas louper le coche. 

    Et si les priorités de chacun ne sont pas toujours alignées (le privé privilégie des implantations rentables et les pouvoirs publics cherchent à garantir un maillage le plus couvrant possible), la solution des cofinancements est une bonne solution pour inciter les entreprises à miser sur des installations moins attirantes, mais cruciales pour convaincre le plus de monde possible de passer à l’électrique.

    Dans certains pays, comme les Pays-Bas cités plus haut, le succès de la mobilité électrique (plus d’un tiers de voitures électriques dans le parc) repose ainsi sur l’équilibre entre un cadre législatif et fiscal incitatif et les investissements précoces des entreprises locales. Un exemple à suivre ! 

  • Le Porsche Cayenne Electric n’est même pas encore lancé qu’il bat déjà des records ! 

    Le Porsche Cayenne Electric n’est même pas encore lancé qu’il bat déjà des records ! 

    Porsche travaille toujours sur le très attendu Cayenne Electric, qui, comme son nom l’indique, sera la déclinaison 100 % électrique du best-seller et SUV iconique de la firme allemande. Mais alors qu’il est encore “camouflé” et loin d’être lancé sur nos routes, il se paye déjà le luxe de démontrer sa puissance en course ! 

    Le constructeur allemand, dont le passage électrique a été salué, notamment grâce au très réussi Taycan, prévoit de frapper un grand coup avec la version 100 % électrique du SUV qui a sauvé la maison, véritable best-seller, le bien nommé Cayenne Electric. Et, à modèle très attendu : teasing exceptionnel. Peu importe le domaine, Porsche ne fait jamais les choses à moitié et ça vaut également pour les démonstrations du Cayenne aux watts qui a fait ses premiers tours de piste officiels, encore sous sa livrée camouflage, sur le tracé de Shelsley Walsh. Au cœur du Worcestershire, il s’agit d’une course de côte d’un peu moins d’un kilomètre dont la pente atteint jusqu’à 16,7 %. 

    Rude et technique, c’est un parcours qui ne pardonne rien. Pas de quoi effrayer Gabriela Jílková, pilote de développement pour la TAG Heuer Porsche Formula E Team qui a réalisé, dès sa première tentative, un temps de 31,28 secondes, soit quatre de moins que le précédent record de la catégorie SUV. Terrifiant. Plus fort encore, elle a atteint le premier checkpoint placé à 18,3 mètres en 1,94 seconde, soit un temps équivalent à certaines monoplaces. Tout ça avec des pneus été aux pieds. Pour vous donner une idée, c’est comme battre Usain Bolt sur 100 mètres avec des Converse. 

    Un nouveau châssis pour le Porsche Cayenne Electric

    Selon Porsche, l’atout n°1 du Cayenne Electric c’est le système de réglage actif du châssis Porsche Active Ride, combinaison d’un système de suspension active et d’un châssis totalement remanié. Il permet en effet de régler en temps réel à la fois à la hauteur, mais aussi la stabilité de la voiture. Cela peut s’avérer très pratique lors de lourds freinages, d’accélérations franches et de virages acérés. Autant d’événements qui sont notamment légion à… Shelsley Walsh !  

    Celle qui en parle le mieux, c’est encore la pilote Gabriela Jílková : « Le parcours exigeant ne pardonne aucune erreur. Il n’y a aucune zone de dégagement, la marge de manœuvre est donc étroite. Mais le réglage actif du châssis confère au nouveau Cayenne une remarquable stabilité et une précision hors pair. La voiture permet de tirer des trajectoires au cordeau. » Un système qui ne sera pas réservé à ce prototype camouflé, mais que l’on retrouvera bien sur le modèle de série. 

    Gabriela Jílková pilote porsche

    Mais le Cayenne est un SUV et, de fait, il doit être utilitaire (le “U” dans SUV). Aucun problème sur ce point puisque Richard Hammond, bien connu des fans de Top Gear, a eu la chance de conduire le Porsche Cayenne Electric en avant-première lors d’un tournage. Le sujet ? Le transport d’un véhicule de collection de plus de deux tonnes par… le Cayenne justement ! L’occasion, pour Porsche, d’avancer que son Cayenne électrique sera capable de tracter jusqu’à 3,5 tonnes ! 

    Performances électriques et tenue de gala 

    Si le Cayenne continuera d’être proposé en versions hybrides et thermiques — au moins jusqu’en 2035 et l’interdiction de la vente de véhicules thermiques neufs dans l’Union européenne ? — Porsche affirme que la version électrique atteindra un niveau de performance inédit dans la gamme. Et c’est précisément le responsable de la gamme Cayenne en personne, Michael Schätzle, qui nous le dit : « Nous ne pourrons atteindre le niveau de performance démontré publiquement pour la première fois en Angleterre qu’en exploitant pleinement le potentiel de l’électrification. Le Cayenne Electric établira de nouvelles références sur son segment, sans le moindre compromis en matière de confort d’utilisation et de praticité au quotidien ».

    Et ce n’est que le début. Après avoir marqué les esprits à Shelsley Walsh, le Cayenne Electric s’apprête à faire une nouvelle apparition publique lors du célèbre Goodwood Festival of Speed, du 10 au 13 juillet prochain. L’événement promet d’être un nouveau tremplin médiatique pour le futur SUV phare de Porsche, avant sa présentation officielle attendue en 2026.

    suv electrique porsche cayenne

    On ne sait rien, ou presque, de lui, mais, plus d’un an avant sa sortie officielle, le Cayenne Electric marque déjà les esprits. Très attendu, il promet d’être l’un des SUV électriques les plus complets du marché faisant aussi bien honneur au “S” qu’au “U” de Sports Utility Vehicle (SUV). Reste désormais à savoir s’il tiendra cette promesse, mais ses performances à Shelsley Walsh donnent déjà un élément de réponse… Une belle revanche, quelques semaines après avoir vu son record battu sur le Nürburgring par Xiaomi.

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  • La France face au défi du recyclage des batteries

    La France face au défi du recyclage des batteries

    Alors que les voitures électriques sont de plus en plus nombreuses sur nos routes, une autre révolution, plus discrète, est en marche : celle du recyclage des batteries.

    En France, constructeurs, start-up et collectivités s’organisent pour donner une seconde vie aux composants et aux batteries. Mais entre ambitions industrielles et réalités du terrain, la filière du recyclage avance encore en terrain miné.

    Une fin de vie sous tension

    Depuis quelques années, le paysage automobile français change de visage. Les voitures thermiques cèdent progressivement la place à leurs cousines électriques. Un choix dicté par des impératifs climatiques, des incitations gouvernementales et la volonté des constructeurs de verdir leur image. Mais une question demeure : que deviennent ces véhicules une fois leur vie terminée ? En 2035, la vente des voitures neuves à essence ou diesel sera interdite dans l’Union européenne. D’ici là, les véhicules électriques seront devenus la norme. Et avec eux, des montagnes de batteries à traiter. Car il ne suffit pas de rouler propre : encore faut-il recycler proprement pour éviter de déplacer simplement le problème.

    Recycler une voiture électrique : possible ?

    Contrairement aux idées reçues, les voitures électriques ne sont pas plus difficiles à recycler que les thermiques. Certaines pièces sont même plus simples à extraire : moins de fluide, pas de système d’échappement, moteurs compacts. Ce qui change, c’est la nature des matériaux et la complexité électronique. À Flins, dans les Yvelines, l’usine Refactory de Renault fait figure de pionnière. Un site dédié à l’économie circulaire. Objectif : encourager l’innovation et contribuer à l’ambition de neutralité carbone sur les sites industriels européens d’ici à 2030.

    Des véhicules usagés y sont démontés à la chaîne. Le cuivre, l’aluminium, les composants électroniques sont triés avec soin. Même les plastiques peuvent être recyclés. Mais la pièce maîtresse, c’est la batterie lithium-ion. Lourde, complexe, inflammable, mais pleine de ressources : cobalt, lithium, nickel, manganèse.

    Le défi du recyclage des batteries : entre extraction et renaissance

    Une batterie peut peser jusqu’à 500 kilos. Et au bout de 8 à 10 ans, elle est souvent en fin de parcours pour un usage automobile : moins de puissance, moins d’autonomie. On estime qu’elle n’a alors plus que 75 % de sa capacité initiale. Pourtant, elle n’est pas morte. Le recyclage redonne de la valeur aux matériaux, mais l’opération reste lourde, coûteuse, exigeante. L’économie circulaire pousse donc à retarder cette échéance en prolongeant la vie utile de la batterie.

    Plusieurs acteurs français s’y emploient. Carwatt, Mob-Ion, ou The Mobility House misent sur le stockage stationnaire. On réutilise les modules valides pour alimenter maisons, bâtiments publics ou installations photovoltaïques. Cette “seconde vie” séduit de plus en plus de collectivités. À Belle-Île-en-Mer, une école utilise des batteries de Renault Zoe pour stocker l’énergie solaire. Résultat : une énergie propre disponible la nuit. Et pour les batteries, une nouvelle vie de cinq ans, utile, loin des routes.

    Le recyclage des batteries, filière en construction

    Mais cette économie circulaire reste complexe : les batteries varient en format, chimie, électronique. Les industriels doivent développer des chaînes de tri quasi sur mesure, coûteuses et peu standardisées. Autre difficulté : l’absence de réglementation européenne homogène. En France, la filière s’organise avec l’ADEME (agence de la transition écologique) et le ministère de la Transition écologique. Mais l’harmonisation tarde. Il faudrait des normes communes : démontage, traçabilité, réutilisation des modules.

    Des projets émergent. La startup Verkor, soutenue par l’État, va inaugurer une giga-usine de batteries recyclables à Dunkerque, avec une production prévue pour début 2026. Renault mise sur le « Battery Passport », un passeport numérique pour suivre l’historique d’une batterie sur toute sa durée de vie.

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    Crédit : Verkor

    Recycler, oui… mais aussi réduire et repenser

    Le recyclage des batteries est indispensable, mais il ne peut suffire. Même bien gérées, les batteries usagées resteront un déchet complexe. Il faut donc concevoir des véhicules plus sobres. Un petit véhicule avec une petite batterie pollue moins qu’un SUV électrique. Selon Diane Strauss, du Haut Conseil pour le Climat et Directrice France de l’ONG Transport & Environnement : “l’orientation de la production vers des voitures électriques plus petites est la principale mesure que nous pouvons adopter pour réduire notre consommation de matières premières pour les batteries.“

    L’optimisation des matériaux, l’allongement de la durée de vie des batteries ou l’échange standard sont aussi des pistes. Autre solution : la mutualisation. Dans plusieurs villes (Le Mans, Allons, Villerouge-Termenès, Grenoble…), des réseaux de partage de véhicules électriques entre habitants permettent de maximiser l’usage d’un même parc. Moins de voitures produites, donc moins de batteries à recycler.

    Demain, une véritable économie circulaire ?

    La voiture électrique n’est pas une baguette magique. Mais bien pensée, bien recyclée, elle peut faire partie de la solution. En France, la filière avance, portée par l’urgence écologique. Des industriels aux collectivités, en passant par les start-up, nombreux sont ceux qui œuvrent à une véritable économie circulaire. Cela suppose une coopération renforcée. D’abord entre constructeurs pour tendre vers une standardisation des batteries. Ensuite entre États pour harmoniser les normes européennes. Enfin, entre tous les maillons de la chaîne, pour partager innovations et données.

    Mais au-delà de la technique, c’est un changement de regard qui s’impose. Le véhicule électrique ne doit plus être perçu comme un simple objet de consommation. La logique circulaire invite à le voir comme un assemblage de matières aux multiples vies. Cela implique des véhicules plus sobres, réparables, démontables, avec des batteries remplaçables. Les usines du futur seront sans doute des plateformes hybrides : fabrication, réparation, réutilisation. À Flins ou Dunkerque, ce modèle se profile déjà. Pour que cette économie circulaire se généralise, elle devra convaincre le citoyen. Car tout ne repose pas sur l’industrie : le comportement des usagers est essentiel. Choisir un modèle plus léger, accepter une voiture d’occasion reconditionnée, partager un véhicule… autant de gestes qui comptent.

    usine renault flins recyclage batteries
    Crédit : Renault Group

    Enfin, cette transition pose la question de la souveraineté. Revaloriser nos batteries, maîtriser les flux de matières, relocaliser certaines productions : autant de leviers pour gagner en indépendance et en résilience. En d’autres termes, offrir une seconde vie aux batteries n’est ni un simple pari technologique ni un verdissement de façade. C’est un pilier de l’avenir électrique. Et si l’on veut que la transition vers l’électrique tienne ses promesses, il faut s’en préoccuper dès maintenant — avant que les roues ne cessent de tourner.

  • Xiaomi YU7 : Un SUV électrique plus ambitieux que Tesla ?

    Xiaomi YU7 : Un SUV électrique plus ambitieux que Tesla ?

    Quelques mois seulement après avoir établi un record du tour sur le circuit du Nürburgring avec la SU7 Ultra (dans sa catégorie), Xiaomi frappe à nouveau dans l’industrie de la voiture électrique. Ce 2 juillet 2025, la marque chinoise lance la commercialisation du Xiaomi YU7 : un SUV électrique sportif aux allures de supercar italienne, conçu pour détrôner les différentes Tesla et BYD déjà bien établies sur le marché.

    Photo du Xiaomi YU7, SUV électrique sportif de Xiaomi en 2025
    Crédit : XIAOMI

    Le Xiaomi YU7 est un SUV électrique aux performances de supercar… décliné en trois versions : Standard, Pro et Max. Le sommet de gamme, Max, est doté de deux moteurs totalisant 690 ch, abat le 0 à 100 km/h en 3,23 secondes et atteint 253 km/h en vitesse de pointe. Des performances qui, comparées à la concurrence, sont sidérantes.

    Côté recharge, ce SUV Xiaomi passe de 10 à 80 % en seulement 12 minutes. Concernant l’autonomie maximale, la marque annonce 760 km CLTC (pour rappel, l’autonomie selon la norme CLTC est souvent optimiste : l’autonomie réelle est généralement inférieure).

    Technique et châssis

    Le YU7 combine : suspensions à double triangulation à l’avant, multi-bras à l’arrière, ainsi qu’un système d’amortissement adaptatif continu (les amortisseurs s’adaptent en temps réel à leur environnement). Sur le papier, tous ces éléments de haute technologie assurent à la fois confort et tenue de route sportive.

    Les freins, fournis par Brembo (à quatre pistons), permettent un freinage de 100 à 0 km/h en seulement 33,9 mètres, ce qui positionne ce YU7 Max parmi les SUV électriques les plus dynamiques du marché.

    Une esthétique venue d’ailleurs…

    Côté design, le YU7 adopte des ailes avant et arrière bombées, soulignant son assise musclée. Les passages de roues sont peints en noir, accentuant sa silhouette haute sur pattes et renforçant l’image d’un SUV premium. Les lignes très fluides de la carrosserie évoquent l’élégance des coupés italiens, à l’image de l’Alfa Romeo Stelvio.

    Intérieur technologique du SUV Xiaomi YU7 version Max
    Crédit : XIAOMI

    Mais ce qui a le plus marqué la rédaction, ce sont les nombreuses similarités avec le Ferrari Purosangue, sorti en 2023. La face avant présente un regard très similaire, une signature lumineuse quasi identique, ainsi que des galbes et flancs frôlant la copie. Cette ressemblance n’a rien d’un hasard : elle témoigne de l’influence persistante des grandes sportives européennes, qui s’impriment désormais dans l’identité visuelle que veut adopter Xiaomi.

    Ambitions commerciales ?

    Xiaomi vise à reproduire le succès de sa berline SU7, écoulée à plus de 258 000 exemplaires depuis mars 2024. Le constructeur chinois a annoncé une capacité annuelle de production de 300 000 unités dans son usine de Pékin. Cette montée en puissance industrielle de Xiaomi vise d’une part à répondre à une demande croissante et d’autre part à s’attaquer frontalement aux segments milieu de gamme et premium, où évoluent les Tesla Model Y ou les différents SUV de chez BYD.

    Le positionnement tarifaire du YU7 Max est également avantageux… Proposé à partir de 39 300 €, même dans sa version la plus aboutie, le SUV de Xiaomi reste moins onéreux que l’entrée de gamme de sa rivale directe, la Tesla Model Y, affichée à 44 990 € hors options. Xiaomi cible une clientèle à la recherche d’un SUV familial sportif et technologique, sans pour autant renoncer à un prix compétitif.

    Record de commandes et délai d’attente exceptionnel

    Le Xiaomi YU7 a confirmé son offensive commerciale dès l’ouverture des réservations : 200 000 précommandes en trois minutes, 289 000 en une heure, puis 240 000 commandes confirmées en seulement 18 heures, bien avant d’atteindre la capacité de production annuelle…

    Vue arrière du Xiaomi YU7 avec ses lignes inspirées des supercars
    Crédit : XIAOMI

    Cette ruée vers ce SUV familial a provoqué des délais de livraison inédits dans l’industrie automobile : entre 56 et 59 semaines pour le modèle Standard et 37 à 40 semaines pour le Max. Ces délais exorbitants ont provoqué une vague de plaintes de la part de clients n’ayant pas été avertis du délai avant versement de l’acompte non remboursable ! (Selon Reuters.)

    Le résultat du lancement du YU7 est clair : des records de commandes et des problèmes pour livrer tous ses acheteurs… Une jolie contrainte lorsqu’il s’agit d’une marque qui, jusqu’à 2021, ne vendait que téléphones et téléviseurs…