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  • Google Maps mise sur l’IA pour prédire la disponibilité des bornes de recharge EV

    Google Maps mise sur l’IA pour prédire la disponibilité des bornes de recharge EV

    Dès la semaine prochaine, Google Maps va activer une nouvelle fonction capable d’estimer, grâce à l’intelligence artificielle, combien de bornes de recharge seront disponibles au moment où un conducteur arrivera sur place. Le service sera d’abord déployé sur Android Auto et dans les véhicules intégrant directement les services Google. Avec cette mise à jour, la firme promet de réduire l’une des principales frustrations des conducteurs de voitures électriques : les files d’attente inespérées sur les stations de recharge.

    Téléphone affichant Google Maps
    Google Maps permet de prévoir la disponibilité des bornes de recharge EV grâce à l’IA

    Une mise à jour à la portée inédite

    Pour imaginer cette nouvelle fonctionnalité, Google s’appuie sur son modèle d’IA maison, Gemini. Cet outil analyse en continu deux types de données : l’historique d’utilisation des bornes, c’est-à-dire les heures où elles sont le plus sollicitées, les durées moyennes de recharge, les pics observés dans la semaine, et les informations en temps réel envoyées par les opérateurs. L’idée est simple, mais ambitieuse : plutôt que de simplement indiquer si une borne est libre, maintenant Google Maps tentera de prévoir dans quel état se trouvera la station au moment où l’utilisateur arrivera. Cela permet d’éviter une situation bien connue des conducteurs : partir vers une borne affichée comme disponible, pour finalement la trouver occupée une fois sur place. Google résume cette philosophie en expliquant que la fonctionnalité vise à « aider les utilisateurs à éviter les files et à gagner du temps ».

    Dans son annonce officielle, l’entreprise précise : « La prédiction de disponibilité des bornes EV sera lancée la semaine prochaine sur Android Auto et dans les voitures intégrant les services Google pour des centaines de milliers de stations de recharge autour du monde. » Ce déploiement massif, sans phase de test limitée à quelques pays, montre à quel point le sujet est stratégique. Aujourd’hui, la disponibilité des bornes est l’un des critères les plus déterminants dans l’expérience de conduite électrique, souvent avant même la puissance de recharge. En parallèle, Google met à jour l’interface d’Android Auto avec des filtres plus précis : vitesse de recharge (lente, rapide, très rapide), modes de paiement acceptés, compatibilité selon les standards, ou encore accessibilité en fonction du type de véhicule. Une évolution importante pour éviter les erreurs de destination, un problème fréquent, notamment lors des longs trajets.

    Une réponse à un problème bien réel

    Si Google pousse aussi vite ce type de technologie, c’est parce que la saturation du réseau de recharge devient un enjeu de plus en plus visible. Les ventes de voitures électriques progressent, mais l’infrastructure suit une courbe moins agressive, créant parfois des tensions ponctuelles. Tous ceux qui roulent en électrique ont déjà vécu ces situations : une borne affichée comme disponible dans l’application, mais finalement occupée, des véhicules en train de recharger plus longtemps que prévu, des stations fermées sans raison apparente ou tout simplement une accumulation de voitures sur un même point de charge lors d’un départ en vacances. En intégrant des données historiques, Google Maps peut anticiper ces phénomènes. Par exemple, si une station est systématiquement pleine entre 18 h et 20 h les jours de semaine, l’application pourra prévenir le conducteur à l’avance et proposer une alternative mieux positionnée ou moins fréquentée.

    En redirigeant une partie des utilisateurs vers des points de recharge voisins, Google peut contribuer à une meilleure répartition des flux, un enjeu crucial dans les zones urbaines ou touristiques. Pour les utilisateurs, l’intérêt est immédiat et visible. Anticiper l’état d’une borne avant de s’y rendre, c’est éviter d’ajouter du stress à un trajet déjà long ou chargé. C’est aussi limiter la dépendance à un seul opérateur ou à une seule station, en ouvrant l’accès à une vision plus globale du réseau. Sur les longs trajets, où chaque arrêt doit être réfléchi, cette prédiction peut simplifier la planification : choisir une station en amont, ajuster son itinéraire en fonction de la disponibilité, voire réduire le nombre d’arrêts si l’on sait que la borne choisie sera libre au bon moment.

    Voiture électrique en train de se recharger à une borne
    Anticiper l’état des bornes de recharge avec Google Maps permet de gagner du temps sur les trajets EV

    Google continue de s’imposer dans l’écosystème EV

    Cette nouveauté vient compléter une série déjà longue de fonctions dédiées aux véhicules électriques : estimation du niveau de batterie à l’arrivée, suggestions d’arrêts optimisés, tri avancé des bornes, mise en avant des stations ultra-rapides, ou encore intégration des limites de charge recommandées par certains constructeurs. Maps devient progressivement un véritable copilote pour la conduite électrique, avec des outils qui dépassent la simple navigation. L’entreprise travaille à transformer les données en décisions automatiques ou semi-automatiques, pour alléger les tâches du conducteur. Dans un contexte où la transition électrique s’accélère, ce type de fonctionnalité pourrait devenir la norme et faire partie des critères qui influencent le choix d’un véhicule ou d’un système multimédia embarqué.

    Alors que les ventes de véhicules électriques progressent plus vite que le déploiement de nouvelles bornes, la gestion intelligente du réseau devient essentielle. Google Maps n’est pas seul sur ce terrain, mais sa capacité à centraliser des données de différentes sources lui donne un avantage majeur. En prédisant la disponibilité des bornes, Google apporte une réponse technique à un problème concret, vécu quotidiennement par des millions d’automobilistes. Une évolution qui pourrait bien changer la manière dont on aborde les trajets longue distance… et réduire enfin le “stress de la recharge”.

  • Batteries solides : BMW et Samsung révolutionnent l’électrique

    Batteries solides : BMW et Samsung révolutionnent l’électrique

    Les batteries solides quittent enfin le laboratoire pour s’approcher des chaînes de production. Grâce à une alliance structurée entre BMW, Samsung SDI et Solid Power, la technologie franchit une étape décisive vers une commercialisation attendue avant 2030. Cette convergence d’acteurs majeurs promet une autonomie doublée, des recharges plus rapides et une sécurité accrue, relançant la course mondiale à l’innovation.

    Voiture électrique BMW en charge à l’extérieur avec batterie solide
    Une BMW équipée de batteries solides recharge à l’extérieur, symbolisant l’autonomie et la technologie avancée. (Crédit : BMW)

    Le partenariat qui pourrait changer l’industrie

    BMW, Samsung et Solid Power officialisent aujourd’hui une collaboration stratégique destinée à accélérer le développement des batteries à électrolyte solide. Cette alliance repose sur l’expertise chimique de Solid Power, la puissance industrielle de Samsung SDI et la maîtrise automobile de BMW, offrant ainsi un écosystème complet pour passer du prototype à la production. Depuis 2022, BMW et Solid Power travaillent déjà ensemble, mais l’arrivée de Samsung marque une étape cruciale. Le groupe coréen apportera ses capacités de fabrication, tandis que BMW assurera la conception et l’intégration des packs dans ses futurs modèles. Cette répartition précise des rôles doit permettre une montée en puissance rapide et maîtrisée.

    Les premiers résultats sont tangibles avec une ligne pilote inaugurée par Samsung en 2023 pour produire des prototypes envoyés aux clients. Dans le même temps, BMW a testé avec succès une i7 équipée de cellules solides en conditions réelles. Grâce à ces avancées, les partenaires envisagent une production en série avant 2030, renforçant la crédibilité d’une technologie souvent considérée comme trop ambitieuse.

    Une technologie longtemps promise enfin concrète

    Le cœur du système repose sur un électrolyte solide à base de sulfure conçu par Solid Power. Il offre une conductivité élevée et une meilleure stabilité, deux défis majeurs pour cette technologie. Les cellules fabriquées par Samsung intégreront cet électrolyte dans le séparateur ou le catholyte. BMW évaluera ensuite les performances selon des critères stricts avant de les intégrer dans ses véhicules de démonstration. Ces avancées reposent également sur une densité énergétique nettement supérieure aux standards actuels. Certaines configurations atteignent déjà 390 Wh/kg et pourraient monter à 440 Wh/kg avec une anode en lithium métallique. Des versions expérimentales visent même 560 Wh/kg, bien que leur développement soit encore à un stade précoce.

    Ces performances laissent espérer une autonomie doublée et des temps de recharge divisés par deux. Les avantages incluent aussi une meilleure durée de vie, une dégradation limitée et un profil thermique plus sûr. La technologie semble donc offrir des solutions très attendues pour accélérer l’adoption des véhicules électriques dans un marché de plus en plus concurrentiel.

    Technicien examinant une BMW équipée de batterie solide en laboratoire
    Un technicien étudie une BMW équipée de batteries solides, illustrant les tests et validations en conditions réelles. (Crédit : BMW)

    Une course mondiale qui s’intensifie

    La compétition autour des batteries solides s’accélère, car tous les grands constructeurs veulent prendre l’avantage. Nissan développe déjà ses propres solutions avec LiCAP Technologies. En Chine, CATL et BYD visent une commercialisation dès 2027, cherchant à imposer leur domination avant la fin de la décennie. En parallèle, Mercedes-Benz, Stellantis et Volkswagen avancent avec leurs partenaires dédiés, montrant que l’enjeu dépasse de loin le seul cadre technologique.

    Dans ce contexte, BMW adopte une stratégie prudente mais ambitieuse. Le constructeur multiplie les partenariats pour maximiser ses chances de réussite, tout en validant rigoureusement chaque avancée. Malgré l’absence d’un calendrier précis, la dynamique actuelle laisse penser que la batterie solide pourrait devenir une réalité industrielle plus tôt que prévu.

    Un futur électrique redéfini

    Grâce à la complémentarité des expertises réunies, BMW, Samsung SDI et Solid Power semblent mieux armés pour franchir les dernières étapes critiques. Les prototypes roulent déjà, les lignes pilotes fonctionnent et les validations avancent. Si les promesses se confirment, cette technologie pourrait transformer profondément l’industrie automobile en offrant plus de sécurité, plus d’autonomie et moins de contraintes pour les utilisateurs. Le compte à rebours est donc lancé. Les prochaines années diront si la batterie solide peut enfin tenir ses promesses et redessiner le paysage de la mobilité électrique mondiale.

    Au-delà des constructeurs, les consommateurs attendent beaucoup de cette nouvelle génération de batteries solides. En effet, l’autonomie doublée et les recharges plus rapides pourraient lever les derniers freins à l’achat d’un véhicule électrique, notamment pour les longs trajets. De plus, la sécurité accrue et la meilleure stabilité thermique renforcent la confiance du public dans cette technologie. Finalement, la combinaison de performances, de durabilité et de simplicité d’usage pourrait transformer l’expérience de conduite, tout en accélérant la transition vers une mobilité plus propre et plus efficace.

  • Décarbonation des transports : 100 M€ pour les infrastructures françaises

    Décarbonation des transports : 100 M€ pour les infrastructures françaises

    Le vaste programme européen de décarbonation des transports accorde cent millions d’euros à seize projets français, soutenant ainsi ports, aéroports et réseaux routiers. Cette enveloppe vise à accélérer la transition vers des solutions énergétiques propres et renforcer la compétitivité nationale. Elle marque également une étape stratégique pour l’électrification rapide des mobilités lourdes.

    Opérations de logistique sous un avion sur un tarmac
    Les aéroports français modernisent leurs opérations au sol pour intégrer des solutions électriques et réduire leurs émissions de CO₂.

    Un soutien massif aux ports et aux aéroports français

    Les financements européens ciblent d’abord l’alimentation électrique des navires à quai, afin de réduire les émissions dans les zones portuaires. Ainsi, les ports de Saint-Malo, Bordeaux et ceux gérés par Haropa au Havre, à Rouen et Paris bénéficient d’aides importantes. Ces installations permettront aux navires d’utiliser l’électricité terrestre plutôt que leurs moteurs auxiliaires, fortement polluants. Par ailleurs, les opérations aéroportuaires suivent ce mouvement, puisque Toulouse-Blagnac et Paris-Charles-de-Gaulle reçoivent plusieurs millions d’euros pour électrifier leurs équipements. Cette évolution renforce la cohérence des politiques environnementales tout en modernisant les infrastructures stratégiques.

    Ces subventions consolident une dynamique déjà engagée par plusieurs acteurs du secteur. Les gestionnaires portuaires souhaitent réduire l’impact environnemental du trafic maritime, très émetteur. En parallèle, les aéroports accélèrent l’intégration de matériels électriques, indispensables pour atteindre les objectifs européens de réduction des émissions. Cette convergence reflète une volonté d’adapter les équipements nationaux aux exigences climatiques.

    Le déploiement massif de stations de recharge pour véhicules électriques

    La liste des lauréats comprend également de nombreux opérateurs spécialisés dans la recharge des véhicules électriques. Engie Mobilités électriques obtient ainsi plus de cinq millions d’euros pour équiper cinquante-et-un sites destinés aux poids lourds en Europe. La majorité de ces installations seront implantées en France afin de soutenir la transition des transports routiers. TotalEnergies, pour sa part, coordonne un projet majeur regroupant dix-neuf sites capables de délivrer 76 mégawatts pour camions électriques. Cette initiative bénéficie de treize millions d’euros, illustrant l’importance stratégique du secteur logistique.

    Ces investissements facilitent l’essor d’un réseau cohérent et performant, indispensable pour les entreprises confrontées aux nouvelles contraintes énergétiques. Les corridors européens doivent accueillir rapidement des bornes capables de répondre à la demande croissante en puissance. De plus, ces réseaux permettront d’unifier les standards techniques et d’améliorer l’interopérabilité entre pays voisins.

    Poids lourds stationnés dans leur base logistique
    Les dépôts de bus et de camions se transforment avec des infrastructures de recharge pour soutenir la mobilité durable lors des transports.

    L’électro-mobilité des bus et l’essor de l’hydrogène vert

    Keolis figure également parmi les bénéficiaires, avec une subvention destinée à moderniser un dépôt de quatre-vingt-dix-huit bus dans l’est parisien. L’opérateur veut aussi électrifier un site encore dépendant du diesel, ce qui renforcera la réduction des émissions urbaines. Cette transformation s’inscrit dans une stratégie de mobilité publique durable. Elle souligne aussi les efforts réalisés par les agglomérations pour réduire la pollution locale. Parallèlement, l’hydrogène vert poursuit son avancée grâce à la start-up Qair, aidée pour déployer des stations entre Toulouse, Montpellier et Perpignan. Le soutien à cette technologie confirme sa place dans la transition des mobilités lourdes.

    Hydrogène Nouvelle Aquitaine reçoit également une aide pour un électrolyseur et plusieurs stations. Cette orientation garantit une diversification des sources énergétiques. Elle permet aussi d’intégrer plus rapidement l’hydrogène dans les usages industriels et logistiques. Enfin, l’entreprise Izivia obtient une subvention pour installer cent-soixante bornes destinées aux camions sur les autoroutes européennes. Cette démarche complète les efforts déployés par les opérateurs pour renforcer l’offre de recharge longue distance.

    Des acteurs privés fortement impliqués dans la transition

    Voltix, filiale du groupe Vinci, bénéficie d’une somme exceptionnelle de soixante-cinq millions d’euros. Ce financement permettra d’implanter quarante-cinq sites de recharge en France et dans plusieurs pays européens. La puissance totale annoncée atteint 288 mégawatts, ce qui témoigne encore une fois d’une ambition majeure pour l’électrification des poids lourds. Cette initiative illustre la volonté des entreprises de répondre aux défis technologiques liés à la transition écologique. Elle met également en lumière une coordination européenne sans précédent.

    Le réseau Electra obtient quatre millions d’euros destinés à trente-neuf sites répartis dans plusieurs États membres. Cette contribution renforce l’implantation d’un opérateur déjà bien présent dans les zones urbaines. Elle encourage aussi l’harmonisation des infrastructures entre les différents marchés de l’Union. Ce développement renforcé permettra aux usagers de bénéficier d’un réseau plus fiable et plus étendu.

    Camion circulant sur une autoroute
    Le long des grands axes européens, des bornes de recharge se multiplient pour faciliter les transports routiers électriques.

    Une stratégie européenne qui transforme le paysage français

    Ces subventions traduisent une vision commune axée sur la réduction des émissions du secteur transport. Elles soutiennent des projets concrets, ancrés dans les territoires et portés par des partenaires publics et privés. Grâce à ces investissements, la France accélère l’adaptation de ses infrastructures. Cette dynamique contribue aussi au développement économique des régions concernées. Elle favorise enfin l’innovation dans un secteur en pleine mutation.

    L’Europe confirme ici son rôle moteur dans la transition énergétique. Les projets sélectionnés répondent aux priorités environnementales fixées pour les prochaines années. Cette démarche crée un cadre stable et encourageant pour les acteurs industriels. Elle donne aussi un signal clair concernant l’importance d’investir dans des technologies propres. En somme, cette enveloppe de cent millions d’euros marque une étape significative vers des transports plus durables.

  • Leapmotor A10 : le petit SUV électrique qui veut bousculer l’Europe

    Leapmotor A10 : le petit SUV électrique qui veut bousculer l’Europe

    Le constructeur chinois Leapmotor accélère encore sa stratégie électrique. Son nouveau SUV urbain A10 vise clairement l’Europe déjà saturée. Il promet un prix agressif et des technologies inattendues pour ce segment.

    Face avant du Leapmotor A10 encore dissimulé dans l’ombre
    La face avant du Leapmotor A10 apparaît dans un teaser sombre publié par Leapmotor. (Crédit : Leapmotor)

    Un lancement stratégique dans un segment très disputé

    Leapmotor prépare une offensive majeure avec l’A10, un modèle pensé pour séduire le public européen malgré une concurrence redoutable. Le constructeur, épaulé par Stellantis, multiplie les nouveautés depuis plusieurs mois et avance avec un rythme impressionnant. Après le B05, puis le grand C10 et le compact B10, la marque dévoilera ce petit SUV 100 % électrique le 21 novembre au Salon de Guangzhou. Sa mission est claire : s’attaquer frontalement aux Peugeot e-2008, Renault 4, Jeep Avenger ou Fiat 600e, modèles qui dominent depuis longtemps le segment B.

    Les premières images publiées sur Weibo, réseau social très utilisé en Chine, confirment un design spécifique, plus tranché que celui du reste de la gamme Leapmotor. On observe une signature lumineuse avant en trois segments, ainsi qu’un profil rectiligne marqué par deux inserts arrière métalliques. Ces éléments rappellent des véhicules européens, tout en affirmant une identité nouvelle pensée pour l’international. Le SUV vise aussi une clientèle sensible au prix, critère devenu central dans un marché électrique en tension.

    Un design audacieux et quelques mystères encore entretenus

    Les teasers montrent un véhicule encore plongé dans l’ombre, mais plusieurs détails émergent déjà. L’arrière présente une signature lumineuse inattendue, ressemblant à un emoji souriant. Cette touche stylistique tranche avec le sérieux affiché par ses rivaux directs. Le toit accueille aussi une bosse importante, abritant un LiDAR réservé au marché chinois. Cette technologie permettra des fonctions avancées de conduite semi-autonome.

    L’Europe ne devrait toutefois pas profiter du LiDAR, probablement pour maîtriser les coûts de production. Les versions européennes conserveront en revanche l’architecture électrique moderne du modèle chinois, ainsi que son interface numérique orientée conduite urbaine. Les images issues des brevets confirment aussi la présence d’une trappe de recharge située sur l’aile avant gauche et des protections noires sur les bas de caisse. Ces éléments renforcent le look SUV sans sacrifier la sobriété globale.

    Une plateforme inédite pour une nouvelle série de modèles

    L’A10 inaugure la nouvelle série « A » de Leapmotor, qui comprend aussi la citadine A05. Les deux modèles reposent sur une plateforme technique inédite, développée pour répondre aux attentes européennes en matière de qualité perçue et d’agilité urbaine. Cette stratégie marque une rupture majeure dans le positionnement de Leapmotor, qui souhaite s’éloigner de l’image de « marque low cost ».

    Les proportions de l’A10 s’annoncent idéales pour un usage urbain. Long de plus de quatre mètres, le SUV se place sous le B10 dans la gamme et se rapproche des standards des Renault Captur et Peugeot 2008. Les brevets laissent entrevoir des lignes simples, bien plus dynamiques que les premiers modèles Leapmotor. La marque entend ainsi séduire une clientèle européenne exigeante, habituée à des finitions plus valorisantes et des intérieurs mieux structurés.

    Profil du Leapmotor A10 révélé dans un teaser sombre
    Le profil rectiligne du Leapmotor A10 se dévoile légèrement dans l’obscurité. (Crédit : Leapmotor)

    Une autonomie cohérente et un possible prolongateur d’autonomie

    Aucune fiche technique officielle n’a été communiquée, mais la presse chinoise évoque une autonomie avoisinant les 400 km en cycle mixte. Des rumeurs persistantes mentionnent aussi une version avec prolongateur d’autonomie réservée à la Chine. Ce système combinerait une batterie électrique et un petit moteur thermique dédié à la recharge.

    Si cette configuration se confirme, Leapmotor serait le seul acteur du segment B-SUV à proposer un tel dispositif. En Europe, seule une version 100 % électrique est attendue, sans prolongateur. La marque pourrait ainsi maintenir un prix très agressif tout en simplifiant son industrialisation. Les versions européennes devraient donc s’en tenir à une motorisation électrique classique, associée à une puissance comparable à celle de ses concurrents directs.

    Un prix qui pourrait bousculer tout le marché européen

    Le véritable choc pourrait venir du tarif annoncé. Plusieurs sources évoquent un prix d’entrée sous les 25 000 euros. À ce niveau, l’A10 deviendrait immédiatement l’un des SUV électriques les plus abordables du marché. Pour comparaison, la Renault 4 E-Tech débute à près de 30 000 euros. Le Peugeot e-2008 dépasse les 38 000 euros avant remises et bonus.

    Cet écart pourrait jouer un rôle déterminant pour une marque encore en construction sur le continent. L’A10 servirait ainsi de produit d’appel pour installer durablement Leapmotor en Europe. Stellantis, partenaire industriel et distributeur, pourrait même envisager une production en Espagne dans un second temps. Cette localisation permettrait de réduire les coûts logistiques et de simplifier l’accès aux aides gouvernementales européennes.

    Une offensive mondiale, pas seulement européenne

    Si l’Europe est ciblée en priorité, l’A10 a aussi un rôle à jouer en Amérique du Sud. Ce marché accueille déjà le BYD Atto 2 avec succès, laissant espérer à Leapmotor une percée similaire. La marque souhaite en effet développer une gamme mondiale cohérente, capable d’alimenter une croissance rapide.

    Les ventes de Leapmotor ont explosé en 2025 avec une hausse de 120 % sur dix mois. Elles devraient encore progresser avec l’arrivée de la série A, conçue pour élargir la clientèle tout en renforçant l’image de la marque. Ce petit SUV devient donc un modèle crucial pour la stratégie internationale du constructeur chinois.

    Logo officiel du Salon de l’Auto 2023 grandeur nature
    Le logo du Salon de l’Auto 2023 en version grandeur nature, aperçu lors de l’édition annuelle. (Crédit : Auto Guangzhou)

    Un rendez-vous très attendu au Salon de Guangzhou

    La présentation officielle du Leapmotor A10 le 21 novembre lèvera enfin le voile sur ses caractéristiques techniques et son habitacle. Le Salon de Guangzhou sera le premier événement où le modèle apparaîtra sans camouflage ni ombre. Les informations finales permettront de vérifier si Leapmotor peut réellement concurrencer les poids lourds européens du marché.

    En Europe, le public pourra découvrir le SUV en 2026, probablement lors du Mondial de l’Auto de Paris. Si les promesses se confirment, ce petit SUV électrique pourrait devenir l’un des grands perturbateurs du marché. Une menace claire pour les marques historiques déjà engagées dans une bataille tarifaire difficile.

  • EV Charge Show 2025 : ce qu’il faut retenir du salon d’Istanbul

    EV Charge Show 2025 : ce qu’il faut retenir du salon d’Istanbul

    Du 12 au 14 novembre 2025, l’Istanbul Expo Center a accueilli le EV Charge Show. C’est l’un des seuls salons au monde entièrement dédiés aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques. L’événement est maintenant terminé : l’occasion de faire le point sur ce qui s’y est passé.

    Conférence au EV Charge Show 2025 à Istanbul sur les infrastructures de recharge
    Conférence au EV Charge Show 2025 sur l’avenir des technologies de recharge électrique. (Crédit : EVCharge Show)

    Un rendez-vous devenu incontournable

    Depuis 2022, année de son lancement, le salon s’est rapidement imposé comme une plateforme clé pour un secteur en pleine mutation. En effet, Istanbul, située au carrefour de l’Europe, de l’Asie et du Moyen-Orient, est un lieu stratégique pour beaucoup d’innovations internationales. Depuis le lancement de ce salon, la ville turque attire également les acteurs de la recharge. On y retrouve : constructeurs de bornes, énergéticiens, développeurs de logiciels, opérateurs de réseaux ou encore fabricants de solutions de stockage.

    Au fil des éditions, le nombre de marques présentes sur place a évolué considérablement. Le total est passé de 151 en 2022 à plus de 300 lors de cette 4ᵉ édition. Un volume élevé pour un salon spécialisé uniquement dans les infrastructures de recharge.

    Le Megawatt Charging en vedette

    Cette édition 2025 a principalement mis l’accent sur l’électrification des flottes lourdes. En ce sens, l’un des espaces les plus attendus a été la zone dédiée au Megawatt Charging Standard (MCS). Les visiteurs ont pu découvrir des prototypes de chargeurs pouvant développer une puissance électrique de ~1 000 kW (1 MW). Ils y ont également trouvé des câbles liquide-refroidis, ainsi que des solutions destinées aux camions électriques et aux flottes logistiques.

    L’électrification des poids lourds est une nécessité environnementale. Ces véhicules représentent plus de 25 % des émissions du transport routier et environ 6 % des émissions totales de l’UE. La mise en place de réseaux de recharge ultra-puissants est donc essentielle pour accélérer leur transition vers l’électrique.

    Le message est clair : l’électrification des poids lourds n’est plus une utopie, c’est une réalité palpable et en plein développement.

    Borne de recharge rapide présentée au EV Charge Show 2025
    Borne de recharge rapide exposée au EV Charge Show 2025. (Crédit : EVCharge Show)

    Bornes plus rapides, plus intelligentes

    Le secteur de la recharge est principalement constitué de bornes de recharge, et l’innovation est perpétuelle afin d’obtenir des bornes plus rapides, plus intelligentes et plus intégrées. À Istanbul, plusieurs entreprises étaient présentes pour montrer leurs innovations.

    L’entreprise chinoise Pilot/Sino a dévoilé des bornes rapides intégrant un module de stockage, réduisant la pression sur le réseau. De son côté, Tonhe Technology, entreprise chinoise également, a présenté ses nouveaux modules 30 et 40 kW à haut rendement pour stations DC.

    Dans la globalité, les entreprises présentes au EV Charge Show avaient pour mots d’ordre : modularité, interopérabilité et optimisation énergétique.

    Le rôle central du logiciel

    Mais le futur de la recharge électrique ne se joue pas uniquement dans les infrastructures physiques, il se joue aussi dans les solutions logicielles intelligentes. Des acteurs internationaux comme ABB et Siemens, mais aussi des entreprises chinoises telles que Tonhe Technology ou Workersbee, ont présenté des plateformes de supervision capables de piloter l’énergie, d’optimiser les coûts et de gérer des flottes entières.

    Et qui dit innovation technologique dit forcément intelligence artificielle. Elle joue un rôle central en permettant notamment d’anticiper la demande, de lisser les pics de consommation et de coordonner l’intégration du solaire, du stockage et du V2G (Vehicle-to-Grid).

    La station de recharge devient ainsi un véritable hub énergétique. Une évolution qui confirme que le logiciel de gestion des bornes est également un acteur clé de la mobilité de demain.

    Vue aérienne du EV Charge Show 2025 à Istanbul
    Vue d’ensemble des halls du EV Charge Show 2025 à Istanbul. (Crédit : EVCharge Show)

    Ce que cela annonce pour l’avenir

    Cette édition 2025 a mis en lumière plusieurs tendances fortes pour les prochains mois à venir :

    • L’électrification des poids lourds accélère, ouvrant la voie à des réseaux de recharge ultra-puissants indispensables pour accompagner la transition du transport routier, mais offrant aussi l’opportunité de diminuer les déchets polluants liés à ce secteur.
    • Les stations deviennent plus autonomes grâce à l’intégration de modules de stockage local et d’algorithmes de gestion énergétique, souvent combinés à l’intelligence artificielle. Ces innovations permettent de lisser les pics de consommation, d’optimiser les coûts et de transformer chaque station en véritable hub énergétique.
    • Istanbul s’affirme comme un hub international pour les technologies de recharge. La diversité des acteurs présents (européens, asiatiques et locaux) confirme que la ville est devenue un lieu stratégique pour l’électromobilité mondiale.

    L’EV Charge Show 2025 a prouvé que l’électrification des poids lourds est en marche. Bornes rapides, IA et stockage intégré : la mobilité électrique se professionnalise et Istanbul s’affirme comme un hub mondial pour un transport durable.

  • La ruée vers les véhicules électriques chinois en Amérique du Sud

    La ruée vers les véhicules électriques chinois en Amérique du Sud

    L’Amérique du Sud connaît une croissance fulgurante des ventes de véhicules électriques, portée par les constructeurs chinois. Cette expansion s’opère alors que Tesla demeure largement absente du continent. Selon Reuters, les consommateurs adoptent ces modèles abordables, tandis que les ports et réseaux logistiques régionaux se transforment rapidement.

    Véhicules électriques chinois stationnés au mégaport de Chancay au Pérou.
    Des voitures électriques chinoises stationnées au mégaport de Chancay, au Pérou, le 13 novembre 2025, illustrant la montée en puissance des constructeurs chinois en Amérique du Sud. (Crédit : REUTERS/Gerardo Marin)

    L’essor d’un marché encore jeune

    En 2019, l’entrepreneur péruvien Luis Zwiebach voulait acheter une voiture électrique fiable. Après un essai aux États-Unis, il a découvert les limites administratives péruviennes. Malgré ces obstacles, il a trouvé un propriétaire prêt à céder sa Tesla et l’a achetée. Ensuite, il a improvisé une mise à la terre avec une fourchette pour charger la voiture, montrant l’ingéniosité nécessaire à l’époque. Depuis, les choses ont changé grâce à l’arrivée massive de modèles chinois bien moins coûteux. Aujourd’hui, BYD, Geely et GWM dominent ce segment avec des prix environ 40% plus bas que Tesla. Par ailleurs, les constructeurs traditionnels comme Toyota et Hyundai renforcent aussi leur présence électrique. Cette diversité stimule un marché encore modeste, mais en pleine expansion au Pérou. Les hybrides et électriques y ont atteint un record de 7 256 ventes cette année, en hausse notable.

    L’ouverture du port géant de Chancay a accéléré ce mouvement. Ce nouveau hub logistique, construit par la Chine, réduit fortement les temps de transport transpacifiques. Ainsi, les véhicules chinois arrivent plus vite et en plus grand nombre. Face aux restrictions commerciales croissantes en Europe et aux États-Unis, les constructeurs chinois trouvent en Amérique du Sud une porte d’entrée idéale. BYD prévoit déjà un quatrième concessionnaire à Lima et d’autres marques renforcent leurs réseaux. Zwiebach confirme que la demande progresse rapidement. Il a d’ailleurs développé de nouveaux services, incluant l’installation de bornes et de panneaux solaires. Cette demande touche aussi l’immobilier, où la présence d’un chargeur peut influencer un achat important.

    Une conquête régionale accélérée

    Les marques chinoises gagnent du terrain dans toute l’Amérique du Sud. Selon les analystes, elles profitent d’un marché local dépourvu d’offre abondante et compétitive. Elles proposent aussi des modèles adaptés aux besoins régionaux. Leur réputation en termes de qualité progresse rapidement. Au Chili, elles représentent déjà près de 30% des ventes de voitures neuves. Cette percée confirme leur stratégie d’expansion méthodique. En parallèle, l’adoption des véhicules électriques croît dans la région. D’après l’Agence internationale de l’énergie, la pénétration a doublé cette année. Cette progression repose sur des aides publiques et sur l’arrivée de modèles abordables. L’Uruguay se distingue avec une part impressionnante de 28% pour les nouvelles immatriculations. Au Brésil, les chiffres augmentent aussi malgré un marché plus protégé.

    Même l’Argentine, pourtant freinée par une économie fragile, voit les ventes électriques grimper. BYD y a lancé ses premières activités cette année. La marque domine déjà plusieurs pays voisins. Cette réussite repose en partie sur l’association avec des importateurs locaux. Ceux-ci comprennent les attentes des consommateurs et facilitent la distribution. En Uruguay, les concessionnaires constatent un basculement rapide vers ces modèles. À Punta del Este, BYD dépasse désormais les marques européennes et japonaises. Les prix très compétitifs renforcent cet engouement. Un pick-up chinois peut coûter beaucoup moins que ses équivalents traditionnels. Cet avantage crée un écart décisif pour les acheteurs.

    Vue aérienne du port de Chancay au Pérou.
    Vue de haut du port de Chancay, infrastructure clé du commerce maritime reliant la Chine à l’Amérique du Sud. (Crédit : Cosco)

    Le rôle clé des nouveaux hubs logistiques

    Le port de Chancay illustre cette transformation régionale. Les ouvriers y déchargent chaque semaine des centaines de voitures venues de Chine. Cosco Shipping prévoit près de 19 000 arrivées pour la fin de l’année. Ce port ne sert plus seulement le Pérou. Il redistribue maintenant des véhicules vers le Chili, la Colombie et l’Équateur. Cette stratégie renforce la place du Pérou dans la chaîne logistique régionale. Pour certaines marques comme Chery, cette plateforme accélère les livraisons sur plusieurs marchés. Les chiffres des douanes montrent une hausse spectaculaire des arrivées depuis janvier.

    Cependant, ailleurs dans la région, cette invasion suscite parfois des tensions. Au Brésil, certains acteurs dénoncent une concurrence jugée déloyale. Les importations massives profitent de tarifs temporairement bas. Cela pousse les constructeurs chinois à investir dans des usines locales. BYD assemble déjà des modèles dans l’ancienne usine Ford de Bahia. Great Wall Motors produit aussi partiellement au Brésil. Ces investissements devraient permettre d’exporter depuis le Brésil vers d’autres pays d’ici quelques années. Les accords commerciaux régionaux renforcent cette perspective. Pour les industriels locaux, la remontée progressive des taxes vise à protéger la production nationale.

    Une transition encore semée d’obstacles

    Malgré cette dynamique, plusieurs défis persistent. Les distances longues et les infrastructures limitées freinent parfois l’adoption. Zwiebach souligne les difficultés pour parcourir toute la côte péruvienne sans planification. Les réseaux de recharge restent inégaux et nécessitent des investissements coordonnés. Toutefois, les coûts d’usage réduits des voitures électriques séduisent les conducteurs. Ces véhicules nécessitent moins d’entretien qu’un modèle classique. Cette économie attire de nombreux consommateurs à la recherche de solutions durables et économiques.

    Dans les années à venir, l’Amérique du Sud pourrait devenir un terrain clé pour l’électromobilité mondiale. Les constructeurs chinois y voient une opportunité stratégique. Les gouvernements veulent moderniser leur parc automobile. Les consommateurs souhaitent réduire leurs dépenses liées au carburant. Cette convergence crée un contexte favorable à une adoption plus large. Si les réseaux de recharge s’améliorent, la croissance pourrait s’accélérer. Plusieurs pays ambitionnent déjà de suivre les trajectoires observées en Europe ou en Chine. Les prochains investissements décideront de la rapidité de cette transition.

  • Les ventes mondiales de véhicules électriques bondissent de 23 % en octobre 2025

    Les ventes mondiales de véhicules électriques bondissent de 23 % en octobre 2025

    Le marché mondial de l’électromobilité continue d’avancer à un rythme soutenu. Selon les dernières données publiées par le cabinet d’analyse Rho Motion, les ventes de véhicules 100 % électriques (BEV) et hybrides rechargeables (PHEV) ont atteint 1,9 million d’unités en octobre 2025, soit une progression de +23 % par rapport à l’an dernier. Un chiffre qui confirme que l’électrique s’installe durablement dans le paysage automobile mondial, mais pas partout à la même vitesse.

    Parking rempli de voitures électriques modernes
    Un parking rempli de voitures électriques, illustrant la croissance du marché mondial

    La Chine garde la main, l’Europe accélère

    Sans surprise, c’est la Chine qui reste le plus grand marché de la planète. Avec près de 1,3 million de ventes en un mois, « l’Empire du Milieu » continue de dominer le secteur, même si sa croissance ralentit légèrement (+6 %). Une croissance qui pourrait s’accentuer encore avant une chute probable des ventes. Cela ferait suite aux annonces politiques récentes, à savoir la réduction du taux d’exonération fiscale pour les véhicules à nouvelle énergie à la fin 2025.

    L’Europe, quant à elle, réalise une performance remarquable : +36 % en un an avec 372 786 unités vendues. Une évolution portée par la montée en puissance des modèles plus abordables et par des politiques publiques qui soutiennent encore largement l’achat de véhicules zéro émission.

    L’Amérique du Nord en difficulté

    À l’inverse, l’Amérique du Nord (États-Unis et Canada) traverse une période plus délicate. Les ventes ont reculé d’environ 41 % en octobre. Une chute brutale qui s’explique principalement par l’expiration, aux US, du crédit d’impôt fédéral de 7 500 dollars, un dispositif qui faisait office de pilier pour les ventes de modèles électriques et qui a disparu le 30 septembre 2025.

    Les analystes évoquent que cette baisse est principalement liée au fait qu’aux États-Unis, les véhicules électrifiés coûtent encore bien plus cher que les véhicules à combustion thermique. Selon eux, ce chiffre est également un “effet de décalage”, car de nombreux acheteurs américains ont anticipé leurs achats avant la fin des incitations budgétaires.

    Voiture électrique Lucid garée à Miami
    Une Lucid électrique garée à Miami, représentant le marché américain en transition

    Le “reste du monde” : une croissance rapide, mais encore limitée

    Derrière les trois grands blocs historiques (Chine, Europe, Amérique du Nord), le “reste du monde” regroupe des marchés très hétérogènes : Asie du Sud, Moyen-Orient, Afrique, Océanie et une partie de l’Amérique latine.

    Selon Rho Motion, ces régions ont enregistré une croissance moyenne de +37 % en octobre. Une progression significative, portée par :

    • En Inde, les programmes d’électrification se sont accélérés sous l’impulsion du gouvernement Modi, qui vise une part de marché de 30 % de véhicules électriques d’ici à 2030. Le pays multiplie les incitations fiscales et développe des usines de batteries et d’assemblage.
    • Au Moyen-Orient, les différents pays injectent des montants colossaux dans les infrastructures de recharge notamment.
    • La montée en puissance de nouveaux marchés comme la Thaïlande, l’Australie ou le Brésil.

    Mais malgré cette accélération, le “reste du monde” ne représente qu’une fraction minime de l’écosystème mondial.

    Un marché globalement solide, mais de plus en plus contrasté

    Au total, c’est plus de 16,5 millions de véhicules électrifiés qui ont été vendus à travers le monde entre janvier et octobre 2025, un rythme identique (+23 %) sur l’ensemble de l’année. Cette croissance reste robuste, certes, mais elle témoigne aussi d’une maturation du marché : les progressions ne sont plus uniformes, et les régions avancent désormais à des vitesses très différentes :

    • L’Europe confirme sa trajectoire ascendante et veut rester au contact du géant chinois, malgré les tensions économiques.
    • La Chine reste incontournable, avec des volumes importants qui servent de moteur global.
    • L’Amérique du Nord prend du retard, ce qui révèle que le pays est encore trop dépendant des politiques fiscales et des incitations budgétaires.
    • Le “reste du monde”, quant à lui, affiche une croissance dynamique (+37 %). Un chiffre encourageant mais qui reste encore trop marginal dans les volumes.
    Plusieurs voitures Tesla électriques garées côte à côte
    Différents modèles de Tesla alignés, symbole de la diversité croissante des véhicules électriques

    Une transition qui avance, mais pas au même rythme partout

    Ces chiffres rappellent une réalité : l’électromobilité n’est pas un phénomène linéaire. Elle progresse, mais avec des dynamiques très différentes selon les continents. La taille du marché en Chine rend toute analyse globale fortement dépendante des chiffres chinois, ce qui peut masquer des situations plus faibles dans d’autres régions.

    L’électromobilité avance, mais à plusieurs vitesses.

  • Eenuee veut faire décoller l’avion électrique français

    Eenuee veut faire décoller l’avion électrique français

    La jeune entreprise Eenuee, basée à Saint-Étienne, poursuit son ambition de révolutionner l’aviation régionale avec un appareil 100 % électrique. Grâce à un nouveau partenariat industriel et une levée de fonds en cours, son projet prend une dimension plus concrète. Son objectif : faire voler un avion de 19 places, aussi accessible qu’un billet de TGV, d’ici à 2029.

    Avion électrique GEN-ee d’Eenuee en vol au-dessus des montagnes
    Le futur avion régional 100 % électrique GEN-ee d’Eenuee survole les montagnes, symbole de mobilité propre et silencieuse. (Crédit : Eenuee)

    Une alliance stratégique pour franchir un cap décisif

    Après plusieurs années de recherches et de tests prometteurs, Eenuee s’associe aujourd’hui à Duqueine Group, entreprise aindinoise réputée pour son expertise dans les matériaux composites aéronautiques. Ce partenariat, présenté comme un « atout majeur » par Benjamin Persiani, PDG d’Eenuee, doit permettre à la start-up de passer du prototype réduit à un démonstrateur de plus grande envergure. Duqueine, fournisseur de pièces pour Airbus, Safran ou Dassault, apportera son savoir-faire industriel pour concevoir la structure du futur avion. Ensemble, les deux acteurs veulent prouver que l’innovation régionale peut rivaliser avec les grands noms de l’aéronautique.

    Cette collaboration marque une étape clé pour Eenuee, qui travaille depuis 2019 sur son avion régional baptisé GEN-ee. Ce modèle, aux allures d’aile volante, repose sur un concept de « fuselage porteur », plus complexe à concevoir, mais offrant de meilleures performances aérodynamiques et énergétiques. Les premiers tests d’un prototype radiocommandé de quatre mètres d’envergure ont déjà validé la faisabilité technique du projet.

    Un prototype deux fois plus grand pour s’approcher du réel

    Prochaine étape : la construction d’un modèle de huit mètres, soit le double du prototype initial. Cette version intermédiaire, prévue d’ici à 2027, permettra à l’équipe de se rapprocher d’un appareil certifiable. Les ingénieurs d’Eenuee y verront l’occasion de tester en conditions réelles les performances du fuselage et de la propulsion électrique. L’objectif à terme est ambitieux : concevoir un avion de 33 mètres d’envergure capable de transporter 19 passagers sur 500 kilomètres, sans émissions polluantes.

    Pour y parvenir, Eenuee doit encore lever près de 4 millions d’euros. Soutenue par la Banque publique d’investissement via une aide Deeptech, la société multiplie les discussions avec des fonds d’investissement. Selon Baptiste Giuliani, responsable commercial, « chaque passager de notre avion consommera moins qu’un conducteur de voiture électrique ».

    Avion électrique GEN-ee vu de dos en plein vol
    L’avion électrique GEN-ee d’Eenuee, vu de dos, incarne la nouvelle génération d’aéronefs régionaux zéro émission. (Crédit : Eenuee)

    Un avion propre, silencieux et polyvalent

    Le GEN-ee se distingue par une autonomie annoncée de 500 kilomètres et une vitesse de croisière d’environ 260 km/h. Il fonctionnera grâce à deux moteurs à hélices carénés alimentés par 1 500 kg de batteries solides. Ses concepteurs affirment qu’il consommera jusqu’à onze fois moins d’énergie qu’un avion thermique équivalent, tout en réduisant considérablement le bruit. Cet appareil silencieux et bas-carbone pourrait ainsi relier, par exemple, Clermont-Ferrand à Nantes en moins de deux heures, ou Rome à Monaco en un peu plus de deux heures.

    Autre atout majeur : sa polyvalence. L’avion électrique d’Eenuee pourra décoller et atterrir sur des pistes très courtes, voire sur des surfaces herbeuses ou aquatiques. Une version amphibie est même envisagée, capable d’amerrir dans des zones insulaires. Cette flexibilité intéresse déjà plusieurs compagnies régionales à la recherche de solutions adaptées aux territoires isolés.

    Un défi industriel et une course contre la montre

    Face à son concurrent toulousain Aura Aero, qui développe l’avion hybride ERA, Eenuee avance à pas mesurés, mais déterminés. Le projet toulousain bénéficie d’une longueur d’avance et de nombreuses précommandes, mais l’approche 100 % électrique des Stéphanois séduit par sa cohérence écologique. Si tout se déroule comme prévu, le premier vol du prototype à taille réelle interviendra en 2029, avant une mise en service vers 2033.

    Au-delà de la prouesse technologique, Eenuee veut participer à la structuration d’une filière aéronautique bas-carbone en Auvergne-Rhône-Alpes. En s’appuyant sur un écosystème local d’entreprises innovantes, la start-up espère prouver qu’une transition énergétique réussie peut aussi venir des régions. Pour Benjamin Persiani, « ce partenariat régional est un atout majeur. Il nous permet d’unir agilité technologique et force industrielle locale pour franchir une étape clé. » Une combinaison essentielle pour faire décoller l’avenir de l’aviation propre.

    Avion électrique Eenuee GEN-ee survolant la mer
    L’avion électrique GEN-ee survole les eaux calmes, démontrant sa polyvalence et la possibilité d’une future version amphibie. (Crédit : Eenuee)

    Vers un nouveau modèle de transport régional

    Avec son projet GEN-ee, Eenuee ambitionne de rendre le transport aérien aussi écologique que le train, tout en conservant sa rapidité et sa flexibilité. Son objectif est clair : offrir des liaisons régionales à prix abordable, sans compromis sur l’environnement. Si les défis techniques et financiers sont encore nombreux, la vision portée par cette jeune équipe stéphanoise symbolise une nouvelle ère pour l’aviation française.

    À l’horizon 2030, il n’est donc pas impossible que les passagers du futur embarquent depuis un petit aérodrome régional à bord d’un avion électrique « made in Saint-Étienne ». Un symbole fort de la transition vers un ciel plus propre, plus silencieux et plus durable.

  • Mercedes eSprinter châssis : ECO MOTORS NEWS à l’essai presse

    Mercedes eSprinter châssis : ECO MOTORS NEWS à l’essai presse

    Ce mercredi 12 novembre 2025, ECO MOTORS NEWS a eu le privilège d’être convié à Montigny-le-Bretonneux, aux essais presse du nouvel eSprinter 100 % électrique, dans sa version châssis-cabine, par Mercedes-Benz. Une journée technique consacrée à la découverte de cette nouvelle déclinaison électrique du célèbre utilitaire allemand.

    Mercedes eSprinter châssis vu de profil, version utilitaire électrique 2025
    Le Mercedes eSprinter châssis 100 % électrique dans sa version châssis-cabine, prêt à être carrossé pour les besoins des professionnels. (Crédit : Mercedes)

    L’eSprinter châssis : une nouvelle étape pour Mercedes

    Lancé en avril 2025, l’eSprinter vient compléter la gamme d’utilitaires électriques de Mercedes-Benz, qui compte déjà plus de 40 000 véhicules vendus depuis le premier eVito en 2010. Cette version châssis ouvre de nouvelles possibilités pour l’électrification des flottes d’utilitaires. En effet, pour convenir à différents usages, cette version du eSprinter 100 % électrique est destinée à être carrossée spécifiquement.

    Polyvalent, l’utilitaire de la marque allemande a été conçu pour s’adapter aux besoins des professionnels. En ce sens, le véhicule se décline en deux longueurs (5,90 m ou 6,70 m) et quatre PTAC (poids total autorisé en charge) : 3,5 t, 3,95 t, 4,15 t et 4,25 t.

    Dans la même logique, deux motorisations sont proposées : 136 ch (100 kW) ou 204 ch (150 kW). Côté batteries, trois capacités sont disponibles : 56 kWh (environ 210 km d’autonomie), 81 kWh (environ 300 km) et 113 kWh pour les usages intensifs. La recharge rapide permet d’atteindre 115 kW en courant continu.

    Avec cette version châssis, Mercedes-Benz vise directement les artisans, collectivités et flottes spécialisées, un segment encore peu électrifié mais en pleine mutation.

    Une journée d’essais complète

    Accompagnés de cinq confrères journalistes, de différents représentants carrossiers et, bien évidemment, de plusieurs membres du groupe Mercedes, la journée a débuté par une présentation technique et historique de la gamme eVans Mercedes et de l’eSprinter châssis.

    Puis, après avoir été rendus incollables sur ce véhicule, nous avons assisté à la présentation des cinq eSprinter carrossés, chacun d’eux réalisé par son carrossier respectif : Corsin, Laloyau, Trouillet, Labbé et JPM. Benne, plateau ou configuration spécialisée, chaque véhicule a été ingénieusement pensé pour répondre aux besoins des professionnels.

    Après une session de questions-réponses avec les différents acteurs présents lors de cette journée, nous, journalistes, nous sommes répartis les différents véhicules afin de réaliser nos essais.

    Au total, nous avons parcouru une centaine de kilomètres sur un parcours regroupant différents types de voies (ville, campagne, autoroute), répartis en trois créneaux d’essais nous permettant de tester trois configurations carrossées distinctes.

    Un atelier de recharge était également proposé : l’occasion pour le groupe Mercedes de montrer des capacités de recharge linéairement impressionnantes, avec une puissance moyenne d’environ 116 kW.

    Mercedes eSprinter châssis électrique vu de face, essai ECO MOTORS NEWS
    Le design avant du Mercedes eSprinter châssis met en valeur la calandre fermée et les lignes modernes de l’utilitaire électrique allemand. (Crédit : Mercedes)

    Un essai complet à venir

    Comme exprimé plus tôt, ECO MOTORS NEWS a pu essayer plusieurs configurations de l’eSprinter châssis lors de cette journée. Comportement routier, autonomie réelle, ergonomie, adaptation des carrossages : tous les aspects ont été testés sur les routes d’Île-de-France.

    Un essai complet et détaillé sera prochainement publié dans nos colonnes, avec les chiffres, les mesures et les retours d’expérience sur cet utilitaire électrique. Et ce que l’on peut d’ores et déjà vous affirmer, c’est que Mercedes-Benz maîtrise à la perfection l’adaptation de ses utilitaires à la mobilité électrifiée.

    Confirmation que l’électrification des véhicules professionnels n’est plus une option, mais une réalité industrielle palpable.

  • Rivian mise sur le R2 pour atteindre la rentabilité

    Rivian mise sur le R2 pour atteindre la rentabilité

    Le constructeur américain de VE Rivian Automotive traverse un moment décisif. Alors que la marque mise sur son nouveau SUV compact qui verra le jour lors de la première moitié de 2026, elle fait actuellement face à des tensions financières lourdes.

    Bâtiment de Rivian Automotive avec logo sur la façade
    Le siège de Rivian Automotive, constructeur américain de véhicules électriques. (Crédit : Rivian)

    Le R2 : un modèle stratégique pour Rivian

    Dévoilé il y a plus d’un an, le Rivian R2 et ses 4,71 mètres de long visent directement le segment des SUV électriques grand public, en concurrence avec le Tesla Model Y et le Ford Mustang Mach-E. Le véhicule conserve l’ADN Rivian : design carré et robuste inspiré du R1S et philosophie « outdoor » fidèle à la marque californienne.

    La marque a annoncé en ce mois de novembre 2025 que le développement du R2 était bien avancé : des prototypes sont assemblés à l’usine de Normal, dans l’Illinois, et l’on en sait un peu plus concernant ses caractéristiques techniques. Trois configurations seront proposées : monomoteur, bimoteur, trimoteur, chacune correspondant à une gamme plus ou moins abordable. L’autonomie annoncée dépasse 480 km, pour un prix qui devrait atteindre 45 000 $ aux États-Unis, un tarif stratégique pour la marque qui veut élargir son public et ainsi atteindre des volumes de production plus rentables.

    RJ Scaringe, le PDG, a confirmé que la première version commerciale sera une « Launch Edition » bimoteur, bien équipée, mais accessible, afin de maximiser l’adoption dès le lancement. La version européenne n’est, quant à elle, attendue qu’en 2027.

    Rivian R2 SUV électrique vu de face
    Le SUV électrique Rivian R2 présenté de face, alliant design carré et robustesse. (Crédit : Rivian)

    Une entreprise financièrement fragile

    Malgré ces avancées, Rivian reste dans le rouge. Pour 2025, la société prévoit une perte opérationnelle comprise entre 2 et 2,25 milliards de dollars, contre 1,7 à 1,9 milliard initialement prévu. Les ventes stagnent autour de 50 000 véhicules par an, loin des volumes nécessaires pour être rentable.

    Plus préoccupant encore, en octobre 2025, Rivian a procédé à une troisième vague de licenciements, supprimant environ 600 postes, soit 4,5 % des effectifs, portant le total des suppressions annuelles à plus de 10 %. Ces coupes interviennent à un moment où la société doit ajuster ses effectifs face à un marché américain des VE fragilisé, notamment lié à l’expiration du crédit d’impôt fédéral de 7 500 $.

    Un plan de rémunération controversé

    Alors que les chiffres des ventes ne sont pas à mettre en valeur, le 7 novembre 2025, le conseil d’administration a annoncé, dans un document transmis à la U.S. Securities and Exchange Commission (SEC), un plan de rémunération record pour le PDG RJ Scaringe. Selon Reuters, la somme allouée pourrait atteindre l’astronomique montant de 4,6 milliards de dollars sur dix ans, un plan inspiré de celui d’Elon Musk. Conditionné par des objectifs ambitieux, à savoir faire passer le cours de l’action à au minimum 40 $ contre 15,22 $ actuellement, mais aussi donner satisfaction aux différents objectifs financiers fixés (profit, flux de trésorerie) sur plusieurs années.

    Cette annonce, survenue juste après les licenciements et dans un contexte de pertes massives, a suscité des critiques. Si certains y voient une ambition nécessaire pour attirer et retenir le dirigeant à son poste, d’autres trouvent qu’annoncer ce plan pouvant rapporter 4,6 milliards $ à une seule personne, dans un timing si court, donne une image injuste et incohérente au constructeur californien.

    Rivian R2 SUV électrique vu de dos
    Le SUV Rivian R2 photographié de dos, mettant en avant son design robuste et ses feux arrière distinctifs. (Crédit : Rivian)

    Le R2 : test décisif pour Rivian

    Le R2 est, pour la marque, bien plus qu’un nouveau modèle : son succès déterminera si, oui ou non, la marque peut atteindre des volumes significatifs, réduire ses pertes et convaincre les consommateurs face à une concurrence féroce.

    Une chose est sûre : avec l’annonce du plan de rémunération en faveur du PDG, RJ Scaringe mettra tout en œuvre pour faire perdurer Rivian Automotive dans le paysage de l’électromobilité.