Auteur/autrice : Mathis Miroux

  • Emmanuel Macron présent à Douai pour le lancement de la « Gigafactory-AESC »

    Emmanuel Macron présent à Douai pour le lancement de la « Gigafactory-AESC »

    Emmanuel Macron s’est rendu ce mardi 3 juin à Douai pour inaugurer la « Gigafactory AESC », une immense usine spécialisée dans la production de batteries pour voitures électriques. Cette dernière, développée en partenariat avec le groupe chinois Envision AESC, fait partie du pôle industriel Renault ElectriCity, dédié aux véhicules 100 % électriques.

    Destinée à produire des batteries pour les nouvelles Renault de la gamme électrique, cette « giga-usine » produira, à terme, une capacité énergétique annuelle comprise entre 24 et 30 GWh… À titre de comparaison, c’est assez pour alimenter une ville moyenne de 5 000 habitants pendant un an. En réalité, cette nouvelle « Gigafactory » fournira, seule, d’ici à 2030, des batteries pour environ 200 000 voitures électriques par an. Elle produira des batteries pour les modèles emblématiques réinventés de Renault, tels que la R5 et la future R4 électrique.

    Crédit : Teresa Suarez

    Une ambition industrielle & écologique nationale

    L’inauguration de la Gigafactory AESC à Douai s’inscrit dans une stratégie plus large de réindustrialisation et de transition énergétique appelée « Renault ElectriCity », avec un investissement total de près de 2 milliards d’euros, dont 1,3 milliard pour la seule usine de Douai.

    Lancé en 2021, ce projet regroupe trois sites stratégiques dans les Hauts-de-France : Douai, Maubeuge et Ruitz, avec l’ambition de faire de la région le centre de gravité de la voiture électrique en Europe. Objectif du projet : produire jusqu’à 400 000 véhicules électriques par an sur les trois usines de production, et relocaliser une partie de la fabrication en France. « Renault ElectriCity » veut ainsi créer un écosystème complet, allant de la fabrication de batteries à l’assemblage final des véhicules, en s’appuyant sur des partenaires clés comme Envision AESC.

    Cette inauguration marque donc une étape supplémentaire pour Renault, qui affirme sa volonté de faire des Hauts-de-France le centre névralgique de son écosystème 100 % électrique, dans le cadre de sa stratégie de transformation « Renaulution ». Ces initiatives illustrent la dynamique de renforcement de la souveraineté industrielle française, dans le but de réduire la dépendance à l’importation de batteries asiatiques.

    Côté finances, la Commission européenne a autorisé une aide de 48 millions d’euros pour soutenir la construction de cette usine de batteries lithium-ion, soulignant ainsi son importance dans le développement économique et la compétitivité de la France dans ce domaine. Le site de Douai, à lui seul, devrait notamment créer plus de 1 000 emplois d’ici à 2030.

    Crédit : Maxpp

    Un impact socio-économique majeur

    À Douai, Emmanuel Macron a également souligné l’importance de ce genre d’initiatives pour la revitalisation économique de la région, historiquement marquée par un déclin industriel. Le chef de l’État déclare même : « Il n’y a pas de fatalité, pas de morosité à avoir. Les temps sont durs ; mais ce que vous incarnez ici aujourd’hui montre que l’écologie et l’économie, ça peut aller ensemble si on investit, si on a une stratégie de long terme et de la constance. »

    Crédit : Ludovic Marin
  • Scooters et motos électriques : entre rêve vert et galères pratiques

    Scooters et motos électriques : entre rêve vert et galères pratiques

    Tout comme le parc automobile, celui de la moto doit se réinventer avant 2035. Les scooters et motos électriques se répandent progressivement dans nos villes, séduisant autant les citadins soucieux de leur empreinte carbone que les amateurs de nouvelles technologies. Mais avant de faire le pas, plusieurs questions cruciales s’imposent au consommateur…

    Crédit : Zero Motor Cycles

    Au vu de la taille réduite de la batterie, l’autonomie est-elle suffisante pour vos trajets maison-boulot ? Où, quand et comment se font les recharges ? Êtes-vous éligible aux aides de l’État ? Les bornes sont-elles différentes de celles des voitures électriques ? Et bien d’autres encore… Toutes ces questions (légitimes) sont des inquiétudes qui freinent l’achat d’un scooter ou d’une moto électrique.

    Basile Delaruelle, étudiant parisien et propriétaire d’un scooter électrique, en fait l’expérience au quotidien : « Je peux faire un aller-retour entre chez moi et mon école, mais vraiment pas beaucoup plus… Au deuxième trajet retour, c’est-à-dire une fois que j’ai parcouru une vingtaine de kilomètres, je me retrouve souvent en dessous des 20 %, et automatiquement le scooter bride sa vitesse. » Une lassitude bien représentée par le cours du marché de ces deux-roues sur les deux dernières années…

    Pour remettre en contexte, sur la période 2019-2022, le marché connaît une hausse significative de ventes, due à plusieurs facteurs :

    ● Les restrictions grandissantes des ZFE (Zones à Faibles Émissions),

    ● Les aides gouvernementales à l’achat d’un scooter électrique,

    ● L’essor des livraisons à domicile (majoritairement pendant la période COVID-19, avec Deliveroo, UberEats, etc.).

    Tous ces changements ont poussé les entreprises comme les particuliers à saisir l’opportunité de ce VE. Résultat : en 2022, 50 992 immatriculations en France, soit un marché qui connaît une augmentation de 71,1 % par rapport à 2021 (selon l’Observatoire Solly Azar – AAA Data).

    Crédit : Pink Mobility

    En revanche, depuis 2023, la tendance s’est inversée… Pour cette année, le marché des deux-roues électriques connaît une baisse de 16 %. Et cette dynamique ne s’est pas redressée depuis…

    Plusieurs facteurs freinent l’adoption de ce VE chez les usagers. Les deux-roues se heurtent à des alternatives de plus en plus nombreuses et… beaucoup plus souples. Les vélos ou trottinettes à assistance électrique ne nécessitent par exemple pas de permis, ce qui élargit énormément le public ciblé. Basile confirme la complexité pratique de ce VE : « Sur mon scoot électrique, je dois démonter la batterie chaque soir pour la recharger chez moi. C’est vite contraignant, surtout quand on n’a pas de garage. » D’autant que la portabilité de ces batteries reste relative : « C’est lourd… Quand on bouge toute la journée, se balader avec sa batterie sous le bras, ce n’est vraiment pas pratique. »

    Pourtant, entre contraintes écologiques, réglementations anti-pollution et hausse du prix des carburants, en 2025, les scooters électriques s’imposent comme un virage à prendre impérativement, mais à négocier avec rigueur. Néanmoins, même si l’affaire est belle, il reste essentiel de bien se renseigner sur ses besoins et sur son budget avant d’acheter un scooter ou une moto électrique…

    Quel permis pour quel véhicule ?

    Pour les deux-roues thermiques, la règle était assez simple :

    ● Moteur de 50CC = Permis AM (ancien BSR)

    ● Moteur 125CC = Permis A1 (ou « permis 125 ») ou bien Permis B + « Formation 125 »

    ● Moteur de +125CC (et plus puissant) : Permis A

    Concernant les équivalents électriques, les termes sont un tout petit peu plus techniques… Avec l’arrivée des scooters, motos et maxi-scoots électriques, la notion de cylindrée évolue :

    Équivalent 50CC : scooters dont la puissance est à environ 4 kW, vitesse max 45 km/h (Accessible avec le permis AM / BSR)

    Équivalent 125CC : scooters dont la puissance est entre 4 kW et 11 kW, capables d’aller au-delà de 45 km/h (Accessible avec le permis A1 ou Permis B + « Formation 125 »)

    Maxi-scooters et motos électriques (puissance entre 11 kW et 35 kW) : Requiert le permis A2, accessible dès 18 ans, avec un examen théorique et pratique

    Crédit : Tarform Motor Cylce


    Les modèles ultra-performants, une catégorie ≥ 35 kW

    Certains maxi-scooters 100 % électriques, à l’image du BMW CE-04, ont des ambitions bien ciblées. Dès 2014, BMW lance sa gamme « C-Evolution » avec un objectif clair : concurrencer les références du marché comme le T-Max de chez Yamaha ou le Forza de chez Honda, plébiscités pour leurs performances proches de celles de véritables motos sportives.

    Pour pallier ce recul du marché des deux-roues électriques, certaines entreprises comme Zero Motorcycles cassent leur prix sur certains modèles. Comptez des réductions allant jusqu’à 6 000 €, selon les modèles et les années de fabrication. Les remises concernent toute la gamme, de l’équivalent 125 CC aux modèles les plus puissants.

    Celle-ci vise à rendre ces motos plus accessibles, attirer plus de monde et dégrossir la marche vers le deux-roues électrique.

    À l’heure où les villes cherchent à se débarrasser du thermique, ces VE représentent des alternatives crédibles. Mais ce choix doit mûrir, entre contraintes techniques et incitations financières.