Auteur/autrice : Julien Chassagne

  • Un tour du monde des politiques les plus ambitieuses en matière de mobilité électrique

    Un tour du monde des politiques les plus ambitieuses en matière de mobilité électrique

    Si l’on connaît de mieux en mieux les politiques en matière de véhicules électriques (VE) des grands pays européens, de la Chine et de l’Amérique du Nord, ces derniers sont loin d’être les seuls à faire preuve d’ambition et de détermination dans la transition des moteurs à combustion vers la mobilité électrique.

    Transition globale vers la mobilité électrique avec des stations de recharge et des VE
    L’évolution mondiale vers les véhicules électriques et le transport durable. (Crédit : kindel media)

    Le Costa Rica, réputé pour être l’une des nations d’Amérique centrale les plus soucieuses de l’environnement – ce qui n’est guère surprenant compte tenu de sa devise « Pura Vida » – n’a pas tardé à prendre le train de la mobilité électrique en marche. Figurant parmi les pays les plus riches de la région, le Costa Rica a pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. À cette fin, il a encouragé l’adoption de véhicules électriques en supprimant les taxes d’importation sur les voitures de moins de 33 000 dollars et en développant son infrastructure de recharge publique.

    L’Éthiopie, de l’autre côté de l’Atlantique, a également pris des mesures audacieuses pour électrifier son parc automobile. Tout d’abord, en 2022, elle a réduit ou supprimé les taxes d’importation sur les VE en fonction de leur pays de fabrication (y compris les exonérations de TVA et de droits d’accise). Puis, en 2024, elle a pris une décision encore plus audacieuse en interdisant purement et simplement l’importation de véhicules à moteur à combustion. Voilà une belle initiative…

    L’Australie n’est pas allée jusqu’à interdire les véhicules à combustion, mais le « Land Down Under » n’est pas passif en ce qui concerne le développement des VE. Elle s’est d’abord concentrée sur son parc de bus et les véhicules gouvernementaux, avant de mettre en place un plan stratégique visant à stimuler l’extraction de minerais et la fabrication de batteries au niveau national. Dernière annonce en date : l’introduction de nouvelles normes pour les distributeurs de véhicules, exigeant une réduction de 60 % des émissions de CO₂ d’ici à 2029. Une forte incitation à vendre plus de VE !

    L’Inde, quant à elle, mise beaucoup sur l’électrification des deux-roues, ce qui est compréhensible puisque 80 % des Indiens en font leur principal moyen de transport. Le gouvernement investit massivement dans la stabilisation du réseau électrique, la construction d’infrastructures de recharge dédiées et la promotion de la fabrication locale de véhicules et de batteries, réduisant ainsi les coûts. L’objectif ? 80 % des deux-roues circulant sur les routes indiennes seront électriques d’ici à 2030. Le gouvernement promet également que, d’ici à cinq ans, 30 % des voitures particulières et 70 % des véhicules commerciaux seront également électriques. Cela suffira-t-il à redonner à New Delhi un air respirable ?

    Les deux-roues électriques en Inde soutenus par les politiques nationales de mobilité
    Le gouvernement indien encourage l’adoption des deux-roues électriques par des politiques ciblées. (Crédit : Ather Energy)

    Le Japon n’a pas l’intention de se laisser distancer. Leader de longue date en matière d’innovation technologique et industrielle, le pays est étonnamment à la traîne en ce qui concerne le développement du tout électrique. Ses principaux constructeurs automobiles, pionniers de la technologie hybride, semblent hésiter à abandonner leur position dominante sur le marché dans ce secteur. Le gouvernement, quant à lui, se concentre sur l’hydrogène, une technologie qui n’a pas encore tenu ses promesses. En conséquence, les constructeurs automobiles japonais ont peu de modèles de VE dans leur catalogue et l’archipel dispose de peu d’infrastructures de recharge, ce qui se traduit par des ventes locales médiocres (seulement 1,4 % des ventes de voitures neuves en 2024 étaient entièrement électriques). Mais il y a une lueur d’espoir : le gouvernement a enfin pris des mesures et annoncé le déploiement de 300 000 bornes de recharge d’ici à 2030. Si les constructeurs japonais accélèrent le développement des VE comme prévu — en apportant leur sens de l’innovation qui a fait le succès de leurs hybrides — le Japon pourrait rattraper son retard plus rapidement que prévu.

    À la suite d’une décision de justice rendue fin 2023, l’Allemagne n’a eu d’autre choix que de mettre fin aux subventions publiques visant à promouvoir l’achat de VE. Les conséquences ? 140 000 VE de moins vendus en 2024 par rapport à 2023. Preuve, s’il en était besoin, que les politiques publiques, en particulier les incitations financières, jouent un rôle crucial dans l’adoption des VE, même dans une puissance automobile au pouvoir d’achat élevé (les ventes globales de voitures neuves en Allemagne sont restées à peu près inchangées d’une année sur l’autre). En réponse, l’Allemagne a récemment introduit de nouvelles mesures d’incitation destinées aux entreprises, offrant des réductions d’impôts pour le passage à l’électricité. Avec un objectif audacieux de 15 millions de VE sur les routes d’ici 2030, l’Allemagne devra continuer à soutenir la transition, d’une manière ou d’une autre.

    Longtemps associée au pétrole, l’Arabie saoudite investit pourtant massivement pour développer le marché des véhicules électriques au sein du Royaume. Tout d’abord, 1,5 milliard de dollars ont été consacrés à la construction d’une usine capable de produire 155 000 voitures « Made in Saudi Arabia » par an. Cette initiative a été suivie par le développement à grande échelle de panneaux solaires et, à terme, de stations de recharge, ainsi que par les ambitions du géant de l’énergie Aramco en matière d’extraction de lithium. Si le marché des véhicules électriques est encore loin d’être dominant en Arabie saoudite, les ventes de voitures neuves ont connu une croissance à deux chiffres chaque année depuis plus de vingt ans, et il y a un endroit où les véhicules électriques peuvent s’implanter !

    La Chine et l’Union européenne, représentée notamment par l’Allemagne, ont entamé ce printemps des négociations sur l’importation de véhicules électriques chinois. L’Europe impose actuellement des droits de douane allant jusqu’à 45 % sur les VE chinois, ce qui limite leur pénétration sur le marché. En représailles, la Chine a menacé d’imposer des droits de douane sur les produits européens allant dans la direction opposée, ce qui pourrait toucher de plein fouet les producteurs français de spiritueux. Afin d’apaiser les tensions, surtout après que les États-Unis ont également montré leurs muscles, les discussions ont repris entre Bruxelles et Pékin pour envisager de fixer des prix minimums pour les véhicules chinois au lieu d’appliquer de nouveaux droits de douane. À suivre…

    Exportation de véhicules électriques chinois vers le marché européen
    La Chine exporte des véhicules électriques vers l’Europe, remodelant ainsi les marchés automobiles mondiaux. (crédit : Zeekr)
  • « Rendre la voiture électrique aussi abordable et pratique que le thermique » Maxime Bayon de Noyer (Ampere)

    « Rendre la voiture électrique aussi abordable et pratique que le thermique » Maxime Bayon de Noyer (Ampere)

    Ampere, spécialiste européen des véhicules électriques intelligents issu de Renault Group, joue un rôle clé dans la stratégie d’innovation du groupe. Maxime Bayon de Noyer, Directeur Technologies & Projets Amont, nous explique les priorités, les grands axes de recherche et les enjeux autour de la prochaine génération de véhicules électriques.

    Portrait de Maxime Bayon de Noyer, Directeur Technologies chez Ampere Renault
    Maxime Bayon de Noyer, en charge des projets technologiques chez Ampere – Renault Group.


    Quel est le rôle d’Ampere dans la galaxie Renault, et votre rôle au sein d’Ampere ?
    Maxime Bayon de Noyer
    : Ampere est un acteur tech au service de Renault Group, développant des véhicules électriques (VE) sous la marque Renault et injectant des technologies VE et logiciels pour d’autres marques (Alpine, Nissan, Mitsubishi…). L’objectif d’Ampere est de rendre le véhicule électrique accessible au plus grand nombre en Europe. Mon rôle consiste à piloter les projets technologiques dits « amont », c’est-à-dire… en amont du développement ! On intervient dès la phase de recherche jusqu’au passage de témoin aux équipes de développement en série.

    Quelles sont aujourd’hui vos priorités en matière d’innovation ?
    Maxime Bayon de Noyer
    : Afin de démocratiser le VE en Europe, il est nécessaire de baisser les coûts et de maximiser les usages. Ainsi, pour réduire le prix des batteries, nous travaillons sur les matériaux utilisés en réfléchissant à de nouvelles chimies. Quant aux motorisations électriques, Renault Group est pionnier des moteurs à rotor bobiné sans aimant, donc sans terres rares (notamment avec Zoé). Chez Ampere, nous poursuivons et améliorons cette technologie dans nos prochaines générations de moteurs afin de les rendre plus performants en diminuant, par exemple, les pertes lors des transferts d’énergie.

    Justement, quelles pistes explorez-vous pour améliorer les batteries ?
    MBN :
    À court terme, nous allons introduire la chimie LFP (Lithium fer Phosphate) dans nos batteries, puis à moyen terme, nous étudions une chimie sans cobalt, qui aura la densité énergétique du NMC (Nickel Manganese Cobalt) mais avec le coût et la tolérance du LFP. Enfin, à l’horizon +10 ans, nous proposerons une chimie encore plus performante à base de Lithium métal. L’objectif est de proposer des batteries toujours plus efficientes, moins chères.

    Selon vous, quelle sera la prochaine grande révolution technologique dans l’automobile ?
    MBN : Pour moi, la révolution viendra d’une évolution des usages. L’objectif est une voiture électrique efficiente, avec des recharges rapides, optimisées et stables, quelle que soit la saison ou le type de route. Et ceci avec un véhicule électrique au même prix qu’un véhicule thermique.

    Moteur électrique sans aimant de la nouvelle Renault 5 développé par Ampere
    Le moteur de la Renault 5, développé par Ampere, mise sur l’efficacité sans terres rares.

    La R5 a introduit la recharge bidirectionnelle dans le catalogue Renault. Quel est l’intérêt pour le consommateur ?
    MBN :
    En V2L pour Vehicle to Load, la recharge bidirectionnelle permet d’utiliser sa voiture comme un générateur et donc une prise ambulante, et en V2G pour Vehicle-To-Grid​​, lorsque le véhicule est stationné, il peut réinjecter de l’énergie dans le réseau, comme une mini-centrale électrique. Cette énergie réinjectée est précieuse en période de forte demande : elle stabilise le réseau, prévient les coupures… et peut être revendue, générant ainsi des revenus pour l’utilisateur. Enfin, en V2H pour Véhicule to Home, qui sera disponible en 2026, le véhicule peut alimenter la maison comme le ferait un panneau solaire mobile. Cela permet, par exemple, d’utiliser l’énergie stockée dans la batterie pendant les heures pleines, pour alléger la facture. Le système est piloté par l’IA et préserve toujours l’autonomie nécessaire aux déplacements.

    D’autres innovations à venir que vous pouvez partager ?
    MBN : Certaines sont encore confidentielles, mais nous travaillons actuellement au renouvellement de notre segment C (« compactes bicorps et tricorps », NDLR), avec une nouvelle motorisation offrant un très bon rendement sur autoroute. Cette avancée est rendue possible grâce à une plateforme innovante, permettant une conception en rupture et une optimisation globale. Chez Ampere, notre ambition est claire : rendre l’électrique aussi abordable, désirable et pratique que le thermique. Et ce n’est pas de la science-fiction.

    Un dernier mot sur la Chine justement, est-ce qu’ils ont vraiment 10 ans d’avance ?
    MBN : Ils ont une longueur d’avance, mais nous restons pleinement dans la course. Notre force réside dans notre connaissance approfondie du marché français et européen, acquise au fil des années. Cette expertise nous confère un avantage stratégique, car nous comprenons précisément les attentes et besoins de nos clients. Toutefois, nous savons rester humbles face à leur efficacité, organisation et rapidité. C’est dans cette optique que nous restons vigilants et avons ouvert un bureau à Shanghai, afin de mieux observer et anticiper les évolutions du marché.

  • Achat, entretien et usage d’une voiture électrique, comment faire les bons choix ?

    Achat, entretien et usage d’une voiture électrique, comment faire les bons choix ?

    Dans un marché du véhicule électrique en plein essor, les nouveautés sont fréquentes, apportant avec elles leur lot d’innovations, autant en termes d’autonomie que de technologies embarquées ou de temps de recharge. Toutes ces fiches techniques peuvent parfois donner le tournis à ceux qui souhaitent embarquer dans l’aventure de la mobilité électrique.

    Alors, pour y voir plus clair avant de passer à l’achat, il est important de se poser quelques questions afin de mieux comprendre le fonctionnement d’une voiture électrique et de cocher les bonnes cases en fonction de ses besoins et son budget. Puis, une fois qu’on a les clés, il existe tout un tas d’astuces et de conseils à suivre pour entretenir, utiliser et optimiser au mieux son véhicule.

    Crédit : Juice World

    Définir ses besoins 

    Pour bien choisir sa voiture électrique, d’autant plus lorsqu’il s’agit du premier achat, il est important de déterminer l’usage que l’on compte en faire. Première étape, le futur propriétaire doit pouvoir estimer les distances de ses trajets quotidiens, si possible à l’échelle d’une semaine. Combien de kilomètres entre le domicile et le lieu de travail ? Combien de déplacements sont nécessaires pour se déplacer quotidiennement… On additionne tout cela, on fait une moyenne, on prend en compte la présence ou non de bornes de recharge sur nos différents points d’ancrage puis on évalue au mieux l’autonomie nécessaire à nos besoins.

    Attention cependant à bien faire la différence entre l’autonomie annoncée par le constructeur, constatée par une procédure standardisée WLTP (Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedures ou procédure d’essai mondiale harmonisée pour les véhicules légers) et l’autonomie réelle, généralement inférieure. L’écart est compris, la plupart du temps, entre 10 % et 30 %. 

    Une fois ses besoins en autonomie définis, il est conseillé de prendre en compte la répartition des bornes de recharge autour de chez soi et des lieux que l’on fréquente le plus. De plus en plus de villes et d’aires d’autoroute voient fleurir des bornes publiques dont le tarif pour 100 kilomètres tourne autour de la dizaine d’euros. Une addition qui peut vite grimper en fonction de la localisation de la borne, de son fournisseur d’énergie, de sa carte d’abonnement ou de la vitesse de charge. Elles sont généralement placées à des endroits stratégiques (parkings, gares, centres commerciaux) et on en compte plus de 160 000 en France. Un chiffre en constante augmentation, mais pas assez selon le gouvernement qui souhaite, pour rappel, atteindre les 400 000 points de recharge d’ici 2030.

    Ambitieux, surtout lorsqu’il reste des coins de France où les infrastructures manquent cruellement. C’est le cas notamment de la Corse, des DROM, de la Bourgogne-Franche-Comté et de la Bretagne. Reste alors l’installation d’une borne à domicile. Cette dernière propose bien souvent un prix au kilomètre plus bas que les bornes publiques et offre une certaine praticité à son propriétaire. Son installation coûte entre 500 € et 5 000 € en fonction de plusieurs paramètres, notamment la difficulté d’installation, la réalisation ou non de travaux et bien entendu du type de borne. Une facture allégée par des aides de l’État, notamment la prime Advenir jusqu’à 300 €, mais également par la possibilité d’obtenir un crédit d’impôt équivalent à 75 % du prix de l’installation. Intéressant donc, même pour ceux qui vivent en copropriété.

    En effet, il suffit de signaler au Syndic son besoin d’installer une borne de recharge et ce dernier ne peut s’y opposer à moins de justifier de l’impossibilité de réaliser des travaux. Si le propriétaire est le seul à utiliser la borne, il devra financer l’installation, mais il est possible d’installer une ou plusieurs bornes à partager entre les usagers et ainsi diviser la note. Plusieurs solutions qui permettent donc d’affirmer qu’une voiture électrique est capable, grâce à une couverture en bornes de recharge de plus en plus large, d’encaisser l’immense majorité des trajets du quotidien rattrapant de plus en plus vite son retard face au thermique sur ce point. 

    Ensuite, reste à savoir sur quelle classe de véhicule jeter son dévolu. D’abord concernant la capacité nécessaire à l’utilisation désirée, en répondant aux questions suivantes : combien de passagers comptez-vous transporter ? À quelle fréquence ? Quel volume le coffre doit-il proposer ? Cela peut paraître évident et s’applique également à l’achat d’un véhicule thermique, mais les acheteurs ont souvent tendance à sous-estimer ou à surestimer leur besoin d’espace au moment d’acheter une voiture. Le type de voiture électrique influe également sur l’autonomie. En effet, une citadine proposera généralement une moins grande autonomie qu’une berline qui, elle, roulera moins loin qu’un SUV.

    En effet, une voiture plus grande, même si elle est plus lourde, est également une voiture dans laquelle on peut loger une plus grande batterie. La puissance proposée est également à prendre en compte dans ce calcul. De fait, pour le même modèle, l’autonomie annoncée peut varier de 10 % à 20 % en fonction du nombre de chevaux délivrés par chaque motorisation. Plus de chevaux consomment plus de foin (des watts en l’occurrence). 

    Crédit : YRKA Pictured

    Fixer un budget

    Une fois ses besoins et son type de voiture définis, il reste à trouver le modèle idéal en fonction de son budget. Souvent, c’est là que le bât blesse pour les consommateurs puisque les voitures électriques ont la réputation d’être plus onéreuses à l’achat que leurs consœurs thermiques.

    Une réputation qui n’est pas usurpée, puisque pour une citadine neuve il faut compter autour de 35 000 € en moyenne. Mais l’un des avantages de l’électrique, c’est bien entendu le bonus écologique. Depuis novembre 2024, il est compris entre 2 000 € et 4 000 € en fonction du revenu fiscal de référence de l’acheteur et ne s’applique qu’aux véhicules dont le prix est inférieur à 47 000 €.

    Pour les professionnels, il correspond à 27 % du prix d’acquisition si ce dernier est inférieur à 47 000 € TTC et dans la limite de 2 000 €. Un montant qui peut être augmenté de 1 000 voire 2 000 euros en fonction du revenu fiscal de référence de l’entrepreneur. Des conditions qui s’appliquent également au leasing, une option représentant aujourd’hui plus de la moitié des ventes de voitures neuves en France, contre 15 % au début de la dernière décennie.

    Malgré la disparition de la prime à la conversion en 2025, l’électrique peut ainsi toujours constituer une option financièrement intéressante. Une affirmation renforcée par l’étude de Car Cost Index 2021 qui confirme que le TCO (Total Cost of Ownership ou coût total d’utilisation) d’une voiture électrique est inférieur de près de 200 € par mois à celui d’une voiture thermique.

    Afin de réduire encore un peu plus la facture, de plus en plus d’acheteurs se tournent vers les véhicules électriques d’occasion. Certes, il s’agit d’un marché encore microscopique (2,5 % du total des transactions), mais il est en pleine croissance avec +50 % de transactions en 2024. Plus d’annonces, cela signifie plus de concurrence et donc une baisse des prix. Ainsi, selon le site La Centrale, le prix moyen d’une voiture électrique d’occasion était d’environ 22 000 €, soit 1 000 € de moins que 6 mois plus tôt. 

    Après l’achat, prendre soin de sa voiture électrique

    Au rayon des priorités, on trouve l’optimisation de l’autonomie et la préservation de la batterie. Afin de prolonger la durée de vie de la batterie, il est bon de maintenir sa charge entre 20 % et 80 % (comme un téléphone) et surtout d’éviter de la faire passer trop souvent sous la barre des 20 %.

    Concernant la recharge, une borne domestique à charge lente fait moins souffrir la batterie. On tente donc le plus souvent de garder les charges rapides pour les longs trajets sur l’autoroute. Les éléments jouent également un rôle, à la fois dans l’autonomie et dans l’usure de la batterie. On préférera donc garer sa voiture dans un lieu couvert, à l’abri des conditions trop froides ou trop chaudes.

    Si les Norvégiens, rois de l’auto électrique, ont réussi, nous n’avons pas d’excuses ! Et, si la voiture est immobilisée pendant longtemps, il est important de conserver sa charge entre 40 % et 60 %. Certains modèles proposent des modes de conduite permettant de prolonger l’autonomie et, par extension, la durée de vie de la batterie.

    La pratique d’une conduite régulière, à vitesse constante et sans accélérations brutales ainsi que l’anticipation du freinage et le freinage régénératif limitent la chute de la jauge et évitent de malmener la batterie. Bon à savoir, plus la capacité de la batterie est grande (la caractéristique exprimée en kWh sur la fiche technique), plus son usure est ralentie, car elle met plus de temps à chauffer et demande moins de recharges. 

    Crédit : Jimmy Nilsson Masth

    ​Enfin, si l’entretien d’une voiture électrique est plus simple et moins coûteux que celui d’un véhicule thermique, tout simplement parce que la mécanique est moins sophistiquée (par exemple, on préconise une révision tous les 30 000 km pour l’électrique contre 15 000 km pour le thermique), il ne faut cependant pas négliger l’entretien de son véhicule électrique. Outre la batterie, dont on a vu plus tôt comment la préserver, on contrôlera également régulièrement l’état des consommables et des pneus qui, poids XXL oblige, s’usent et se dégonflent généralement plus vite que sur un modèle thermique équivalent. Enfin, le contrôle technique est obligatoire six mois avant le quatrième anniversaire de l’immatriculation, puis tous les deux ans par la suite.​

    Bien choisir sa voiture électrique : 

    Quand on veut de l’autonomie : s’attarder sur la capacité de la batterie, le temps de charge de 20 à 80 % et on se renseigne pour connaître la différence entre autonomie annoncée et autonomie réelle. On mise alors sur un SUV ou une berline.

    Quand on veut de la performance : regarder avec plus d’attention la puissance, le type de plateforme, les différents modes de conduite proposés et le poids. Un roadster ou une sportive sont à privilégier. 

    Quand on veut de la polyvalence : il faut trouver le bon équilibre entre confort, espace, puissance et autonomie. La berline compacte ou le crossover sont de bons choix. 

    Quand on veut faire des économies : si l’on effectue principalement des petits trajets, que l’on a un petit budget, alors on se tourne vers une citadine et pourquoi pas d’occasion ?

  • Avion électrifié : la France entre dans la danse

    Avion électrifié : la France entre dans la danse

    L’avion est régulièrement au centre des polémiques liées au dérèglement climatique et aux émissions de gaz à effet de serre. Il est donc normal que le secteur aéronautique réfléchisse, comme l’automobile avant lui, à son électrification (au petit détail près que l’on ne fait pas voler un monstre d’acier de 40 tonnes comme on fait rouler une citadine).

    Au cœur de ce marché relativement jeune promis à une croissance exponentielle et qui bouillonne à l’international, on retrouve de nombreux acteurs français, grands groupes comme jeunes start-ups, bien décidés à faire de la France une pionnière de l’aviation électrique, comme elle a été l’une des pionnières de l’aviation thermique. 

    Les belles promesses de l’avion électrique français

    En France, si Airbus est actif sur le secteur de l’aéronautique électrifiée depuis le début des années 2000, c’est plutôt du côté des jeunes pousses que l’on trouve les projets les plus aboutis. En tête des plus belles réussites du pays, on trouve ainsi Aura Aero.

    Basée à Toulouse, l’épicentre de l’aviation en Europe, cette start-up a fait voler pour la première fois, en décembre 2024, son aéronef biplace Integral E qui, comme son nom le sous-entend, est propulsé par un moteur 100 % électrique. Une pièce fournie par un géant de l’industrie aéronautique mondiale, le groupe français Safran. Baptisé Engineus, il s’agit du premier moteur électrique d’avion dans le monde à recevoir la certification d’une grande agence, l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA), lui permettant donc d’être produit en série.

    Certes, l’Integral E ne propose qu’entre 1 h et 1 h 30 d’autonomie, mais il est possible de le recharger en 30 minutes et ainsi de proposer des allers-retours régionaux, ou tout simplement servir à la formation de futurs pilotes. Et ce n’est qu’un début pour Aura Aero qui, en parallèle de l’Integral E, a également développé l’ERA capable, lui, de transporter 19 passagers, toujours pour des trajets régionaux. Équipé d’un moteur hybride, il devrait effectuer ses premiers vols en 2026. 

    avion-electrique-aura-aero-integral-e.jpg
    Crédit : Aura Areo

    Autant de projets rendus réalisables notamment via l’injection de fonds européens à hauteur de 95 millions d’euros, preuve que l’avion “zéro émission” n’est pas qu’un fantasme, mais bien un projet sérieux porté par les institutions elles-mêmes. Aura Aero n’est pas la seule entreprise française à illustrer les ambitions du pays concernant l’électrification de l’aviation puisque VoltAero développe, depuis son QG en Charente-Maritime, un avion baptisé Cassio 330, équipé de moteurs hybrides et dont le lancement est prévu en 2026.

    De quoi déjà intéresser les investisseurs, dont l’Américain AltiSky qui a injecté plus de deux millions de dollars dans l’entreprise française dans le cadre d’un partenariat qui verra la construction d’une usine VoltAero aux États-Unis afin de conquérir le marché nord-américain, friand de ces solutions interrégionales. 

    Crédit : VoltAero

    Un engouement mondial pour l’aviation électrique

    Bien entendu, la France n’est pas la seule sur ce marché en plein boom. En effet, s’il pèse aujourd’hui une dizaine de milliards de dollars à l’international, les prospectives les plus optimistes laissent penser que l’aéronautique électrifiée pourrait atteindre 70 milliards de revenus annuels en 2034, suivant une croissance à deux chiffres tous les ans.

    Ainsi, les projets ambitieux fleurissent aux quatre coins du monde. Du Canada, où Harbour Air rétrofit de vieux coucous en leur implantant des moteurs hybrides (la barre des 100 vols a été récemment dépassée) au Royaume-Uni où ZeroAvia avance vitesse grand V sur l’hydrogène enchaînant les vols d’essai et les levées de fonds en passant par la Suède où l’on attend le premier vol d’essai d’un hybride de 30 places signé Heart Aerospace.

    Et la Chine alors ? Sans surprise, c’est leader mondial du marché des batteries pour véhicules électriques, CATL, qui se pose en fer de lance de l’aéronautique aux watts. En 2024, le groupe annonçait que son partenariat avec le constructeur chinois Comac avait donné naissance à un avion de 4 tonnes et 19 places capable de parcourir 500 kilomètres en tout électrique. Pas de doute, le pays phare de la voiture électrique compte bien tenir son rang sur le marché de l’aviation. 

    Crédit : ZeroAvia
  • États ou entreprises, qui booste l’installation des bornes de recharge ? 

    États ou entreprises, qui booste l’installation des bornes de recharge ? 

    C’est un sujet au cœur de tous les débats concernant la transition énergétique : l’installation massive de bornes de recharge pour véhicules électriques. Si les chiffres sont plutôt bons et en croissance constante, une autre question se pose, qui porte réellement ce développement ? Les entreprises, les États ou les deux ? 

    À mesure que la transition énergétique s’accélère, la course à l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques devient un enjeu stratégique majeur. Mais derrière la croissance relativement rapide du réseau, il y a un mix entre politiques, initiatives business et, parfois, partenariats entre le public et le privé. 

    Installation de bornes de recharge : les pouvoirs publics mettent le contact…

    Dans de nombreux pays, la volonté politique a servi de déclencheur. L’Union européenne, notamment, s’est fixée d’ambitieux objectifs concernant la transition énergétique avec, en tête, l’interdiction de la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035. Les États membres ont ensuite suivi la voie et multiplié les plans de soutien à la mobilité électrique. La France, par exemple, a mis en place des aides financières pour l’installation de bornes, notamment la prime « Advenir » pour les habitants d’immeubles.

    Les États utilisent également l’outil législatif afin d’encourager l’installation de points de recharge.  En effet, certains pays imposent aux immeubles neufs, parkings publics et centres commerciaux de proposer un pourcentage de places équipées de bornes de recharge. En Europe, l’obligation d’installer des bornes de recharge dans les bâtiments neufs ou rénovés découle de la directive EPBD de 2021. Cette dernière exige un pré-équipement — le fait d’anticiper l’installation future de bornes de recharge dès la construction — pour les bâtiments résidentiels et l’installation de bornes dans les bâtiments non résidentiels dès 10 places de parking. 

    installation bornes recharge autoroute europe
    Crédit : Pexels Bruggi

    Mais certains pays comme la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Royaume-Uni ne se contentent pas de suivre ces règles et ont décidé de frapper plus fort. Par exemple, la France et l’Allemagne imposent jusqu’à 100 % de pré-équipement dans les parkings résidentiels neufs, tandis que les Pays-Bas et le Royaume-Uni ordonnent systématiquement des bornes dans les nouvelles constructions commerciales et résidentielles. Mais il ne s’agit pas seulement d’obliger. En parallèle, l’investissement public reste massif : en Allemagne notamment, un plan de 6,3 milliards d’euros a été engagé jusqu’en 2026 pour soutenir le développement d’infrastructures de recharge.

    … Et le privé appuie sur l’accélérateur

    Si les États donnent l’impulsion, ce sont souvent les entreprises qui assurent le déploiement concret des bornes. De Tesla à Fastned en passant par Ionity, Allego ou TotalEnergies, les grands acteurs du privé de l’énergie investissent, depuis plusieurs années déjà, et portés par les ambitions gouvernementales citées plus haut, dans le déploiement de réseaux de bornes de recharge. Pour le moment situées principalement sur les grands axes, les métropoles et les grandes zones commerciales, ces bornes promettent un retour sur investissement qui suivra la hausse du parc de voitures électriques et sont donc très intéressantes pour ces multinationales.

    installation bornes recharge parkings
    Crédit : Pexels Jakubzerdzicki

    Concernant les zones rurales, les villes moins densément peuplées ou les routes secondaires, vues comme moins rentables à court, voire moyen terme, les partenariats public-privé se multiplient. Dans plusieurs pays européens, ils jouent un rôle clé pour développer des bornes de recharge dans ces zones encore oubliées. En France, l’État finance certains projets privés jusqu’à 50 % via l’ADEME quand, en Allemagne, le programme Deutschlandnetz subventionne massivement des stations de recharge rapide, exploitées par des acteurs du privé. Le Royaume-Uni, avec son programme LEVI, soutient aussi les collectivités locales qui s’associent à des opérateurs privés. Les Pays-Bas, de leur côté, ont mis en place des appels d’offres régionaux qui permettent à des entreprises de financer en partie l’installation et l’exploitation de stations de recharge. Des projets qui permettent aux entreprises de sécuriser des parts de marché sur le long terme et aux pouvoirs publics d’atteindre leurs objectifs.  

    Enfin, dans le secteur résidentiel et tertiaire, des start-ups et PME prennent aussi une part croissante du marché. Certaines entreprises voient dans l’installation de bornes une diversification naturelle de leur activité, à l’image des énergéticiens ou des entreprises de travaux publics. C’est le cas notamment de Sungrow — dont on parle ici — spécialiste du photovoltaïque qui a lancé une filiale dédiée aux bornes de recharge il y a une dizaine d’années. 

    Les États et les entreprises en covoiturage sur l’installation de bornes de recharge

    La dynamique actuelle repose donc sur une interaction entre incitations publiques et stratégies privées. Quand les États poussent à l’adoption des véhicules électriques, ils sont obligés, par ricochet, d’encourager l’installation de bornes de recharge. Et les entreprises y voient un levier financier intéressant et investissent pour ne pas louper le coche. 

    Et si les priorités de chacun ne sont pas toujours alignées (le privé privilégie des implantations rentables et les pouvoirs publics cherchent à garantir un maillage le plus couvrant possible), la solution des cofinancements est une bonne solution pour inciter les entreprises à miser sur des installations moins attirantes, mais cruciales pour convaincre le plus de monde possible de passer à l’électrique.

    Dans certains pays, comme les Pays-Bas cités plus haut, le succès de la mobilité électrique (plus d’un tiers de voitures électriques dans le parc) repose ainsi sur l’équilibre entre un cadre législatif et fiscal incitatif et les investissements précoces des entreprises locales. Un exemple à suivre ! 

  • Le Porsche Cayenne Electric n’est même pas encore lancé qu’il bat déjà des records ! 

    Le Porsche Cayenne Electric n’est même pas encore lancé qu’il bat déjà des records ! 

    Porsche travaille toujours sur le très attendu Cayenne Electric, qui, comme son nom l’indique, sera la déclinaison 100 % électrique du best-seller et SUV iconique de la firme allemande. Mais alors qu’il est encore “camouflé” et loin d’être lancé sur nos routes, il se paye déjà le luxe de démontrer sa puissance en course ! 

    Le constructeur allemand, dont le passage électrique a été salué, notamment grâce au très réussi Taycan, prévoit de frapper un grand coup avec la version 100 % électrique du SUV qui a sauvé la maison, véritable best-seller, le bien nommé Cayenne Electric. Et, à modèle très attendu : teasing exceptionnel. Peu importe le domaine, Porsche ne fait jamais les choses à moitié et ça vaut également pour les démonstrations du Cayenne aux watts qui a fait ses premiers tours de piste officiels, encore sous sa livrée camouflage, sur le tracé de Shelsley Walsh. Au cœur du Worcestershire, il s’agit d’une course de côte d’un peu moins d’un kilomètre dont la pente atteint jusqu’à 16,7 %. 

    Rude et technique, c’est un parcours qui ne pardonne rien. Pas de quoi effrayer Gabriela Jílková, pilote de développement pour la TAG Heuer Porsche Formula E Team qui a réalisé, dès sa première tentative, un temps de 31,28 secondes, soit quatre de moins que le précédent record de la catégorie SUV. Terrifiant. Plus fort encore, elle a atteint le premier checkpoint placé à 18,3 mètres en 1,94 seconde, soit un temps équivalent à certaines monoplaces. Tout ça avec des pneus été aux pieds. Pour vous donner une idée, c’est comme battre Usain Bolt sur 100 mètres avec des Converse. 

    Un nouveau châssis pour le Porsche Cayenne Electric

    Selon Porsche, l’atout n°1 du Cayenne Electric c’est le système de réglage actif du châssis Porsche Active Ride, combinaison d’un système de suspension active et d’un châssis totalement remanié. Il permet en effet de régler en temps réel à la fois à la hauteur, mais aussi la stabilité de la voiture. Cela peut s’avérer très pratique lors de lourds freinages, d’accélérations franches et de virages acérés. Autant d’événements qui sont notamment légion à… Shelsley Walsh !  

    Celle qui en parle le mieux, c’est encore la pilote Gabriela Jílková : « Le parcours exigeant ne pardonne aucune erreur. Il n’y a aucune zone de dégagement, la marge de manœuvre est donc étroite. Mais le réglage actif du châssis confère au nouveau Cayenne une remarquable stabilité et une précision hors pair. La voiture permet de tirer des trajectoires au cordeau. » Un système qui ne sera pas réservé à ce prototype camouflé, mais que l’on retrouvera bien sur le modèle de série. 

    Gabriela Jílková pilote porsche

    Mais le Cayenne est un SUV et, de fait, il doit être utilitaire (le “U” dans SUV). Aucun problème sur ce point puisque Richard Hammond, bien connu des fans de Top Gear, a eu la chance de conduire le Porsche Cayenne Electric en avant-première lors d’un tournage. Le sujet ? Le transport d’un véhicule de collection de plus de deux tonnes par… le Cayenne justement ! L’occasion, pour Porsche, d’avancer que son Cayenne électrique sera capable de tracter jusqu’à 3,5 tonnes ! 

    Performances électriques et tenue de gala 

    Si le Cayenne continuera d’être proposé en versions hybrides et thermiques — au moins jusqu’en 2035 et l’interdiction de la vente de véhicules thermiques neufs dans l’Union européenne ? — Porsche affirme que la version électrique atteindra un niveau de performance inédit dans la gamme. Et c’est précisément le responsable de la gamme Cayenne en personne, Michael Schätzle, qui nous le dit : « Nous ne pourrons atteindre le niveau de performance démontré publiquement pour la première fois en Angleterre qu’en exploitant pleinement le potentiel de l’électrification. Le Cayenne Electric établira de nouvelles références sur son segment, sans le moindre compromis en matière de confort d’utilisation et de praticité au quotidien ».

    Et ce n’est que le début. Après avoir marqué les esprits à Shelsley Walsh, le Cayenne Electric s’apprête à faire une nouvelle apparition publique lors du célèbre Goodwood Festival of Speed, du 10 au 13 juillet prochain. L’événement promet d’être un nouveau tremplin médiatique pour le futur SUV phare de Porsche, avant sa présentation officielle attendue en 2026.

    suv electrique porsche cayenne

    On ne sait rien, ou presque, de lui, mais, plus d’un an avant sa sortie officielle, le Cayenne Electric marque déjà les esprits. Très attendu, il promet d’être l’un des SUV électriques les plus complets du marché faisant aussi bien honneur au “S” qu’au “U” de Sports Utility Vehicle (SUV). Reste désormais à savoir s’il tiendra cette promesse, mais ses performances à Shelsley Walsh donnent déjà un élément de réponse… Une belle revanche, quelques semaines après avoir vu son record battu sur le Nürburgring par Xiaomi.

    porsche cayenne electric
  • Les 4 moteurs des voitures électriques à connaître

    Les 4 moteurs des voitures électriques à connaître

    Souvent relégués en bas de fiche technique, les moteurs de voitures électriques ont pourtant une importance cruciale, en termes d’économie, de performance et d’industrialisation. 

    Lorsqu’on parle de voitures électriques, la première caractéristique dont on fait étalage, c’est l’autonomie. Contrairement à l’univers des véhicules thermiques où les cylindres sont omniprésents et parfois plus célèbres que les voitures elles-mêmes, à l’image des V12 Bizzarini et autres “six en ligne”, côté watts, les moteurs sont généralement relégués au second plan et on a parfois l’impression qu’il n’existe qu’un seul type de motorisation pour toutes les voitures électriques. C’est tout le contraire ! Qu’ils soient déjà produits à grande échelle, présents sur des modèles de niche, voire encore à l’état de gestation, on dénombre plusieurs types de moteurs de voitures électriques, dont voici les principaux. 

    Crédit : Renault Group

    Les moteurs de voitures électriques synchrones à aimants permanents (PMSM)

    Largement utilisé dans les voitures électriques, le moteur PMSM fonctionne grâce à des aimants contenant du néodyme, une terre rare, qui, placés dans le rotor (la partie en rotation), tournent en fonction du champ magnétique généré par le stator (la partie fixe). Très efficace, il permet un rendement énergétique bien supérieur à 90 % le rendant, de fait, très adapté à l’automobile. Si on ajoute à ça qu’il est très compact et plutôt léger, cela en fait, malgré son coût relativement élevé dû aux matières premières, un moteur de choix pour de nombreux modèles bien connus du grand public tels que la Nissan Leaf ou la Toyota Prius hybride. 

    Le moteur asynchrone

    Ici, pas d’aimants dans le rotor. Si l’on veut être très schématique : le stator produit un champ magnétique dont l’énergie est transmise au rotor. Ce dernier produit alors, à son tour, un champ magnétique. Les deux champs, comme un lutteur face à un boxeur dans un octogone, vont alors se confronter et faire tourner le rotor. Sans aimants permanents, le moteur à induction est moins cher à produire que le PMSM. Il est également plus robuste grâce à une structure plus simple, et moins sensible à la chaleur malgré un rendement énergétique un peu en dessous des 90 % en moyenne. On le retrouve notamment sur les Tesla Model S et X.

    Le moteur synchrone à réluctance variable ou SRM

    Attention les yeux, voici le SRM : pas d’aimants permanents, pas d’enroulement, pas de matières premières critiques notamment les terres rares, simplement des engrenages sur le rotor et le stator qui créent du mouvement en s’alignant. Peu coûteux à fabriquer, résistant, il est capable d’encaisser beaucoup de couple à bas régime (idéal pour une voiture électrique). Pourtant, il n’est pas très répandu et, pour le moment, il fait surtout l’objet de recherches de la part de start-ups. Pourquoi ? D’une part, il est plus bruyant que ses congénères. Mais ce n’est pas son seul inconvénient. En effet, il est également commandé électroniquement ce qui ajoute une foultitude de données à intégrer qui sont complexes à gérer à l’utilisation.

    Les moteurs de voitures électriques à flux axial

    Voici le moteur qui pourrait bien changer la face. Ici, contrairement à ce que l’on retrouve dans les moteurs à flux radial, le mouvement du champ magnétique est parallèle à l’axe de rotation. Autrement dit, les moteurs à flux axial sont plats, donc plus compacts, tout en gardant leur efficacité. Une architecture qui facilite également le refroidissement du moteur et augmente donc ses performances. Aujourd’hui, ces moteurs sont encore trop chers à fabriquer pour les déployer à grande échelle, mais les constructeurs sont tout de même attentifs aux développements autour de cette technologie. Dernier exemple en date, le rachat par Mercedes de l’entreprise britannique YASA, spécialisée dans les moteurs à flux axial. 

    Le récap : 

  • Batteries solides : Huawei promet 3 000 km d’autonomie

    Batteries solides : Huawei promet 3 000 km d’autonomie

    L’autonomie est régulièrement citée parmi les arguments des conducteurs réfractaires au passage à l’électrique. Huawei, avec des batteries solides capables de couvrir la même distance que trois pleins de diesel après seulement cinq minutes de recharge, compte bien faire changer les choses.

    Après Xiaomi et ses performances sur le “Nurb”, c’est un autre géant chinois de la téléphonie (et de la tech en général) qui fait grand bruit dans le monde de l’automobile. Huawei vient en effet de déposer un brevet pour une batterie promettant jusqu’à 3 000 kilomètres d’autonomie et une recharge complète en seulement cinq minutes. 

    Cette batterie solide utilise un électrolyte à base de sulfure, auquel on a ajouté de l’azote, permettant, selon la marque, d’atteindre une densité énergétique entre 400 et 500 Wh/kg. C’est deux fois plus que la plupart des batteries lithium-ion, la référence actuelle sur le marché. Qui dit densité énergétique élevée, dit temps de recharge plus court pour des distances plus longues. Beaucoup plus longues. 

    Mais Huawei ne se contente pas de jouer les Heisenberg de la batterie solide. Aux innovations chimiques du brevet s’ajoutent également des innovations structurelles, notamment la fameuse architecture “cell-to-body”. Quand, sur la plupart des véhicules présents sur le marché européen, les batteries sont fixées au châssis, le procédé “cell-to-body” intègre directement les cellules dans le châssis. Si l’on perd en durabilité à cause de réparations plus difficiles, on gagne sur de nombreux points : le poids, la rigidité, l’efficacité.  

    Les batteries solides, un coup de com’ ? Une grande annonce à pondérer 

    Comme dit plus haut, Huawei promet non seulement 3000 kilomètres d’autonomie, mais aussi une recharge complète en cinq minutes. Seulement, il ne suffit pas de brancher sa super batterie solide à la même prise murale que le lave-vaisselle pour y parvenir. Non, pour ça, on devra compter sur des bornes de recharge capables de délivrer, non pas des kilowatts comme c’est le cas actuellement, mais des mégawatts. Pour le moment, ces bornes sont, en plus d’être rarissimes, réservées aux poids lourds. Il faudrait donc revoir tout le réseau actuel, alors qu’il est toujours en construction. 

    Quand bien même, il serait possible, en un claquement de doigts, de transformer toutes les bornes de recharge du monde en super-super-superchargeurs de 2 MW (ce qui serait très mauvais pour la durée de vie des batteries, mais c’est un autre débat), encore faudrait-il pouvoir fabriquer ces batteries solides sous stéroïdes à très grande échelle. Là encore, ça coince. En effet, selon Car News China qui a mis la lumière sur le brevet de Huawei et se base sur les données actuelles concernant les batteries solides, son coût de fabrication oscillerait entre 950 et 1200 € du kilowattheure. C’est presque 10 fois plus qu’une batterie lithium-ion ! 

    Finalement, ces chiffres impressionnants de 3000 km d’autonomie en cinq minutes de recharge sont surtout là pour attirer l’attention sur l’innovation principale : l’azote comme stabilisateur des relations entre l’électrolyte (ici, le sulfure) et l’anode qui, jusque-là, étaient sources de problèmes techniques et de freins au développement des batteries solides. Et Huawei sert ici, comme c’est souvent le cas, de fer de lance technologique à la Chine qui, avec ce nouveau brevet, conforte sa place de leader de l’innovation concernant les batteries solides. Déjà leader sur le marché du lithium-ion, c’est logique que l’Empire du Milieu souhaite continuer de dominer le secteur en misant sur les nouvelles générations de batteries. Et ça semble bien parti car outre Huawei, CATL, BYD, Nio et Xiaomi sont également sur le coup ! 

    huawei batteries solides 5 minutes recharge
  • 10 conseils pour moins consommer en voiture électrique

    10 conseils pour moins consommer en voiture électrique

    À l’instar des véhicules thermiques, les voitures électriques, elles aussi, consomment plus ou moins d’énergie en fonction de l’utilisation qu’on en fait. Voici quelques conseils pour moins consommer et, accessoirement, prolonger la durée de vie de sa batterie. 

    Même si les bornes de recharge sont de plus en plus nombreuses et disponibles, l’autonomie de la batterie reste la hantise principale des propriétaires de voitures électriques autant que ceux qui hésitent encore à franchir le pas. Même s’il s’agit le plus souvent d’une “angoisse” infondée (le trajet quotidien moyen des français n’excède pas 50 km, donc pas de quoi stresser avec les autonomies proposées par les constructeurs), il ne faut pas non plus jouer avec le feu et il existe plusieurs méthodes afin de moins consommer en voiture électrique. 

    Adopter l’éco-conduite

    La façon dont on conduit a un impact non négligeable sur la consommation d’une voiture électrique. Ainsi, une conduite douce, en évitant les accélérations brutales répétitives (même si c’est tentant…) et les freinages secs permet déjà de gagner en autonomie. L’anticipation est également l’une des clés pour éviter de voir la jauge se vider trop vite. Plus on commence à ralentir tôt, plus on évite les à-coups, donc moins on sollicite la batterie. Idem pour le freinage qui peut permettre, dans certains cas, de récupérer de l’énergie. 

    Utiliser son freinage régénératif

    C’est l’un des grands avantages des véhicules électrifiés, le freinage régénératif est un moyen de récupérer, au moment du freinage donc, de récupérer de l’énergie à partir de la chaleur dégagée par le frottement. En ville et en descente, c’est l’allié idéal de l’économie d’énergie. 

    Maîtriser sa vitesse

    Sur les grands axes, où l’on roule plus vite, la vitesse augmente la résistance de l’air et, pour y répondre, la voiture consomme plus d’électricité. Parfois, réduire légèrement sa vitesse, en préférant rouler à 110 km/h plutôt que 130 km/h permet, sans trop perdre de temps à l’arrivée, de gagner de l’autonomie. 

    Vérifier la pression des pneus

    Outre le fait que les pneus sont le point le plus sensible sur une voiture électrique, il n’y a pas que l’usure à surveiller. Des pneus sous-gonflés augmentent la résistance au roulement et donc la consommation et il faut donc, au moins une fois par mois, vérifier la pression. C’est d’autant plus important en hiver lorsque le froid fait baisser la pression naturellement. 

    Crédit : Robert Laursoo

    Doser la climatisation et le chauffage

    Le passage du thermique à l’électrifié ne change rien au fait que le chauffage et climatisation ont une influence sur la consommation. Une étude menée par les docteurs Doyle et Muneer de l’université Napier d’Edimbourg a ainsi démontré qu’un véhicule électrique peut perdre jusqu’à 30% d’autonomie lorsque le chauffage est allumé. Mais il est possible, en utilisant uniquement le volant et les sièges chauffants, moins gourmands, de réduire cet impact. Idem pour la climatisation : il est possible de ventiler de façon plus ciblée et donc éviter les pertes. 

    Alléger sa voiture

    Ce n’est pas un secret, plus une voiture est lourde, plus elle consomme d’énergie. On fait donc régulièrement le tri dans le coffre – il est souvent plus grand sur les voitures électriques et ça peut encourager à y laisser traîner des choses – et, surtout, on fait attention aux accessoires. Laisser les barres de toit entre deux utilisations, même si c’est pratique, ça augmente la résistance au vent mais ça ajoute également du poids et, là encore, c’est de l’énergie consommée inutilement. 

    Utiliser le mode « Éco »

    La majorité des voitures électriques sont équipées d’un mode de conduite dit « Éco » qui limite la puissance du moteur, régule la climatisation et adoucit les accélérations. Ce mode peut faire gagner jusqu’à 15 % d’autonomie, particulièrement en ville ou lors de trajets quotidiens.

    Crédit : Mathis Miroux

    Planifier ses trajets

    Les GPS intégrés de certaines voitures et certaines applications spécialisées permettent de planifier un itinéraire en fonction des bornes de recharge, certes, mais aussi du relief, du trafic ou de la température, autant de facteurs qui influent sur la consommation.

    Surveiller ses habitudes

    L’ordinateur de bord ou les applications dédiées des constructeurs sont capables de reconstituer les habitudes du conducteur et de donner des conseils afin de rouler plus efficacement et, de fait, réduire sa consommation.  

    Recharger intelligemment 

    Une batterie en bon état, c’est aussi une batterie qui consomme moins. Et, afin de préserver sa batterie, l’idéal est de recharger sa voiture entre 20 % et 80 % de capacité. Cela permet de préserver la santé de la batterie sur le long terme et de réduire les pertes d’énergie liées aux charges à 100 %. 

  • Le marché français des voitures sans permis électriques : une révolution en marche

    Le marché français des voitures sans permis électriques : une révolution en marche

    Avec plus de 30 000 immatriculations en 2024, la France représente près de 50% des ventes de voitures sans permis (VSP) sur le marché européen.

    Longtemps marginalisées, ces les voitures sans permis (VSP) connaissent une seconde jeunesse en France, notamment grâce à l’électrification et à une communication empreinte de modernité visant à séduire les (très) jeunes conducteurs — dès 14 ans ! — mais aussi les citadins désireux de réduire leur impact environnemental et de gagner en praticité. Car entre la place de plus en plus importante prise par la transition écologique dans l’esprit des Français et la circulation en ville qui devient de plus en plus difficile pour les véhicules thermiques classiques, les VSP électriques se posent en alternative plus qu’intéressante.

    voiture sans permis électrique noire

    Pourquoi les voitures sans permis électriques séduisent-elles autant en France ?

    Si les VSP électriques continuent de grappiller des parts de marché, sur leurs concurrentes thermiques d’une part, mais aussi sur les voitures “classiques”, c’est parce qu’elles apparaissent comme une réponse naturelle à de nombreuses problématiques actuelles. Ainsi, le prix sans cesse croissant du permis de conduire qui, pour de plus en plus d’urbains n’apparaît plus comme aussi utile qu’auparavant et l’étalement des populations qui poussent les habitants de régions plus isolées à choisir la voiture de plus en plus jeunes sont les deux premiers facteurs à l’origine de la surpopulation de VSP en France.

    Mais on peut également y ajouter les limitations de vitesse revues à la baisse en ville (une voiture sans permis est bridée à 45 km/h), la suppression de places de stationnement et les coûts grandissants liés à l’utilisation d’une voiture classique (en effet, les assurances sont généralement moins onéreuses et le contrôle technique moins fréquent).

    Enfin, concernant l’électrique, il permet de réduire encore un peu plus la facture en coupant dans les dépenses liées à l’entretien et au carburant. En résumé : une voiture sans permis est bourrée d’avantages pour une part toujours plus grandissante de la population française… et sa version électrique est encore plus avantageuse !

    voiture sans permis électrique rouge

    Acteurs historiques vs constructeurs traditionnels : une émulation bénéfique

    Historiquement dominé par des motorisations thermiques, le marché français des VSP semble se diriger doucement, mais sûrement vers l’électrique. Le boom de la Citroën Ami, lancée en 2020, n’y est pas pour rien puisqu’elle s’est écoulée à plus de 65 000 exemplaires en 5 ans. Elle a récemment été rejointe par une autre petite sans permis électrique de grand constructeur, la Fiat Topolino. Deux modèles qui permettent à leurs constructeurs de se positionner respectivement à la deuxième et quatrième place du classement des plus gros vendeurs de voitures sans permis en France en 2024.

    Le tout face à des acteurs déjà bien installés et, surtout, spécialisés. Des pionniers qui ne se laissent pas faire pour autant, puisque le leader, Aixam, a ajouté une gamme 100% électrique, tout comme Ligier qui, après avoir vu Citroën lui passer devant, n’était qu’à un petit millier de ventes de voir Fiat faire la même chose ! Reste, et là, c’est une bonne nouvelle pour tout le monde que les ventes ont connu une forte croissance entre 2023 et 2024 pour les quatre marques citées. Une concurrence qui fait du bien à ce marché autrefois considéré comme ringard puisqu’elle a encouragé les géants de Stellantis à investir dans l’innovation autour de cette mobilité douce qu’ils avaient mise de côté pendant trop longtemps, mais aussi les acteurs traditionnels à accélérer leur électrification. Le tout en glamourisant les VSP électriques à grands coups de campagnes marketing !

    En quelques années, les voitures sans permis sont passées de “la punition pour celui qui se fait sucrer son permis” à un objet de mobilité douce au fort taux de désirabilité. Et sur ce marché, c’est donnant-donnant : d’un côté, l’électrique a permis de rebooster la VSP, et de l’autre, l’essor de la VSP permet d’électrifier plus rapidement le parc automobile français.

    Le top 4 des constructeurs de VSP en France (2024)

    1- Aixam / 10 771 ventes / Croissance de 8,7% / Thermique et électrique / 33,9% du marché
    2- Citroën / 9 267 ventes / Croissance de 4,2% / Tout électrique / 29,3% du marché
    3- Ligier / 5 869 ventes / Croissance de 8,4% / Thermique et électrique / 18,5% du marché
    4- Fiat / 4 567 ventes / Première année / Tout électrique / 14,3% du marché

    (Chiffres Voltandgo )