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  • Voitures électriques : Bientôt taxés au kilomètre ?

    Voitures électriques : Bientôt taxés au kilomètre ?

    À mesure que les voitures électriques gagnent du terrain, une question longtemps repoussée s’impose maintenant aux gouvernements : comment financer l’entretien des routes lorsque les taxes sur les carburants disparaissent ? Testée ou envisagée au Royaume-Uni, en Californie, en Suisse ou en Nouvelle-Zélande, la taxe kilométrique appliquée aux véhicules électriques progresse comme une solution pragmatique. Un sujet encore explosif, mais de moins en moins évitable, qui commence aussi à s’inviter dans le débat français et européen.

    La transition vers l’électrique bouleverse un pilier historique des finances publiques. Depuis des décennies, l’entretien du réseau routier repose largement sur les taxes appliquées à l’essence et au diesel. Plus un automobiliste roulait, plus il consommait de carburant, plus il contribuait indirectement à l’infrastructure. Avec la voiture électrique, ce lien disparaît presque totalement.

    Chaque véhicule électrique mis en circulation représente ainsi plusieurs centaines d’euros de recettes fiscales en moins chaque année. Tant que l’électrique reste minoritaire, l’effet demeure contenu. Mais avec la chute progressive des ventes de thermiques et les enjeux remaniés et rediscutés en permanence pour l’échéance 2035, le problème devient structurel et oblige les États à revoir leur stratégie.

    Fiscalité fragile et pays pilotes

    Face à cette érosion programmée des recettes, les gouvernements cherchent un nouveau socle fiscal capable de remplacer les taxes sur les carburants sans remettre en cause la transition énergétique. Faire payer l’usage réel de la route plutôt que l’énergie consommée semble être une direction attrayante. Le principe est simple sur le papier, chaque véhicule contribuerait proportionnellement au nombre de kilomètres parcourus, indépendamment de sa motorisation. Pour les voitures électriques, les montants évoqués tournent généralement autour de 2 à 4 centimes d’euro par kilomètre, soit une contribution annuelle estimée entre 240 et 300 euros pour un conducteur moyen parcourant 12 000 à 15 000 kilomètres.

    Le gouvernement britannique prévoit l’introduction d’un “Electric Vehicle Excise Duty” à partir de 2028, avec une taxation kilométrique environ deux fois moins élevée que la fiscalité actuellement supportée par les véhicules thermiques via le carburant. L’objectif étant de maintenir des recettes sans pénaliser brutalement l’électrique. En Californie, la logique est encore plus assumée. L’État teste des projets pilotes de facturation au kilomètre pour les voitures électriques afin de compenser un manque à gagner colossal. Près de 80 % du budget d’entretien des routes californiennes repose sur la taxe sur l’essence.

    Crédit photo : Envato par CreativeNature_nl

    En France et en Europe, un débat qui monte

    En France, aucune taxe kilométrique spécifique aux voitures électriques n’est officiellement actée. Cependant, plusieurs signaux montrent que la réflexion est déjà engagée, notamment avec le projet de taxation des véhicules électriques les plus lourds à partir de 2026. À l’échelle européenne, la question devient incontournable. L’objectif de fin des ventes de véhicules thermiques neufs autour de 2035 oblige les États membres à anticiper un nouveau modèle de financement des routes. Parmi les scénarios étudiés, la taxe au kilomètre apparaît comme l’option la plus crédible pour découpler durablement fiscalité et motorisation.

    D’autres pays ont avancé plus discrètement. La Suisse, l’Islande et la Nouvelle-Zélande ont déjà introduit ou expérimenté des dispositifs de redevance kilométrique ou de taxation spécifique pour les véhicules électriques. L’argument central est celui de la neutralité, l’électrification ne doit pas créer de trou dans le financement des infrastructures. Dans ces pays, la taxe kilométrique est présentée non pas comme une sanction contre l’électrique, mais comme la fin progressive d’une exception fiscale jugée temporaire. Elle est appelée à entrer dans un cadre contributif comparable à celui des autres usages de la route.

    Des modalités techniques et une équation politique

    Reste la question de la mise en œuvre. La solution la plus simple consisterait à relever le kilométrage lors du contrôle technique, puis à facturer la distance parcourue depuis le précédent relevé. Mais cette approche impliquerait probablement d’augmenter la fréquence des contrôles, au risque de renforcer le rejet des automobilistes. Les solutions technologiques, comme l’installation de boîtiers télématiques embarqués, offrent une mesure plus précise mais soulèvent de lourdes inquiétudes. Protection des données, respect de la vie privée et surveillance des déplacements deviennent alors des points de crispation majeurs.

    Pour les gouvernements, l’argument reste de garantir un financement stable et pérenne des infrastructures routières et faire en sorte que tous les véhicules contribuent à l’usure du réseau. Pour les usagers, le risque est clair, une taxe kilométrique mal calibrée pourrait casser l’avantage économique de la voiture électrique, déjà plus chère à l’achat, et pénaliser fortement les gros rouleurs. Plus qu’une question de principe, la taxe kilométrique apparaît désormais comme une question de calendrier, d’acceptabilité et de dosage.

    Sources : www.capital.fr – Reuters

  • Panne d’électricité géante à San Francisco ce week-end : l’impact sur les véhicules autonomes

    Panne d’électricité géante à San Francisco ce week-end : l’impact sur les véhicules autonomes

    Samedi 20 décembre 2025, une importante panne d’électricité a plongé San Francisco dans le noir, la faute à un incendie qui s’est déclaré dans une sous-station électrique de Pacific Gas and Electric (PG&E). Cet incident a privé d’électricité environ 130 000 foyers et entreprises, paralysant une partie de la ville, notamment les voitures autonomes.

    En effet, les taxis autonomes se sont transformés en obstacles immobiles. Aux intersections dépourvues de signalisation lumineuse, ces véhicules d’ordinaire fluides se sont arrêtés net, clignotants allumés, forçant les autres automobilistes à les contourner tant bien que mal. Cette situation rare et cocasse souligne la dépendance de la ville à l’égard d’infrastructures vieillissantes, alors même qu’elle adopte des technologies de pointe.

    Selon un communiqué de la compagnie PG&E, l’incendie a endommagé des équipements essentiels de la sous-station, provoquant des coupures de courant massives dans le centre-ville, le quartier de South of Market et les zones avoisinantes. Pour isoler l’incident et entamer les réparations, les équipes d’intervention ont été dépêchées sur place et ont travaillé toute la nuit, en coordination avec les services d’urgence municipaux. Les autorités ont confirmé qu’aucune victime n’était à déplorer et que l’origine du sinistre fait toujours l’objet d’une enquête.

    Des intersections sans feux, une circulation rapidement paralysée

    La panne a immédiatement eu un impact visible dans les rues de San Francisco. Plus d’une dizaine d’intersections se sont retrouvées privées de feux tricolores et ont rapidement été embouteillées, rendant la circulation dangereuse pour les automobilistes comme pour les piétons. Pour pallier cette situation inhabituelle, la police a été mobilisée pour réguler le trafic dans les secteurs les plus critiques, et les habitants ont été invités à éviter tout déplacement non essentiel jusqu’au rétablissement complet du réseau. L’incendie qui s’est déclaré dans une sous-station électrique de PG&E a également impacté tout le réseau de transports publics, qui a subi des retards conséquents.

    Sources : @AnnTrades

    Waymo contraint de suspendre temporairement ses robotaxis

    Comme évoqué brièvement plus haut, l’un des effets les plus marquants de la coupure a été l’immobilisation des véhicules autonomes de Waymo. Waymo est une marque américaine qui, depuis août 2021, s’est implantée à San Francisco avec le lancement du service de robotaxi pour « trusted testers ». Dans la continuité de cela, depuis juin 2024, le service de robotaxi autonome est accessible à tous à San Francisco.

    Avec cette panne d’électricité, de nombreux taxis autonomes et donc sans conducteur se sont retrouvés bloqués à des intersections, faute de feux tricolores, conduisant l’entreprise à suspendre temporairement ses opérations à San Francisco par mesure de sécurité. Cette interruption a aggravé les perturbations de circulation dans la ville.

    La dépendance des véhicules autonomes aux infrastructures urbaines

    Les autorités locales ont souligné que cet incident mettait en lumière la fragilité de certaines infrastructures dans une ville qui se veut pourtant une vitrine mondiale de l’innovation technologique. Pour l’heure, la majorité des usagers a retrouvé l’électricité après plusieurs heures, bien que des milliers de clients soient restés privés de courant jusqu’au lendemain. De nombreux commerces ont dû fermer plus tôt, les restaurants se sont efforcés de sauver leurs denrées périssables, et les habitants dépendant d’équipements médicaux ont nécessité l’assistance des services d’urgence.

    Lorsque l’électricité a été rétablie, l’attention s’est portée sur les questions de préparation et de coordination entre les opérateurs d’énergie, les services municipaux et les sociétés technologiques. Les responsables ont annoncé l’ouverture d’un audit pour évaluer les protocoles de réponse et envisager des mesures visant à réduire le risque de pannes similaires à l’avenir. Pour de nombreux habitants, cette panne a rappelé qu’au cœur même des villes les plus avancées, une alimentation électrique fiable reste le fondement de la sécurité publique, des transports et de la vie quotidienne.

  • Mercedes VLE électrique : la limousine de demain

    Mercedes VLE électrique : la limousine de demain

    Avec le VLE, Mercedes-Benz s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de l’électromobilité premium. Ce grand monospace électrique de luxe, attendu pour une présentation mondiale le 10 mars 2026 à Stuttgart, inaugurera la toute nouvelle plateforme VAN.EA. Ambition affichée : fusionner le confort d’une limousine, l’espace d’un van et les standards technologiques de la prochaine décennie.

    Crédit photo : media.mercedes-benz.fr

    Une volonté propre et claire

    Mercedes ne cache plus ses intentions. Le futur VLE ne sera pas un simple dérivé électrifié de la Classe V actuelle, mais un modèle à part entière, pensé dès l’origine pour l’électrique et pour le très haut de gamme. À mi-chemin entre un grand monospace familial et une navette de luxe, il vise clairement une clientèle premium à la recherche de confort, d’espace et de technologies de pointe. Ce positionnement s’inscrit dans une tendance de fond du marché, où le van devient une alternative crédible à la limousine classique. Pour Mercedes, il s’agit aussi de reprendre la main sur un segment où de nouveaux acteurs, notamment asiatiques, commencent à imposer leurs standards en matière d’expérience à bord et de prestations luxueuses.

    La date est officielle : le Mercedes VLE sera présenté le 10 mars 2026 à Stuttgart. La marque a déjà commencé à distiller des teasers. Ce lancement marquera surtout une première mondiale importante : celle de la plateforme VAN.EA dans sa version de série. Le VLE sera le tout premier véhicule à reposer sur cette architecture dédiée aux vans électriques. Un rôle de pionnier qui lui confère une importance particulière dans la stratégie d’électrification de Mercedes. VAN.EA a vocation à servir de base à toute une famille de véhicules, allant du van familial haut de gamme aux navettes VIP les plus luxueuses.

    Crédit photo : media.mercedes-benz.fr

    L’ambition d’un confort prémium

    Contrairement à l’actuel EQV, encore dérivé d’une plateforme thermique, VAN.EA a été conçue exclusivement pour l’électrique. Ce choix va permettre une bien meilleure intégration des batteries, une optimisation des volumes et une liberté de design bien plus grande. Ce qui est recherché, c’est un habitacle encore plus spacieux et un meilleur compromis entre autonomie, performances et confort. L’autre élément clé de cette plateforme, c’est sans nul doute dans son architecture 800 volts. Une technologie encore rare sur ce type de véhicule, mais essentielle pour offrir des puissances de recharge très élevées. Mercedes a déjà évoqué des capacités pouvant atteindre jusqu’à 350kW, ce qui placerait le VLE parmi les meilleurs élèves du segment en matière de recharge rapide.

    À bord, le VLE entend clairement se distinguer de l’image utilitaire traditionnelle. L’intégration des batteries dans le plancher libère de l’espace et permet une architecture intérieure tournée vers le confort et la modularité. Mercedes promet un habitacle où chaque centimètre est optimisé au service du confort passager. Le van pourra accueillir jusqu’à huit personnes, avec des configurations adaptées aussi bien aux familles exigeantes qu’aux usages professionnels haut de gamme. Les premières descriptions évoquent un confort de roulement digne d’une limousine, une grande liberté de mouvement et de nombreux rangements, le tout dans une ambiance résolument premium.

    Un design affirmé pour un van nouvelle génération

    Sur le plan esthétique, le Mercedes VLE ne joue pas la carte de la discrétion. Les premiers teasers dévoilent une face avant marquée, avec une grande calandre fermée et des feux diurnes arborant un motif d’étoiles, directement inspiré du Vision V. Une signature lumineuse pensée pour affirmer le statut du véhicule. Avec ce VLE, Mercedes ne se contente pas d’électrifier un van existant. La marque redéfinit sa vision du transport premium à zéro émission en proposant une alternative crédible aux limousines traditionnelles et aux nouveaux acteurs du luxe électrique. Un modèle clé, appelé à devenir la vitrine technologique et statutaire des vans Mercedes de demain.

    Sources : Communiqué de presse du 24 juillet 2025 – Mercedes-Benz / mondial.paris / www.mercedes-kroely.fr / 

    Crédit photo : media.mercedes-benz.fr

  • Marché des VE aux États-Unis : Ce qu’il faut retenir

    Marché des VE aux États-Unis : Ce qu’il faut retenir

    En 2025, le marché américain du véhicule électrique confirme sa montée en puissance, mais révèle aussi une fragilité structurelle. Dopées par l’ultime fenêtre du crédit d’impôt fédéral de 7 500 dollars, les ventes ont atteint un sommet historique au troisième trimestre avant de faire planer le spectre d’un net ralentissement. Entre performances commerciales impressionnantes et incertitudes politiques, l’électromobilité américaine avance à grande vitesse sans garantie de trajectoire stable.

    Crédit photo : Envato par monkeybusiness

    Une croissance spectaculaire, mais sous tension

    Le troisième trimestre 2025 restera comme un moment charnière pour le véhicule électrique aux États-Unis. Avec 438 487 unités écoulées, le marché a signé un record absolu, en progression de 40,7 % par rapport au trimestre précédent et de près de 30 % sur un an. Cette envolée s’explique en grande partie par un effet d’anticipation : particuliers et flottes ont accéléré leurs achats avant l’expiration du crédit d’impôt fédéral de 7 500 dollars, pilier central de la politique de soutien à l’électromobilité depuis plusieurs années.

    Cette ruée a toutefois un revers. Derrière les chiffres impressionnants du T3 se dessine une volatilité croissante du marché, déjà perceptible dès le premier trimestre. À cette période, la part des véhicules électrifiés s’établissait à environ 9,6% des ventes de véhicules légers neufs. Un niveau légèrement inférieur à la fin de 2024, mais toujours en progression sur un an, signe que la dynamique de fond reste positive malgré des à-coups conjoncturels.

    Crédit photo : Model Y – @Tesla

    Tesla en locomotive, les généralistes en embuscade

    Sans surprise, Tesla conserve son statut de pilier du marché américain. Le Model Y domine largement les ventes avec environ 155 000 unités écoulées sur le seul premier semestre 2025, confirmant son rôle de référence auprès des ménages américains. Le Model 3 reste également un best-seller, avec plus de 52 000 immatriculations dès le premier trimestre, preuve que la marque californienne continue de capter une large part de la demande, y compris dans un contexte de concurrence accrue.

    Derrière Tesla, le paysage se diversifie progressivement. General Motors tire son épingle du jeu avec le Chevrolet Equinox EV, qui dépasse les 27 000 ventes sur le premier semestre, tandis que Honda et Hyundai s’installent plus solidement sur le marché grâce au Prologue et à l’Ioniq 5. Cette montée en puissance des constructeurs généralistes traduit une normalisation du véhicule électrique, qui ne se limite plus à un segment technophile ou premium, mais commence à toucher un public plus large.

    Crédit photo : Chevrolet Equinox 2026 – www.chevrolet.ca

     

    Un marché soutenu par des objectifs ambitieux

    La valeur du marché américain des véhicules électriques devrait atteindre près de 122 milliards de dollars en 2025, avec un taux de croissance annuel composé estimé à plus de 25 % jusqu’en 2028. Cette dynamique repose sur plusieurs leviers structurants : des normes d’émissions toujours plus strictes, des investissements massifs dans les utilitaires et flottes électriques, et des politiques locales particulièrement volontaristes dans certaines grandes métropoles.

    À San Francisco, l’objectif de 50 % de véhicules électriques dans les ventes neuves dès 2025 illustre cette ambition territoriale, tandis que New York vise environ 25 % sur la même échéance. À l’échelle nationale, les ventes totales de véhicules légers devraient atteindre environ 16,3 millions d’unités, les véhicules électriques représentant potentiellement jusqu’à 16,7 % du marché selon certaines projections. Des chiffres qui montrent que, malgré les incertitudes, l’électrique n’est plus marginal dans le paysage automobile américain.

    Infrastructures, prix et incertitude politique

    Reste que plusieurs freins structurels continuent de peser sur la trajectoire du marché. L’infrastructure de recharge, en particulier commerciale et rapide, demeure un point de tension majeur. Si les stations DC multi-chargeurs se multiplient, leur déploiement reste inégal selon les États et insuffisant dans certaines zones rurales ou périurbaines, limitant l’adoption au-delà des grands centres urbains.

    L’autre inconnue majeure est politique. La fin du crédit fédéral et l’éventualité d’une administration plus hostile aux subventions et à la réglementation environnementale font planer un doute sur la continuité des aides. Une déréglementation accrue pourrait alléger certaines contraintes pour les constructeurs, mais la suppression des incitations financières risquerait de freiner brutalement la demande, en particulier dans les segments les plus sensibles au prix.

    Sources : www.fortunebusinessinsights.com – evlife.world

  • Brésil : le géant de l’électromobilité en Amérique latine

    Brésil : le géant de l’électromobilité en Amérique latine

    En quelques années, le Brésil est passé du statut de marché de niche à celui de moteur de l’électromobilité pour l’Amérique latine. Porté par une explosion des ventes de véhicules électrifiés, une politique industrielle offensive et l’arrivée massive d’acteurs chinois, le pays accélère sa transition, même si le thermique reste ultra-dominant et que plusieurs freins structurels persistent.

    Un parc qui s’électrifie à grande vitesse

    La dynamique brésilienne ne se lit vraiment qu’en regardant les chiffres de ces dernières années. Et en effet, en 2020, les véhicules électriques restaient anecdotiques dans un marché dominé par les motorisations thermique. Quatre ans plus tard, le paysage a radicalement changé.

    Selon l’ABVE et différentes analyses de marché, les ventes de véhicules « plug-in » (100% électriques et hybrides rechargeables) sont passées d’environ 19 300 unités en 2023 à 61 600 en 2024, soit une progression de plus de 200% en un an. 

    Si l’on élargit à l’ensemble des véhicules électrifiés, les études de marché estiment que le total dépasse largement les 150 000 unités sur l’année et cette tendance ne faiblit pas en 2025. La part de marché des véhicules électrifiés atteint environ 4% des immatriculations neuves au cumul janvier–novembre, dans un marché global d’environ 2,5 à 2,7 millions de véhicules. 

    Certains mois de 2025 ont battu des records, avec plus de 24 000 véhicules électrifiés vendus (BEV + PHEV + HEV) sur un seul mois, c’est un signe clair qui montre que l’électrique se démocratise au Brésil même si le thermique reste ultra-dominateur. 

    BYD, GWM et les autres : un marché dominé par les Chinois

    S’il est un fait marquant de l’électromobilité brésilienne, c’est le rôle central des marques chinoises, loin devant les constructeurs historiques.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

    • En 2024, BYD et GWM (Great Wall Motor) captent ensemble 81,6% des ventes de véhicules électriques rechargeables (BEV + PHEV) au Brésil
    • BYD occupe à lui seul environ 70% du marché BEV et plus de 50% du marché PHEV, confirmant une domination quasi hégémonique sur les modèles branchés. 
    • En mai 2025, les ventes de BEV atteignent un record mensuel : BYD représente plus de 80% des immatriculations 100% électriques, loin devant Volvo et GWM. 

    Comme en témoigne ce tableau, les constructeurs chinois dominent le classement des véhicules 100 % électriques les plus vendus au Brésil même si Volvo parvient à se démarquer : 

    Un réseau de recharge en rattrapage accéléré 

    Afin de poursuivre le développement et la démocratisation des VE, le développement des infrastructures de recharge est primordial. Même s’ il part de loin, le système de recharge de véhicules électrifiés brésilien, suit la courbe d’adoption des véhicules.

    En 2019, le Brésil ne comptait que quelques centaines de points de charge publics ; aujourd’hui, le pays s’est doté d’un maillage qui, sans être encore homogène, commence à couvrir ses principaux axes. En effet Une analyse de la croissance de l’infrastructure indique qu’à l’été 2025, près de 17 000 points de charge d’accès général ou restreint, couvrant plus de 1 500 municipalités, ce qui montre l’extension progressive de l’infrastructure au-delà des seules capitales d’États. 

    Les chiffres sont révélateurs d’une tendance claire : le maillage brésilien s’épaissit rapidement, en particulier sur les grands axes autoroutiers qui relient São Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Curitiba et le Sud du pays. Mais également dans les zones urbaines denses où se concentrent les premiers adoptants et les flottes professionnelles (VTC, livraison, services). 

    Les projections sectorielles estiment qu’il faudra au moins 150 000 bornes à horizon 2035 pour accompagner un parc d’environ 3 millions de véhicules électriques, ce qui impose un rythme d’investissement soutenu dans la décennie à venir.

    Une politique industrielle offensive : MOVER et la fiscalité

    Évidemment, comme dans chaque pays ayant une volonté claire de progresser en termes d’électromobilité, le gouvernement a mis en place des mesures et des aides pour accompagner et aider ce changement.

    L’un des tournants majeurs de l’électromobilité brésilienne est l’entrée en vigueur du programme MOVER (Programme National de Mobilité Verte et d’Innovation). Lancé en 2024 dans le cadre de la politique industrielle du gouvernement de Lula, ce dispositif vise à moderniser le secteur automobile autour de critères climatiques et d’innovation.

    • MOVER introduit un système de bonus-malus sur l’IPI (taxe sur les produits industrialisés), qui favorise les véhicules à faibles émissions et pénalise les modèles les plus polluants. 
    • Il met en oeuvre des incitations financières directes sur la réductions du prix d’achat d’un véhicules électrifiés 
    • Il prévoit environ 19,3 milliards de reals (près de 4 milliards d’euros) d’incitations à l’innovation entre 2024 et 2028, orientées vers la R&D, l’électrification, l’efficacité énergétique et l’utilisation de matériaux recyclés. 
    • Le programme impose également une meilleure comptabilité carbone sur l’ensemble du cycle de vie des véhicules, avec des exigences croissantes en matière de recyclabilité et de contenu recyclé. 

    Résultat : les constructeurs du monde entier ont annoncé plus de 23 milliards d’euros d’investissements au Brésil dans les prochaines années, dont plusieurs projets directement liés à l’électromobilité.

    Sur le volet commercial, la politique douanière s’est durcie dans le but de réguler les importations et encourager les productions sur le territoire :

    • Après une période de droits d’importation réduits pour lancer le marché, le gouvernement a décidé de remonter progressivement les tarifs sur les véhicules électriques importés (BEV, PHEV, HEV) pour converger vers le plafond de 35% qui est le taux maximal autorisé par les règles du MERCOSUR (le marché commun sud-américain).
    • Cette trajectoire vise clairement à inciter les constructeurs, notamment BYD et GWM, à localiser une partie de leur production au Brésil afin de conserver leur compétitivité prix. 

    Source: BYD

    Et le résultat de tous ces efforts pour valoriser le made in Brésil, il est percutant et efficace. BYD prévoit de transformer l’ancienne usine Ford de Camaçari (Bahia) en pôle de production de véhicules électriques et de batteries, tandis que GWM investit dans l’assemblage local de modèles hybrides et électriques dans l’État de São Paulo. Volkswagen et Stellantis ont également annoncé des enveloppes dédiées à l’électrification progressive de leurs gammes produites localement.

    WEG, Tupi Mob et un écosystème local en structuration

    Si les véhicules électriques vendus au Brésil proviennent encore majoritairement de Chine, l’infrastructure et les services de recharge voient émerger des acteurs nationaux.

    Le cas le plus emblématique est celui de WEG, géant industriel originaire de l’État de Santa Catarina. Historiquement reconnu pour ses moteurs électriques et ses systèmes d’automatisation industrielle, WEG a progressivement étendu son expertise vers l’électromobilité, en développant une offre complète de solutions de recharge : chargeurs domestiques, bornes publiques en courant continu et outils de gestion énergétique.

    En octobre 2025, WEG a annoncé l’acquisition de 54 % de Tupinambá Energia (Tupi Mob), entreprise qui opère l’une des principales plateformes de recharge du pays. Désormais, le groupe brésilien est un fournisseur d’équipements, mais aussi et surtout un acteur de l’écosystème de la recharge.

    Grâce à cette acquisition, WEG combine désormais le matériel, le logiciel et les services de gestion de réseaux ou de flottes, un positionnement encore rare au Brésil. Le groupe entend être l’un des pilotes de la transition énergétique des transports.

    Source : WEG

    Autour de ce pôle, d’autres acteurs se développent : 

    • Des énergéticiens comme Raízen s’engagent dans le déploiement de flottes électriques avec notamment un partenariat visant l’intégration de 20 000 véhicules électriques dans la flotte du service de VTC 99 d’ici fin 2025. 
    • Des opérateurs privés, foncières et gestionnaires d’infrastructures développent des réseaux de bornes dans les parkings, centres commerciaux et stations-service, en capitalisant sur l’arrivée massive de modèles chinois et l’intérêt croissant des flottes professionnelles.

    Des freins persistants à l’adoption de masse

    Malgré cette dynamique, le Brésil reste loin d’une électromobilité majoritaire. Et pour cause, de nombreux freins compliquent le passage à l’échelle.

    • Prix d’achat encore élevé : même si les modèles chinois tirent les prix vers le bas, l’écart avec un véhicule thermique reste important pour une large partie de la population, surtout dans un marché très sensible. 
    • Taux d’intérêt et pouvoir d’achat : le financement auto repose largement sur le crédit. Les taux élevés et un pouvoir d’achat sous tension rendent plus difficile l’accès à des véhicules récents, surtout électriques. 
    • Infrastructures inégales : les grandes métropoles bénéficient d’une densité croissante de bornes, mais une grande partie du territoire reste peu équipée, ce qui alimente l’« anxiété d’autonomie » pour les trajets interurbains et les usages professionnels en dehors des grands axes. 
    • Réseau électrique et fiabilité : même si le mix brésilien est largement décarboné grâce à l’hydroélectricité, certaines régions souffrent de contraintes de capacité et de fiabilité du réseau, ce qui complique le déploiement de la recharge rapide à grande échelle. 

    Un grand territoire en transition, mais encore en rodage

    Le Brésil s’affirme comme l’un des laboratoires les plus intéressants de l’électromobilité mondiale : politique industrielle assumée, marché de masse, poids du flex‑fuel (éthanol), offensive chinoise et émergence d’acteurs locaux sur la recharge. Les chiffres montrent un décollage réel et palpable mais la part de marché reste encore modeste à l’échelle du parc national.

    Le Brésil a posé les bases pour devenir un pilier régional de la mobilité électrique. Reste désormais à transformer l’essai : accélérer la baisse des coûts, densifier le maillage de bornes hors des grandes métropoles et lever les freins culturels et financiers qui séparent encore le pays d’une électromobilité véritablement grand public.

  • Batteries LFP : le composant qui fait chuter le prix des VE

    Batteries LFP : le composant qui fait chuter le prix des VE

    Moins chères, plus durables et désormais plus performantes, les batteries LFP de nouvelle génération s’imposent doucement mais sûrement comme une solution clé pour faire baisser le prix des véhicules électriques en Europe. Derrière cette chimie longtemps cantonnée à l’entrée de gamme se joue aujourd’hui un basculement industriel, économique et stratégique majeur pour les constructeurs européens.

    Crédit photo : Batterie CATL LFP – @fr.motor1.com

    Le prix, talon d’Achille du véhicule électrique

    Pendant plus d’une décennie, la démocratisation du véhicule électrique s’est heurtée à une réalité simple mais complexe à contourner. La batterie reste son composant le plus coûteux. En Europe, elle représente encore 30 à 35 % du coût total d’un véhicule, un poids économique qui limite l’accès aux modèles électriques pour une large partie des automobilistes. Malgré les aides publiques, le ticket d’entrée demeure élevé, notamment face à des véhicules thermiques toujours moins chers à l’achat.

    Dans ce contexte, chaque évolution technologique capable de faire baisser le coût du kWh est scrutée de près par l’industrie. Et depuis deux ans, une chimie revient au premier plan avec une force inattendue : le Lithium Fer Phosphate. (ou LFP) Longtemps perçues comme moins performantes, les LFP ont profondément évolué.Aujourd’hui, leur coût de production se situe environ 15 à 25 % en dessous des chimies NMC (nickel, manganèse, cobalt), avec un prix moyen compris entre 90 et 100 dollars par kWh, contre 110 à 130 dollars pour les batteries traditionnelles. Une différence qui, à l’échelle industrielle, change tout.

    Longtemps sous-estimée, désormais au cœur du jeu

    Si les batteries LFP ont été longtemps boudées en Europe, c’est avant tout pour leur densité énergétique inférieure. Moins compactes, elles offraient une autonomie plus limitée, un critère jugé rédhibitoire sur un marché encore obsédé par le chiffre des kilomètres parcourus. Mais cette faiblesse structurelle est en train d’être comblée. Les dernières générations de LFP dépassent désormais les 200 Wh/kg, un seuil qui les rend pleinement compétitives pour des véhicules d’entrée et de milieu de gamme. Des innovations industrielles comme le Cell-to-Pack ou le Cell-to-Chassis permettent de réduire les éléments structurels inutiles, optimisant ainsi l’intégration de la batterie dans le véhicule.

    Le résultat est concret : certaines plateformes atteignent aujourd’hui des autonomies théoriques supérieures à 700 km en cycle WLTP, comme avec la technologie Shenxing Pro de CATL, tout en conservant les avantages historiques du LFP. Sécurité accrue, stabilité thermique élevée et dégradation beaucoup plus lente sur la durée. Là où une batterie NMC voit ses performances chuter progressivement, une LFP peut encaisser jusqu’à 12 000 cycles de charge et viser une durée de vie de 20 ans ou près d’un million de kilomètres. Un argument décisif pour les flottes, les particuliers gros rouleurs, mais aussi pour le marché de l’occasion électrique.

    Crédit photo : Schéma réalisé par IA pour expliquer le fonctionnement des nouvelles batteries LFP

    Des économies immédiates pour tout le monde

    L’impact économique de cette transition est majeur. Sur un véhicule vendu entre 25 000 et 35 000 euros, le passage à une batterie LFP permettrait une économie estimée entre 2 000 et 4 000 euros par unité. Une marge qui peut être réinvestie dans l’équipement, l’autonomie… ou tout simplement répercutée sur le prix final.C’est précisément ce levier que cherchent aujourd’hui à actionner les constructeurs européens, confrontés à une double pression. 

    D’un côté, des consommateurs attentifs au prix. De l’autre, une concurrence chinoise agressive, capable de proposer des véhicules électriques à bas coût grâce à une maîtrise complète de la chaîne batterie. Les LFP répondent aussi à un usage plus réaliste de la voiture électrique. Elles supportent mieux les charges à 100 %, réduisent les risques de dégradation prématurée et simplifient l’expérience utilisateur au quotidien. Un détail en apparence, mais un facteur clé pour lever les réticences des conducteurs encore hésitants.

    Une adoption industrielle qui s’accélère en Europe

    Le marché européen des batteries LFP connaît aujourd’hui une croissance rapide. Estimé à un peu plus de 2 milliards de dollars en 2024, il pourrait dépasser les 4,3 milliards d’ici 2029, avec un taux de croissance annuel supérieur à 14 %. Cette montée en puissance tire mécaniquement les coûts vers le bas, avec des packs qui flirtent désormais avec la barre symbolique des 100 dollars par kWh.

    Chez Renault, la filiale Ampere a fait le choix d’une intégration industrielle maîtrisée, avec l’assemblage des packs à Douai, en France, à partir de cellules fournies par LG et CATL. Stellantis, de son côté, va plus loin en s’associant directement avec CATL pour construire une gigafactory LFP en Espagne, détenue à parts égales. CATL multiplie également les implantations industrielles sur le continent, avec des usines en Allemagne, en Hongrie et prochainement en Espagne, ancrant durablement cette chimie en Europe.

    Crédit photo : Logo officiel Stellantis – @www.stellantis.com 

    Souveraineté industrielle : un équilibre encore fragile

    Reste une préoccupation centrale, la dépendance européenne aux acteurs asiatiques. Aujourd’hui, près de 99 % des batteries LFP sont produites par des entreprises chinoises, un déséquilibre qui pose des enjeux géopolitiques évidents. La faillite récente de Northvolt, acteur européen historiquement focalisé sur les batteries NMC, a d’ailleurs rappelé la fragilité de l’écosystème local.

    Pour autant, l’Europe ne renonce pas. Les stratégies de production locale, les partenariats industriels et les investissements en R&D se multiplient. L’objectif est clair : sécuriser l’approvisionnement, maîtriser les coûts et bâtir une filière batterie européenne crédible, capable de répondre aux exigences environnementales, sociales et industrielles du continent.

    Le LFP comme pivot stratégique du VE

    À court et moyen terme, les batteries LFP apparaissent comme le pivot stratégique pour atteindre un objectif longtemps jugé hors de portée : une voiture électrique européenne fiable, durable et vendue autour de 25 000 euros. Sans cette chimie, la bataille des prix face aux importations low-cost resterait largement déséquilibrée. En réconciliant coût, sécurité, longévité et performances désormais suffisantes, les LFP ne remplacent pas totalement les batteries NMC mais elles redéfinissent le cœur du marché.

    Pour l’Europe automobile, le message est clair : la transition électrique ne se gagnera pas uniquement sur l’autonomie maximale ou la puissance, mais sur la capacité à proposer des véhicules accessibles, produits localement et technologiquement sobres. Et sur ce terrain, les batteries LFP de nouvelle génération sont en train de devenir un atout décisif.

    Sources : www.connaissancedesenergies.org – www.mordorintelligence.com – battery-tech.net 

  • La renaissance électrique de Jaguar

    La renaissance électrique de Jaguar

    Avec sa future GT 100 % électrique, Jaguar ne cherche pas simplement à suivre le mouvement : la marque britannique veut redéfinir ce que doit être une berline électrique ultra-haut de gamme. Plus de 1000ch, jusqu’à 770km d’autonomie annoncée, une recharge éclair et un silence quasi total. Cette Jaguar nouvelle génération s’annonce comme une vitrine technologique autant qu’un manifeste de style.

    Crédit photo : La future Jaguar GT 100 % électrique – @autocar.co.uk

    Une nouvelle ère sans compromis

    Jaguar s’apprête à tourner une page décisive de son histoire. À partir de 2026, la marque britannique lancera une grande berline GT 4 portes, 100% électrique, pensée comme le point de départ d’une gamme entièrement repensée. Cette voiture va incarner la stratégie radicale de Jaguar. Réduire son catalogue à trois modèles électriques très haut de gamme d’ici 2030. Basée sur la toute nouvelle plateforme Jaguar Electric Architecture, cette GT affiche des ambitions hors normes. La puissance visée dépasse les 1000ch, l’autonomie cible atteint jusqu’à 770km en cycle WLTP, et l’architecture électrique la place directement dans le cercle des électriques les plus avancées du marché. Jaguar assume son objectif de redevenir une marque de désir, technologique et statutaire proche de l’ultra-luxe.

    Sous la carrosserie élancée de cette future GT se cache une configuration tri-moteur, avec deux moteurs sur l’essieu arrière et un à l’avant. Une telle architecture ouvre la voie à un vectoriel de couple très fin, capable de gérer la puissance de manière quasi chirurgicale, roue par roue. Pour alimenter cet arsenal, Jaguar viserait un pack batterie de plus de 100 kWh, probablement autour de 120 kWh sur les prototypes actuels. L’objectif est d’offrir une autonomie réellement compatible avec le grand tourisme électrique, sans sacrifier les performances. Lla marque annonce déjà la possibilité de récupérer environ 300 km d’autonomie en seulement 15 minutes de recharge rapide, ce qui implique des puissances de charge pouvant atteindre 350 à 400 kW.

    Crédit photo : Logo officiel Jaguar

    Accélérations extrêmes, délivrées avec élégance

    Les premiers essais réalisés par la presse spécialisée donnent un aperçu très précis du caractère de cette Jaguar. Oui, l’accélération est fulgurante. Mais contrairement à certaines électriques ultra-sportives connues pour leur effet “catapulte”, Jaguar a fait un autre choix. La montée en vitesse est décrite comme écrasante mais progressive, presque feutrée, sans à-coups ni brutalité mécanique. Le châssis joue un rôle clé dans cette expérience. Malgré un gabarit long et un poids conséquent, la GT surprend de par son agilité, notamment grâce à une direction des roues arrière pouvant atteindre jusqu’à 6 degrés. La suspension pneumatique, associée à des amortisseurs à double valve, privilégie un roulis contrôlé et assumé, fidèle à l’ADN des grandes Jaguar thermiques, plus orientées confort souverain que sport radical.

    À haute vitesse, y compris au-delà des 200 km/h sur circuit, les bruits d’air et de roulement restent extrêmement contenus. L’absence de vibrations et de sonorité mécanique participe pleinement au positionnement de cette GT, qui cherche davantage à rivaliser avec une Rolls-Royce Spectre qu’avec une Tesla Plaid ou une Porsche Taycan Turbo GT. Jaguar revendique clairement une vision du luxe électrique basée sur la sérénité, le confort et la continuité de l’effort. Une approche qui tranche avec le spectaculaire brut de certains concurrents, et qui pourrait séduire une clientèle en quête de raffinement plus que de démonstration.

    Design statutaire et calendrier maîtrisé

    Côté style, la version de série reprendra l’esprit du concept Type 00, tout en l’adaptant à une configuration 4 portes. La silhouette évoque davantage un coupé allongé qu’une berline classique, avec un capot très long, des porte-à-faux réduits et des proportions radicales. Le constructeur britannique veut marquer les esprits et affirmer visuellement sa montée en gamme. Les premiers modèles de série sont attendus à partir de 2026, même si Jaguar reste prudent sur le calendrier définitif. Ce qui est certain, en revanche, c’est le message envoyé. Avec cette GT électrique, Jaguar ne cherche pas à survivre à l’électrification. Elle veut en faire un levier de renaissance, en réaffirmant une vision très britannique du luxe automobile, où la puissance extrême se conjugue avec le silence, la douceur et une forme d’élégance intemporelle.

    Crédit photo : La future Jaguar GT 100 % électrique – @autocar.co.uk

    Sources : www.jaguar.fr – www.topgear.com – www.motortrend.com 

  • L’électrique conquiert l’avenir américain

    L’électrique conquiert l’avenir américain

    Pourquoi les véhicule éléctriques surperforment les hybrides dans la révolution automobile américaine?

    L’année 2025 marque un moment décisif dans le parcours automobile américain. Pendant des décennies, le moteur à combustion interne a dominé les routes américaines, façonnant les villes, les économies et les modes de vie. Puis sont arrivés les hybrides, une technologie de transition importante conçue pour réduire la consommation de carburant sans abandonner complètement l’essence. Aujourd’hui, les véhicules électriques (VE) se positionnent fermement au centre de l’avenir.

    Alors que les consommateurs américains pèsent leurs choix entre véhicules électriques (VE) et hybrides en 2025, la réponse devient de plus en plus claire : les véhicules 100% électriques sont le choix supérieur en termes de performance, d’efficacité des coûts, de responsabilité environnementale et de valeur à long terme. Les hybrides représentaient autrefois le progrès. Aujourd’hui, ils incarnent le compromis.

    Cette comparaison exhaustive explore pourquoi les VE ne sont plus une simple alternative, mais la solution automobile dominante pour l’Amérique.​

    Le changement n’est plus à venir – il est là

    Il y a cinq ans, les VE étaient souvent qualifiés de « futur ». En 2025, ils sont le présent. Les véhicules électriques sont désormais largement disponibles dans presque tous les segments : berlines, SUV, pick-ups, crossovers et même voitures de performance. Les routes américaines se peuplent de plus en plus de véhicules plus silencieux, plus rapides, plus propres et moins chers à exploiter que leurs prédécesseurs à essence.
    Les hybrides existent toujours, mais leur rôle a changé. Ce qui était autrefois une étape intermédiaire est devenu une solution technique à mi-chemin, ni pleinement efficace ni prête pour l’avenir.​

    Prix d’achat: l’écart se rétrécit rapidement

    L’un des arguments les plus durables en faveur des hybrides a été leur coût initial plus bas. En 2025, cet argument perd rapidement de sa force. force.

    1 – Accessibilité des VE

    Les véhicules électriques couvrent désormais une large gamme de prix, des modèles d’entrée de gamme abordables aux offres premium de luxe. L’augmentation de la production domestique, les améliorations technologiques des batteries et les économies d’échelle font baisser les prix des VE année après année. De plus :.

    • De nombreux acheteurs de VE bénéficient d’incitations financières au point de vente.
    • Les options de location de VE sont souvent plus avantageuses que celles des hybrides.
    • Les économies sur les coûts d’exploitation compensent rapidement les prix initiaux plus élevés.​

    2 – Réalité des prix des hybrides

    Les hybrides peuvent sembler moins chers au départ, mais ils nécessitent toujours :

    • Essence.
    • Vidanges d’huile.
    • Systèmes d’échappement.
    • Entretien lié aux émissions.

    Quand on considère le coût total de possession, les hybrides perdent une grande partie de leur avantage tarifaire.

    Verdict : Les VE ne sont plus des expériences coûteuses ; ce sont des achats compétitifs et financièrement rationnels.​

    Coût total de possession: les ve dominent

    Quand les Américains achètent une voiture, la vraie question n’est pas le prix d’affichage, mais combien ce véhicule coûte sur la durée.

    1 – Avantages de possession des VE
    Les véhicules électriques brillent en possession à long terme :

    • L’électricité est nettement moins chère au mile que l’essence.
    • Moins de pièces mobiles signifie moins de pannes.
    • Pas de vidanges d’huile, de bougies, de courroies de distribution ou d’entretien de transmission.
    • Le freinage régénératif prolonge considérablement la durée de vie des freins.
    • Sur une période de possession de 5 à 8 ans, les propriétaires de VE dépensent routinièrement des milliers de dollars de moins que les propriétaires d’hybrides.​

    2 – Fardeau des coûts des hybrides

    Les hybrides reposent encore sur des moteurs à combustion interne. Cela implique :

    • Coûts de carburant continus.
    • Usure du moteur.
    • Complexité des doubles groupes propulseurs.
    • Risque d’entretien plus élevé à long terme.
    • Les hybrides combinent deux systèmes : électrique et essence, tandis que les VE simplifient la possession en éliminant l’un d’eux entièrement.

    Verdict : Les VE l’emportent de manière décisive sur le coût à vie.​

    Performance : l’électrique est simplement meilleure

    C’est dans l’expérience de conduite que les VE surpassent complètement les hybrides.

    1 – Couple instantané

    Les moteurs électriques délivrent la puissance instantanément. Pas de délai, pas de changement de vitesse, pas d’hésitation. L’accélération est fluide, silencieuse et immédiate. De nombreux VE surpassent les voitures de sport traditionnelles en accélération, même dans les tranches de prix courantes.​

    2 – Confort de conduite

    Les VE offrent :

    • Cabines silencieuses.
    • Livraison de puissance fluide.
    • Moins de vibrations.
    • Répartition équilibrée du poids grâce aux batteries montées au plancher.

    Les hybrides, en revanche, dépendent encore de moteurs essence qui s’allument et s’éteignent, perturbant souvent l’expérience de conduite.

    Verdict : Les VE ne sont pas seulement plus propres ; ils sont plus agréables à conduire.​

    Anxiété de l’autonomie : un mythe du passé

    L’un des mythes les plus persistants sur les VE est l’anxiété de l’autonomie. En 2025, cette préoccupation est largement dépassée.

    1 – Autonomie des VE modernes
    La plupart des véhicules électriques offrent aujourd’hui :

    • 400–650+ km sur une seule charge.
    • Une autonomie réelle adaptée aux trajets quotidiens et aux voyages longue distance.
    • Navigation prédictive intégrant automatiquement les arrêts de recharge.​

    2 – Praticité de recharge

    • La recharge à domicile offre une commodité inégalée : branchez la nuit, réveillez-vous à pleine charge.
    • Les réseaux publics de recharge rapide se développent rapidement.
    • Les temps de charge diminuent grâce aux avancées des batteries et des chargeurs.
    • Les hybrides évitent la recharge, mais au prix d’une dépendance persistante à l’essence.

    Verdict : L’autonomie des VE n’est plus une limite ; c’est un atout compétitif.​

    INFRASTRUCTURE : L’AMÉRIQUE ÉLECTRIQUE PREND FORMES

    L’infrastructure de recharge américaine en 2025 est plus solide que jamais.

    1 – Expansion de la recharge

    Les bornes de recharge sont désormais courantes :

    • Sur les autoroutes.
    • Dans les centres commerciaux.
    • Dans les complexes d’appartements.
    • Dans les bureaux.
    • À l’hôtel et dans les aéroports.

    L’écosystème national de recharge continue de progresser en fiabilité, vitesse et accessibilité.​

    2 – Avantage de la recharge domestique

    Les propriétaires de VE profitent de la commodité ultime :

    • Pas d’arrêts en station-service.
    • Pas de volatilité des prix du carburant.
    • Pas d’attente en file.

    Les propriétaires d’hybrides dépendent encore des stations essence – une contrainte dépassée dans le monde moderne.

    Verdict : La croissance de l’infrastructure favorise massivement les VE, pas les hybrides.​

    Impact environnemental : les ve mènent, les hybrides suivent

    Les hybrides réduisent la consommation de carburant, mais n’éliminent pas les émissions. Les véhicules électriques :

    • Produisent zéro émission à l’échappement.
    • Améliorent la qualité de l’air urbain.
    • Réduisent la dépendance aux combustibles fossiles.
    • S’alignent sur une production d’énergie plus propre au fil du temps.

    Les hybrides brûlent encore de l’essence tous les jours. Ils émettent encore des polluants. Ils dépendent encore du pétrole. À mesure que l’Amérique passe à une énergie plus propre, les VE deviennent automatiquement plus verts sans changer de véhicule.​

    Verdict : Les VE sont la seule véritable solution pour un transport durable.​

    Entretien et fiabilité : la simplicité l’emporte

     Crédit : Envato par Pedrulito

    1- Simplicité des VE

    Les véhicules électriques sont mécaniquement plus simples :

    • Pas de moteur.
    • Pas de transmission.
    • Pas d’échappement.
    • Pas de système de carburant.

    2- Cette simplicité se traduit par :

    • Moins de visites d’entretien.
    • Factures de réparation plus basses.
    • Fiabilité accrue.​

    3 – Complexité des hybrides

    Les hybrides contiennent :

    • Un moteur essence complet.
    • Un moteur électrique.
    • Un système de batterie.
    • Une coordination logicielle complexe.

    Plus de systèmes signifient plus de points de défaillance potentiels.

    Verdict : Les VE sont plus faciles à posséder et à entretenir.​

    Valeur de revente : la confiance en les ve augmente

    Les premières inquiétudes sur la revente des VE se sont estompées. Les VE modernes :

    • Conservent bien leur valeur grâce à une forte demande.
    • Bénéficient d’une longévité accrue des batteries.
    • Sont de plus en plus désirables sur le marché de l’occasion.
    • Les hybrides font face à une concurrence croissante des VE d’occasion, qui offrent de meilleures performances et des coûts d’exploitation plus bas.​

    Verdict : La confiance en la revente des VE continue de se renforcer.

    Qui doit encore acheter un hybride ?

    es hybrides ont encore un sens pour un groupe restreint d’acheteurs :

    • Conducteurs sans accès à la recharge.
    • Utilisateurs ruraux extrêmement isolés.
    • Acheteurs réticents à changer leurs habitudes de ravitaillement.

    Cependant, ces scénarios deviennent moins courants chaque année. Pour la grande majorité des conducteurs américains, les VE sont désormais le choix le plus intelligent.​

    Verdict final : l’électrique est le vainqueur évident

    En 2025, la comparaison entre VE et hybrides n’est plus serrée.

    CatégorieGagnant
    PerformanceEV
    Impact sur l’environnement EV
    MaintenanceEV
    Expérience de conduiteEV
    Préparation à l’avenirEV

    Les hybrides ont joué leur rôle, mais cette ère s’achève. Les véhicules électriques ne sont pas une tendance. Ils ne sont pas expérimentaux. Ils ne sont pas de niche. Ils sont le nouveau standard américain.​

    À l’horizon : la prochaine décennie appartient aux ve

    À mesure que les coûts des batteries baissent, que l’infrastructure de recharge s’étend et que la confiance des consommateurs grandit, l’élan des VE est irréversible. Les hybrides s’estomperont. L’essence déclinera. Les véhicules électriques définiront la mobilité, l’innovation et la liberté sur les routes américaines.

  • OutPod 1000 : TEMO franchit une nouvelle étape dans l’électrification du nautisme. 

    OutPod 1000 : TEMO franchit une nouvelle étape dans l’électrification du nautisme. 

    La marque française propose une motorisation électrique pensée pour les voiliers de croisière légers, combinant les avantages d’un pod fixe et la simplicité d’un hors-bord relevable. Une solution modulaire, sans perçage de coque, qui s’inscrit dans une stratégie plus large : démocratiser une propulsion électrique plug & play, du dériveur à l’habitable côtier.

    Crédit photo : Temo Outpod 1000 – @Temofrance

    Une réponse concrète

    Électrifier un voilier de 7 à 9 mètres reste aujourd’hui un exercice délicat. Les pods fixes imposent des travaux lourds avec perçage sous la ligne de flottaison, tandis que les hors-bords thermiques demeurent bruyants, polluants et peu intégrés. C’est précisément dans cet entre-deux que TEMO positionne l’OutPod 1000. Présenté comme une véritable motorisation électrique “in-board simplifiée”, l’OutPod repose sur une architecture hybride. Nous avons un bloc moteur immergé de type pod, alimenté en 48V, monté sur un mât coulissant externe et relevable. L’ensemble se fixe sur une glissière au tableau arrière ou sur la jupe, sans besoin d’aucune intervention structurelle sur la coque. Pour les propriétaires comme pour les chantiers, la promesse est claire : électrifier sans devoir transformer.

    L’innovation principale de l’OutPod tient dans cette synthèse entre deux mondes. Une fois remonté, il ne génère plus aucune traînée sous voile, limite l’encrassement et facilite l’entretien ou l’hivernage. Autre particularité notable, l’arbre moteur pivote sur 180 degrés. Cette rotation améliore considérablement la manœuvrabilité au port et ouvre la voie à l’hydrogénération sous voile, un argument de poids pour les navigateurs côtiers en quête d’autonomie énergétique. TEMO insiste également sur la répartition des masses. Environ 8 kg seulement sur le tableau arrière pour le bloc moteur, le reste étant installé à l’intérieur du bateau.

    Un système pensé pour l’usage réel

    L’OutPod 1000 s’intègre pleinement à l’écosystème SEASIDE développé par TEMO. Il couvre aujourd’hui une plage de puissance allant de 450W à 6kW. Dans le cas de l’OutPod, trois niveaux de puissance sont proposés : 500W, 1kW et 3kW, afin d’adapter précisément la motorisation au programme du bateau. Côté énergie, TEMO laisse le choix entre des cassettes batteries modulaires de 2,3 kWh ou une batterie stationnaire 48V, développée en partenariat avec Powertech. La commande déportée et l’écran de contrôle au cockpit permettent un pilotage intuitif, fidèle à la philosophie de la marque. L’objectif n’est pas la vitesse pure, mais une propulsion fiable, silencieuse et dimensionnée pour les manœuvres ainsi que les entrées et sorties de port.

    Face à un hors-bord thermique classique, l’OutPod affiche plusieurs avantages notables. Il supprime les émissions locales, réduit drastiquement le bruit et les vibrations, et évite le stockage de carburant à bord. Comparé à un pod fixe, il élimine le principal point de friction : le perçage de coque sous la flottaison, souvent rédhibitoire sur des unités existantes. Cette position intermédiaire fait de lui une solution particulièrement attractive pour le rétrofit électrique, un marché en pleine expansion. TEMO cible clairement les plaisanciers souhaitant moderniser leur bateau sans engagement irréversible, mais aussi les chantiers à la recherche d’une solution clé en main, industrialisable et rassurante pour leurs clients.

    Crédit photo : @Temofrance

    Une stratégie industrielle cohérente

    L’OutPod 1000 s’inscrit dans une trajectoire industrielle déjà bien engagée par TEMO. Avec plus de 5 500 moteurs vendus, une fabrication française à Vannes et une garantie de trois ans, la marque dispose désormais d’une crédibilité solide. Cette reconnaissance s’est récemment traduite par une distinction lors du Paris Nautic Show, où l’OutPod a été salué comme une innovation produit majeure. Un signal fort pour une solution qui ambitionne de devenir un standard de l’électrification légère à voile.

    Avec l’OutPod 1000, TEMO cherche à proposer une voie alternative, plus simple et plus accessible. En combinant modularité, sobriété énergétique et facilité d’installation, la marque répond à une attente croissante : naviguer autrement, sans renoncer à la praticité. L’OutPod illustre parfaitement la transition en cours dans le nautisme, où l’innovation ne passe plus uniquement par la puissance, mais par l’intelligence d’usage. Une électrification raisonnée, pensée pour le réel, et non pour la vitrine.

    Crédit photo : le bloc moteur est conçu pour résister à la surchauffe et à l’usure prématurée, et délivre une puissance optimale avec une poussée statique allant jusqu’à 67 kg – @Temo France

    Sources : www.temofrance.com – figaronautisme.meteoconsult.fr

  • Ventes des VE : l’Europe coupée en deux

    Ventes des VE : l’Europe coupée en deux

    Malgré une offre de plus en plus large et des objectifs climatiques ambitieux, le marché du véhicule électrique reste profondément déséquilibré en Europe. Entre des pays du Nord déjà entrés dans l’ère du tout-électrique et un Sud-Est qui peine à suivre, la transition avance à des rythmes très différents. Un écart qui interroge autant les politiques publiques que la stratégie industrielle européenne.

    Crédit photo : Envato - Par Halfpoint
    Crédit photo : Envato – Par Halfpoint

    Une adoption très contrastée selon les régions

    À première vue, les ventes de véhicules électriques continuent de progresser en Europe. Mais derrière cette dynamique globale se cache une réalité bien plus fragmentée. Le continent apparaît aujourd’hui divisé entre des marchés arrivés à maturité et d’autres où l’électrique reste marginal. Dans le Nord et l’Ouest de l’Europe, le véhicule électrique s’est imposé comme une alternative crédible, voire dominante. Dans le Sud et l’Est, il reste souvent perçu comme un produit cher, contraignant et réservé à une minorité. Ce fossé structurel s’élargit à mesure que certains pays accélèrent pendant que d’autres stagnent.

    La Norvège reste, de loin, le cas le plus spectaculaire. Sur les sept premiers mois de 2025, près de 94 % des nouvelles immatriculations y sont électriques. Un niveau inédit, rendu possible par une politique menée de façon cohérente depuis plus d’une décennie. Subventions généreuses, fiscalité ultra-favorable, avantages à l’usage et réseau de recharge dense ont progressivement fait disparaître les freins à l’adoption. Le pays a par ailleurs utilisé les revenus de son fonds souverain pétrolier pour financer cette transition. L’électrique y est désormais une norme en construction, même si la croissance tend à ralentir à mesure que le marché se stabilise.

    Crédit photo : Envato - Par wirestock
    Crédit photo : Envato – Par wirestock

    Le Sud et l’Est toujours en retard

    À l’autre extrémité du spectre, l’Europe du Sud et de l’Est peine à enclencher la dynamique. En Croatie par exemple, les véhicules électriques représentent à peine 1 % des ventes. Un chiffre qui reflète moins un rejet technologique qu’un ensemble de contraintes économiques et pratiques. Le prix d’achat reste le principal obstacle, dans des régions où le pouvoir d’achat est plus limité. À cela s’ajoute un déficit d’infrastructures de recharge, souvent concentrées dans les grandes villes, laissant de vastes territoires peu ou pas couverts.

    Ce décalage intervient alors que l’Union européenne revoit partiellement sa copie. Face à une demande moins dynamique qu’anticipé, Bruxelles a commencé à assouplir certains objectifs intermédiaires liés à la fin du thermique en 2035, sous la pression des constructeurs automobiles. Ces derniers plaident pour plus de temps afin d’adapter leurs outils industriels et sécuriser leurs marges. Pour beaucoup d’acteurs, la stabilité réglementaire est indispensable pour accélérer la transition.

    Subventions, bornes et bataille industrielle

    Là où les États ont massivement investi dans les bornes et proposé des aides lisibles, les parts de marché ont décollé. Ailleurs, l’électrique reste cantonné à des niveaux faibles, souvent limités à quelques pourcents. Un autre facteur complique l’équation : la montée en puissance des constructeurs chinois. Très compétitifs sur les prix, ils profitent indirectement des aides européennes, parfois au détriment des marques locales. L’Europe pourrait cumuler retard technologique et dépendance industrielle. Plus qu’un simple enjeu automobile, le véhicule électrique agit comme un révélateur des fractures économiques et politiques européennes. Sans stratégie plus homogène, la transition risque de renforcer une Europe à deux vitesses, là où elle devait incarner un projet commun.

    Graphique des ventes brutes de VE par pays en Europe sur le premier trimestre 2025 (sources : ACEA, analyses marché, observatoires EV. Ordres de grandeur, pas un reporting officiel)
    Graphique des ventes brutes de VE par pays en Europe sur le premier trimestre 2025 (sources : ACEA, analyses marché, observatoires EV. Ordres de grandeur, pas un reporting officiel)

    Sources : www.Reuters.com – www.investing.com – www.globalbankingandfinance.com