Avec la Neue Klasse, BMW ne se contente pas de réinventer sa gamme électrique, le constructeur bavarois prépare aussi l’un des tournants les plus symboliques de son histoire. Une berline sportive 100% électrique badgée M, pensée comme l’héritière directe de la M3, est officiellement en développement. Quatre moteurs, une batterie de plus de 100 kWh, une architecture 800V et un cerveau électronique inédit : derrière l’absence de chiffres définitifs se dessine déjà une nouvelle définition de la sportivité selon BMW.

BMW l’a confirmé sans détour, une berline sportive électrique dérivée de la plateforme Neue Klasse verra le jour à l’horizon 2027. En interne, elle est encore désignée comme “BMW M Neue Klasse”, mais dans l’esprit, il s’agit bien de la future interprétation électrique de la M3. Le nom commercial n’est pas arrêté mais la filiation est clairement revendiquée par BMW M. Le calendrier est lui aussi désormais connu. Cette version M arrivera après la Neue Klasse “Série 3” thermique et hybride attendue en 2026. BMW veut ainsi laisser le temps à sa nouvelle plateforme de s’installer avant d’en proposer la déclinaison la plus radicale. L’ambition affichée est d’offrir une voiture capable d’un usage quotidien crédible, tout en supportant des roulages intensifs sur circuit, dans la lignée des M3 thermiques qui ont fait la réputation de la marque.

Quatre moteurs et un contrôle du couple roue par roue
Sur le plan technique, BMW M change d’échelle. La future berline reposera sur un système à quatre moteurs électriques, avec deux unités par essieu. Chaque moteur entraîne directement une roue via sa propre réduction, sans différentiel mécanique classique entre les roues. Cette architecture permet un contrôle extrêmement fin du couple transmis, roue par roue, en temps réel. C’est ici qu’intervient l’un des éléments clés du projet : le torque vectoring intégral. En modulant instantanément le couple sur chaque roue, le système optimise l’agilité en entrée de virage, la motricité en sortie et la stabilité à haute vitesse.
Là où une M3 thermique joue avec les lois de la mécanique, cette M3 électrique promet de jouer avec celles du logiciel. Le tout est piloté par une électronique baptisée “Heart of Joy”. Ce supercalculateur, issu de l’architecture logicielle de la Neue Klasse, regroupe les fonctions essentielles de la dynamique M : motricité, régénération, répartition du couple, gestion de l’amortissement et stabilité. BMW parle d’un contrôle plus rapide et plus cohérent que tout ce qui existe aujourd’hui dans sa gamme.

ADN préservé mais restent quelques questions
Consciente des réticences d’une partie des puristes, la marque travaille aussi sur le registre des sensations. La future berline proposera plusieurs modes de conduite, dont un mode propulsion pure grâce à la possibilité de déconnecter mécaniquement le train avant. Une manière de retrouver certaines sensations chères aux amateurs de M3. La marque prévoit également des lois de conduite spécifiques, avec des rapports “simulés” et un paysage sonore dédié. L’objectif n’est pas de singer le thermique à tout prix, mais de recréer une lecture mécanique et émotionnelle de la performance, compréhensible par le conducteur. BMW met en avant un calibrage axé sur la répétabilité et la constance des performances, un critère fondamental de l’ADN M depuis des décennies.
Sans surprise, le poids sera élevé. Cette M électrique devrait dépasser largement les deux tonnes? Ce qui explique le recours massif au torque vectoring et à l’électronique avancée pour préserver agilité et précision. Pour compenser, BMW annonce l’utilisation accrue de matériaux biosourcés et de fibres naturelles, destinés à remplacer partiellement l’acier et la fibre de carbone, avec un double objectif de réduction de masse et d’empreinte carbone. De nombreuses zones d’ombre subsistent néanmoins. BMW ne communique aucun chiffre officiel de puissance, même si certaines rumeurs évoquent des valeurs proches de 1 000 chevaux. Cependant, une chose est certaine : BMW ne cherche pas simplement à électrifier la M3. Le constructeur redéfinit ce que peut être une berline sportive à l’ère électrique, en misant autant sur le logiciel que sur la mécanique. Elle illustre parfaitement la mutation en cours : moins de cylindres, plus de lignes de code, mais toujours la même obsession du plaisir de conduite.
Source : BMWGROUP











































