La Chine a annoncé un plan national ambitieux pour déployer 100 000 bornes de recharge ultra-rapides d’ici à la fin 2027, afin d’accompagner l’essor rapide de l’électromobilité sur son territoire. Ce programme, piloté par la National Development and Reform Commission (NDRC), constitue la réforme la plus ambitieuse jamais engagée par Pékin sur les infrastructures de recharge.
Une borne de recharge chinoise haute puissance alimentée par énergie solaire, installée dans le cadre du plan 2025-2027. (Crédit : Sanya)
Des stations ouvertes, rapides et universelles
Contrairement aux réseaux fragmentés ou propriétaires, ces nouvelles stations seront compatibles avec tous les véhicules électriques. Le plan est de permettre une recharge allant de 10 à 80 % en moins de 30 minutes pour les modèles 800 V.
Chaque borne sera couplée à une production solaire locale et à des batteries de stockage stationnaires. L’objectif est de soulager le réseau électrique national. Une tarification dynamique sera mise en place pour inciter les utilisateurs à recharger aux heures creuses.
Un besoin urgent face à un parc électrique gigantesque
Fin 2024, la Chine comptait plus de 31 millions de véhicules électriques, mais seulement 3,3 millions de bornes publiques, selon les chiffres officiels. Ce déséquilibre pousse Pékin à agir vite pour éviter une saturation du réseau.
Le gouvernement met en place un système de baux à long terme (10 ans) pour les opérateurs et mobilise des obligations locales pour financer le réseau. Un exemple concret est déjà visible à Guiyang, où une station combine recharge ultra-rapide, solaire et technologie V2G (vehicle-to-grid).
Avec ce plan, la Chine ne se contente pas de rattraper son retard : elle pose les bases d’un standard mondial en matière de recharge intelligente, décentralisée et durable.
Le gouvernement fédéral canadien a récemment bloqué l’entrée sur le marché national des véhicules électriques (VE) les moins chers au monde, fabriqués en Chine, en imposant des droits de douane de 100 %. En réaction, des défenseurs de la mobilité électrique appellent le Canada à faciliter l’importation de modèles abordables en provenance d’Europe, actuellement freinée par des normes techniques.
La Volkswagen ID.3, modèle électrique compact populaire en Europe, n’est pas encore commercialisée au Canada. (Crédit : Volkswagen)
Pourquoi c’est difficile aujourd’hui
Les véhicules européens ne sont pas facilement importables au Canada, car ils ne respectent pas certaines exigences du pays en matière d’homologation. Les règles de certification étrangères ne sont pas automatiquement suffisantes pour répondre aux besoins de sécurité des usagers canadiens, en raison d’un environnement routier distinct, de véhicules généralement plus grands, et de conditions spécifiques.
Parmi les modifications demandées : les pare-chocs, les phares ou d’autres éléments techniques. Ce processus peut être long et coûteux, ce qui décourage les importateurs.
Un sondage mené par Clean Energy Canada en juin 2025, auprès de 2 585 Canadiens, montre que 70 % d’entre eux sont favorables à l’ouverture du marché aux véhicules européens approuvés.
Un contexte commercial tendu
Cette volonté d’ouverture s’inscrit dans un contexte de pression commerciale croissante. Le marché nord-américain est instable : le retrait des subventions au Canada, les droits de douane de 100 % sur les VE chinois, et les décisions de l’administration Trump aux États-Unis compliquent l’accès à des véhicules abordables.
Le gouvernement canadien envisage cette piste pour diversifier ses sources d’approvisionnement et répondre à une demande croissante pour des modèles compacts aujourd’hui indisponibles, comme la Volkswagen ID.3, ou des marques absentes du marché canadien (Citroën, Opel, Peugeot…).
Le Tour de France 2025 marque un tournant dans l’histoire de la Grande Boucle, non seulement par ses performances sportives, mais aussi par son engagement en faveur de l’environnement. Cette année, les véhicules d’accompagnement, essentiels au bon déroulement de la course, adoptent massivement l’électrique, réduisant ainsi leur empreinte carbone et leur nuisance sonore.
Škoda : un partenaire engagé
Depuis plus de 20 ans, Škoda est le fournisseur officiel des véhicules du Tour. Pour cette 112e édition, la marque tchèque a franchi un cap en mettant sur la route 225 véhicules 100 % électriques ou hybrides rechargeables. Parmi eux, le Škoda Enyaq iV et le nouveau Škoda Elroq assurent les rôles de voiture de tête et de direction. Ces véhicules, en plus de leur performance, offrent une conduite silencieuse et sans émissions, contribuant ainsi à une expérience plus agréable pour les coureurs et les spectateurs.
Le modèle Skoda Enyaq iV, utilisé par les équipes du Tour de France 2025 (Crédit : Skoda)
La caravane publicitaire se met au vert
Traditionnellement composée de véhicules bruyants et polluants, la caravane publicitaire du Tour de France évolue également. En 2025, plusieurs véhicules électriques, dont des modèles de Volkswagen et de Renault, sont intégrés à cette caravane, réduisant ainsi l’impact environnemental de cette animation emblématique.
Cadillac : une première sur les routes du Tour
Pour la première fois, la marque américaine Cadillac participe au Tour de France en fournissant des véhicules électriques à l’équipe EF Pro Cycling. Le modèle Lyriq, entièrement électrique, accompagne les coureurs tout au long de la course, soulignant l’engagement de Cadillac en faveur de la mobilité durable et renforçant sa présence sur le marché européen.
La Cadillac Lyriq accompagne l’équipe EF Pro Cycling sur le Tour de France 2025. (Crédit : EF Pro Cycling)
Des infrastructures adaptées
Pour soutenir cette transition vers l’électrique, des infrastructures de recharge sont mises en place tout au long du parcours. Rexel, partenaire du Tour, met à disposition une cartographie des bornes de recharge à proximité du parcours, facilitant ainsi la gestion de la flotte de véhicules électriques.
Une course plus verte
Cette évolution vers des véhicules électriques et hybrides rechargeables reflète une volonté commune des organisateurs, des partenaires et des équipes de rendre le Tour de France plus respectueux de l’environnement. En réduisant les émissions de gaz à effet de serre et la pollution sonore, le Tour de France 2025 s’inscrit dans une démarche écoresponsable, tout en conservant son caractère festif et populaire.
Ainsi, le Tour de France 2025 ne se contente pas d’être une compétition sportive de haut niveau ; il devient également un modèle de transition énergétique, montrant la voie à suivre pour d’autres événements de grande envergure.
MG, par le biais de sa nouvelle marque dédiée à l’électromobilité haut de gamme « IM Motors », a officiellement dévoilé deux nouveaux véhicules électriques lors du Festival of Speed de Goodwood : la berline IM5 et le SUV coupé IM6. Cette présentation marque une étape importante dans la stratégie de MG visant à renforcer sa présence sur le segment premium des véhicules électriques.
MG IM5 : une berline électrique performante et efficiente
La MG IM5 est une berline 5 portes équipée d’une architecture électrique en 800 volts, ce qui lui permet d’optimiser ses performances ainsi que ses temps de recharge. Le constructeur propose deux configurations de batterie : une batterie standard d’environ 75 kWh et une version Long Range de 100 kWh, offrant une autonomie annoncée pouvant atteindre environ 655 kilomètres selon le cycle officiel WLTP.
Cette architecture haute tension permet également de bénéficier d’une recharge rapide particulièrement efficace, avec un passage de 10 % à 80 % de charge en seulement 17 minutes, sous réserve d’utiliser des bornes compatibles. En termes de performances, MG a communiqué une version Performance capable d’accélérer de 0 à 100 km/h en un peu plus de 3 secondes, positionnant ainsi la IM5 comme une concurrente directe des modèles premium actuels sur le marché électrique.
La IM5, berline 100 % électrique dévoilée à Goodwood 2025. (Crédit : MG)
MG IM6 : un SUV coupé électrique puissant
Le second modèle présenté, le MG IM6, est un SUV coupé qui allie design sportif et hautes performances. Ce véhicule est motorisé par un moteur de plus de 750 chevaux et dispose d’une batterie de 100 kWh. L’autonomie annoncée par MG est de 555 kilomètres, selon le cycle WLTP, ce qui lui permet de rivaliser avec les meilleures références du segment.
Comme la IM5, l’IM6 exploite une architecture électrique 800 volts, garantissant des temps de recharge très rapides et une efficacité énergétique optimisée. MG souligne également la qualité et la technologie embarquée dans ce SUV coupé, destiné à une clientèle cherchant un véhicule électrique à la fois performant et élégant.
Le IM6, SUV 100 % électrique à 750 ch, dévoilé à Goodwood 2025. (Crédit : MG)
Commercialisation et marchés ciblés
MG a précisé que les modèles IM5 et IM6 seront commercialisés principalement sur certains marchés internationaux, notamment au Royaume-Uni. À ce jour, aucun lancement officiel n’a été annoncé en France. Cette stratégie commerciale semble viser à maximiser l’impact de la marque sur des marchés où la demande pour les véhicules électriques premium est en forte croissance.
En résumé
Avec les IM5 et IM6, MG IM Motors franchit une nouvelle étape en proposant des véhicules électriques haut de gamme, alliant performances, autonomie et technologies avancées, tout en s’appuyant sur une architecture électrique moderne 800 volts. Si leur disponibilité reste pour l’instant limitée à certains pays, ces modèles démontrent l’ambition du constructeur chinois d’émerger comme un acteur clé de la mobilité électrique premium.
Lucid Motors a battu un record mondial d’autonomie avec sa berline électrique Air Grand Touring, en parcourant 1 205 kilomètres sans recharge. Le trajet, effectué entre St. Moritz (Suisse) et Monaco de Bavière (Allemagne), a été certifié par le Guinness World Records début juillet 2025. Objectif : démontrer la performance énergétique de son système de propulsion électrique.
La Lucid Air Grand Touring a parcouru 1 205 km sans recharge, entre St. Moritz et Munich. (Crédit : Lucid)
Un trajet transfrontalier, une performance mondiale
La performance a été réalisée début juillet 2025 par le pilote turc Umit Sabanci, à bord d’un exemplaire de série de la Lucid Air Grand Touring. Le trajet a couvert 1 205 km en conditions réelles, sans recharge ni modification du véhicule. Le point de départ se situait à St. Moritz, en Suisse, et l’arrivée à Munich (Monaco de Bavière), en Allemagne.
L’exploit a été officiellement validé par le Guinness World Records, qui a confirmé l’authenticité du véhicule, le respect des distances et l’absence de recharge pendant le trajet.
Une fiche technique à la hauteur
La Lucid Air Grand Touring dispose d’une batterie de 112 kWh utiles, selon les spécifications constructeur. Son système de propulsion repose sur une architecture 900 volts, lui permettant des rendements énergétiques élevés. Le véhicule affiche également un coefficient de traînée (Cx) de 0,197, l’un des plus bas du marché.
Le modèle est homologué en Europe et figure parmi les berlines électriques offrant l’une des plus grandes autonomies disponibles actuellement.
Une démonstration grandeur nature
Le record s’inscrit dans une stratégie de démonstration de la technologie Lucid, en conditions réelles. Le conducteur a respecté les limitations de vitesse et les règles de circulation sur des routes ouvertes. Aucun dispositif externe de recharge ou d’assistance n’a été utilisé, conformément aux exigences du Guinness World Records.
« Ce record d’autonomie représente une étape importante. C’est une nouvelle démonstration claire de l’avance technologique qui définit Lucid », a déclaré Eric Bach, vice-président principal des produits et ingénieur en chef chez Lucid Motors.
Umit Sabanci pose avec la Lucid Air Grand Touring et le certificat Guinness, après avoir parcouru 1 205 km sans recharge. (Crédit : Lucid)
Une référence sur le marché des véhicules électriques
Lucid dépasse ici le précédent record établi par Mercedes avec la Vision EQXX, qui avait parcouru 1 045 km sur une seule charge. Contrairement au prototype de Mercedes, la Lucid Air Grand Touring est un modèle commercialisé, disponible en Europe depuis 2023.
Ce record valide non seulement les ambitions technologiques de Lucid, mais montre aussi que les véhicules électriques de série sont désormais capables de franchir des distances dignes des meilleures berlines thermiques. Une étape symbolique, mais bien réelle, pour l’électromobilité.
Paris, 14 juillet — C’est officiel : le Président de la République ouvre aujourd’hui le défilé du 14 juillet à bord du Renault Rafale, symbole d’un retour emblématique de la marque au losange au garage de l’Élysée. Ce choix marque une nouvelle étape dans l’histoire de l’automobile française.
Le Renault Rafale, véhicule officiel du Président de la République pour le défilé du 14 juillet 2024 à Paris.
Un retour aux sources avec prestige
Pour la première fois depuis 2012, c’est un véhicule Renault qui est employé comme voiture officielle du chef de l’État, prenant la succession de la DS 7 Crossback Élysée. Ce retour renforce l’ancrage historique de Renault auprès des présidents depuis la Renault 40 CV en 1920. Cette version présidentielle arbore une carrosserie bleu sombre spécifique, une calandre tricolore et un blindage conforme aux normes de sécurité de l’Élysée.
Motorisation hybride performante et efficiente
Basé sur la plateforme CMF‑CD, le Rafale propose deux motorisations E‑Tech. La version de 200 ch en traction associe un moteur essence 1,2 L turbo à deux moteurs électriques pour une puissance combinée de 200 ch, un couple de 410 Nm, un 0‑100 km/h en 8,9 s, une consommation de 4,7 à 5,0 L/100 km et des émissions d’environ 105 g/km de CO₂.
La version hybride rechargeable E‑Tech 4×4 de 300 ch combine un deuxième moteur électrique sur l’essieu arrière et une batterie de 22 kWh, permettant jusqu’à 105 km d’autonomie 100 % électrique, 1 000 km d’autonomie totale, un 0‑100 km/h en 6,4 s, une consommation mixte extrêmement basse (~0,5‑0,9 L/100 km) et des émissions de 15‑19 g/km CO₂.
Un intérieur technologique et responsable
L’habitacle est moderne et connecté, doté d’un double écran OpenR Link de 12 » (instrumentation + infodivertissement), Android Automotive avec Google Maps et assistant vocal. Le système inclut des aides à la conduite comme la conduite semi‑autonome de niveau 2, le régulateur adaptatif et le système 4Control advanced avec suspension pilotée pour un confort maximal.
Des options comme le toit panoramique opacifiant Solarbay®, les sièges Esprit Alpine, les jantes 21″ et la finition de luxe Alpine complètent l’expérience premium.
Une image politique forte
Le choix du Renault Rafale comme voiture présidentielle affirme clairement la volonté de promouvoir l’industrie automobile française, en alliant prestige, innovation et engagement écologique. Ce véhicule présidentiel devient le reflet d’une République moderne, soucieuse de son image, tournée vers l’avenir et respectueuse de ses engagements environnementaux.
Tesla a annoncé l’extension de sa zone d’exploitation pour les robotaxis à Austin (Texas), poursuivant ainsi son offensive dans le domaine des véhicules autonomes. Cette décision s’inscrit dans un contexte de baisse des ventes mondiales et de renforcement de la concurrence sur le marché de l’électromobilité.
Crédit : Eric Gay / AP
Une extension des robotaxis confirmée à Austin
Selon le Austin American-Statesman, Elon Musk a déclaré que Tesla allait élargir la zone géographique desservie par ses robotaxis dans la ville d’Austin. Le service, initialement limité à un périmètre restreint depuis le 22 juin 2025, va couvrir une zone plus vaste dans les jours à venir. Pour l’heure, les véhicules continuent de circuler avec un conducteur de sécurité à bord, conformément à la réglementation locale.
Une réponse à une conjoncture difficile
Cette annonce intervient alors que Tesla fait face à une baisse de ses livraisons mondiales. L’entreprise a vendu 384 122 véhicules au deuxième trimestre 2025, soit un recul de 13,5 % par rapport à la même période de l’an dernier.
Malgré ce contexte, le marché a réagi positivement à l’annonce de l’expansion des robotaxis. Le titre Tesla a enregistré une hausse de 4,7 % à la Bourse après la déclaration d’Elon Musk.
Une intégration du chatbot Grok sous surveillance
En parallèle, Musk a confirmé que Tesla prévoit d’intégrer prochainement le chatbot Grok, développé par la société xAI, dans ses véhicules. Cette fonctionnalité sera disponible avec la prochaine mise à jour des systèmes embarqués.
Crédit : Eli Hartman/Getty Images
Cependant, l’intégration de Grok soulève des interrogations. Des utilisateurs ont relevé des réponses inappropriées produites par le chatbot dans certaines situations. L’entreprise n’a pas détaillé les mesures prévues pour encadrer cette intégration.
Un encadrement réglementaire toujours strict pour les robotaxis
Le développement des robotaxis aux États-Unis reste encadré par une réglementation stricte. Depuis les incidents ayant impliqué la société Cruise (filiale de General Motors) en 2023, plusieurs États, dont la Californie, ont durci les conditions d’expérimentation des véhicules autonomes. Tesla, qui n’a pas encore obtenu de permis d’exploitation sans conducteur de sécurité, reste surveillée de près par les régulateurs locaux.
Revalorisation des montants, nouveau système de financement et maintien des critères d’éligibilité : le bonus écologique évolue à compter du 1ᵉʳ juillet 2025. Sans remettre en cause son existence, le gouvernement modifie son architecture pour le rendre plus pérenne, sans puiser davantage dans le budget de l’État. Voici l’essentiel à retenir.
Crédit : Taneli Lahtinen
Un nouveau financeur : les fournisseurs d’énergie à la manœuvre
Depuis le 1ᵉʳ juillet, le bonus écologique n’est plus financé par l’État, mais via les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), un dispositif imposant aux fournisseurs d’énergie de contribuer au financement de la transition écologique.
Selon le ministère de la Transition écologique, ce changement vise à garantir la pérennité du dispositif tout en appliquant le principe du « pollueur-payeur ». L’objectif est aussi de soulager les finances publiques tout en conservant un soutien fort à l’électrification du parc automobile.
Montants revalorisés pour tous les ménages
Le bonus est désormais plus généreux pour l’ensemble des foyers, quel que soit leur niveau de revenu fiscal. Une hausse significative concerne même les ménages les plus aisés, qui retrouvent un niveau d’aide comparable à celui de 2023.
Revenu fiscal de référence par part
Avant
Depuis le 1ᵉʳ juillet 2025
Foyers modestes (déciles 1 à 5)
4 000 €
4 200 €
Classes moyennes (déciles 6 à 8)
3 000 €
4 200 €
Foyers aisés (déciles 9 à 10)
2 000 €
3 100 €
La hausse vise à élargir l’accès à l’électrique sans rupture brutale avec les anciens barèmes.
Critères d’éligibilité inchangés
Les conditions pour bénéficier du bonus restent identiques. Le véhicule doit être 100 % électrique, affiché à moins de 47 000 € TTC, peser moins de 2,4 tonnes, et obtenir un score environnemental suffisant.
Ce score pénalise toujours les modèles produits hors d’Europe, notamment les voitures électriques chinoises. Aucun assouplissement n’est prévu pour ces critères.
Une période transitoire jusqu’au 30 septembre
Les véhicules commandés avant le 1ᵉʳ juillet 2025 restent éligibles à l’ancien dispositif si la facturation ou le premier loyer intervient avant le 30 septembre.
Cette mesure vise à éviter un effet couperet pour les acheteurs et à ne pas pénaliser les délais de livraison. Cette période tampon était réclamée par les concessionnaires.
Le leasing social de retour à la rentrée
Suspendu début 2025, le leasing social reviendra en septembre. Il permettra à certains ménages modestes de louer un véhicule électrique pour moins de 100 € par mois, sur une durée de trois ans.
Ce dispositif, relancé en parallèle du nouveau bonus, doit favoriser l’accès à l’électrique pour les foyers à revenus limités.
Ce qu’il faut retenir
Le bonus écologique est désormais financé par les fournisseurs d’énergie via les CEE.
Les montants augmentent pour tous les ménages, y compris les plus aisés.
Les critères d’éligibilité ne changent pas.
Une période transitoire permet de sécuriser les anciennes commandes jusqu’au 30 septembre.
Le leasing social fait son retour en septembre pour les foyers modestes, jusqu’en 2030 au moins.
Alors que la France s’apprête à interdire la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035, la voiture électrique s’impose peu à peu comme le pilier de la mobilité de demain.
D’ici à 2035, en France, conformément aux annonces du ministère de la Transition écologique, toutes les voitures neuves seront électriques, car il sera interdit de vendre des voitures thermiques. Dans 10 ans, le pays aura donc profondément changé de visage. Plus autonome, plus intelligente, plus connectée, la voiture du futur promet une transformation majeure des usages.
Une autonomie décuplée par la technologie
La crainte liée à l’autonomie, longtemps considérée comme le principal frein à l’adoption de la voiture électrique, pourrait être levée dans la prochaine décennie. Une gigafactory de Blue Solutions est prévue en France pour produire des batteries solides offrant une autonomie pouvant atteindre 1 000 kilomètres et des temps de recharge de 20 minutes. Ces batteries, qui présentent une densité énergétique supérieure de 30 à 40 % par rapport aux cellules lithium-ion actuelles, devraient être produites à grande échelle d’ici à 2030.
Du côté des infrastructures, la France prévoit une nette accélération : d’après l’ADEME, plus de 400 000 points de recharge publics seront déployés d’ici à 2030, contre environ 120 000 aujourd’hui. Par ailleurs, des acteurs comme Renault ou Stellantis estiment que les technologies de charge ultra-rapide permettront de récupérer 80 % de batterie en moins de dix minutes à moyen terme.
Crédit : Ante Samarzija
L’intelligence artificielle au volant
La véritable révolution viendra sans doute de l’intelligence embarquée. Selon une étude publiée en mars 2025 par des chercheurs européens, les véhicules autonomes de niveau 4 ou 5 pourraient représenter une part significative des nouvelles immatriculations en Europe d’ici à 2035. Ces véhicules seraient capables de se déplacer sans intervention humaine dans certaines conditions, transformant ainsi l’expérience de conduite.
En France, des entreprises travaillent déjà sur des systèmes intégrants caméras, lidars et intelligence artificielle capables de gérer la conduite dans des environnements urbains complexes. D’après l’IFP Énergies Nouvelles, ces systèmes apprendront à anticiper les comportements routiers, à s’adapter au style de conduite de l’utilisateur et à optimiser les trajets en temps réel.
France 2035, une voiture électrique toujours connectée
En 2035, la voiture sera aussi un terminal numérique mobile. Grâce aux réseaux 5G — voire 6G — les véhicules communiqueront en permanence avec leur environnement : autres voitures, infrastructures routières, domicile de l’utilisateur, etc. Cette connectivité permettra notamment des mises à jour logicielles à distance, une interaction fluide avec les objets connectés de la maison, ou encore l’intégration d’assistants vocaux ultra-personnalisés.
Le projet Software République, lancé par Renault avec Atos, Dassault Systèmes, STMicroelectronics et Thales, illustre cette tendance vers une voiture devenue service numérique : l’utilisateur pourra gérer son agenda, ses appels, son divertissement ou même sa domotique depuis son tableau de bord.
Une révolution technologique… et sociale
Mais cette révolution pose aussi des enjeux humains. Selon le rapport France 2030 présenté par le gouvernement, des efforts importants devront accompagner cette transition : soutien à l’achat de véhicules électriques, formation à la conduite automatisée, reconversion des emplois dans l’industrie automobile. La question de l’inclusion numérique, de l’accès aux technologies pour tous, sera également au cœur du débat.
Dans dix ans, la voiture ne sera plus un simple objet mécanique. Elle deviendra un espace intelligent, connecté, intégré à nos modes de vie et à nos infrastructures. À condition que cette évolution reste au service d’une mobilité durable, accessible et équitable.
Luc Julia, ingénieur en intelligence artificielle (IA), œuvre dans ce domaine depuis plus de 40 ans, dont 32 passés dans la Silicon Valley.
En tant que Chief Scientific Officer chez Renault, Luc Julia met son expertise au service de la transformation numérique de l’entreprise, en intégrant l’IA à tous les niveaux de la production et dans les véhicules. Dans cet entretien, il nous partage sa vision de l’IA dans l’automobile, son impact sur l’électromobilité, ses enjeux de sécurité et ses perspectives pour l’avenir.
« L’intelligence artificielle est un outil, ce sont nous qui tenons le manche. »
Comment l’IA transforme-t-elle Renault aujourd’hui, tant dans la production que dans les véhicules ? Luc Julia : Chez Renault, mon rôle en tant que Chief Scientific Officer est de mettre l’IA un peu partout dans l’entreprise. Évidemment, cela touche aux voitures, avec des objectifs clairs : améliorer la sécurité, réduire les accidents, rendre les véhicules plus intuitifs et plus agréables à utiliser. Mais au-delà des voitures, nous intégrons l’IA dans les usines et dans d’autres secteurs de l’entreprise. Cela permet aux équipes, que ce soient des ouvriers ou des employés de bureau, de travailler plus efficacement en utilisant ces nouvelles technologies.
L’IA est-elle un outil fiable pour améliorer la cybersécurité, notamment dans le secteur automobile ? Luc Julia : La cybersécurité, c’est une course. L’IA y joue un rôle clé. D’un côté, elle nous aide à détecter et corriger les erreurs, mais de l’autre, elle peut aussi être utilisée par des acteurs malveillants pour contourner nos défenses. L’important, c’est de comprendre ces outils et de ne pas tomber dans la panique. L’IA doit être utilisée avec discernement, tout comme elle peut être un atout dans la détection des menaces. C’est une course où il faut constamment être vigilant.
L’autonomie des véhicules : comment voyez-vous l’avenir des voitures autonomes ? Luc Julia : Je pense que l’autonomie totale des véhicules (niveau 5) n’existera jamais. Selon moi, ce n’est pas réaliste. Cependant, les voitures deviennent de plus en plus autonomes dans des contextes spécifiques. Elles peuvent voir mieux que nous, freiner plus efficacement, et elles sont capables d’exécuter de nombreuses tâches mieux que l’humain dans des conditions particulières. Néanmoins, l’assistance humaine restera nécessaire, même dans un avenir où les voitures seraient en grande partie autonomes. L’autonomie partielle est une évolution positive, notamment pour renforcer la sécurité et améliorer l’expérience de conduite.
Credit : Yves Forestier
Comment voyez-vous l’évolution de l’automobile dans les 5 à 10 prochaines années ? Luc Julia : Les voitures deviendront de plus en plus sûres, et nous serons en mesure de profiter d’un environnement plus confortable et connecté. L’une des grandes évolutions sera la possibilité de faire autre chose que de conduire, grâce à des technologies de connectivité et d’IA. Les voitures autonomes, même partiellement, ouvriront de nouvelles perspectives, et des services innovants seront proposés à bord, ce qui transformera notre manière d’interagir avec nos véhicules.
« Je ne cautionne pas l’utilisation des énergies fossiles. »
L’IA peut-elle être considérée comme un gadget ou est-elle déjà un véritable atout dans les véhicules modernes ? Luc Julia : Il y a des technologies qui ne sont absolument pas des gadgets. Les aides à la conduite, qui existent depuis plus de 10 ans, ont prouvé qu’elles sauvent des vies. Les systèmes de divertissement, eux aussi, apportent des services précieux. Ce ne sont pas des gadgets, mais des fonctionnalités essentielles qui rendent la conduite plus agréable et plus sûre.
Que vous inspire l’idée d’harmoniser l’innovation technologique avec la sobriété numérique dans les voitures connectées ? Luc Julia : L’une des bonnes nouvelles pour les véhicules, c’est que de nombreuses technologies se traitent en local, directement dans la voiture. Cela les rend plus sobres en termes de consommation d’énergie, car tout ne passe pas par le cloud. C’est un avantage par rapport aux systèmes qui reposent sur des serveurs distants, qui sont gourmands en énergie. Il existe aussi des opportunités pour que les voitures produisent leur propre énergie, par exemple via des panneaux solaires ou grâce au freinage, ce qui les rend encore plus autonomes et durables.
Et vous, personnellement, utilisez-vous une voiture électrique ? Luc Julia : Oui, cela fait plus de 10 ans que je conduis des voitures électriques aux États-Unis. Ce qui me plaît particulièrement, c’est l’accélération, un véritable plaisir, même si je fais attention. Et puis, il y a l’aspect pratique de ne plus avoir à passer par la pompe à essence. Le fait de pouvoir recharger la voiture à domicile facilite vraiment la vie, notamment ici aux États-Unis où l’infrastructure est assez bien développée. Je ne retournerais pas au thermique pour ces deux raisons, de plus, je ne cautionne pas l’utilisation des énergies fossiles.