Auteur/autrice : Marceau Nio

  • Malte : une électromobilité en légère progression, mais des défis structurels persistants

    Malte : une électromobilité en légère progression, mais des défis structurels persistants

    Petit archipel méditerranéen de 320 km² pour environ 545 000 habitants, Malte présente un profil atypique en Europe. Avec une densité d’environ 1 716 habitants par km², la plus élevée de l’Union européenne, et un parc automobile de plus de 450 000 véhicules toutes catégories confondues, le territoire cumule plusieurs contraintes structurelles qui complexifient la transition vers la mobilité électrique. Malgré des progrès réels ces dernières années, portés par des aides publiques renforcées, l’électromobilité se heurte encore à de nombreux obstacles sur l’archipel.

    Un marché électrique en dents de scie

    Les ventes de véhicules électriques à Malte ont connu une trajectoire atypique en Europe. Au premier trimestre 2022, les moteurs électriques et hybrides rechargeables ne représentaient que 1,7 % du parc total de véhicules, soit seulement 7 122 véhicules au total dans les îles maltaises à l’époque. 

    Avance rapide trois ans plus tard et à partir du deuxième trimestre 2025, ce segment de véhicules a plus que doublé et représente maintenant 4,3 % de l’ensemble du parc, soit 19 493 véhicules sur le total général de 450 794 véhicules immatriculés à l’heure actuelle. Le nombre de véhicules purement électriques dans les îles maltaises a augmenté de 6 % au cours des deux premiers trimestres de 2025, pour arriver à un total de 14 555 véhicules électriques. 

    Fin septembre 2025, le parc total de véhicules électriques et hybrides rechargeables atteignait 20 604 unités, soit 4,5 % du parc total de véhicules motorisés immatriculés à Malte.

    Un réseau de recharge encore limité et peu performant

    Malte dispose d’environ 380 bornes de recharge publiques, un chiffre qui peut sembler relativement correct au regard du parc électrique encore modeste. En effet, il y a un point de recharge public pour véhicules électriques pour 46 voitures à travers les îles maltaises

    Dans les faits, la puissance des installations reste très limitée. Seules très peu de bornes dépassent 22 kW, et 12 bornes rapides offrent plus de 50 kW. Autrement dit, près de 90 % des installations sont des bornes AC de moins de 11 kW, ce qui implique des temps de recharge particulièrement longs.

    La majorité des infrastructures se concentre dans les zones urbaines et touristiques : La Valette, Sliema et St Julian’s, Gozo.

    Pour ce qui est des opérateurs du réseau, il y a Maltapark, qui exploite près de la moitié des bornes publiques, ainsi qu’Enemalta (le EDF maltais). On trouve également quelques infrastructures rapides opérées par Tesla.

    source : Maltapark

    Des freins structurels nombreux

    Plusieurs obstacles majeurs expliquent la volatilité de l’adoption des véhicules électriques sur l’archipel.

    Le premier reste le prix d’achat. À Malte, les véhicules électriques affichent des tarifs sensiblement plus élevés que dans d’autres marchés européens, en raison de l’importation totale des véhicules et des coûts logistiques associés. À titre d’exemple, hors aides, le prix d’une Tesla Model Y Long Range est de 62 900 € à Malte contre “seulement” 49 990€ en France, soit une augmentation de 26%.

    L’accès à la recharge constitue un autre frein important. Environ 85 % des ménages vivent en appartement, souvent sans parking privatif ni possibilité d’installer une borne domestique.

    Par ailleurs, et ce n’est pas la seule population européenne sceptique, les conducteurs maltais restent peu convaincus compte tenu de l’autonomie des véhicules électriques, même si la plupart des trajets quotidiens ne dépassent pas 30 kilomètres sur cette île particulièrement compacte.

    Enfin, plusieurs facteurs culturels jouent également un rôle. Dans une société où la voiture demeure un symbole de statut social, les modèles électriques présents sur le marché sont souvent perçus comme des objets de prestige plutôt que comme des véhicules du quotidien.

    Des aides publiques en forte augmentation

    Dans le but de développer l’électromobilité au mieux et faire face à ces obstacles, le gouvernement maltais a renforcé ses incitations financières. Malte mise sur des subventions très généreuses par le biais du programme principal, Electric Vehicle Grant Scheme. Ce programme offre, pour l’achat d’un véhicule 100 % électrique, 5 000 à 10 000 € d’aide pour les particuliers (jusqu’à 15 000 € pour les entreprises) selon le prix. Ces aides sont complétées par 5 ans d’exonération de taxe routière et des subventions pour l’installation de bornes de recharge couvrant jusqu’à 70 % des coûts.

    Le gouvernement augmente progressivement le budget (6 M€ en 2024, 12 M€ prévus en 2026) pour financer davantage de subventions. Résultat : 87 % des véhicules électriques vendus en 2025 ont bénéficié d’une aide

    Une stratégie nationale encore à concrétiser

    Et ces aides elles ne sont pas ici au hasard. Les autorités maltaises ont défini plusieurs objectifs pour accélérer la transition. Le plan national prévoit notamment 10 % de véhicules électriques dans le parc d’ici 2030, 6 500 points de recharge à travers les îles maltaises d’ici 2030, conformément à la stratégie de développement à faible émission de carbone (LCDS) de Malte, et 50 % d’électricité produite à partir d’énergies renouvelables. 

    Une zone à faibles émissions devrait également être mise en place à La Valette à partir de 2028, avec une restriction progressive des véhicules thermiques. Parallèlement, plusieurs projets sont en cours pour améliorer la mobilité durable, notamment le développement d’une liaison maritime électrique entre Malte et l’île de Gozo.

    Un écosystème économique encore embryonnaire

    Contrairement à d’autres marchés européens, Malte ne dispose d’aucune production automobile locale ni d’industrie liée aux batteries. Le marché repose essentiellement sur les importateurs et distributeurs internationaux. Tesla domine le parc électrique, suivi par MG Motor et le constructeur chinois BYD, dont la percée a été particulièrement remarquée : le BYD Atto 3 a pris la troisième place des modèles les plus vendus en 2024 avec une progression de 336 % sur un an. 

    source : BYD

    Quelques entreprises locales commencent toutefois à émerger dans les services liés à la mobilité électrique, notamment la plateforme Switch, qui permet de localiser et réserver les bornes de recharge. Ce n’est pas grand chose, mais c’est déjà ça.

    Un marché dépendant des aides publiques et en progression

    En définitive, l’électromobilité à Malte progresse, mais à un rythme encore fragile. Portée par des subventions parmi les plus généreuses d’Europe et par des objectifs politiques ambitieux, la transition énergétique de l’archipel commence à produire des résultats visibles. Toutefois, les contraintes propres à ce territoire insulaire, densité urbaine élevée, accès limité à la recharge domestique, coûts d’importation et infrastructures encore insuffisantes, continuent de freiner son développement. 

    L’enjeu pour les années à venir sera donc de transformer ces incitations financières en un véritable écosystème de mobilité électrique, capable de s’inscrire durablement dans le quotidien des Maltais.

  • Ford améliore sa gamme électrique pour l’Europe : autonomie, technologies et efficacité au programme

    Ford améliore sa gamme électrique pour l’Europe : autonomie, technologies et efficacité au programme

    En l’espace de quelques jours au début du mois de mars 2026, Ford a annoncé une série d’améliorations pour trois de ses modèles électriques : le Puma Gen-E, l’Explorer et le Capri. Au programme : plus d’autonomie, de nouvelles technologies et des optimisations techniques destinées à rendre ces véhicules plus compétitifs, sans hausse notable des prix. Une série d’annonces qui illustre la volonté du constructeur américain de renforcer la crédibilité de sa gamme électrique en Europe.

    Source : Ford

    Puma Gen-E : l’électrique de volume gagne en autonomie

    Commençons avec le modèle de la marque américaine qui a été le plus vendu en Europe en 2025 : le Puma Gen-E, la version 100 % électrique du crossover urbain de Ford. C’est le véhicule stratégique que le constructeur ne veut évidemment pas laisser sur le côté : « L’intérêt que nous avons constaté pour notre Puma et notre Puma Gen-E à travers l’Europe est la preuve que nous avons trouvé la bonne formule. » a affirmé Christian Weingaertner, Directeur Général des véhicules particuliers, Ford Europe. 

    Source : Ford

    Avec cette mise à jour, Ford annonce une autonomie désormais supérieure à 417 kilomètres contre 376 km pour l’ancienne version du Puma Gen-E. grâce à une optimisation de la batterie et de la gestion énergétique. Une amélioration importante pour ce modèle qui vise principalement le segment des petits SUV urbains, où l’autonomie reste un critère déterminant pour les acheteurs.

    Le constructeur introduit également BlueCruise, son système de conduite assistée permettant de rouler mains libres sur certaines portions d’autoroute, à condition que le conducteur garde les yeux sur la route. Jusqu’ici réservé à des modèles plus haut de gamme, ce système arrive donc pour la première fois sur un véhicule du segment des petits crossovers. Et petit + pour les fans de musique, le constructeur a annoncé que le système Audio Premium B&O avait été amélioré et est plus performant qu’à l’origine.

    Source : Ford

    Explorer électrique : davantage d’efficacité et de technologie

    Le Ford Explorer électrique, lancé récemment sur le marché européen, bénéficie lui aussi d’améliorations techniques. Parmi les évolutions annoncées pour ce SUV familial 100 % électrique, on retrouve notamment l’introduction d’une nouvelle batterie LFP de 58 kWh pour les versions Standard Range, en remplacement de l’ancienne batterie de 52 kWh. Cette évolution permet d’augmenter l’autonomie, qui atteint désormais jusqu’à 444 kilomètres selon le cycle WLTP. La version Explorer RWD Extended Range 79 kWh permet quant à elle de parcourir jusqu’à 602 km.

    Source : Ford

    Cette nouvelle batterie utilise une chimie lithium-fer-phosphate (LFP), réputée pour sa durabilité et sa résistance aux cycles de recharge, même si elle implique une puissance de recharge rapide légèrement inférieure. Sur l’Explorer Standard Range, la puissance maximale en courant continu passe ainsi d’environ 145 kW à 110 kW, ce qui porte le temps de recharge de 10 à 80 % à environ 28 minutes, contre environ 25 minutes auparavant.

    En parallèle, Ford introduit également plusieurs améliorations logicielles et technologiques. Le système SYNC Move, piloté par l’écran central, bénéficie d’une navigation optimisée capable de planifier les trajets en intégrant les arrêts recharge et l’autonomie restante. Les aides à la conduite évoluent aussi avec un régulateur adaptatif plus précis, une meilleure gestion du maintien dans la voie et de nouvelles fonctions d’assistance sur autoroute.

    Source : Ford

    Capri électrique : plus d’autonomie pour le SUV coupé

    Le Ford Capri électrique, dévoilé récemment comme une interprétation moderne du célèbre coupé des années 1970, profite également de ces évolutions techniques. Rappelons que le Capri est basé sur la même plateforme que l’Explorer et comme lui, les versions d’entrée de gamme adoptent désormais la batterie LFP de 58 kWh, ce qui permet d’atteindre jusqu’à 464 kilomètres d’autonomie WLTP. Une valeur légèrement supérieure à celle de l’Explorer, notamment grâce à un profil aérodynamique plus favorable.Les versions Extended Range restent quant à elles équipées de la batterie plus grande d’environ 77 kWh, offrant une autonomie pouvant atteindre jusqu’à 627 kilomètres WLTP selon les configurations.

    Source : Ford

    Le moteur est également amélioré. La Capri Standard Range bénéficie d’un moteur électrique amélioré, dont la puissance passe à 140 kW (190 ch) 7 et le couple à 350 Nm. 

    Ford profite également de cette mise à jour pour enrichir l’équipement du modèle. Le Capri reçoit notamment, comme pour l’Explorer, des évolutions de son environnement numérique, le système multimédia SYNC Move piloté par l’écran tactile coulissant de 14,6 pouces, ainsi que plusieurs ajustements sur les aides à la conduite et la connectivité embarquée. Les évolutions de la Capri concernent surtout l’optimisation des technologies déjà présentes à bord. Le constructeur propose également le Capri Collection Pack, une finition inspirée de l’héritage du modèle qui ajoute plusieurs éléments de design spécifiques et renforce le positionnement plus émotionnel de ce SUV coupé électrique.

    Source : Ford

    Une stratégie pour renforcer la crédibilité électrique de Ford

    Ces annonces s’inscrivent dans une stratégie plus large du constructeur américain en Europe. Plutôt que de multiplier les nouveaux modèles, Ford semble privilégier une amélioration progressive de ses véhicules électriques existants afin de renforcer leur compétitivité.

    Dans cette logique, les trois modèles concernés occupent des positions clés dans la gamme du constructeur :

    • Puma Gen-E, destiné à générer du volume sur le segment des petits SUV.
    • Explorer, positionné comme un SUV familial technologique.
    • Capri, qui joue davantage un rôle d’image avec son design de SUV coupé.

    Cette stratégie permet à Ford de couvrir plusieurs segments majeurs du marché électrique européen, face à une concurrence de plus en plus dense.

  • BMW Group : des résultats solides en 2025 et une stratégie tournée vers l’électrique

    BMW Group : des résultats solides en 2025 et une stratégie tournée vers l’électrique

    Jeudi 12 mars 2026, le BMW Group a présenté ses résultats financiers pour l’année 2025 lors de sa conférence annuelle. Dans un contexte automobile mondial complexe, le constructeur bavarois a réussi à maintenir une rentabilité solide. Entre progression des ventes électriques et préparation de la future génération de modèles « Neue Klasse », BMW confirme sa stratégie de transformation pour les années à venir.

    Source : BMW

    Des ventes globalement stables en 2025

    En 2025, le BMW Group a livré plus de 2,45 millions de véhicules dans le monde, toutes marques confondues, incluant BMW, MINI et Rolls-Royce. Ce volume reste globalement stable par rapport à l’année précédente, confirmant la capacité du constructeur à maintenir ses ventes malgré les incertitudes du marché.

    Source : BMW Group

    Sur le plan financier, le groupe a enregistré 133,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’exercice. Le résultat avant impôts (EBT) atteint 10,2 milliards d’euros, avec une marge EBT de 7,7 %, un niveau encore une fois identique à celui observé en 2024. Tandis ce que le bénéfice net s’établit à plus de 7 milliards d’euros.

    Selon Walter Mertl, directeur financier du groupe, ces résultats démontrent l’efficacité de la stratégie mise en place ces dernières années, combinant discipline financière et diversification de l’offre produit.

    Source : BMW

    L’électrique continue de progresser dans les ventes

    La transition énergétique se poursuit également chez BMW. En 2025, le constructeur a vendu 442 056 véhicules 100 % électriques, soit une progression significative par rapport aux années précédentes.

    Ces modèles représentent désormais 17,9 % des ventes mondiales du groupe. Et si l’on inclut les hybrides rechargeables, les véhicules électrifiés atteignent plus de 642 000 unités vendues sur l’année. Et les véhicules électrifiés connaissent une dynamique particulièrement forte en Europe, où près de 40 % des ventes du groupe concernent des véhicules électrifiés. 

    Pour Oliver Zipse, président du directoire du BMW Group, cette progression confirme la pertinence de la stratégie dite « d’ouverture technologique » du constructeur, qui consiste à proposer plusieurs types de motorisations afin de s’adapter aux différentes réalités des marchés mondiaux.

    Source : ERT

    Un environnement automobile toujours plus complexe

    Malgré ces résultats solides, l’année 2025 n’a pas été exempte de défis pour le groupe bavarois. Les tensions commerciales internationales, les évolutions réglementaires et la concurrence accrue sur certains marchés, notamment en Chine, ont pesé sur l’environnement économique du secteur automobile.

    Le marché chinois, en particulier, reste un enjeu stratégique majeur pour les constructeurs premium. Mais la montée en puissance des marques locales sur le segment électrique renforce la pression concurrentielle.

    Dans ce contexte, BMW anticipe pour 2026 un niveau de rentabilité légèrement inférieur, avec une marge opérationnelle automobile attendue entre 4 % et 6 %.

    La Neue Klasse, prochaine étape de la transformation

    Au-delà des résultats financiers, la conférence annuelle a également permis au groupe de réaffirmer sa vision à long terme. Le prochain tournant technologique de BMW reposera sur la Neue Klasse, une nouvelle génération de véhicules électriques qui doit progressivement transformer la gamme du constructeur.

    Cette plateforme dédiée promet des avancées importantes en matière d’efficacité énergétique, d’autonomie et de performances logicielles. Elle doit également permettre de réduire les coûts de production et d’augmenter la compétitivité des futurs modèles électriques du groupe et même ceux déjà sorti comme l’IX3 pour n’en citer qu’un.

    Source : BMW

    Une stratégie de continuité dans un secteur en mutation

    Le groupe continue d’investir dans l’électrification, les logiciels et les nouvelles plateformes tout en maintenant une offre variée de motorisations afin de répondre aux attentes des différents marchés mondiaux.

    Pour le constructeur bavarois, l’année 2025 apparaît ainsi comme une année de consolidation, avant l’arrivée d’une nouvelle génération de véhicules qui pourrait marquer une étape importante dans la transition vers l’électrique.

  • Augmentation du prix de l’essence : les véhicules électriques favorisés ?

    Augmentation du prix de l’essence : les véhicules électriques favorisés ?

    La hausse récente des prix du pétrole, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, commence à se faire sentir dans plusieurs régions du monde. À Los Angeles, le prix de l’essence a franchi la barre symbolique des 5,29 dollars le gallon (3,8 litres), soit une augmentation de 45 cents en seulement 15 jours. Le baril de Brent évolue autour de 105 dollars. En France également les prix augmentent et pourraient bien faire grandir le nombre de VE sur les routes.

    source : Tesla

    La flambée du carburant accélère la transition vers l’électrique

    Aux États-Unis, et plus particulièrement en Californie, les premiers effets pourraient déja être visible lors du mois en court. Une enquête AAA a dévoilé que 77 % des répondants ont déclaré qu’économiser de l’argent sur l’essence était leur principale motivation pour acheter un véhicule électrique. Un chiffre qui illustre bien ce rôle inattendu du carburant comme moteur de la transition. 

    À ce sujet, Sam Abuelsamid, analyste automobile à l’agence de télémétrie a déclaré : « La dernière fois que nous avons vu les prix du pétrole supérieurs à 100 $ le baril, c’était au début de 2022 et c’est à ce moment-là que nous avons vu les ventes de véhicules électriques vraiment commencer à augmenter aux États-Unis. », avant de rajouter « Nous verrons probablement une augmentation de l’adoption des véhicules électriques et en particulier de l’adoption des hybrides »

    Une tendance qui est confirmée par Brian Maas, président de la California New Car Dealers Assn. Interviewé par le Los Angeles Times, il a prédit que l’enthousiasme pour les véhicules électriques repartira à la hausse dans toute la Californie si les prix du pétrole ne baissent pas. « Si les pics de prix de l’essence antérieurs sont une indication, vous avez tendance à voir de l’intérêt pour des véhicules plus économes en carburant », a-t-il déclaré.

    source : California New Car Dealers Assn

    Et pour la France ? 

    En France, la tendance est comparable, entre le 1er et le 11 mars 2026, les prix ont connu une hausse significative : le gazole est passé de 1,721 € le litre à environ 1,95 €, le SP95‑E10 de 1,723 € à 1,85 €, et le SP98 de 1,829 € à 1,93 €. Cette augmentation s’explique par la combinaison de la hausse du baril de Brent (105‑110 $), des tensions géopolitiques en Iran et de la taxe CEE de 16 à 17 centimes par litre depuis janvier 2026. 

    Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette augmentation ne plaît pas aux français. Sur les réseaux sociaux,ils n’hésitent pas à hausser la voix avec le mot-clé #BalanceTonPlein. Devenu viral sur X notamment, les automobilistes partagent leurs factures ou leur exaspération compte tenu de l’augmentation du prix du carburant.

    Mais alors est ce que cela va changer quelque chose pour le marché automobile ? On ne peut pas l’affirmer avec certitude mais ce que l’on sait c’est que le prix de l’essence est un argument qui peut faire basculer la balance. En effet, selon une étude Driveco réalisée avec Harris Interactive fin 2025, environ 20 % des Français envisagent un véhicule électrique pour leur prochain achat. La raison pour 42 % d’entre eux est la différence de coût d’usage entre un véhicule thermique et électrique.

    En conclusion, il ne serait pas étonnant de voir les ventes de véhicules électriques évoluer à la hausse durant les prochains mois, dû aux conflits géopolitiques mondiaux qui impactent le porte-monnaie des français.

    Des comportements d’achat qui pourraient évoluer

    Cette flambée des prix du carburant ne provoque pas seulement de la frustration. Elle pourrait également influencer les décisions d’achat. Lorsque le coût d’utilisation d’un véhicule thermique augmente fortement, l’électrique et l’hybride deviennent naturellement plus attractifs. Si les prix du pétrole restent élevés dans les mois à venir, cette dynamique pourrait se renforcer, tant aux États-Unis qu’en France.

  • Porsche : une année 2025 difficile, mais une stratégie claire pour rebondir

    Porsche : une année 2025 difficile, mais une stratégie claire pour rebondir

    Mercredi 11 mars 2026, Porsche a tenu sa conférence de presse annuelle afin de présenter ses résultats financiers pour l’année 2025 et détailler sa stratégie pour les années à venir. Le constructeur allemand a reconnu avoir traversé l’une des années les plus difficiles de son histoire récente. Entre baisse des ventes, chute brutale des profits et réorientation stratégique de la marque, 2025 marque clairement un tournant pour Porsche, qui tente désormais de relancer sa dynamique tout en poursuivant sa transition vers l’électrique. Presque en parallèle, la veille de cette conférence, Porsche a présenté son nouveau modèle zéro émission : le Porsche Cayenne S Electric.

    source : Porsche

    Des résultats 2025 en forte baisse

    Les chiffres dévoilés ce matin montrent un réel ralentissement. En 2025, Porsche a généré 36,27 milliards d’euros de chiffre d’affaires, contre 40,1 milliards d’euros en 2024, soit une baisse d’environ 9,5 %. Mais c’est surtout la rentabilité qui s’est effondrée. Le bénéfice d’exploitation (EBIT) a chuté à 410 millions d’euros, contre 5,64 milliards d’euros l’année précédente, ce qui représente une baisse spectaculaire de 92,7 %. La marge opérationnelle, habituellement très élevée chez Porsche, est tombée à 1,1 %, contre 14,1 % en 2024, tandis que le bénéfice net s’établit à 310 millions d’euros, en recul de 91,4 %.

    Du côté des volumes, Porsche a livré 279 449 véhicules en 2025, soit une baisse de 10,1 % par rapport à l’année précédente. Pour autant, la part des modèles 100 % électriques a atteint 22,2 % des livraisons, un chiffre correspondant à l’objectif initial fixé par la marque entre 20 et 22 %.

    Plusieurs facteurs à l’origine

    Selon la direction du constructeur, une grande partie de la chute de rentabilité provient de charges estimées à 3,9 milliards d’euros. Celles-ci incluent notamment 2,4 milliards d’euros liés à une réorientation stratégique de la gamme, 700 millions d’euros de dépréciations sur les batteries et 700 millions d’euros d’impact lié aux droits de douane aux États-Unis depuis le retour du « America First » du président Trump.

    Le ralentissement du marché chinois a également pesé lourd. Sur ce marché clé pour les constructeurs premium, les ventes de Porsche ont reculé de 26 %. Cela n’est pas une baisse isolée pour la marque ; en effet, BMW (-12,5 %) et Mercedes (-19 %) sont également touchés. À cela s’ajoutent les surcoûts liés à la transition électrique, notamment sur la Porsche Taycan et le Porsche Macan Electric, ainsi que les investissements importants dans le développement logiciel mené avec le groupe Volkswagen Group via la filiale Cariad.

    « Les défis globaux et la nouvelle orientation de l’entreprise ont impacté le résultat 2025 », a résumé le directeur financier Jochen Breckner lors de la conférence.

    source : Porsche 

    Une stratégie pour redresser la barre

    Face à cette situation, le nouveau CEO de Porsche, Michael Leiters, a présenté un plan stratégique reposant sur trois piliers : « Leaner, Faster, More Desirable ». Le premier axe, Leaner, vise à rendre l’entreprise plus légère en réduisant les coûts fixes ; traduction : Porsche prévoit la suppression d’environ 1 900 postes d’ici 2029.

    Le second pilier, Faster, doit accélérer les cycles de développement et concentrer les ressources sur les modèles les plus importants pour la marque. Cinq véhicules constituent désormais le cœur de la stratégie produit : la Porsche 911, le Porsche Cayenne, le Porsche Macan, la Porsche Taycan et la Porsche 718.

    Enfin, l’axe More Desirable doit renforcer l’image émotionnelle de la marque. Porsche souhaite continuer à miser sur la personnalisation et l’exclusivité afin de maintenir un positionnement très haut de gamme, même avec des volumes potentiellement plus faibles. « Nous repositionnons Porsche de manière intégrale, plus efficace, plus rapide, et avec des produits encore plus attractifs », a déclaré Michael Leiters.

    source : Porsche

    L’électrique reste au cœur de la stratégie

    Malgré les difficultés rencontrées en 2025, Porsche ne renonce pas à l’électrification. Pour 2026, le constructeur prévoit un chiffre d’affaires compris entre 35 et 36 milliards d’euros, avec une marge opérationnelle qui pourrait remonter entre 5,5 % et 7,5 %. La part des véhicules 100 % électriques devrait rester comprise entre 20 et 25 % des ventes, preuve que la transition énergétique se poursuit.

    source : Porsche

    Un nouveau Cayenne électrique dévoilé la veille

    L’électrique ne s’arrête pas pour Porsche. La veille de cette conférence annuelle, le constructeur allemand a présenté une nouvelle déclinaison de son SUV zéro émission : le Porsche Cayenne S Electric. Cette version vient compléter la gamme électrique du Cayenne en se positionnant au milieu de l’offre, entre le Cayenne Electric d’entrée de gamme et le Cayenne Turbo Electric.

    source : Porsche

     

    Comme les autres versions du SUV, ce modèle repose sur la plateforme Premium Platform Electric (PPE), une architecture 800 volts développée conjointement avec Audi. Le Cayenne S Electric dispose d’une puissance de 400 kW (544 ch), portée jusqu’à 490 kW (666 ch) avec le Launch Control, grâce à sa double motorisation et transmission intégrale. Côté accélération, c’est fidèle à l’ADN sportif de la marque avec un 0 à 100 km/h atteint en 3,8 secondes et une vitesse maximale de 250 km/h. 

    Au niveau des performances d’autonomie et de recharge, c’est convaincant sur le papier puisque la marque annonce une batterie haute tension de 113 kWh, qui permet une autonomie pouvant atteindre 653 km WLTP. Grâce à l’architecture 800 V, la puissance de recharge peut atteindre 400 kW sur borne rapide, permettant de passer de 10 à 80 % de batterie en environ 16 minutes. 

    source : Porsche

    Avec ce nouveau modèle, Porsche cherche à élargir sa gamme électrique sur le segment des SUV premium, un marché stratégique pour la marque. Et elle n’est pas là au hasard puisque les versions précédemment annoncées ont vraisemblablement plu : « La réaction au lancement du Cayenne Electric fin 2025 montre que Porsche répond aux attentes de ses clients », a expliqué Matthias Becker, responsable des ventes et du marketing.

    Après 2025, le rebond ? 

    Malgré des résultats financiers compliqués, la direction de Porsche se veut confiante pour l’avenir. L’année 2025 est présentée comme un point bas dans le cycle de transformation de la marque, avec un rebond attendu dès les prochaines années.

    Porsche espère dès cette année retrouver progressivement le niveau de rentabilité qui a fait sa réputation dans l’industrie automobile et conserver son statut de référence dans le segment premium.

  • Renault R-Space Lab : le concept qui pourrait inspirer la Mégane électrique de demain

    Renault R-Space Lab : le concept qui pourrait inspirer la Mégane électrique de demain

    Le 10 mars 2026, lors de la présentation de son nouveau plan stratégique FutuREady, Renault ne s’est pas contenté d’annoncer ses ambitions industrielles pour la fin de la décennie. Le constructeur français a également dévoilé un concept-car inattendu : le Renault R-Space Lab. Plus laboratoire roulant (d’où son nom) que véhicule de série, il est conçu pour explorer ce que Renault appelle les « voitures à vivre ». Derrière ce discours expérimental se cachent déjà plusieurs technologies et idées de design qui pourraient inspirer les prochaines générations de modèles électriques de la marque, notamment une certaine Mégane.

    source : Renault

    Un concept dévoilé au cœur du plan stratégique FutuREady

    On s’attendait à ne découvrir que deux prototypes : le Renault Bridger Concept, un 4×4 électrique destiné à explorer le segment des SUV familiaux, et le Dacia Striker, un break concept imaginé pour la marque roumaine. La surprise fut totale car, ce matin, le R-Space Lab a également été présenté. L’objectif de Renault est clair : illustrer concrètement la vision du groupe pour la prochaine décennie.

    Avec 12 nouveaux modèles prévus en Europe d’ici 2030 et 14 autres pour les marchés internationaux, le constructeur veut accélérer sa transformation tout en mettant davantage l’accent sur l’expérience à bord. Le R-Space Lab est chargé de tester de nouvelles idées d’architecture intérieure, de sécurité et d’interfaces numériques.

    Un retour aux racines du monospace

    Visuellement, le concept surprend par ses proportions. Long de 4,50 mètres, le R-Space Lab se situe à mi-chemin entre la compacte Renault Mégane E-Tech Electric (4,21 m) et le SUV urbain Renault Captur. Mais contrairement à ces modèles, son design adopte une silhouette monovolume très marquée, avec un pare-brise fortement avancé et une surface vitrée continue qui s’étire du capot jusqu’à la lunette arrière.

    source : Renault

    Ce choix stylistique s’inscrit dans une tradition historique de Renault : celle des véhicules familiaux centrés sur l’espace et la modularité. Le nom du concept fait d’ailleurs directement référence au Renault R-Space Concept, présenté en 2011 et qui avait préfiguré plusieurs éléments de design du Renault Scénic IV lancé cinq ans plus tard. Cette fois encore, Renault pourrait utiliser ce prototype pour tester les proportions d’une future génération de modèles électriques plus spacieux, potentiellement entre la compacte et le monospace.

    L’habitacle comme véritable espace de vie

    Mais le cœur du projet ne se situe pas dans le design extérieur. Le R-Space Lab a été conçu autour d’une idée simple : transformer l’intérieur du véhicule en espace de vie modulable, capable de s’adapter aux usages quotidiens des familles.

    Le siège passager avant devient ainsi un véritable élément multifonction. Il intègre directement les airbags frontaux et rideaux dans sa structure, ce qui libère de l’espace dans le tableau de bord. La boîte à gants peut se transformer en support pour tablette, en espace de rangement pour un sac ou même en repose-pied. Le siège peut également coulisser vers l’arrière, permettant au passager avant d’échanger face à face avec les occupants assis à l’arrière.

    L’arrière, on en parle, on y est. Renault a imaginé trois sièges indépendants coulissants, style Renault Espace, combinés à un toit panoramique vitré.

    source : Renault

    Un écran géant qui traverse tout le pare-brise

    Place maintenant à la partie technologique, où le concept introduit également plusieurs innovations numériques qui pourraient rapidement passer à la production.

    La plus spectaculaire est le système OpenR Panorama, un écran incurvé géant qui s’étend sur toute la largeur du pare-brise. Inspirée de l’interface du concept Renault Scénic Vision, cette solution vise à fusionner l’instrumentation et l’infodivertissement dans une surface d’affichage unique.

    Le prototype adopte également un volant de type yoke associé à une direction steer-by-wire, c’est-à-dire sans liaison mécanique directe entre le volant et les roues. Ce système, déjà utilisé sur certains modèles, permet davantage de liberté dans la conception du cockpit.

    source : Renault

    Une sécurité repensée grâce à l’intelligence artificielle

    Le R-Space Lab sert aussi de terrain d’expérimentation pour de nouveaux systèmes de sécurité. Le concept embarque par exemple un dispositif baptisé Safety Coach, qui utilise des capteurs et des algorithmes pour analyser le comportement du conducteur.

    En effet, le système peut notamment détecter des signes d’alcoolisation grâce à des capteurs tactiles intégrés, tout en fournissant des recommandations personnalisées via une intelligence artificielle embarquée. L’objectif est de créer une interaction permanente entre la voiture et son conducteur afin d’améliorer la sécurité routière.

    Un aperçu possible de la Mégane électrique de 2028

    Même si Renault insiste sur le caractère expérimental du projet, plusieurs indices suggèrent que certaines idées du R-Space Lab pourraient inspirer des modèles de série. Les proportions du concept, par exemple, pourraient annoncer une future génération de compacte électrique plus longue, autour de 4,40 à 4,50 mètres.

    Plusieurs observateurs évoquent déjà une possible seconde génération de la Renault Mégane E-Tech Electric vers 2028, qui adopterait des proportions plus proches d’un monospace compact afin d’améliorer l’habitabilité.

    source : Renault

    Si le R-Space Lab ne sera jamais commercialisé tel quel, il pourrait bien annoncer une nouvelle génération de véhicules électriques Renault où l’habitacle deviendra le cœur de l’innovation.

  • Volkswagen : 4 millions de BEV livrées… mais 50 000 emplois supprimés

    Volkswagen : 4 millions de BEV livrées… mais 50 000 emplois supprimés

    Le Volkswagen Group a profité de son Annual Media Conference 2026, organisée le 10 mars à Wolfsburg, pour dévoiler ses résultats financiers 2025 et détailler l’état d’avancement de sa transformation industrielle. Le directeur général Oliver Blume et le directeur financier Arno Antlitzont dressé un constat contrasté : le géant allemand reste l’un des leaders mondiaux de l’électromobilité, mais la transition énergétique pèse lourdement sur sa rentabilité. Avec 4 millions de véhicules 100 % électriques livrés dans le monde le groupe a également annoncé une mesure choc : 50 000 suppressions de postes en Allemagne d’ici 2030.

    source : Volkswagen Group

    Des volumes solides mais une rentabilité sous pression

    Sur le plan financier, l’année 2025 illustre parfaitement la phase de transition que traverse Volkswagen. Le constructeur a enregistré un chiffre d’affaires de 321,9 milliards d’euros, une légère baisse par rapport aux 324,7 milliards de 2024. Les ventes mondiales se maintiennent également à un niveau élevé, avec 9 millions de véhicules livrés sur l’année.

    Mais la rentabilité s’est nettement dégradée. En effet, le résultat d’exploitation chute à 8,9 milliards d’euros, contre 19,1 milliards un an plus tôt, soit une baisse de plus de 50 %. La marge opérationnelle tombe à 2,8 %, son niveau le plus faible depuis le “Dieselgate” en 2016. Oliver Blume a insisté pour faire comprendre que 2025 est “une année de résilience financière mais marges sous pression.”

    source : Wikipédia

     

    Cette baisse s’explique notamment par 9 milliards d’euros de charges exceptionnelles, liées à plusieurs facteurs :

    • 5 milliards d’euros pour l’adaptation de la stratégie électrique de Porsche
    • 3 milliards liés aux tarifs douaniers américains
    • 1 milliard consacré à des restructurations internes

    Malgré cette pression sur les profits, le net cash flow de la division automobile atteint 6,4 milliards d’euros et est donc en hausse de 24 % sur un an. 

    Volkswagen confirme sa place dans l’électromobilité mondiale

    Malgré ses chiffres inquiétants, Volkswagen a envoyé un message clair : la stratégie BEV reste intacte. Quelques jours avant la conférence, le groupe a annoncé avoir livré 4 millions de véhicules 100 % électriques cumulés dans le monde (Top 5 mondial et Top 1 Europe).

    Cette conférence nous a également appris, ou du moins confirmé qu’au cours des deux dernières années, le groupe a lancé près de 60 nouveaux modèles, dont environ un tiers entièrement électriques. L’offre BEV du groupe dépasse désormais 30 modèles pour les voitures particulières, auxquels s’ajoutent les camions et bus électriques produits par la filiale industrielle TRATON, qui regroupe notamment Scania et MAN.

    source : Volkswagen Group

    Ralentir n’est pas l’option du groupe, l’offensive produit va se poursuivre. Volkswagen prévoit plus de 20 nouveaux modèles supplémentaires pour 2026, dont environ la moitié en 100 % électrique. Parmi eux figure un projet stratégique pour l’Europe : la Electric Urban Car Family, une nouvelle génération de quatre citadines électriques abordables destinées à démocratiser la mobilité électrique sur le segment d’entrée de gamme.

    En parallèle, le groupe prépare également plusieurs nouveaux modèles électriques spécifiquement développés pour le marché chinois, devenu le centre de gravité de la transition énergétique mondiale.

    50 000 suppressions d’emplois : le choc social

    Mais l’annonce la plus commentée de la conférence concerne la restructuration sociale du groupe. Dans sa lettre aux actionnaires publiée avec le rapport annuel, Oliver Blume confirme que près de 50 000 emplois devraient être supprimés en Allemagne d’ici 2030 au sein du groupe Volkswagen.

    source : Richard Bartz

    Une décision qui dépasse largement le plan social déjà négocié en 2024 avec le puissant syndicat allemand IG Metall. Pour rappel, à l’époque, un accord avait déjà prévu 35 000 suppressions de postes au sein de la marque Volkswagen. 

    Et si à l’origine seul Volkswagen devait être touchée, cette fois c’est plusieurs marques qui devraient être concernées : Audi, Porsche et Cariad.

    C’est une certitude que les syndicats vont faire parler d’eux mais la direction a insisté sur une approche « socialement responsable », reposant principalement sur des départs volontaires, des préretraites et des reclassements internes.

    Les “Future Packages” : le plan pour restaurer la rentabilité

    Pour sortir de cette phase de transition, Volkswagen mise sur un vaste programme d’efficacité interne baptisé Future Packages. L’objectif est clair : plus de 6 milliards d’euros d’économies annuelles d’ici 2030, grâce à plusieurs leviers industriels.

    Le groupe prévoit notamment de simplifier sa gamme de véhicules, d’améliorer la productivité de ses usines et de renforcer les synergies entre ses différentes marques. Pour rappel, le catalogue Volkswagen Group comporte plusieurs marques, chacune ayant son positionnement propre : Volkswagen, Audi, Škoda, Cupra, Porsche et bien d’autres.

    source : Autoactu

    Pour la direction, 2025 représente donc un point bas temporaire, avant un redressement attendu à partir de 2026 grâce au renouvellement des gammes et aux gains d’efficacité.

    Une transition électrique plus difficile que prévu

    Si Volkswagen maintient son ambition de devenir un “Global Automotive Tech Driver” à horizon 2035, la conférence montre aussi que la transition énergétique s’annonce plus complexe que prévu.

    En effet, le groupe doit composer avec plusieurs défis simultanés :

    • la montée en puissance des constructeurs chinois comme BYD ou Geely,
    • le ralentissement de la demande de véhicules électriques en Europe,
    • les tensions commerciales avec les États-Unis.

    La transition électrique a un prix

    Avec 4 millions de voitures électriques livrées, Volkswagen prouve qu’il possède désormais l’une des plus grandes offres BEV du marché mondial. Mais l’annonce des 50 000 suppressions de postes rappelle que la transformation énergétique de l’industrie automobile implique une profonde mutation industrielle.

    Pour Volkswagen, les prochaines années seront donc décisives. Reste a voir si les prochaines sorties permetteront à restaurer les marges du groupe pour rester le leader qu’il est actuellement.

  • Lotus Eletre X : l’hybride s’impose

    Lotus Eletre X : l’hybride s’impose

    Pendant plusieurs années, Lotus Cars semblait déterminé à tourner définitivement la page du moteur thermique. En 2023, le constructeur britannique affirmait encore que la sportive Lotus Emira serait sa « dernière voiture thermique », dans le cadre d’une stratégie visant à devenir une marque 100 % électrique d’ici la fin de la décennie. Trois ans plus tard, la marque a revu ses ambitions. Avec l’arrivée du Lotus Eletre X, le constructeur britannique introduit pour la première fois de son histoire une motorisation hybride rechargeable.

    source : Lotus

    Une révélation venue de Chine

    On le savait depuis le 5 décembre 2025, lorsque le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies a publié un dossier d’homologation pour un véhicule baptisé « Eletre For Me ». Derrière cette appellation se cache en réalité la future version hybride rechargeable du SUV 100 % électrique lancé par Lotus en 2023.

    source : Automobile sportive

    Confirmée par Lotus Cars début 2026, la calendrier est désormais clair : les premières livraisons sont attendues en Chine à la fin du mois de mars 2026, avant un lancement européen programmé pour juin. Le marché français devrait être servi quelques mois plus tard, d’ici la fin de l’année.

    Cette évolution intervient dans un contexte particulier pour le constructeur. Si les modèles électriques de la marque, notamment le Lotus Eletre et la berline Lotus Emeya, ont permis à Lotus Cars d’atteindre un record de 12 134 livraisons mondiales en 2024, leurs volumes restent inférieurs aux ambitions initiales du constructeur, qui visait initialement plus de 25 000 ventes annuelles à moyen terme.

    source : TopGear

    Un hyper-SUV encore plus puissant

    Sur le plan technique, le Lotus Eletre X, en plus d’ajouter un moteur thermique au SUV électrique existant, devient la version la plus puissante de la gamme. En effet, le système hybride développe une puissance totale de 952 chevaux, alors que la version 100 % électrique n’en atteignait « que » 918 ch. Les performances suivent également : le 0 à 100 km/h est annoncé en 3,3 secondes et la vitesse maximale atteint 230 km/h.

    Là où le changement est le plus percutant, c’est au niveau de l’autonomie. Lotus adopte une batterie plus compacte fournie par CATL. Sa capacité passe de 112 kWh sur la version électrique à 70 kWh sur cette variante hybride rechargeable. Malgré cette réduction, l’autonomie en mode électrique reste particulièrement élevée pour un PHEV : 420 km selon le cycle CLTC, ce qui correspond à environ 350 km sur le cycle européen (WLTP). Avec le moteur thermique, l’autonomie totale dépasse alors les 1 200 kilomètres.

    Une recharge ultra-rapide pour un hybride rechargeable

    L’autre grande innovation concerne la recharge. Le Lotus Eletre X repose sur une architecture électrique de 900 volts capable d’encaisser jusqu’à 430 kW de puissance.

    Grâce à cette technologie, la batterie peut passer de 20 à 80 % de charge en seulement neuf minutes. Un chiffre inédit pour un véhicule hybride rechargeable. C’est bien plus performant que certains de ses concurrents, comme le Porsche Cayenne Turbo E-Hybrid ou le Range Rover Sport P550e.

    Le signe d’un changement de stratégie

    L’arrivée de cette version hybride illustre surtout un changement de stratégie pour Lotus. Lorsque le groupe chinois Geely a relancé la marque britannique en 2017, l’objectif affiché était de transformer Lotus en constructeur premium entièrement électrique.

    Mais la dynamique du marché automobile a évolué plus lentement que prévu. En Chine, les hybrides rechargeables représentent aujourd’hui près de 40 % des ventes de voitures neuves, contre environ 15 % pour les modèles 100 % électriques.

    Le Lotus Eletre X pourrait ainsi devenir le premier représentant d’une nouvelle génération de modèles Lotus hybrides. Selon plusieurs indications industrielles, la berline Lotus Emeya pourrait adopter une technologie similaire vers 2027, tandis que la sportive Lotus Emira pourrait suivre à l’horizon 2028.

    source : TopGear

    Un scénario qui marquerait la fin de la stratégie « tout électrique » annoncée quelques années plus tôt.

  • La technologie française derrière la révolution des taxis volants

    La technologie française derrière la révolution des taxis volants

    Alors que la course mondiale aux taxis volants s’intensifie, une question revient chez tous les acteurs du secteur : comment concevoir, certifier et industrialiser rapidement des aéronefs aussi complexes que les eVTOL ? Pour répondre à ce défi, le groupe français Dassault Systèmes met en avant une approche technologique qui pourrait bien devenir un standard du secteur. Dans un document technique intitulé Getting Cleared for Takeoff, l’expert Roberto Licata explique comment les plateformes numériques de l’entreprise permettent d’accélérer le développement de ces nouveaux aéronefs électriques.

    source : Dassault Systemes

    Un marché qui pourrait dépasser les 1 000 milliards de dollars

    Selon plusieurs projections citées dans le document, l’industrie des eVTOL – ces aéronefs électriques à décollage et atterrissage vertical – pourrait atteindre 300 milliards de dollars dès 2030, puis plus de 1 000 milliards de dollars d’ici 2040.

    Ces appareils sont au cœur du concept d’Advanced Air Mobility (AAM), qui vise à transformer la mobilité urbaine et régionale grâce à des taxis volants électriques capables de décoller verticalement. Selon certaines analyses, les futures flottes de transport aérien urbain pourraient même dépasser celles des plus grandes compagnies aériennes en nombre d’appareils et en fréquence de vols d’ici la prochaine décennie.

    Alors évidemment dans ce contexte, les premiers acteurs capables de certifier et industrialiser leurs appareils prendront une avance certaine.

    source : NASA

    Roberto Licata, expert de la mobilité aérienne avancée

    C’est précisément l’analyse portée par Roberto Licata, Solution Experience Director pour l’industrie Aerospace & Defense chez Dassault Systèmes. Il est spécialisé dans l’ingénierie système basée sur les modèles (MBSE), la conception et la simulation.

    Aujourd’hui, il pilote un portefeuille de solutions destinées à trois domaines clés :

    • le New Space,
    • l’Advanced Air Mobility,
    • l’innovation technologique.

    Son message est clair : pour développer un eVTOL compétitif, il ne suffit plus d’utiliser des outils d’ingénierie séparés. Il faut adopter une approche holistique, capable de connecter conception, simulation, certification et production dans un environnement numérique unique.

    Source : Dassault

    La complexité inédite des aéronefs eVTOL

    L’un des défis majeurs du secteur réside dans la complexité technique de ces nouveaux aéronefs. Un eVTOL combine en effet plusieurs technologies critiques :

    • aérodynamique avancée (rotors multiples, architectures hybrides),
    • propulsion électrique et batteries haute densité,
    • avionique numérique et fly-by-wire,
    • certification aéronautique encore en construction auprès des autorités.

    La combinaison de toutes ces technologies doit être simulée pour comprendre parfaitement les tenants et les aboutissants du projet. Si dans le passé, la simulation intervenait souvent en fin de cycle de développement, désormais elle est un élément central du processus de conception, permettant de tester virtuellement de nombreuses configurations avant même la construction d’un prototype physique.

    Une plateforme numérique pour concevoir et simuler en même temps

    Pour répondre à ces enjeux, Dassault Systèmes met en avant sa plateforme cloud 3DEXPERIENCE, qui combine conception, simulation et gestion des données dans un environnement unique. Cette approche, baptisée MODSIM (Modeling + Simulation), repose sur un principe simple :

    • un modèle de données unique pour la conception (CAD) et l’ingénierie (CAE),
    • des équipes qui travaillent simultanément sur le même environnement numérique,
    • des itérations de design beaucoup plus rapides.
    source : Dassault Systemes

    Concrètement, cela permet d’éviter les pertes d’information et les incompatibilités entre logiciels, souvent responsables de retards dans les programmes aéronautiques. Les gains potentiels mis en avant sont significatifs :

    • 20 à 40% de réduction du temps de conception préliminaire,
    • 40 à 60% de convergence plus rapide vers un design optimal,
    • 20 à 40% de résolution de non-conformités plus rapide,
    • 10 à 25% de réduction du temps de certification.

    Accélérer la certification, l’un des plus grands défis

    Dans l’aéronautique, la certification représente souvent l’étape la plus longue et la plus coûteuse. Pour les eVTOL, la situation est encore plus complexe : les autorités comme la FAA aux États-Unis et l’EASA en Europe travaillent encore à définir les standards de sécurité pour ces nouveaux appareils.

    L’approche proposée consiste à intégrer les exigences de certification dès la phase de conception, grâce à des simulations permettant de tester virtuellement des scénarios critiques :

    • résistance aux crashs,
    • impacts d’oiseaux,
    • interférences électromagnétiques.

    Cette stratégie « model-based » permet d’anticiper les problèmes plutôt que de les découvrir tardivement lors des essais physiques.

    Préparer la production avant même le premier vol

    Au-delà du développement technique, l’un des grands enjeux pour les startups eVTOL reste l’industrialisation. Passer d’un prototype fonctionnel à une production en série représente une transformation majeure.

    La plateforme 3DEXPERIENCE permet également de :

    • simuler virtuellement les lignes d’assemblage,
    • optimiser l’outillage industriel,
    • synchroniser les fournisseurs et la supply chain.
    source : h24info

    Des startups européennes déjà engagées

    Plusieurs entreprises du secteur utilisent déjà ces outils. C’est notamment le cas de :

    • Ascendance Flight Technologies, startup toulousaine qui développe un aéronef hybride à décollage vertical,
    • Vertical Aerospace, constructeur britannique d’avions électriques,
    • Zuri, startup européenne travaillant sur un VTOL accessible.

    Toutes utilisent la plateforme cloud de Dassault Systèmes pour gérer la conception, la simulation et la collaboration entre les équipes.

    source : Ascendance Flight Technologies

    Une bataille technologique mondiale

    La mobilité aérienne avancée est aujourd’hui l’un des secteurs les plus compétitifs de l’aéronautique. Dans cette bataille, la technologie ne se limite plus aux moteurs ou aux batteries : les outils numériques deviennent eux aussi un avantage stratégique.

    Et si les taxis volants décollent un jour dans nos villes, une partie de leur succès pourrait bien avoir été conçue… dans un environnement virtuel français.

  • Singapour : la cité-État où la voiture électrique dépasse déjà 45 % des ventes

    Singapour : la cité-État où la voiture électrique dépasse déjà 45 % des ventes

    Sur seulement 725 km², Singapour est en train de devenir l’un des laboratoires les plus avancés de l’électromobilité mondiale. Grâce à une politique publique très volontariste, la cité-État affiche désormais des résultats impressionnants, avec une adoption des véhicules électriques bien plus rapide que dans la plupart des grandes métropoles.

    Une explosion des ventes de véhicules électriques

    Le moins que l’on puisse dire c’est que la progression du véhicule électrique à Singapour est spectaculaire. Fin 2022, seulement 6 531 véhicules électriques circulaient sur l’île, soit à peine 1 % du parc automobile.

    Trois ans plus tard, fin 2025, la situation a radicalement changé. En effet 23 684 voitures 100 % électriques ont été immatriculées sur un total de 52 678 ventes de voitures neuves, soit 45 % du marché. Pour la première fois, les véhicules électriques ont dépassé à la fois les hybrides (38,8 %) et les motorisations thermiques.

    La dynamique se poursuit en 2026 : près de 9 000 voitures électriques ont déjà été vendues entre janvier et février. Le parc total approche désormais 46 000 véhicules électriques sur l’île.

    Cette croissance rapide s’appuie notamment sur l’arrivée massive de constructeurs chinois comme BYD, qui a pris la tête du marché local devant Tesla.

    Un réseau de recharge parmi les plus denses au monde

    Pour soutenir cette transition, Singapour déploie l’une des infrastructures de recharge les plus ambitieuses d’Asie. En 2022, la cité-État comptait déjà environ 2 500 points de recharge. Fin 2025, ce chiffre a dépassé les 6 000 bornes.

    Le déploiement est piloté par la Land Transport Authority et l’opérateur local EVe Charging, avec un objectif clair : 60 000 points de recharge d’ici 2030.

    source : LIM YAOHUI

    Cette volonté d’augmenter toujours plus le nombre de bornes se ressent également dans les parkings publics. En effet, depuis 2024 ils ont l’obligation de réserver au moins 1 % de leurs places à des bornes de recharge. En parallèle, un partenariat avec Huawei a permis l’installation de chargeurs ultra-rapides capables d’atteindre 360 kW.

    Une stratégie gouvernementale structurée

    Et si ces chiffres sont importants, ce n’est pas dû au hasard: la transition est encadrée par le plan national Singapore Green Plan 2030, adopté en 2021. Il fixe plusieurs objectifs structurants :

    • 2040 : 100 % de véhicules à énergie propre (électrique ou hydrogène)
    • 2030 : 50 % des taxis et bus électriques
    • 60 000 bornes de recharge installées
    source : SG Green Plan

    La coordination de cette stratégie est assurée par le National Electric Vehicle Centre, qui pilote à la fois la recherche, la standardisation et le développement de l’écosystème.

    Des aides financières parmi les plus agressives d’Asie

    Pour accélérer l’adoption, le gouvernement singapourien a mis en place un système d’incitations particulièrement généreux. En effet, les particuliers peuvent bénéficier d’une réduction fiscale pouvant atteindre 45 % du prix d’un véhicule électrique grâce au programme Early EV Incentive. L’installation de bornes domestiques est également subventionnée jusqu’à 50 % du coût, dans la limite de 4 000 dollars singapouriens.

    Les entreprises ne sont pas oubliées : depuis le début de l’année 2026, les camions électriques peuvent bénéficier d’aides, tandis que les taxis électriques profitent d’une durée d’exploitation prolongée.

    Des contraintes uniques au monde

    Malgré ces résultats impressionnants, Singapour doit composer avec plusieurs contraintes structurelles.

    • Le premier frein reste le coût extrêmement élevé de l’automobile, lié au système de certificat d’achat appelé COE (Certificate of Entitlement). Même un véhicule électrique comme le Tesla Model Y peut dépasser 150 000 € une fois toutes les taxes incluses.
    • L’urbanisation extrême constitue un autre défi : avec près de 5,9 millions d’habitants sur 725 km², les parkings privés sont rares, ce qui complique la recharge à domicile.
    • Enfin, le climat tropical local, à savoir des températures autour de 30 °C et une humidité élevée, peut réduire l’autonomie réelle des batteries de 10 à 15 % par rapport aux normes WLTP.

    Les modèles et acteurs qui dominent le marché

    Le marché singapourien est aujourd’hui dominé par quelques acteurs majeurs.

    Le constructeur chinois BYD s’est imposé comme le leader depuis 2023, notamment grâce aux modèles BYD Atto 3 et BYD Seal.

    Face à lui, Tesla reste très présent avec ses Model 3 et Model Y, tandis que Hyundai gagne du terrain avec les Hyundai Ioniq 5 et Hyundai Ioniq 6.

    Les flottes publiques jouent également un rôle moteur : une soixantaine de bus électriques circulent déjà, et la moitié de la flotte de taxis devrait être électrifiée d’ici 2030.

    Un laboratoire mondial de la mobilité électrique

    Avec 45 % des ventes de voitures neuves électriques en 2025, Singapour démontre qu’une transition rapide est possible même dans un territoire ultra-dense et contraint.

    Entre infrastructures de recharge massives, incitations financières fortes et planification politique claire, la cité-État s’impose aujourd’hui comme l’un des laboratoires les plus avancés de l’électromobilité mondiale. Un modèle qui pourrait inspirer d’autres grandes métropoles confrontées aux mêmes défis urbains.