La Semaine européenne de la mobilité se tient du 16 au 22 septembre 2025. Elle vise à encourager citoyens, associations, entreprises et collectivités à adopter des modes de déplacement plus durables. Cette édition met l’accent sur « La mobilité pour tous », thème qui interpelle sur l’accessibilité, la sécurité, le coût et l’inclusion pour chaque usager.
Semaine européenne de la mobilité 2025 : un panneau piéton et vélo illustrant les transports durables et accessibles pour tous.
Depuis sa création en 2002, la campagne organise des actions concrètes dans plusieurs pays européens. Elle inclut la Journée sans voiture et de nombreuses initiatives locales pour encourager les transports publics, la marche, le vélo et le covoiturage.
Un thème : La mobilité pour tous
Cette année, le focus est mis sur l’inclusion et l’accessibilité. Il s’agit de rendre les transports plus sûrs, abordables, adaptés aux personnes âgées ou handicapées, et d’améliorer les services numériques. Par exemple, Transdev renforce l’accessibilité pour les malvoyants en France avec ses outils d’aide à la mobilité.
Des initiatives locales variées
Partout en France, des actions sont programmées : transports publics à tarif réduit ou gratuits, rues fermées à la circulation, balades à vélo, expositions et visites de sites liés aux transports. À Seine Grand Orly, les équipes se rendent dans plusieurs gares pour informer le public et faire découvrir les coulisses du tram T9.
Pourquoi cette semaine compte
D’abord, elle permet de sensibiliser sur l’impact environnemental de la mobilité et sur la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ensuite, elle offre un laboratoire d’expérimentation. On peut y tester les solutions, observer ce qui fonctionne, et amplifier celles qui montrent un vrai bénéfice pour la société. Enfin, elle favorise le vivre-ensemble urbain : moins de bruit, moins de pollution, plus de sécurité, plus de confort pour tous.
Comment participer ?
Toute personne ou organisation peut proposer un projet : une journée sans voiture, un atelier, un défi mobilité, une initiative permanente déjà engagée. Inscrire une action permet de bénéficier de visibilité, de ressources, de soutien pour faire changer les habitudes.Les prix nationaux de la mobilité encouragent les projets exemplaires.
La Semaine européenne de la mobilité reste une occasion clef pour repenser nos déplacements. Notamment pour faire évoluer les politiques publiques, et pour engager chacun vers un quotidien plus durable.
La berline XPeng P7+, rivale chinoise de la Tesla Model 3, fait face à un rappel massif. Plus de 47 000 exemplaires sont concernés en Chine. Le problème : un défaut dans le système de direction assistée qui représente un risque pour la sécurité.
La XPeng P7+ dévoile ses lignes élégantes sur la route, rivalisant avec la Tesla Model 3. (Crédit : XPeng)
Un problème de direction assistée menace la P7+
Le constructeur chinois XPeng a annoncé que le rappel concerne exactement 47 490 véhicules P7+ produits entre août 2024 et avril 2025. Selon l’autorité de régulation du marché chinois, des câblages défectueux dans le système de direction peuvent déclencher un voyant d’avertissement et provoquer une défaillance. Par conséquent, ce défaut pourrait représenter un danger pour les conducteurs et les passagers.
XPeng a précisé que les directions à risque seraient remplacées gratuitement sur tous les véhicules concernés. Cette mesure intervient avant le lancement européen de la P7+, prévu en France et en Allemagne dès l’an prochain. Ainsi, la marque tente de rassurer les futurs clients malgré ce rappel.
Une berline performante malgré tout
Malgré ce contretemps, la P7+ reste compétitive grâce à sa technologie avancée. Elle propose une conduite assistée intelligente par IA et deux batteries LFP de 60,7 et 76,3 kWh. Son moteur arrière développe entre 245 et 320 chevaux. L’autonomie varie entre 540 et 630 km selon le cycle WLTP, tandis que l’architecture 800 volts permet une recharge ultra-rapide de 10 à 80 % en seulement 12 minutes.
Conçue pour la famille, la P7+ dispose d’un coffre de 725 litres, extensible à 2 221 litres sièges rabattus. Ces caractéristiques la positionnent comme une rivale sérieuse de la Tesla Model 3, tout en offrant un espace comparable à celui de la Model S. Son prix en Chine commence à 186 900 yuans, soit environ 22 400 euros, et devrait s’aligner autour de 47 000 euros en Europe.
La XPeng P7+ offre un coffre spacieux et un design moderne, idéal pour un usage familial. (Crédit : XPeng)
Un sérieux avertissement pour XPeng
Ce rappel tombe à un moment crucial pour la marque, qui cherche à s’imposer sur le marché européen. Il souligne les défis rencontrés par les constructeurs chinois dans la commercialisation de véhicules électriques avancés. Néanmoins, la réactivité de XPeng montre son sérieux et sa capacité à assumer des rappels d’ampleur, gage de confiance pour les clients européens.
La sixième génération de la Nissan Micra arrive sur le marché avec une motorisation 100 % électrique. Disponible à partir de 28 000 €, elle promet jusqu’à 416 km d’autonomie selon le cycle WLTP. Avec son design affirmé, ses technologies connectées et sa recharge rapide, elle veut s’imposer face à la Renault 5 et la Peugeot e-208.
La nouvelle Nissan Micra électrique 2025 affiche un style compact et affirmé, pensé pour séduire les conducteurs urbains. (Crédit : Nissan)
Une citadine pensée pour l’agilité urbaine
La nouvelle Micra repose sur la plateforme AmpR Small, développée en partenariat avec Renault et Ampere. Son empattement de 2,54 mètres et son poids contenu favorisent maniabilité et efficacité énergétique. Grâce à son centre de gravité bas et à sa suspension multibras, elle offre une conduite stable et précise, aussi bien en ville que sur route.
Deux batteries, deux puissances
Nissan propose deux versions pour répondre aux différents usages. La première associe une batterie de 40 kWh et un moteur de 120 chevaux, garantissant jusqu’à 317 km d’autonomie. La seconde, plus performante, combine une batterie de 52 kWh et un moteur de 150 chevaux, pour atteindre 416 km WLTP. Les deux modèles acceptent la recharge rapide jusqu’à 100 kW, permettant de récupérer 65 % de batterie en environ 30 minutes.
L’intérieur de la Micra électrique 2025 combine élégance et technologie, avec deux écrans 10,1 pouces et une ambiance personnalisable. (Crédit : Nissan)
Un design sobre mais affirmé
Visuellement, la Micra adopte un style moderne et compact, loin du rétro choisi par la Renault 5. Lignes fluides, passages de roues marqués et jantes de 18 pouces lui donnent une allure dynamique. Sa carrosserie a été travaillée pour optimiser l’aérodynamisme et ainsi améliorer son autonomie.
Un habitacle connecté et personnalisable
À bord, la sobriété rime avec technologie. Deux écrans de 10,1 pouces regroupent l’essentiel des informations, tandis que les commandes physiques subsistent pour la ventilation. L’éclairage d’ambiance propose 48 teintes et l’intégration native de Google Maps et Google Assistant simplifie l’usage quotidien. L’application NissanConnect permet en plus de contrôler la charge et la température de l’habitacle à distance.
Des prix compétitifs et un équipement riche
La gamme démarre avec la finition Engage à 28 000 € pour la version 40 kWh. L’Advance est proposée dès 30 000 € ou 33 500 € avec la grande batterie, tandis que l’Evolve culmine à 36 000 €. Dès l’entrée de gamme, la Micra intègre pompe à chaleur, recharge rapide et aides à la conduite. Plusieurs options permettent de personnaliser la citadine, comme les peintures bi-ton ou les jantes sport.
Avec ses lignes fluides et ses jantes de 18 pouces, la Nissan Micra électrique 2025 affirme son caractère tout en optimisant son autonomie. (Crédit : Nissan)
Une offensive électrique en marche
Avec cette nouvelle génération, Nissan relance la Micra sur le segment très concurrentiel des citadines électriques. Garantie trois ans et huit ans sur la batterie, la japonaise mise sur son prix attractif, ses autonomies compétitives et son équipement complet pour séduire les urbains européens.
Linktour Automotive fait son entrée sur le marché européen avec ses modèles électriques L6e et L7e. L’événement de lancement à l’IAA Mobility 2025 a marqué une nouvelle ère pour la conduite urbaine. La marque mise sur un design avant-gardiste, une personnalisation unique et des technologies intelligentes pour séduire les citadins.
Les modèles Linktour L6e « Urban Sprite » et L7e « Urban Elite » marquent l’arrivée de la marque en Europe. (Crédit : Linktour)
Une arrivée stratégique en Europe
Linktour vise à transformer l’expérience urbaine grâce à ses véhicules compacts et agiles. Les modèles L6e et L7e combinent performance, confort et esthétique futuriste, répondant aux attentes des conducteurs modernes. En intégrant des standards de production européens stricts, la marque assure qualité, sécurité et durabilité.
Quatre piliers de l’innovation
Le design est au cœur de la philosophie Linktour. Les silhouettes futuristes, les portes sans cadre et le toit panoramique créent une expérience visuelle unique. La personnalisation est portée à un niveau inédit grâce à l’« Art Window », transformant chaque voiture en un espace d’expression créative ou commerciale. Les fonctionnalités intelligentes incluent un écran tactile de 10,25 pouces et un panneau de contrôle de 5 pouces. L’application mobile Linktour permet de contrôler le véhicule à distance, de gérer la climatisation et de suivre la recharge de la batterie. Enfin, l’approche Urban Pioneer assure maniabilité, sécurité et confort grâce à un châssis en aluminium et à la technologie Cell to Body.
L’habitacle du Linktour L offre un design moderne avec écran tactile 10,25 pouces et commandes connectées. (Crédit : Linktour)
Deux modèles pour deux expériences
L’Alumi L6e « Urban Sprite » est compacte et maniable, parfaite pour les rues étroites et les embouteillages. Elle séduit jeunes conducteurs et familles cherchant un second véhicule urbain. L’intérieur utilise des matériaux écologiques et des sièges sportifs réglables sur quatre positions. En revanche, l’Alumi Elite L7e « Urban Elite » offre une conduite sportive avec un moteur électrique de 23 kW et une accélération de zéro à 50 km/h en 5,5 secondes. Son autonomie de 180 km et ses modes de conduite D et S garantissent une expérience adaptée à chaque besoin.
Une stratégie mondiale avec un soutien local
Linktour prévoit une expansion progressive de son réseau de ventes et de services à l’international. L’objectif est de fournir un accès facile aux pièces détachées, à l’entretien et aux batteries. Selon Dr. Tang, PDG de Linktour, la mobilité doit dépasser le simple transport et devenir un prolongement du style de vie. La marque ne se limite pas à lancer des véhicules : elle propose une plateforme inspirant l’expression individuelle.
Un problème de capteur mal positionné contraint Renault et sa filiale Dacia à rappeler plusieurs modèles récents. Les véhicules hybrides et électriques sont particulièrement concernés, notamment les Mégane E-Tech et Scénic E-Tech. Les autorités mettent en garde face à un risque accru d’accidents.
La Renault Mégane E-Tech fait partie des modèles rappelés pour un problème de frein de stationnement. (Crédit : Renault)
Un capteur mal positionné en cause
Le défaut provient d’un capteur de l’actionneur du frein de stationnement placé sous un mauvais angle. Cette anomalie empêche parfois la goupille d’arrêt de se verrouiller correctement en mode « P lock ». Concrètement, le frein peut se bloquer ou, au contraire, ne pas s’activer, surtout lorsque le conducteur coupe le moteur, détache sa ceinture ou ouvre la portière. Si le frein de stationnement assisté (APB) continue de maintenir le véhicule, le risque d’accidents et de blessures est jugé réel par les autorités.
Des modèles récents et électrifiés dans le viseur
L’alerte, publiée début septembre sur la plateforme gouvernementale Rappel Conso, touche de nombreux modèles Renault produits entre avril 2024 et janvier 2025. Parmi eux figurent des véhicules emblématiques de la stratégie électrique et hybride de la marque : Mégane E-Tech, Scénic E-Tech, Austral et Espace VI. Le Rafale, SUV haut de gamme, est également concerné. Chez Dacia, le Duster Pays Grand Froid fabriqué jusqu’à fin octobre 2025 figure aussi dans la liste.
Des démarches rapides à entreprendre pour les propriétaires
Renault recommande aux automobilistes concernés de contacter leur concessionnaire afin de vérifier si leur véhicule fait partie de la campagne. L’intervention, gratuite, permet de corriger le capteur et d’assurer la sécurité. Les autorités précisent qu’il n’est pas nécessaire d’immobiliser le véhicule, mais appellent à agir sans délai pour éviter toute situation dangereuse.
Une vigilance accrue autour des modèles électriques
Ce rappel massif rappelle que la transition vers l’électrique s’accompagne aussi de défis techniques. Les Mégane et Scénic E-Tech, fers de lance de la gamme électrique Renault, sont directement touchées. Le constructeur affirme toutefois que les corrections seront effectuées rapidement, afin de préserver la confiance des clients dans ses modèles électrifiés.
Le constructeur chinois XPeng franchit une étape décisive dans sa stratégie d’expansion. Grâce à un accord inédit, ses SUV électriques seront bientôt assemblés en Europe par Magna Steyr, à Graz, en Autriche. Cette implantation marque un tournant pour la marque et reflète une tendance plus large de localisation des productions chinoises afin d’éviter les lourdes taxes de l’Union européenne.
Le SUV électrique XPeng G9 sera fabriqué dans l’usine Magna Steyr en Autriche. (Crédit : XPeng)
Un partenariat stratégique en Autriche
Magna, filiale canadienne disposant de plus de 300 sites de production dans le monde, a été choisie pour fabriquer les G6 et G9. Ces modèles, déjà commercialisés sur le continent, sortiront désormais directement de l’usine autrichienne. Selon XPeng, cette décision représente un premier pas vers un engagement durable en Europe, tout en accélérant sa conquête du marché.
Contourner les surtaxes européennes
L’Union européenne impose en effet de fortes taxes sur les véhicules importés de Chine, atteignant 31 % pour XPeng. En localisant sa production, l’entreprise réduit considérablement ces coûts, tout en gagnant en réactivité face à la demande locale. Cette stratégie s’inscrit dans un mouvement plus large : plusieurs constructeurs chinois, comme BYD, Chery ou Leapmotor, ont déjà annoncé des projets similaires sur le sol européen.
L’usine Magna Steyr à Graz assemble désormais le SUV électrique XPeng G9 pour le marché européen. (Crédit : Handout)
GAC et d’autres acteurs suivent la même voie
XPeng n’est pas seul à profiter de l’expertise de Magna. Le constructeur chinois GAC, avec sa marque Aion, a également confié l’assemblage de ses modèles électriques à l’usine de Graz. Présentée récemment à Munich, cette marque compte démarrer ses ventes en Pologne, au Portugal et en Finlande, avant de s’étendre sur tout le continent d’ici à 2028.
Un nouveau souffle pour Magna Steyr
Pour Magna Steyr, ce contrat tombe à point nommé. L’usine autrichienne avait perdu plusieurs programmes majeurs, notamment avec BMW et Jaguar. L’arrivée de XPeng et GAC redonne un élan significatif à ce site historique, déjà reconnu pour la production du Mercedes Classe G. Cette dynamique illustre la volonté des constructeurs chinois de s’intégrer rapidement et durablement dans le paysage automobile européen.
Entretien avec Jean-Luc Coupez et Daniel Kovacs, fondateurs d’E-Mobility Expert
Créée en 2021, E-Mobility Expert est une société de conseil dédiée à l’électromobilité. Son ambition : guider les entreprises dans leur transition, depuis l’analyse RSE jusqu’au déploiement concret de bornes de recharge et solutions de mobilité durable. Rencontre avec ses deux dirigeants passionnés : Jean-Luc Coupez, fondateur, et Daniel Kovacs, directeur général associé.
Crédit : Eva Pellerin
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Jean-Luc Coupez : Je suis le créateur d’E-Mobility Expert, un bureau d’études spécialisés dans le monde de la mobilité électrique. Après plus de 15 ans dans le secteur de la mobilité électrique, j’ai souhaité continuer à contribuer, en me lançant dans cette nouvelle aventure après ma retraite.
Daniel Kovacs : De mon côté, je suis consultant en électromobilité et infrastructures de recharge. J’ai rejoint Jean-Luc, un an après, avec l’envie d’apporter une vision globale et agile.
Comment est née l’aventure E-Mobility Expert ? Jean-Luc Coupez : J’ai lancé l’entreprise en 2021, avec l’idée d’élargir l’approche technique par une dimension RSE et développement durable. Le partenariat avec le groupe Auddicé a permis d’apporter cette expertise.
Daniel Kovacs : Pour moi, c’était l’opportunité de passer d’un grand groupe à une structure plus souple, tout en gardant une vraie rigueur. Trois ans plus tard, le pari est réussi : nous avons la réactivité d’une petite équipe et la solidité d’un groupe.
Qu’est-ce qui vous différencie sur le marché ? JL.C : L’expérience. J’ai participé aux premiers groupes de travail interministériels qui ont conduit au standard européen Type 2, puis au Combo CCS pour la recharge rapide.
Notre expertise couvre à la fois la technique — développement, installation, amélioration des bornes — et le réglementaire — accompagner des fabricants étrangers pour leur conformité en France.
Pourquoi avoir intégré le groupe Auddicé ? JL.C : Parce que cela nous permet de proposer un accompagnement complet. Avec Auddicé, nous faisons les bilans carbone, les plans de déplacement, l’analyse des usages… jusqu’à la mise en œuvre et à la formation. Nous sommes aujourd’hui les seuls en France à pouvoir suivre une entreprise de A à Z.
Crédit : Eva Pellerin
Le démonstrateur : toutes les solutions de recharge réunies
Vous avez installé un démonstrateur sur votre site. De quoi s’agit-il ? D.K : Nous avons transformé notre parking (30 places) en vitrine des solutions de recharge :
Bornes lentes pour une charge à la journée
Bornes normales (7 à 22 kW) pour une demi-journée
Bornes rapides (25 kW) pour recharger en deux heures
Au total, 14 bornes, bien plus que nécessaire, pour montrer toute la diversité des technologies. C’est unique en France.
JL.C : Nous avons aussi travaillé la pédagogie : panneaux explicatifs, QR codes, formations ludiques comme notre « apéro borne », qui sensibilise aux bonnes pratiques d’usage.
Comment vos clients réagissent-ils face à ce démonstrateur ? D.K : Avec surprise et curiosité. Peu ont vu autant de solutions regroupées au même endroit. Cela déclenche des discussions, des idées et souvent des projets. Nos collaborateurs, eux, se sont parfaitement approprié l’outil.
Vous avez également pensé au vélo ? D.K : Absolument. La mobilité décarbonée commence par la marche et le vélo. Nous avons créé un garage équipé pour vélos électriques, avec prises de recharge et atelier de réparation, ainsi qu’une station de gonflage, ouvert à tous les collaborateurs.
« L’électrique sera sans doute un trait d’union vers d’autres technologies comme l’hydrogène ou de nouvelles générations de batteries. »
Montrer la mobilité électrique à tous les usages
Quels profils d’utilisateurs ciblez-vous ? D.K : Les salariés de l’entreprise, les visiteurs et clients, mais aussi les collaborateurs venant d’autres agences. L’idée est de montrer des usages variés, avec plusieurs marques de bornes et plusieurs scénarios réels.
Quels sont, selon vous, les principaux freins à l’électrification des flottes ? D.K : Le premier, c’est l’autonomie. Les collaborateurs s’inquiètent : « Vais-je tenir ma journée ? ». La réponse dépend du bon choix de véhicule et de batterie. Puis viennent les questions de recharge : sur site, en itinérance, et à domicile.
JL.C : Côté entreprises, le défi est aussi de dimensionner correctement l’infrastructure : nombre de bornes, puissance, intégration possible de photovoltaïque ou de stockage, pilotage logiciel… Tout cela doit être optimisé.
Et demain, comment voyez-vous l’évolution de la mobilité électrique ? D.K : Nous vivons une période charnière. Les batteries vont gagner surtout en vitesse de recharge, plus qu’en autonomie. L’induction va se développer, comme pour les téléphones. Et l’électrique servira de pont vers d’autres technologies comme l’hydrogène.
JL.C : Notre rôle sera d’accompagner les entreprises dans leurs choix, car une fois une solution adoptée, elle engage pour longtemps. Nous aidons à comparer les coûts, profiter des aides, et bâtir des solutions sur mesure.
Les voitures hybrides rechargeables, longtemps présentées comme une passerelle idéale vers la mobilité électrique, sont à nouveau pointées du doigt. Une récente étude de l’ONG Transport & Environment (T&E) affirme qu’elles émettent en moyenne cinq fois plus de CO2 que ce que prétendent les tests officiels. De quoi relancer un débat déjà animé autour de ces véhicules plébiscités par les flottes d’entreprise.
Les voitures hybrides rechargeables sont au centre des critiques sur ses émissions réelles de CO2.
Des chiffres qui interpellent
Selon T&E, l’analyse de 127 000 véhicules immatriculés en 2023 révèle des émissions réelles de 139 g/km, contre seulement 28 g/km sur le papier. L’écart vient du calcul de la norme WLTP, qui suppose que les PHEV roulent 80 % du temps en mode électrique. Dans la pratique, cette part descend à 26 %. Résultat : le moteur thermique est utilisé bien plus souvent que prévu.
Des critiques mais aussi des nuances
L’ONG dénonce une stratégie de greenwashing et appelle Bruxelles à corriger les règles dès 2025. L’industrie automobile, elle, défend les PHEV comme une solution transitoire indispensable. Pour Christophe Périllat, patron de Valeo, ces modèles restent utiles tant que le marché électrique n’est pas pleinement mature. Selon lui, augmenter l’autonomie électrique des hybrides à 100 km permettrait déjà de couvrir l’essentiel des trajets du quotidien.
Une bataille politique à venir
La question dépasse le simple cadre technique. Les constructeurs veulent assouplir les objectifs de 2035, date prévue pour la fin du thermique. Bruxelles devra trancher lors du dialogue stratégique du 12 septembre. Entre ONG, industriels et Commission européenne, les discussions s’annoncent tendues.
Vers d’autres alternatives ?
En parallèle, certains acteurs explorent la voie du prolongateur d’autonomie, déjà populaire en Chine. Cette technologie, qui recharge la batterie via un petit moteur thermique, pourrait représenter un compromis. Toutefois, les risques d’un usage encore trop thermique existent.
La controverse autour des PHEV illustre les défis de la transition. Si leurs limites apparaissent désormais claires, l’électrique pur reste la voie la plus crédible à long terme.
Après avoir fait carrière chez PSA et Stellantis, Stéphane Le Guével prend la tête de Polestar France, une marque suédoise 100 % électrique qui fait de la performance, du design et de l’innovation technologique ses piliers.
ECO MOTORS NEWS a eu la chance d’assister à la présentation du nouveau fer de lance de la marque, une berline baptisée Polestar 5, au salon IAA Mobility de Munich. La rédaction a ainsi eu l’occasion de demander à Stéphane Le Guével, le Directeur Général de Polestar, de partager avec nous sa vision du marché, les ambitions du constructeur, et ce qui l’anime personnellement dans cette nouvelle ère de l’automobile.
La Polestar 5, tout juste présentée au salon de Munich. (Crédit : Polestar)
Qui êtes-vous, Stéphane Le Guével ? Stéphane Le Guével : Je suis un professionnel de l’automobile depuis près de 35 ans. J’ai fait une grande partie de ma carrière chez PSA puis Stellantis, en dirigeant des marques dans différents pays. Aujourd’hui, je suis à la tête de Polestar France, que nous venons de lancer officiellement après plusieurs années de blocage juridique.
Stéphane Le Guével, DG de Polestar France. (Crédit : Polestar)
Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre Polestar ? Stéphane Le Guével : J’avais envie de tourner une page. Polestar, c’est une jeune marque, mais alignée avec toutes les grandes mutations de l’automobile : l’électrification, la digitalisation, les ventes en ligne, et une nouvelle relation client. Elle réunit tout ce qui fait le futur de l’industrie. C’est un terrain passionnant pour quelqu’un qui a envie de contribuer à ces transformations de l’intérieur.
Polestar vient tout juste d’arriver en France. Pourquoi maintenant ? Stéphane Le Guével : Il y avait un contentieux juridique autour du logo, qui nous a empêchés de lancer la marque plus tôt. Dès que cette contrainte a été levée, le lancement en France s’est imposé. Le marché est mature, la demande est là, et c’est mon pays, donc je connais très bien les enjeux. C’était un peu comme une évidence, pour moi, de me lancer dans cette aventure.
Polestar se distingue par son positionnement. En quoi est-elle différente ? Stéphane Le Guével : On s’appuie sur trois piliers qui nous distinguent. D’abord, la performance : Polestar vient de la compétition, comme AMG pour Mercedes ou M pour BMW. C’est dans notre ADN. Ensuite le design : épuré, scandinave, avec une vraie exigence esthétique. Enfin, la technologie : nous avons été les premiers à intégrer Google Automotive Services, et nous innovons sans cesse, comme sur la Polestar 4 qui abandonne la lunette arrière au profit d’une caméra haute définition.
“Polestar est une marque globale 100 % électrique.”
Quel accueil le public français a-t-il réservé à la marque ? SLG : Excellent. Contrairement à d’autres nouveaux entrants, Polestar est déjà connue dans toute l’Europe. La notoriété existait déjà. En France, il y avait une attente. Il fallait juste que les clients puissent enfin commander leurs voitures.
Polestar est-elle une marque engagée sur le plan environnemental ? SLG : Absolument. Notre objectif est ambitieux : une voiture climatiquement neutre d’ici à 2030, et une entreprise neutre en 2040. C’est un engagement total, sur l’ensemble de la chaîne de valeur : matériaux recyclés, production avec de l’énergie renouvelable, et publication annuelle de nos progrès. La transparence est une valeur centrale chez nous. Et nous invitons nos concurrents à en faire autant.
La distribution 100 % en ligne est-elle suffisante ? SLG : À nos débuts, nous misions beaucoup sur la vente en ligne. Mais les clients veulent voir, toucher, essayer. Aujourd’hui, nous combinons vente directe et réseau physique d’agents. Le client est facturé par Polestar, mais il peut découvrir les voitures dans nos « Spaces », nos showrooms, et faire entretenir sa voiture dans le réseau Volvo. C’est une vraie force.
La Polestar 4, présentée comme le véhicule le plus sûr du marché par Stéphane Le Guével. (Crédit : Polestar)
La France est-elle prête pour la voiture électrique ? SLG : Elle avance, mais ce n’est pas encore la Norvège. Il y a beaucoup de confusion chez les consommateurs, notamment sur l’autonomie ou le coût. Les usages réels sont mal connus. Les gens ont besoin de pédagogie, de clarté. C’est là que les médias spécialisés ont un rôle important à jouer.
“Polestar 4, c’est certainement le véhicule le plus sûr du marché.”
Comment définiriez-vous la mission de Polestar ? SLG : Accélérer le passage à une mobilité respectueuse de l’environnement sans renoncer au plaisir de conduire. La performance fait partie de notre identité. Et grâce à l’héritage de Volvo, nos voitures sont parmi les plus sûres du marché. On peut se faire plaisir en roulant propre.
Et vous, personnellement, que ressentez-vous au volant d’une Polestar ? SLG : J’aime la simplicité. C’est un peu comme passer au tout dernier smartphone : épuré, fluide, sans boutons inutiles. Et derrière cette sobriété, il y a 520 chevaux. C’est rare de trouver un tel équilibre entre design, confort, sécurité et sensations de conduite.
Porsche prépare l’arrivée de son Cayenne 100 % électrique, attendu en concessions début 2026. Mais avant la révélation officielle, prévue fin 2025, la marque allemande profite du salon de Munich pour dévoiler une innovation qui pourrait changer les habitudes de ses clients : la recharge par induction.
Le Porsche Cayenne électrique se dévoile sous camouflage au salon de Munich et annonce sa recharge par induction. (Crédit : Porsche)
Présenté sous camouflage animé, le prototype cache une technologie encore rare dans l’automobile. Concrètement, il sera possible de recharger son SUV simplement en le stationnant au-dessus d’une dalle installée au sol, sans câble ni prise.
Un dispositif pensé pour un usage domestique
Le système repose sur une plaque de 117 cm sur 78 cm, épaisse de 6 cm, qui peut être installée dans un garage, sous un carport ou même en extérieur. Le véhicule embarque une seconde plaque placée entre ses roues avant. L’alignement se fait grâce aux caméras 360°, puis la voiture s’abaisse automatiquement pour optimiser le transfert d’énergie. La puissance atteint 11 kW en courant alternatif, équivalente à celle d’une borne murale domestique.
Porsche insiste sur l’efficacité du procédé, avec un rendement annoncé de 90 %. L’intérêt est clair : simplifier la recharge à domicile. Selon le constructeur, 75 % des propriétaires de modèles électriques effectuent déjà leurs pleins d’énergie depuis chez eux.
La recharge par induction du Porsche Cayenne repose sur une plaque au sol qui alimente la batterie sans branchement. (Crédit : Porsche)
Innovation utile ou simple confort ?
La recharge par induction n’est pas une révolution technique, puisqu’elle existe déjà pour les smartphones. Cependant, son application à un véhicule de série reste une première. Reste la question du coût, estimé à plusieurs milliers d’euros en option. Certains y verront un gadget, d’autres apprécieront le confort d’usage, surtout dans un segment premium où l’expérience client compte autant que la performance.
En parallèle, le futur Cayenne conservera la charge rapide en courant continu, profitant de son architecture 800V pour dépasser les 350 kW. De quoi combiner praticité au quotidien et voyages longue distance.