Auteur/autrice : Eva Pellerin

  • Nio abandonne la batterie de 1 000 km : un tournant dans l’électrique

    Nio abandonne la batterie de 1 000 km : un tournant dans l’électrique

    Le constructeur chinois Nio a pris une décision surprenante en arrêtant sa batterie de 150 kWh. Cette technologie promettait plus de 1 000 kilomètres d’autonomie, mais la demande n’a jamais suivi. Ce choix met en lumière les attentes réelles des conducteurs face à l’évolution des infrastructures de recharge.

    Nio ET7 vue de profil, berline électrique chinoise moderne
    La Nio ET7 présentée de profil, illustrant son design élégant et aérodynamique. (Crédit : Nio)

    Une autonomie extrême qui ne séduit pas

    Sur le papier, la batterie 150 kWh de Nio semblait révolutionnaire. Elle équipait notamment la berline ET7 et permettait de parcourir plus de 1 050 kilomètres selon le cycle chinois CLTC. En Europe, cela représentait environ 900 kilomètres en WLTP. Pourtant, malgré cette performance impressionnante, les clients n’ont pas adhéré. Selon William Li, PDG de Nio, la batterie a surtout servi d’outil marketing plutôt que d’usage pratique. Plusieurs centaines d’unités ont été produites en Chine, mais ces chiffres sont restés insuffisants pour maintenir la production.

    Le coût élevé constitue le principal frein. Cette batterie valait 47 500 euros, soit le prix d’une Nio ET5 complète. Même la location mensuelle, proposée comme alternative, n’a pas séduit les automobilistes. La plupart considèrent qu’une autonomie supérieure à 400 kilomètres est déjà suffisante, surtout avec les infrastructures de recharge actuelles.

    L’évolution des habitudes de recharge

    Les comportements des conducteurs ont beaucoup changé ces dernières années. Auparavant, l’utilisation se répartissait équitablement entre batteries de 75 kWh et 100 kWh. Aujourd’hui, seulement 3 % des clients choisissent la batterie 100 kWh. La multiplication des stations de recharge rapide et le développement du battery swapping ont réduit le besoin d’autonomie extrême. Ainsi, récupérer une batterie pleine en trois minutes devient plus pratique qu’un long trajet sans pause.

    Cette transformation a également modifié la stratégie de Nio. La marque préfère désormais investir dans le déploiement de stations d’échange plutôt que de produire des batteries coûteuses et peu utilisées. William Li précise que ce choix répond directement aux besoins des clients sur le terrain, plutôt qu’à des ambitions marketing.

    Nio ET7 berline électrique avec batterie 150 kWh
    La Nio ET7, berline électrique haut de gamme, équipée de la batterie 150 kWh pour une autonomie étendue. (Crédit : Nio)

    Des choix stratégiques pour l’Europe

    Nio ne proposera pas non plus la batterie de 150 kWh en Europe. La certification et les tests supplémentaires auraient rendu l’introduction trop complexe et coûteuse. À la place, l’entreprise souhaite développer son réseau de stations d’échange, considéré comme une solution plus efficace pour le quotidien. Cette décision souligne un pragmatisme croissant, privilégiant l’expérience utilisateur sur les records d’autonomie.

    La fermeture récente de la seule station de battery swapping au Danemark illustre néanmoins les défis logistiques. Malgré ces obstacles ponctuels, Nio maintient sa confiance dans cette technologie. Le constructeur mise sur un déploiement progressif et sur la praticité pour convaincre ses clients, plutôt que sur des chiffres impressionnants, mais peu utiles.

    Une leçon pour le marché des véhicules électriques

    L’abandon de la batterie 1 000 km révèle un paradoxe intéressant : les conducteurs veulent de l’autonomie, mais pas forcément extrême. Le vrai défi réside dans l’accessibilité et la rapidité de recharge. Nio démontre que l’innovation ne se limite pas à la performance technique, mais doit répondre aux besoins réels des utilisateurs.

    Ce choix pourrait influencer d’autres constructeurs. Plutôt que de se concentrer sur des courses à l’autonomie maximale, l’optimisation des infrastructures et la praticité quotidienne apparaissent désormais comme prioritaires. En fin de compte, le succès des véhicules électriques dépendra autant des solutions pratiques que des prouesses technologiques.

  • Genesis GV60 Magma : le SUV électrique qui inaugure l’ère haute performance

    Genesis GV60 Magma : le SUV électrique qui inaugure l’ère haute performance

    Depuis le Circuit Paul Ricard, Genesis vient de lever le voile sur son GV60 Magma, premier modèle Magma de série. Cette version repense entièrement le concept de SUV électrique sportif. Les fans de performance et de design seront comblés par ce véhicule futuriste et audacieux.

    Genesis GV60 Magma vue de face et de profil, SUV électrique haute performance orange
    Le Genesis GV60 Magma dévoile son design sportif et élégant, avec une carrosserie abaissée et des jantes de 21 pouces. (Crédit : Genesis)

    Un style qui impose sa présence

    Le GV60 Magma se distingue immédiatement du GV60 classique grâce à sa silhouette plus large et plus basse. Le pare-chocs avant adopte trois ouvertures prononcées, optimisant à la fois le flux d’air et le refroidissement. De profil, la caisse est abaissée de 20 millimètres et les ailes élargies accueillent des roues de 21 pouces, chaussées de pneus de 275 millimètres. Ces modifications soulignent l’attention portée à l’aérodynamisme et à la tenue de route. À l’arrière, le pare-chocs intègre un diffuseur spécifique, tandis que le becquet sur le hayon ajoute une touche esthétique et fonctionnelle.

    À l’intérieur, Genesis mélange luxe et sportivité. Le noir domine, ponctué par des surpiqûres orange et grises et des ceintures de sécurité assorties. Le volant reçoit des commandes supplémentaires pour les modes de conduite et la fonction Boost. L’instrumentation est unique, reprenant des thèmes exclusifs Magma et offrant une expérience immersive. La Chamude, matériau rappelant la suédine, habille les sièges et la console, renforçant le caractère premium de l’habitacle.

    Une mécanique pensée pour la performance

    Sous le capot, le GV60 Magma n’est pas qu’un bel objet. Il combine deux moteurs électriques, un par essieu, offrant une puissance totale de 609 chevaux et un couple de 740 Nm. Un simple bouton active le mode Boost, qui élève la puissance à 650 chevaux et le couple à 790 Nm pendant 15 secondes. Cette configuration permet d’atteindre 200 km/h en seulement 10,9 secondes grâce au Launch Control. Genesis propose également trois modes de conduite et un mode Drift, garantissant sensations et agilité sur piste. Les freins, suspensions et éléments de direction ont été optimisés pour une expérience sportive digne des hypercars.

    Habitacle Genesis GV60 Magma côté conducteur, volant et tableau de bord avec surpiqûres orange
    L’intérieur du GV60 Magma combine luxe et sportivité, avec volant exclusif, surpiqûres orange et instrumentation spécifique Magma. (Crédit : Genesis)

    En complément, le système VGS simule le passage des rapports et le générateur de sons recrée l’ambiance d’un moteur thermique. Ainsi, l’expérience de conduite combine sensations électriques et émotions traditionnelles. L’optimisation thermique de la batterie permet de maintenir les performances même lors de sessions dynamiques prolongées.

    Une stratégie européenne ambitieuse

    Genesis voit grand pour la prochaine décennie, et l’Europe est au cœur de ses ambitions. Après des débuts timides, le constructeur entend s’imposer avec ses modèles haute performance électriques. Le programme Magma devient l’axe principal de cette stratégie, associant luxe, technologie et performance. Le GV60 Magma servira de porte d’entrée pour de futures déclinaisons, incluant berlines et grands SUV, voire des modèles dédiés à la compétition.

    Les livraisons débuteront en Corée du Sud au début de 2026, suivies par l’Europe et l’Amérique du Nord. Le GV60 Magma prépare le terrain pour un avenir où Genesis souhaite rivaliser avec Porsche, Polestar ou Cadillac sur le segment premium électrique. Même si le prix reste inconnu, il promet d’être un véhicule très attendu pour les amateurs de performance et d’innovation.

    Un héritage technique inspiré du Ioniq 5 N

    Le GV60 Magma reprend la plateforme E-GMP utilisée par le Hyundai Ioniq 5 N, mais avec une approche raffinée et luxueuse. Les deux moteurs électriques offrent un couple de 790 Nm en mode Boost, permettant un 0 à 100 km/h en moins de 3,5 secondes et une vitesse de pointe de 264 km/h. La suspension, recalibrée avec des silentblocs Hydro G, améliore le confort et l’agilité, tandis que le freinage est renforcé pour encaisser la puissance.

    Genesis GV60 Magma vue arrière et profil, SUV électrique avec aileron fonctionnel et diffuseur arrière
    Le GV60 Magma se distingue par son aileron arrière fonctionnel et son diffuseur intégré, renforçant l’aérodynamisme et l’élégance du SUV. (Crédit : Genesis)

    Le style sportif s’accompagne de détails précis. Les jupes latérales, les bas de caisse et l’aileron arrière fonctionnel améliorent l’aérodynamisme, tandis que l’intérieur combine sobriété et éclat. Les écrans et l’instrumentation adoptent un thème Magma, et le volant intègre des commandes pour la fonction Boost et les modes de conduite. Genesis réussit ainsi un équilibre subtil entre luxe, performance et technologie immersive.

    Vers une famille Magma complète

    Le GV60 Magma ouvre la voie à une série complète de modèles haute performance. Des berlines G80 aux SUV GV80, Genesis prévoit de décliner le programme Magma sur toute sa gamme. La marque souhaite transformer son image et s’imposer comme acteur majeur du luxe électrique sportif. Avec le GV60 Magma, Genesis combine design distinctif, puissance extrême et technologies innovantes. L’Europe, puis l’Amérique du Nord, pourront découvrir dès 2026 ce premier modèle, annonçant une nouvelle ère de performance coréenne sur le marché international.

  • Voitures électriques et hiver rigoureux : une transition qui s’affirme

    Voitures électriques et hiver rigoureux : une transition qui s’affirme

    Ces derniers jours, l’hiver est arrivé en France avec des températures très basses. La crainte liée aux voitures électriques en conditions froides reste toujours présente. Malgré cela, les conducteurs apprennent à adapter leur usage pour préserver l’autonomie de leurs batteries. Les constructeurs développent des technologies qui améliorent les performances en conditions hivernales. Ainsi, l’hiver devient un terrain d’innovation et non plus un frein à la mobilité électrique.

    Voiture électrique en charge sous la neige pendant l’hiver
    Une voiture électrique se recharge malgré les températures négatives, illustrant la progression de la mobilité durable en hiver.

    Le froid, ennemi des batteries ?

    Commençons par un fait : nous le savons, le froid n’est pas l’allier des batteries. Il agit profondément sur leur comportement, ce qui oblige les conducteurs à anticiper. Sous 0 °C, les cellules lithium-ion perdent en efficacité, ce qui réduit l’autonomie de 20 à 30 % selon les modèles.

    Le temps de recharge s’allonge souvent, car la batterie doit être préchauffée avant d’accepter une charge rapide. Cette étape protège les cellules, mais retarde l’atteinte du niveau de charge souhaité. Il est important de réguler la température de la batterie pour que la voiture garde autonomie et puissance tout au long du trajet.

    Une autre partie de l’énergie est utilisée pour chauffer l’habitacle. Contrairement aux moteurs thermiques, les voitures électriques ne disposent pas de chaleur résiduelle. Le système puise donc directement dans la batterie pour réchauffer l’intérieur, ce qui augmente la consommation globale. Cela se ressent surtout lors de trajets courts en ville, où les démarrages répétés accentuent les pertes. Malgré ces contraintes, le conducteur doit apprendre à optimiser sa conduite et à adapter ses habitudes pour limiter la baisse d’autonomie.

    Des solutions concrètes émergent

    Dans de nombreux pays soumis à des hivers sévères, les automobilistes adaptent leurs pratiques pour préserver l’autonomie. Le préchauffage du véhicule pendant qu’il est encore branché constitue l’un des réflexes les plus efficaces. Cette méthode limite l’impact du chauffage sur la batterie lors des premiers kilomètres. Les sièges chauffants sont aussi privilégiés, car ils consomment beaucoup moins d’énergie que le chauffage général. Grâce à ces choix pratiques, les pertes d’autonomie deviennent plus prévisibles et donc plus faciles à gérer.

    Les infrastructures évoluent en parallèle pour soutenir cette transition énergétique. Les bornes de recharge s’adaptent aux climats froids en intégrant des systèmes de protection contre la glace. Certaines installations utilisent également des technologies de gestion thermique pour sécuriser la charge rapide en hiver. L’amélioration du maillage territorial permet aux conducteurs d’effectuer de longs trajets avec davantage de sérénité. Cette transformation globale contribue à instaurer une véritable confiance dans l’électrique, même lorsque les conditions sont extrêmes.

    Autoroute enneigée en montagne avec voitures roulant dans des conditions hivernales difficiles
    Des voitures circulent sur une route alpine enneigée malgré la tempête, rappelant les risques liés aux trajets hivernaux.

    Une technologie en évolution continue

    Les progrès réalisés par l’industrie automobile montrent que les batteries deviennent plus robustes année après année. Les constructeurs adoptent la pompe à chaleur, qui améliore nettement le rendement énergétique en période hivernale. Cette technologie permet de conserver jusqu’à 83 % de l’autonomie en hiver, contre 75 % pour les véhicules non équipés. Les utilisateurs profitent alors d’une expérience plus stable, même en cas de températures négatives prolongées.

    Parallèlement, les ingénieurs travaillent sur la gestion thermique interne des batteries pour optimiser leur fonctionnement. Certains systèmes utilisent des matériaux à changement de phase (PCM) afin de maintenir une température stable. D’autres misent sur des ailettes de refroidissement améliorant la dissipation de la chaleur, maintenant la température optimale de fonctionnement des batteries. Ces avancées prolongent la durée de vie des cellules et réduisent les risques de dégradation accélérée. De plus, la recharge intelligente progresse pour coordonner le chauffage et la charge au bon moment. Cette innovation permet de limiter la consommation inutile et d’améliorer l’efficacité générale du véhicule.

    L’électrique s’affirme, même dans les régions les plus froides

    L’expérience acquise dans les zones hivernales, comme les pays nordiques par exemple, prouve que les voitures électriques peuvent fonctionner de manière fiable. Les politiques publiques jouent un rôle important en soutenant l’installation de bornes adaptées et en facilitant l’accès à la mobilité propre. Ces initiatives encouragent les conducteurs à franchir le pas et à découvrir un usage finalement plus simple qu’ils l’imaginaient. Grâce à ces efforts coordonnés, l’électrique ne se limite plus aux régions tempérées et conquiert désormais des territoires soumis à des conditions climatiques exigeantes. Prenons le cas de la Norvège, qui pulvérise tous les records, avec 95,8 % de voitures neuves électriques vendues en janvier 2025 — un record mondial, selon le Conseil norvégien d’information sur le trafic routier (OFV).

    Cette évolution ouvre des perspectives intéressantes pour l’ensemble du marché automobile. Les innovations testées dans le froid extrême profitent ensuite aux conducteurs du monde entier. Les batteries gagnent en stabilité, les véhicules deviennent plus polyvalents et les infrastructures montent en puissance. Avec ces progrès, l’hiver n’est plus perçu comme une barrière, mais comme un levier pour accélérer l’amélioration globale des technologies électriques. L’avenir de la mobilité semble donc compatible avec des climats variés, ce qui renforce la place de l’électrique dans la transition énergétique mondiale.

    Comment protéger sa voiture électrique du froid ?

    L’hiver met à rude épreuve les véhicules électriques. Voici quelques gestes simples pour préserver l’autonomie et la longévité de votre batterie :

    • Préchauffez le véhicule pendant qu’il est encore branché : cela limite la consommation d’énergie de la batterie.
    • Maintenez la batterie chargée entre 40 % et 80 % pour éviter les pertes d’autonomie dues au froid.
    • Privilégiez l’usage des sièges chauffants au lieu du chauffage général, plus énergivore.
    • Garez le véhicule dans un garage ou un espace couvert pour limiter l’exposition au gel.
    • Programmez la recharge juste avant le départ afin que la batterie soit chaude et plus efficace.
    • Faites contrôler le système thermique de la batterie avant l’hiver pour prévenir tout dysfonctionnement.
  • Lola-DGR : la monoplace électrique plus rapide qu’une F1

    Lola-DGR : la monoplace électrique plus rapide qu’une F1

    Le projet Lola-DGR bouleverse les certitudes du sport automobile en annonçant des performances inédites. Pensé par Lucas di Grassi, ce concept 100 % électrique promet d’être plus rapide qu’une F1 sur certains circuits. Pourtant, malgré l’ambition affichée, la voiture n’a pas encore pris la piste et reste au stade de prototype virtuel.

    Monoplace Lola-DGR vue de face sur la piste
    La Lola-DGR face à la piste, prête à défier les performances d’une F1. (Crédit : DRG)

    Conçu hors de toute réglementation, le prototype veut prouver que la performance absolue n’est pas réservée aux moteurs thermiques. Les simulations dévoilées par l’équipe annoncent des chronos sidérants, notamment à Monaco, où il dépasserait une Formule 1 de plusieurs secondes par tour.

    Une idée née pour dépasser les limites actuelles

    Selon Lucas di Grassi, la question de départ était simple : jusqu’où peut aller une monoplace électrique si on la libère des règles habituelles ? En collaboration avec Lola, spécialiste historique du sport automobile, il a imaginé une machine exploitant des solutions techniques déjà disponibles. L’objectif reste clair : bâtir la monoplace électrique la plus efficiente jamais conçue, capable de battre une F1 sur un tour tout en consommant moins d’énergie.

    Di Grassi n’en est pas à son premier défi. Pilote engagé de longue date dans les projets électriques, il connaît parfaitement les limites et les avantages de la technologie. La sortie de la GEN4 de la Formula E, plus performante et dotée de quatre roues motrices, ne l’a pas freiné. Au contraire, elle semble avoir accéléré l’envie de prouver que l’électrique peut aller encore plus loin. Ainsi, la Lola-DGR se présente comme une réponse visionnaire, destinée à bousculer les repères établis par la F1.

    La philosophie du concept repose sur une idée forte : l’efficience peut devenir un multiplicateur de performance. La voiture n’est pas pensée comme une vitrine technologique inaccessible, mais comme un laboratoire réaliste. Elle utilise des solutions industrielles crédibles, notamment une batterie de 60 kWh intégrée dans le plancher et un refroidissement centralisé pour limiter le drag. Le tout s’inscrit dans une approche systémique qui vise à réduire les pertes d’énergie plutôt qu’à les compenser par une batterie plus lourde.

    Une aérodynamique active pensée comme une rupture totale

    Pour surpasser la Formule 1, la Lola-DGR mise surtout sur une aérodynamique active radicalement nouvelle. Le prototype combine effet de succion sous la voiture et diffuseur soufflé pour maximiser l’appui à toutes les vitesses. Ce choix technologique rappelle la Brabham « aspirateur » de 1978, mais il va beaucoup plus loin en ajoutant un contrôle du flux inédit. La voiture pourrait ainsi générer plusieurs tonnes d’appui équivalent grâce à deux turbines de 30 kW activées selon les besoins.

    L’intérêt majeur de cette solution réside dans sa capacité à stabiliser l’appui. Contrairement à une F1, qui dépend fortement de la vitesse pour générer de l’adhérence, la Lola-DGR maintient une charge constante dans les virages lents. Ce comportement ouvre la voie à des vitesses de passage supérieures dans les sections où les F1 perdent leur avantage. De plus, cette gestion flexible réduit la traînée lorsque la voiture atteint des vitesses élevées. Les ventilateurs se coupent alors pour laisser agir l’aérodynamique naturelle et optimiser la pointe.

    Monoplace Lola-DGR vue de dos sur la piste
    La Lola-DGR dévoile son architecture aérodynamique depuis l’arrière. (Crédit : DRG)

    Les roues carénées renforcent encore cette quête d’efficience. Elles diminuent fortement la traînée tout en améliorant la sécurité sur piste humide en limitant les projections d’eau. Enfin, l’absence de radiateurs latéraux permet d’affiner la silhouette du véhicule, réduisant encore la résistance à l’air. La combinaison de ces éléments affirme une seule ambition : redéfinir la hiérarchie aérodynamique en course.

    Des simulations qui promettent de battre les F1 à Monaco

    Les données les plus spectaculaires concernent les performances virtuelles réalisées sur le circuit de Monaco. Selon les analyses CFD et les simulations partenaires, la Lola-DGR serait jusqu’à 4,3 secondes plus rapide qu’une F1 actuelle sur un tour, voire jusqu’à 11 secondes selon les versions les plus optimisées du concept. Ces chiffres paraissent vertigineux quand on sait que les F1 détiennent les records de performance sur la majorité des circuits mondiaux.

    Di Grassi précise avoir basé ses calculs sur un appui de 15 kN, soit environ 1,5 tonne, une valeur qu’il juge pourtant conservatrice. En retirant certains modules de batterie pour alléger la voiture, le concept pourrait devenir encore plus affûté. De plus, la simulation montre que la Lola-DGR ne se contente pas d’un tour exceptionnel. Elle pourrait maintenir un rythme comparable à une pole position de F1 pendant une douzaine de tours, voire conserver un rythme de course pendant quinze à vingt tours. Cette capacité à enchaîner les performances démontre une efficience globale, bien au-delà du simple exploit ponctuel.

    Cet avantage provient aussi d’un pilotage facilité. L’appui constant stabilise la voiture dans les sections étroites ou bosselées des circuits urbains. La voiture semble plus prévisible et plus homogène dans toutes les phases de conduite, ce qui peut réduire les erreurs et rendre le pilotage plus agressif sans accroître le risque.

    Une gestion énergétique intelligente et tournée vers l’avenir

    Avec une batterie de seulement 60 kWh, la question de l’autonomie devient centrale. Le choix de ne pas augmenter la capacité s’explique par une stratégie axée sur l’efficience. La réduction du drag reste la première économie, tandis que l’aéro active devient un outil de gestion énergétique. Le système permet de décider quand activer les ventilateurs, quand maximiser la régénération et comment optimiser les forces latérales selon la vitesse.

    L’intégration de la batterie dans le plancher abaisse le centre de gravité et optimise la répartition des masses. Le système pourrait aussi évoluer vers une assistance hydrogène, qui jouerait le rôle de prolongateur d’autonomie ou de générateur auxiliaire pour les ventilateurs. Cette combinaison ouvre des perspectives crédibles pour des courses d’endurance. Elle pourrait rendre réaliste une participation aux 24 Heures du Mans avec une architecture entièrement zéro émission.

    Lola-DGR roulant de nuit avec phares allumés
    La Lola-DGR illumine la piste grâce à ses phares en conditions nocturnes. (Crédit : DRG)

    À court terme, le concept semble parfaitement adapté aux courses sprint comme aux tracés urbains. L’appui constant aux vitesses faibles offre un avantage considérable lors des freinages appuyés ou des réaccélérations courtes. Sur piste mouillée, l’aérodynamique maîtrisée et les roues carénées devraient apporter un comportement plus stable qu’une monoplace traditionnelle. De plus, la modularité du design permettrait d’adapter la voiture à différents circuits, du Nürburgring à Macau.

    Des ambitions claires mais un défi colossal à relever

    Malgré des chiffres impressionnants, un obstacle majeur subsiste : il faut désormais construire et tester la voiture. Lucas di Grassi affirme vouloir produire un démonstrateur opérationnel dans les deux ans. Si les performances réelles confirment les simulations, la Lola-DGR pourrait ouvrir une ère nouvelle où l’électrique ne serait plus un compromis mais un choix de performance absolue.

    Le concept veut démontrer qu’il est possible de faire mieux qu’une F1 en misant sur l’intelligence énergétique plutôt que sur la puissance brute. Il propose également une nouvelle voie pour l’industrie, avec des technologies transposables aux voitures de série, notamment une aérodynamique active raisonnée et des carrosseries anti-drag. Cette vision dépasse la simple compétition et s’étend à la mobilité de demain.

    Il faudra désormais vérifier que les promesses numériques résistent au réel. Et si tel est le cas, la Lola-DGR pourrait bien devenir la première monoplace électrique à menacer sérieusement l’hégémonie de la Formule 1. Une révolution potentielle qui transformerait durablement la manière d’imaginer la performance automobile.

  • Batteries solides : BMW et Samsung révolutionnent l’électrique

    Batteries solides : BMW et Samsung révolutionnent l’électrique

    Les batteries solides quittent enfin le laboratoire pour s’approcher des chaînes de production. Grâce à une alliance structurée entre BMW, Samsung SDI et Solid Power, la technologie franchit une étape décisive vers une commercialisation attendue avant 2030. Cette convergence d’acteurs majeurs promet une autonomie doublée, des recharges plus rapides et une sécurité accrue, relançant la course mondiale à l’innovation.

    Voiture électrique BMW en charge à l’extérieur avec batterie solide
    Une BMW équipée de batteries solides recharge à l’extérieur, symbolisant l’autonomie et la technologie avancée. (Crédit : BMW)

    Le partenariat qui pourrait changer l’industrie

    BMW, Samsung et Solid Power officialisent aujourd’hui une collaboration stratégique destinée à accélérer le développement des batteries à électrolyte solide. Cette alliance repose sur l’expertise chimique de Solid Power, la puissance industrielle de Samsung SDI et la maîtrise automobile de BMW, offrant ainsi un écosystème complet pour passer du prototype à la production. Depuis 2022, BMW et Solid Power travaillent déjà ensemble, mais l’arrivée de Samsung marque une étape cruciale. Le groupe coréen apportera ses capacités de fabrication, tandis que BMW assurera la conception et l’intégration des packs dans ses futurs modèles. Cette répartition précise des rôles doit permettre une montée en puissance rapide et maîtrisée.

    Les premiers résultats sont tangibles avec une ligne pilote inaugurée par Samsung en 2023 pour produire des prototypes envoyés aux clients. Dans le même temps, BMW a testé avec succès une i7 équipée de cellules solides en conditions réelles. Grâce à ces avancées, les partenaires envisagent une production en série avant 2030, renforçant la crédibilité d’une technologie souvent considérée comme trop ambitieuse.

    Une technologie longtemps promise enfin concrète

    Le cœur du système repose sur un électrolyte solide à base de sulfure conçu par Solid Power. Il offre une conductivité élevée et une meilleure stabilité, deux défis majeurs pour cette technologie. Les cellules fabriquées par Samsung intégreront cet électrolyte dans le séparateur ou le catholyte. BMW évaluera ensuite les performances selon des critères stricts avant de les intégrer dans ses véhicules de démonstration. Ces avancées reposent également sur une densité énergétique nettement supérieure aux standards actuels. Certaines configurations atteignent déjà 390 Wh/kg et pourraient monter à 440 Wh/kg avec une anode en lithium métallique. Des versions expérimentales visent même 560 Wh/kg, bien que leur développement soit encore à un stade précoce.

    Ces performances laissent espérer une autonomie doublée et des temps de recharge divisés par deux. Les avantages incluent aussi une meilleure durée de vie, une dégradation limitée et un profil thermique plus sûr. La technologie semble donc offrir des solutions très attendues pour accélérer l’adoption des véhicules électriques dans un marché de plus en plus concurrentiel.

    Technicien examinant une BMW équipée de batterie solide en laboratoire
    Un technicien étudie une BMW équipée de batteries solides, illustrant les tests et validations en conditions réelles. (Crédit : BMW)

    Une course mondiale qui s’intensifie

    La compétition autour des batteries solides s’accélère, car tous les grands constructeurs veulent prendre l’avantage. Nissan développe déjà ses propres solutions avec LiCAP Technologies. En Chine, CATL et BYD visent une commercialisation dès 2027, cherchant à imposer leur domination avant la fin de la décennie. En parallèle, Mercedes-Benz, Stellantis et Volkswagen avancent avec leurs partenaires dédiés, montrant que l’enjeu dépasse de loin le seul cadre technologique.

    Dans ce contexte, BMW adopte une stratégie prudente mais ambitieuse. Le constructeur multiplie les partenariats pour maximiser ses chances de réussite, tout en validant rigoureusement chaque avancée. Malgré l’absence d’un calendrier précis, la dynamique actuelle laisse penser que la batterie solide pourrait devenir une réalité industrielle plus tôt que prévu.

    Un futur électrique redéfini

    Grâce à la complémentarité des expertises réunies, BMW, Samsung SDI et Solid Power semblent mieux armés pour franchir les dernières étapes critiques. Les prototypes roulent déjà, les lignes pilotes fonctionnent et les validations avancent. Si les promesses se confirment, cette technologie pourrait transformer profondément l’industrie automobile en offrant plus de sécurité, plus d’autonomie et moins de contraintes pour les utilisateurs. Le compte à rebours est donc lancé. Les prochaines années diront si la batterie solide peut enfin tenir ses promesses et redessiner le paysage de la mobilité électrique mondiale.

    Au-delà des constructeurs, les consommateurs attendent beaucoup de cette nouvelle génération de batteries solides. En effet, l’autonomie doublée et les recharges plus rapides pourraient lever les derniers freins à l’achat d’un véhicule électrique, notamment pour les longs trajets. De plus, la sécurité accrue et la meilleure stabilité thermique renforcent la confiance du public dans cette technologie. Finalement, la combinaison de performances, de durabilité et de simplicité d’usage pourrait transformer l’expérience de conduite, tout en accélérant la transition vers une mobilité plus propre et plus efficace.

  • Décarbonation des transports : 100 M€ pour les infrastructures françaises

    Décarbonation des transports : 100 M€ pour les infrastructures françaises

    Le vaste programme européen de décarbonation des transports accorde cent millions d’euros à seize projets français, soutenant ainsi ports, aéroports et réseaux routiers. Cette enveloppe vise à accélérer la transition vers des solutions énergétiques propres et renforcer la compétitivité nationale. Elle marque également une étape stratégique pour l’électrification rapide des mobilités lourdes.

    Opérations de logistique sous un avion sur un tarmac
    Les aéroports français modernisent leurs opérations au sol pour intégrer des solutions électriques et réduire leurs émissions de CO₂.

    Un soutien massif aux ports et aux aéroports français

    Les financements européens ciblent d’abord l’alimentation électrique des navires à quai, afin de réduire les émissions dans les zones portuaires. Ainsi, les ports de Saint-Malo, Bordeaux et ceux gérés par Haropa au Havre, à Rouen et Paris bénéficient d’aides importantes. Ces installations permettront aux navires d’utiliser l’électricité terrestre plutôt que leurs moteurs auxiliaires, fortement polluants. Par ailleurs, les opérations aéroportuaires suivent ce mouvement, puisque Toulouse-Blagnac et Paris-Charles-de-Gaulle reçoivent plusieurs millions d’euros pour électrifier leurs équipements. Cette évolution renforce la cohérence des politiques environnementales tout en modernisant les infrastructures stratégiques.

    Ces subventions consolident une dynamique déjà engagée par plusieurs acteurs du secteur. Les gestionnaires portuaires souhaitent réduire l’impact environnemental du trafic maritime, très émetteur. En parallèle, les aéroports accélèrent l’intégration de matériels électriques, indispensables pour atteindre les objectifs européens de réduction des émissions. Cette convergence reflète une volonté d’adapter les équipements nationaux aux exigences climatiques.

    Le déploiement massif de stations de recharge pour véhicules électriques

    La liste des lauréats comprend également de nombreux opérateurs spécialisés dans la recharge des véhicules électriques. Engie Mobilités électriques obtient ainsi plus de cinq millions d’euros pour équiper cinquante-et-un sites destinés aux poids lourds en Europe. La majorité de ces installations seront implantées en France afin de soutenir la transition des transports routiers. TotalEnergies, pour sa part, coordonne un projet majeur regroupant dix-neuf sites capables de délivrer 76 mégawatts pour camions électriques. Cette initiative bénéficie de treize millions d’euros, illustrant l’importance stratégique du secteur logistique.

    Ces investissements facilitent l’essor d’un réseau cohérent et performant, indispensable pour les entreprises confrontées aux nouvelles contraintes énergétiques. Les corridors européens doivent accueillir rapidement des bornes capables de répondre à la demande croissante en puissance. De plus, ces réseaux permettront d’unifier les standards techniques et d’améliorer l’interopérabilité entre pays voisins.

    Poids lourds stationnés dans leur base logistique
    Les dépôts de bus et de camions se transforment avec des infrastructures de recharge pour soutenir la mobilité durable lors des transports.

    L’électro-mobilité des bus et l’essor de l’hydrogène vert

    Keolis figure également parmi les bénéficiaires, avec une subvention destinée à moderniser un dépôt de quatre-vingt-dix-huit bus dans l’est parisien. L’opérateur veut aussi électrifier un site encore dépendant du diesel, ce qui renforcera la réduction des émissions urbaines. Cette transformation s’inscrit dans une stratégie de mobilité publique durable. Elle souligne aussi les efforts réalisés par les agglomérations pour réduire la pollution locale. Parallèlement, l’hydrogène vert poursuit son avancée grâce à la start-up Qair, aidée pour déployer des stations entre Toulouse, Montpellier et Perpignan. Le soutien à cette technologie confirme sa place dans la transition des mobilités lourdes.

    Hydrogène Nouvelle Aquitaine reçoit également une aide pour un électrolyseur et plusieurs stations. Cette orientation garantit une diversification des sources énergétiques. Elle permet aussi d’intégrer plus rapidement l’hydrogène dans les usages industriels et logistiques. Enfin, l’entreprise Izivia obtient une subvention pour installer cent-soixante bornes destinées aux camions sur les autoroutes européennes. Cette démarche complète les efforts déployés par les opérateurs pour renforcer l’offre de recharge longue distance.

    Des acteurs privés fortement impliqués dans la transition

    Voltix, filiale du groupe Vinci, bénéficie d’une somme exceptionnelle de soixante-cinq millions d’euros. Ce financement permettra d’implanter quarante-cinq sites de recharge en France et dans plusieurs pays européens. La puissance totale annoncée atteint 288 mégawatts, ce qui témoigne encore une fois d’une ambition majeure pour l’électrification des poids lourds. Cette initiative illustre la volonté des entreprises de répondre aux défis technologiques liés à la transition écologique. Elle met également en lumière une coordination européenne sans précédent.

    Le réseau Electra obtient quatre millions d’euros destinés à trente-neuf sites répartis dans plusieurs États membres. Cette contribution renforce l’implantation d’un opérateur déjà bien présent dans les zones urbaines. Elle encourage aussi l’harmonisation des infrastructures entre les différents marchés de l’Union. Ce développement renforcé permettra aux usagers de bénéficier d’un réseau plus fiable et plus étendu.

    Camion circulant sur une autoroute
    Le long des grands axes européens, des bornes de recharge se multiplient pour faciliter les transports routiers électriques.

    Une stratégie européenne qui transforme le paysage français

    Ces subventions traduisent une vision commune axée sur la réduction des émissions du secteur transport. Elles soutiennent des projets concrets, ancrés dans les territoires et portés par des partenaires publics et privés. Grâce à ces investissements, la France accélère l’adaptation de ses infrastructures. Cette dynamique contribue aussi au développement économique des régions concernées. Elle favorise enfin l’innovation dans un secteur en pleine mutation.

    L’Europe confirme ici son rôle moteur dans la transition énergétique. Les projets sélectionnés répondent aux priorités environnementales fixées pour les prochaines années. Cette démarche crée un cadre stable et encourageant pour les acteurs industriels. Elle donne aussi un signal clair concernant l’importance d’investir dans des technologies propres. En somme, cette enveloppe de cent millions d’euros marque une étape significative vers des transports plus durables.

  • Leapmotor A10 : le petit SUV électrique qui veut bousculer l’Europe

    Leapmotor A10 : le petit SUV électrique qui veut bousculer l’Europe

    Le constructeur chinois Leapmotor accélère encore sa stratégie électrique. Son nouveau SUV urbain A10 vise clairement l’Europe déjà saturée. Il promet un prix agressif et des technologies inattendues pour ce segment.

    Face avant du Leapmotor A10 encore dissimulé dans l’ombre
    La face avant du Leapmotor A10 apparaît dans un teaser sombre publié par Leapmotor. (Crédit : Leapmotor)

    Un lancement stratégique dans un segment très disputé

    Leapmotor prépare une offensive majeure avec l’A10, un modèle pensé pour séduire le public européen malgré une concurrence redoutable. Le constructeur, épaulé par Stellantis, multiplie les nouveautés depuis plusieurs mois et avance avec un rythme impressionnant. Après le B05, puis le grand C10 et le compact B10, la marque dévoilera ce petit SUV 100 % électrique le 21 novembre au Salon de Guangzhou. Sa mission est claire : s’attaquer frontalement aux Peugeot e-2008, Renault 4, Jeep Avenger ou Fiat 600e, modèles qui dominent depuis longtemps le segment B.

    Les premières images publiées sur Weibo, réseau social très utilisé en Chine, confirment un design spécifique, plus tranché que celui du reste de la gamme Leapmotor. On observe une signature lumineuse avant en trois segments, ainsi qu’un profil rectiligne marqué par deux inserts arrière métalliques. Ces éléments rappellent des véhicules européens, tout en affirmant une identité nouvelle pensée pour l’international. Le SUV vise aussi une clientèle sensible au prix, critère devenu central dans un marché électrique en tension.

    Un design audacieux et quelques mystères encore entretenus

    Les teasers montrent un véhicule encore plongé dans l’ombre, mais plusieurs détails émergent déjà. L’arrière présente une signature lumineuse inattendue, ressemblant à un emoji souriant. Cette touche stylistique tranche avec le sérieux affiché par ses rivaux directs. Le toit accueille aussi une bosse importante, abritant un LiDAR réservé au marché chinois. Cette technologie permettra des fonctions avancées de conduite semi-autonome.

    L’Europe ne devrait toutefois pas profiter du LiDAR, probablement pour maîtriser les coûts de production. Les versions européennes conserveront en revanche l’architecture électrique moderne du modèle chinois, ainsi que son interface numérique orientée conduite urbaine. Les images issues des brevets confirment aussi la présence d’une trappe de recharge située sur l’aile avant gauche et des protections noires sur les bas de caisse. Ces éléments renforcent le look SUV sans sacrifier la sobriété globale.

    Une plateforme inédite pour une nouvelle série de modèles

    L’A10 inaugure la nouvelle série « A » de Leapmotor, qui comprend aussi la citadine A05. Les deux modèles reposent sur une plateforme technique inédite, développée pour répondre aux attentes européennes en matière de qualité perçue et d’agilité urbaine. Cette stratégie marque une rupture majeure dans le positionnement de Leapmotor, qui souhaite s’éloigner de l’image de « marque low cost ».

    Les proportions de l’A10 s’annoncent idéales pour un usage urbain. Long de plus de quatre mètres, le SUV se place sous le B10 dans la gamme et se rapproche des standards des Renault Captur et Peugeot 2008. Les brevets laissent entrevoir des lignes simples, bien plus dynamiques que les premiers modèles Leapmotor. La marque entend ainsi séduire une clientèle européenne exigeante, habituée à des finitions plus valorisantes et des intérieurs mieux structurés.

    Profil du Leapmotor A10 révélé dans un teaser sombre
    Le profil rectiligne du Leapmotor A10 se dévoile légèrement dans l’obscurité. (Crédit : Leapmotor)

    Une autonomie cohérente et un possible prolongateur d’autonomie

    Aucune fiche technique officielle n’a été communiquée, mais la presse chinoise évoque une autonomie avoisinant les 400 km en cycle mixte. Des rumeurs persistantes mentionnent aussi une version avec prolongateur d’autonomie réservée à la Chine. Ce système combinerait une batterie électrique et un petit moteur thermique dédié à la recharge.

    Si cette configuration se confirme, Leapmotor serait le seul acteur du segment B-SUV à proposer un tel dispositif. En Europe, seule une version 100 % électrique est attendue, sans prolongateur. La marque pourrait ainsi maintenir un prix très agressif tout en simplifiant son industrialisation. Les versions européennes devraient donc s’en tenir à une motorisation électrique classique, associée à une puissance comparable à celle de ses concurrents directs.

    Un prix qui pourrait bousculer tout le marché européen

    Le véritable choc pourrait venir du tarif annoncé. Plusieurs sources évoquent un prix d’entrée sous les 25 000 euros. À ce niveau, l’A10 deviendrait immédiatement l’un des SUV électriques les plus abordables du marché. Pour comparaison, la Renault 4 E-Tech débute à près de 30 000 euros. Le Peugeot e-2008 dépasse les 38 000 euros avant remises et bonus.

    Cet écart pourrait jouer un rôle déterminant pour une marque encore en construction sur le continent. L’A10 servirait ainsi de produit d’appel pour installer durablement Leapmotor en Europe. Stellantis, partenaire industriel et distributeur, pourrait même envisager une production en Espagne dans un second temps. Cette localisation permettrait de réduire les coûts logistiques et de simplifier l’accès aux aides gouvernementales européennes.

    Une offensive mondiale, pas seulement européenne

    Si l’Europe est ciblée en priorité, l’A10 a aussi un rôle à jouer en Amérique du Sud. Ce marché accueille déjà le BYD Atto 2 avec succès, laissant espérer à Leapmotor une percée similaire. La marque souhaite en effet développer une gamme mondiale cohérente, capable d’alimenter une croissance rapide.

    Les ventes de Leapmotor ont explosé en 2025 avec une hausse de 120 % sur dix mois. Elles devraient encore progresser avec l’arrivée de la série A, conçue pour élargir la clientèle tout en renforçant l’image de la marque. Ce petit SUV devient donc un modèle crucial pour la stratégie internationale du constructeur chinois.

    Logo officiel du Salon de l’Auto 2023 grandeur nature
    Le logo du Salon de l’Auto 2023 en version grandeur nature, aperçu lors de l’édition annuelle. (Crédit : Auto Guangzhou)

    Un rendez-vous très attendu au Salon de Guangzhou

    La présentation officielle du Leapmotor A10 le 21 novembre lèvera enfin le voile sur ses caractéristiques techniques et son habitacle. Le Salon de Guangzhou sera le premier événement où le modèle apparaîtra sans camouflage ni ombre. Les informations finales permettront de vérifier si Leapmotor peut réellement concurrencer les poids lourds européens du marché.

    En Europe, le public pourra découvrir le SUV en 2026, probablement lors du Mondial de l’Auto de Paris. Si les promesses se confirment, ce petit SUV électrique pourrait devenir l’un des grands perturbateurs du marché. Une menace claire pour les marques historiques déjà engagées dans une bataille tarifaire difficile.

  • La ruée vers les véhicules électriques chinois en Amérique du Sud

    La ruée vers les véhicules électriques chinois en Amérique du Sud

    L’Amérique du Sud connaît une croissance fulgurante des ventes de véhicules électriques, portée par les constructeurs chinois. Cette expansion s’opère alors que Tesla demeure largement absente du continent. Selon Reuters, les consommateurs adoptent ces modèles abordables, tandis que les ports et réseaux logistiques régionaux se transforment rapidement.

    Véhicules électriques chinois stationnés au mégaport de Chancay au Pérou.
    Des voitures électriques chinoises stationnées au mégaport de Chancay, au Pérou, le 13 novembre 2025, illustrant la montée en puissance des constructeurs chinois en Amérique du Sud. (Crédit : REUTERS/Gerardo Marin)

    L’essor d’un marché encore jeune

    En 2019, l’entrepreneur péruvien Luis Zwiebach voulait acheter une voiture électrique fiable. Après un essai aux États-Unis, il a découvert les limites administratives péruviennes. Malgré ces obstacles, il a trouvé un propriétaire prêt à céder sa Tesla et l’a achetée. Ensuite, il a improvisé une mise à la terre avec une fourchette pour charger la voiture, montrant l’ingéniosité nécessaire à l’époque. Depuis, les choses ont changé grâce à l’arrivée massive de modèles chinois bien moins coûteux. Aujourd’hui, BYD, Geely et GWM dominent ce segment avec des prix environ 40% plus bas que Tesla. Par ailleurs, les constructeurs traditionnels comme Toyota et Hyundai renforcent aussi leur présence électrique. Cette diversité stimule un marché encore modeste, mais en pleine expansion au Pérou. Les hybrides et électriques y ont atteint un record de 7 256 ventes cette année, en hausse notable.

    L’ouverture du port géant de Chancay a accéléré ce mouvement. Ce nouveau hub logistique, construit par la Chine, réduit fortement les temps de transport transpacifiques. Ainsi, les véhicules chinois arrivent plus vite et en plus grand nombre. Face aux restrictions commerciales croissantes en Europe et aux États-Unis, les constructeurs chinois trouvent en Amérique du Sud une porte d’entrée idéale. BYD prévoit déjà un quatrième concessionnaire à Lima et d’autres marques renforcent leurs réseaux. Zwiebach confirme que la demande progresse rapidement. Il a d’ailleurs développé de nouveaux services, incluant l’installation de bornes et de panneaux solaires. Cette demande touche aussi l’immobilier, où la présence d’un chargeur peut influencer un achat important.

    Une conquête régionale accélérée

    Les marques chinoises gagnent du terrain dans toute l’Amérique du Sud. Selon les analystes, elles profitent d’un marché local dépourvu d’offre abondante et compétitive. Elles proposent aussi des modèles adaptés aux besoins régionaux. Leur réputation en termes de qualité progresse rapidement. Au Chili, elles représentent déjà près de 30% des ventes de voitures neuves. Cette percée confirme leur stratégie d’expansion méthodique. En parallèle, l’adoption des véhicules électriques croît dans la région. D’après l’Agence internationale de l’énergie, la pénétration a doublé cette année. Cette progression repose sur des aides publiques et sur l’arrivée de modèles abordables. L’Uruguay se distingue avec une part impressionnante de 28% pour les nouvelles immatriculations. Au Brésil, les chiffres augmentent aussi malgré un marché plus protégé.

    Même l’Argentine, pourtant freinée par une économie fragile, voit les ventes électriques grimper. BYD y a lancé ses premières activités cette année. La marque domine déjà plusieurs pays voisins. Cette réussite repose en partie sur l’association avec des importateurs locaux. Ceux-ci comprennent les attentes des consommateurs et facilitent la distribution. En Uruguay, les concessionnaires constatent un basculement rapide vers ces modèles. À Punta del Este, BYD dépasse désormais les marques européennes et japonaises. Les prix très compétitifs renforcent cet engouement. Un pick-up chinois peut coûter beaucoup moins que ses équivalents traditionnels. Cet avantage crée un écart décisif pour les acheteurs.

    Vue aérienne du port de Chancay au Pérou.
    Vue de haut du port de Chancay, infrastructure clé du commerce maritime reliant la Chine à l’Amérique du Sud. (Crédit : Cosco)

    Le rôle clé des nouveaux hubs logistiques

    Le port de Chancay illustre cette transformation régionale. Les ouvriers y déchargent chaque semaine des centaines de voitures venues de Chine. Cosco Shipping prévoit près de 19 000 arrivées pour la fin de l’année. Ce port ne sert plus seulement le Pérou. Il redistribue maintenant des véhicules vers le Chili, la Colombie et l’Équateur. Cette stratégie renforce la place du Pérou dans la chaîne logistique régionale. Pour certaines marques comme Chery, cette plateforme accélère les livraisons sur plusieurs marchés. Les chiffres des douanes montrent une hausse spectaculaire des arrivées depuis janvier.

    Cependant, ailleurs dans la région, cette invasion suscite parfois des tensions. Au Brésil, certains acteurs dénoncent une concurrence jugée déloyale. Les importations massives profitent de tarifs temporairement bas. Cela pousse les constructeurs chinois à investir dans des usines locales. BYD assemble déjà des modèles dans l’ancienne usine Ford de Bahia. Great Wall Motors produit aussi partiellement au Brésil. Ces investissements devraient permettre d’exporter depuis le Brésil vers d’autres pays d’ici quelques années. Les accords commerciaux régionaux renforcent cette perspective. Pour les industriels locaux, la remontée progressive des taxes vise à protéger la production nationale.

    Une transition encore semée d’obstacles

    Malgré cette dynamique, plusieurs défis persistent. Les distances longues et les infrastructures limitées freinent parfois l’adoption. Zwiebach souligne les difficultés pour parcourir toute la côte péruvienne sans planification. Les réseaux de recharge restent inégaux et nécessitent des investissements coordonnés. Toutefois, les coûts d’usage réduits des voitures électriques séduisent les conducteurs. Ces véhicules nécessitent moins d’entretien qu’un modèle classique. Cette économie attire de nombreux consommateurs à la recherche de solutions durables et économiques.

    Dans les années à venir, l’Amérique du Sud pourrait devenir un terrain clé pour l’électromobilité mondiale. Les constructeurs chinois y voient une opportunité stratégique. Les gouvernements veulent moderniser leur parc automobile. Les consommateurs souhaitent réduire leurs dépenses liées au carburant. Cette convergence crée un contexte favorable à une adoption plus large. Si les réseaux de recharge s’améliorent, la croissance pourrait s’accélérer. Plusieurs pays ambitionnent déjà de suivre les trajectoires observées en Europe ou en Chine. Les prochains investissements décideront de la rapidité de cette transition.

  • Eenuee veut faire décoller l’avion électrique français

    Eenuee veut faire décoller l’avion électrique français

    La jeune entreprise Eenuee, basée à Saint-Étienne, poursuit son ambition de révolutionner l’aviation régionale avec un appareil 100 % électrique. Grâce à un nouveau partenariat industriel et une levée de fonds en cours, son projet prend une dimension plus concrète. Son objectif : faire voler un avion de 19 places, aussi accessible qu’un billet de TGV, d’ici à 2029.

    Avion électrique GEN-ee d’Eenuee en vol au-dessus des montagnes
    Le futur avion régional 100 % électrique GEN-ee d’Eenuee survole les montagnes, symbole de mobilité propre et silencieuse. (Crédit : Eenuee)

    Une alliance stratégique pour franchir un cap décisif

    Après plusieurs années de recherches et de tests prometteurs, Eenuee s’associe aujourd’hui à Duqueine Group, entreprise aindinoise réputée pour son expertise dans les matériaux composites aéronautiques. Ce partenariat, présenté comme un « atout majeur » par Benjamin Persiani, PDG d’Eenuee, doit permettre à la start-up de passer du prototype réduit à un démonstrateur de plus grande envergure. Duqueine, fournisseur de pièces pour Airbus, Safran ou Dassault, apportera son savoir-faire industriel pour concevoir la structure du futur avion. Ensemble, les deux acteurs veulent prouver que l’innovation régionale peut rivaliser avec les grands noms de l’aéronautique.

    Cette collaboration marque une étape clé pour Eenuee, qui travaille depuis 2019 sur son avion régional baptisé GEN-ee. Ce modèle, aux allures d’aile volante, repose sur un concept de « fuselage porteur », plus complexe à concevoir, mais offrant de meilleures performances aérodynamiques et énergétiques. Les premiers tests d’un prototype radiocommandé de quatre mètres d’envergure ont déjà validé la faisabilité technique du projet.

    Un prototype deux fois plus grand pour s’approcher du réel

    Prochaine étape : la construction d’un modèle de huit mètres, soit le double du prototype initial. Cette version intermédiaire, prévue d’ici à 2027, permettra à l’équipe de se rapprocher d’un appareil certifiable. Les ingénieurs d’Eenuee y verront l’occasion de tester en conditions réelles les performances du fuselage et de la propulsion électrique. L’objectif à terme est ambitieux : concevoir un avion de 33 mètres d’envergure capable de transporter 19 passagers sur 500 kilomètres, sans émissions polluantes.

    Pour y parvenir, Eenuee doit encore lever près de 4 millions d’euros. Soutenue par la Banque publique d’investissement via une aide Deeptech, la société multiplie les discussions avec des fonds d’investissement. Selon Baptiste Giuliani, responsable commercial, « chaque passager de notre avion consommera moins qu’un conducteur de voiture électrique ».

    Avion électrique GEN-ee vu de dos en plein vol
    L’avion électrique GEN-ee d’Eenuee, vu de dos, incarne la nouvelle génération d’aéronefs régionaux zéro émission. (Crédit : Eenuee)

    Un avion propre, silencieux et polyvalent

    Le GEN-ee se distingue par une autonomie annoncée de 500 kilomètres et une vitesse de croisière d’environ 260 km/h. Il fonctionnera grâce à deux moteurs à hélices carénés alimentés par 1 500 kg de batteries solides. Ses concepteurs affirment qu’il consommera jusqu’à onze fois moins d’énergie qu’un avion thermique équivalent, tout en réduisant considérablement le bruit. Cet appareil silencieux et bas-carbone pourrait ainsi relier, par exemple, Clermont-Ferrand à Nantes en moins de deux heures, ou Rome à Monaco en un peu plus de deux heures.

    Autre atout majeur : sa polyvalence. L’avion électrique d’Eenuee pourra décoller et atterrir sur des pistes très courtes, voire sur des surfaces herbeuses ou aquatiques. Une version amphibie est même envisagée, capable d’amerrir dans des zones insulaires. Cette flexibilité intéresse déjà plusieurs compagnies régionales à la recherche de solutions adaptées aux territoires isolés.

    Un défi industriel et une course contre la montre

    Face à son concurrent toulousain Aura Aero, qui développe l’avion hybride ERA, Eenuee avance à pas mesurés, mais déterminés. Le projet toulousain bénéficie d’une longueur d’avance et de nombreuses précommandes, mais l’approche 100 % électrique des Stéphanois séduit par sa cohérence écologique. Si tout se déroule comme prévu, le premier vol du prototype à taille réelle interviendra en 2029, avant une mise en service vers 2033.

    Au-delà de la prouesse technologique, Eenuee veut participer à la structuration d’une filière aéronautique bas-carbone en Auvergne-Rhône-Alpes. En s’appuyant sur un écosystème local d’entreprises innovantes, la start-up espère prouver qu’une transition énergétique réussie peut aussi venir des régions. Pour Benjamin Persiani, « ce partenariat régional est un atout majeur. Il nous permet d’unir agilité technologique et force industrielle locale pour franchir une étape clé. » Une combinaison essentielle pour faire décoller l’avenir de l’aviation propre.

    Avion électrique Eenuee GEN-ee survolant la mer
    L’avion électrique GEN-ee survole les eaux calmes, démontrant sa polyvalence et la possibilité d’une future version amphibie. (Crédit : Eenuee)

    Vers un nouveau modèle de transport régional

    Avec son projet GEN-ee, Eenuee ambitionne de rendre le transport aérien aussi écologique que le train, tout en conservant sa rapidité et sa flexibilité. Son objectif est clair : offrir des liaisons régionales à prix abordable, sans compromis sur l’environnement. Si les défis techniques et financiers sont encore nombreux, la vision portée par cette jeune équipe stéphanoise symbolise une nouvelle ère pour l’aviation française.

    À l’horizon 2030, il n’est donc pas impossible que les passagers du futur embarquent depuis un petit aérodrome régional à bord d’un avion électrique « made in Saint-Étienne ». Un symbole fort de la transition vers un ciel plus propre, plus silencieux et plus durable.

  • Lucid et NVIDIA : la route vers les premiers véhicules autonomes

    Lucid et NVIDIA : la route vers les premiers véhicules autonomes

    Lucid et NVIDIA annoncent une collaboration majeure pour propulser l’industrie automobile vers l’autonomie complète. Le constructeur électrique entend révolutionner l’expérience de conduite. Cette alliance vise à combiner intelligence artificielle et excellence manufacturière pour ses prochains véhicules.

    Voiture électrique Lucid vue de face et de profil dans l’ombre, design élégant et futuriste
    La Lucid EV dévoile son design futuriste, alliant élégance et performance dans un jeu d’ombres subtil. (Crédit : Lucid)

    Une autonomie inédite pour les véhicules de demain

    Lucid prévoit de lancer l’un des premiers véhicules autonomes de niveau 4 destinés aux consommateurs, intégrant la technologie NVIDIA DRIVE AGX Thor. Cette avancée permettra une conduite véritablement « sans regarder, sans toucher, sans réfléchir », ouvrant une nouvelle ère pour l’automobile. Le projet s’appuie sur l’ADAS DreamDrive Pro, introduit sur la Lucid Air en 2021, déjà capable de conduite mains libres et de changements de voie automatiques.

    Dès aujourd’hui, Lucid amorce la transition avec la Lucid Gravity et ses futurs modèles midsize en conduite assistée L2++, garantissant sécurité et confort. L’objectif final reste d’atteindre le niveau 4, grâce à un système multi-capteurs combinant caméras, radar et lidar. Deux ordinateurs NVIDIA DRIVE AGX Thor permettront d’unifier toutes les fonctions d’automatisation et d’assurer une progression fluide sur l’échelle de l’autonomie.

    Partenariat stratégique avec NVIDIA

    Cette collaboration ne se limite pas aux véhicules. NVIDIA apporte également sa plateforme industrielle pour optimiser la fabrication et réduire les coûts. Lucid pourra ainsi créer des usines intelligentes, pilotées par des robots connectés et des jumeaux numériques pour simuler et valider les processus. La planification devient plus rapide, les lignes de production plus flexibles et la qualité plus rigoureuse.

    Pour Jensen Huang, fondateur de NVIDIA, cette alliance transforme chaque véhicule en supercalculateur sur roues, réinventant la mobilité avec intelligence. De son côté, Marc Winterhoff, PDG intérimaire de Lucid, souligne la volonté de combiner technologie de pointe et excellence en ingénierie. Ensemble, ils ambitionnent de livrer une expérience de conduite luxueuse et totalement autonome.

    Gros plan sur la voiture Lucid avec le logo visible, lumière sur le design et l’ombre
    Gros plan sur le véhicule Lucid, où le logo émerge subtilement de l’ombre, symbole de puissance et innovation. (Crédit : Lucid)

    Vers une fabrication pilotée par l’IA

    Au-delà de la conduite, Lucid exploite la plateforme industrielle de NVIDIA pour optimiser la production. La digitalisation et l’intelligence artificielle permettent de simuler les usines avant leur construction, d’anticiper les problèmes et de planifier des solutions efficaces. Les robots suivent des trajectoires optimisées, garantissant sécurité et rapidité, tout en réduisant les coûts de production.

    Cette stratégie ouvre la voie à des lignes de fabrication reconfigurables, capables de s’adapter à différents modèles et volumes. Le recours aux jumeaux numériques permet aussi de tester des scénarios complexes sans interrompre la production réelle. Ainsi, Lucid combine autonomie des véhicules et intelligence de l’usine pour créer une chaîne complète innovante.

    Une expérience client transformée

    Pour les consommateurs, cette évolution promet un futur où luxe, performance et autonomie se rejoignent. Les véhicules Lucid deviendront des plateformes logicielles évolutives, capables de recevoir des mises à jour continues. Cela garantit que chaque voiture reste à la pointe de l’innovation, même après sa livraison.

    En intégrant NVIDIA DRIVE AV et son architecture évolutive, Lucid assure une continuité technologique, permettant l’ajout de nouvelles fonctionnalités autonomes et de sécurité. Les conducteurs pourront ainsi profiter d’une expérience fluide, intelligente et sûre, transformant radicalement la notion de conduite personnelle.

    Lucid et l’avenir de la mobilité électrique

    Lucid se positionne comme un acteur majeur de la mobilité électrique intelligente. Avec des usines aux États-Unis et en Arabie Saoudite, l’entreprise combine performance, design et efficacité énergétique. L’intégration de l’IA dans ses véhicules et ses usines promet de redéfinir les standards de l’industrie, tout en préparant le terrain pour une adoption massive de la conduite autonome.

    Grâce à ce partenariat stratégique, l’automobile du futur devient une réalité tangible, où intelligence artificielle et innovation technologique offrent des véhicules sûrs, performants et résolument tournés vers l’avenir.