Auteur/autrice : Marceau Nio

  • L’électromobilité en Russie : un marché encore limité, porté par l’État et dominé par les marques chinoises

    L’électromobilité en Russie : un marché encore limité, porté par l’État et dominé par les marques chinoises

    En Russie, l’électromobilité ne suit pas la trajectoire observée dans plusieurs marchés européens ou asiatiques. En mai 2026, le pays affiche des ambitions industrielles importantes, mais les ventes de véhicules électriques restent encore modestes. Derrière les objectifs gouvernementaux, la réalité du marché reste marquée par une forte dépendance aux constructeurs chinois, un environnement économique sous contraintes et une industrie locale encore en développement. Ce contraste résume aujourd’hui la situation russe : une stratégie publique ambitieuse, mais un marché qui cherche encore sa vitesse de croisière.

    Un marché électrique qui ralentit après plusieurs années de croissance

    Après plusieurs années de progression rapide, le marché russe du véhicule électrique a connu un net ralentissement. En 2024, 18 217 véhicules électriques neufs ont été vendus selon Autostat Info. En 2025, les immatriculations ont reculé à environ 12 500 unités, soit une baisse d’environ 30 % sur un an.

    Même si les chiffres pour 2026 restent encore limités dans les sources publiques, une tendance se dessine déjà : le marché électrique russe reste inférieur à 2 % du marché automobile total.

    Cette baisse ne signifie toutefois pas un désengagement politique. Au contraire, Moscou continue d’accélérer ses programmes industriels autour des batteries, de la recharge et de la production nationale.

    Des marques chinoises devenues incontournables

    Le marché russe est aujourd’hui largement dominé par les constructeurs chinois ou par des véhicules assemblés localement sur des bases technologiques étrangères.

    En 2025, Zeekr conservait la première place avec environ 3 000 ventes, malgré une baisse annuelle de près de 61 %.

    Derrière, plusieurs acteurs se distinguent :

    • Evolute : 1 800 véhicules (+45 %)
    • Amberavto : 1 126 véhicules
    • Avatr : 978 véhicules
    • Moskvich 3e : 880 véhicules

    Une autre lecture du marché intégrant les modèles électrifiés et hybrides rechargeables montre également une forte présence d’autres acteurs comme LiXiang, Voyah, Tesla, et d’autres.

    Cette domination chinoise est devenue l’une des caractéristiques majeures du marché russe actuel.

    source : Zeekr

    Les modèles électriques les plus visibles du marché russe

    Du côté des modèles, plusieurs véhicules concentrent une grande partie des immatriculations. Les statistiques disponibles montrent une domination très nette des modèles chinois et des véhicules assemblés localement.

    Au premier semestre 2025, le Zeekr 001 dominait le marché avec 775 immatriculations, confirmant sa position de référence sur le segment électrique russe. Derrière lui figurait l’Evolute i‑PRO avec 454 unités, suivi du Moskvich 3e(350 unités), de l’Avatr 11 (298 unités) et de l’ORA 03 (245 unités). 

    Le marché a également évolué au cours du second semestre. À partir de septembre-octobre 2025, l’Amberavto A5 est devenu ponctuellement le modèle électrique le plus vendu du pays avec 358 unités sur le seul mois d’octobre, devant le Zeekr 001 (148 véhicules) et l’Evolute i‑JOY (99 unités). 

    Autrefois très présent sur le marché russe, le Nissan Leaf a vu son influence fortement diminuer face à l’arrivée massive des constructeurs chinois.

    source : Amberavto

    Une industrie nationale qui cherche encore son autonomie

    La Russie dispose de plusieurs acteurs nationaux dans l’électromobilité, mais leur niveau d’indépendance technologique reste encore variable. Une grande partie des projets actuels repose sur des partenariats étrangers, principalement chinois.

    Le premier acteur reste AvtoVAZ, constructeur historique du pays connu pour sa marque Lada. L’entreprise travaille depuis plusieurs années sur une nouvelle plateforme destinée à accueillir plusieurs motorisations : thermique, hybride, gaz naturel et électrique. L’objectif affiché est une montée en puissance progressive à l’horizon 2027-2028, même si le groupe ne constitue pas encore une référence du marché russe des véhicules électriques.

    Autre acteur important : Evolute. La marque est devenue l’un des principaux représentants russes du véhicule électrique et figure régulièrement parmi les meilleures ventes du pays. En 2025, elle a enregistré environ 1 800 immatriculations, soit une progression de 45 % sur un an. Toutefois, sa technologie provient encore largement de partenariats étrangers.

    On retrouve également Amberavto, développé par Avtotor, entreprise basée à Kaliningrad. La marque a notamment gagné en visibilité avec l’Amberavto A5, qui a dépassé 1 100 ventes en 2025 et s’est hissé parmi les modèles électriques les plus visibles du marché russe.

    Autre nom historique revenu sur le devant de la scène : Moskvich. Le constructeur, relancé récemment, commercialise notamment le Moskvich 3e, un SUV électrique qui a enregistré près de 880 immatriculations en 2025.

    Enfin, le projet le plus symbolique reste celui de Kama, avec son véhicule Atom. Présenté comme la première voiture électrique développée intégralement en Russie, le modèle doit représenter une étape importante pour l’industrie locale. Pour le moment, Atom reste surtout un projet industriel stratégique plutôt qu’un véritable acteur commercial du marché.

    source : Wikipédia

    Une politique publique très ambitieuse sur la recharge

    Pour développer l’électromobilité, les pays et les entreprises ont souvent besoin de l’appui des décideurs politiques. À ce sujet, le gouvernement russe conserve des objectifs particulièrement élevés pour l’infrastructure.

    Un plan officiel à horizon 2030 existe, il prévoit notamment la création de 72 000 stations de recharge et 28 000 bornes rapides. L’hydrogène est également dans les projets du pays de l’Est car 1 000 stations hydrogène devraient voir le jour. 

    Et parce que ce secteur a besoin d’hommes et de femmes pour se développer, la Russie a pour idée de créer 39 000 emplois supplémentaires dans les secteurs liés aux batteries, à l’électronique et à l’électrochimie

    L’État a également annoncé en 2025 une enveloppe supplémentaire de 5,7 milliards de roubles pour soutenir l’installation d’environ 1 900 stations rapides DC d’au moins 149 kW.

    En 2024, la Russie comptait déjà environ 2 000 bornes rapides, signe d’une progression réelle mais encore loin des objectifs affichés.

    Des aides financières pour stimuler la demande

    Le soutien gouvernemental ne se limite pas aux infrastructures.

    Parmi les mesures mises en avant :

    • aides à l’achat pouvant atteindre 25 % du prix du véhicule
    • plafond pouvant aller jusqu’à 625 000 roubles
    • gratuité des routes à péage pour les véhicules électriques dans certains programmes
    • soutien aux constructeurs produisant localement

    L’objectif affiché par Moscou est clair : atteindre une situation où une voiture produite sur dix en Russie serait électrique à l’horizon 2030.

    Progressivement, la stratégie russe semble évoluer d’une logique d’aide directe à l’achat vers une approche plus large intégrant industrie, batteries, infrastructures et emploi.

    Des freins structurels toujours importants

    Malgré ces ambitions, plusieurs obstacles continuent de freiner le développement du secteur.

    Le premier concerne les sanctions internationales liées au conflit avec l’Ukraine. Ces sanctions compliquent l’accès aux composants, aux logiciels et à certaines technologies liées aux batteries.

    Le deuxième est la forte dépendance aux constructeurs chinois, qui comme vous l’avez lu précédemment, occupent aujourd’hui une place centrale dans les ventes et l’approvisionnement.

    Le troisième frein reste la taille du marché lui-même. Les volumes demeurent trop faibles pour générer rapidement des économies d’échelle comparables aux grands marchés mondiaux.

    Enfin, les caractéristiques géographiques du pays compliquent également le développement de l’électromobilité : longues distances, températures hivernales extrêmes.

    Une électromobilité encore largement construite par l’État

    En mai 2026, la Russie ne possède pas encore un marché électrique de masse. En revanche, elle possède déjà une stratégie industrielle structurée. En effet, l’électromobilité russe avance aujourd’hui autour de trois piliers : la production locale, les infrastructures et les technologies de batteries.

    Mais pour l’instant, le marché réel reste encore fortement dépendant des décisions publiques, des aides financières et des partenaires chinois.

    L’enjeu des prochaines années ne sera donc probablement pas seulement d’augmenter les ventes, mais aussi de transformer ces ambitions politiques en une filière industrielle capable de gagner en autonomie.

  • Hyundai Boulder Concept : le constructeur coréen prépare sa conquête du 4×4 américain

    Hyundai Boulder Concept : le constructeur coréen prépare sa conquête du 4×4 américain

    À New York, au Salon international de l’automobile 2026, Hyundai a dévoilé le Boulder Concept. Un 4×4 à châssis séparé, au design brutal et qui laisse imaginer un pick-up mid-size attendu vers 2030. Mais derrière le produit pur, c’est surtout une question stratégique que pose le constructeur coréen : comment un acteur majeur de l’électromobilité s’impose-t-il sur un segment historiquement thermique, très codifié, et dominé depuis des décennies par les Américains et les Japonais ?

    source : Hyundai

    New York, le bon endroit pour ce message

    Hyundai aurait pu présenter ce concept dans un salon plus orienté technologie ou électromobilité. Mais il a choisi New York, c’est-à-dire le marché où les 4×4 connaissent le plus de succès, mœurs américains oblige. En effet, c’est aux USA que se vendent les Jeep Wrangler, les Ford Bronco et les Toyota 4Runner, trois références que le Boulder vise frontalement, même s’il ne les nomme pas.

    source : Hyundai

    Le concept s’inscrit dans la continuité du Hyundai Crater, présenté en 2025, mais avec une approche qui semble cette fois plus structurée et plus proche d’une industrialisation réelle. Cette présentation en grande pompe ressemble plus à une prise de position qu’à une exploration formelle. 

    source : Hyundai

    L’architecture d’abord : un châssis séparé, un choix qui engage

    Le point le plus important du Boulder n’est pas son design. C’est sa base technique. Le projet repose sur une future plateforme body-on-frame. Ce terme signifie que le châssis est séparé, typique des grands 4×4 et pick-ups américains. Ce qui est promis par le constructeur c’est que ce fameux chassis est destiné à accueillir un pick-up vers 2030.

    Ce choix dit quelque chose d’essentiel sur les ambitions de Hyundai. Car sans châssis séparé, il n’y a pas de remorquage sérieux, pas de franchissement réel, et donc pas de réelle crédibilité sur ce segment où la voiture est bien souvent un véritable outil de travail. 

    source : Hyundai

    Pour ce qui est du choix énergétique du 4×4, Hyundai ne confirme pas encore de motorisation précise pour le Boulder. La porte reste ouverte à des solutions hybrides ou électrifiées, mais rien n’est acté à ce stade. Ce qui est clair, en revanche, c’est que le constructeur ne se prive d’aucune option, et que sa trajectoire globale d’électrification donne un cadre à ce projet.

    Un design qui ne cherche pas à plaire à tout le monde

    Le Boulder adopte le langage formel « Art of Steel » de la marque, mais poussé ici dans une direction radicalement différente de celle des Ioniq ou des Tucson (best seller de la marque). Clairement, ça se voit, on est clairement pas sur un modèle avec des lignes fluides, pas sur un modèle qui optimise son aérodynamisme, ni qui possède des surfaces tendues. À la place, à la manière de ce que peut faire Range Rover avec Defender, on a à faire à des volumes massifs, des angles francs, des proportions larges et compactes, et des éléments de protection clairement visibles.

    source : Land Rover

    Pour le constructeur, c’est typiquement un engin qui se veut fonctionnel, et c’est précisément ce qui le rend crédible sur ce segment. L’intérieur suit la même logique : matériaux renforcés sur les zones de contact, commandes physiques en nombre, surfaces modulables, organisation pensée pour les usages outdoor et professionnels. Hyundai intègre aussi un système d’assistance numérique dédié à la conduite hors route, un domaine où la marque peut se différencier de ses concurrents historiques grâce à son avance sur l’électronique embarquée.

    source : Hyundai

    Ce que le Boulder dit de la stratégie de Hyundai en Amérique du Nord

    Il serait réducteur de lire le Boulder uniquement comme un concept de 4×4. Il faut le replacer dans la feuille de route plus large du groupe Hyundai, qui vise 5,55 millions de ventes mondiales en 2030, dont 60 % de véhicules électrifiés hybrides, rechargeables et 100 % électriques confondus. Plus de 18 modèles hybrides sont annoncés à l’horizon 2030.

    L’Amérique du Nord joue un rôle central dans cette stratégie. Hyundai accélère sa production locale avec la Metaplant en Géorgie, qui doit apporter une capacité additionnelle de 500 000 unités, pour un total de 1,2 million d’unités supplémentaires à l’échelle mondiale d’ici 2030.

    Dans ce cadre, l’apparition du Boulder est le signe que Hyundai veut sortir de l’image d’un constructeur fort en SUV routiers bien finis, pour s’imposer sur des segments à plus fort ancrage culturel aux États-Unis : les pick-ups et les 4×4.

    source : Hyundai

    La vraie question posée par ce concept

    Ce que le Boulder Concept révèle, c’est la prochaine étape de l’ambition américaine de Hyundai : ne plus se contenter des segments où il est déjà attendu, et attaquer frontalement un territoire thermique historique avec une approche qui pourra, à terme, intégrer une dimension électrifiée.

    C’est un pari industriel et culturel. Le marché américain du 4×4 et du pick-up n’a pas encore basculé vers l’électrique, avec des niveaux d’adoption encore limités et des attentes très spécifiques en matière de remorquage et d’autonomie réelle. Mais Hyundai parie que d’ici 2030, quand le modèle de série dérivé du Boulder sera prêt, les conditions auront évolué. La réponse sera dans le produit, rendez-vous en 2030.

  • XPeng lance la production de son premier Robotaxi de série et accélère dans la conduite autonome

    XPeng lance la production de son premier Robotaxi de série et accélère dans la conduite autonome

    Le constructeur chinois vient de faire sortir des chaînes de Guangzhou le premier exemplaire produit en série de son Robotaxi. Plus qu’un nouveau véhicule, XPeng y voit une étape vers le déploiement commercial de ses services de conduite autonome.

    source : XPeng

    Une étape importante pour XPeng

    XPeng a oiificialisé le 18 mai 2026 la sortie de chaîne de son premier Robotaxi produit en série dans son usine de Guangzhou. Une annonce qui marque une nouvelle étape pour le constructeur chinois, déjà présent sur le marché des véhicules électriques, mais qui cherche désormais à accélérer sur celui de la mobilité autonome.

    La marque explique qu’il s’agit de la première fois en Chine qu’un constructeur automobile parvient à produire en masse un Robotaxi développé entièrement en interne. XPeng ne parle pas uniquement de l’assemblage du véhicule mais de toute la chaîne technologique, depuis les puces électroniques jusqu’aux logiciels de conduite autonome.

    Le modèle repose sur la nouvelle plateforme GX et a été conçu pour répondre aux standards de conduite autonome de niveau 4 (L4). Concrètement, cela signifie que le véhicule peut assurer seul ses déplacements dans des zones définies sans intervention humaine.

    source : XPeng

    Ce projet se prépare depuis le mois de janvier 2026, lors duquel, XPeng avait une autorisation d’essais routiers à Guangzhou. En mars, la société a créé son unité commerciale Robotaxi pour superviser la définition des produits, les tests de R&D et les opérations, accélérant ainsi la feuille de route de commercialisation.

    Une stratégie technique différente de plusieurs concurrents

    L’une des grosses nouveautés qui peut effrayer (sur le papier) les sceptiques de la conduite autonome, c’est que sur le plan technique, XPeng adopte une approche qui diffère d’une grande partie des acteurs du secteur.

    En effet, alors que de nombreux Robotaxis s’appuient sur des capteurs LiDAR et des cartographies haute définition très détaillées, XPeng fait le choix d’une approche dite “Vision-Language-Action ». Le véhicule se repose principalement sur des caméras et sur son modèle d’intelligence artificielle VLA 2.0 pour interpréter son environnement et prendre des décisions.

    source : XPeng

    Le constructeur affirme que cette architecture permet de réduire le temps de réaction du système à moins de 80 millisecondes. Le Robotaxi embarque également quatre puces maison Turing AI qui développent une puissance de calcul annoncée à 3 000 TOPS.

    L’objectif affiché par XPeng est aussi de simplifier le déploiement du véhicule dans différentes villes. Car en limitant sa dépendance à des cartes de villes extrêmement détaillées, le constructeur estime pouvoir accélérer une éventuelle extension à d’autres marchés.

    Cette approche reste néanmoins observée avec attention. Certains acteurs du secteur considèrent encore les capteurs LiDAR comme une sécurité supplémentaire dans certaines situations plus complexes comme le brouillard dense, de fortes pluies ou des conditions de luminosité difficiles. Pour répondre à cela, l’entreprise insiste sur une architecture matérielle à double redondance pour assurer un fonctionnement correct en cas de panne de l’un des systèmes.

    source : XPeng

    Un habitacle pensé pour des trajets sans conducteur

    Avec l’absence de chauffeur, la marque au X a pris la liberté de modifier également l’organisation intérieure du véhicule.

    XPeng explique avoir davantage travaillé l’expérience passager avec plusieurs équipements spécifiques comme des vitres à opacité variable, des sièges dits « zéro gravité » et des écrans destinés aux occupants arrière.

    Le véhicule intègre également un assistant vocal permettant de gérer plusieurs fonctions comme les réglages du véhicule ou certaines fonctions multimédias pendant le trajet. L’objectif est assez simple : faire évoluer l’habitacle vers un espace davantage orienté vers le transport et moins vers l’expérience traditionnelle de conduite.

    La Chine accélère sur le marché des Robotaxis, à défaut de l’Europe

    Cette annonce s’inscrit dans un mouvement large dans lequel la Chine cherche depuis plusieurs années à prendre une position dominante sur la conduite autonome, après avoir déjà largement consolidé son avance dans les véhicules électriques.

    XPeng rejoint ainsi un écosystème déjà bien structuré, aux côtés d’acteurs comme Baidu avec son service Apollo Go, mais aussi Pony.ai et WeRide. Tous avancent désormais vers une même logique : sortir de la phase de test pour entrer dans une industrialisation progressive des flottes de robotaxis.

    source : XPeng

    Cette accélération contraste avec la situation européenne. Alors que le continent avait déjà pris du retard sur la chaîne de valeur des véhicules électriques, notamment sur les batteries, les composants clés et certains logiciels embarqués, il apparaît aujourd’hui également en retrait sur la conduite autonome de niveau 4. Les expérimentations existent, mais elles restent limitées.

    À l’inverse, la Chine et les États-Unis structurent déjà des services à grande échelle, avec des volumes de courses en augmentation et des stratégies d’extension territoriale. Dans ce contexte, la dépendance technologique durable de l’Europe risque de se poursuivre.

    Des essais cette année, un objectif fixé à 2027

    XPeng prévoit de lancer des opérations pilotes au cours du second semestre 2026 afin d’évaluer plusieurs aspects : la fiabilité technique, la réaction des utilisateurs ainsi que la viabilité économique du service.

    Le constructeur vise ensuite une exploitation entièrement autonome sans opérateur de sécurité à bord à partir de 2027.

  • Stellantis prépare une nouvelle génération de petites voitures électriques à bas prix pour l’Europe

    Stellantis prépare une nouvelle génération de petites voitures électriques à bas prix pour l’Europe

    Stellantis a annoncé le lancement du projet E-Car, un programme destiné à développer une nouvelle génération de petites voitures électriques produites en Europe. Attendus à partir de 2028, ces futurs modèles doivent permettre au groupe de revenir sur un segment progressivement délaissé ces dernières années : celui des citadines accessibles.

    source : Simon Wohlfahrt / AFP

    Un projet plutôt qu’un modèle unique

    Depuis plusieurs années, les constructeurs européens se sont progressivement éloignés des modèles les plus abordables au profit de véhicules plus grands et plus rentables. Résultat : l’offre de petites voitures accessibles s’est fortement réduite en Europe.

    Avec son projet E-Car, Stellantis annonce vouloir revenir sur ce terrain historique. Mais contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, il ne s’agit pas d’un modèle unique. Le groupe décrit plutôt E-Car comme une nouvelle famille de véhicules électriques compacts et abordables, appelée à être déclinée par plusieurs marques de son portefeuille.

    Dans son communiqué, le constructeur décrit ces futurs véhicules comme des modèles « électriques, compacts, innovants et abordables », développés dans une logique de « mobilité pour tous ».

    source : Stellantis

    Le groupe veut notamment répondre à une réalité du marché : les petites voitures accessibles se sont progressivement raréfiées en Europe, laissant un vide entre les véhicules urbains et les modèles plus polyvalents mais aussi plus coûteux.

    Un retour vers l’ADN historique de Stellantis

    L’annonce marque aussi une forme de retour aux fondamentaux pour plusieurs marques du groupe. Pendant des décennies, Fiat, Citroën ou encore Opel ont construit une partie de leur identité sur des véhicules simples, compacts et pensés pour le plus grand nombre. On peut notamment citer la Fiat Panda ou la Fiat 500 chez Fiat, la Citroën 2CV ou la Citroën AX chez Citroën, ainsi que la Opel Corsa chez Opel. Des voitures qui ont longtemps reposé sur une recette assez similaire : dimensions réduites et coûts maîtrisés. Mais ces dernières années, les constructeurs ont progressivement privilégié des modèles plus grands et plus rentables.

    source : Stellantis

    Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, rappelle justement cette dimension dans le communiqué : “Les clients souhaitent le retour de petits véhicules élégants, fièrement produits en Europe, à la fois abordables et respectueux de l’environnement.”

    Le projet E-Car semble donc chercher à renouer avec cette philosophie, mais adaptée aux contraintes actuelles de l’électrique.

    source : Citroenvie

    Plusieurs marques pourraient être concernées

    Stellantis confirme dans son communiqué que plusieurs marques participeront au projet sans préciser lesquelles. Plusieurs hypothèses circulent déjà autour des marques les plus susceptibles d’utiliser cette future architecture.

    Chez Fiat, certains imaginent une succession à terme de la Fiat Panda ou de la Pandina actuelle. Du côté de Citroën, ces futurs modèles pourraient potentiellement venir combler l’espace existant entre la Citroën Ami et la Citroën ë-C3. Opel pourrait également être concerné.

    source : Stellantis

    Une production prévue en Italie à partir de 2028

    Si l’on ne connaît pas encore grand chose de ces futurs véhicules “Low Cost”, ce que l’on sait de source sûre c’est que les premiers véhicules issus du projet E-Car vont être produits à partir de 2028 dans l’usine de Pomigliano d’Arco, en Italie.

    Un choix qui parait judicieux lorsque l’on connaît le pedigree de cette usine. En effet, il possède une longue expérience dans la fabrication de modèles populaires et à fort volume. C’est notamment là qu’ont été produites certaines générations de Fiat Panda.

    Stellantis explique vouloir capitaliser sur ce savoir-faire industriel afin d’accompagner des volumes potentiellement importants.

    source : Stellantis

    Une réponse aux nouveaux équilibres du marché européen

    L’arrivée du projet E-Car intervient dans un contexte où plusieurs constructeurs reviennent progressivement sur le segment des petites électriques.

    En effet, chez Renault, c’est la Renault Twingo E-Tech qui occupe ce segment tandis que chez le voisin allemand Volkswagen, on a appris qu’une citadine électrique plus accessible allait venir au monde.

    En parallèle, les constructeurs chinois poursuivent leur progression avec des véhicules électriques proposés à des prix agressifs. On peut notamment citer la BYD Dolphin ou la BYD Seagull chez BYD, la MG4 Electric chez MG, ou encore la Leapmotor T03 distribuée en Europe via Stellantis.

    Pour Stellantis, ces futures E-Car pourraient donc aussi constituer une réponse industrielle et commerciale face à cette nouvelle concurrence.

    source : Stellantis

    Un prix encore inconnu mais une direction qui semble claire

    Pour le moment, Stellantis ne donne aucune information concernant l’autonomie, la capacité des batteries ou les performances. Le constructeur promet simplement des « technologies électriques de pointe » développées avec différents partenaires afin d’accélérer la mise sur le marché.

    Aucun prix n’a non plus été annoncé officiellement. Toutefois, plusieurs analyses évoquent un positionnement pouvant approcher le seuil des 15 000 euros, une limite devenue particulièrement stratégique sur le marché européen des petites électriques.

    Pour l’instant, l’annonce marque surtout le lancement d’un projet industriel. Les futurs modèles, eux, restent encore à découvrir.

  • BMW relance ALPINA avec un spectaculaire coupé de luxe de 5,20 mètres

    BMW relance ALPINA avec un spectaculaire coupé de luxe de 5,20 mètres

    Quatre ans après le rachat d’ALPINA, BMW dévoile enfin sa vision concrète de l’avenir de la marque. Présentée au Concorso d’Eleganza Villa d’Este 2026, la Vision BMW ALPINA ne se limite pas à un simple concept-car : elle esquisse la nouvelle identité d’une marque appelée à se positionner entre BMW et Rolls-Royce, avec dans son ADN une combinaison revendiquée de performance, de confort et de luxe discret.

    source : BMW

    La Vision BMW ALPINA semble vouloir emprunter une autre voie.

    BMW vient probablement de répondre à une question que beaucoup de passionnés se posaient depuis plusieurs années : à quoi ressemblera réellement l’ALPINA de demain ?

    Depuis l’annonce du rachat du constructeur allemand par BMW en 2022, puis son intégration officielle au sein du groupe en 2026, l’avenir de la marque alimentait de nombreuses interrogations. Certains craignaient une dilution progressive de son identité tandis que d’autres imaginaient déjà une simple déclinaison luxueuse des modèles BMW existants.

    C’est depuis le 18 mai 2026, au Concours d’Élégance de Villa d’Este, qu’on en sait plus. Un concept-car a été dévoilé, il prend la forme d’un imposant coupé de 5,20 mètres de long. Une silhouette qui rappelle par certains aspects la Série 8, appelée à disparaître sans réelle remplaçante annoncée jusqu’ici. 

    source : BMW

    Plus qu’une BMW haut de gamme, une nouvelle proposition entre BMW et Rolls-Royce

    L’ambition apparaît désormais beaucoup plus claire qu’auparavant : BMW veut faire d’ALPINA une marque intermédiaire entre ses modèles premium traditionnels et Rolls-Royce.

    Oliver Viellechner, responsable BMW ALPINA, a affirmé : “BMW ALPINA occupe une position unique dans notre portefeuille, entre BMW et Rolls-Royce, alors même que nous observons un potentiel croissant sur le segment du luxe haut de gamme.”

    source : LinkedIn

    Le positionnement est particulièrement intéressant. D’un côté, BMW dispose déjà de modèles très haut de gamme comme les Série 7 ou X7. De l’autre, Rolls-Royce reste positionnée sur un univers ultra-luxueux où l’expérience passager domine largement la conduite.

    ALPINA devra désormais occuper cet espace intermédiaire : plus exclusif qu’une BMW classique mais plus orienté vers le plaisir de conduite qu’une Rolls-Royce. Cela rapproche aussi indirectement la stratégie du groupe allemand de celle de Mercedes avec Maybach.

    Un design qui ressuscite plusieurs codes historiques de la marque

    Visuellement, BMW n’a pas cherché à produire une rupture totale, au contraire, la Vision BMW ALPINA multiplie les références historiques.

    Le long capot, le pavillon très étiré, les proportions basses ou encore le célèbre shark nose rappellent immédiatement certaines BMW des années 1970, notamment les anciennes Série 6 E24.

    source : carjager

    Les célèbres jantes ALPINA à vingt branches font également leur retour, tout comme les bandes décoratives latérales présentes sur les modèles de la marque depuis les années 1970.

    Mais attention, on est en 2026 donc l’approche reste beaucoup plus moderne. Les lignes décoratives sont désormais intégrées directement sous le vernis, les surfaces extérieures jouent sur des contrastes très travaillés entre finitions métallisées sombres et teintes plus claires, probablement inspirées de détails issus de modèles historiques comme la BMW 507 et les signatures lumineuses deviennent extrêmement fines.

    source : BMW

    Maximilian Missoni, responsable du design BMW ALPINA, explique cette philosophie : “Chaque détail traduit une véritable recherche de substance, qu’il s’agisse de l’ingénierie, des matériaux ou de l’histoire que le véhicule raconte. “ L’idée n’est donc pas de multiplier les éléments démonstratifs mais plutôt de proposer un luxe plus discret.

    source : BMW

    Un habitacle davantage orienté grand tourisme que démonstration technologique

    Cette logique se retrouve aussi à bord, où l’habitacle adopte une approche très structurée autour du confort et de l’usage sur longue distance. L’architecture intérieure repose sur des volumes clairement définis, avec une séparation nette entre les différentes zones, plutôt qu’un ensemble entièrement digitalisé ou uniformisé. On retrouve la nouvelle interface BMW Panoramic iDrive issue de l’univers Neue Klasse, qui combine affichage projeté à la base du pare-brise et écran central, étendu sur toute la largeur de la planche de bord dans une logique de continuité visuelle.

    source : BMW

    L’empattement important du coupé de 5,20 m permet d’installer une véritable configuration quatre places, avec un traitement spécifique accordé aux sièges arrière, pensés pour le voyage plutôt que pour un usage ponctuel. Les sièges avant, plus enveloppants, s’inscrivent dans cette même logique de position basse et étirée, en cohérence avec la silhouette générale du véhicule. Les matériaux suivent la même approche, avec du cuir pleine fleur issu de fournisseurs situés dans la région alpine et des éléments métalliques traités selon des finitions inspirées de l’horlogerie, associant surfaces satinées et polies.

    source : BMW

    Certains éléments viennent compléter cet ensemble de manière plus spécifique, comme l’intégration à l’arrière de la console centrale d’une bouteille d’eau en verre accompagnée de verres en cristal BMW ALPINA, déployés automatiquement. Un dispositif qui s’inscrit dans la continuité des choix de présentation du concept, où les éléments fonctionnels sont traités avec un niveau de finition particulier. Le communiqué rattache ces éléments à une philosophie historique de la marque, héritée de Burkard Bovensiepen, selon laquelle le confort à bord est directement lié à la capacité de concentration et de performance du conducteur.

    source : BMW

    Un V8 sous le capot mais des perspectives d’électrification ouvertes

    Sous son immense capot, la Vision BMW ALPINA évoque pour l’instant un V8, présenté comme l’architecture thermique de référence pour ce concept. BMW reste cependant volontairement discret : aucune donnée officielle de puissance ou de performances n’a été communiquée. 

    Et c’est précisément là que ce concept prend tout son sens, puisqu’il s’agit avant tout d’une étude de design ouvrant un nouveau chapitre pour ALPINA au sein de BMW Group. 

    source : BMW

    Dans ce contexte, difficile d’imaginer un futur modèle de ce positionnement sans une forme d’hybridation, voire une bascule vers l’électrique. BMW dispose déjà d’une solide expérience sur ces architectures, avec des modèles hybrides comme la M760e ou la M5 hybride rechargeable, mais aussi des 100 % électriques haut de gamme comme les i7 et iX, qui démontrent la capacité de la marque à associer performance, confort et électrification. 

    Autant d’éléments qui laissent penser qu’une version de série pourrait très bien s’inscrire dans cette évolution, tout en conservant l’ADN grand tourisme propre à ALPINA.

    source : BMW

    Une étude de style qui annonce déjà la suite

    Comme souvent chez BMW, un concept Vision n’est généralement pas qu’un simple exercice de design. Ces études servent souvent de préfiguration très proche des futurs modèles de série. Le constructeur a déjà confirmé qu’un premier modèle BMW ALPINA issu de cette nouvelle stratégie arrivera dès 2027 autour de la future Série 7.

  • Renault veut freiner l’inflation réglementaire pour sauver les petites électriques européennes

    Renault veut freiner l’inflation réglementaire pour sauver les petites électriques européennes

    Face à une concurrence chinoise de plus en plus agressive sur les véhicules électriques abordables, Renault hausse le ton. Lors d’une conférence organisée à Londres par le Financial Times, François Provost, directeur général du groupe français, a appelé l’Union européenne à geler pendant dix ans les nouvelles réglementations appliquées aux petites voitures. Selon lui, cette stabilité permettrait aux constructeurs européens de concentrer leurs ressources sur un enjeu devenu central : faire baisser le prix des voitures électriques compactes pour accélérer leur adoption.

    Renault demande une pause réglementaire

    C’est lors de la conférence Future of the Car, que François Provost, patron de Renault Group a pris la parole. Il a estimé que les constructeurs européens faisaient désormais face à une accumulation de contraintes qui ralentit l’innovation et augmente les coûts de développement.

    Il s’est donc exprimé à ce sujet dans l’espoir de faire réagir les décideurs européen. “Ce que je propose à l’UE c’est que nous prenions la réglementation telle qu’elle est aujourd’hui, celle qui s’applique à la R5, à la Clio, et que nous la gelions pendant 10 ans”.

    Selon lui, cette stabilité permettrait aux ingénieurs de se concentrer davantage sur la baisse des coûts et l’électrification. « Tous nos ingénieurs, qui aujourd’hui font face à un tsunami de réglementations européennes, pourront consacrer du temps et des ressources à faire baisser les prix », a-t-il ajouté.

    Le message envoyé à Bruxelles est clair : pour Renault, la priorité n’est plus d’ajouter de nouvelles obligations, mais de rendre les petites électriques européennes plus compétitives.

    source : Renault

    Les citadines électriques deviennent le cœur de la bataille

    Mais pour bien comprendre de quoi on parle, il faut expliquer quelles sont ces réglementations. Depuis plusieurs années, les constructeurs européens doivent intégrer de nouvelles réglementations quasiment à chaque génération de véhicule : généralisation des aides à la conduite obligatoires, renforcement des normes de cybersécurité, nouvelles exigences logicielles, systèmes de surveillance du conducteur, contraintes accrues sur les batteries, réduction des émissions ou encore obligations liées à la réparabilité et aux mises à jour à distance. Des évolutions qui demandent davantage de développement, d’ingénierie et d’équipements, y compris sur les petites voitures où chaque euro compte dans le prix final.

    Et ce pourquoi M.Provost demande ce gel sur ce segment, c’est que les petites voitures électriques s’imposent comme un segment stratégique du marché européen. Pour Renault, la transition vers l’électrique ne pourra réellement se démocratiser qu’avec des modèles urbains accessibles.

    Et sur ce terrain, les constructeurs chinois accélèrent fortement. Le succès commercial de la Renault 5 E-Tech permet actuellement au groupe français de maintenir une bonne dynamique, avec un chiffre d’affaires en hausse de 7,3 % au premier trimestre 2026. Mais dans le même temps, des groupes comme BYD ou Geely multiplient les offensives sur les véhicules électriques compacts. Geely prépare notamment l’arrivée en France d’un modèle directement positionné face à la R5 électrique.

    source : Renault

    Bruxelles réfléchit déjà à une nouvelle catégorie de véhicules

    La proposition soutenue par Renault rejoint les réflexions déjà engagées par la Commission européenne. En décembre dernier, Bruxelles avait évoqué la création d’une nouvelle catégorie de petites voitures électriques baptisée “M1e”.

    L’objectif serait de favoriser le développement de modèles plus simples et moins coûteux, notamment en limitant l’introduction de nouvelles obligations réglementaires pendant dix ans. François Provost soutient cette approche, tout en précisant qu’il “ne recommande pas de diminuer le niveau de réglementation, mais de le geler”.

    Pour Renault, cette nuance est importante : il ne s’agit pas de revenir sur les standards de sécurité ou environnementaux, mais d’éviter une inflation réglementaire permanente qui pèse particulièrement sur les véhicules compacts.

    source : Shutterstock

    Une industrie européenne sous pression

    Cette demande illustre les tensions qui traversent aujourd’hui l’automobile européenne. Les constructeurs doivent financer leur transition électrique, investir dans les batteries et les logiciels, préserver leurs marges, etc, tout en faisant face à des concurrents chinois capables de proposer des modèles souvent moins chers.

    Or, les petites voitures sont aussi les plus difficiles à rentabiliser. Les coûts réglementaires et technologiques y représentent une part beaucoup plus importante que sur des véhicules premium. Pour Renault, l’enjeu dépasse donc le simple cadre industriel : il s’agit d’éviter un décrochage européen sur un des segments les plus stratégiques de l’électromobilité.

    source : Renault

    Le marché électrique continue d’accélérer

    Cette prise de parole intervient alors que le marché européen poursuit sa montée en puissance. Selon la Plateforme automobile (PFA), les immatriculations de véhicules électriques neufs ont bondi de 48 % en France sur les quatre premiers mois de 2026.

    Cette progression est portée à la fois par les modèles européens comme la Renault 5, star de la marque française, et par l’arrivée massive des marques chinoises. La hausse récente des prix des carburants contribue également à accélérer le basculement vers l’électrique chez les particuliers comme chez les entreprises.

    Derrière l’appel de François Provost, une question se pose désormais clairement : l’Europe peut-elle encore produire des petites voitures électriques compétitives face à la Chine ? Pour Renault, la réponse passera avant tout par une simplification du cadre réglementaire afin de redonner de la marge de manœuvre aux industriels européens.

  • L’électromobilité en Égypte : un marché automobile en reprise, mais une filière électrique encore en construction

    L’électromobilité en Égypte : un marché automobile en reprise, mais une filière électrique encore en construction

    En Égypte, l’électromobilité reste en 2026 un projet plus qu’un marché. Malgré une multiplication des annonces depuis plusieurs années, le pays n’a pas encore franchi le cap d’une adoption significative du véhicule électrique. En revanche, le marché automobile global, lui, repart nettement à la hausse. Ce contraste entre reprise des ventes thermiques et stagnation de l’électrique résume aujourd’hui la réalité égyptienne : un écosystème en reconstruction, mais encore très éloigné d’une transition effective.

    Un marché automobile en forte reprise, mais encore largement thermique

    Le marché automobile égyptien a connu un rebond marqué en 2025 avec 133 973 voitures particulières vendues, soit une hausse de +64 % par rapport à 2024. Cette dynamique s’est prolongée en 2026, avec une progression de +38,7 % sur un an en janvier.

    Cette reprise confirme que le marché retrouve progressivement de la liquidité après plusieurs années de tensions économiques. Mais cette croissance reste presque entièrement portée par les motorisations thermiques et les importations traditionnelles.

    Faute de données actualisées sur les véhicules électriques, les principaux acteurs du marché restent ceux du thermique. En 2024, Nissan dominait avec 15,9 % de part de marché, devant Chery (13,4 %), Chevrolet (12,2 %), Hyundai (11,4 %) et Toyota (9,2 %).

    Une électromobilité encore embryonnaire en 2026

    En 2026, le constat est inchangé : le véhicule électrique reste extrêmement limité en Égypte.

    Contrairement aux marchés européens ou asiatiques, l’Égypte ne dispose toujours pas en 2026 d’un classement structuré des véhicules électriques les plus vendus. Le marché reste trop fragmenté et trop peu volumique pour produire des statistiques fiables.

    Les projections formulées entre 2022 et 2023, qui évoquaient un parc de 40 000 à 50 000 véhicules électriques en 2025, ne se sont pas matérialisées dans les données observées.

    De même, Shift EV prévoit de convertir 100 000 véhicules à combustion interne (le même projet que Phoenix Mobility en France) dont 80 000 camionnettes et 20 000 monospaces. Les objectifs de conversion dépourvus de bilan public démontrant leur réalisation.

    source : Shift EV, X

    En revanche, plusieurs acteurs se distinguent dans la structuration progressive de la filière :

    • El Nasr Automotive Manufacturing, avec le projet Nasr E70 développé avec Dongfeng
    • BAIC via Alkan Auto, avec une usine annoncée de 20 000 véhicules par an au démarrage
    • XPENG via Raya Auto, positionné sur l’import et l’assemblage
    • des initiatives autour de Geely et Foton, notamment sur les bus et utilitaires électriques

    Dans ce contexte, l’Égypte ne dispose pas encore d’un marché de consommation structuré, mais d’un écosystème en construction autour de projets industriels et de partenariats étrangers.

    Une infrastructure de recharge encore très limitée malgré une stratégie chiffrée

    Le réseau de recharge reste l’un des principaux freins structurels. Selon Electromaps, on recense environ 53 stations de recharge sur l’ensemble du territoire, un niveau très faible pour un pays de plus de 100 millions d’habitants.

    Pour répondre à ce retard, l’État a collaboré avec l’entreprise de stations de recharge pour véhicule électrique égyptienne, chargée du déploiement national du réseau. L’objectif affiché est d’atteindre 3 000 bornes de recharge, réparties entre les grandes villes et les axes stratégiques.

    En parallèle, les autorités travaillent sur des solutions de recharge intelligente, avec une intégration progressive des technologies numériques et des standards de sécurité internationaux. Mais en 2026, le réseau reste encore très concentré dans les grandes zones urbaines comme Le Caire, et l’écart entre objectif et déploiement réel demeure important.

    source : Evaisun

    De plus, l’électrification des transports intervient dans un contexte énergétique contraint. En juillet 2025, le réseau électrique égyptien a atteint un pic de 37 600 MW, illustrant une forte tension sur la capacité de production lors des périodes de pointe.

    Cette situation impose une contrainte majeure : la montée de l’électromobilité devra s’intégrer dans un système énergétique déjà fortement sollicité, sans déséquilibre structurel.

    Une stratégie industrielle structurée autour de partenariats internationaux

    Contrairement à la demande, la stratégie industrielle égyptienne existe bel et bien et repose sur des projets concrets.

    Le plus structurant est l’accord entre BAIC et Alkan Auto, qui prévoit la construction d’une usine de véhicules électriques avec :

    • une capacité de 20 000 véhicules dès la première année
    • jusqu’à 50 000 véhicules à cinq ans
    • un taux d’intégration locale pouvant atteindre 58 %

    Autre projet clé : la relance d’El Nasr Automotive Manufacturing avec Dongfeng autour du modèle Nasr E70, destiné à créer une production de véhicules électriques “made in Egypt”.

    En parallèle, des projets impliquant Stellantis ont également été annoncés, pour un investissement d’environ 35 millions de dollars, confirmant la volonté d’attirer des industriels internationaux.

    source : BAIC

    Une transition portée aussi par l’État comme acteur direct

    Malgré les difficultés à développer l’électromobilité, depuis 2026, la stratégie gouvernementale a franchi une étape supplémentaire : l’intégration des véhicules électriques dans les flottes publiques.

    Le Premier ministre Mostafa Madbouly a ordonné le lancement des préparatifs pour remplacer progressivement les véhicules de l’administration par des modèles électriques.

    Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation du transport public, visant à :

    • réduire les importations de carburants
    • améliorer l’efficacité énergétique de l’État
    • servir de levier initial à l’adoption du véhicule électrique

    L’État devient ainsi non seulement régulateur, mais aussi premier client potentiel du marché électrique. Et dans ces pays où les VE peinent à trouver leur place, l’État donne le bon exemple.

    source : Conseil des ministres egyptien

    Des incitations réelles

    Sur le plan économique, l’Égypte a choisi de soutenir d’abord la naissance d’une filière plutôt que de miser sur une simple prime à l’achat pour les particuliers. 

    Le gouvernement a fixé un objectif de contenu local d’au moins 45% pour les véhicules électriques produits sur le territoire et annoncé des subventions d’environ 50 000 livres égyptiennes pour les 100 000 premières voitures électriques fabriquées localement. À cela s’ajoute une logique d’ouverture sur l’importation, avec des exonérations douanières pour certains véhicules électriques de moins de trois ans, afin d’abaisser le coût d’entrée sur un marché encore naissant.

    En clair, l’État égyptien n’essaie pas seulement d’encourager la demande : il cherche à construire simultanément l’offre, l’infrastructure et les conditions économiques d’un marché électrique encore embryonnaire.

    Une transition encore en phase de construction

    L’Égypte n’est pas encore un marché de l’électromobilité. C’est un marché automobile en reprise, qui tente d’intégrer progressivement une dimension électrique à travers des projets industriels, des partenariats internationaux et une intervention croissante de l’État.

    Mais en 2026, la dynamique reste claire : la transition est engagée, mais elle est encore en phase de construction, avec un décalage important entre ambitions politiques et exécution sur le terrain.

  • Incendies pendant la recharge : Volkswagen sous pression après deux départs de feu sur des ID.Buzz électriques

    Incendies pendant la recharge : Volkswagen sous pression après deux départs de feu sur des ID.Buzz électriques

    En l’espace de quelques jours, deux Volkswagen ID.Buzz ont pris feu en France alors qu’ils étaient branchés à des bornes de recharge rapides. Les deux incidents, survenus près de Paris puis de Toulouse, interviennent dans un contexte particulièrement sensible pour le constructeur allemand, puisque plusieurs modèles électriques du groupe font actuellement l’objet d’un rappel pour un risque de surchauffe de batterie pouvant entraîner un incendie. 

    source : Maxime Pelletier

    Deux incendies en moins d’une semaine pendant la recharge

    Le premier incident s’est produit le 7 mai à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Le second a eu lieu le 12 mai sur le périphérique toulousain. Dans les deux cas, un Volkswagen ID.Buzz était branché à une borne de recharge rapide lorsque le feu s’est déclaré.

    À Toulouse, les images ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Selon plusieurs témoignages relayés par La Dépêche du Midi, le conducteur aurait entendu une forte détonation côté passager avant que les flammes ne se propagent rapidement au véhicule.

    Aucun blessé n’a été signalé dans les deux incidents, mais la répétition de ces départs de feu sur un même modèle, dans des circonstances similaires, attire désormais l’attention bien au-delà des seuls propriétaires concernés.

    source : Steve Rolland

    Un rappel déjà lancé pour plusieurs modèles électriques du groupe Volkswagen

    Les deux véhicules concernés faisaient déjà partie d’une vaste campagne de rappel lancée récemment par Volkswagen. Celle-ci concerne plusieurs modèles électriques assemblés entre février 2022 et août 2024, notamment les ID.3, ID.4, ID.5 et ID.Buzz, ainsi que certains véhicules de la marque Cupra.

    Au total, près de 100 000 véhicules seraient concernés en Europe. Dans les courriers envoyés aux clients, le constructeur évoque un risque potentiel de surchauffe de certains modules cellulaires de la batterie haute tension pendant la recharge, susceptible de provoquer un incendie dans certaines situations.

    source : TF1

    Dans l’attente d’une intervention en atelier, Volkswagen recommande notamment de ne pas recharger la batterie au-delà de 80 % et de privilégier un stationnement en extérieur, à distance des bâtiments, des consignes particulièrement rares dans l’industrie automobile.

    Une batterie haute tension sous surveillance

    À ce stade, Volkswagen insiste sur le fait qu’aucun lien formel n’a encore été établi entre les incendies observés en France et le défaut identifié dans le cadre du rappel. Le constructeur indique que des expertises techniques sont actuellement en cours afin de déterminer précisément l’origine des départs de feu.

    Le sujet reste néanmoins particulièrement sensible dans l’univers du véhicule électrique, où les incendies de batteries concentrent une forte attention médiatique. Comme le rappelle Clément Le Roy, expert énergie et automobile chez Wavestone, une batterie de véhicule électrique concentre une quantité d’énergie extrêmement importante. En cas de défaut ou de dysfonctionnement d’un module, une montée en température peut entraîner ce que les spécialistes appellent un “emballement thermique”, un phénomène difficile à maîtriser une fois déclenché.

    source : Volkswagen

    Ce type d’incident reste toutefois statistiquement rare. En effet, les chiffres de l’Union Européennes assurent qu’une voiture thermique a 20 fois plus de risques d’incendie qu’un véhicule électrique.

    Un incident qui soulève aussi des questions sur le suivi des rappels

    L’un des éléments les plus préoccupants dans cette affaire concerne le véhicule incendié près de Toulouse. Selon plusieurs médias locaux, celui-ci aurait déjà été contrôlé dans le cadre de la campagne de rappel avant d’être rendu à son propriétaire avec un diagnostic jugé conforme.

    Même si cette information devra être confirmée par les expertises en cours, elle soulève déjà des interrogations sur l’efficacité des procédures mises en place et sur la capacité des concessions à identifier précisément les modules défectueux.

    source : Volkswagen

    Dans le secteur de l’électrique, certains spécialistes tentent toutefois de rassurer. Alexis Marcadet, cofondateur du réseau Revolte, explique que les ateliers spécialisés disposent aujourd’hui d’outils capables de détecter les anomalies au sein des packs batteries avant qu’un incident grave ne survienne. Selon lui, les systèmes de surveillance intégrés aux véhicules modernes permettent généralement d’anticiper ce type de défaillance lorsqu’ils sont correctement diagnostiqués.

    Un contexte délicat pour l’image du véhicule électrique

    Ces incendies interviennent dans une période où les constructeurs accélèrent massivement leur électrification, tout en devant convaincre une partie du public encore méfiante vis-à-vis des batteries. Chaque incident spectaculaire devient alors un sujet hautement médiatique, parfois déconnecté de la réalité statistique du risque.

    Volkswagen se retrouve ainsi dans une position délicate. Le groupe a largement misé sur sa gamme ID pour porter sa transition électrique en Europe, et l’ID.Buzz représente à lui seul une vitrine technologique et émotionnelle importante pour la marque. Inspiré du mythique Combi, ce van électrique incarne une partie du renouveau de Volkswagen dans l’univers zéro émission.

    source : Volkswagen

    Mais ces deux incendies rappellent aussi que la montée en puissance des véhicules électriques s’accompagne de nouveaux défis industriels, notamment autour de la fiabilité des batteries, de la gestion thermique et du suivi logiciel des cellules haute tension.

    Une surveillance accrue dans les prochaines semaines

    Dans l’immédiat, les propriétaires des modèles concernés sont invités à respecter strictement les recommandations transmises par Volkswagen et à prendre rendez-vous en concession si cela n’a pas encore été fait. Les résultats des expertises en cours seront particulièrement scrutés, car ils permettront de déterminer si ces deux incendies relèvent d’un simple concours de circonstances… ou d’un problème plus profond lié au rappel actuellement déployé à grande échelle en Europe.

  • Lotus dévoile Focus 2030 : un changement de stratégie qui fait reculer le 100% électrique

    Lotus dévoile Focus 2030 : un changement de stratégie qui fait reculer le 100% électrique

    Le 12 mai 2026, depuis Londres, Lotus a présenté Focus 2030, sa nouvelle stratégie commerciale. Ce n’est pas un simple plan de croissance : c’est une réorientation profonde, qui replace l’hybride et le thermique au cœur du portefeuille, annonce une supercar V8 de plus de 1 000 chevaux pour 2028 et redéfinit ce que la marque veut être dans un marché automobile en pleine recomposition.

    source : Lotus

    Quatre piliers, un vrai changement de cap

    Focus 2030 repose sur quatre axes : renforcement de la marque, stratégie multi-motorisations, collaboration étroite avec les partenaires et discipline financière. Mais derrière cette structure, c’est surtout le deuxième pilier qui change tout. Lotus cesse de regarder le 100 % électrique comme un horizon exclusif, et adopte une approche beaucoup plus flexible selon les marchés, les segments et les usages.

    Qingfeng Feng, CEO du groupe, le dit clairement : “Lotus est né de l’esprit rebelle de Colin Chapman, et cela n’est pas perdu aujourd’hui. Focus 2030 réinitialisera à la fois la marque et l’entreprise pour nous garder fidèles à notre ADN. Nous sommes obsédés par l’ingénierie, obsédés par la performance et obsédés par la construction de voitures de conducteurs.”

    L’ADN Lotus, légèreté, aérodynamique, engagement du pilote, reste la boussole. Mais la façon d’y parvenir s’élargit considérablement.

    source : Lotus

    60 % hybride, 40 % électrique : le nouvel équilibre

    Le changement le plus structurant est là : Lotus vise désormais un mix d’environ 60 % de véhicules hybrides rechargeables et 40 % de véhicules 100 % électriques dans son portefeuille électrifié à court terme. Les motorisations thermiques et hybrides restent aussi à la carte selon les segments. La transition vers l’électrification complète sera guidée par la demande client, pas par un calendrier imposé.

    La première brique concrète de cette stratégie, c’est la technologie X-Hybrid, déjà lancée en Chine sur l’Eletre sous le nom Eletre X. L’architecture associe un groupe motopropulseur thermique à une composante électrique sur une base 900V, avec 952 ch, une autonomie électrique allant jusqu’à 350 km, une autonomie totale de plus de 1 200 km sans ravitaillement ni recharge, et un 0 à 100 km/h en 3,3 secondes. La batterie de 70 kWh se charge de 20 à 80 % en neuf minutes. Les premières livraisons en Europe sont attendues au quatrième trimestre 2026.

    Les retours en Chine sont encourageants : plus de 1 000 précommandes ont été enregistrées dès le premier mois. C’est sur cette base que Lotus entend construire sa montée en puissance hybride sur les marchés occidentaux.

    source : Lotus

    Type 135 : le V8 hybride de plus de 1 000 chevaux

    C’est le modèle qui symbolise le mieux ce changement de cap. La Type 135, initialement envisagée comme une supercar 100 % électrique, embarquera finalement un moteur V8 associé à une assistance électrifiée. Puissance annoncée : plus de 1 000 chevaux. Lancement prévu : 2028. Production : en Europe.

    Ce choix est délibéré. Dans le segment des sportives extrêmes, l’électrification totale ne s’est pas imposée avec la même évidence qu’ailleurs. La question du poids, de l’autonomie et surtout de l’expérience de conduite reste centrale pour une clientèle très exigeante sur les sensations mécaniques. Lotus répond à cette réalité sans détour.

    La Type 135 devrait s’inspirer fortement du concept Theory 1, présenté comme une base technologique directement compatible avec une industrialisation. Les premiers visuels suggèrent une filiation assumée avec les grandes sportives historiques de la marque, l’Esprit en tête. D’autres détails seront dévoilés plus tard dans l’année.

    source : Lotus

    L’Emira, de son côté, reste au catalogue. Lotus confirmera dans les prochaines semaines une mise à jour présentée comme la plus puissante et la plus légère jamais produite, un signal supplémentaire que la marque ne tourne pas le dos à ses clients les plus traditionnels.

    Geely, levier industriel au cœur du dispositif

    Ce repositionnement ne serait pas possible sans Geely. L’actionnaire majoritaire joue un rôle central dans Focus 2030 : optimisation des coûts, mutualisation des technologies, accélération des cycles de développement. Lotus UK et Lotus Technology, jusqu’ici deux entités distinctes, vont fusionner en une structure unique d’ici la fin de l’année — une simplification qui doit réduire les frictions internes et accélérer l’ingénierie des futurs modèles.

    Daniel Li, président du conseil d’administration de Lotus Technology et vice-président exécutif de Geely, est direct : « Geely a cru en Lotus depuis le début, et cette croyance n’a pas faibli. Ce que Lotus apporte est irremplaçable. »

    30 000 ventes, des marges solides, une géographie claire

    Sur le plan économique, Lotus adopte une cible mesurée : 30 000 ventes annuelles à horizon 2030. Ce volume, contenu à l’échelle de l’industrie, correspond à une stratégie centrée sur la montée en gamme, la personnalisation et des marges plus solides plutôt que sur la course aux volumes.

    La répartition géographique est précisément définie. La Chine comme principal moteur de croissance, portée par la forte demande de véhicules haut de gamme électrifiés. L’Europe comme cœur historique et technologique. L’Amérique du Nord comme marché stratégique pour les sportives et les SUV, avec une nouvelle opportunité au Canada. Et les régions APAC et Moyen-Orient comme relais d’expansion progressif, avec une présence désormais établie sur 25 marchés.

    Ce que Focus 2030 dit vraiment

    Lotus ne renonce pas à l’électrique. L’Eletre, l’Emeya et l’Evija restent des piliers du portefeuille, la marque rappelle d’ailleurs qu’elle a été l’une des premières à adopter l’architecture 800V sur ses SUV et GT électriques. Mais elle cesse d’en faire une trajectoire unique imposée à l’ensemble de sa gamme.

    source : Lotus

    Ce que Focus 2030 dit, au fond, c’est qu’une marque comme Lotus ne peut pas se permettre de construire des voitures qui ressemblent à tout le monde. Quelle que soit la motorisation, chaque modèle devra répondre aux mêmes exigences : légèreté, engagement, précision. La Type 135 et son V8 hybride en sont l’illustration la plus claire. Lotus ne suit pas une tendance. Elle cherche à préserver ce qui la rend unique.

  • BYD présente son programme BYD Certified pour développer le marché de l’occasion. 

    BYD présente son programme BYD Certified pour développer le marché de l’occasion. 

    Après avoir multiplié les lancements et accéléré son implantation en Europe, BYD commence désormais à structurer un autre terrain devenu stratégique : celui du véhicule d’occasion. Le constructeur chinois vient d’annoncer le déploiement progressif en France de son programme “BYD Certified”, un label destiné à encadrer la revente de ses modèles électrifiés au sein de son réseau.

    source : BYD

    BYD veut structurer la revente de ses modèles électrifiés

    C’est le 11 mai 2026 que BYD a annoncé la création du programme BYD Certified. Ce n’est pas une annonce abstraite car le constructeur chiniois l’annonce : Ce programme qui encadre la revente des véhicules BYD sera progressivement déployé au cours du mois de mai dans le réseau français.

    Mais alors quels véhicules sont éligibles ? Concrètement, seuls certains véhicules pourront obtenir cette certification. BYD impose plusieurs critères d’éligibilité assez stricts : moins de six ans, moins de 150 000 kilomètres, un historique d’entretien complet, aucune réparation majeure litigieuse et surtout des réparations réalisées exclusivement avec des pièces d’origine BYD.

    source : BYD

    Une fois cette première sélection validée, chaque véhicule passe ensuite par un protocole comprenant 100 points de contrôle. L’inspection couvre notamment l’éclairage, le châssis, l’habitacle, les éléments extérieurs, le diagnostic électronique ainsi qu’un essai routier complet.

    L’objectif affiché par BYD est clair : rapprocher autant que possible l’expérience d’achat d’un véhicule d’occasion de celle d’un véhicule neuf. Comme l’explique Dorothée Bonassies, directrice générale de BYD France, le constructeur veut offrir « la même sérénité qu’à l’achat d’un véhicule neuf », notamment grâce à « une garantie complète, des services connectés et un contrôle rigoureux de chaque véhicule ».

    source : BYD

    La batterie reste le sujet central

    Mais derrière ce programme, le véritable enjeu reste évidemment la batterie, pièce déterminante d’un VE. Sur le marché de l’occasion électrique, les interrogations autour du vieillissement des batteries restent encore l’un des principaux freins à l’achat. BYD l’a bien compris et met particulièrement en avant cet aspect dans sa communication.

    Le constructeur explique avoir développé un algorithme breveté capable d’analyser l’état de santé réel des batteries à partir des données internes du véhicule. Cet outil évalue notamment :

    • la capacité restante ;
    • les cycles d’utilisation ;
    • et les habitudes de recharge passées.

    Pour obtenir la certification BYD Certified, un véhicule devra obligatoirement afficher un état de santé minimal de 90 % SOH (State of Health). En tant que fabricant de batteries, BYD cherche clairement à utiliser cette expertise comme argument de réassurance auprès des acheteurs européens.

    Des garanties très longues pour rassurer les acheteurs

    Le géant chinois promet donc que les batteries et l’état des équipements des véhicules qui seront disponibles à la vente seront en superbe état. BYD va encore plus loin car le programme est accompagné de garanties vraiment intéressantes. 

    Les modèles certifiés par le programme  BYD Certified conservent :

    • 6 ans ou 150 000 km de garantie sur le véhicule ;
    • 8 ans ou 250 000 km sur la batterie ;
    • et 8 ans ou 150 000 km sur l’unité d’entraînement.

    BYD ajoute aussi une assistance routière paneuropéenne disponible 24h/24 et 7j/7 pendant deux ans, ainsi que deux années supplémentaires de services connectés. Pour les véhicules âgés de plus de cinq ans, une garantie complémentaire d’au moins un an ou 20 000 kilomètres vient également s’ajouter.

    Ce n’est pas anodin, cela laisse entendre que BYD a confiance en ses technologies. 

    source : BYD

    Derrière l’occasion, un enjeu stratégique plus large

    En réalité, cette offensive sur l’occasion raconte surtout l’évolution actuelle des constructeurs chinois en Europe. Pendant plusieurs années, beaucoup de nouvelles marques se sont principalement concentrées sur une logique de conquête rapide : ouverture de concessions, multiplication des lancements et politique tarifaire agressive. Mais une fois les premiers volumes écoulés, un autre sujet devient central : la valeur de revente.

    Car aujourd’hui, la capacité à bien revendre un véhicule devient presque aussi importante que la capacité à le vendre neuf. Or, beaucoup de constructeurs chinois restent encore récents sur le marché européen et disposent de peu d’historique concernant la tenue de leur cote dans le temps.

    Avec BYD Certified, la marque cherche donc aussi à montrer que ses modèles ne sont pas simplement des véhicules compétitifs à l’achat, mais des produits capables de conserver une certaine valeur sur la durée.

    source : BYD

    BYD veut désormais s’installer durablement en France

    Le développement de ce programme accompagne également l’expansion rapide du réseau français de la marque. BYD revendique actuellement plus de 100 sites opérationnels dans l’Hexagone et prévoit de doubler ce maillage d’ici la fin de l’année.

    À travers BYD Certified, le constructeur commence à structurer tout l’écosystème qui accompagne désormais les grandes marques automobiles : leasing, reprise, occasion certifiée et valeur résiduelle. On est pas prêt de voir la présence de VYD sur nos routes.