Blog

  • Premiers tours de roue du prototype à hydrogène liquide de Toyota, en démonstration aux 24h du Mans

    Premiers tours de roue du prototype à hydrogène liquide de Toyota, en démonstration aux 24h du Mans

    Connu pour servir de laboratoire technologique auprès des constructeurs, le circuit des 24h du Mans accueille le prototype de Toyota Racing TR LH2, alimenté directement par de l’hydrogène liquide. Plusieurs tours de démonstration sont organisés en ouverture de la célèbre course d’endurance. Toyota prouve ainsi qu’un moteur à combustion hydrogène peut offrir des sensations et performances semblables à celles d’un moteur thermique, tout en limitant les émissions de CO2. A terme, la stratégie de Toyota est de développer l’hydrogène en compétition automobile, mais surtout dans l’industrie, les poids lourds ou véhicules utilitaires

    Toyota pionnier sur l’hydrogène

    Ce n’est pas encore une catégorie du championnat du monde d’endurance (WEC), mais l’hydrogène a vocation à devenir l’un des carburants du futur de la compétition automobile. Depuis plusieurs années, Toyota s’affirme comme le pionnier de cette technologie complexe mais prometteuse. En ouverture des 24h du Mans, Toyota Racing fera tourner son prototype TR LH2 (version optimisée du concept H2 Racing présenté en 2023) sous les yeux du public, sur le circuit de la Sarthe. Au volant ce jeudi 11 juin, le pilote Kazuki Nakajima, triple vainqueur de l’épreuve. Cette démonstration grandeur nature valide ainsi la stratégie du constructeur japonais qui investit beaucoup sur l’hydrogène, comme carburant qui ne rejète pas de CO2 dans l’atmosphère.

    L’hydrogène liquide à très basse température

    La technologie développée par Toyota repose sur le même châssis que l’Hypercar TR010 Hybrid engagée dans la course mancelle, sauf que le prototype TR LH2 Racing utilise de l’hydrogène liquide (LH2) stocké à très basse température et brûlé dans un moteur à combustion interne adapté à l’hydrogène, qui remplace donc l’essence. Ce n’est donc pas le fonctionnement d’une pile à combustible (où l’hydrogène gazeux sert à produire de l’électricité pour faire tourner un moteur) comme la Toyota Mirai.

    C’est donc une innovation rare dans le sport automobile. A la différence de quelques projets comme l’Alpine Alpenglow utilisant l’hydrogène à l’état gazeux, Toyota parvient à injecter ce carburant directement dans un moteur à combustion. L’avantage de l’hydrogène liquide est sa densité énergétique volumique supérieure à celle de l’hydrogène gazeux comprimé. En clair, ce carburant est plus compact et peut être plus efficacement stocké dans une voiture d’endurance où l’espace est limité. En revanche, l’hydrogène liquide impose des réservoirs cryogéniques (refroidissement à très basse température) complexes et une gestion délicate de l’évaporation.

    En développement depuis 2021

    Toyota semble avoir trouvé une solution à ces contraintes techniques. Les tours de circuit de la TR LH2 Racing au Mans devraient exposer cette technologie devant le public, avec une attention toute particulière portée sur le son du moteur et ses performances en piste. 

    Toyota a débuté ses développements autour du moteur à hydrogène en 2021 avec la participation de la Corolla GR H2 Concept, voiture de tourisme, en championnat japonais Super Taikyu. Une GR Yaris H2 a ensuite fait sensation lors de démonstration sur des pistes de rallye. L’adaptation sur une voiture d’endurance date de 2023. Verra-t-on un jour cette technologie en course officielle ? C’est en tout cas le voeu de l’ACO (Automobile Club de l’Ouest) et le projet Mission H24 qui pourraient ouvrir une catégorie hydrogène aux 24h du Mans 2028. Par son absence de rejets de CO2 à l’usage, le moteur à hydrogène figure parmi les solutions futures d’un sport automobile plus vertueux et Toyota est le constructeur le plus avancé dans cette voie. Ce concept TR LH2 vise à explorer les solutions bas-carbone pour la compétition automobile tout en maintenant la passion du sport mécanique.

    Pour l’industrie et les poids-lourds 

    Industriellement, le géant japonais espère produire des déclinaisons de la combustion directe d’hydrogène pour certaines machines-outils, les infrastructures énergétiques, les poids lourds et véhicules utilitaires. La voiture particulière n’est pas encore la priorité au regard du manque d’infrastructure et des difficultés de stockage. Cela passera sans doute par le sport automobile avant de voir les premières applications en grande série sur nos voitures du quotidien. Toyota se montre donc audacieux et ambitieux car ses investissements se concentrent également sur les infrastructures de ravitaillement : vers des stations plus rapides et moins couteuses.

  • Dodge Charger Daytona : le mythe américain électrifié revient en Europe

    Dodge Charger Daytona : le mythe américain électrifié revient en Europe

    Le constructeur américain Dodge, qui appartient à Stellantis, annonce le retour de la Charger sur les marchés européens. Alors que le modèle célèbre son 60e anniversaire, il s’agit de conquérir une nouvelle génération de fidèles avec cette voiture iconique et performante. Pour se conformer aux réglementations, la Charger Daytona suit une stratégie multiénergie et sera disponible en motorisations thermique et électrique. Une muscle car 100% électrique qui ressemble à un pari pour relancer les ventes.

    Le retour d’une muscle car iconique

    Lancée en 1966, la Dodge Charger s’est rapidement imposée comme l’un des symboles les plus représentatifs de l’âge d’or des muscle cars américains, dans la sillage de la Ford Mustang. Silhouette fastback caractéristique, habitacle orienté vers le conducteur et son retentissant moteur V8, la Charger est devenue un symbole de liberté au fil du temps. Son parcours, assez bref, en Europe avait été interrompu au lendemain du premier choc pétrolier en 1973. Seuls quelques importateurs spécialisés ont continué de livrer leurs clients déterminés à s’offrir le rêve américain. Mais dans une période où la demande des consommateurs faiblit, devant un certain attentisme et face aux offres très agressives venant d’Asie, Stellantis a donc décidé d’exporter de nouveau cette voiture emblématique, en espérant surfer sur la popularité et la légende qu’elle véhicule.

    Jusqu’à 670 ch de puissance 

    Mais Dodge, très implantée aux Etats-Unis, ne pouvait raisonnablement revenir en Europe avec une motorisation thermique, plombée d’avance par le malus écologique (de 80 000 €). C’est donc la Charger 100% électrique qui sera mise en avant, avec son look très proche du muscle car à moteur 6 cylindres en ligne. 

    Longue de 5,25 m, large de près de 2 m, disponible en 2 ou 4 portes, et un poids de 2,6 T, la Charger Daytona R/T dispose d’une batterie de 100kWh (dont 94 kWh utiles) et 536 ch de puissance. Une autre version, portée à 670 ch, baptisée Scat Pack, est présentée comme la muscle car la plus puissante et la plus rapide du marché. Toutes les Dodge Charger électrique bénéficient de 2 moteurs électriques et d’une transmission intégrale de série. Les performances de la Scat Pack promettent un 0 à 100 km/h en 3,3 s.

    Plateforme spéciale haute performance

    Au-delà des codes esthétiques qui restent fidèles au style Dodge Charger, la Daytona repose sur la nouvelle plateforme modulaire STLA Large que Stellantis a conçu pour tous les VE haute performance du groupe. Une architecture 400 V qui permet de combiner une puissance élevée, des motorisations différentes, associées à des technologies modernes. Par exemple, le système One-Pedal ou la récupération d’énergie au freinage réglable sur plusieurs niveaux. Pour souligner le côté sportif de cette Charger Daytona électrique, une fonction « boost » octroie 40 ch supplémentaires pendant 10 secondes d’accélération, et un mode « drift » (mais aussi « donut ») de manière à faire glisser plus facilement la voiture. Ou, quand la gestion électronique aux 4 roues permet d’assurer le spectacle, indissociable des voitures sportives US.

    A noter que la version thermique R/T reçoit un six-cylindres en ligne nommé “Sixpack” et issu du moteur 3.0 L Hurricane de 420 ch, tandis qu’une déclinaison Scat Pack « SixPack » offrira jusqu’à 550 ch.

    En Europe pour relancer la Charger 

    Si la muscle car de Dodge revient Europe, c’est avant tout pour relancer le modèle dont les ventes sont très ralenties en Amérique du Nord. Moins de 500 exemplaires ont été vendus au premier trimestre 2026, l’année dernière la Charger a été écoulée à moins de 8 000 unités pour les Etats-Unis et le Canada. Des statistiques largement insuffisantes pour cette auto à fort héritage dans la pop-culture (films et séries) et engagée en compétition NHRA (dragster US).
    L’arrivée de la version électrique peut-elle tout relancer ? Même si les tarifs n’ont pas encore été communiqués (vraisemblablement autour de 100 000 euros), la Charger Daytona peut trouver sa place sur le marché. En Europe, celle qui se revendique comme la seule sportive électrique américaine, ne connaît pas de réelle concurrente depuis que Tesla a annoncé la fin de production du Model S. Les sportives comme Mercedes AMG-GT, Porsche Taycan ou Denza Z9 GT sont positionnées à des tarifs supérieurs et offrent des prestations plus haut de gamme.

    SIXPACK-powered 2026 Dodge Charger Scat Pack
  • Pékin 2026 : Quand la vitesse prime sur la taille

    Pékin 2026 : Quand la vitesse prime sur la taille

    J’ai eu l’opportunité de visiter le Salon de l’automobile de Pékin 2026. C’était mon quatrième voyage en Chine en deux ans, période durant laquelle l’ampleur de son industrie a été surpassée par la vitesse de son développement. Le salon, qui s’est tenu en avril, a une fois de plus démontré la force des Chinois, prouvant que leur force réside non seulement dans leurs impressionnants volumes de production et de ventes, mais aussi dans leur capacité à innover et à anticiper les tendances.

    C’est ce qui m’a le plus impressionné lors de cette exposition. Bien sûr, les chiffres

    étaient tout simplement incroyables : sur 380 000 mètres carrés d’espace d’exposition et 1,3

    kilomètre entre les sections sud et nord du centre des congrès, 1 451 véhicules étaient exposés, la plupart présentés par 82 marques différentes, dont 60 chinoises et 22 étrangères. Parmi les grands absents figuraient Kia, Chevrolet et Land Rover.

    Le plus étonnant était la rapidité avec laquelle tout évolue. Du lieu lui-même — dont la surface d’exposition a doublé en seulement deux ans — au nombre de nouvelles marques et de nouveaux modèles, en passant par les avancées technologiques et les solutions de mobilité présentées, l’industrie automobile a connu des transformations majeures au cours de son histoire, telles que l’essor fulgurant des constructeurs japonais dans les années 1970 et 1980, ou la croissance accélérée des marques coréennes dans les années 1990 et 2000. Mais jamais auparavant l’industrie automobile n’avait connu de changements aussi rapides que ceux que connaissent les constructeurs chinois aujourd’hui. Et c’est peut-être le plus grand défi auquel les constructeurs automobiles traditionnels sont désormais confrontés.

    Le salon a été l’occasion de dévoiler 38 nouveaux véhicules de série. Huit d’entre eux ont été présentés par des marques étrangères (cinq par le groupe Volkswagen). À l’exception du

    Porsche Cayenne Coupé, tous ces modèles ont été conçus par et pour le marché chinois.

    Autrement dit, l’épicentre de l’industrie automobile mondiale et de ses dernières innovations n’est plus l’Europe, les États-Unis ou le Japon, mais la Chine. Ce qui s’est passé à Pékin reflète une tendance qui se dessine depuis plusieurs mois.

    D’après mon suivi des nouveaux modèles, entre janvier et mai de cette année, les constructeurs chinois ont lancé en moyenne deux nouveaux modèles par semaine. C’est deux fois plus que les marques européennes durant la même période.

    L’Occident, le Japon et la Corée n’ont jamais connu un tel rythme. Par conséquent, ils ne sont pas habitués à des cycles de développement produit aussi rapides.

    L’arrogance occidentale appartient au passé.

    Les groupes automobiles traditionnels, autrefois maîtres incontestés du secteur, sont désormais de simples spectateurs. C’est l’atmosphère qui régnait sur les stands de marques comme Volkswagen, BMW, Mercedes, Toyota, Hyundai, Nissan, Audi, Ford, Honda, Mazda et Buick.

    L’attention des médias et du public se porte désormais sur les déclarations et les présentations des acteurs chinois.

    Et lorsque des marques étrangères présentent une nouveauté, il s’agit souvent d’un produit imprégné d’ADN chinois. C’est le cas d’AUDI, de la gamme Volkswagen ID, de la gamme Nissan N, du Ford Bronco EV, de la quasi-totalité des nouveaux modèles Buick, de la Hyundai IONIQ V, des derniers modèles Toyota bZ et des véhicules électriques Mazda.

    Fini le temps où les hauts dirigeants européens et américains arrivaient aux salons automobiles comme des demi-dieux. Aujourd’hui, ils apparaissent tout au plus comme de simples cadres cherchant à comprendre comment les constructeurs chinois parviennent à proposer des solutions innovantes sans faire exploser le prix final du véhicule.

    C’est peut-être cette attitude arrogante qui a obscurci la vision de nombre de ces entreprises. Ils ont sous-estimé leurs concurrents chinois et, bien qu’ils aient anticipé l’arrivée des véhicules électriques (Renault Zoé, Nissan Leaf, BMW i3, Chevrolet Volt), ils n’ont jamais imaginé que la transition — du moins en Chine — se ferait aussi rapidement.

    Conséquence : les décisions les plus importantes du secteur ne sont plus prises à

    Detroit, Wolfsburg ou Tokyo, mais en Chine. Les véhicules électriques ont désormais un nom, et si ce n’est pas Tesla, il y a de fortes chances qu’il s’agisse d’une marque chinoise. Et ce phénomène ne se limite plus à la Chine ; cette évolution s’accélère sur les marchés émergents (Amérique latine, Asie du Sud-Est, Afrique, Russie et Asie centrale), ainsi que dans de nombreuses régions développées (Australie, Europe et Moyen-Orient).

    Le problème pour les constructeurs occidentaux n’est plus seulement leur chute libre sur le

    plus grand marché mondial. Après avoir vu leur part de marché en Chine chuter de 63-66 % avant la pandémie à 32-36 % aujourd’hui, les constructeurs automobiles traditionnels voient désormais leur position autrefois solide hors de Chine également menacée.

    Ce n’est pas qu’une question de prix

    L’essor de la Chine ne s’explique pas uniquement par des prix compétitifs. Lors d’un salon comme celui de Pékin, ce sont les modèles des marques chinoises qui ont su émerveiller les visiteurs dès leur entrée. La haute qualité perçue des matériaux, associée à des systèmes d’infodivertissement de pointe et à une vaste gamme d’accessoires et de solutions, fait de l’

    expérience à bord un véritable plaisir.

    Bien que nombre de ces gadgets ne soient pas appréciés en Occident (qui a besoin d’un karaoké à bord ?), la réalité est que c’est ainsi que l’on séduit le consommateur d’aujourd’hui. Cette capacité à surprendre s’est perdue en Occident, où les voitures sont non seulement plus chères, mais aussi plus fades et simplistes. Le contraste était frappant entre l’enthousiasme des occupants d’une Xpeng et la réaction mitigée de ceux qui montaient dans une Mercedes.

    Un enjeu géopolitique

    Le salon reflétait également le nouvel équilibre des pouvoirs entre la Chine et les pays en développement. Il est intéressant de constater comment les Chinois invitent des milliers de journalistes des pays en développement où ils souhaitent étendre leur influence. Ils les traitent avec déférence et leur font croire que la voiture chinoise est la voiture tendance du moment.

    Quand les constructeurs occidentaux ont-ils jamais fait preuve d’un tel traitement, alors qu’ils ont souvent tendance à mépriser les pays en développement, en leur proposant des véhicules moins sophistiqués et aux normes de sécurité inférieures ? De toute évidence, les efforts de relations publiques chinois portent leurs fruits : tout comme sur leur marché intérieur, les véhicules chinois deviennent désormais plus attractifs que les véhicules occidentaux dans de nombreux pays en développement.

  • L’impact des réglementations européennes sur la compétitivité automobile face à la Chine.

    L’impact des réglementations européennes sur la compétitivité automobile face à la Chine.

    Tandis que l’Europe peine à maîtriser sa propre réglementation, la Chine continue de gagner du terrain grâce à son approche pragmatique des changements. Ceci illustre bien la situation de l’industrie automobile sur les deux marchés et la manière dont ils l’abordent selon deux perspectives opposées.

    La transition vers des énergies plus propres dans les transports, le développement de nouvelles technologies et les tensions commerciales constituent les trois principaux défis auxquels l’industrie automobile actuelle est confrontée. Après plus d’un siècle d’histoire, nous assistons aujourd’hui à une transformation radicale de nos modes d’achat et d’utilisation des voitures.

    La réglementation devient-elle un atout ou un obstacle ?

    La Chine et l’Europe souhaitent toutes deux réduire leurs émissions dans les années à venir.

    La différence réside dans la manière d’atteindre cet objectif. D’un côté, l’Union européenne s’est engagée juridiquement à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. Pour ce faire, elle prévoit de réduire ses émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. L’un des moyens d’y parvenir est de favoriser l’adoption des véhicules électriques.

    Cette transition doit s’effectuer sous un régime de sanctions sévères, les constructeurs automobiles qui ne respectent pas les objectifs devant verser des amendes aux autorités. Au lieu d’avoir un impact positif, cette réglementation devient un véritable cauchemar pour tous les constructeurs automobiles opérant en Europe. Ils doivent investir massivement dans les technologies de motorisation zéro émission sans aucune certitude quant à l’achat de ces véhicules par les consommateurs.

    Parallèlement, ils sont contraints d’abandonner la production de voitures à moteur thermique, leur principale source de revenus.

    De l’autre côté, la Chine ambitionne d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2060, avec un objectif de réduction des émissions de l’ensemble de son économie de 10 % par rapport aux niveaux de pointe d’ici 2035. Le gouvernement chinois souhaite promouvoir l’adoption des véhicules à énergies nouvelles (VEN) afin de parvenir à une réduction de 91 % des émissions des voitures particulières à long terme.

    La principale différence réside dans le rôle des autorités de réglementation et des constructeurs automobiles au sein de l’économie. En Chine, les VEN sont essentiels à la future expansion économique du pays. Les constructeurs savent qu’ils ne disposent d’aucun avantage concurrentiel avec les voitures à moteur thermique, mais avec les véhicules à faibles émissions. C’est pourquoi les gouvernements central et locaux accordent de nombreuses incitations, un soutien et des subventions aux constructeurs automobiles.

    En Europe, les incitations publiques sont également présentes, mais les sanctions constituent l’élément essentiel de la réglementation. Les constructeurs automobiles européens accélèrent leurs programmes d’électrification car ils ne souhaitent pas payer d’amendes. Au lieu de faciliter la transition, la réglementation européenne la complexifie.

  • Audi présente sa supercar hybride haute performance : 1001 ch grâce à l’électrique

    Audi présente sa supercar hybride haute performance : 1001 ch grâce à l’électrique

    Depuis l’arrêt de la mythique R8 il y a 2 ans, plus aucune vraie supercar ne figurait au catalogue d’Audi. Ce manque est désormais comblé avec la surprise Nuvolari, coupé hybride de plus de 1000 ch, en édition très limitée. Le constructeur allemand célèbre ainsi son engagement en Formule 1 et montre que l’électrification associée à un moteur V8 biturbo peut apporter des performances de pointe. Elle devient ainsi le modèle le plus puissant jamais produit dans l’histoire d’Audi.

    La Nuvolari, bijou de technologie 

    Porté par son engagement en Formule 1 depuis le début de la saison, Audi souhaite en faire profiter ses clients. La Nuvolari (du nom du pilote italien Tazio Nuvolari, réputé pour son audace et son ingéniosité dans les années 30) incarne cette sportivité extrême appliquée sur un modèle de série. Il s’agit d’un coupé 2 places, bijou de technologie qui associe le boost de l’électricité à la vélocité du moteur thermique V8 bi-turbo 4.0 L pour offrir la voiture la plus puissante jamais conçue à Ingolstadt : 1001 ch.

    Une base identique à la Lamborghini Temerario

    En réalité, cette Nuvolari repose sur la base technique de sa cousine italienne Lamborghini Temerario, supercar hybride rechargeable de 800 ch. Châssis en aluminium, carrosserie en fibre de carbone et le moteur en position centrale arrière combiné à 2 moteurs électriques à flux axial sur l’essieu avant (qui délivrent jusqu’à 2150 Nm de couple) et un troisième électromoteur intégré à la boîte de vitesses. Ces moteurs sont alimentés par une batterie de 7,3 kWh. Pour bien caractériser l’exclusivité de cette nouvelle supercar hybride, les ingénieurs d’Audi ont tout de même procédé à quelques réglages qui permettent de porter l’ensemble à une puissance totale de 1001 ch. La Nuvolari est tout simplement l’Audi la plus puissante jamais produite à Ingolstadt. Elle surpasse ainsi la Temerario et vient même titiller la puissance de la Lamborghini Revuelto et ses 1015 ch.

    Des performances de pistarde

    Les chronos annoncés par Audi le confirment. Une accélération de 0 à 100 km/h en 2,6 s et 0 à 200 km/h en 6,8 s (plus rapide que la Temerario) et une vitesse de pointe qui dépasse les 350 km/h. Selon Gernot Döllner, le patron de la marque : « La Nuvolari incarne une déclaration d’intention pour l’avenir d’Audi, pour une nouvelle forme de performance et pour le “Vorsprung durch Technik” à l’ère de l’électrification. » Autrement dit, Audi compte bien utiliser tous les atouts de l’électricité au service de l’ultra-sportivité.

    Des lignes inspirées par le Concept C

    Côté design, ce coupé inaugure la nouvelle philosophie d’Audi à savoir des lignes tendues, des surfaces planes et une silhouette assez monolithique. Un choix assumé qui reprend les codes esthétiques du Concept C, dévoilé l’année dernière. Il cache une aérodynamique active issue de la F1 avec une face avant ventilée, appelée S-duct, qui améliore l’efficacité sur l’essieu avant et génère davantage d’appui, réduisant la portance à haute vitesse. L’aileron arrière est adaptatif et déployable. Il maintient la stabilité et dirige la traînée selon trois configurations, offrant jusqu’à 400 kg d’appui.

    Le cockpit est quant à lui centré vers l’expérience de conduite, dans un style épuré, allégé et futuriste. Les dirigeants d’Audi ambitionnent de devenir la marque premium la plus désirable, pour des clients en quête d’exception. C’est la raison pour laquelle seuls 499 exemplaires de la Nuvolari seront produits, avec les premières livraisons prévues début 2027.

    Gestion dynamique de l’énergie

    L’Audi Nuvolari utilise une gestion de l’énergie inspirée de la Formule 1. Le système coordonne en permanence la puissance envoyée, la récupération d’énergie et la répartition du couple. La récupération s’effectue dans presque toutes les phases de conduite grâce au freinage régénératif et à des stratégies adaptatives de roue libre. Le système peut assurer jusqu’à 0,3 g de décélération entièrement électrique, rechargeant la batterie tout en stabilisant le véhicule. Tandis que la fonction « Launch Control » exploite l’énergie stockée pour offrir des accélérations maximales avec une motricité optimale.

    Système quattro predictive ride

    Réputé pour son système 4 roues motrices, Audi améliore encore son quattro avec une fonction « predictive ride », une forme d’intelligence artificielle qui permet d’anticiper les pertes d’adhérence grâce à une analyse continue des données du véhicule (direction, accélérations, lacet et grip). Il agit de façon proactive sur la répartition du couple, le freinage et l’aérodynamique pour maximiser stabilité et motricité. Plus réactifs, les moteurs électriques avant permettent une vectorisation précise du couple, améliorant l’agilité en virage et la stabilité à haute vitesse. Un dispositif qui s’ajuste selon le mode de conduite choisi par le pilote.

    Que ce soit dans les performances pures, la récupération d’énergie au freinage ou la gestion d’une trajectoire parfaite et efficace, Audi veut donc montrer tous les avantages que l’énergie électrique peuvent apporter sur une supersportive. Et il y a fort à parier que ces évolutions apparaîtront rapidement sur des modèles plus accessibles à l’avenir.

  • Rolls-Royce Spectre : le très grand luxe 100 % électrique

    Rolls-Royce Spectre : le très grand luxe 100 % électrique

    La transition vers l’électrification dans l’univers du luxe automobile avance pas à pas. La meilleure représentante passée au tout électrique reste la Rolls-Royce Spectre, lancée en 2022. La Rolls la plus appréciée des Européens vient de recevoir plusieurs évolutions techniques et une plus large palette de personnalisation pour relancer ses ventes en baisse. Sur ce marché des limousines silencieuses, opulentes et statutaires, l’intemporel coupé anglais fait la course en tête, tant ces concurrents se font rares.

    La Rolls la plus vendue en Europe

    Quelques jours après la révélation très commentée de la Ferrari Luce, premier modèle du cheval cabré 100% électrique, le monde de l’exclusivité automobile voit évoluer sa représentante la plus emblématique : la Rolls-Royce Spectre. Né en 2022, ce coupé électrique grand luxe revient sous l’appellation « Series II » et améliore ses performances techniques avec un surcroît de puissance et une plus grande autonomie. Depuis son lancement, elle a séduit les riches propriétaires européens en devenant la Rolls la plus vendue de la gamme, devant les modèles thermiques de la marque. Une voiture conçue silencieuse, douce et confortable l’est encore plus avec une motorisation électrique. Mais l’année 2025 a vu ses ventes diminuer de près de 50%, avec à peine 1 000 unités produites. Le constructeur britannique devait réagir alors que la technologie évolue très vite dans le domaine électrique.

    Autonomie plus grande : 628 km

    Comme Rolls-Royce appartient au groupe BMW, la Spectre adopte la même architecture électrique que la limousine i7, récemment restylée. C’est donc un système haute tension à 400 V qui équipe la Spectre et non 800 V, comme c’est devenu la norme pour les modèles électriques de luxe (Porsche Taycan ou Ferrari Luce). Néanmoins, les ingénieurs de Rolls-Royce parviennent à faire progresser la vitesse de charge rapide de 14%, soit moins de 30 minutes nécessaires pour recharger de 10 à 80 %. Autre évolution concernant l’autonomie qui passe de 530 à 628 km WLTP, soit 18% d’augmentation, grâce à une capacité de batterie plus importante. 

    Plus dynamique, la variante Black Badge de la Series II offre davantage de puissance (gain de 15kW pour un total de 500kW, 680 ch) et un couple plus élevé : 1100 Nm en mode « Spirited » (contre 1050 Nm auparavant). Dans cette configuration, la Black Badge Spectre Series II devient la Rolls-Royce la plus puissante jamais créée dans l’histoire du constructeur, avec une accélération de 0 à 100 km/h en 4,3 s.

    Style intérieur au sommet du luxe

    Pas de retouches extérieures pour l’imposant coupé de 5,45m. « Le silence, la fluidité et une puissance exceptionnelle, sont des qualité précieuses pour nos clients, affirme Chris Brownridge, directeur général de Rolls-Royce Cars. La Spectre confirme ainsi que Rolls-Royce est parfaitement à l’aise avec l’électrification, quand on voit l’accueil extraordinaire qu’elle a reçu à travers le monde. Avec la Spectre Series II, nous repoussons encore les limites de possibilités de personnalisation et de perfectionnement. » Le cofondateur Sir Henry Royce disait : « Les petits détails font la perfection, mais la perfection n’est pas un détail. » En développant son programme Bespoke, Rolls introduit une nouvelle gamme d’éléments, de matériaux et de finitions réalisés sur mesure. Le nouveau design de l’horloge s’inspire ainsi des instruments d’aviation et est intégré dans un coffret horloge.

    Les tissus Duality Twill intègrent jusqu’à 2,6 millions de points de couture, soit 16 km de fil et 25h de travail. Tandis que le cuir à perforations placées comprend près de 80 000 points dans les sièges, contreportes, habillages, appuie-têtes et plafonnier, pouvant même être illuminé par LED, reproduisant une source de lumière semblable à un ciel étoilé. Ce travail minutieux est assuré par des dizaines d’artisans.

    Une concurrence encore discrète

    Le prix de la Spectre Series II devrait être affiché à partir de 350 000 € hors taxes. Un prix certes élevé mais finalement assez cohérent pour qui veut s’offrir cet élégant coupé aux lignes intemporelles, et dont la motorisation silencieuse vous transporte tel un « tapis volant ». Une réputation dont profite la marque de Goodwood puisque le nom de ses modèles (Phantom, Ghost, Dawn, Spectre…) ont toujours évoqué ce déplacement suspendu d’une âme errante.

    Avec cette seconde génération de la Spectre, Rolls-Royce a l’opportunité de distancer ses rivaux, peu nombreux, sur le marché de l’ultra-luxe électrique où l’on recense pour l’instant le SUV Mercedes-Maybach EQS, la limousine Mercedes EQS ou l’américaine Lucid Air Sapphire et la chinoise NIO ET9. Mais à la vitesse où les technologies progressent et à observer les avantages offerts par l’électrique, les propositions devraient se multiplier.

  • MG accélère son offensive électrique vers le premium avec les nouvelles IM5 et IM6

    MG accélère son offensive électrique vers le premium avec les nouvelles IM5 et IM6

    Le constructeur chinois MG Motor franchit une nouvelle étape dans sa stratégie européenne et étoffe sa gamme vers le premium. Deux modèles IM5 et IM6, déjà présents en Norvège ou au Royaume-Uni, seront lancés en France début juillet. Une grande berline et un grand SUV 100% électriques dont les prestations, performances et vitesse de charge doivent permettre de concurrencer des marques comme Tesla ou BYD

    MG élargit son catalogue vers le haut de gamme

    Déjà bien implanté en France avec un catalogue riche de 5 modèles électriques et 5 hybrides et hybrides rechargeables, proposés à des tarifs avantageux, MG Motor élargit sa palette et tend cette fois vers l’univers « premium » électrique. Le groupe chinois qui commercialise déjà la berline IM 5 et le grand SUV IM6 sur son marché domestique et dans plusieurs pays européens (Royaume-Uni, Norvège, Suisse) vient d’annoncer leur lancement en France, à partir de juillet prochain.

    Ces véhicules doivent offrir des performances, des technologies avancées et une expérience haut de gamme pour l’utilisateur. Car cette gamme IM (pour Intelligent Motor) diffère du reste des propositions de MG, réputées pour leur rapport prix/prestations parmi les plus agressifs. A ce propos, la marque vient de lancer une campagne de promotion pour le mois de juin, plaçant par exemple son premier prix à moins de 18 000 € pour une MG 4 Urban (325 km d’autonomie) soit plus de 7 000 € de remise.

    Capacité de recharge ultra-rapide

    Concernant les nouveautés IM, les deux voitures affichent des spécificités techniques communes.  Que ce soit la berline IM5 ou le SUV IM6, elles sont développées sur une architecture électrique de 800 V, avec une capacité de recharge ultra-rapide (puissance compatible de 350 kW) qui permet de récupérer de 10 à 80% de batterie en seulement 17 minutes. Cet argument est devenu majeur dans les critères de choix des acheteurs.

    Côté performances, les ambitions sont élevées. MG revendique jusqu’à 655 km d’autonomie WLTP pour le modèle IM5 100 à grosse batterie et propulsion de 407 ch. Dans sa configuration optimale, une IM5 (ou IM6) 100 Performance est dotée d’une puissance de 553 kW (751 ch), une transmission intégrale, un couple de 802 Nm, une capacité de batterie de 96,5 kWh, l’autonomie n’étant pas encore annoncée. Ces données rivalisent avec Tesla notamment.

    Maniabilité et IA

    En terme d’expérience de conduite, la marque chinoise promet de la maniabilité à basse vitesse et une certaine stabilité sur route grâce à un système à quatre roues directrices. Un dispositif important sur une voiture de près de 5 m (dont 3 m d’empattement) comme la berline IM5, et dont le diamètre de braquage se retrouve particulièrement réduit (9,98 m).

    Parmi les innovations embarquées figure la technologie One-Touch iAD (Intelligent Assisted Driving). A l’aide de l’intelligence artificielle, le système de conduite de précision permet d’automatiser certaines manœuvres complexes comme le stationnement automatique, une sortie de place de parking, la marche arrière assistée ou encore un créneau en bordure de trottoir. Objectif : simplifier les déplacements du quotidien tout en réduisant le stress du conducteur.

    Accueil à bord premium

    À l’intérieur, MG mise sur une qualité perçue haut de gamme. Le siège conducteur est ventilé, à réglage électrique sur 12 positions avec fonction mémoire, tandis que le siège passager est réglable sur six positions. Au centre de la planche de bord, un immense écran panoramique de 26,3 pouces est dédié à l’infodivertissement, surplombant un chargeur sans fil de 50 W pour smartphone. L’ambiance à bord est aussi complétée par un système audio à 20 haut-parleurs conçu pour offrir une expérience sonore immersive.

    Si les tarifs des IM 5 et IM 6 ne sont pas encore connus, la date de lancement est programmée pour début juillet en France. 

    Usine MG en Espagne en 2028

    A noter que SAIC, la maison-mère de MG Motor, vient également d’annoncer l’implantation d’une usine de production en Espagne (près de La Corogne) pour 2028. Elle sera dédiée à la fabrication des électriques taillées pour les marchés européens : la MG4 Urban et la future citadine MG2. Ce site avec 2300 emplois à la clé, doit produire jusqu’à 120 000 voitures par an et permettra au constructeur de contourner les pénalités de l’UE et les surtaxes douanières.

  • Confirmation, les Français se mettent à la voiture électrique

    Confirmation, les Français se mettent à la voiture électrique

    Les chiffres d’immatriculation pour le mois de mai viennent d’être publiés par la plateforme française de l’automobile (PFA). Le marché des voitures particulières augmente de 3,7% avec 128 484 modèles immatriculés. Un niveau plus élevé que mai 2025 qui comptait pourtant 2 jours ouvrés supplémentaires (qui correspond à une hausse de plus de 15% avec la correction journalière). Sans surprise, l’électrique porte les ventes, poursuit sa progression et représente 35% du marché (VE et hybrides rechargeables), soit le plus haut niveau historique.

    Le contexte économique devenu très favorable aux électriques

    Le prix du carburant au-dessus des 2€/L dure depuis plus de trois mois et les conséquences se font clairement sentir sur les immatriculations de voitures neuves. Nombre d’automobilistes se détournent des moteurs thermiques et orientent leur choix vers des voitures hybrides rechargeables et surtout électriques. La part de ces motorisations dépasse 35% en mai 2026, son plus haut niveau historique. A titre de comparaison, ces énergies ne pesaient que 22% il y a un an. Le mouvement vers la transition s’est enclenché progressivement sur la fin de 2025 mais a subi un vrai coup d’accélérateur depuis mars et les hostilités dans le Golfe persique. Bien que les constructeurs chinois procèdent à une offensive commerciale massive en Europe, les chiffres montrent que les marques traditionnelles sont en mesure de répondre grâce à leurs propositions électriques variées et de plus en plus accessibles.

    VE : un tiers des nouvelles immatriculations 

    Dans le détail, 128 484 voitures particulières ont été vendues en mai 2026 en France dont plus de 37 000 électriques. La part des VE a augmenté de 90% par rapport à mai 2025. Ce qui porte la part de marché des électriques à un tiers des nouvelles immatriculations. Un record. Si on y ajoute les hybrides rechargeables, plus d’une voiture neuve sur 3 est désormais électrifiée et presque la moitié concerne les flottes d’entreprises.

    En observant l’évolution sur les 5 premiers mois de l’année, le marché est assez stable, en recul de 0,6%, avec 668 379 unités vendues toutes motorisations confondues. Plus de 185 700 voitures électriques ont été livrées, soit 27 % de parts de marché ; tandis que plus de 340 400 hybrides (simples et rechargeables) ont été immatriculés, ce qui représente 50% du marché des voitures neuves. Sont clairement relégués les modèles essence (à peine 15%) et diesel (moins de 3%).

    Sur la période de janvier à mai, Stellantis affiche un taux de pénétration de 29,6%, le groupe Renault 26,7%. Des chiffres qui illustrent la bonne dynamique des marques françaises et soulignent la richesse de leurs offres électriques.

    Top 10 des modèles électriques

    Sur le podium des électriques les plus vendues en mai 2026, le SUV Tesla Model Y figure en tête avec 3 874 exemplaires écoulés, suivi par la Renault R5 (2947 unités)  puis le Renault Scenic (1624 unités). Sur le classement des 10 premières voitures électriques les plus vendues, on retrouve ensuite la Tesla Model 3, la Renault Megane e-Tech, le Peugeot e-3008, le Skoda Elroq, la Citroën ë-C3 (en recul de 20%) , Peugeot e-208 et VW ID4.

    A noter les belles percées de voitures étrangères comme la XPeng (583 immatriculations) ou la nouvelle BMW iX3 (plus de 500 modèles). Quant à la dernière Twingo, tout juste lancée, elle enregistre déjà près de 1000 ventes en un mois.

    La Renault R5 en tête depuis janvier 2026

    Depuis le début de l’année 2026, c’est la R5 qui est leader avec 16 449 exemplaires vendus (soit 2,5% des immatriculations), talonnée par la Tesla Model Y (16 000 immatriculations et 2,4% du marché) puis la Citroën ë-C3 (7 023 unités , soit 1,1 % des ventes).

    Enfin toutes motorisations confondues, si l’on regarde le profil des nouvelles voitures vendues, 53% sont désormais des SUV/tout chemin et 42% des berlines, ne laissant que des miettes à des carrosseries comme les breaks ou les cabriolets. Les monoplaces compacts ou classiques, eux, ont quasiment totalement disparu du paysage, laissant un sentiment d’uniformisation sans partage du parc automobile.

  • Les voitures électriques confirment leur envol, leurs immatriculations européennes sont en hausse de près de 40 % en avril

    Les voitures électriques confirment leur envol, leurs immatriculations européennes sont en hausse de près de 40 % en avril

    Dans un contexte géopolitique toujours incertain, les ventes de voitures neuves restent soutenues dans l’Union européenne depuis le début de l’année : + 4,2 % par rapport à 2025, selon les chiffres publiés par l’ACEA (association des constructeurs européens d’automobile). Cette dynamique est portée notamment par les véhicules électriques en forte progression le mois dernier (+ de 255 000 VE livrés en avril). Tandis que les modèles à moteur thermique ne cessent de reculer, le marché automobile a peut-être atteint son point de bascule vers la transition énergétique, sur fond de prix élevé du pétrole.

    Une voiture neuve vendue sur 5 est électrique

    L’association des constructeurs européens d’automobile (ACEA) vient de publier les chiffres des immatriculations pour le mois d’avril. Qu’elles soient 100 % électriques (BEV), hybrides (HEV) ou hybrides rechargeables (PHEV), les voitures électrifiées gagnent du terrain. Soutenus par des avantages fiscaux et des dispositifs d’incitation dans les principaux pays européens, les  consommateurs arbitrent désormais plus facilement leur choix en raison du prix des carburants qui ne retombe pas depuis le début de la guerre en Iran.

    Dans le détail, au cours des quatre premiers mois de l’année, 746 899 voitures électriques (BEV) ont été immatriculées, représentant près de 20% du marché européen, contre 15% un an plus tôt. Les pays les plus importants, France, Allemagne et Italie, concentrent les deux tiers des nouvelles mises à la route électriques. En France, le nombre d’immatriculations d’électriques (148 200 exemplaires) a grimpé de 48,2 % depuis janvier 2026.

    Tournant historique en avril

    Rien que sur le mois d’avril, les chiffres sont spectaculaires. Les ventes d’électriques ont bondi de 38,3%, soit 255 300 voitures (dont 36 216 en France, 3e marché de l’UE). Comme un écho aux événements internationaux qui bloquent la circulation des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, la part des véhicules tout-électrique est en pleine expansion et atteint désormais 22,2% du mix des ventes globales dans l’UE, en incluant le Royaume-Uni (contre à peine 17% en 2025). La pénétration des VE égale pour la première fois la part des voitures à essence (22,2%). Cela illustre vraisemblablement un tournant historique vers la transition.

    Parmi les autres modèles électrifiés, les HEV (full hybride) restent majoritaires avec 38,2% de part de marché ; tandis que les PHEV (hybrides rechargeables) constituent 9,6% du marché.

    Le marché européen majoritairement électrifié

    En résumé, sur les quatre premiers mois de 2026, en Europe (incluant le Royaume-Uni, la Norvège et la Suisse), le marché des voitures neuves se décompose ainsi : 

    • hybrides (HEV) : 38%
    • essence : 22,4%
    • électriques (BEV) : 20,9 %
    • hybrides rechargeables (PHEV) : 10,1%
    • diesel : 6,7 %

    Depuis le début de l’année 2026, le nombre total d’immatriculations est de 3 794 280 exemplaires, soit une hausse de 4,2% par rapport à la même période de 2025.

    Marque par marque depuis janvier 2026

    Si l’on se penche sur l’état de forme des constructeurs depuis le début de l’année, le groupe Volkswagen (Audi, VW, Skoda, Cupra, Seat…) reste en tête avec plus d’1M de voitures vendues (+ 2,9%), soit 26,7 % de parts de marché. Sur la deuxième marche, Stellantis suit avec près de 650 000 unités vendues (+7,8%), soit 17 % de pénétration. Les groupes Renault (380 000 ventes, – 7,4%), Toyota (268 000 ventes, – 2,5 % ) et Hyundai (265 000 ventes, – 3,1%) sont en recul en 4 mois.

    Les nouveaux entrants progressent

    A noter, dans la catégorie des nouveaux entrants, les marques chinoises (dont presque tous les modèles sont électrifiés) affichent des taux de progression à 3 chiffres mais toutes partaient de très bas. Sur les quatre premiers mois de 2026, en Europe et UK : 

    • BYD a vendu près de 72 000 exemplaires (+ 153 %)
    • Chery Group a vendu près de 48 300 unités ( + 267 %) 
    • Leapmotor a écoulé 28 700 modèles (+ 558%)
    • SAIC Motor a vendu 77 000 voitures (+10%)

    Néanmoins, hormis SAIC Motor (MG), installé depuis plus longtemps, aucun de ces groupes récemment arrivés, n’atteint 1% de part de marché. 

    Enfin Tesla qui représente 1,8 % de parts de marché, continue de vendre malgré les arrêts de production des Model X et S. Depuis janvier, 67 400 Tesla ont ainsi été immatriculées, soit une hausse de 62% par rapport à 2025.

  • Stellantis : les 12 modèles éligibles au leasing social, disponibles à la commande

    Stellantis : les 12 modèles éligibles au leasing social, disponibles à la commande

    Si le leasing social débutera officiellement début juillet, les constructeurs se préparent. Les marques du groupe Stellantis ont inscrit 12 modèles, qui seront à louer à partir de 94 €/mois. Les premières prises de commande peuvent débuter dès le 1er juin. Ce 3e plan du gouvernement visant à rendre la voiture électrique plus accessible pourrait également s’élargir aux occasions, à partir de l’automne prochain.

    Crédit photos : Stellantis

    Le leasing revient début juillet

    La Citroën e-C3 symbolise à elle seule le succès du leasing social lancé en 2024 par le gouvernement, en vue de permettre au plus grand nombre d’accéder à la mobilité électrique à des tarifs raisonnables. Pour rappel, ce dispositif a pour but de mettre en location longue durée des voitures électriques neuves pour moins de 200 €/mois (hors assurance), à des automobilistes dont le revenu fiscal est inférieur à 16 300 € et sous conditions de déplacement. Il est financé par l’enveloppe de 400 M€ issue des Certificats d’économie d’énergie (CEE). A partir du 1er juillet prochain, le gouvernement relance ce leasing social pour une 3e édition et les constructeurs se mettent en ordre de bataille pour attirer le public dans les concessions.

    Crédit photos : Stellantis

    Le contexte économique devient très favorable pour l’électrique

    Lors de la dernière campagne, achevée fin 2025, 50 000 ménages avaient pu profiter de ces offres à prix cassé, mais l’engouement espéré n’avait pas été si massif. Cette année, face à la flambée des prix des carburants et la multiplication des petits modèles électriques, le contexte est bien différent. Pour beaucoup, c’est l’occasion de franchir le cap vers l’électrique et moins avoir à subir les variations des prix de l’énergie. Le décret précisant les conditions et le kilométrage minimal à parcourir chaque année n’est pas encore publié.

    Crédit photos : Stellantis

    A partir de 94€/mois pour la Citroën ë-C3

    Anticipant les annonces, Stellantis publie d’ores et déjà une liste de 12 voitures disponibles, en pré-commande dès lundi 1er juin. Parmi elles, on retrouve la Citroën ë-C3, la ë-C3 Aircross, les Peugeot e-208, e-2008 et e-308, les Opel Frontera et Corsa ou encore la Lancia Ypsilon ou la Jeep Avenger. Le groupe franco-italo-américain affiche même un tarif de départ : dès 94 €/ mois pour la Citroën ë-C3 (reste à connaître la capacité de batterie proposée : 30 ou 44 kWh ?). Lors de la précédente édition, la moitié des autos louées étaient des modèles Stellantis.

    Crédit photos : Stellantis

    La Fiat 500e à 99€/mois en occasion

    Stellantis va aussi plus loin en élargissant ce leasing à destination de certaines de ses voitures d’occasion. Conscient que les bénéficiaires du premier plan leasing de 2024 ne pourraient pas forcément renouveler leur véhicule à l’issue du prêt, le groupe met en place son propre dispositif pour prolonger ou racheter les voitures louées. 

    Avec son réseau Spoticar, Stellantis propose ainsi dès aujourd’hui des véhicules électriques d’occasion en location (avec 2 000 euros d’apport). Par exemple, la Fiat 500e peut être proposée à partir de 99 € par mois. C’est une opportunité de faire baisser les stocks, car le modèle italien, vendu très cher en neuf, a du mal à trouver preneur sur le second marché.

    Crédit photos : Stellantis

    Offres préférentielles pour certains métiers

    Récemment, le gouvernement a affirmé sa volonté d’ouvrir le leasing à des métiers pour lesquels la voiture est indispensable mais coûteuse à l’usage (jusqu’à 20 % des revenus pour les dépenses de carburant). Avec l’objectif de créer une flotte de 30 000 voitures électriques pour les aides à domicile par exemple. Stellantis va organiser des partenariats avec les structures de services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD). Employés, soignants à domicile et aides à la personne se verront ainsi proposer des offres préférentielles adaptées. A titre d’exemple, une remise de 17 % est annoncée sur la Peugeot e-208 Allure.

    Crédit photos : Stellantis

    50 000 VE neufs et davantage d’occasions ?

    En attendant l’officialisation des plafonds de revenus et la liste des voitures éligibles par l’Etat, les annonces de Stellantis permettent déjà de mieux cerner les contours de ce leasing 2026, programmé pour 50 000 véhicules neufs, mais qui devrait profiter à davantage de ménages. Cette aide prend peu à peu la forme d’une incitation pour convaincre de nouveaux automobilistes de passer à l’électrique, mais c’est aussi le moyen d’écouler et réguler les stocks pour les marques.

    Rappelons que le gouvernement ambitionne que 2 voitures neuves sur 3 soient électriques d’ici 2030. Un objectif qui signifie une multiplication par 3 des parts de marché des VE, qui vient seulement de passer la barre des 20% du parc de véhicules neufs.